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Ce qui nous oppose à ceux qui veulent perpétuer le Front de gauche: dialogue…

02 Mar

12

Voici ce que je reçois de la part d’un certain nombre de camarades.

Il est clair que leur choix n’est pas le mien et que cette motion ne portera jamais ma signature.

Personnellement je me suis prononcée pour une stratégie de construction du socialisme, une transformation révolutionnaire, avec une voie qui articulerait luttes et élections, pour mieux mobiliser les exploités, ouvriers, employés, chômeurs mais aussi intellectuels, fantassins du social et créateurs marchandisés, jeunesse subissant de plein fouet l’aggravation de la situation et en étant les premières victimes.

L’objectif à court et moyen terme devrait être un nouveau Front populaire qui se donnerait un programme minimum de nationalisations sanctions et contrôle du développement avec une planification, sortie de l’OTAN et de l’euro sans lesquelles il ne saurait y avoir une politique de paix et de justice sociale.

Mais pour que ce Front Populaire ne soit pas une désillusion de plus, il y a au moins une exigence: le renforcement du PCF et la fin de sa soumission au PS.

C’est en ce sens que la solution du Front de gauche me semble avoir démontré son inefficacité (1). Certes il pose le même problème, celui de l’indépendance à l’égard du PS, ce point apparemment donc pourrait nous rapprocher, ne serait-ce que parce qu’eux (les signataires de cette pétition) et nous sommes contre l’opération de la direction visant à nous faire accepter des primaires managées par le PS et visant à introniser Hollande, voire Martine Aubry, sans le moindre espoir de changement à la clé.

Si le problème posé peut paraître se rapprocher de ceux qui dénoncent également la manoeuvre des primaires, il est clair qu’il sacrifie ce qui est pour moi essentiel: la priorité accordée à la reconstruction d’un PCF fort tant par le nombre d’adhérents que par leur formation idéologique et leur organisation. En fait ils nous proposent simplement la reconduction de ce qui a conduit au désastre des régionales et à l’effacement de fait du parti, des unions de sommet avec des choix à géométrie variable pour les seules élections. Un conglomérat dans lequel le parti communiste perd son identité et se retrouve souvent avec des gens dont le caractère farfelu des propositions et des analyses nous fait perdre toute crédibilité dans les couches populaires, sans parler d’un anticommunisme présenté comme un « antistalinisme », procès d’intention, qui est un obstacle à tout dialogue. A ce titre, il faut remarquer que les signataires reflètent l’opinion d’une partie des Français, ceux qui sont diplômés et jouissent d’une position d’enseignants, de cadres et de professions libérales auxquels ont pu s’identifier de fait certains permanents du parti, alors qu’il est aujourd’hui question de reprendre pied dans le monde des exploités, classe ouvrière en particulier pour refonder le parti. Il ne s’agit pas d’une critique, je serais d’ailleurs malvenue de la faire puisque j’appartiens à la même catégorie, mais plutôt d’ouvrir le dialogue y compris sur cette question avec tous.

S’il y a une question qui me préoccupe, c’est bien celle-là. Mon retour au Parti est d’abord une tentative pour voir les conditions concrètes à partir desquelles nous pourrions reconstruire ce PCF dont les exploités, notre pays et le monde ont besoin pour une transformation réelle et une politique de paix et de justice. Je suis convaincue que le PCF tel qu’il est a subi l’influence de la social démocratie y compris sous des aspects trotskistes, avec des tendances au sectarisme, chaque différence engendrant des divisions qui n’ont pas lieu d’être. Il faut donc débattre sur le fond, en ne déformant pas les exigences de l’autre. Le mieux est d’exposer ce qu’il dit lui-même.

C’est ce dialogue que dans ce blog nous avons choisi de privilégier en faisant systématiquement connaître et discuter les analyses et propositions de TOUS les communistes et nous souhaiterions que chacun en fasse autant sans procès et dévoiement de l’analyse de l’autre.

Peut-être faudrait-il pousser plus loin l’analyse de ce qui nous oppose: pour certains camarades, la chute de l’URSS a été le signe que le communisme n’avait plus d’avenir. Sans entrer dans toutes les questions qu’une telle affirmation soulève, il est clair que comme je le souhaite, il faudra bien un jour sortir le cadavre du placard et faire un état des lieux de cette expérience historique comme d’autres. Nous avons du pain sur la planche, parce que tout cela devra se faire dans l’action et dans la démonstration de notre utilité pour nos concitoyens et pas seulement dans l’exposé de nos positions électorales…

Pour poursuivre ce dialogue, je vous invite tous communistes encartés ou non à venir discuter le 30 avril aux journées de Vénissieux où sont attendus de nombreux militants de luttes ouvrières et du service public, autant que des intellectuels. Ce sera franc, amical mais sans concession parce que nous avons tous conscience de l’urgence de la période.

Danielle Bleitrach

(1) Est-ce un hasard si, comme le signale un ami: On retrouve les partisans de la dissolution du PCF dans le fdg. Pour le 94, on trouve, me dit-il,  une adjointe au maire ou le pc est laminé par le FN qui a raté la ville à 2 voix et l’autre signataire qui est cadre dans la même ville et dont le parti a été laminé aux dernières consultations. Exemplaires résultats qui montre que liquider le PCF ne permet rien d’autre. Suicidaire. Auquel on peut ajouter, un cadre du parti dans les Bouches-du-Rhône, non seulement le PCF y est laminé mais il n’y a même plus le PS au deuxième tour. Le moins que l’on puisse dire c’est que dans ce département où le PCF était traditionnellement fort, le FDG n’a pas présenté une alternative à un PS pourtant complètement déconsidéré.

Bonjour,

Nous vous faisons parvenir avec ce mail un appel déjà signé de plus de 100 personnes qui se sont engagées pour le Front de gauche et se refusent à voir disparaître l’espoir qu’il a créé. Au contraire, nous voulons qu’il se transforme pour devenir enfin le moteur d’un large rassemblement, une grande force populaire et citoyenne.

Vous pouvez vous joindre à nous pour faite entendre cette exigence. Il vous suffit pour cela de vous rendre sur :

http://lefrontdegauche.fr

Si comme nous vous êtes attaché-e-s au Front de gauche, partagez sur les réseaux sociaux et par mail cet appel. Signez et faites signer !


APPEL : Rallumons l’étincelle du Front de gauche

Nous, militantes et militants des organisations qui composent le Front de gauche, nous, citoyennes et citoyens engagés dans ce rassemblement d’un nouveau genre que nous avons patiemment construit depuis près de huit années, nous n’acceptons pas de voir réduit à néant ce qui constitue encore pour des millions de gens un peu de l’espoir qui a déserté la gauche et la politique.Scrutin après scrutin, lutte après lutte, nous avons progressivement construit les bases d’une nouvelle gauche, courageuse, antilibérale, innovante, écologiste et défendant les libertés. Nous avons réussi à construire entre nous du commun, une culture, des pratiques. Ensemble, nous nous sommes donnés des élu-e-s. Nous avons conservé ou conquis des positions dans des villes, des départements et des régions. Nous avons surtout ranimé une flamme, et redonné enfin un prolongement politique à l’espoir d’un autre monde possible. Nous n’oublions pas ce qui s’est levé, de La Bastille au Prado : ensemble, nous sommes une force.

Mais à l’approche d’un moment politique essentiel pour notre pays, c’est la désunion qui prend une fois de plus le dessus. Après des mois d’atermoiements et d’hésitations, le Front de gauche risque de périr des divisions stratégiques et des compétitions de personnes ou d’organisations. Nous ne nous résignons pas à cette situation qui réduirait tous nos efforts à néant. Le Front de gauche doit vivre et se transformer pour devenir le moteur d’un large rassemblement, une grande force populaire et citoyenne, capable de bousculer un jeu politique désespérant et de redonner un sens à l’idée de gauche.

Nous appelons les organisations du Front de gauche et leurs directions à réagir pour lancer le mouvement. Dans tout le pays, tenons des assemblées citoyennes auxquelles nous inviterons toutes celles et tous ceux qui ont pris part aux combats du Front de gauche, ou qui veulent les rejoindre. Exprimons partout avec force notre volonté de dépasser ce qui nous divise pour affronter tous ensemble les échéances à venir. Vite, faisons-nous entendre !

Les 106 premiers signataires…

Alam Thomas – Maitre de conférence en sciences politiques, Lille (59), Archambault Fabien – Enseignant Chercheur (87), Auxenfans Joël – Artiste plasticien (92), Bardeaux Elsa – Adjointe au Maire (94), Barré Jean-Jacques – Opérateur culturel (75), Bascoulergue Alain – PCF Aubervilliers (93), Bedin Yannick – EluPCF/FDG (18), Berger Paul – Enseignant retraité, Bidet Jacques – Philosophe (92), Billon-Galland Gérard – Syndicaliste (92), Bontoux Françoise – Communiste et féministe (77), Borvo Cohen-Séat Nicole – Sénatrice honoraire (75), Boursier Marie-Pierre – Conseil national du PCF (92), Bouvier Délou – Syndicat de la Magistrature, Brémont Pierrette – Militante FDG (44), Brunet Philippe – Sociologue Paris-Est (75), Cailletaud René, Chambon Gérard – Enseignant (94), Cocard Joël – Syndicaliste (44), Cohen-Seat Patrice – Avocat (75), Coppola Jean-Marc – Élu de Marseille (13), Costé David – Metteur en scène (93), Coutelis Alain, Crozat Dominique – Enseignante retraitée (91), Cukierman Leila – Directrice de théâtre retraitée (94), Delaitre Bernard – co-animateur assemblée citoyenne, Dionnet Brigitte – Conseil national du PCF (93), Duffour Michel – Ancien Ministre (92), Duparc Jean-Paul – Enseignant (06), Dupont Ismaël – Secrétaire départemental du PCF (29), Emilianoz Béchir – Économiste, Ernaux Annie – Écrivaine, Ferrand Jean-Marc – PCF (77) – Foix Alain – Écrivain et metteur en scène (93), Franco Jean-Robert – Artiste, photographe (75), Gallais Joël – Secrétaire départemental du PCF (56), Gayraud Martine – Conseil national du PCF (30), Geminel Gregory – Secrétaire section PCF (94), Genevée Frédérick – Comité exécutif national du PCF (94), Goldberg Pierre – Ancien député, ancien maire de Montluçon (03), Gonneau Jean-Luc – Éditeur (75), Gonthier-Maurin Brigitte – Sénatrice (92), Gravoin Patrice – Militant communiste (75), Grojean Olivier – Maître de conférence en sciences politiques Paris I (75), Guichard Eric – Enseignant-Chercheur ENSIBB (69), Guillet Michel – PCF (44), Habel Jannette – Universitaire (75), Haloui Fabienne – Secrétaire départementale du PCF (84), Hartemann Agnès– Professeur de Médecine Paris 6 (75), Jacquaint Muguette – Ancienne député (93) Jacques Guy – PCF, Job Alain – Ensemble (89), Jollet Anne – Historienne (75), Josso Joël – Elu (94), Jumeau Philippe – Animateur Comité régional de Bretagne du PCF (56), Jurado Grégory – Élu FDG (77), Keucheyan Razmig – Sociologue (75), Khalfa Pierre – Économiste (75),Lalys Frédérique – Syndicaliste (56), Landais Jean-Pierre – Animateur Huma Café de Nantes (44), Le Bronze Marcel – Front de Gauche (44), Le Corre Hervé – Enseignant, romancier (33), Leroy Roland – Ancien directeur de l’Humanité (30), Levy Laurent – Essayiste (75), Loirand Gildas – Enseignant-chercheur (44), Macherel Raymond – Distributeur Cinéma (75),Marlière Philippe – Professeur en sciences politiques, Martel Jean-Paul – Président MNLE Pays de Loire (44), Martin Claude – Enseignant, Mazauric Claude – Historien (30), Meyroune François – Ancien Maire de Migennes (89), Michel Jacques-Philippe – Producteur (93), Michenaud Marie-Françoise – Secrétaire départementale PCF (85), Moitié Jean-Jacques – Directeur des soins-psychiatrie (28), Mordillat Gérard – Auteur et réalisateur (75), Mouly Frank – Elu PCF/FDG (77), Muzeau Roland – Ancien député (92), Nouet Jean-Pierre – Médecin (94), Parny Francis – Ancien Conseiller régional Île de France PCF/FDG (95), Pellicer David – PCF (82), Pena-Ruiz Henri – Philosophe (75), Perez Martine – Fédération de l’Aveyron du PCF (12), Perez André – Fédération de l’Aveyron du PCF (12), Perrot Olivier – Plasticien Photographe (94), Pigeard de Gurbert Guillaume – Professeur de philosophie (24), Pigenet Michel – Professeur des universités Paris 1 (75), Pottier Caroline – Conseil National PCF (85), Poux Gilles – Maire de La Courneuve (93), Puydebois Jean-Louis – Enseignant (19),Quainquart Françoise – Animatrice Assemblée citoyenne (91), Quiniou Yvon – Philosophe (85), Raymont Alain – Secrétaire départemental du PCF (89), Relinger Jérome – Ingénieur (75), Sève Lucien – Philosophe (92), Schurch Mireille, ancienne sénatrice, Topalov Christian – Sociologue, directeur d’études à l’EHESS (75), Tosel André – Philosophe (06), Touzet Hugo – Secrétaire de section PCF (75), Tricot Catherine – Architecte, urbaniste (75), Vergiat Marie-Christine – Députée européenne (93), Vidal Dominique – Journaliste et historien (75), Violain Bernard – Ancien membre du Conseil National PCF (85), Voglieri-Courtel Joëlle – Militante de l’éducation populaire (77), Weber Louis – Syndicaliste (78), Winghardt Marie-France – Elue PCF/FDG (91), Zarka Pierre – Communiste Unitaire/Ensemble (93)

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3 Commentaires

Publié par le mars 2, 2016 dans Uncategorized

 

3 réponses à “Ce qui nous oppose à ceux qui veulent perpétuer le Front de gauche: dialogue…

  1. leca

    mars 2, 2016 at 8:07

    Le Parti révolutionnaire-COMMUNISTES a la douleur de vous communiquer
    le décès brutal du camarade Jean-Luc Sallé
    Ancien coordinateur national de la Coordination Communiste (1993-2003)
    Ancien Secrétaire Général de l’URCF (2003-2015)
    Secrétaire Général-adjoint du Parti révolutionnaire-COMMUNISTES

    La mort du camarade Sallé est une perte pour notre Parti et le mouvement communiste. Adhérant dès sa jeunesse au Mouvement de la Jeunesse Communiste de France et au Parti communiste, il poursuit des études de philosophie et d’histoire et travaillera au siège de l’Union Internationale des Etudiants à Prague. Internationaliste et conscient de l’importance fondamentale de la rigueur et de la cohérence théorique, il prend conscience très tôt du caractère opportuniste des décisions du XXe Congrès du PCUS et de leurs conséquences sur le mouvement communiste. En
    1975, il soutient la révolution portugaise et l’analyse du PCP. Il combat l’Eurocommunisme et s’oppose à la capitulation révisionniste du PCF lors de son XXIIe Congrès.
    Après la victoire, temporaire, de la contre-révolution en Union Soviétique et dans les pays socialistes européens, il participera au Cercle Barbusse et rejoindra le Comité Honecker et la Coordination Communiste dont il sera Coordinateur Dès 1999 avec d’autres camarades, il comprend que le temps est venu de poser devant la classe ouvrière la question de la reconstruction d’un parti révolutionnaire se guidant sur le marxisme-léninisme et s’appuyant sur l’internationalisme
    prolétarien. En 2001, la Coordination Communiste décide de quitter le PCF. Elle se transforme en
    2003 en Union Révolutionnaire Communiste de France et adopte un premier ensemble desThèses dont le camarade Sallé a été le rédacteur principal. Secrétaire Général de l’URCF, il n’aura de cesse de la transformer en organisation bolchevique.
    Fidèle à l’internationalisme prolétarien, il soutient Cuba et la République Populaire et Démocratique de Corée contre les menaces de l’impérialisme, et il contribuera à faire comprendre les positions révolutionnaires dans le Mouvement Communiste International, exprimées notamment par le Parti Communiste de Grèce; il soutiendra la création de l’Initiative des Partis Communistes et Ouvriers d’Europe pour l étude et l’élaboration des questions européennes et la coordination de leurs activités. Il était membre du conseil de rédaction de la revue théorique du Parti Communiste
    Ouvrier de Russie/PCUS.
    Directeur d’Intervention Communiste il a contribué au rayonnement par le journal de l’organisation dans le mouvement ouvrier.
    Pendant toute cette période, il a veillé à la fois à la clarification politique et idéologique dans les rangs du mouvement communiste de notre pays et à ne rien négliger de ce qui pourrait permettre d’avancer dans la voie de la reconstruction d’un parti révolutionnaire sur la base de la fusion du mouvement ouvrier et du socialisme scientifique, en particulier en donnant la priorité au travail en direction des entreprises. C’est la raison pour laquelle en 2014 il a accueilli avec
    ferveur les propositions d’unification de COMMUNISTES et de l’URCF qui ont conduit à la création du Parti Révolutionnaire-COMMUNISTES, les deux organisations enrichissant mutuellement par leur apport le nouveau Parti dont les premiers succès montrent que cela répondait au besoin du mouvement révolutionnaire. Sa disparition laisse un grand vide, mais nous puiserons dans son héritage politique et dans son souvenir, la force, l’énergie nécessaire, pour que son combat, notre combat soit victorieux.
    L’avenir est au socialisme-communisme, le capitalisme est un système sénile
    dont il faut au plus tôt se débarrasser!
    Camarade Jean-Luc, nous levons les drapeaux de la Révolution en ton honneur!
    Vive le Communisme!

     
  2. Martin Pierre

    mars 2, 2016 at 11:24

    Salut à toi Danielle,

    Tu entres au parti au moment où j’en sors ( je préfère me mettre en marge et me battre dans l’ANC) j’en ai marre de cautionner une ligne qui ne mène nulle part.

    Dans ton article sur J.L Mélenchon tu disais que l’on ne doit pas opposer le Front de gauche quand il est animé par de telles postures (l’appréciation de Jean-Luc sur la situation internationale (Cuba, le Vénézuela, la Russie et le Donbass et le Moyen-Orient)) et ce qu’il reste de courant révolutionnaire dans et à l’extérieur du PCF.

    C’est pourquoi, je participe aux deux et je ne vois là aucune contradiction sinon à voir les lignes réformistes majoritaires qui s’y appliquent mais qui n’ont pas le même contenu. Mais dans les deux il y a des militants communistes « révolutionnaires » qui sont en révoltes vis-à-vis de la direction nationale du PCF. Dans ma commune il y a au sein du collectif Front de Gauche des militants qui ne sont pas loin d’un positionnement « ANC », donc comme les droitiers qui y militent aussi, ils sont en révolte contre la direction nationale, mais pas pour les mêmes raisons.
    A l’opposé dans ceux qui veulent le superbe isolement du parti, il y a des militants révolutionnaires, mais il ya aussi beaucoup de droitiers du deuxième tour, ceux qui veulent continuer « l’union de la gauche » avec des sociaux-démocrates voire des centristes ou des écologistes qui sont mille fois plus à droite que les tendances présentes dans le Front de Gauche.
    Donc dire « Le parti ! Le parti ! Le parti » cela ne veut rien dire du type d’alliance et de rupture que l’on propose. Pierre Laurent qui joue aujourd’hui l’élargissement droitier pour sauver nos strapontins, lui aussi, se présente avec le soutien des centristes (le groupe Marchand) comme le meilleur défenseur de l’unité du parti ! Mais pour quelle politique !

    Voilà dans quelle « m.. » on est aujourd’hui. Cela ne dédouane pas les acteurs du Front de gauche de leurs propres responsabilités. Je viens d’échanger via une radio sur la question palestinienne avec une membre de la même association que moi, de solidarité internationale, on a failli s’écharper sur la question syrienne et j’ai compris sa « référence » quand hors micro elle m’a dit souhaiter la candidature de Clémentine Autin. On se retrouve avec cette sensibilité du trotskisme qui se retrouve aussi bien dans des tendances issues de feu la LCR, que dans l’ex TMI (La Riposte et Révolution), d’une véritable haine à l’égard de ce qui est issu du monde russe comme des anciens pays à direction baasiste du Moyen – Orient.

    Ces trans-nationalistes rêvent d’une pureté révolutionnaire mondiale imaginaire, ils sont incapables de faire jouer les contradictions inter-impérialistes. Ou plutôt si, ils sont les portes-flingues de la mondialisation, autrement dit de l’exportation de capital, autrement dit de l’impérialisme (c’est-à-dire du plus puissant et de ses valets, les USA et l’Union Européenne), ils sont donc fiers des révolutions « oranges » financées et armées par les services secrets ouest-européens, ils veulent la libération des économies administrées, par la toute puissance du sujet « connecté », grâce à Bill Gates et tous ses potes américains (Mark Z.) créateurs de la « toile » libératrice et de la mise en œuvre du projet du petit entrepreneur qui de nos cités, aux illusions libérales du tiers-mondisme bourgeois, s’attaquent aux restes du capitalisme d’Etat des anciens pays colonisés ou non, pour mieux les asservir à la prétendue liberté des lumières occidentales (mais sans rupture avec la religion, surtout si elle est musulmane), surtout si elle est vecteur de mise en concurrence des salariés etc. etc.

    Le P.G est aujourd’hui au cœur de cette contradiction, une tendance est souverainiste, l’autre minée par les « trans ». L’une affirme il faut reconnaître les partis existants et forger un nouveau Front, l’autre dit « notre échec tient dans le fait que le Front de gauche n’a pas été ce nouveau creuset où tous les partis se sont volontairement dissous pour créer une nouvelle organisation, portée par la seule volonté active, des sujets en mouvement ».

    L’un veut un nouveau Front (Unique ou Populaire) l’autre veut un nouveau Die Linke, ou mieux encore un nouveau Podemos.

    Mais au cœur de cette contradiction, que l’on regarde toute cette histoire par le bout que l’on voudra, on retombe sur cette question de « liberté » du sujet. Plus le temps passe et plus je suis heureux d’être resté un antihumaniste, un anti-caritatif, un anti-associationniste, un anti liberté absolue du sujet. Autrement dit un anti Ernest Mandel (« Dictature du Prolétariat et démocratie socialiste » que je vais bientôt analyser sur mon site Débat Communiste Ouvrier).

    Que cette clique de traitres et d’agents objectifs de la bourgeoisie aient pu écrire un ouvrage comme « Contre Althusser » » est pour moi la plus grande fierté qui soit. Ils sont nos pires ennemis et je suis fier de les avoir combattus.

    L’enjeu véritable de cette profonde divergence tient en réalité comme je le montre dans mon article « Trotski et le Capitalisme d’Etat » au rôle et à la place que l’on accorde à ce concept, tout est là. Pour eux le C.E est un stade unilatéralement réactionnaire, ils y voient, par analogie illusoire, ce qui peut constituer un lien potentiel avec l’extrême-droite. Ils dénoncent le souverainisme et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, dont ils sont incapables d’articuler la logique profonde au déclin de l’appareil d’Etat.

    Le lien, via le souverainisme, peut sembler se faire entre une extrême-gauche du « droit des peuples à disposer d’eux -mêmes » et une fraction de l’extrême-droite :

    Il est exact qu’il y a une analogie entre le courant communiste et une fraction de l’extrême- droite, c’est l’expression du sentiment patriotique à travers la défense de l’Etat-Nation. Et ce partage d’un idéal qui peut paraître commun passe par la défense d’une économie publique, d’une planification au nom de la défense d’une souveraineté, économico-culturelle.

    [ Il est intéressant de ce point de vue de se souvenir de l’évolution de positionnement du Front-National, à l’origine le F.N est national- interventionniste, il se réclame donc du fascisme historique et de son moment corporatiste qu’exprime l’administration publique. Cependant, comme son intérêt objectif « soutenir le capitalisme » s’oppose à ses élucubrations subjectives « représenter les intérêts de « toute » la société », quand le fascisme finit par se soumettre à l’impérialisme le plus puissant, l’impérialisme américain ( au lendemain de la seconde guerre mondiale quand les services secrets impérialistes récupèrent les lambeaux des partisans du fascisme et du nazisme pour en faire des vecteurs de luttes contre le danger de communisme), le retour de ce courant se fait sous les hospices de la privatisation chilienne, mis en œuvre par Friedman (ultralibéral totalitaire) et Reagan. Dès lors le F.N change son fusil d’épaule et Le Pen peut prononcer sa fameuse phrase « La différence entre moi et les fascistes c’est que moi je n’ai jamais cru aux nationalisations », Le Pen père veut être le meilleur support de la boutique et de la PME, fruit de la toute puissance du chef d’entreprise qui règle en face à face ses problèmes avec ses salariés, qui n’ont pas besoin de syndicats. La réalité c’est que le petit producteur sans monopoles et sans trusts, il y a longtemps que cela a disparu et que ce n’est plus qu’un mythe, surtout si l’on a des ambitions internationales et des visées expansionnistes. Le canon moderne ne se fabrique plus comme l’épée moyenâgeuse au fond d’une échoppe de maréchal-ferrant. Ce qui nous distingue fondamentalement de tous ces gens c’est que nous, nous sommes pour la boutique comme un pis-aller, le trust seul constitue la solution, mais le trust nationalisé, puis collectivisé. Nous sommes donc pour la reconstruction d’EDF-GDF et pour la seule SNCF sur le territoire national. Mais l’organisation de ces deux entreprises se fait-elle sous l’unique direction de ses dirigeants et de son encadrement (ses « chefs » comme disent les fascistes) ou bien voulons nous une nouvelle organisation qui fasse le lien de la réalisation (direction, syndicats, consommateurs) mais surtout de la production, (nouvelle ligne de division du travail, nouvelle ligne de recherche du progrès technique, partage du temps de travail, etc..), c’est ce qui fait notre différence fondamentale avec l’extrême-droite.

    Le fait national passe – t’il par le seul sujet additionné, ou l’est-il par un « Tout » supérieur à sa somme. Ce tout tient-il de l’agrégat d’individus socialisés ou par l’organisation structurée de sa division du travail ? N’est-on sujet que par l’Etat, ou le devient-on par l’économie-politique. L’économie-politique n’est-elle économie que par l’existence du marché ou l’est-elle plus vraisemblablement dans son expression singulière de formation sociale. En un mot, peut-il exister une nation sans Etat, peut-on aboutir au socialisme comme association de formations sociales ?

    Les fascistes se disent nationalistes en réalité se sont des étatistes (appareil répressif, force brute), et très logiquement, ils ne veulent pas d’une remise en cause de la division du travail, car elle justifie la ligne hiérarchique, la ligne de commandement et l’existence de chefs. Ils trouvent dans l’état de nature (à quoi ils réduisent même la culture), l’explication logique d’une division dominants/dominés.

    Nous sommes, nous, étatistes par nécessité historique d’une phase de transition. Nous voulons aboutir à une nation homogène, par imposition d’un nouveau mode de production, qui modifie cette nation, ce en quoi il est instituant d’une nouvelle formation sociale, une nouvelle nation ( « ce en quoi le socialisme est national quoique nullement au sens bourgeois de ce terme » Marx). Toutes les missions de l’appareil d’Etat doivent être transférées aux collectifs de travailleurs, la violence, devenir une violence de productifs associés s’assoupissant par transformation de la division du travail. Nous trouvons dans l’état de culture et la modification de ses formes de production, le moyen de contrebalancer les insuffisances de l’état de nature. (« Là où il ya un génie, nous mettrons 100 communs, puis 90, puis 80.. » Lénine).

     
    • lairderien

      mars 2, 2016 at 11:51

      Très intéressante contribution qui a le mérite d’éclairer les lignes de fractures existantes et aide à comprendre les enjeux de certains.

       

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