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John Kerry à Moscou : « Après les attentats de Bruxelles, nous comprenons mieux les décisions prises par Vladimir Poutine »

25 Mar

C’est quoi cette valise… ?


Après sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, le 24 mars, le secrétaire d’État américain John Kerry a dressé le bilan de sa visite à Moscou. Lors d’une conférence de presse conjointe donnée avec le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, le représentant américain a précisé qu’ils avaient non seulement abordé la résolution des crises syrienne et ukrainienne, mais aussi toute une série d’autres questions importantes pour les deux parties. Résumé en cinq points.

Vladimir Poutine et John Kerry le 24 mars. Crédits : State Department photo/Flickr
Vladimir Poutine et John Kerry le 24 mars. Crédits : Département d’Etat américain/Flickr

Sur la lutte contre le terrorisme

Au cours de cette visite, marquée par les attaques terroristes en Belgique, les représentants russe et américain ont discuté de la lutte contre le terrorisme. « Les attentats ignobles organisés à Bruxelles nous rappellent les tâches qui se trouvent aujourd’hui devant nous. À savoir, mettre un terme au conflit en Syrie et focaliser toute notre attention sur la destruction de l’État islamique, a souligné John Kerry. Je pense qu’aujourd’hui, nous comprenons mieux les récentes décisions prises par le président Poutine et comment agir au mieux par la suite. »

« Concernant le terrorisme et les causes de cette terrible menace, je ne vois même pas où est le débat, a déclaré pour sa part Sergueï Lavrov. De nombreux analystes et figures politiques, y compris aux États-Unis, reconnaissent que le terrorisme est en grande partie dû aux mauvaises décisions prises par l’Occident dans cette région [le Proche-Orient, ndlr]. » Le ministre russe a en outre fait remarquer que parallèlement à l’intensification du processus de résolution politique en Syrie, les parties américaine et russe avaient confirmé leur intention d’« accroître la coordination » dans la lutte contre les groupes terroristes.

Sur la Syrie

Les deux diplomates ont déclaré s’être mis d’accord pour faire respecter le cessez-le-feu en Syrie et accélérer la résolution politique du conflit. « Nous nous sommes entendus sur le fait que le régime syrien et l’opposition doivent commencer à libérer les prisonniers, et ce le plus tôt possible », a expliqué John Kerry, avant d’ajouter que les « bases de la transition politique et le projet de la nouvelle constitution » doivent être établis en Syrie dès le mois d’août.

John Kerry et Sergueï Lavrov, le 24 mars, à Moscou. Crédits : State Department photo/Flickr
John Kerry et Sergueï Lavrov, le 24 mars, à Moscou. Crédits : Département d’Etat américain/Flickr

Sur l’Ukraine

Après avoir reconnu que leurs différends restaient inchangés, les deux diplomates ont appelé de leurs vœux l’exécution des accords de Minsk. « Le président Obama est prêt à lever les sanctions si tous les points des accords sont entièrement réalisés, y compris le retrait des armes et des soldats et la fermeture de la frontière sud de l’Ukraine », a rappelé le secrétaire d’État. De son côté, son homologue russe a promis que « comme dans le cas de la Syrie, une pression sera exercée sur toutes les parties au conflit ukrainien ». « Nous espérons que les relations particulières unissant les États-Unis et le gouvernement ukrainien seront utilisées pour inciter Kiev à remplir les engagements qu’elle a signés, a insisté M. Lavrov. Pour notre part, nous nous sommes engagés à faire en sorte que les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk tiennent les promesses de leurs représentants. »

John Kerry a par ailleurs précisé avoir abordé la question de la pilote ukrainienne Nadejda Savtchenko, condamnée par la Russie à 22 ans de prison le 22 mars. « C’est un dossier relativement important. Nous l’avons soulevé plus d’une fois, et le président et moi en avons discuté », a expliqué M. Kerry, ajoutant que Vladimir Poutine lui avait « fait comprendre que la question pourra[it] être examinée à un certain moment ».

Sur la guitare de Kerry

Malgré un emploi du temps généralement chargé lors des visites officielles, les diplomates trouvent parfois le temps de plaisanter un peu avec la presse. Ainsi, au terme de la visite du secrétaire d’État américain à Moscou, les représentants des médias lui ont demandé pourquoi il avait apporté avec lui une guitare (les journalistes, remarquant la veille qu’un des membres de la délégation américaine portait un étui de guitare, en avaient conclu qu’il s’agissait peut-être d’un cadeau pour Sergueï Lavrov, qui a fêté ses 66 ans le 21 mars). John Kerry a répondu qu’il s’efforçait d’emporter son instrument à chacun de ses déplacements, car il aimait « jouer pour lui ». Il a ajouté qu’il « s’entraîne beaucoup dès qu’il en a l’occasion », et a même invité les journalistes à visionner ses performances sur YouTube.

Sur la valise de Kerry

« Quand je vous ai vu descendre de l’avion et porter vos bagages, j’ai été un peu étonné, a déclaré Vladimir Poutine, contre toute attente, en accueillant le représentant américain. D’une part, c’est très démocratique, de l’autre, je pense que les choses ne doivent vraiment pas aller bien aux États-Unis s’il n’y a personne pour aider le secrétaire d’État à porter sa valise. » Après quoi, le président a marqué une pause. Sergueï Lavrov, assis à sa droite, s’est mis à rire, et Vladislav Sourkov, l’assistant du président, a souri. Victoria Nuland, secrétaire d’État assistante pour l’Europe et l’Eurasie, s’est, quant à elle, frotté le menton. Le seul à être resté complètement impassible est l’ambassadeur américain John Tefft. John Kerry a souri et acquiescé.

John Kerry à son arrivée à Moscou, une valise à la main. Crédits : State Department photo/Flickr
John Kerry à son arrivée à Moscou, une valise à la main. Crédits : Département d’Etat américain/Flickr

Le président russe n’a, semble-t-il, pas voulu terminer son discours de bienvenue sur une telle note. « Sans la moindre plaisanterie », cette fois, il ajouté qu’il était sincèrement ravi de voir le secrétaire d’État américain, parce qu’il est généralement possible, avec lui, de trouver des points de contact et d’aller de l’avant. Kerry, apparemment habitué aux taquineries de ses collègues russes, a promis à Poutine de lui montrer ce qu’il y avait dans sa valise. « Je pense que vous serez étonné et que ce sera une bonne surprise », a-t-il lancé, sur un ton de mystère.

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Publié par le mars 25, 2016 dans Uncategorized

 

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