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Ondes gravitationnelles : Einstein avait raison, on vit bien dans du mou de veau

12 Fév

 Les athées triomphent non sans raison, quand on est confronté à de tels phénomènes toutes les mythologies sur les monomanies d’un dieu occupé à punir ou récompenser sa malheureuse créature, paraissent hors de propos comme d’ailleurs la survie au corps. Pourtant il reste ce qui caractérise justement la vision d’Einstein, ce qui lui permet de penser l’univers, à savoir la connaissance humaine de son principe actif et qui faisait dire à Spinoza que la connaissance était la seule prière. Comme le disait Einstein, il ne peut pas y avoir de hasard, dieu ne joue pas aux dés. Mais dieu n’est rien d’autre que sa propre loi, ce qui dépasse le bon vieux problème de déterminisme ou liberté, la seule liberté de l’être humain est dans la connaissance de cette loi que l’auteur de l’article appelle ironiquement du « mou de veau », alors qu’il s’agit de phénomènes sublimes tant sur le plan plastique que sur le son,. Et pour le faire percevoir écoutez cette conférence d’Aurélien Barreau

(danielle Bleitrach)

Albert Einstein l’avait théorisé, des équipes internationales de chercheurs viennent de le confirmer à Washington, cent ans après : les ondes gravitationnelles, ces vibrations de l’espace-temps, ont été détectées.

Oublions ces histoires de tissu élastique ou de surface de lac représentant l’espace-temps. Ce sont des menteries à deux dimensions. En réalité, nous naissons, vivons et mourrons tous dans du mou de veau. Nous, les coccinelles, les pièces de deux euros et les étoiles. Tous englués dans la même gelée élastique que nous faisons tressauter, plus ou moins fort, selon nos masses respectives. Soyons clairs, nous ne pesons pas lourd dans le mou de veau. Même notre Soleil est un poids plume. Et quand meurt une coccinelle, un homme, une pièce de deux euros ou un soleil comme le nôtre, il ne se passe pas grand-chose. Mais lorsqu’une étoile résiduelle de plus de 3,3 masses solaires s’effondre sur elle-même faute de carburant, elle finit en trou noir, ce qui, convenons-en, remue bien davantage le mou de veau que le décès d’un être cher. Et si deux trous noirs commencent à danser la gigue dans la gelée, alors les ondes vibratoires qu’ils envoient autour d’eux, partout dans l’univers, déforment considérablement l’espace-temps. Le mou gigote.

« On devrait pouvoir capter ces ondes gravitationnelles, mais ça sera coton », a dit, en langage soutenu, Albert Einstein, voilà un siècle, une année après avoir pondu la Théorie de la relativité générale qui changea pour toujours l’idée que l’on se faisait de l’espace. Avant Einstein, l’espace, c’est-à-dire le vide qui reste quand on enlève toute la matière, était considéré comme une structure rigide. Avec Einstein, l’espace devient cette gelée dont la structure élastique peut être déformée par la matière.

Eh bien cher Albert, c’est fait ! Une fois de plus ta théorie géniale est confirmée. L’interféromètre LIGO (Laser Interferometer Gravitational-Wave Observatory) installé aux Etats-Unis sur deux sites situés à 3000 kilomètres de distance, l’un en Louisiane, l’autre dans l’Etat de Washington, a observé le 14 septembre dernier à 11h51 la danse de deux trous noirs, de respectivement 29 et 36 masses solaires, situés à 1,3 milliard d’années-lumière, et qui ont fini par fusionner. Les deux colosses se sont rentrés dans le lard à deux tiers de la vitesse de la lumière. C’était la première fois qu’on observait un tel cataclysme stellaire. Le monstre résultant de la fusion ne « pèse » que 62 fois la masse du Soleil. Les trois masses manquantes ont été transformées en énergie (selon la loi d’Einstein, toujours lui, E = mc2). L’énergie des ondes gravitationnelles, selon les équipes européenne et américaine de Virgo et LIGO qui ont analysé les données.

Le détecteur LIGO est constitué de deux tunnels de quatre kilomètres de long dans lesquels circulent des faisceaux lasers synchronisés. Si rien ne vient perturber leur cheminement, ils restent en phase. Si une onde gravitationnelle vient déformer la Terre, un bras peut s’allonger, l’autre rétrécir et les deux lasers ne sont plus synchronisés. C’est cette déformation minuscule qu’ont captée les chercheurs. Car les ondes gravitationnelles envoyées par la danse des deux trous noirs ont une amplitude extrêmement faible. Sur un bras de quatre kilomètres, la déformation mesure quelques fractions de millionième de milliardième de millimètres.

Cette découverte majeure vaut celle du boson de Higgs en physique des particules. Elle vaudra peut-être aussi à ses auteurs le prix Nobel de physique à l’automne. Elle établit (une fois de plus) qu’Einstein a été le plus grand génie scientifique de tous les temps. Elle ouvre aussi la voie à un nouveau type d’astronomie dédiée à ces machins étranges inobservables en lumière visible, comme l’effondrement gravitationnel d’une étoile massive ou la danse des trous noirs. Accessoirement, elle confirme que l’homme, la coccinelle, la pièce de deux euros et le soleil naissent, vivent et meurent dans du mou de veau.

 
2 Commentaires

Publié par le février 12, 2016 dans Uncategorized

 

2 réponses à “Ondes gravitationnelles : Einstein avait raison, on vit bien dans du mou de veau

  1. Lazhari Tarek

    février 12, 2016 at 5:57

    Les athées triomphent.. ça commence bien pour un article scientifique! on part du résultat souhaité et on le prouve. un coup de dérision et le tour est joué. Dieu n’existe pas. C’est plus rassurant. Allez question idiote: Quand ça va mal et que vous-vous perdez en mer, au désert ou haut en montagne, quel grand spinoza iriez-vous invoquer?

     
    • histoireetsociete

      février 12, 2016 at 6:29

      monsieur vous navez rien compris…je vous conseille de lire le De rerum naturae de Lucrèce… A défaut de Spinoza ou même Einstein lui-mêmer qui a écrit un livre sur sa manière de voir le monde… Par ailleurs si vous avez besoin de dieu dans une forêt profonde je vous conseille fortement de le garder, vous en avez effectivement besoin…

       

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