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La réflexion du jour :NOUS Vallons mieux que ça…

08 Mar

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Je voudrais vous raconter ma journée de hier pour mieux vous expliquer ce titre. Nous vivons une situation préoccupante. Hamid, mon gendre est depuis plus d’une semaine en réanimation. La chimiothérapie et la radiothérapie ont attaqué ses défenses immunitaires et son corps, ses poumons en particulier, a été envahi par tous les champignons et bactéries imaginables. Il a résisté mais il était percé par tous les tuyaux possibles et imaginables pour le nourrir et l’aider à respirer. C’est un homme de caractère et dès qu’il reprenait la moindre force il voulait s’habiller et partir. Il a un nombre incalculable de frères et de soeurs qui ont envahi le centre de soin. Hier la famille, sa femme, ont décidé qu’il fallait que j’intervienne pour la forcer à se tenir tranquille: le diagnostic était qu’il avait confiance en moi parce que j’avais du bon sens et je ne lui avais jamais menti. Le statut de la vieille femme dont on reconnaît la sagesse en orient. Donc je suis partie pour lui demander de se tenir tranquille et d’accepter les soins. Ma mission a été facilitée par le fait qu’on l’avait débranché et qu’il était donc en meilleur état… Il m’a embrassé la main et promis de se laisser soigner.

Après, je l’ai laissé avec sa femme, ma fille adoptive, l’être le meilleur qui se puisse imaginer et j’ai attendu dans une petite salle ou se trouvait une autre famille pléthorique, je les croyais aussi algériens. Mais il y avait une femme de mon âge la tête couverte d’un béret et là un doute m’est venu: « mais vous êtes juifs? » Oui bien sûr c’étaient des pieds noirs, la vieille dame venait d’Israël puisque son beau frère était en réanimation, les fils, les filles, les belles filles se succédaient devant la vitre puisqu’on leur avait dit de laisser reposer le père qui avait eu une perforation de l’estomac, un ulcère à 86 ans. Ils parlaient très bien l’arabe et discutaient gravement avec ma famille algérienne et peu à peu à peu il s’est avéré que la seule que l’on considérait comme « exotique » c’était moi puisque je suis ashkenaze. Poliment, ils me disaient « c’est une autre culture, les Ashkenazes ». La vieille dame racontait comment elle avait rééduqué sa belle fille et sa famille: « Ils étaient tristes, mais peu à peu ils ont été heureux et maintenant ils sont presque comme nous »…  Une des filles m’a dit gentiment… Les Ashkenazes sont… réservés… Ils n’aiment pas le bruit, ils aiment être seuls alors que nous seuls on est malheureux, c’est une autre culture, se marier ensemble c’est difficile mais on y arrive…  » La conversation est venue sur ce qui se passe en Ukraine, les néo-nazis, l’un des hommes dit « c’est comme Daech! », j’avais dans le sac notre livre à Marianne et moi, je leur montre la photo de la croix gammée par terre à Odessa. Je leur dis tout le mal que je pense de Bernard Henri Levy qui a couvert les crimes de ces gens-là pour appuyer les Américains. Ils me disent « il a fait ça! Il est venu cette semaine à Marseille pour collecter de l’argent je ne sais pas pour qui! Ce n’est pas bien…  »

Djaouida, ma fille qui a le don de la conciliation universelle émettait des propositions de bon sens : « Il faudrait retourner en arrière, refaire l’histoire, avec toutes les inventions, il faudrait celle-là, agir autrement, on était voisins, amis, pourquoi on ne pourrait pas l’être ici et là-bas. Elle ne prononçait pas le mot, Israël ou Palestine, sentant confusément qu’il y avait là un problème. Et elle ajoutait « Vous voulez que je vous dise, le malheur vient de ce qu’on a trop de choses inutiles, quand ont est pauvre on est obligé d’être solidaire », on va voir la voisine et on lui demande si tout va bien… Là on est tellement occupé à vouloir n’importe quoi qu’on ne se parle plus! » Là-dessus moi j’en ai profité pour étendre la solidarité en disant que j’étais pour les impôts parce que si on devait payer les soins de cette réanimation, tout notre bien même riches n’y suffirait pas… Pareil pour l’éducation, en revanche j’étais contre les bombes à 100.000 dollars l’unité »…

De toute manière quand on est dans la joie de la fête, il faut faire semblant de ne pas entendre les désaccords parce que celui ou celle qui les provoque veut gâcher la joie… Et c’est pareil devant le malheur, quand on craint pour la vie d’un être cher, comme le dit Djaouida: « Alors là on découvre l’essentiel…  »

Quand nous nous sommes quittés les femmes m’ont glissé des cartes en m’expliquant que les époux étaient artisans et que ce serait une garantie pour moi d’avoir des gens honnêtes… Encore une ressemblance avec ma famille algérienne… En partant j’ai essayé d’expliquer à Djaouida, la différence entre Séfarades et Ashkenazes, elle m’a dit « mais tu es Française, pourquoi vouloir être polonaise, jusqu’à quelle génération »?

En rentrant j’entends le président du CRIF parler, j’ai envie de lui flanquer des baffes, autant que cet « ami » que j’ai eu le malheur d’accepter qui tous les jours trouve de nouvelles horreurs à attribuer aux juifs, là c’est le « trafic d’organes ». Je me contente de le supprimer de ma liste…

Nous vallons mieux que ça…

Il est 17 heures j’ai rendez vous au métro de Frais vallon, une des cités dures, une des cinquante de ce type répertoriée en France. Avec ma section, nous faisons signer une pétition contre la fermeture du centre culturel. C’est le quatrième rendez-vous en deux semaines. La pétition porte autant de sigles du parti communiste qu’il est possible, certains nous demandent si c’est la gauche ou la droite, on leur répond « c’est les communistes ». A ce titre, il n’y a que deux refus, l’idée de se rassembler contre le Front national qui ferme les centres culturels dans les cités est très bien accueillie. Nous sommes cinq et il en a été ainsi à toutes les distributions.

Les camarades qui sont là sont tous plus ou moins d’accord sur quelques idées: ils sont contents que nous soyons sortis avec notre sigle de communistes et ils ne veulent pas des primaires qui nous confondent avec un parti de plus en plus impopulaire dont la politique n’a rien à voir avec la nôtre. Mais ils sont aussi contents que nous soyons là unis contre le Front national pour défendre les habitants de Frais Vallon. Les gens qui franchissent le portillon du métro s’arrêtent, signent et sont d’accord avec l’initiative, sauf deux qui nous jettent: « les communistes non! » Nous réflechissons à l’idée d’une délégation pour le prochain Conseil d’arrondissement où nous irions porter les pétitions au maire Front national, le sieur Ravier qui tente de diviser la population en mettant les habitants des cités dans le ghetto.

On m’a demandé si je regrettais d’être retournée au PCF, pour le moment certainement pas, je me dis que partout en France, il y a comme ça des groupes obstinés qui font la même chose et qui tentent malgré tout de dégager de la confusion générale l’utilité de ce parti par rapport à ce que vit dans sa majorité la population. C’est une force immense et dont la direction du parti ne paraît pas avoir conscience. Nicolas qui doit faire le compte-rendu y compris sur le texte du CN pour l’assemblée de section du 10 mars, me glisse: « Tu te rends compte le mépris qu’ils ont pour les militants, ils ne nous ont pas donné le texte, ils veulent d’abord le présenter à la presse. On voit l’ordre de leurs priorités, se déclarer candidat, nous imposer les primaires et donner un texte en priorité à la presse! C’est toute une conception du parti! »

Oui nous vallons mieux que ça!

Nous nous donnons rendez-vous pour la manifestation du 9 mars devant le manège de la place du général De Gaulle, à 10 h 30 à Marseille… Si nous y arrivons dit Nicalas, il y aura tant de monde, ça va déborder de partout…

Oui parce que nous vallons mieux que ça!!!

 
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Publié par le mars 8, 2016 dans Uncategorized

 

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