RSS

France – Arabie saoudite : une si étroite amitié Par Vincent Jauvert

04 Jan

A+A

Paris a condamné du bout des lèvres les 48 exécutions réalisées par Ryad. Car depuis trois ans et demi, la plupart de nos initiatives diplomatiques n’ont qu’un seul objectif: faire ami-ami avec l’Arabie saoudite. Et attirer les milliards des princes Saoud.

François Hollande avec le roi Salmane, en mai 2015. (Christophe Ena/AP/SIPA)François Hollande avec le roi Salmane, en mai 2015. (Christophe Ena/AP/SIPA)

Tout commence pendant la campagne électorale de 2012. Animée par Hubert Védrine, l’équipe qui conseille François Hollande en matière de politique étrangère émet plusieurs propositions au candidat socialiste.

La première : rééquilibrer notre diplomatie dans le Golfe, exclusivement tournée par Nicolas Sarkozy vers le Qatar, au profit de l’Arabie saoudite. Le futur locataire de l’Elysée est tout à fait d’accord.

Il se souvient que son modèle, François Mitterrand, avait effectué son premier voyage à l’étranger, en septembre 1981, à Riyad, et cela afin de remercier le roi Khaled d’avoir soutenu le franc, très attaqué juste après son élection. Tout naturellement, pour son premier déplacement au Moyen-Orient, en novembre 2012, François Hollande se rend en Arabie. Le 31 août 2013, le rapprochement s’accélère. Ce jour-là, Barack Obama renonce au dernier moment à bombarder les installations chimiques de Bachar al-Assad, que les Saoud détestent.

Premier partenaire commercial de la France dans le Golfe

François Hollande et le roi d’Arabie pestent ensemble contre le leadership émoussé de la Maison Blanche. La France a une carte à jouer. Quelques semaines plus tard, Laurent Fabius s’oppose publiquement à la signature d’un accord entre l’Iran et les six grandes puissances sur le nucléaire, jugé trop favorable à Téhéran, l’autre ennemi intime de l’Arabie. L’alliance Paris-Riyad est scellée.

En gage d’amitié, fin décembre 2013, le roi promet à François Hollande 15 milliards d’investissement en France. Il accepte aussi de financer l’achat par le Liban de 3 milliards d’armes françaises. En janvier, la mort du roi Abdallah inquiète Paris. Le nouveau souverain va-t-il poursuivre le rapprochement sonnant et trébuchant ? Réponse un mois plus tard : en février, l’Egypte achète 24 Rafale sur un budget étatique totalement renfloué par l’Arabie saoudite.

En mai, François Hollande est reçu en héros à Riyad (troisième visite dans le royaume saoudien). On parle d’une vingtaine de projets économiques pour des dizaines de milliards d’euros. Mais pas – ou si peu – des 38 exécutions capitales réalisées au cours du seul premier trimestre dans le royaume. L’abolition de la peine de mort est pourtant l’un des thèmes de campagne favoris du Quai d’Orsay.

Vincent Jauvert

 
Poster un commentaire

Publié par le janvier 4, 2016 dans Uncategorized

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :