RSS

Ziouganov a pris part au programme « Dimanche soir avec Vladimir Soloviev » sur « Russie 1 »; sujet « Nostalgie de l’Union soviétique »

05 Avr

Le 3 avril, le dirigeant communiste Ziouganov a pris part au programme « Dimanche soir avec Vladimir Soloviev » sur la chaîne de télévision  » Russie 1″. Le sujet de discussion était la « nostalgie de l’Union soviétique. »

Russie # 1 Dimanche Soir avec Vladimir Soloviov, Moscou, le 3 avril 2016

https://kprf.ru/tv/153480.html

(PARTIE 6) La nostalgie de l’URSS

(Applaudissements)

Vladimir: Le 30 avril 1971, Leonid Brejnev a annoncé la formation d’une nouvelle communauté appelée le peuple soviétique. Le peuple soviétique, bien sûr, existait bien avant, mais c’est le 24e Congrès, historique, du PCUS qui en a fixé les contours idéologiques. Cependant 20 ans plus tard l’Union soviétique a cessé d’exister, la communauté s’est évaporée, les gens ont pris leurs quartiers nationaux, et, pourtant, le peuple russe conserve une nostalgie pour cette période historique. Quelle est la raison de ce phénomène? Le passé soviétique était-il parfait? Que regrettent les gens et de quoi sont-ils fiers?

(Applaudissements)

V (Vladimir): Guennadi Ziouganov, eh bien, si vous voulez, votre parti est sans doute le bénéficiaire principal de ce sentiment de nostalgie, parce que l’existence même de l’idéologie communiste, du Parti communiste ne serait pas possible sans toute l’expérience de l’URSS.

GUENNADI ZIOUGANOV (Président du Comité central du Parti communiste): Il ne s’agit pas de nostalgie, mais du grand patrimoine historique, de notre grand passé, dont nous sommes fiers, et aujourd’hui une nouvelle jeune génération est très disposée à en être fière. Elle ne veut pas vivre dans un pays de toxicomanes, de criminels, de traîtres et de scélérats. Elle veut vivre dans un pays qui continue les meilleures traditions millénaires de notre nation. D’autre part, on a beaucoup parlé du peuple soviétique après la guerre, malgré les difficultés, les problèmes, la répression. Et j’ai lu les dépositions des généraux nazis, y compris les interrogatoires de ceux qui ont été pendus. Ils ont dit, nous pensions que nous allions vous mettre une bonne raclée, et que vous vous sauveriez chacun dans votre niche nationale. Mais c’est le contraire qui s’est passé. Même lorsqu’on nous a acculés contre les murailles du Kremlin, les rives de la Volga, les gens se sont battus comme un seul peuple. J’ai servi dans l’armée en Allemagne. J’avais deux douzaines de personnes dans le renseignement, à mon avis, il y avait là pas moins de 12 nationalités. Je peux me rappeler de chacun d’eux, mais je ne saurais pas dire leur nationalité. Personne ne faisait de différence, nous formions une famille amicale, unie, puissante.Nous faisions notre service en Allemagne. Les Allemands dans la rue nous disaient bonjour, parce que nous étions les représentants du grand pays soviétique et de l’armée victorieuse. Nous étions respectés.

(Applaudissements)

GUENNADI ZIOUGANOV : En ce qui concerne Brejnev, il a effectivement formulé ce point de vue au Congrès. Et ensuite la chose été légalisée dans la Constitution, en 77. Le premier article dit: nous, peuple soviétique. Et ensuite vient l’explication de texte.L’explicitation, avec l’idéologie commune, et le complexe économique commun, la langue russe comme langue internationale de communication. Mais en même temps, il était écrit que chaque république avait sa propre Constitution, avait le droit d’exprimer ses particularités nationales, et tout le reste. Cette harmonie a été détruite en 20 ans. J’ai lu la doctrine Dulles, y compris tous les documents secrets. J’ai été stupéfait.Le premier point disait… nous devons démontrer au peuple soviétique uni qu’ils … que c’est trop dur pour eux de vivre ensemble, ce serait préférable qu’ils se séparent chacun dans leur coin. Et quand ils se seront séparés, ils dénoueront leurs liens séculaires, et se noieront tous seuls, chacun de leur côté…. Ici, vous pouvez voir comment nous nous noyons séparés les uns des autres. Par conséquent, il y aura nécessairement aussi une doctrine Poutine, qui souhaitera réunifier sur la base de nos meilleures traditions, et cette étape a été franchie.

(Applaudissements)

BORIS NADEJDINE (Président de l’Institut des projets régionaux et de la législation): Eh bien, la majeure partie de ma vie s’est déroulée en Union soviétique. Les années 60, 70, 80.

V: Et pour qui n’est-ce pas le cas ici ?

BORIS NADEJDINE : Il y a Chargounov. Nous avons calculé que pour Chargounov – non.

SERGEÏ CHARGOUNOV (écrivain): Je suis né en 1980.

BORIS NADEJDINE : Oui. Je vais raconter …

V: Quel impair.

BORIS NADEJDINE :Pour moi cette période sovié…cette période de ma vie en Union Soviétique est clairement divisée en deux périodes.C’est très net pour moi, et pour beaucoup de gens de ma génération aussi. Les années 60 – eh bien, c’est ma petite enfance, oui, Khrouchtchev venait de partir, Brejnev est arrivé. Mon petite enfance s’est passée à Tachkent. Et dans la cour,oui, Ziouganov a raison, on parlait trois langues : le russe, le yiddish, eh bien oui, les Juifs parlaient le yiddish, personne à l’époque ne connaissait l’hébreu, et puis l’ouzbek.

UN HOMME: L’hébreu était interdit.

(Brouhaha)

BORIS NADEJDINE : C’est vrai. Dans les années 70, quand je suis allé à l’école, puis à l’université, il y avait aussi ce sentiment de stabilité.

(Brouhaha)

V: Deux Juifs devisent sur le destin, tandis que le troisième parle de la Russie.

BORIS NADEJDINE :Il y avait un sentiment … il y avait un sentiment de stabilité. Je me souviens comment je me sentais fier quand étant premier de la classe j’ai été admis chez les pionniers dans le mausolée de Lénine.

V: Si seulement ils avaient pu prévoir…

BORIS NADEJDINE : Eh oui, tout arrive. Et je suis sûr que la plupart de nos gens, eh bien, oui, il y en a vraiment très peu, je suis désolé, qui se souviennent encore des années 20, des années 30,  ces gens-là ont presque tous disparu. La plupart de nos gens se souviennent exactement de ça. Voilà, je suis allé à l’école, oui, en soixante-dix … soixante-huit ou soixante-neuf.

V: Boris, je comprends ce que vous voulez dire,que les gens sont fiers non pas du passé réel, mais de la légende qu’ils ont intégré étant enfants, non?

BORIS NADEJDINE :Je vais vous expliquer, regardez. Je suis allé à l’école en 69, et une miche de pain coûtait 18 kopecks et le litre de lait 28 kopecks. Treize, le moins cher treize, je suis d’accord …

V: La miche de ville… Bon, ne commencez pas.

BORIS NADEJDINE : Camarade, laisse-moi finir, qu’est-ce qui se passe?

V: Il y avait la miche de ville à 7 kopecks.

BORIS NADEJDINE : Volodia, je peux finir, d’accord?

V : Les gros pains coûtaient jusqu’à 25 kopecks.

BORIS NADEJDINE : Bon, j’ai fini mes études à l’Institut Technique de physique, eh bien, 20 ans plus tard, et c’était la même chose absolument.

V: Oui, nous avons tous obtenu nos diplômes.

BORIS NADEJDINE : Eh bien le litre de lait, il valait toujours les 28 kopecks… Voilà de quoi les gens se souviennent en premier lieu.

V: Vous croyez?

BORIS NADEJDINE :Toute la vie il y avait une parfaite stabilité.

V: Donc vous pensez que la fierté – c’est au stade de l’estomac, c’est ça?

BORIS NADEJDINE : Les gens savaient que s’ils terminaient l’école, ils auraient un travail, Comme nous tous, oui, absolument, mais remarquez que c’étaient les années 60-70. Mais quand je suis devenu un adulte dans les années 80, quand j’ai eu un enfant, j’ai pris en pleine figure tous les problèmes de l’homme soviétique, des files d’attente pas possible, oui, il était irréaliste mais indispensable d’obtenir un appartement. Il était possible d’en obtenir un, mais il fallait faire la queue très très longtemps, oui. Puis ont commencé les pénuries alimentaires réelles. Tout bonnement, je ne pouvais pas acheter à mon petit enfant les choses les plus simples, parce qu’il y avait les files d’attente, des bons et ainsi de suite.

V: Donc, votre enfant a eu faim, et vous l’avez allaité?

(Applaudissements)

BORIS NADEJDINE :Il ne faut pas ironiser.

V: Non, j’ai eu des enfants à la même époque, mais même s’il y avait des choses qu’on ne pouvait pas acheter, je ne me souviens pas avoir vu des gens affamés, qui tombent d’inanition.

BORIS NADEJDINE :Il n’y avait pas de famine, mais si on voulait acheter par exemple de la  viande correcte, oui, vous pouviez aller au magasin–les rayons étaient à moitié vides, vous trouviez quelque chose de potable, il fallait…

NIKOLAI STARIKOV (président du parti Grande patrie): Mon collègue a décidé de raconter toute sa vie, je peux aussi dire 2 mots…

(Brouhaha)

(Applaudissements)

BORIS NADEJDINE : Je résume.

V: On en était arrivés aux années 80 et à la viande. Vous ne saviez pas comment être amis avec les bouchers, bon après?

BORIS NADEJDINE : Les gens bien sûr, surtout après les années 90, quand il y a eu une inflation horrible, la hausse des prix, le chômage …

V: Ils ont cessé d’aimer leur patrie, hein?

BORIS NADEJDINE: Ils ont commencé à se rappeler les années 70, quand tout était stable. Et bien sûr, là est le…

V: Et maintenant pourquoi ils aiment leur patrie?

BORIS NADEJDINE : Et maintenant c’est une histoire très différente. C’est vraiment une histoire différente. Les gens de ma génération, bien sûr, dans le contexte de ce qui se passait, ils se souviennent de la stabilité des années 70, c’était bien, mais les gens de la jeune génération, qui ne l’ont pas vécu…

V: Le sondage ne vous a pas plu, le sondage qui a eu lieu, la grande majorité des citoyens, plus de 90 %, sont fiers de leur pays. Non seulement ça, on explique après de quoi ils sont fiers. En fait, Boris, je ne peux pas travailler en mode monologue, Boris, en mode monologue, ce n’est pas bon …

BORIS NADEJDINE : Ils sont fiers du mythe du pays soviétique, qui existe aujourd’hui.

V:. Boris, quel bonheur que vous seul connaissiez la réalité Tous les autres vivent …

KAREN CHAKHNAZAROV (réalisateur, artiste national de RUSSIE): Je voudrais revenir ici, en fait, à l’idée soviétique. Je pense qu’il y a là, à proprement parler, une invention absolument géniale de Lénine – l’idée soviétique qui a permis de recréer l’espace eurasien sous la forme de l’empire soviétique. Car en effet, quelle est l’essence de l’idée soviétique? L’idée soviétique dans cet énorme pays, ce pays multi-religieux, multiethnique a dit: vous êtes avant tout soviétiques. Nous étions tous, avant tout, des Soviétiques. Nous restions Russes, Ukrainiens, Juifs, Kazakhs, Tadjiks, mais avant tout, nous étions des Soviétiques, et c’est qui nous a permis de ressembler le pays. Cette idée fait défaut,à mon avis,dans la Russie actuelle. Je rappelle, je rappelle que dans les années 90, Doudaïev, le célèbre chef de la Tchétchénie séparatiste, je me souviens bien de cette interview, il a dit: « Nous Sommes Prêts à vivre en Union Soviétique, nous ne voulons pas vivre en Russie.  » Et ceci est un point important à la suite, pour ainsi dire …

GUENNADI ZIOUGANOV :Près de 90% des Tchétchènes ont voté pour vivre en Union Soviétique.

(Brouhaha)

KAREN CHAKHNAZAROV : Et un deuxième point très important, parce non seulement cela donnait le sentiment que nous étions un pays multinational, mais cela nous garantissait un grand nombre d’alliés. Le fait est que les Chinois, peu importe qui vous êtes, Chinois, Indien, Anglais, Français, vous pouviez aussi être soviétique. A partir de là l’Union soviétique avait un grand nombre d’alliés. Je me souviens bien,en 1985, j’étais un tout jeune homme,j’étais venu au Festival de Mar del Plata, dans le jury, avec le regretté Edmond Keosayan. Nous avons été invités par un barman.Edmond a dit: « . Ecoute, allons-y, c’est marrant » .Un barman, être invité chez un barman. Nous sommes arrivés, la famille était là, une famille argentine, simple, comme on dit, et soit dit en passant, la femme était de Syrie, une chrétienne.

AVIGDOR ESKIN (PERSONNALITE PUBLIQUE / ISRAEL /): Et chez les Américains ce ne sont pas des Américains, ou quoi? Je ne comprends pas.

KAREN CHAKHNAZAROV :Mais je ne parle pas de ça. En bref …

AVIGDOR ESKIN : Et en quoi c’est génial?

V: Tu vas voir.

KAREN CHAKHNAZAROV : Et dis-je, vous en fait … Ils disent, eh bien, vous savez, pour nous, le peuple soviétique c’est comme des gens d’une autre planète.Presque des Dieux. Voilà quelle était l’attitude du monde en général envers l’Institution de l’homme Soviétique. Et en ce sens, bien sûr, l’idée soviétique elle-même est extrêmement séduisante car elle donne un sentiment d’unité. Bon, bien sûr, en Union soviétique il y avait des manifestations de nationalisme, naturellement. Et à l’armée, parfois on nous appelait ‘tchourka’, évidemment, c’est-à-dire des gens d’Asie Centrale … Qui la plupart du temps parlaient en mauvais russe. Il y avait des choses comme ça, sans aucun doute. Et des éléments d’antisémitisme aussi, c’est  connu de tous. Mais, tout de même, au niveau de l’idéologie, à base de l’État il y avait, avant tout, cette idée-là. Tous sont égaux, toutes les nationalités sont égales entre elles, nous sommes tous, d’abord et avant tout, des Soviétique. Cela faisait de nous un peuple.

(Applaudissements)

AVIGDOR ESKIN : Ce sujet est infiniment important pour la compréhension de la réalité actuelle et pour que les gens soient en mesure de se définir dans le cadre de leur propre héritage et de leur propre culture. Si tout été comme vous l’avez dit, Guennadi Ziouganov, l’Union soviétique existerait aujourd’hui, et elle serait la première puissance mondiale. S’il n’y avait pas eu ces problèmes, s’ils avaient été résolus à l’époque par Lénine, eh bien, aujourd’hui, nous ne serions pas en train de discuter de ce sujet, parce que l’Union soviétique existerait. Il y aurait aujourd’hui une Europe de l’Est unie à Europe de l’Ouest, sous l’égide de la grande idée de l’homme soviétique.Lénine, en passant, ne parlait pas de l’homme soviétique, mais de l’internationalisme prolétarien, la destruction de la religion, et je conseille à tous de lire simplement le psalmiste, qui a dit que Si le Seigneur ne bâtit la maison, il est vain de s’en prendre aux architectes. Si à la base de la construction de l’État on pose l’athéisme, le déni complet de Dieu, de la Bible, la persécution d’absolument tous les groupes religieux. Cela dès le premier jour. Ou bien je me trompe? Non, je confonds avec d’autres, peut-être. Ça c’est la première chose, commençons par ça. Si ça avait été différent …

NIKOLAI STARIKOV: Ce n’est pas la question.

AVIGDOR ESKIN : Pourquoi pas la question? Je parle de ce quoi on parlait avant moi. Et si tout avait été comme on disait, nous ne serions pas en train d’en parler aujourd’hui, d’abord? Autrement dit, le fait que l’Union soviétique a cessé d’exister, est précisément le résultat, surtout, l’échec de la politique nationale, car ce sont justement les courants nationalistes, qui ont amené certaines personnes au Kremlin à croire qu’il est nécessaire de rétrécir les frontières, il est nécessaire de se débarrasser du ventre mou d’Asie centrale. Tout ce que disait Popov et son entourage, était tout simplement basé sur le fait que nous devons essayer de maintenir une majorité slave, russe, menacée par l’Asie centrale et ainsi de suite. Sujet infiniment important, mais restons en quelque sorte à proximité des faits. L’idée nationale en Union Soviétique s’est réveillée pendant la Seconde Guerre mondiale non pas comme idée soviétique, mais comme idée russe. Et grâce au peuple russe, c’est la culture russe qui est une culture qui rassemble les gens dans le Caucase, une culture qui a conduit au fait que le Caucase a rejeté la vendetta, il y a eu de grandes réalisations. Vous avez donné l’écriture aux peuples, vous avez donné des sentiments nationaux aux Evenks et aux Tchouvaches, que sais-je encore. Il y a eu de grandes réalisations, sans aucun doute. Mais s’il n’y avait pas eu dès l’origine ces pierres d’achoppement et ces mines à retardement, alors,je le répète encore une fois, l’Union soviétique existerait encore aujourd’hui.

Trad. Marianne pour H & S

Fin de la première partie (à suivre)

 
2 Commentaires

Publié par le avril 5, 2016 dans Uncategorized

 

2 réponses à “Ziouganov a pris part au programme « Dimanche soir avec Vladimir Soloviev » sur « Russie 1 »; sujet « Nostalgie de l’Union soviétique »

  1. Boyer

    avril 6, 2016 at 10:52

    J’ai vu cette émission. Assez incroyable. Et d’ailleurs la fréquence et la teneur des débats dans les grands médias russes sont impressionnants. Aux antipodes de l’image rabougrie véhiculée ici. Une société en recherche.
    Voir mon blog : bordeaux-moscou. over-blog. com

     

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :