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A PROPOS DE CELINE : GORKI AVAIT DU FLAIR

09 Mar
Maxime Gorki à propos de Voyage au bout de la nuit : « Il a perdu sa patrie, il méprise les hommes, il traite sa mère de chienne, ses maîtresse de charognes, il est indifférent à tous les crimes et n’ayant aucune raison de rallier le prolétariat révolutionnaire, il est tout à fait mûr pour accueillir le fascisme » (Œuvres XXVII, 313) .

Photo de Laura Laufer.
Merci Laura pour cette citation… j’ai toujours refusé de faire la différence entre l’auteur du voyage au bout de la nuit et de l’ignominie qu’est « bagatelle pour un massacre », c’est le même individu, le même style, la même éructation… On peut apprécier mais ce n’est pas mon cas…
 Aujourd’hui, comme vous tous je pars manifester, en nous espérant très nombreux…  Je n’ai pas le temps d’alimenter ce blog… Mais Marianne a retrouvé sa ligne téléphonique perdue et après nos divers défilés, nous serons toutes deux prêtes et fidèles au poste…
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9 Commentaires

Publié par le mars 9, 2016 dans Uncategorized

 

9 réponses à “A PROPOS DE CELINE : GORKI AVAIT DU FLAIR

  1. kirk

    mars 9, 2016 at 9:01

    Leningrad
    « Dans son genre, c’est la plus belle ville du monde… dans le genre Vienne… Stockholm… Amsterdam… entendez-moi. Comment justement exprimer toute la beauté de l’endroit… Imaginez un petit peu… les Champs-Elisées… mais alors, quatre fois plus large, inondés d’eau pâle… la Neva… Elle s’étend encore… toujours là-bas… vers le large livide… le ciel… la mer…encore plus loin… l’estuaire tout au bout… à l’infini… la mer qui monte vers nous… vers la ville… Elle tient toute la ville dans sa main la mer!… diaphane, fantastique, tendue… à bout de bras… tout le long des rives… toute la ville, un bras de force… des palais… encore d’autres palais… Rectangles durs… à coupoles… marbres… énormes bijoux durs… au bord de l’eau blême… A gauche un petit canal tout noir… qui se jette là… contre le colosse de l’Amirauté, doré sur toutes les tranches… chargé d’une Renommée, miroitante, tout en or… Quelle trompette! en plein mur… Que voici de majesté!… Quel fantasque géant? Quel théâtre pour cyclopes?… cent décors échelonnés, tous plus grandioses… vers la mer… Mais il se glisse, piaule, pirouette une brise traitre… une brise de coulisse, grise sournoise, si triste le long du quai… une brise d’hivers en plein été… L’eau frise au rebord, se trouble, frissonne contre les pierres… En retrait, défendant le parc, la longue haute grille délicate… l’infinie dentelle forgée… l’enclos des hauts arbres… les marronniers altiers… formidables monstres bouffis de ramures… nuages de rêve repris à terre… s’effeuillant en rouille déjà… Secondes tristes… trop légères au vent… que les bouffées malmènent… fripent… jonchent au courant… Plus loin, d’autres passerelles frêles, « à soupirs », entre les crevasses de l’énorme Palais Catherine … »
    Ici il faudrait pouvoir citer entièrement cette description, qui, si elle n’appartenait pas à un livre « maudit » (Bagateles…) figurerait dans toutes les anthologies de la littérature française
    Cité par Emile Brami dans « Céline » p.188

    Réduire Céline à son ignoble antisémitisme serait par exemple du même tonneau que de réduire Einstein aux conditions ignobles écrites qu’il a imposé à sa femme pour lui permettre de rester son esclave… serait de réduire Freud à certaines de ses positions maintenant contestées, décriées…

    Bien à vous.

    Kirk

     
    • simione alain

      mars 10, 2016 at 12:55

      de la merde digne de la bourgeoisie française

       
  2. Maryvonne Le Gland Leray

    mars 9, 2016 at 10:24

    C’est avec ce genre de propos qu’on finit par devenir Nazi … car les plus belle pages sont là pour faire oublier le fond… c’est une injure que de poster cela sur la page de Danielle …
    De la même manière je ne peux pas lire une seule idée de Heidegger sans me souvenir de son antisémitisme ni de son nazisme … alors l’idée la plus belle soit-elle ne devient plus que mensonge et perversion …

     
    • kirk

      mars 9, 2016 at 10:47

      Non, je ne suis ni Nazi ni injurieux envers Madame Bleitrach, mais simplement étonné que l’on puisse ignorer un talent même si celui-ci est entaché d’ignominie que je reconnais volontiers. Quant à me traiter de Nazi pour cela est une injure gratuite: c’est avec ce genre de propos qu’on finit par devenir Nazi… Croyez-vous sincèrement que la beauté est là pour dissimuler les bas-fonds? Je vous plains

       
  3. histoireetsociete

    mars 9, 2016 at 3:47

    j’arrive de la manif marseillaise, un temps superbe et 60.000 personnes… Bon maintenant passons au fond… D’un côté je signale que ni moi (ni Gorki) ne disons que Cléine est un mauvais écrivain, simplement nous nous élevons contre ceux qui ne voit pas ce que récèle son écriture… Je ne sais si vous avez lu bagatelle pour un massacre ou même d’un château à l’autre, nul ne pourra dire qu’il n’y a pas là une écriture,mais en revanche le beau est une catégorie idéaliste, non le contenu remonte en forme et je prétends choisir en lien avec l’ensemble. Je vous conseille un livre magnifique sur ce sujet: esthétique de la Résistance e Peter Weiss.
    En revanche je partage totalement la répulsion de Maryvonne pour heidegger et j’ai récemment posté un interview (video) de Jean Luc Nancy intitulé la banalité d’Heidegger en référence à la banalité du mal d’Eichman qui me semble très éclairante sur le sujet, à savoir la contamination de la pensée philosophique à son niveau le plus idéalisé par la trivialité de l’idéologie régnante et à laquelle il cède au moment même où il revendique le retour à l’Etre que nos sociétés couvriraient d’un voile de rationalité, de technique, etc… et comme le dit J.L Nancy, il fait porter cet oubli de l’être par un petit peuple stigmatisé depuis 2000 ans…
    maintenant il faut que je vous avoue tout, j’ai tenté de lire la base commune de la direction du PCF, j’ai failli hurler devant le galimatias et intérieurement je pensais, le style est révélateur Comment ne le percevez-vous pas… le vide, l’abandon… alors il m’est revenu cette référence…

     
  4. leca

    mars 10, 2016 at 8:00

    Mais faut-il brûler les oeuvres dont les auteurs non déplaisent ? Parce que Drieu, Junger, Fernandez, Rebatet, Voltaire, Daudet (Alphonse), Hergé… ça va faire un sacré autodafé (auto da fè:acte de foi, méfions nous des religions).
    L’homme et son œuvre: un bel exemple de dialectique, l’unité des contraires, le dépassement de la contradiction; Comment aimer l’homme Picasso, l’homme Van Gogh et pas leur peinture (oui oui c’est mon cas), comment aimer le Voyage et détester le bonhomme Céline, aigri et chafouin ? Georges Marchais en son temps, à la grande stupéfaction des lecteurs du Figaro, avait cité positivement Claudel.
    Pour Claude Antan-Lara antisémite compulsif on pourrait à la rigueur se passer de ses films mais il y a ce Pierre Perret ami de Leautaud et qui chante jovialement ‘le zizi du juif cossu qui mesurait l’tissu’ et ce Cousteau pas net, ce le Corbusier.. etc .. etc
    En face ils veulent brûler tous les staliniens Aragon, Chostakovitch, Ferrat, LLorca, Neruda…Vous en voulez d’autres ?
    Tout cela fera un grand brasier et de la place pour la pensée Power Point et Texto. Sans accent circonflexe.

     
  5. kirk

    mars 10, 2016 at 8:18

    Un jour j’ai vu une émission sur l’Orchestre d’Orient de Barenbaum qui fit un concert en Israël et eut un vif succès. A la fin du concert il a fait un bis avec une petite œuvre de Wagner interdit en Israël, déclanchant des réactions violentes dans le publics et surtout le départ d’une de ses violonistes qui quitta son pupitre en pleurant. Une demie-heure plus tard, après que Barenbaum lui eût parlé elle revint à son pupitre non seulement apaisée mais visiblement heureuse. Longtemps je me suis posé mille questions sur ce qu’a bien pu dire le chef à sa violoniste mais ce que je sais c’est qu’il ne lui a sûrement pas dit ce que Maryvonne m’a répondu à propos de Céline.

     
  6. leca

    mars 10, 2016 at 10:18

    La réaction de Maryvonne, de la violoniste, la mienne souvent, est compréhensibles. Après il y a la réflexion au delà de l’émotion. Je crois que les nazis interdisaient aux allemands juifs de jouer Wagner comme de porter le costume Alpin. Se l’interdire à soi même n’est pas la bonne réponse. Je pense que Barenboîm a du plaider que la Tétralogie appartenait à tout le monde (comme les culottes de peau et le feutre avec toupet).

     
  7. kirk

    mars 11, 2016 at 9:02

    Après le même concert des rescapés des camps lui on dit: tu sais, c’est avec cette musique qu’on nous envoyait dans les chambres à gaz… La Musique toujours la musique: après guerre tout le monde musicale avait mis à l’indexe Furtwängler et le premier homme a avoir organisé sa réhabilitation fut Yehudi Menuhin… avec deux œuvres, l’une de Beethoven, l’autre de Mendelssohn… Elle est peut-être aussi là la solution?

     

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