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Le 21 février, exécution du groupe Manouchian….

21 Fév

Les Francs-tireurs et partisans – main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) sont un groupe des Francs tireurs et partisans, mouvement de résistance armée à l’occupation nazie en France, dirigé par Joseph Epstein et, en région parisienne, par Louis Minkowski et Simon Cukier .

Les groupes de FTP-MOI sont créés en région parisienne, en même temps que les FTP, en 1941. Ces groupes sont constitués par des étrangers communistes vivant en France et ne faisant pas partie du Parti communiste français, ils sont mis en place en avril – mai 1942. Bien qu’intégrés aux FTP, ces groupes dépendent directement de Jacques Duclos, qui leur transmet les ordres de l’Internationale communiste.

Les FTP-MOI compteront parmi les groupes de résistance les plus actifs et les plus déterminés, notamment parce qu’ils sont en tant qu’étrangers, et juifs pour beaucoup, directement visés par le régime de Vichy, qui ne leur laisse le choix que de la clandestinité ou de l’internement, suivi de la déportation. Parce qu’ils dépendent directement du Komintern, par l’intermédiaire de Jacques Duclos, ce sont eux qui partent en première ligne lorsque vient l’ordre de Moscou d’intensifier le combat, alors que les groupes français sont beaucoup plus insérés dans une dynamique nationale.

Le groupe Manouchian

Les FTP-MOI sont particulièrement connus à travers les épisodes du procès de 23 membres du groupe de Missak Manouchian. Le procès se déroule devant le tribunal militaire allemand du Grand-Paris, réuni à l’hôtel Continental à partir du 15 février 1944, dure entre deux et quatre jours, et après une délibération de trente-cinq minutes, le verdict est le suivant 1 :

  • 23 accusés sont condamnés à mort : en l’absence de possibilité d’appel, 22 d’entre eux sont fusillés sans délai, le 21 février, au fort du Mont-Valérien ; l’exécution d’Olga Bancic est suspendue pour supplément d’enquête. Rejugée le 10 mai 1944 à Stuttgart, elle est de nouveau condamnée à mort et immédiatement exécutée par décapitation.
  • 1 accusé, Migratrice, est transféré devant une juridiction française.

L’histoire du groupe Manouchian est limpidement décrite dans le livre de Boris Holban « TESTAMENT Après quarante-cinq ans de silence, le chef militaire des FTP-MOI de Paris » ISBN 2-7021-1778-3, CALMANN-LÉVY.1989.

Les 23 membres du groupe Manouchian exécutés par les nazis

Plaque commémorative pour les membres du groupe Manouchian, 19, rue au Maire, Paris 3e.

La liste des 23 membres du groupe Manouchian exécutés par les nazis est la suivante :

Les 22 hommes sont fusillés au fort du Mont-Valérien le 21 février 1944. La seule femme du groupe, Olga Bancic, est décapitée à Stuttgart le 10 mai 1944.

Membres ayant réussi à s’échapper

  • Ildo Stanzani
  • Madeleine Oboda née Delers, dite Marie puis Catherine veuve de Stanislas Oboda est entrée dans les FTP MOI en octobre 1942, après que son mari fut fusillé par les Allemands. Elle travailla avec Boczov, Michel, puis Rayman et Elek, et eut de nombreux contacts avec Manouchian. Elle fut agent de liaison, transportant les armes sur les lieux de l’attentat et les stockant chez elle, 10 passage Courtois à Paris.
  • Arsène Tchakarian (sa mère était la cousine de la mère de Charles Aznavour)
  • Raymond Kojitsky, dit « Pivert », qui à la suite de l’attentat du parc Montceau le 19 aout 1943, se brouille avec ses co-équipiers, Marcel Rayman et Alfonso. Marcel lui reproche de ne pas avoir couvert Alfonso, auteur du coup de pistolet mortel contre un major allemand: Pivert arrête aussi sec sa collaboration avec la MOI. Il est ainsi sauvé par Marcel quelques mois avant l’arrestation du groupe des 23, qu’il attribue à un autre membre de la MOI, Albert Davidovitch. Il avait commencé par participer avec les Jeunesses Communistes Juives à des lâchers de tract et des incendies de poteaux indicateurs allemands en fin 1942, alors qu’il avait tout juste 16 ans et en paraissait 12. Il est ensuite intégré en janvier 1943 au sein des équipes de la MOI, sous la direction de Henri Krasucki, et accomplit son premier grenadage Place Cambronne, contre un garage militaire de l’armée allemande. Après l’arrestation de H. Krasucki en mars 1943, il passe sous les ordres de Manouchian2.
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3 Commentaires

Publié par le février 21, 2016 dans Uncategorized

 

3 réponses à “Le 21 février, exécution du groupe Manouchian….

  1. lairderien

    février 21, 2016 at 11:56

    Cette liste, c’est la liste de 23 FRANCAIS, bi-nationaux, de cœur sinon de papiers !
    En ces temps de déchéance totale de notre gouvernement, il est impératif de rappeler l’exemple de ce qu’ils furent.

     
  2. Krystyna Hawrot

    février 21, 2016 at 12:30

    Merci pour ce rappel, je suis toujours désolée que les FTP MOI n’aient toujours pas leur place dans le « roman national » français…On n’en apprend rien à l »école et très peu à l’université, même quand on étudie l’histoire!
    Mais par contre, j’ai été surprise que de plus en plus la Pologne reconnaisse les Juifs Polonais communistes comme « les siens » et notamment Jozef Epsztein, résistant communiste internationaliste, fondateur des FTP, issu d’une famille polonaise juive de Zamosc (la ville de Rosa Luxemburg) socialiste et patriote…
    Depuis quelque années en effet l’Ambassade Polonaise participe (et j’espère que cela va continuer) aux commémorations pour la mémoire du Groupe Manoukian. L’Humanité avait publié dans un hors série les émouvantes dernières lettres des résistants, celles des Polonais Juifs écrites dans un mélange de Polonais et de Jidish… Ce que je trouve dommage est que le régime de la Pologne Populaire, qui était censé être communiste, n’a jamais voulu financer de recherche historique sur ces Polonais, ni sur Epsztejn ni sur les autres communistes de la diaspora juive en France… Tous les oublis et toutes les négligences se payent… je ne vois pas le régime actuel en France financer ces recherches, hélas…

     
  3. POTTIER Jean-Claude

    février 21, 2016 at 1:11

    Je pense à Robert Guédiguian et à son Armée du crime. Le souvenir fabrique notre mémoire, individuelle et collective. Je pense aussi, bien sûr, à Louis Aragon, à Léo Ferré. Au-delà des 23, je pense à tous nos résistants, particulièrement communistes. à tous ceux qui tombèrent, fusillés, pendus ou décapités; ceux qui connurent les affres de la torture. Ceux qui refusèrent la trahison et la compromission, qui luttèrent sous la menace, dans le danger, contre les nazis, les collabos, les SS, la Gestapo, la Milice…
    Souvenons-nous des 23, des FTP, des FTP-MOI, du PCF.
    Je salue tous mes camarades communistes du monde. Les résistants d’Europe, les camarades indonésiens, vietnamiens, chinois, sud-américains, chiliens, argentins, salvadoriens, nicaraguayens, cubains, je salue le Che, Fidel, Neruda, Amado.
    Je vous salue, qui me lisez. Hommage à Danielle dont je salue le courage et la ténacité.

     

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