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3e PARTIE ET FIN Ziouganov a pris part au programme « Dimanche soir avec Vladimir Soloviev » sur « Russie 1 »

08 Avr

Il faut lire et relire l’ensemble de cette passionnante discussion avec des contradicteurs mais qui tous laissent entrevoir qu’il y a eu un projet soviétique qui  avait cette particularité. Il proposait à l’humanité de construire un nouveau monde sur Terre … C’est parce que l’on a tenté de nous convaincre qu’un tel projet était l’échec total et que personne ne le regrettait- ce qui est massivement faux- que nous sommes aujourd’hui dans ce vide de sens et qu’à nouveau du ventre toujours fécond du capitalisme surgit à nouveau la bête immonde.Et l’humanité sans utopie, ni perspective s’entre déchire…  (note de danielle Bleitrach)

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Ziouganov a pris part au programme « Dimanche soir avec Vladimir Soloviev » sur « Russie 1 »

TROISIEME PARTIE (3/3)

(PARTIE 8) La nostalgie de l’URSS

V: Bien, je vousai écouté attentivement, et pour être honnête, j’ai une perception quelque peu différente. Bien sûr, je n’ai pas vécu aussi longtemps que Boris en Union soviétique, il y a vécu un peu plus longtemps, parce qu’il est un peu plus âgé que moi, deux trois mois, n’est-ce pas, Boris? Quelque part nous avons le même…

BORIS NADEJDINE : Oui, oui, oui.

V: Je pense justement que l’Union soviétique, et là je suis tout à fait d’accord avec Karen Guéorguiévitch., GennadyAndreievich, donnaitaux gens un sentiment de fierté pour leur pays, pour leur passé, il y avait les ascenseurs sociaux. Il y eu aussi des pages terribles qui ne peuvent être oubliées …

UN HOMME: Pour certains la fierté, et pour d’autres …

V: Peu importe. Regardez, même le grand Brodsky. Quoi qu’il en soit, il y avait la honte, c’estTchaadaev … mais quelque part il était fier. Il n’y a jamais eu une seule couleur. Et dans les années 90, on nous a proposé une seule couleur pour toute l’histoire russe. Et il s’est avéré que les gens ça ne leur plaisait pas. Les gens veulent respecter, ne peuvent pas ne pas respecter le travail de leurs grands-pères et arrière grands-pères. Mais d’une manière différente.

(Applaudissements)

V: Karen Guéorguiévitch, maintenant, si vous permettez, Guennadi Ziouganov.

GUENNADI ZIOUGANOV : Sur « Russie 1 » il y a 8 ans,il y a eu un programme exceptionnel, je l’appellerais. « Le nom de la Russie ». J’ai accepté de défendre la modernisation léniniste-stalinienne. Et à titre d’introduction pour chaque série [12 en tout] on montrait un petit film, et il y avait une discussion autour. Et puis un sondage d’opinion. Ou plutôt trois [sur toute la durée du programme : 12 émissions hebdomadaires sur 12 personnages historiques du 13ème au 20ème siècle]. Plus de 40 millions de personnesont pris part au scrutin. Beaucoup de jeunes, et à chaque fois, la modernisation léniniste-stalinienne était dans le tiercé gagnant [Ziouganov utilise plutôt l’image de la troïka, normal, il est russe]. Les jeunes ne l’avaient pas vécue, ils n’y avaient pas participé. Je leur ai posé la question: qu’est-ce que… qu’est-ce qui vous motive? Ils ont souligné à juste titre : nous vivions dans un pays victorieux. Nous vivions dans un pays qui donnait l’éducation, le premier boulot, nous étions égaux. Nous nous sentions en sécurité. Et nous avions confiance dans l’avenir. Voilà ce que disaient les jeunes. En effet, c’est ce qui aujourd’hui manque à chacun d’entre nous. Et nous devons prendre tout le meilleurde la grande époque soviétique. En rejetant ce que vous dites, ces tristes pages. Mais je veux répondre aussi à Boris. Boris, en ouvrant tous les livres sacrés,lis ce qu’il y a dedans. Aucun livre sacré ne promet dans l’autre monde des saucisses, ou même une « Mercedes ». On y parle de l’âme, de l’homme, de la morale, de la culture, du respect de son prochain, et ainsi de suite. Je veux dire …

(Brouhaha)

GUENNADI ZIOUGANOV : Le projet soviétique avait cette particularité. Il proposaità l’humanité de construire un nouveau monde sur Terre …

V: Boris adore le « grand Dieu des pâtes », dans son paradis il y a des « Mercedes ».

GUENNADI ZIOUGANOV :où la justice, le travail et la fraternité règneront. Ça n’a pas entièrement réussi, ça n’a pas collé. Mais nous allons reprendre tout le meilleur. Parce qu’on nous amené des voyous, des oligarques, ils se sont accaparé tous les biens, nous laissant sans travail. Ils ont coulé le pays et maintenant ils disent : voilà un bon modèle, et dans ce contexte ont critique l’ère soviétique. Non, vous n’irez nulle part avec ça.

V: En directdu comité de district du Komsomol.

BORIS NADEJDINE :Puis-je dire un mot?

V: D’accord pour un mot.

BORIS NADEJDINE : Chers camarades, chers camarades! Camarade Ziouganov, camarade Starikov! Tenez, regardez, je suis également fier de la période soviétique de notre histoire. Je ne veux même pas énumérer, tout le monde le sait: la Victoire, Gagarine, l’alphabétisation universelle. C’est vrai, il y a de quoi être fier. Mais là où vous vous trompez, camarades communistes, camarades du parti «Grande Russie»? Vous interprétez toujours la Grande Guerre patriotique … vous interprétez l’effondrement de l’Union soviétique: tout allait bien, un grand pays …

JOSEPH RAIHELGAUZ : On a rameuté des bandits …

BORIS NADEJDINE :et quelqu’un, des ennemis ont amené des bandits, des oligarques, qui ont trahi… Gorbatchev, là, ne sais pas qui. Mes amis, l’Union soviétique, hélas, ne s’est pas effondrée parce que, en gros, quelqu’un a fait venir quelqu’un, ou la CIA a fait son travail et… Le KGB aussi faisait son travail, et la CIA – tout le monde faisait son travail. Elle s’est effondréeautrement. Prenez la stabilité des années 60-70 – une grandeépoque, l’âge d’or de l’URSS, en même temps, on n’a pas renoncé aux réformes économiques de Kossyguine ; dans les années 80 en Union soviétique il y a eu une crise économique, politique et sociale à grande échelle. Voilà ce qui est arrivé.

NIKOLAI STARIKOV :En quelle année elle a commencé, donnez des dates?

BORIS NADEJDINE : Et le peuple soviétique, qui continuait…

NIKOLAI STARIKOV :ça a commencé en 80.

BORIS NADEJDINE :le peuple soviétique, qui continuaitde croire à la Victoire, et aimer Gagarine et tout, il a commencé à éprouver de sérieux problèmes dans la vie. Et quand une personne a beaucoup de problèmes dans la vie …

V: Boris, vous vous répétez.

BORIS NADEJDINE : Il ne pense pas à ce qui se passera après la mort.

V: Boris, je peux vous poser une question stupide?

BORIS NADEJDINE : Voilà de quoi il s’agit.

V: Boris, je vais vous poser une question stupide.

GUENNADI ZIOUGANOV : Deux mots, Volodia.

V: Tout de suite, tout de suite. Bon, la Grande Dépression en Amérique elle a existé?

BORIS NADEJDINE :Oui, bien sûr.

V: Et pourquoi elle n’a pas conduit à un changement du système politique, alors que le niveau d’appauvrissement des Américains pendant la Grande Dépression –le nombre d’années que ça a duré, d’après votre logique aurait dû faire tomber le système politique américain.

BORIS NADEJDINE : C’est très simple. Parce que le peuple américain, on ne lui n’a jamais promis qu’il souffraitau nom d’un grand avenir lointain. Ils ont grandi sous le capitalisme …

V: Je vois. Donc, vous pensez que … Je veux dire, je comprends bien ce que vous …

BORIS NADEJDINE: Ils ont grandi sous le capitalisme et savaient parfaitement bien que sous le capitalisme peut survenir la crise et la famine, alors que les citoyens soviétiques on leur promettait à chacun un appartement en 1980, le communisme, et ils n’ont rien eu de tout ça.

V: Je vois. Donc BorisBorisovitch, d’abord je dois vous décevoir au sujet de ce qu’on a promis aux Américains, parce que les Américains sont chrétiens généralement, de sorte qu’ils sont sûrs qu’ils iront auparadis, et ensuite je veux vous rappeler le concept du rêve américain. Et si l’on parle de niveau de crise, une telle crise comme au 20e siècle, l’Amérique n’en a jamais connu et n’en connaitra pas. Donc, excusez-moi, bien sûr, vous pouvez réinventer l’histoire américaine, mais la simple logique montre que vos arguments ne sont pas convaincants.

BORIS NADEJDINE : Et pourquoi alors l’Union soviétique s’est effondrée?

V: Mais l’Union soviétique s’est effondrée, c’est uneautre question que nous pouvons  discuter sans …

BORIS NADEJDINE :Elle s’est effondrée, parce que tout ce qu’avaient promis ses dirigeants – le communisme, la justice – touts’est effondré.

V: Boris, si l’Union soviétique s’était effondrée sous la pression des masses qui auraient renversé le pouvoir, ce serait une autre histoire.

BORIS NADEJDINE :D’accord, etc’est quoi, à votre avis?

V: Alors ne mélangez pas tout. Ça n’a rien à voir.

BORIS NADEJDINE : Comment cela?

(Brouhaha)

BORIS NADEJDINE :En 91 ils ont essayé de faire unet des millions de personnes sont descendues dans la rue. Voilà ce qui s’est passé.

V: Boris, et alors?

NIKOLAI STARIKOV: Il n’y a pas eu de putsch, c’était une mise en scène.

V: Quel putsch, où ça des millionsde gens sortis se battre contre un putsch?

BORIS NADEJDINE : C’est ça…

V: C’est ça,j’y étais moi aussi. Il y avait quelques milliers de personnes dans un remarquable état esprit …

BORIS NADEJDINE : Des centaines de milliers, des centaines. Regardez la chronique.

V: Qui ont pris le pouvoir, non. Ils ont changé le pouvoir? Non. Non seulement cela, ils ont exigé que Gorbatchev revienne. Gorbatchev est revenu. Par conséquent, en réalité, ils ne faisaient pas une révolution si vous voulez, mais ils se sont battaient contre la «révolution de palais», ils demandaient un changement de pouvoir. Boris, étudiez au moins notre histoire.

(Applaudissements)

KAREN CHAKHNAZAROV : Je dois dire que, pour, oui, l’opinion Boris, elle est … elle est très importante, oui. Tel est le principe de base … des libéraux au sujet de l’Union soviétique, le principal argument: eh bien, elle s’est effondrée, oui. Je pense que la position consistant à dire que c’était suite à une trahison, je ne suis pas d’accord avec, parce que c’est, à mon avis, je suis désolé, une position assez faible, parce que si un pays d’une puissance véritablement fantastique peut se désagréger suite à une trahison, il y a vraiment quelque chose qui ne va pas. Moi, mon idée est tout à fait différente. Je crois que l’Union soviétique avait rempli sa mission. Vous dites qu’ellepersécutait la religion … parce que l’Union soviétique était un Etat religieux… c’était une théocratie, une théocratie, c’était … C’est le communisme, le communisme.

AVIGDOR ESKIN : Exactement.

V : Karen ne dit pas que c’était un monothéiste chrétien ou fondé sur la doctrine d’Abraham. Karen dit que c’était un état religieux.

KAREN CHAKHNAZAROV : Et, comme tout état religieux … écoutez …

V: Oui, d’une autre manière, oui.

KAREN CHAKHNAZAROV : Ecoute-moi, Avigdor …

AVIGDOR ESKIN : D’accord.

KAREN CHAKHNAZAROV : Comme tout état religieux …

AVIGDOR ESKIN :Perun. Svarog …

V: Non.

KAREN CHAKHNAZAROV : Écoutez …

V: Des nouveaux – Lénine, Staline.

KAREN SHAKHNAZAROV : Tout comme les chrétiens ont détruit les temples païens,tout comme les musulmans …

AVIGDOR ESKIN : Oui.

KAREN CHAKHNAZAROV :Des … des églises ortho … des églises chrétiennes on a fait des mosquées. En ce sens, eh bien, c’était la nature de l’Union soviétique. Cela a permis à l’Union soviétique pendant 70 ans de résister à la partie la plus développée du monde. Parce que l’Union soviétique était contrainte malgré elle de mener une guerre constante.

(Applaudissements)

KAREN CHAKHNAZAROV :Une guerre constante Depuis 1922. Et même entre 22 et 41  il y avait une guerre constante contre l’Union soviétique. Et dès que l’Union Soviétique a terminé la guerre en 45, une nouvelle guerre a commencé contre elle. Quel pays est capable de supporter cela? Quel pays? Seule l’Union soviétique pouvait y survivre. Vous parlez de ce qu’a fait l’Union soviétique? L’éducation de  masse :avant 1913, la Russie occupait la dernière place en Europe en termes d’éducation. L’UnionSoviétique, écoutez-moi, l’Union Soviétique pour la première fois dans l’histoire de la Russie, qui avait, bien sûr, une civilisation puissante, avant la Soviétique, mais pour la première fois cette civilisation a occupé la première position en ce qui concerne la technique, ce n’était jamais arrivé. L’Union soviétique a construit le premier avion civil à réaction, le premier brise-glace à propulsion nucléaire, mais surtout, l’Union soviétique a créé une énorme industrie, dont nous bénéficions aujourd’hui, et la lumière qui est allumée, là, elle vient d’où? Du Plan d’électrification (GOELRO). Et, à mon avis, à mon avis, l’Union Soviétique s’est effondréeparceque l’espace eurasien a besoin d’une autre forme d’organisation. Dans la formation qu’était l’Union soviétique, il ne pouvait plus subsister. Par conséquent l’Union Soviétique s’est effondrée pour que…d’ailleurs, c’est l’Union Soviétique qui a donné une forme étatique à tous ces p…à toutes ces républiques. D’oùces Républiques qui faisaient partie de l’URSS tenaient-elles leur gouvernement… elle a formé des Etats. Et l’étape suivante, à mon avis, ce sera bien sûr, non pas l’Union Soviétique, mais il y aura de toutes façons une nouvelleorganisation de cet espace Eurasien, vers laquelle nous allons. Et sans l’expérience de l’Union soviétique, cela ne sera pas possible.

V: Oui, Avigdor. Il ne reste plus beaucoup de temps, donc je demande à chacun d’être bref.

AVIGDOR ESKIN :Alors dans les grandes lignes.

V: D’accord.

AVIGDOR ESKIN : Le fait qu’Israël a atteint aujourd’hui le stade final de l’histoire du monde, savez-vous pourquoi ? Parce que  jamais nos prophètes n’ont dit : Toute notre histoire était bonne,tous nos héros étaient bons,toutes les pages de notre histoire étaient bonnes, justes, et progressistes, mais au contraire, nosprophètes nous fustigeaient, Isaïe, Jérémie, et nous apprenaient à vivre. Je vous souhaite la même chose, que vos dirigeants apprennent justement à parler de tout ça avec vous. Qu’il convient d’être fier de tout ce qui dans notre histoire était lumineux, qui correspond aux principes de la justice divine, et pas de la justice du Goulag et je ne sais quels principes et, par conséquent qui font la grandeur de la Russie, qui la font aimer. L’idée russe telle que l’ont exprimée vos philosophes. Berdiaev,Séraphimede Sarov, et Leontiev, et bien d’autres, qui l’ont exprimé dans les meilleurs de leurs articles, tels que « Comment réaménager notre Russie  » d’Alexandre Soljenitsyne. En ce qui concerne … en ce qui concerne la nostalgie.Les bonnes gens regardent toujours le passé avec des bons yeux et y voient ce qui est bon. C’est bien qu’il en soit ainsi. Je suis en désaccord au sujet de la nostalgie de la période soviétique. Les gens qui veulent le pouvoir soviétique, ils ne veulent pas du Goulag. Ils veulent ce qu’il y avait quand effectivement il y avait l’éducation et la science et l’amitié. Ils ne veulent pas la persécution de la religion. Ilstournent leurs regards vers ce qu’il y avait de mieux, et je souhaite,vraiment de tout mon cœur, que tout ce passé lumineux, beau, grand, qui justement, y compris en Union Soviétique, soit transcrit dans une nouvelle langue, c’est-à-dire un tout nouveau contenu néanmoins, oui, et le reverser dans votre chère nouvelle Mecque eurasienne. Eh bien, le fils d’un prêtre, comme moi…

NIKOLAI STARIKOV : Eh bien, je vais commencer aussi par une thèse. Un antisoviétique est toujours russophobe. Même s’il le nie. Et je vous remercie beaucoup d’avoir rappelé la Grande Dépression. Ici Boris avec tant de désinvolture, comme cela est courant avec les libéraux, balancé comme ça une information. Il dit qu’il y a eu la pire tragédie du XX siècle dans notre pays. Apparemment, c’est seulement chez nous que des humains sont morts de faim. Et en même temps il ne dit pas que pendant la Grande Dépression un grand nombre de personnes sont mortes en Amérique. Peut-être même des millions. Il y a actuellement des discussions à ce sujet.

BORIS NADEJDINE :Morts de faim? Des millions?

NIKOLAI STARIKOV : Oui, de la faim pendant la Grande Dépression. Ça c’est la première chose. Deuxièmement, en Europe à la même époque des millions de personnes été brûlées vives dans les camps de concentration, on les a affamées et tuéesde toutes sortes de manières brutales, depuis la force brute jusqu’aux chambres à gaz. Quand vous parlez, vous ne mentionnez pas ces faits. Et par conséquent, pourquoi vous êtes russophobe? Parce que dire quelque chose de mauvais à propos de l’Union soviétique, la période soviétique, donne des armes à la propagande de nos adversaires géopolitiques qui essayent de contrecarrer une alliance d’autres états avec la Russie et les tirer dans l’autre sens, de façon artificielle, là où il n’y a jamais eu de racines historiques ou de traditions ou de valeurs communes. Voilà ce que vous faites. Par conséquent, un antisoviétique est toujours un russophobe.

V: Là vous y allez.

(Applaudissements)

BORIS NADEJDINE :Oui, comme vous y allez.Et je peux donner un contre exemple? Soljenitsyne, Soljenitsyne, il est antisoviétique, Mais pas russophobe. Voilà.

GUENNADI ZIOUGANOV : Boris, Boris, Menchov a récemment donné une brillante interview. Il a commencé en disant que tout antisoviétique tombe effectivement dans la russophobie. J’ai adressé un appel,que j’ai envoyé au Président et à toutes les assemblées élués. Et j’ai dit, regardez notre histoire. Nous n’avons été vaincus ni par Hitler, ni par les Allemands. Ce qui nous a mis dedans, c’est l’antisémitisme,la russophobie et l’économie américaine taylorisée, qui, dans les vastes étendues de notre ne peut pas s’acclimater, ni de par sa nature historique ou en vertu de l’espace et ainsi de suite. Par conséquent, arrête ta russophobie. Fais plutôt de la propagande soviétique …

(Applaudissements)

JOSEPH RAIHELGAUZ : Ici, il passe ici des choses étranges, avec Boris Borissovitchnous sommes un et demi, je compte pour une moitié,et lui … et il semble que nous parlons d’autre chose. Nous parlons de la même chose …

V: Attendez, Avigdor, qu’est-ce qu’il y a, vous aussi?

(Brouhaha)

AVIGDOR ESKIN : J’ai étéarrêté dès l’âge de 13 ans, oui, à 13 ans. A cause de l’idéologie.

JOSEPH RAIHELGAUZ : Je comprends. Et pourtant, je dois dire que je suis d’accord avec Boris Borissovitch, et pourtant, je suis désolé, lisez, je comprends maintenant ce qui se passe, lisez le livre exceptionnel de l’éminent scientifique Egor Gaïdarqui s’appelle « la Chute de l’Empire», où, il y a une description détaillée,tout ce qu’il y a de plus détaillée de l’économie soviétique, qui ne pouvait pas échapper à ce qui est advenu. C’est pourquoi, bien sûr, je ne pas économiste, à la différence de toi, Volodia, et je peux dire seulement une chose: que, bien sûr, … on peut encore parler et parler, et bien sûr, moi aussi je suis nostalgique parfois, je dirais,de l’époque soviétique, pour certaines manifestations merveilleuses que j’ai vécues dans ma vie, en dépit du fait que je roulais aussi en « Lada » et que je gagnais, étant déjà metteur en scène, des kopecks pour nourrir mes filles. Et ça, assez curieusement, je m’en souviens même avec …

NIKOLAI STARIKOV :Et si …

JOSEPH RAIHELGAUZ : Je m’en souviens même avecenthousiasme.

NIKOLAI STARIKOV : A qui appartiendrait « Ioukos » aujourd’hui?

JOSEPH RAIHELGAUZ : Bien sûr, quand … quand, où, mo … mon cher et bien-aimé père, héros de la guerre et tout ça, alors qu’il était encore en vie, je voyais en lui beaucoup de défauts. Je disais: Papa, pourquoi tu fais ça, et pourquoi pas ça, mais enfin … je me fâchais contre lui. Quand Papa est mort, papa pour moi est devenu sacré et illustre. C’est la même chose, je rapporte cela avec l’Union soviétique. Elle a disparu, et aujourd’hui 90% racontent comment c’était génial. Il y a eu des choses merveilleuses. Nous devons les prendre, mais pour construire une nouvelle société qui ait sa place dans le monde.

GUENNADI ZIOUGANOV : L’Union russe renaîtra sans aucun doute.

UNE VOIX HORS CHAMP: Pourquoi faire, pourquoi?

GUENNADI ZIOUGANOV : Elle renaîtra. Sans l’union de la Russie, de la Biélorussie, de l’Ukraine, du Kazakhstan …

JOSEPH RAIHELGAUZ : Peut-être … je ne discute pas, peut-être.

GUENNADI ZIOUGANOV : dans cette histoire nous ne pourrons pas survivre et être compétitifs.

V: Vous savez,quand on dit …

JOSEPH RAIHELGAUZ : Peut-être.

GUENNADI ZIOUGANOV :… sous une nouvelle forme elle renaîtra.

JOSEPH RAIHELGAUZ : Je voudrais moi aussi, GennadyAndreievich, pouvoir retourner dans ma ville natale d’Odessa, tranquillement, ouvertement, et que l’on soit ensemble.

V: Je vais vous dire … Je vais vous dire une chose…

JOSEPH RAIHELGAUZ : Et lui il est allé à Tachkent.

UNE VOIX HORS CHAMP: Tashkent est à nous…

V: Ne vous inquiétez pas, ne vous inquiétez pas pour Odessa, bientôt …

JOSEPH RAIHELGAUZ : Ne me faites pas peur.

V: Et pourquoi je vous ferais peur. Vous avez le droit d’y aller? C’est moi à qui on interdit l’entrée. Et pas à vous. C’est pourquoi vous pouvez raconter tout ce que vous voulez… Et maintenant, avant de donner la parole à M. Shargunov au sujet de …

SERGEÏCHARGOUNOV: Ou au camarade …

V: Ou au camarade, oui, à propos de l’économiste brillant Egor Gaïdar …

JOSEPH RAIHELGAUZ : ça y est, je le savais.

V: Je ne parle pas de ça. Seulement à peu près à la même époque il y avait, disons, un homme qui pour moi est vraiment exceptionnel, et son nom était Youri Maslioukov. Et nous avons l’exemple de deux …

GUENNADI ZIOUGANOV : Je vous remercie, Volodia. Il va falloir vous inviter au Parti.

V: deux vice-ministres. Ou deux vice-premiers ministres. Eh bien regardez ce qu’a fait, dans un court laps de temps,Masliukov, et dans le même court laps de temps ce qu’a fait Gaïdar. Et, d’ailleurs, je tiens à souligner que Masliukova proposé de nombreuses recettes que mettent en pratique l’Inde et la Chine, où son expérience est jusqu’à présent très importante. Voilà pourquoi nous avons si facilement … nous utilisons trop facilement les qualificatifs comme « brillant » et avons tendance à idéaliser l’un des points de vue. Et à l’époque il y a eu d’autres gens qui avaient beaucoup plus de raisons de …

JOSEPH RAIHELGAUZ : Oui, c’est votre point de vue …

V: Bien sûr, l’éminent économiste …

(Applaudissements)

SERGEÏCHARGOUNOV: Vous savez, je pense qu’il est important de réfléchir à pourquoi un grand nombre de personnes aujourd’hui considèrent l’Union Soviétique comme une périodemagnifique. Je pense que c’est parce qu’ils y voient un reflet du passé, et sa réfraction …

V : Très juste.

SERGEÏCHARGOUNOV: … dans le jour d’aujourd’hui et les réalités actuelles. Tout d’abord – c’est, bien sûr, le mensonge colossal. Parce qu’on leur a dit qu’il allait y avoir des changements, et d’ailleurs ces changements se faisaient sous le slogan d’amélioration du socialisme. Au bout du compte, les gens ont été simplement roulés dans la farine. Des millions et des millions de sans-abri, des millions de réfugiés. 2 millions, selon certaines estimations ont péri tout simplement dans un Tadjikistan enflammé. Et voilà que nous voyons maintenant un Donbass en flammes, c’est aussi les conséquences de la destruction de l’Etat unitaire. Donc, une autre question importante.Un pays fort. Vous voyez, de quoi les gens sont fiers avant tout ?Ils sont fiers en particulier de la réunification avec la Crimée et sont fiers des événements syriens, car ilssont venus à Palmyre, l’ont libérée des terroristes, maintenant nos spécialistes vont non seulement la déminer, mais aussi restaurer ce quel’on voyait sur la couverture des manuels soviétiques. Voilà, et pour finir, le thème le plus important –c’est l’injustice sociale. Cette inégalité, qui reste choquante, scandaleuse et profonde aujourd’hui, quand pour le nombre de yachts nos oligarques dépassent les États-Unis, quand on voit la corruption monstrueuse et le pillage du budget, et quand il y a un fossé – nous avons la moitié du pays qui vit avec 15 000 roubles, qui suffisent à peine pour subsister, tandis que les oligarques se vautrent dansle luxe, organisant toutes sortes de bals ostentatoires.

JOSEPH RAIHELGAUZ : Alors –il faut confisquer et partager?

V: Non, c’est …

JOSEPH RAIHELGAUZ : Quoi?

V: Ce n’est pas …

JOSEPH RAIHELGAUZ :C’est la plus élémentaire justice, confisquer et partager.

SERGEÏCHARGOUNOV:Il nous faut une économie équitable, juste et honnête. Il y a des mesures à prendre pour donner une orientation sociale à notre pays. Nous devons nous rappeler que d’après la Constitution, nous sommes un État-providence, et les mesures qui pourraient être prises, nous pouvons en parler pendant longtemps, des projets existent, ils sont substantiels et sérieux. Ce n’est pas par hasard si nous avons mentionné ici … Youri Maslioukov. Et en ce sens, les gens attendent, bien sûr, qu’il y ait une confiance,qu’il y ait une communication normale entre les Citoyens et l’État. Malgré tous les défauts de l’époque soviétique, les gens savaient où ils pouvaient venir se plaindre. C’étaient les Médias, et aussi les Comités de district et les Comités Régionaux. On pouvait venir, et dire: il y a une injustice.

V: Et le camarade Arnold YanovitchPelshe, qui dirigeait le comité de Contrôle du parti …

GUENNADI ZIOUGANOV : Oui, oui, c’était du sérieux.

JOSEPH RAIHELGAUZ :C’est parce que vous êtes trop jeune.

SERGEÏCHARGOUNOV: Y compris le désir d’un véritable pouvoir populaire …

JOSEPH RAIHELGAUZ : Venir se plaindre dans un tribunalsoviétique –c’est …

SERGEÏCHARGOUNOV: Parce que malgré tous les défauts, vous pouvez vous rappeler qu’à la suite des promesses de démocratisation on nous a supprimé le Soviet suprême de l’URSS, qui a été dissout illégalement, et qui était l’autorité suprême, et ces mêmes personnes qui ont procédé à la thérapie de choc ont fait tirer sur le Parlement. Et tout cela est dans la mémoire …

(Applaudissements)

V: Comme vous voyez, ce débat est sans fin, mais nous sommes obligés de le terminer. Merci aux auditeurs et aux participantsà l’émission. Rendez-vous jeudi prochain. C’était Vladimir Soloviov, et vous aurez encore la chance de profiter de MikhailMikhailovichZhvanetsky.

 

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

 
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Publié par le avril 8, 2016 dans Uncategorized

 

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