RSS

Tadjikistan : la Russie et les pays d’Asie centrale réunis contre la menace de l’État islamique

04 Avr

Le Tadjikistan fait partie des pays qui me sont chers. J’y suis restée durant plusieurs semaines en 1985, pour écrire un chapitre d’un livre sur les femmes. J’y ai découvert à la fin de l’Union soviétique un peuple réellement attaché au communisme parce que cette nation avait été reconnue, sa langue persane restaurée et en général son autonomie par rapport à ses voisins turc de l’Ouzbékistan développée, sans parler de la situation des femmes arrachées à l’humiliation et l’obscurantisme. Son président récemment réelu (novembre 2014) Rakhmon, – dont le nom de famille était Rakhmonov jusqu’à sa décision en 2007 de supprimer la terminaison russe -, était directeur d’un sovkhoze pendant la période soviétique, et en 1990 il avait été élu député au Conseil suprême de la République socialiste soviétique du Tadjikistan. En 1992, après le début de la guerre civile au Tadjikistan – qui a opposé pro-communistes aux islamistes et démocrates entre 1992 et 1997 suite à l’indépendance du pays acquise en 1991 dans le contexte de la dislocation de l’URSS -, Rakhmon, soutenu par le Front populaire qui combattait les islamistes, était devenu président du Conseil suprême. Deux ans plus tard, il avait été élu au poste de président. On dit souvent que le tadijkistant est le Cuba de l’Asie centrale pour marquer cet attachement à l’UNion soviétique et au communisme du peuple. je pense que ce n’est donc pas un hasard si l’Etat Islamique faux ennemi des Américains et vraie marionnette fasciste de leurs allies saoudiens y pratiquent le terrorisme.  (note de danielle Bleitrach)

Moscou et Douchanbé ont signé un programme de modernisation conjointe des forces armées du Tadjikistan à l’été 2014

http://www.lecourrierderussie.com/2015/04/tadjikistan-russie-asie-centrale-menace-etat-islamique/


57

La carte de l’Asie centrale.l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), qui regroupe la Russie, la Biélorussie, l’Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, et le Tadjikistan. Crédits : LCDR

Le président tadjik Emomali Rakhmon, qui inaugurait la rencontre des ministres des affaires étrangères des États-membres de l’OTSC, a reconnu que « le terrorisme, l’extrémisme et le narcotrafic se développent extrêmement rapidement dans la zone de responsabilité de l’OTSC, exerçant une action destructrice sur la situation dans la région ». La situation en Asie centrale peut effectivement se tendre à tout moment – et le Tadjikistan occupe la position la plus vulnérable.

Douchanbé est confrontée à des menaces grandissantes, a rappelé le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov, « venant du sud, et liées à la dégradation de la situation en Afghanistan, où, à côté des groupes extrémistes traditionnellement présents (notamment le Mouvement islamique d’Ouzbékistan, le Mouvement islamique du Turkestan et Al Qaïda), on voit déjà apparaître l’État islamique ».

Les combattants de l’EI, qui ont conquis une série de districts syriens et irakiens et recrutent activement des partisans en Afghanistan, pénètrent déjà aussi au Tadjikistan. La frontière tadjiko-afghane, étendue (sur 1350 km environ) et mal contrôlée, éveillait déjà des craintes dans le passé : certains territoires qui la bordent du côté afghan sont entièrement contrôlés par les talibans. Aujourd’hui, les plus radicaux des talibans rejoignent l’EI, créant une menace pour toute l’Asie centrale, et par conséquent – aussi pour la Russie.

Les représentants des pays de l'OSCT. Crédits : MID

En 2013, les membres de l’OTSC s’étaient entendus pour fournir un soutien technique aux douaniers tadjiks qui protègent la frontière avec l’Afghanistan. Cependant, le 2 avril, le ministre des affaires étrangères tadjik Sirodjiddin Aslov s’est plaint que « l’état actuel de la situation sur cette question n’est pas satisfaisant » et a affirmé la nécessité de « mesures pratiques » plus actives, soit la fourniture d’armements et de véhicules de transport spécialisés, ainsi que de l’aide pour consolider les points de contrôle douanier. Jusqu’en 2005, cette frontière était protégée par des douaniers russes, avant d’être entièrement transférée sous la compétence de Douchanbé. La Russie, selon les sources diplomatiques de Kommersant, serait prête à renvoyer ses soldats à la frontière, mais il faudrait pour cela une demande officielle des autorités tadjikes. Qui n’a pas été formulée pour l’instant.

Dans le cas d’une montée soudaine de la tension – là aussi, à condition que les autorités tadjikes en fassent la demande –, on pourrait avoir recours aux militaires de la 201e  base russe (dont les garnisons sont stationnées à Douchanbé, Qurghonteppa et Kulob), ainsi qu’aux Forces collectives de réaction rapide de l’OTSC. À en croire le secrétaire général de l’OTSC Nikolaï Bordiouja, les sections du bloc n’auraient pas besoin de plus de 72 heures pour déployer l’ensemble de leurs forces dans une zone de conflit et ses alentours.

Les autorités tadjikes espèrent qu’il n’y aura pas de nécessité d’intervention militaire directe de l’extérieur, et comptent sur le fait que la Russie les aide à renforcer leur propre armée.

SergueÏ Lavrov et le président du Tadjikistan. Crédits : MID

Moscou et Douchanbé ont signé un programme de modernisation conjointe des forces armées du Tadjikistan à l’été 2014, mais le volume des fonds assignés demeure jusqu’à présent inconnu. Kommersant a appris que la Russie serait prête, au cours des prochaines années, à fournir au Tadjikistan un soutien militaire et technique pour un montant de près de 70 milliards de roubles (environ 1,23 milliard de dollars au cours actuel).

Les armements (depuis des équipements de communication, des armes de tir et des munitions jusqu’à de l’aviation, de l’artillerie et des systèmes de missiles) proviendront principalement des réserves existantes de l’armée russe. Les livraisons n’ont cependant pas encore commencé. Ce qui n’a pas empêché Sergueï Lavrov, en conclusion des négociations du 2 avril, d’assurer : « Nous avons confirmé notre dévouement dans l’exécution de nos obligations face au Tadjikistan dans le cadre du renforcement de ses capacités de défense, autant au niveau bilatéral qu’à celui des décisions de l’OTSC. »

 
1 commentaire

Publié par le avril 4, 2015 dans Asie, civilisation, extrême-droite

 

Une réponse à “Tadjikistan : la Russie et les pays d’Asie centrale réunis contre la menace de l’État islamique

  1. Michel Gourmel

    avril 6, 2015 at 10:37

    Les USA ont passé 15 ans en Afghanistan, assassiné des centaines de milliers de gens, dépensé 1.500 milliards US$ dans un pays ou le PIB avant guerre était e 5 milliards US$. (300 ans de PIB). Le prétexte était « combattre le terrorisme suite aux attentats du 11/09/01 ». Il semble que les USA aient fait tout le contraire de ce qu’on nous a dit dans la pensé unique. Les morts devaient être leurs ennemis et non les terroristes !

     

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :