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La dernière chance de tordre le cou à la Russie, par Irina Alksnis

07 Avr

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La dernière chance de tordre le cou à la Russie, par Irina Alksnis

Marianne qui a traduit ce texte l’accompagne d’une mise en garde, il s’agit d’un aperçu sur la manière dont les Russes de toutes opinions perçoivent la volonté des Etats-Unis et de l’occident de mener l’assaut contre la Russie et la capacité de leur pays à résister à un tel assaut. La personne qui écrit ce texte s’est ralliée au Président mais elle appartenait encore il y a peu aux cercles libéraux qui selon sa propre analyse cherchent à le déstabiliser en liaison avec les Etats-Unis. L’affaire des Panamas papers a été pris ici pour ce qu’elle était une volonté de renverser Poutine et s’il n’était pas attaquable en personne tenter de l’atteindre par son entourage (note de Danielle Bleitrach).

6 avril 2016

http://www.vzglyad.ru/columns/2016/4/6/803795.html

Les événements des derniers jours nous obligent malgré nous à nous demander : mais que se passe-t-il?! Et le fait que ces événements touchent au niveau le plus haut élevé –au niveau présidentiel – montre bien qu’il  se passe réellement quelque chose.

Les matériaux compromettants  contre Poutine et annoncés à l’avance par le Kremlin, le passage des archives nationales sous contrôle direct du Président et la création de la Garde nationale –elle-même subordonnée directement au chef de l’Etat … on en parlait depuis quelques années, mais c’est arrivé juste maintenant. Pourquoi?

Et cela sans compter les «petites choses» comme l’escalade militaire soudaine au Karabakh, la situation qui continue à se détériorer dans le Donbass, et ainsi de suite.

Trouver une réponse à la question de ce que tout cela signifie, nécessite de commencer par une compréhension de la situation dans laquelle la Russie se trouve ici et maintenant.

Toutes ces années s’est poursuivie une transformation complexe, à plusieurs niveaux, de notre pays. Et maintenant, nous arrivons sur la dernière ligne droite d’une des étapes les plus critiques du processus. Il y aura encore beaucoup d’étapes difficiles et complexes, mais en 2016 (et peut-être jusqu’à début 2017) – ce sera la dernière chance de faire dérailler la Russie et de lui (nous!) tordre le cou. Si cela ne peut être fait dans les prochains mois – finita!

La locomotive russe rénovée achèvera les étapes principales de sa modernisation, prendra une vitesse de croisière, et dans un avenir prévisible, aucun partenaire-ennemi  géopolitique ne pourra l’arrêter.

En quoi consiste la spécificité du moment?

Tout d’abord, il existe dans la société russe un consensus sur les choix du pays et son système politique – les fameux 86 %. Ce consensus est si important qu’il y a eu une libéralisation importante sur les partis et la législation électorale.

La Commission électorale centrale est dorénavant présidée par un libéral qui ne s’en cache pas (même si bien intégré dans le système), et la tâche principale fixée par le gouvernement russe pour les prochaines élections à la Douma est de mettre en place des élections concurrentielles, sans ingérence administrative directe de l’Etat. C’est-à-dire des élections que l’on a coutume d’appeler « libres, démocratiques et équitables. »

Et cette libéralisation du système politique n’est pas un stratagème destiné à légitimer le résultat aux yeux de l’observateur extérieur, mais le désir sincère d’une amélioration progressive des mécanismes de la démocratie représentative.

Un système dans lequel s’est installé un consensus social n’a pas besoin d’un contrôle rigide de l’opinion. Les gens votent sciemment, volontairement et de leur propre chef pour les partis du système [l’un des 4 partis représentés à la Douma].

Deuxièmement, l’économie du pays, bien sûr, est dans un triste état, et l’impuissance du  bloc économique gouvernemental fait déjà la risée de tous, mais 2016 sera la dernière année où ce facteur pourra être utilisé contre le Kremlin.

Dès à présent, des percées positives, quoique très discrètes, se font jour pour surmonter la crise, et dans un an, la reprise économique prendra la forme d’une tendance, et cette tendance sera une raison supplémentaire pour le soutien populaire.

Troisièmement, l’élite russe, ou plutôt une partie de l’élite, qui ces dernières années s’efforçait de  rester assise sur dix chaises, se trouve face à la nécessité d’un choix fondamental et irrévocable – soit la nationalisation soit être exclu du «club».

Pendant deux ans, ils avaient espéré que les choses allaient en quelque sorte se calmer et aller mieux, et qu’il serait  possible de combiner leur sympathie pro-occidentale avec un patriotisme de façade. Cet espoir est pratiquement tari.

De plus, l’élite russe est exposée dans ses choix à une pression désagréable de l’Occident. Les pays occidentaux de plus en plus ouvertement, même pourrait-on dire – ostensiblement indiquent aux nouveaux riches russes quelle est leur place: là une peine d’emprisonnement de deux ans pour le banquier Pougatchev au Royaume-Uni, et hier l’extradition par l’Italie de l’ancien chef de Rosgranitsa.

Et enfin, quatrièmement, l’Etat se bat de façon plus cohérente et systématique contre la corruption. Il est douteux que l’on aille vers la création d’un système complètement propre – au Kremlin on reste réaliste.

Au contraire, la tâche est de minimiser la corruption dans des domaines stratégiques pour le gouvernement et d’établir un système efficace pour résoudre à grande échelle des problèmes vraiment très complexes auxquels est confronté le pays.

D’où les poursuites juridiques insistantes des responsables du retard dans la construction du cosmodrome Vostok, et le nombre croissant de hauts fonctionnaires du gouvernement qui se voient supprimer leur statut officieux d’immunité.

En conséquence, les concurrents et les adversaires de la Russie à l’étranger se trouvent confrontés à un fait très désagréable : ils ont pratiquement épuisé les outils de déstabilisation et les leviers permettant de la détourner du chemin qu’elle s’est choisi. En fait, la publication des documents compromettants contre Poutine sont une reconnaissance de leur défaite sur un front de plus.

Les dossiers compromettants n’ont de sens comme levier de pression que dans la mesure où il reste un mystère, qui peut servir comme élément de chantage. La publication des dossiers signifie que le levier n’a pas fonctionné, et ils sont utilisés dans la dernière forme possible, comme une tentative de nuire à la réputation de la personne. En attendant, les documents publiés en Russie font beaucoup  rire, ce qui n’était sans doute pas le résultat escompté.

Qu’est-ce qu’il reste alors? Deux choses : la déstabilisation de la politique étrangère sur le périmètre des frontières russes, et les tentatives de subversion de l’intérieur à travers les représentants de l’élite russe, qui ne veulent pas ou ne peuvent tout simplement pas entrer dans le nouveau système politique de la Russie.

Il est peu probable que nous assistions à une simple révolution de palais. Je pense qu’au plus haut niveau – au Kremlin – le niveau de consensus de l’élite est déjà atteint, et les organismes d’application de la loi fédérale sont prêts à défendre l’ordre constitutionnel. Voilà pourquoi rien de ce genre n’ est arrivé au cours des deux dernières années – le système de sécurité interne est à la hauteur.

Il s’agirait plutôt de tentatives désespérées lancées par des  élites de deuxième niveau – régional ou d’entreprise, qui, cependant, peuvent disposer de moyens importants. Dans la situation actuelle, il est préférable de jouer la sécurité et ne laisser aucune chance aux tentatives même les plus frivoles.

En ce qui concerne les sources externes d’instabilité, la réaction quelque peu tardive du Kremlin (près de 12 heures après la reprise des hostilités) devant l’escalade du Haut-Karabakh a donné l’impression que les services secrets russes n’ont rien vu venir.

En conséquence, les autorités russes ont été prises complètement au dépourvu et il a fallu un temps relativement long pour une réponse et un endiguement. On ne sait pas encore jusqu’à présent si la Russie a été en mesure d’empêcher le conflit de s’aggraver.

Cette histoire montre clairement que les opposants à la Russie ont encore de la poudre dans leur poudrière, et qu’il est trop tôt pour se détendre. On peut encore s’attendre de leur part à des actions inattendues, spectaculaires et efficaces contre la Russie, y compris à l’intérieur du pays.

Dans cette situation, un rôle décisif est dévolu à la rapidité de la prise de décisions et leur mise en œuvre. Et quelle force de l’ordre peut être plus rapide que celle directement subordonnée au chef de l’Etat?

 

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Publié par le avril 7, 2016 dans Uncategorized

 

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