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Politique : les «cocos» saint-quentinois mènent la lutte au sein de leur parti

18 Fév

 Ce que je découvre dans le cadre de mon audit sur l’état réel du PCF est intéressant. Bien peu de communistes sont en accord avec la ligne de la direction, mais ils se méfient de toutes les dissidences bruyantes. Il y a bien sûr des communistes qui, comme me le dit un jeune adhérent, voteraient n’importe quoi et même une alliance avec le Modem, mais cette caricature de « suivisme » ne représente pas la majorité loin de là. Le fond en est qu’on leur a appris à douter d’eux-mêmes… Mais ils se rendent bien compte que la situation est grave et que le parti joue sa survie… Ce soir je vais à ma première réunion de section et je vous dirai ce que j’en retire, je vais surtout écouter, tenter de comprendre avant de leur imposer mon avis. (danielle Bleitrach)

 Les Saint-Quentinois veulent revenir à la « lutte des classes ». Photo d’archives Gaël HERISSE
Les Saint-Quentinois veulent revenir à la « lutte des classes ».

La fédération axonaise du Parti communiste présentera ses candidats à la législative partielle. Et la section de la cité des Pastels les siens. En fond, une vieille histoire de dissidence.

Le Parti communiste français (PCF) de Saint-Quentin est-il le nouveau village qui résiste encore et toujours à l’envahisseur Front de gauche (FG) ? En tout cas, ses adhérents veulent y croire. Corinne Bécourt et Olivier Tournay en portant haut les couleurs : le 13 mars prochain, ils seront candidats à la législative partielle face à ceux soutenus par leur fédération départementale.

Cette position « dissidente », les Saint-Quentinois l’assument. Sur la forme, ils estiment que la procédure n’a pas été respectée – chose dont se défendent les Axonais. Mais la question se pose davantage sur le fond politique. Car, depuis plusieurs années, la section locale a pris le parti d’être contre la « stratégie Front de gauche ».

Déjà, lors de la récente campagne des régionales, les militants s’étaient faits discrets. N’apportant pas leur soutien à Fabien Roussel, candidat affiché PCF et Front de gauche. Aux départementales, quelques mois auparavant, c’est le FG qui présente face à eux ses propres « prétendants », sur le canton Saint-Quentin 3.

Pas d’union mais…

L’origine du désaccord, les adhérents communistes de la cité des Pastel la placent au moment de l’arrivée de Robert Hue à la tête du PCF, en 1995. Date qui marque aussi la fin de l’heure de gloire de la section locale, avec la perte de la mairie saint-quentinoise au profit de la droite. « [Il] a engagé une mutation interne », indique Corinne Bécourt, secrétaire de la section locale. Une « mutation » qu’elle conteste, estimant que le parti s’est alors éloigné de ses fondamentaux avec « l’ajout de sigles » pour devenir « électoraliste ».

Les Saint-Quentinois s’opposent à l’union de la gauche aux scrutins, estimant qu’elle met en péril le PCF et l’éloigne de sa base de « travailleurs ». Les municipales de 2008 faisaient-elles alors figure d’exception ? PS, communistes, LO et autres se regroupant sur une même liste. « La situation était différente, argue Olivier Tournay. Sarkozy était alors au pouvoir. » Sinon aucune compromission.

Au point qu’ils seront au premier rang de la liste axonaise de Maxime Gremetz, lors des régionales de 2010 – Jean-Luc Tournay, oncle d’Olivier, et Corinne Bécourt en tête. Le député de la Somme se présente alors contre sa propre famille politique. Controversé, habitué des coups d’éclats, l’homme sera même exclu du PCF.

Mais l’histoire communiste saint-quentinoise est plus ancienne, une affaire de familles. Tournay, Montfourny, Casier… Parents et grands-parents des adhérents d’aujourd’hui modèlent alors le PCF de la cité des Pastels. « Ce sont les barons locaux qui donnent le la », résume un « opposant » de gauche. Et Corinne Bécourt, secrétaire charismatique, en est aujourd’hui le porte-drapeau.

La bataille des chiffres sur le nombre d’adhérents à Saint-Quentin entre local et départemental n’est que la traduction d’un conflit jusqu’alors latent. « Il y a cette attitude qui s’appuie sur des coups de force permanents », s’agace Francis Hérédia, ancien responsable du PCF axonais. Avant d’ajouter qu’il n’y a « aucun dialogue possible ». « Je suis le cinquième secrétaire fédéral qui en prend plein la tête », lâche Benoît Roger.

Le département ne leur fera pas de cadeau non plus. Notamment lorsque fin 2012 une section PCF du Saint-Quentinois voit le jour. Pour les militants de la cité des Pastels, c’est une volonté de les mettre en difficulté. Pour les Axonais, il s’agit d’adhérents qui ne se retrouvaient pas dans la stratégie défendue par les premiers…

Aujourd’hui, le conseil national du PCF lui-même s’irrite. « Je pense qu’ils [Saint-Quentin] s’isolent de l’ensemble des communistes », estime Pascal Savoldelli, responsable aux élections. Surtout, il préfère minimiser : « C’est une revendication qui vient d’un seul territoire. »

Mais d’autres, comme Paris XV ou Mantes-la-Jolie (78), s’opposent aussi. Et les locaux assurent même avoir de plus en plus de soutiens. « Saint-Quentin est vraiment à la pointe sur le combat pour le retour de la lutte des classes. » La section publie régulièrement des textes en ce sens. Elle veut être « précurseur » d’un mouvement interne, qui redonnerait au parti son statut de fer de lance des mobilisations. Et renouerait avec le terrain.

M.FO.

 
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Publié par le février 18, 2016 dans Uncategorized

 

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