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Le Congrès des communistes: il ne doit pas y avoir de « déchéance de la citoyenneté communiste » suivant que vous vous prononcez pour une base commune ou une autre

04 Avr

 

04 Avril 2016

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Pourquoi je parle de « déchéance citoyenne » à propos du Congrès du PCF, parce que les conditions d’un véritable débat ne peuvent être réalisées tant qu’il sera instauré une différence entre texte dit légitime et textes qui ne le seraient pas. Donc voici d’abord une réflexion sur les conditions d’un véritable débat au sein du PCF et ensuite la présentation du résumé de notre base commune alternative que j’ai faite pour les communistes de ma section du 13e à partir de la réflexion de camarades de Vénissieux.

 

Pour ceux qui ne sont pas au courant des nouveaux rituels des Congrès du PCF, il y a plusieurs étapes avant le commencement dudit Congrès.

 

Le Conseil national sortant est censé faire un bilan de sa mandature et proposer des orientations jusqu’au prochain congrès. Cela s’appelle la base commune, elle est donc votée par le Conseil National. Ce qui a été fait au mois de février 2016. Oui mais voilà il y a eu une première « Innovation » de la part d’une partie de la direction puisque sitôt votée la base commune, ceux-là même qui l’avaient votée ont présenté un texte alternatif, de soutien à l’expérience du Front de gauche et de fait à la candidature de Mélenchon. C’est Patrice Cohen Seat, Nicole Borvo mais aussi Roland Leroy qui ont présenté cette orientation. Et l’on sait bien que des gens qui ne l’ont pas signée comme Marie-Georges Buffet sont proches. C’est leur droit et l’on doit se réjouir que chacun dise ce qui lui paraît le meilleur mais ils ont créé des conditions nouvelles.

 

Nous avons donc une situation extraordinaire dans laquelle une direction au plus haut niveau après avoir voté la base commune se divise autour de deux textes, la base commune et un texte alternatif, une autre proposition globale de base commune. La division de fait porte essentiellement sur la stratégie à adopter aux présidentielles: pour les uns il s’agit d’opérer des primaires avec en gros les frondeurs du PS, quelques verts non encore passés au gouvernement (ces derniers exigeant que l’Europe ne soit pas attaquée), le tout managé par Cambadelis et Cohn Bendit. L’autre partie de la direction proposant à la fois la candidature de Mélenchon et de fondre toujours plus le parti communiste dans un Front proche de l’expérience Syriza en Grèce et Podemos en Espagne.

 

Notre texte alternatif propose une autre démarche qui prend les élections y compris présidentielle dans une stratégie de changement de société, de rassemblement de type Front populaire avec un parti communiste proche des exploités étant la colonne vertébrale pour renouveler la confiance dans une issue de gauche, dans le socialisme. Luttes et élections favorisent l’intervention populaire et construisent une perspective de  renouvellement de la politique. Ce qui suppose des candidats communistes, en particulier à la présidentielle, clé de voûte du système constitutionnel actuel. Ce fut une des conclusions de notre parti qui tout en condamnant ladite constitution affirma par la voix de son secrétaire d’alors; Georges Marchais,  la nécessité d’une candidature communiste.

 

Notons que notre proposition de base commune s’est heurtée dès le départ à des conditions d’inégalité manifestes. Si les deux tendances de la direction n’ont aucun mal à réunir les conditions de validation exigées pour que leur texte soit pris en considération, il n’en est pas de même pour d’autres textes.

 

Les conditions exigées pour qu’un texte soit validées sont en effet:

 

Il faut que 300 camarades à jour de leur cotisation aient soutenu ce texte. Alors que jusqu’ici c’étaient les trésoriers qui validaient les signatures, là il a fallu qu’on réclame une attestation auprès des ADF fédérales. Dans ma fédération ils ont même raffiné en exigeant que la procuration par laquelle un camarade pouvait récupérer plusieurs attestations soit assortie de la photocopie de papiers d’identité du demandeur. Dans d’autres ils ont menacé de vérifier avec bulletin de salaire à l’appui si la cotisation correspondait bien au salaire. Donc pour signer un texte dit alternatif, il fallait envoyer une attestation de cotisation à jour et une attestation de signature du texte. Par parenthèse nous avons eu le cas extraordinaire de signatures en blanc puisque le texte du 15e n’était pas paru. Notre texte, « unir les communistes » étant visiblement le seul contre lequel il y avait des consignes.

 

Toujours au titre des difficultés, ces 300 signatures devaient émaner de 24 fédérations différentes et aucune fédération ne devait présenter plus de trente signatures. Mais ce n’était pas tout, en effet dans ma section du 13e il s’est passé un déni de démocratie extraordinaire. Le permanent de la fédération avec l’aide d’un acolyte brutal m’a interdit de parler de tout texte alternatif sous le prétexte que n’ayant pas reçu les signatures des 300 il n’était pas validé, étaient seulement validée la base commune. Ils me condamnaient de ce fait soit à pratiquer un travail fractionnel, soit à créer un clash qui ferait imploser la section. Comme nous avions déjà les signatures et que je souhaite l’unité du parti, je me suis tue. Mais j’ai fait remarquer la manipulation et la tentative d’instaurer deux catégories de communistes d’une telle pratique. Car comment pourrions-nous obtenir les signatures s’il n’y a pas au préalable publicité de bases alternatives dans le parti. De surcroit caher notre participation à une base  commune altenrative entraîne au sein de nos instances de la suspicion. 

 

Le parti communiste étant je dirai fort heureusement ce qu’il est, détestant les divisions mais aussi faisant confiance à sa direction comme garantie de l’unité du parti, a accepté à son corps défendant le principe des textes alternatifs. Personnellement j’ai toujours été contre et je l’ai exprimé par mes votes minoritaires. Je suis pour une base commune claire, qui propose aux communistes de se prononcer sur des orientations après un bilan de nos réussites et de nos échecs et surtout une analyse des conditions d’exploitation dont souffre notre peuple, notre classe ouvrière, la jeunesse et tous ceux qui souffrent d’une aggravation de leur situation qu’il s’agisse de leur origine ou de leur sexe. Si l’analyse est claire, les questions bien posées, il n’y a pas besoin de textes qui créent inutilement des camps.

 

Disons tout de suite que la base commune telle que la présente une partie de la direction sortante ne me paraît pas correspondre à cette exigence, c’est pourquoi je propose avec 400 autres communistes une base commune alternative.

 

Le Congrès doit être en mesure de faire de véritables choix et il ne doit pas utiliser la volonté des communistes au refus des divisions pour créer une légitimité artificielle autour d’un direction sortante qui s’avère désormais elle-même divisée. Ce serait instituer une sorte de déchéance citoyenne à l’intérieur des communistes à partir d’ailleurs de règles que les communistes ont votées: la seule solution si l’on veut garantir l’unité des communistes est de les placer dans le cadre de ce congrès dans une situation d’égalité. De considérer qu’il s’agit de choisir une base commune pour tous les communistes dans un grand dialogue démocratique.

 

Voici donc un résumé de notre base commune que j’ai écris à partir d’un texte de résumé d’autres camarades, texte pour ma section du 13e arrondissement à Marseille.

 

Danielle Bleitrach

 

 

Unir les communistes, le défi renouvelé du parti communiste !: Base commune alternative proposée par 400 communistes de toute la France

Alors que notre peuple, sa classe ouvrière, sa jeunesse, qui subissent une exploitation capitaliste toujours plus dure, ont un besoin vital d’un parti communiste, nous communistes avons de plus en plus de mal à faire la démonstration de l’utilité de ce parti : de sa capacité à créer des liens de solidarité et tracer une perspective de changement de société.

Ce sont la droite et l’extrême droite qui s’imposent avec leur concurrence entre les individus, la mise à mal des services publics et le démantèlement des acquis collectifs fruits de nos luttes et celles de nos anciens. La gauche est dans une impasse, le PS mène une politique réactionnaire, militariste. Le Front de Gauche est dispersé et incompréhensible.

Le PCF annonce participer avec les frondeurs du PS à des primaires qui ne seront qu’une tentative médiatique de sauver un système électoral dépassé et d’empêcher au profit du candidat socialiste une dispersion des voix de gauche. Dans le même temps d’ailleurs le gouvernement met en œuvre une transformation des conditions de l’élection présidentielle qui ne reconnait de droits qu’aux grands candidats.

Le bilan des derniers congrès est clair:  plus le parti communiste s’efface au profit des « fronts », plus il s’affaiblit, se coupe du monde du travail, et plus la gauche dérive vers la droite dans la gestion de la crise capitaliste.

Pourtant, l’exaspération populaire est manifeste dans les conflits sociaux, le refus de la réforme du code du travail, posant plus que jamais la question communiste. Le 9 puis le 31 mars, une foule immense est venue dire son refus de la politique menée par le pouvoir et des manœuvres politiciennes comme les primaires paraissent hors de saison, incompréhensibles pour ceux qui protestent.

En 2007, les communistes avaient rejeté la « métamorphose » en choisissant de maintenir le PCF. En 2016, ils peuvent relancer leur parti en affirmant un projet de rupture avec le capitalisme, après un vrai examen des choix stratégiques du PCF, de ses échecs électoraux de 2012, 2014 et 2015. Mais le texte voté par le Conseil National refuse tout examen critique, et le congrès pourrait remettre sur le tapis la dissolution du PCF dans une nouvelle force politique soit faire de notre parti l’équivalent des radicaux de gauche, appendice du PS, soit le dissoudre un peu plus dans un mouvement proche de Podemos et Syriza.

Avec cette base alternative, nous voulons contribuer à un vrai dialogue entre communistes pour de nouvelles orientations stratégiques, retrouvant le fil de notre histoire cassé par la « mutation », retissant les liens avec le monde du travail, avec le mouvement communiste.

Le capitalisme, c’est la crise, payée par les peuples !

Pour maintenir sa domination, le capitalisme organise la régression sociale, la guerre de tous contre tous, la paupérisation de larges couches populaires. En France, Hollande le soi-disant « ennemi de la finance » est le relais de cette politique de coups redoublés contre les travailleurs, la jeunesse et les peuples. La politique gouvernementale livre à l’exploitation capitaliste des secteurs de l’économie qui lui échappaient encore en partie (enseignement, transports, santé, énergie, etc.), permettant au patronat avec la casse du code du travail, les travailleurs détachés, de nouvelles conditions d’exploitation et de destruction de l’environnement, faisant de la France un pays de bas salaires. Face aux résistances, il ne connait qu’une réponse la répression, de la mise en prison des syndicalistes au matraquage des lycéens en passant pas les tentatives de constitutionnalisation de l’Etat d’urgence, on voit bien quels sont ses ennemis et de qui il se fait l’allié, du patronat, de la fiance et des marchands d’armes.

  • La situation politique, l’impasse à gauche, le terrorisme

La crise sociale s’amplifie, plus de 6 millions de chômeurs, 8,5 millions de Français pauvres, des millions de salariés en difficulté dans le public comme dans le privé.

La crise politique atteint son paroxysme. Depuis 1981, tous les gouvernements ont renié leurs promesses. Comment s’étonner de la perte croissante de confiance dans les élus et les partis ? Les dernières élections l’ont montré : abstention, vote pour la droite ou le Front National, individualisme, anticommunisme, populisme se mêlant de communautarisme et d’affairisme. Les attentats qui ont profondément traumatisé notre peuple, sans pour autant le faire rentrer apeuré chez lui, sont le fruit d’un double mal qui frappe nos sociétés, la manière dont nos marchands d’armes et nos capitalistes sous des prétextes humanitaires et de défense des droits de l’homme pratiquent un nouveau colonialisme, bombardent des peuples et y créent le terrain de prolifération de bandes fascistes qui provoquent des exodes massifs. Mais cette nouvelle forme de fascisme à prétexte religieux concerne parfois aussi nos propres enfants confrontés au nihilisme de cette société sans avenir. Ce n’est pas un hasard si les réseaux de la drogue, ceux du trafic d’armes sont les mêmes que ceux de ces crimes aveugles et massifs. Le capitalisme organise le crime et se sert de la peur qu’il suscite pour faire monter les solutions de haine fascistes qui divisent les travailleurs.

Notre peuple, notre classe ouvrière, notre jeunesse qu l’on pouvait croire résignée, qui s’abstenait de plus en plus est en train de manifester sa colère et notre rôle à nous communistes est non seulement de faire monter ce mouvement, d’amplifier l’intervention populaire, mais de l’aider à construire une perspective politique.

Dans ce mouvement le FN apparaît pour ce qu’il est : il a tenté de copier notre politique, de se présenter en défenseur des travailleurs, tout en étant les soutiens du patronat comme tous les fascismes. Ce mouvement dévoile sa vraie nature. En revanche il pose plus que jamais la nécessité d’un parti communiste véritable colonne vertébrale d’un rassemblement de nouveau Front populaire. Si nous ne désertons pas les élections, alors qu’elles sont faites pour nous marginaliser, nous devons constater que seul un puissant mouvement social peut redonner confiance et faire reculer ces symptômes d’une crise historique.

L’émancipation des travailleurs doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. Les réponses électoralistes et institutionnelles de la direction du PCF, avec la proposition de primaires sont totalement dépassées, inefficaces et dangereuses pour le présent et l’avenir du peuple, du monde du travail et de la France, de notre parti. Il n’y a pas de perspective de reconstruction communiste en dehors de l’action et de l’organisation dans le peuple.

  • Présidentielles : pas de primaires, une bataille communiste !

Nous combattons l’élection présidentielle qui pervertit la république, mais nous voulons faire à chaque élection y compris celle-la, progresser le rapport des forces pour le peuple. Cependant, à l’approche de 2017, le parti communiste est dans une impasse. Porte-t-il encore une perspective communiste d’un changement de société ? Peut-il inventer de nouvelles formes de rassemblement tirant les leçons de l’échec de l’union de la gauche ? Les primaires seraient un contre-sens total, nous enfermant dans le piège présidentiel. Elles ne serviront pas à résister au FN, ni à la crise de confiance dans le système électoral. Nous devons au contraire porter notre refus de la présidentialisation, faire reculer l’illusion du sauveur suprême, aider l’électorat populaire à choisir une alternative progressiste à l’impasse de l’union de la gauche et au danger du FN.

Une stratégie électorale n’a de sens que dans une stratégie sur le long et moyen terme. Un parti révolutionnaire ne peut pas se jouer à chaque élection quand celles-ci sont faites pour nous marginaliser. Il doit situer chaque bataille électorale dans une perspective de rassemblement populaire en vue d’un changement de direction politique mais surtout de contenu politique, changer de politique, passer de l’austérité, du chômage, de la misère, à la justice et au progrès social. Aller enfin vers le socialisme tel que le peuple français le décidera. Une telle stratégie destinée à organiser et à élever la conscience des masses, place en son centre la mobilisation et l’action dans l’entreprise, la rue, le quartier. Une élection est avant tout une bataille pour renforcer les forces progressistes en conscience, en capacité d’action, en organisation, pour construire cette “puissance du peuple en action”, seul chemin de toute transformation sociale.

Pour le parti communiste, ses directions, ses militants, les présidentielles de 2017 imposent un retournement complet de ses stratégies, de sa manière de parler d’un changement de société, du rassemblement populaire, des élections. Nous voulons un langage clair, populaire, compréhensible de tous. Pas de propositions sans que nous indiquions les moyens d’y parvenir. Nous voulons tout faire pour créer les conditions d’une candidature communiste ancrée dans le mouvement social, porteuse d’une perspective révolutionnaire, de candidatures législatives qui portent en toutes circonstances à l’assemblée les intérêts populaires.

  • Pour construire une autre société, la France doit agir pour un autre monde

La mondialisation capitaliste qui détruit des États, des régions et organise la guerre de tous contre tous n’est pas une nouveauté. « Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l’industrie sa base nationale. » (Marx, Le Manifeste). Lénine a montré le lien étroit entre financiarisation, fascisation et guerre en caractérisant le stade mondialisé du capitalisme comme impérialisme.

La chute de l’URSS a libéré la violence de ce capitalisme qui « porte en lui la guerre comme la nuée l’orage », mais dans le monde les indépendances nationales, des formes de socialisme diverses marquant le développement du Sud, du développement chinois qui a sorti de la misère un milliard d’humains et construit une “société de moyenne aisance” ne constituent pas un modèle, ce temps est révolu mais prouve que planification et maîtrise des leviers bancaires et industriels sont les seuls moyens du développement. Nous ne vivons pas un nouvel affrontement entre blocs impérialistes concurrents, mais la mise en cause de la domination des USA et de l’OTAN par le développement des “BRICS” et du “socialisme de marché” chinois. Le capitalisme sous domination des USA, né de la seconde guerre mondiale est entré en crise profonde et la nouveauté est la montée des alliances et des résistances dans un effort de paix et de respect des souveraineté.  C’est la raison de la violence impérialiste en Irak, Libye, Syrie, Ukraine. Notre peuple doit choisir: défendre sa bourgeoisie dans l’alliance atlantique en tentant d’infléchir l’U.E., ou ouvrir une brèche en contribuant à un nouveau monde de coopérations entre nations souveraines. Le parti communiste doit appeler à la sortie de l’OTAN, de l’Union Européenne et de l’Euro pour ouvrir la perspective d’une France socialiste dans un monde multipolaire de coopérations et de solidarité pour la paix !

Nous devons renouer des liens de camaraderie dans l’égalité et la coopération avec les partis communistes et les forces progressistes du monde entier.

Sortir de l’U.E. et de l’Euro pour engager la sortie du capitalisme !

Nous avons tous suivi la Grèce de Syriza, les 61% de NON au référendum du 5 juillet, et l’accord léonin qui a suivi, foulant aux pieds la souveraineté grecque. Cette crise a instauré au PCF un débat de fond sur le rôle de l’U.E. et de l’Euro. Il a fallu les protestations de militants pour remettre en cause le vote annoncé de nos parlementaires pour le mémorandum grec. Le déni de la part de la direction nationale devient insupportable.

La posture adoptée depuis 1990 d’une « Europe sociale » est un leurre. Il faut de toute urgence ouvrir le débat sur les conditions pour se libérer des diktats de l’U.E. Le PCF avait eu raison de s’opposer à toutes les étapes de la construction de l’U.E., jusqu’au traité constitutionnel de 2005, balayé par le vote mais imposé. La construction européenne a été conçue pour doper les taux de profits par la libre circulation des capitaux et la mise en concurrence de la main d’œuvre. L’Euro est un instrument de guerre contre les salaires et les services publics. Il n’a jamais été un instrument de résistance au dollar. La violence de la « concurrence libre et non faussée » apparaît dans les murs et les affrontements autour des migrants jetés sur les routes de l’Europe.

Il est impossible de rompre avec le capitalisme en France sans maîtriser une monnaie au service d’une politique progressiste, quelque soient les menaces et oukases des institutions de l’UE. Loin de tout repli nationaliste, sortir de l’Euro est la condition d’une rupture anticapitaliste en France, porteuse de ruptures et de bouleversements au profit des peuples, permettant de construire des nouvelles coopérations mutuellement avantageuses entre nations souveraines.

  • Les luttes, terrain premier des constructions politiques

Emplois, salaires, retraites, santé, formation, logement,… tout ce qui porte progrès est acquis puis conservé par la lutte. Créer les convergences dans l’action est une question décisive pour les communistes. Nous savons que sans lutte de masse, aucun progrès idéologique et politique n’est possible. Mais le rapport entre lutte et politique est complexe : effort permanent des sociaux-démocrates de détourner les luttes, difficulté pour les communistes d’être utiles en élargissant le rassemblement. Et les actions peuvent aboutir (1968,1995) et l’issue politique nous être défavorable. Les communistes ont de lourdes responsabilités dans les luttes qui sont une composante essentielle de notre formation, notre renforcement.

Les forces de la bourgeoisie le savent. Elles mobilisent énormément d’énergie contre le potentiel des luttes, actions idéologiques, forces de répression, mouchards. Consacrons aussi beaucoup d’efforts à faire vivre toutes les luttes de classe. Un des plus grands reculs de ces dernières décennies – idéologique, politique, matériel – est l’affaiblissement rapide des liens entre syndicalistes de lutte et parti communiste. Il sera nécessaire, en lien avec les luttes réelles, de résoudre cette question.

  • Contre le FN, un parti communiste populaire et rassembleur

Le FN est utilisé comme leurre protestataire en même temps que repoussoir pour accélérer la recomposition politique dont le capital a besoin. La société arrive à un point à la fois de souffrance où la question politique se pose de nouveau dans les termes « socialisme ou barbarie ». Or le capital entend se donner libre cours. Toute avancée sociale est pour lui un frein à ôter. La main de fer dans le gant de velours des sociétés libérales, perd son apparence et la violence redevient sa réponse naturelle, de la criminalisation des résistances syndicales, Air France, Goodyear au recours au fascisme.

Comme à la veille des deux guerres mondiales, une crise financière majeure et structurelle est accompagnée par une montée des nationalismes, et l’absence d’une résistance cohérente et organisée. Le FN poursuit son ascension électorale malgré les campagnes morales de la gauche sociétale et les fronts républicains. La complaisance médiatique lui permet d’influencer les débats et réunir toutes les conditions pour entraîner une population fragilisée par la désindustrialisation vers la haine anti-immigrés. La lutte contre le Front national passe par la lutte contre le capital, son ventre nourricier. Comme l’écrivait Brecht, « le ventre est toujours fécond d’où est sortie la bête immonde » si nous ne nous attaquons pas à sa domination.

Le fascisme est un danger mortel pour la classe ouvrière, le danger principal contre lequel il faut en urgence rassembler les forces populaires et démocratiques. Le meilleur remède est l’existence d’un parti communiste proche des couches populaires, qui sache rassembler et désigner l’adversaire de classe, le système capitaliste.

  • Pour sortir de l’impasse, un grand parti communiste

Depuis la « mutation » initiée par Robert Hue, le PCF a suivi, de congrès en congrès, des stratégies qui ont toutes conduit à un affaiblissement organisationnel, électif et politique. Les organisations de base, cellules d’entreprises et de quartiers répondaient au besoin essentiel de rassembler des militants pour leur permettre d’agir. Même dans de grandes entreprises, il n’y a plus de militants communistes, nos liens avec les classes populaires se sont affaiblis considérablement. Le parti ne mobilise plus que lors des échéances électorales. Nous demandons un véritable bilan des 15 dernières années, l’état réel de l’organisation par fédération, le nombre des adhérents, l’état des cotisations, le reversement des élus.

Après les décennies de « mutation », la question de l’organisation revient au premier plan. Comment faire vivre une organisation communiste ancrée dans le monde du travail ? La démocratie sans cohérence est inefficace, laissant les décisions aux exécutifs. Les directions ne construisent plus la mise en cohérence des communistes au service de leur action, ne portent plus une parole collective, construite dans la durée pour être identifiée, défendue, portée par les militants. Les « je » se multiplient sans jamais construire le « nous ».

Dans le Front populaire comme avec le Conseil National de la Résistance, le PCF n’a rabattu ni ses exigences ni son identité. Les alliances de ces dernières années, restant sur le modèle de l’union de la gauche, se sont soldées par la perte d’élus et de crédibilité. Tant que nous restons dans la confusion avec le PS, nous sommes sanctionnés par les électeurs. Nous devons réfléchir à une véritable politique de rassemblement populaire et d’alliances sans soumission, dans une cohérence nationale qui permettra aux communistes de s’y retrouver.

Les relations internationales entre partis communistes se multiplient, le PCF ne peut rester enfermé dans un PGE lié aux institutions européennes.

  • Notre projet et le chemin du socialisme pour la France

L’impasse de la gauche, l’affaiblissement du parti communiste, sont aussi la traduction de l’impossibilité de penser une autre société que le capitalisme, tant la bataille de diabolisation du socialisme du 20ème siècle a fait reculer l’idée d’un vrai changement de société. Les pays de l’Est étaient le mal absolu, la Chine est une puissance dangereuse, les expériences latino-américaines des échecs. Le parti communiste lui-même laisse dans le flou des caractéristiques essentielles d’une société se libérant du capitalisme : la propriété publique, le pouvoir des travailleurs, la maîtrise de la monnaie.

Pourtant, les grandes luttes sociales interrogent toutes la propriété des moyens de production. La socialisation des forces productives appelle plus que jamais une socialisation massive de la propriété. Le monde du travail doit prendre toute sa place dans la direction des affaires, pour la maîtrise de ses moyens de production et d’échanges, de ses conditions de travail et de vie. La bourgeoisie, avec ses rentiers, spéculateurs, affairistes spécialistes de la subvention publique, est inapte pour diriger la société dans le sens de l’intérêt général.

Nous devons être porteurs d’un projet de socialisme du 21ème siècle, réduisant, par de larges nationalisations des grands moyens de production et d’échange, le pouvoir de la bourgeoisie, recherchant des coopérations internationales libérées de la domination des marchés, rompant radicalement avec les règles de la concurrence et de la spécialisation, pour imposer la planification en réponse aux besoins, le pouvoir des travailleurs dans une république sociale, assurant le développement continu de forces productives modernes pour répondre aux immenses besoins sociaux et environnementaux, d’éducation, de culture, portant l’exigence de paix, de rupture avec les institutions de la mondialisation capitaliste, la participation de la France à de nouvelles institutions d’un monde multipolaire ouvert aux pays du Sud, la sortie de l’OTAN et l’engagement dans le désarmement.

  • Un programme de rupture avec le capital

La bataille communiste d’ici 2017 doit faire grandir des revendications politiques fortes, que les travailleurs peuvent porter dans leurs luttes, et qui soient des repères d’un programme politique de rupture : Nationalisation/socialisation des grands secteurs économiques, dont EDF-GDF, SNCF, Poste… , Développement des services publics, école, santé, transports et poste…, Remise en cause fondamentale de la dette publique, Réduction massive du temps de travail sans perte de salaires, semaine de 28h sur 4 jours, indexation des salaires sur l’inflation, blocage des prix des produits de première nécessité, Augmentation des salaires, pensions, minima sociaux, retraite à 60 ans à taux plein, blocage des prix, Construction de logements sociaux, blocage des loyers, Non-application des directives et traités européens, sortie de l’OTAN,…

  • Un seul chemin, un rassemblement populaire conscient et organisé !

Pour tourner la page de la longue construction d’une union de la gauche au profit du parti socialiste, puis de son lent enfermement dans l’impasse actuelle, il faut proposer de nouvelles formes de rassemblement, un rassemblement populaire dont la fonction première n’est pas électorale, mais d’abord d’éducation populaire pour un peuple uni, conscient et organisé. Nous pensons que la rupture dans une société capitaliste est impossible sans un mouvement populaire capable de gérer dans la durée les tensions, les contradictions, les freins qui ne manquent pas de surgir dans tout processus de transformation politique.

L’alternative à l’union de la gauche suppose de construire pas à pas un « Front Populaire » moderne, outil d’éducation populaire pour que des millions de citoyens soient capables de s’informer sans dépendre des médias dominants, de s’unir malgré les contradictions locales ou corporatistes, de s’approprier les enjeux environnementaux, économiques, culturels, de la transformation socialiste. Le parti sans rassemblement est impuissant, le rassemblement sans parti est inconscient.

  • Oui, le défi du parti communiste !

Nous relevons le défi de faire vivre et renforcer un parti communiste de combat, populaire, marxiste. Nous avons un double atout : la montée du mécontentement populaire, l’unité qui se construit dans les luttes et ce que sont les communistes, leur volonté d’union. Ce qui unit les communistes est plus fort que ce qui les divise. Tous les communistes veulent que leur parti soit un grand parti des travailleurs, un parti démocratique où l’opinion de chaque adhérent compte pour un, un parti de responsabilité et de dévouement qui regagne la confiance du peuple. Nous abordons ce congrès dans un esprit de fraternité, d’écoute mutuelle. Il faut unir les communistes pour ouvrir la perspective d’un nouveau Front populaire vers le socialisme. Vive le Parti Communiste Français !

 

 
1 commentaire

Publié par le avril 4, 2016 dans Uncategorized

 

Une réponse à “Le Congrès des communistes: il ne doit pas y avoir de « déchéance de la citoyenneté communiste » suivant que vous vous prononcez pour une base commune ou une autre

  1. Thoraise

    avril 4, 2016 at 7:03

    A reblogué ceci sur Bernard Gilleronet a ajouté:
    Beaucoup de bonnes choses dans ce long blog de notre camarade Bleitrach

     

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