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K. MARX III° section Le Capital : la production de la plus-value absolue Chapitre X. et Jean Luc Godard

27 Fév
Il s’agit de l’Angleterre (1833-1864) d’où ici, aussi : British sounds de J. L Godard.
« Le personnel des travailleurs était divisé parfois en douze et quatorze catégories, dont les parties constitutives subissaient de nouveau des modifications continuelles. Pendant la période de quinze heures formant la journée de fabrique, le capital appelait l’ouvrier, maintenant pour trente minutes, puis pour une heure, et le renvoyait ensuite pour le rappeler de nouveau et le renvoyer encore, le ballottant de côté et d’autre par lambeaux de temps disséminés, sans jamais le perdre de l’œil ni de la main jusqu’à ce que le travail de dix heures fût accompli. Comme sur un théâtre les mêmes comparses avaient à paraître tour à tour dans les différentes scènes des différents actes. Mais de même qu’un acteur pendant toute la durée du drame appartient à la scène, de même les ouvriers appartenaient à la fabrique pendant quinze heures, sans compter le temps d’aller et de retour. Les heures de répit se transformaient ainsi en heures d’oisiveté forcée qui entraînaient le jeune ouvrier au cabaret et la jeune ouvrière au bordel. Chaque fois que le capitaliste inventait quelque chose de neuf – ce qui avait lieu tous les jours – pour tenir ses machines en haleine pendant douze ou quinze heures, sans augmenter son personnel, le travailleur était obligé, tantôt de perdre son temps, tantôt d’en profiter à la hâte pour avaler son repas. Lors de l’agitation des dix heures, les fabricants criaient partout que si la canaille ouvrière faisait des pétitions, c’était dans l’espoir d’obtenir un salaire de douze heures pour un travail de dix. Ils avaient maintenant retourné la médaille; ils payaient un salaire de dix heures pour une exploitation de douze et quinze heures [35] ! Voilà comment la loi des dix heures était interprétée par les fabricants ! C’étaient cependant les mêmes hommes, les mêmes libre-échangistes confits d’onction, suant par tous les pores l’amour de l’humanité, qui pendant dix ans, tant que dura l’agitation contre la loi des céréales, ne se lassaient pas de démontrer aux ouvriers, par sous et liards, que dix heures de leur travail quotidien suffiraient amplement pour enrichir les capitalistes, si un nouvel essor était donné à l’industrie anglaise par la libre importation des grains. (…)
Néanmoins, par la victoire dans les grandes branches d’industrie, qui sont la création propre du mode de production moderne, le principe avait définitivement triomphé. Leur développement merveilleux de 1853 à 1860 marchant de pair avec la renaissance physique et morale des travailleurs, frappa les yeux des moins clairvoyants. Les fabricants eux-mêmes, auxquels la limitation légale et les règlements de la journée de travail avaient été arrachés lambeaux par lambeaux par une guerre civile d’un demi-siècle, firent ressortir avec ostentation le contraste qui existait entre les branches d’exploitation encore « libres » et les établissements soumis à la loi [51]. Les pharisiens de « l’économie politique » se mirent à proclamer que la découverte nouvelle et caractéristique de leur « science » était d’avoir reconnu la nécessité d’une limitation légale de la journée de travail [52]. On comprend facilement que lorsque les magnats de l’industrie se furent soumis à ce qu’ils ne pouvaient empêcher et se furent même réconciliés avec les résultats acquis, la force de résistance du capital faiblit graduellement, tandis que la force d’attaque de la classe ouvrière grandit avec le nombre de ses alliés dans les couches de la société qui n’avaient dans la lutte aucun intérêt immédiat. De là, comparativement, des progrès rapides depuis 1850 ».
VI. Lutte pour la journée de travail normale – Limitation légale du temps de travail – la législation manufacturière anglaise de 1833 à 1864-Le Capital – Livre premierLe développement de la production capitalisteKarl MARX III° section : la production de la plus-value absolueChapitre X : La journée de travail
British Sounds est un film d’une heure, réalisé en février 1969, par Jean-Luc Godard et Jean-Henri Roger, pour London Weekend Television. Celle-ci refusera le film livré et n’en diffusera que des extraits cliquez sur le lien ci-dessus pour le voir et surtout l’écouter.
Ce film m’inspire deux remarques:
la première est liée à mon expérience de sociologue du travail, pendant des années je suis allée dans les usines observer les collectifs ouvriers, ce qui m’a chaque fois marquée c’est le bruit. Je me souviens en particulier de la sidérurgie et de la manière dont d’énormes brames en fusion étaient jetés pour l’équarrissage sur les laminoirs, impossible de s’entendre… C’est ce qu’à très bien perçu dans ce film Godard.
La seconde remarque est plus celle d’une cinéphile. En effet à cette époque là Godard est dans le groupe Dziga Vertov, du nom du très grand cinéaste russe. Je pense en voyant ce fil au travail réalisé par Dziga Vertov dans la symphonie du Donbass, un travail sur le bruit et la condition ouvrière, son aliénation…
Merci à toi Laure Laufer qui une fois de plus a su faire le lien entre le cinéma et nos luttes…
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Publié par le février 27, 2016 dans Uncategorized

 

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