RSS

La Pravda : Dictature du capital et dictature du prolétariat par Viktor Trouchkov

18 Mar

Viktor Trouchkov, la Pravda, 18/03/2014

Article paru il y a deux ans, en 2014,  à l’occasion de l’anniversaire de la Commune de Paris

http://kprf.ru/party-live/opinion/129416.html

 

Le prolétariat de chaque pays a un calendrier à lui. Les dates les plus importantes en sont le 1er mai, Journée internationale des Travailleurs ; le 7 novembre, anniversaire de la première révolution prolétarienne victorieuse, la Révolution d’Octobre ; le 8 (9) mai – Jour de la Victoire sur l’Allemagne nazie, victoire de l’idée socialiste prolétarienne sur la misanthropie des forces les plus réactionnaires du grand capital…

 

Dans ce calendrier prolétarien, une place de choix revient à l’anniversaire de la Commune de Paris. Pendant de nombreuses années, il était célébré en Union soviétique. Peut-être que la génération d’aujourd’hui s’étonnera : quel rapport y a-t-il entre la Commune de Paris et l’histoire de l’URSS? Le rapport le plus direct : elle a été le prototype du pouvoir soviétique, qui dans la forme a hérité des traditions de notre peuple, et pour le contenu, pour l’essence de classe était le successeur de la Commune de Paris : les Soviets, comme le soulignaient constamment Lénine et Staline, était la dictature du prolétariat et c’est pourquoi ils sont inextricablement liés à la Commune de Paris. Et « elle était, en fait, le gouvernement de la classe ouvrière, le résultat de la lutte de la classe productive contre la classe des accapareurs; elle était enfin une forme ouverte dans laquelle pouvait se réaliser l’émancipation économique du travail » (Marx).

 

La dictature du capital

 

Elle a été décrite par Marx et Engels de façon lumineuse, profonde et émotionnelle. Et ce à différents niveaux. Voici la dictature du capital dans sa banalité quotidienne: « Si le fabricant a besoin de couvrir de signatures une pétition pour la défense des intérêts de la bourgeoisie, il lui suffit de l’envoyer à son usine. S’il veut faire élire quelqu’un au Parlement, il envoie voter tous ses travailleurs ayant le droit de vote, et – qu’ils le veuillent ou non – ils devront voter pour les bourgeois. S’il veut obtenir une majorité lors d’une réunion publique, il lâche ses travailleurs une demi-heure plus tôt que d’habitude, leur préparant à l’avance un endroit près de la tribune, où il peut ainsi les surveiller « . C’est ce qu’écrit Engels dans « La situation de la classe laborieuse en Angleterre. » Nous n’avons pas besoin d’aller en Angleterre pour nous assurer de l’exactitude de la description du mécanisme de la dictature du capital. Dans ces 20 dernières années en Russie, nous l’observons constamment.

 

Et voici une autre facette de la même dictature, qui se manifeste au niveau d’un autre pays 35 ans plus tard. Ouvrons les pages d’une étude de Karl Marx, «La guerre civile en France ».

 

Bien avant la Commune de Paris, le 4 Septembre 1870, les travailleurs de la capitale avaient déclaré la république, « que toute la France–selon l’auteur –avait immédiatement saluée. » Cependant, l’Hôtel de Ville avait été occupé par un «groupe d’avocats ambitieux » – ses structures étatiques dirigées par le  commanditaire du grand capital, Thiers, et les forces armées par le général Trochu. Protéger Paris encerclé par l’ennemi, a fait remarquer Marx, « ne pouvait se faire qu’en armant ses ouvriers, les constituant en force militaires active, leur enseignant l’art de la guerre au cours de la guerre elle-même. Mais armer Paris signifiait armer la révolution … Contraint de choisir entre devoir national et intérêt de la classe, le gouvernement de la Défense nationale n’a pas hésité – il s’est transformé en un gouvernement de trahison nationale … Le ministre des Affaires étrangères de ce gouvernement de «défense nationale» Jules Favre a admis dans une lettre qu’ils « ne se défendaient pas contre des soldats prussiens, mais contre les travailleurs de Paris».

 

Après avoir lu ces histoires, le profane s’esclaffera peut-être  » Où vont-ils chercher tout ça ! » Et s’il a malgré tout honte de son incrédulité, il trouvera immédiatement une excuse: « Tout cela a été écrit il y a un long moment. C’est du passé « . Hélas, au contraire, nous le vivons aujourd’hui, et sous une forme non moins odieuse. Où? Par exemple, à l’Euromaïdan de Kiev.

 

Les gens qui occupent la place centrale de Kiev dictent ouvertement leur (?)volonté au pays. Mais toute chanson a son auteur. Quels sont ses nom et prénom? Nous ne savons toujours pas à qui appartient l’usine de «cocktail Molotov», qui fournit sans à-coup l’euromaïdan. Nous ne savons pas qui donne à manger et à boire aux gens qui ont quitté leurs maisons et leurs emplois pour participer depuis novembre dernier aux «centuries d’auto-défense. » En effet, tout cela exige des ressources considérables. Mais nous savons de façon certaine que les sponsors doivent être propriétaires d’entreprises. Le Maidan a imposé à l’Ukraine une dictature ouverte du capital.

 

C’est une dictature de classe ici sous une forme pure, nue, car ce n’est plus un état, formé par la bourgeoisie, mais sa Majesté le capital directement, sans feuilles de vigne et intermédiaires qui exerce lui-même sa domination. L’Etat bourgeois ukrainien a essayé aussi, par inertie, de montrer les dents, cependant, resté sans oligarques pour le soutenir, il s’est rapidement effondré.

 

Mais le grand capital a constamment besoin d’institutions de violence, sans lesquelles il ne peut exercer sa dictature. Par conséquent, dans ces jours-là, où les oligarques ukrainiens se sont distanciés temporairement de l’état chargé de les servir, il a immédiatement utilisé son armée de réserve – les fascistes du « Secteur droit ». Comment ne pas se rappeler de la caractérisation profonde du fascisme donnée par Staline: «Le fascisme est aujourd’hui le produit le plus en vogue chez les politiciens bourgeois belliqueux… la victoire du fascisme en Allemagne doit être considérée non seulement comme un signe de faiblesse de la classe ouvrière et le résultat de la trahison de la social-démocratie envers la classe ouvrière, qui a ouvert la voie au fascisme. Il doit être considéré comme un signe de faiblesse de la bourgeoisie, comme un signe que la bourgeoisie est devenue incapable de gouverner par les vieilles méthodes du parlementarisme et de la démocratie bourgeoise, ce qui explique pourquoi elle est forcée de recourir en politique intérieure à des méthodes terroristes de contrôle …  »

 

En bref, la dictature du capital en Ukraine a montré son vrai visage. Et pour que personne n’ait aucun doute sur son orientation idéologique, elle a commencé à détruire les monuments à Lénine à travers le pays, puis lancé une campagne visant à interdire le Parti communiste.

 

Cependant, reconnaissons-le : la situation ukrainienne actuelle est extrême. En temps ordinaire, la dictature du capital est recouverte par un voile multicouche –le suffrage universel, le parlement, le gouvernement local, une presse libre et jaune, etc. etc.

 

Une réponse symétrique

 

Ce qu’est la dictature de la bourgeoisie, les citoyens de Russie, Ukraine, Lituanie, Lettonie, Estonie, Moldavie, Kazakhstan (la liste est ouverte) l’ont appris à leurs dépends. Ainsi, la fusillade des ouvriers sur la Léna en 1912, celle des manifestants à New York le 1 mai 1889, la répression de la Commune de Paris, les soulèvements des tisserands de Lyon et de Silésie en 1831, 1834, 1844 nous sont devenus plus proches… Comme est longue cette liste sanglante ! Mais le capital a manifesté et manifeste sa toute-puissance non seulement par les flots du sang des prolétaires. Il extrait des milliers de barils par jour de sueur des travailleurs, les transformant en des profits fabuleux. L’histoire de la dictature de la bourgeoisie  est une longue chaîne de crimes.

 

« Ayant toujours devant ses yeux un ennemi couvert de plaies, implacable, invincible – Marx fait remarquer dans  » la lutte des classes en France de 1848 à 1850 « , invincible parce que son existence est un besoin vital de la bourgeoisie, la domination bourgeoise, libérée de toutes entraves, est immédiatement transformée en terrorisme bourgeois ». C’est pourquoi dès le « Manifeste communiste », le premier travail du communisme scientifique, ses fondateurs ont écrit: «Le but immédiat des communistes est le même que celui de tous les autres partis prolétariens : la formation du prolétariat en classe, le renversement de la suprématie bourgeoise, la conquête du pouvoir politique par le prolétariat. »

 

Cette thèse clé est basée sur la compréhension par Marx des luttes de classe en France dans les années 1848-1850, quand il écrit: « Le prolétariat se rallie de plus en plus au socialisme révolutionnaire, au communisme … Ce socialisme décrète la révolution permanente, la dictature de classe du prolétariat comme une transition nécessaire vers l’abolition des distinctions de classe en général, l’abolition de tous les rapports de production sur lesquelles reposent ces différences, pour la destruction de toutes les relations sociales qui correspondent à ces rapports de production, à la subversion de toutes les idées qui résultent de ces relations sociales « .

 

L’idée de la dictature du prolétariat a reçu un puissant développement après que la Commune de Paris l’ait incarnée (quoique pour un temps très court) dans la pratique quotidienne. Dans « La guerre civile en France, » Marx a dit: « La domination politique des producteurs ne peut coexister avec la perpétuation de l’esclavage social. La commune a donc dû servir d’instrument du renversement des fondements économiques sur lesquels reposait l’existence même des classes, et, par conséquent, la domination de classe … La commune voulait détruire la propriété de la classe qui transforme le travail de beaucoup dans la richesse de quelques-uns. Elle voulait exproprier les expropriateurs « .

 

Quatre ans après cette expérimentation du prolétariat, Marx, sur la base de cette expérience, a formulé dans la « Critique du programme de Gotha », la loi la plus importante de la révolution socialiste: « Entre la société capitaliste et la société communiste se place une période de transformation révolutionnaire de l’un dans l’autre. A cette période correspond aussi une période de transition politique, et l’Etat de cette période ne peut être rien d’autre que la dictature révolutionnaire du prolétariat.  »

 

Sous le signe de la dictature du prolétariat

 

La dictature du prolétariat n’est pas un système fossilisé, mais en constante évolution. Et même ses définitions classiques sont souvent inapplicables dans une situation réelle. En 1906, après avoir étudié l’expérience de la Commune de Paris, Lénine écrivait: « Le concept scientifique de dictature ne signifie rien d’autre qu’un pouvoir illimité, sans lois, sans règles absolues, reposant directement sur la violence. Le concept de «dictature» ne signifie rien d’autre que cela. Cette définition est parfaite pour la phase initiale de la révolution, lorsque l’Etat prolétarien en est à ses débuts, quand la bourgeoisie exerce une féroce résistance idéologique, politique et économique à la classe ouvrière qui lui a arraché le pouvoir. Lénine dans « La Révolution prolétarienne et le renégat Kautsky » (1918) reprend cette définition dans une forme légèrement modifiée : « La dictature est un pouvoir qui s’appuie directement sur la force et sans restriction par les lois.

La dictature révolutionnaire du prolétariat est un pouvoir remporté et conservé par la violence du prolétariat sur la bourgeoisie, un pouvoir lié par aucune loi « .

 

Il ne s’ensuit pas que Lénine, en principe, rejette l’existence du droit sous le socialisme. Simplement à ce stade de collision frontale avec le capital, lorsque les travailleurs ont renversé son pouvoir, la dictature du prolétariat ne peut pas être liée à  des lois quelconques : les anciennes, bourgeoises, elle les a abolies et les nouvelles n’ont pas encore été créées.

 

Mais cela c’est le côté formel de la dictature. Et maintenant parlons de son essence. Voyons l’article « Le Grand Commencement », où est décrit  » l’héroïsme des ouvriers à l’arrière. Au sujet des «samedis communistes » (Juin 1919). On peut y lire: « Il est naturel et inévitable que dans la première période de la révolution prolétarienne, notre tâche principale et fondamentale soit de surmonter la résistance de la bourgeoisie, de remporter la victoire sur les exploiteurs, de réprimer leur conspiration (comme la « conspiration des propriétaires d’esclaves » de Piter, à laquelle tous ont participé, des Cent-Noirs et cadets aux menchéviks et les SR y compris). Mais à côté de cette tâche apparaît inévitablement – et de plus en plus – la tâche plus importante de la construction communiste positive, la création de nouvelles relations économiques, de la nouvelle société  »

 

Deux ans après la victoire de la Révolution d’Octobre, Lénine explique quelle est la tâche stratégique de la dictature prolétarienne : « Le socialisme est l’abolition des classes … Et les classes restent et resteront à l’époque de la dictature du prolétariat. La dictature ne sera plus nécessaire lorsque les classes disparaitront. Elles ne disparaitront pas sans la dictature du prolétariat.

Les classes sont restées, mais chacune a muté dans l’ère de la dictature du prolétariat; leurs relations ont changé. La lutte de classe ne disparaît pas sous la dictature du prolétariat, elle prend d’autres formes.  »

 

À cet égard, il convient de noter qu’il est logique de diviser la dictature du prolétariat en périodes, en fonction de la base sociale sur laquelle elle repose.

 

Sur la base de l’analyse de la première révolution russe, Lénine, dans son article «philistinisme dans un environnement révolutionnaire » (1906) conclut: «Si la révolution peut gagner, c’est seulement grâce à une alliance entre le prolétariat et la paysannerie véritablement révolutionnaire, pas opportuniste. »

 

Cette position méthodologique a été concrétisée lors la détermination de la base sociale de la dictature du prolétariat au cours du renversement des classes exploiteuses et de la guerre civile. Ainsi, dans le rapport au VIII Congrès du RCP (b) Lénine a dit: « La guerre implacable contre la bourgeoisie rurale et les koulaks a mis au premier plan le problème de l’organisation du prolétariat et du semi-prolétariat de la campagne ». A ce stade, la dictature du prolétariat était basée sur une alliance de la classe ouvrière urbaine et de la population rurale pauvre. Dans le même temps la tâche était de neutraliser les paysans moyens.

 

Mais dès que s’est dessiné un tournant dans la guerre civile en faveur de la victoire du pouvoir soviétique, Lénine a soulevé la question de l’élargissement de la base sociale de la dictature du prolétariat: «La prochaine étape pour le parti, qui veut créer la base solide d’une société communiste, est de résoudre correctement la question de l’attitude à adopter envers les paysans moyens. C’est notre tâche prioritaire. Nous ne pouvions pas nous y atteler véritablement, tant que n’étaient pas garanties les bases de l’existence de la République soviétique ».

 

Dans la même année 1919, s’adressant aux larges masses de la paysannerie dans un discours enregistré sur un disque de phonographe, Lénine annonce le passage à une deuxième étape de la dictature du prolétariat: «Nous devons savoir et garder en mémoire et mettre en œuvre le fait que les travailleurs communistes qui se présentent dans les villages doivent absolument rechercher des relations amicales avec les paysans moyens, que le travailleur qui n’exploite pas le travail des autres est l’ami de l’ouvrier et que l’on peut et l’on doit conclure avec lui une alliance solide, sincère, reposant sur le bon vouloir des uns et des autres ». Cette transition vers la deuxième phase de la dictature du prolétariat a eu lieu avec l’introduction de la nouvelle politique économique, dont un point important était le passage du prélèvement de l’excédent de la vente, à l’impôt en nature. La base économique de l’union de la classe ouvrière avec toute la paysannerie laborieuse devenait l’échange marchand de leur production.

 

L’élargissement de la base sociale de la dictature du prolétariat a contribué à renforcer la lutte avec le reste des classes exploiteuses. Dans un discours à la conférence des marxistes agrariens le 27 décembre 1929 Staline a dit: « La caractéristique du travail de notre parti dans la dernière année est que nous, en tant que parti, en tant que pouvoir soviétique:

 

  1. a) avons lancé une offensive sur tous les fronts contre les éléments capitalistes de la campagne… Cela signifie que d’une politique de limitation des tendances exploiteuses des koulaks nous sommes passés à une politique de liquidation des koulaks en tant que classe « . Sans cette étape, il était impossible de réaliser une composante majeure de la révolution socialiste – la collectivisation de la paysannerie.

 

La vie a confirmé la justesse de la ligne du Parti bolchevik consistant à élargir la base sociale de la dictature du prolétariat. En outre, ce processus peut être considéré comme l’une des lois de la construction socialiste. Néanmoins, Staline a dit: « Bien sûr, la classe ouvrière et la paysannerie collective constituent toujours deux classes différentes qui se distinguent l’une de l’autre par leur position. » Leurs différences économiques il les voyait principalement dans la nature marchande de leurs relations et le rôle important du lopin individuel dans la vie des paysans.

 

Les leçons de la contre-révolution

 

Pourquoi il ne fallait pas renoncer à la dictature de la classe ouvrière dans les dernières étapes de la construction socialiste? En théorie, cette question a été traitée à plusieurs reprises par Marx, Engels, Lénine. Ainsi, Lénine répétait après Marx: « la dictature du prolétariat est absolument indispensable lors de la transition du capitalisme au socialisme. » Dans un discours au III Congrès de l’Internationale communiste, il revint à cette idée: « Tant qu’il y a des classes ,  tant que la bourgeoisie, renversée dans un pays,  décuple ses attaques sur le socialisme à l’échelle internationale,  la dictature du prolétariat demeure nécessaire. »

 

Il convient également de garder à l’esprit que légiférer l’élimination de la propriété privée ne signifie pas que la dictature du prolétariat soit devenue obsolète. Ce qu’a confirmé malheureusement la tragédie d’août 1991.

 

Mais les succès de la construction socialiste ont donné lieu à un certain triomphalisme dans le Parti et dans la société. Prenant souvent nos désirs pour des réalités, nous fermions les yeux sur le travail au noir, dans le bâtiment, le transport et chez d’autres exécuteurs privés (illégaux) de commandes individuelles qui utilisaient pour leur profit égoïste les moyens de production appartenant au public (propriété nationale ou coopérative). Donc, l’URSS reproduisait petit à petit un système de circulation privé de marchandises. Nous enterrions nos têtes dans le sable, quand nous entendions parler de l’économie « de l’ombre », qui comprenait même des entreprises industrielles « clandestines » faisant de la production en série. Ainsi renaissait en URSS un véritable système de production privée.

 

Le renoncement à la dictature du prolétariat au XXIIe Congrès du PCUS fut une étape (consciemment ou inconsciemment) pour créer les conditions préalables à la restauration du capitalisme dans le pays. Sous Gorbatchev cette ligne est devenue une politique délibérée, conduisant à la contre-révolution bourgeoise.

 

Il est significatif que la grande majorité des travailleurs élus délégués au XXVIII Congrès du PCUS se sont prononcés résolument contre cette ligne. L’instinct de classe leur dictait la vérité de Lénine: « La dictature du prolétariat n’est pas la fin de la lutte des classes, mais sa continuation sous de nouvelles formes. La dictature du prolétariat est la lutte de classe du prolétariat vainqueur qui a pris le pouvoir politique entre ses mains contre la bourgeoisie vaincue mais pas détruite, pas disparue, et qui n’a pas cessé sa résistance « . En outre, les délégués-travailleurs ont exigé que le travail du Comité central dirigé par Gorbatchev soit déclaré insatisfaisant –pour opportunisme, pour non-conformité aux décisions du XXVII Congrès du PCUS.

 

Dans le même temps, nous devons reconnaître que cette protestation n’a été appuyée par aucune action concrète. Donc, pour la deuxième fois (la première – au moment de la Commune de Paris) en raison de l’incohérence et de l’apostasie des dirigeants et de l’indécision et de la passivité de la classe ouvrière, la contre-révolution bourgeoise a triomphé. La perspective de l’humanité de suivre la grande route du développement socialiste a été différée. Mais elle a été retardée et non annulée. Et quand les communistes d’aujourd’hui, défaits, mais pas vaincus, auront profondément assimilé les leçons de la lutte révolutionnaire russe et mondiale, le drapeau rouge de la Commune et de la Grande Révolution d’Octobre flottera à nouveau victorieux sur notre pays.

Traduction Marianne Dunlop pour histoireetsociete 18/03/2016

 

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le mars 18, 2016 dans Uncategorized

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :