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La réflexion du jour: le PCF comme un membre amputé ou comme le géant Antée

03 Avr
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Hercule soulevant le géant Antée pour l’empêcher de reprendre pied.

En lisant l’interview de Renaud au JDD, une image -comme souvent- m’est venue à l’esprit. Le PCF est pour la société française comme un membre amputé dont on continue à ressentir la présence, des brûlures, des picotements, on appelle ça des douleurs fantômes … Et aussitôt j’ai eu une autre image, celle de la manière par laquelle le PCF était tué: le géant Antée qu’Hercule avait empêché de mettre les pieds sur la terre…

Il y a toujours partout un communiste fort pur et dur pour dire cette amputation qu’il vit parfois au sein de son propre parti ou ce qu’il en reste. Il rame tant qu’il peut pour le faire revivre, pour tenter une sorte de bouche à bouche et parfois il y a un tressaillement, quand passe un défilé de protestataires, le colosse épuisé oublie les manœuvres politiciennes, les propositions de primaires, les alliances avec des groupuscules qui sont tout sauf sensibles à ce que vivent la classe ouvrière, les exploités, leur langage est abscons, il n’est entendu par personne…

Le PCF est comme le géant Antée qui reprenait vie chaque fois qu’il posait les pieds à terre, pour l’achever Hercule a dû le soulever et l’empêcher de reprendre pied dans sa base naturelle…

Pendant ce temps-là, face à l’offensive du capital, il est inventé des prothèses pour remplacer le membre absent.Même pas la prothèse, Pam a raison, celle-ci vise à un fonctionnement, mais il a été plus recherche une substitution à la douleur du souvenir, un antalgique qu’il s’agisse du PS hégémonique ou du Front National.

En matière de leurre à gauche tout a débuté avec Mitterrand se présentant comme au-dessus des partis. Mitterrand a pour cela approuvé le « coup d’Etat permanent » de la Constitution qu’il dénonçait jadis, il s’est glissé dans les oripeaux du monarque et tous ces funambules dans la peau de courtisans… La politique est devenue un jeu morbide de clans…  Ce faisant, Mitterrand n’a jamais caché qu’il se donnait comme objectif l’élimination du PCF. C’est le seul objectif d’ailleurs- parmi ceux visant à changer la vie- qu’il a réalisé avec la complicité d’un monde intellectuel et de la création fasciné par les ors du pouvoir:

Les bobos dans le sillage de Jack Lang ont accepté de renoncer à être « élitaire pour tous », à refléter les aspirations de leur peuple, ils ont même poussé le mépris de ce peuple jusqu’aux dernière extrémités, la négation de la négation ce qu’ils ont appelé « le populisme »..
De tout cela est né la médiocrité tant sur le plan culturel que politique… Il manquait ce peuple dont Robespierre disait qu’il était la boussole…

Hollande, Macron, Valls et il ne reste plus rien de l’illusion… Ils ne sont plus l’écho que de leur nombrilisme et de la lutte des places.

Mais une autre figure, favorisée par les manœuvres tactiques du dit Mitterrand autant que la politique adoptée par les uns et les autres, est devenue à son tour le simulacre du PCF… Comme l’a dit Hollande le FN a caricaturé la politique du PCF du temps où il était fort..

Mais voici que le mouvement de colère contre le dernier exploit des scories mitterrandiennes, le démantèlement du code du travail met à jour l’escroquerie sociale du FN… Le grand écart entre la flatterie, l’appel à la haine raciste vers la classe ouvrière et la défense sur le fond des intérêts patronaux…

Et comme Renaud, tous ces gens-là se retournent dans le lit encombré des miettes de leur festin et se demandent s’ils vont directement voter pour Juppé ou pour Fillon, puisque c’est « compliqué » et qu’il n’y a rien d’autre que ce membre amputé qui vous fait mal quand on veut lever le poing.

Danielle Bleitrach

PS. je ne sais si l’info est vraie ou s’il s’agit d’un poisson d’avril du Parisien, mais ce journal a publié un article où il est expliqué qu’un conseiller municipal FN d’Arcueil s’était opposé à une subvention à propos d’Erik Satie (originaire d’Arcueil) en affirmant qu’il s’agissait d’un ivrogne communiste dont la musique était un mauvais exemple… Alors voici un des morceuax les plus connus d’Erik Satie dans une interprétation remarquable …

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6 Commentaires

Publié par le avril 3, 2016 dans Uncategorized

 

6 réponses à “La réflexion du jour: le PCF comme un membre amputé ou comme le géant Antée

  1. Jean Antoine COLIN

    avril 3, 2016 at 7:17

    Renaud au JDD fin mars ?
    Anticipation du 1er avril !

     
  2. histoireetsociete

    avril 3, 2016 at 7:25

    Jean Antoine tu l’as déjà dit… Il y a autre chose à tirer de cette folle déclaration…

     
  3. Jean Antoine COLIN

    avril 3, 2016 at 7:34

    Je crois que la crise politique se traduit en crise névrotique…
    Les gens votent comme des zombies, quand ils votent !

    Que faire ?
    (comme disait l’autre)

    Il n’y a pas assez de divans pour tout le monde
    (dixit moi, et la sortie « bonne » n’en est pas garantie,
    comme disait Sigmund !).

     
  4. histoireetsociete

    avril 3, 2016 at 7:37

    là tu n’as pas tort, nous sommes à un de ces moments paranoïaques… dirait Lacan …Toi et moi faisons ce que nous pouvons pour redonner du sens…

     
  5. pam

    avril 3, 2016 at 8:17

    excellent comme toujours, mais une remarque sur les prothèses…

    car, oui, c’est bien le souvenir du membre amputé qui taraude encore la conscience populaire… hier dans une distribution de tract devant le petit centre commercial de mon quartier des minguettes, un vieux chibani nous dit « allez-y, comme Marchais face à Elkabach… »

    Mais une prothèse est une tentative, artificielle certes, mais pour retrouver le fonctionnement du membre amputé… Dans le cas de Mitterrand et du FN, auquel il faudrait ajouter JLM, il s’agit d’un substitut non pas du fonctionnement, mais du souvenir… je préférerais dire antalgique…

    pam

     
  6. Jeanne Labaigt

    avril 3, 2016 at 9:20

    J’habitais Arcueil entre 1974 et 1984, notre député était Georges Marchais qui obtenait plus de 70 % des voix dans la ville aux élections de 1974.
    En 1976 pour l’anniversaire d’Eric Satie il y a eu une commémoration, non commerciale, touchante, chaleureuse et communiste.
    Jean Wiener est venu dans la salle municipale un soir.
    Il avait alors 80 ans.
    C’était un petit monsieur qui semblait fragile mais qui était totalement pétillant.
    Il était seul sur la scène de la salle Jean Vilar, rue Paul Signac avec un piano.
    Moi, j’avais laissé mon bébé de deux mois pour un soir à la garde de son papa et j’avais traversé la rue pour écouter Wiener.
    Il avait assisté Satie dans ses deniers mois, à l’hôpital car Satie ne laissait personne entrer chez lui.
    Il nous a décrit Arcueil en 1925: ville pauvre à l’abri de son aqueduc romain puis Renaissance, une ville traversée par un ruisseau cloaque, la Bièvre, au dix-neuvième siècle, bordé de tanneries, ville puante des industries, où la tuberculose faisait rage, un des plus fort taux du département de la Seine.
    Ville ouvrière (et démocratique comme on disait encore).
    Satie vivait dans un taudis, il ne mangeait plus, il était dans une misère totale, écrasé par la maladie.
    Wiener, notre camarade, nous a dit sa vie, ses espoirs après la grande boucherie patriotique, son milieu, la relève prise par les « jeunes » de Tristan Tzara à Henri Sauguet.
    Il nous a raconté l’état de sa chambre, l’étonnement devant ce dénuement, la crasse et leur remord de ne pas avoir vu avant l’état où Satie en avait été réduit, mais d’une certaine façon il donnait le change. Ce que Jean Wiener a dit aussi c’est la dignité de Satie qui n’avait jamais fait état de cette réelle misère, qu’il partageait avec tous les arcueillais du quartier. En 1976 la rue et l’immeuble existaient encore comme à l’époque, je pense que cela a du être reconstruit, je ne suis plus retournée à Arcueil depuis 1984, nous n’avions aucun mal à imaginer ce que cela devait être cinquante ans plus tôt.
    Oui, Satie était un arcueillais parmi les autres, dans cette banlieue pleine d’usines à l’époque (quand j’y habitait régnait une odeur de bière il y avait une brasserie la Valstar qui a bientôt fait faillite et mis à la rue de nombreux ouvriers) .
    Satie , non seulement est un immense musicien, un homme profondément humain, un « partageux » de la condition humaine des artistes, des ouvriers, du peuple de Paris et de banlieue, mais c’est un modèle pour tout ceux qui se réclament de l’espérance communiste.
    PS en 1988 devant le groupe d’immeubles où j’avais habité, tout près de la chambre de Satie a été assassinée Dulcie September.

     

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