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Salut à toi Danielle, par Pierre Martin

03 Mar

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MOn cher Pierre, il me semble que nous avons échangé nos positions (géographiques: dans et hors du parti) depuis cette dernière fête de l’humanité où nous avons diné dans ton stand inondé. C’est-à-dire que nous sommes à la même place. Je n’ai qu’une chose à te dire, viens donc discuter de tout ça aux journées de Vénissieux. C’est exactement le type de questionnement que je tente de favoriser sur ce blog, dans ma section du 13e arrondissement et à cette journée de Vénissieux, le 30 avril. Je trouve ta manière de poser certains problèmes comme nos  relations avec des gens qui détruisent le parti ‘par angélisme trotskiste ou par suivisme) tout à fait proche de la mienne. Il faut avancer. A bientôt, De tous côtés, je m’aperçois que cette initiative de rassemblement à Vénissieux suscite un grand intérêt de militants qui apparemment on fait des choix aussi divers que les nôtres, sur des bases pourtant pas tellement éloignées. Charles y sera. J’espère Gastaud aussi et des tas d’autres camarades avec lesquels j’ai toujours combattu. entre nous je vous ai toujours vu les militants communistes dans vos différences et je vous retrouve tel qu’en vous mêmes, la seule différence est qu’il n’y a plus une ligne politique capable de nous unifier. Par parenthèse, tu connais ma position, puisque tu suis ce blog concernant l’ANC ou le PRCF, ou tout autre organisation pratiquant le dedans dehors, je considère qu’il s’agit d’une expression choisie par des communistes qui n’en peuvent plus de subir la force d’inertie d’une direction qui ne mène nulle part. Je ne m’oppose pas à leur choix et j’espère que nous pourrons un jour être à nouveau rassemblés dans un parti communiste qui redeviendra le bien de ses adhérents pour mieux être utile ce que je constate, c’est dans le fond ce que tu nous avais expliqué ce soir de la dernière fête de l’Humanité, il y a partout, pratiquement dans chaque arrandissement de grande ville, dans chaque ville moyenne et même dans chaque village français, une vingtaine d’individus obstinés qui réfléchissent à leur manière, c’est-à-dire en général honnête et désintéressée pour justement élaborer une ligne qui non seulement permettrait que leur parti retrouve de la force, de la visibilité, et surtout une capacité d’intervention, mais pour se mettre au service d’une situation française préoccupante. et à ma connaissance il n’existe aucune implantation de même style sans parler de leur dévouement obstiné… je ne suis pas déçue par mon retour..? Amitiés. (note de Danielle Bleitrach)

Tu entres au parti au moment où j’en sors ( je préfère me mettre en marge et me battre dans l’ANC) j’en ai marre de cautionner une ligne qui ne mène nulle part.

Dans ton article sur J.L Mélenchon tu disais que l’on ne doit pas opposer le Front de gauche quand il est animé par de telles postures (l’appréciation de Jean-Luc sur la situation internationale (Cuba, le Vénézuela, la Russie et le Donbass et le Moyen-Orient)) et ce qu’il reste de courant révolutionnaire dans et à l’extérieur du PCF.

C’est pourquoi, je participe aux deux et je ne vois là aucune contradiction sinon à voir les lignes réformistes majoritaires qui s’y appliquent mais qui n’ont pas le même contenu. Mais dans les deux il y a des militants communistes « révolutionnaires » qui sont en révoltes vis-à-vis de la direction nationale du PCF. Dans ma commune il y a au sein du collectif Front de Gauche des militants qui ne sont pas loin d’un positionnement « ANC », donc comme les droitiers qui y militent aussi, ils sont en révolte contre la direction nationale, mais pas pour les mêmes raisons.
A l’opposé dans ceux qui veulent le superbe isolement du parti, il y a des militants révolutionnaires, mais il ya aussi beaucoup de droitiers du deuxième tour, ceux qui veulent continuer « l’union de la gauche » avec des sociaux-démocrates voire des centristes ou des écologistes qui sont mille fois plus à droite que les tendances présentes dans le Front de Gauche.
Donc dire « Le parti ! Le parti ! Le parti » cela ne veut rien dire du type d’alliance et de rupture que l’on propose. Pierre Laurent qui joue aujourd’hui l’élargissement droitier pour sauver nos strapontins, lui aussi, se présente avec le soutien des centristes (le groupe Marchand) comme le meilleur défenseur de l’unité du parti ! Mais pour quelle politique !

Voilà dans quelle « m.. » on est aujourd’hui. Cela ne dédouane pas les acteurs du Front de gauche de leurs propres responsabilités. Je viens d’échanger via une radio sur la question palestinienne avec une membre de la même association que moi, de solidarité internationale, on a failli s’écharper sur la question syrienne et j’ai compris sa « référence » quand hors micro elle m’a dit souhaiter la candidature de Clémentine Autin. On se retrouve avec cette sensibilité du trotskisme qui se retrouve aussi bien dans des tendances issues de feu la LCR, que dans l’ex TMI (La Riposte et Révolution), d’une véritable haine à l’égard de ce qui est issu du monde russe comme des anciens pays à direction baasiste du Moyen – Orient.

Ces trans-nationalistes rêvent d’une pureté révolutionnaire mondiale imaginaire, ils sont incapables de faire jouer les contradictions inter-impérialistes. Ou plutôt si, ils sont les portes-flingues de la mondialisation, autrement dit de l’exportation de capital, autrement dit de l’impérialisme (c’est-à-dire du plus puissant et de ses valets, les USA et l’Union Européenne), ils sont donc fiers des révolutions « oranges » financées et armées par les services secrets ouest-européens, ils veulent la libération des économies administrées, par la toute puissance du sujet « connecté », grâce à Bill Gates et tous ses potes américains (Mark Z.) créateurs de la « toile » libératrice et de la mise en œuvre du projet du petit entrepreneur qui de nos cités, aux illusions libérales du tiers-mondisme bourgeois, s’attaquent aux restes du capitalisme d’Etat des anciens pays colonisés ou non, pour mieux les asservir à la prétendue liberté des lumières occidentales (mais sans rupture avec la religion, surtout si elle est musulmane), surtout si elle est vecteur de mise en concurrence des salariés etc. etc.

Le P.G est aujourd’hui au cœur de cette contradiction, une tendance est souverainiste, l’autre minée par les « trans ». L’une affirme il faut reconnaître les partis existants et forger un nouveau Front, l’autre dit « notre échec tient dans le fait que le Front de gauche n’a pas été ce nouveau creuset où tous les partis se sont volontairement dissous pour créer une nouvelle organisation, portée par la seule volonté active, des sujets en mouvement ».

L’un veut un nouveau Front (Unique ou Populaire) l’autre veut un nouveau Die Linke, ou mieux encore un nouveau Podemos.

Mais au cœur de cette contradiction, que l’on regarde toute cette histoire par le bout que l’on voudra, on retombe sur cette question de « liberté » du sujet. Plus le temps passe et plus je suis heureux d’être resté un antihumaniste, un anti-caritatif, un anti-associationniste, un anti liberté absolue du sujet. Autrement dit un anti Ernest Mandel (« Dictature du Prolétariat et démocratie socialiste » que je vais bientôt analyser sur mon site Débat Communiste Ouvrier).

Que cette clique de traitres et d’agents objectifs de la bourgeoisie aient pu écrire un ouvrage comme « Contre Althusser » » est pour moi la plus grande fierté qui soit. Ils sont nos pires ennemis et je suis fier de les avoir combattus.

L’enjeu véritable de cette profonde divergence tient en réalité comme je le montre dans mon article « Trotski et le Capitalisme d’Etat » au rôle et à la place que l’on accorde à ce concept, tout est là. Pour eux le C.E est un stade unilatéralement réactionnaire, ils y voient, par analogie illusoire, ce qui peut constituer un lien potentiel avec l’extrême-droite. Ils dénoncent le souverainisme et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, dont ils sont incapables d’articuler la logique profonde au déclin de l’appareil d’Etat.

Le lien, via le souverainisme, peut sembler se faire entre une extrême-gauche du « droit des peuples à disposer d’eux -mêmes » et une fraction de l’extrême-droite :

Il est exact qu’il y a une analogie entre le courant communiste et une fraction de l’extrême- droite, c’est l’expression du sentiment patriotique à travers la défense de l’Etat-Nation. Et ce partage d’un idéal qui peut paraître commun passe par la défense d’une économie publique, d’une planification au nom de la défense d’une souveraineté, économico-culturelle.

[ Il est intéressant de ce point de vue de se souvenir de l’évolution de positionnement du Front-National, à l’origine le F.N est national- interventionniste, il se réclame donc du fascisme historique et de son moment corporatiste qu’exprime l’administration publique. Cependant, comme son intérêt objectif « soutenir le capitalisme » s’oppose à ses élucubrations subjectives « représenter les intérêts de « toute » la société », quand le fascisme finit par se soumettre à l’impérialisme le plus puissant, l’impérialisme américain ( au lendemain de la seconde guerre mondiale quand les services secrets impérialistes récupèrent les lambeaux des partisans du fascisme et du nazisme pour en faire des vecteurs de luttes contre le danger de communisme), le retour de ce courant se fait sous les hospices de la privatisation chilienne, mis en œuvre par Friedman (ultralibéral totalitaire) et Reagan. Dès lors le F.N change son fusil d’épaule et Le Pen peut prononcer sa fameuse phrase « La différence entre moi et les fascistes c’est que moi je n’ai jamais cru aux nationalisations », Le Pen père veut être le meilleur support de la boutique et de la PME, fruit de la toute puissance du chef d’entreprise qui règle en face à face ses problèmes avec ses salariés, qui n’ont pas besoin de syndicats. La réalité c’est que le petit producteur sans monopoles et sans trusts, il y a longtemps que cela a disparu et que ce n’est plus qu’un mythe, surtout si l’on a des ambitions internationales et des visées expansionnistes. Le canon moderne ne se fabrique plus comme l’épée moyenâgeuse au fond d’une échoppe de maréchal-ferrant. Ce qui nous distingue fondamentalement de tous ces gens c’est que nous, nous sommes pour la boutique comme un pis-aller, le trust seul constitue la solution, mais le trust nationalisé, puis collectivisé. Nous sommes donc pour la reconstruction d’EDF-GDF et pour la seule SNCF sur le territoire national. Mais l’organisation de ces deux entreprises se fait-elle sous l’unique direction de ses dirigeants et de son encadrement (ses « chefs » comme disent les fascistes) ou bien voulons nous une nouvelle organisation qui fasse le lien de la réalisation (direction, syndicats, consommateurs) mais surtout de la production, (nouvelle ligne de division du travail, nouvelle ligne de recherche du progrès technique, partage du temps de travail, etc..), c’est ce qui fait notre différence fondamentale avec l’extrême-droite.

Le fait national passe – t’il par le seul sujet additionné, ou l’est-il par un « Tout » supérieur à sa somme. Ce tout tient-il de l’agrégat d’individus socialisés ou par l’organisation structurée de sa division du travail ? N’est-on sujet que par l’Etat, ou le devient-on par l’économie-politique. L’économie-politique n’est-elle économie que par l’existence du marché ou l’est-elle plus vraisemblablement dans son expression singulière de formation sociale. En un mot, peut-il exister une nation sans Etat, peut-on aboutir au socialisme comme association de formations sociales ?

Les fascistes se disent nationalistes en réalité se sont des étatistes (appareil répressif, force brute), et très logiquement, ils ne veulent pas d’une remise en cause de la division du travail, car elle justifie la ligne hiérarchique, la ligne de commandement et l’existence de chefs. Ils trouvent dans l’état de nature (à quoi ils réduisent même la culture), l’explication logique d’une division dominants/dominés.

Nous sommes, nous, étatistes par nécessité historique d’une phase de transition. Nous voulons aboutir à une nation homogène, par imposition d’un nouveau mode de production, qui modifie cette nation, ce en quoi il est instituant d’une nouvelle formation sociale, une nouvelle nation ( « ce en quoi le socialisme est national quoique nullement au sens bourgeois de ce terme » Marx). Toutes les missions de l’appareil d’Etat doivent être transférées aux collectifs de travailleurs, la violence, devenir une violence de productifs associés s’assoupissant par transformation de la division du travail. Nous trouvons dans l’état de culture et la modification de ses formes de production, le moyen de contrebalancer les insuffisances de l’état de nature. (« Là où il ya un génie, nous mettrons 100 communs, puis 90, puis 80.. » Lénine).

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Publié par le mars 3, 2016 dans Uncategorized

 

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