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Obama dans la zone d’exclusion aérienne. Washington voudrait tenter une fois de plus le scénario libyen en Syrie

26 Oct
  1.  Le Secrétaire d’Etat John Kerry et un certain nombre de hauts responsables américains, exigent du président Barak Obama une action plus décisive en Syrie. Y compris la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne, a annoncé jeudi 22 octobre le New York Times.

    bn  traduction par Marianne d’un article du parti communiste de la fédération de Russie.

    « Free Press » 24/10/2015

    http://kprf.ru/international/capitalist/147706.html

    Selon le journal, le 18 Octobre à la Maison Blanche s’est tenue une réunion sur la question syrienne, au cours de laquelle les opposants d’Obama ont continué à faire pression sur son administration pour « l’utilisation de l’aviation pour protéger la population syrienne des bombardements. »

    La publication souligne que le président américain est sceptique quant à l’idée de zone d’exclusion aérienne. Y est opposé également le chef du Pentagone Ashton Carter. En particulier, lors de la réunion, Carter a souligné que Washington à cet effet devrait augmenter de manière significative le nombre d’avions et de personnel.

    Cependant, lors de cette réunion à la Maison Blanche, il a été discuté de la possibilité de l’établissement de zones refuges pour les civils aux frontières de la Syrie avec la Turquie et la Jordanie. Les fonctionnaires ont offert une variété d’options, allant de zones de sécurité exclusivement pour l’aide humanitaire, à des zones de sécurité pour l’opposition syrienne soutenue par les Etats-Unis.

    Barack Obama lui-même n’a pas assisté à la réunion, qui était présidée par le conseiller présidentiel sur la sécurité nationale, Susan Rice. Aucune décision à l’issue de la réunion n’a été adoptée, mais les partisans d’Obama étaient «découragés», note le New York Times.

    Nous rappelons qu’une telle zone d’exclusion aérienne a été mise en place par les Etats-Unis et leurs alliés en Libye en 2011. Le secrétaire américain à la Défense de l’époque, Robert Gates, avait expliqué le sens de cette action: «La création de la zone commence par la destruction des défenses aériennes ennemies – après quoi vous n’avez plus besoin de vous inquiéter que nos gars soient abattus. Mais c’est juste comme ça que cela commence « .

    Pour mettre en œuvre ce plan, l’US Navy a envoyé vers les côtes de la Libye le porte-avions « Enterprise », et la Marine française – le porte-avions « Charles de Gaulle ». En vérité, selon un expert sur ​​la sécurité nationale américaine Dave Majumdar, le rôle décisif dans la destruction de la défense aérienne libyenne n’a pas été joué par les aérodromes flottant de la marine, mais par le sous-marin porte-smissile « Florida» (SSGN-728). Il a tiré environ 90 missiles de croisière « Tomahawk », détruisant presque entièrement les forces de défense aérienne de Mouammar Kadhafi.

    Apparemment, ce genre d’actions seront nécessaires dans le cas où les Etats-Unis voudraient établir une zone d’exclusion aérienne en Syrie. Toutefois, la question reste en suspens sur comment se comporteront les pilotes américains quand les avions russes refuseront de se conformer aux limites établies par les États-Unis, et entreront dans la zone d’exclusion. En fait, dans ce cas, Moscou et Washington seront sur le bord d’une confrontation armée, avec des conséquences de grande ampleur.

    Plus tôt, la Russie s’est déclarée opposée à la création de zone d’exclusion aérienne en Syrie. Comme l’a expliqué le représentant spécial du président russe pour le Moyen Orient et les pays africains, le ministre adjoint des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov, la proposition d’établir une zone d’exclusion aérienne « ne repose pas sur la Charte des Nations Unies et le droit international. »

    L’administration Obama va-t-elle prendre le risque d’une zone d’exclusion aérienne en Syrie?

    – Le déclenchement de l’opération russe en Syrie est justement due au fait que les États-Unis étaient à un doigt d’établir une zone d’exclusion aérienne sur la Syrie, puis de détruire le régime de Bachar al-Assad indique le directeur du Centre de conjoncture stratégique Ivan Konovalov. Moscou a simplement pris les devants. Et maintenant, dans la situation actuelle, une zone d’exclusion ne peut être réglée que par accord direct entre les Etats-Unis et la Russie.

    « SP »: – Quelle serait l’essence d’un tel contrat?

    – Partager l’espace aérien syrien, et faire la distinction entre l’action militaire dans la zone russe et la zone de l’OTAN. Par exemple, convenir que les pilotes russes bombarderaient des cibles uniquement sur un territoire jusqu’à Raqqa et à l’est de Raqqa.

    Mais nous devons comprendre une chose : pour obtenir un tel accord, la Russie, les Etats-Unis et l’OTAN devraient d’abord s’entendre sur un adversaire commun. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Les Américains, rappelons-le, insistent pour distinguer parmi les forces qui se battent contre l’armée syrienne les militants « Etat islamique » et l’opposition modérée. En ce qui concerne ISIS nous n’avons pas de divergences avec les Américains. Mais Washington persiste à classer dans l’opposition modérée, par exemple, le Dzhebhat-an-Nusra « , que Moscou et Damas considèrent comme terroristes.

    Et tant que les Etats-Unis essayeront de trier les terroristes en «mauvais» et «bons», l’espace aérien ne pourra pas être divisé.

    « SP »: – Si nous n’avions pas encore commencé la campagne syrienne, les Etats-Unis auraient imposé une zone d’exclusion aérienne, à quoi cela aurait-il ressemblé?

    – Je pense que les Américains en Syrie auraient agi selon le scénario libyen. Les États-Unis et leurs alliés auraient interdit le vol de l’avion syrienne dans son propre ciel, et des frappes aériennes massives auraient détruit les défenses aériennes syriennes.

    Je dois dire, les systèmes de défense aérienne en Syrie sont bien équipés même aujourd’hui, même si plusieurs stations radar et des bases d’alerte précoce ont été capturés par les terroristes. Avant la guerre, le système de défense aérienne était composé de 22 bases d’alerte précoce, de 130batteries de missiles de défense aérienne, 4000 canons anti-aériens et plusieurs milliers de MANPADS. Cela a permis de créer un système de défense aérienne dense autour des principaux centres économiques, à la frontière avec Israël, dans la bande côtière.

    Tous cela aurait été détruit par les avions américains et les « Tomahawk », et en passant ils auraient pilonné les bases syrienne pour faciliter à l’opposition la prise du pouvoir à Damas. Bien sûr, dans ce cas, l’opération aurait impliqué l’US Navy, et les Français, je suppose, aurait envoyé leur seul porte-avions « Charles de Gaulle ».

    Je pense que les Américains, auraient envoyé en plus leurs forces spéciales en Syrie pour coordonner des attaques au sol.

    Un rôle particulier dans le cas de la fermeture de l’espace aérien syrien aurait été attribué à la Turquie. Même si Ankara n’aurait pas fourni de troupes pour prendre part à une opération terrestre, elle aurait volontiers accepté la demande de frappes aériennes massives contre des cibles militaires syriennes.

    « SP »: – Si l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne est maintenant vide de sens, pourquoi la Maison Blanche a-t-elle tenu une réunion sur le sujet?

    – L’administration Obama subit la pression de la Turquie et de l’Arabie Saoudite – l’introduction de la zone d’exclusion aérienne est principalement dans leur intérêt. Cette démarche permettrait de protéger les groupes de terroristes en Syrie, que les deux pays parrainent.

    Mais la question principale est que Washington, Bruxelles, Ankara et Riyad continuent d’espérer que la Russie ne réussira pas en Syrie. Je pense que si l’opération syrienne échoue, les Etats-Unis imposeront immédiatement une zone d’exclusion aérienne. Sans hésitation et sans délai.

    Toutefois, le président Vladimir Poutine a clairement indiqué que nous serons présents en Syrie tant que l’armée syrienne sera à l’offensive. Et combien de temps cela durera – c’est une question ouverte. Aujourd’hui, il est clair qu’il n’est pas question d’une blitzkrieg. Fondamentalement, en Syrie ce sont des batailles de position, et les grandes villes – Alep, Homs, Hama – ne sont toujours pas nettoyées des militants radicaux.

    Par exemple, tandis qu’à Alep les troupes syriennes soutenues par l’aviation russe avancent dans la banlieue sud, les militants de « l’Etat islamique » acquièrent de nouveaux territoires au nord. En conséquence, les rues de la ville divisée sont chaque jour le théâtre de combats, et on ne peut pas en prévoir la fin.

    Mais il est dans la nature de la machine militaire américaine d’avoir toujours un «plan A» et un «plan B». C’est justement de cela qu’il est question dans le rapport du New York Times. Washington tente de construire un plan pour répondre aux actions de la Russie en Syrie, et de prédire ses propres actions dans un avenir proche. Et les vives discussions à la Maison Blanche sur la question syrienne disent une chose – Barack Obama ne comprend pas très bien ce qu’il faut faire dans cette situation …

    – Si on décrète une zone d’exclusion aérienne, et interdit à tous les avions militaires de survoler la Syrie, il est difficile de comprendre qui va attaquer l’ « Etat islamique », – a dit le chercheur à l’Institut des problèmes de sécurité internationale Alex Fenenko. – Et surtout, on voit mal comment cette zone sera assurée.

    Je pense qu’il y a deux explications pour expliquer pourquoi la Maison Blanche discute de la question « sans vol ». La première option – la diplomatie américaine veut démontrer qu’elle ne reste pas les bras croisés – par dessus tout, à l’opposition syrienne. Pour démontrer qu’elle essaie même dans la situation actuelle de protéger les sunnites modérés. La seconde option – l’intention des États-Unis de créer des conditions préalables à une confrontation locale avec la Russie dans le ciel de la Syrie. Si nous acceptons la logique de la deuxième option – Washington agit tout à fait logiquement et correctement.

    « SP »: – Comment pourrait ressembler la deuxième option dans son développement?

    – Par exemple, les Américains ont introduit une zone d’exclusion aérienne, et affirment que les vols des avions militaires russes sont interdits en Syrie. Nous ne réagissons pas à cette interdiction – et il y a un conflit entre nos avions de combat. Soit les Américains peuvent fournir aux sunnites modérés des systèmes modernes de défense aérienne, et donc indirectement tester la « résistance » de nos avions.

    « SP »: – Dans ce cas, nous allons répondre de manière adéquate?

    – Bien sûr. Avons-nous un autre choix? À mon avis, non.

    « SP »: – Qu’est-ce qui retient Washington contre un tel scénario?

    – Tout d’abord, la présence d’ISIS. Tant l’introduction d’une zone d’exclusion aérienne, que la livraison de systèmes de défense aérienne signifiera : les USA soutiennent ouvertement l’ »Etat islamique » terroriste et sont effectivement leur allié. Washington ne peut pas s’y résoudre.

    À mon avis, les États-Unis ont sérieusement envisagé la possibilité de renverser le régime d’Assad selon le scénario de la Libye – avec la participation des porte-avions et les frappes de « Tomahawk » – jusqu’à août 2013. Maintenant cette option n’est plus considérée.

    « SP »: – Pourquoi?

    – En 2013, la situation a changé pour les Américains, et dans plusieurs directions. Tout d’abord, un allié clé, la Grande-Bretagne, a refusé d’aider les États-Unis pour l’opération syrienne. Cependant, Washington comptait beaucoup sur l’infanterie britannique pour l’offensive terrestre. Deuxièmement, en Syrie a commencé à se battre l’ »Etat islamique », ce qui a empêché les Etats-Unis de s’opposer ouvertement à Bachar al-Assad. Enfin, le troisième point, la situation en Syrie est ressemble maintenant à un mille-feuille : les zones occupées par les terroristes sont entrecoupées de zones contrôlées par l’opposition modérée. Dans ces conditions, par exemple, envoyer un « Tomahawk » – c’est inévitablement détruire, y compris les membres des groupes radicaux sunnites, qui sont soutenus par les Américains. Tout cela lie les mains de Washington.

    « SP »: – Vos prévisions : que va-t-il arriver?

    – Je n’exclue pas un scénario négatif en Syrie : peut-être allons-nous réellement vers un affrontement indirect Russie-Etats-Unis. Sinon – l’offensive aérienne russe va continuer contre l’ISIS, mais pour qu’elle soit réussie, la Russie doit augmenter considérablement le nombre d’avions de combat en Syrie …

     

 
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Publié par le octobre 26, 2015 dans Amérique, Asie, GUERRE et PAIX

 

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