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José Fort: les raisons de l’hystérique dénigrement du livre de Valérie Trierweiler

06 Sep

6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 13:01

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Le violent et unanime déferlement médiatique contre Valérie Trierweiler et son livre « merci pour ce moment » m’avait intrigué. Pourquoi une telle rage dans les commentaires ? J’étais décidé à ne pas ouvrir le livre ne voulant pas, comme toutes les bonnes âmes, sombrer dans le voyeurisme de l’intimité de l’alcôve et plaçant la « vraie » politique au dessus des ragots. Je m’alignais ainsi sur le politiquement correct, sur les défenseurs traditionnels de la sainte morale, sur l’hypocrisie ambiante permettant à partir d’extraits très limités de sortir la machine à détruire.

J’ai failli commettre l’erreur de ne pas ouvrir ce livre. En le refermant, je comprends mieux l’hystérique campagne de dénigrement contre Mme Trierweiler. Ce n’est pas seulement une femme bafouée, humiliée qui a écrit ces lignes sur « les cendres de son amour ». Il ne s’agit pas d’une vengeance, encore moins d’un règlement de compte. Ce livre qui aurait pu être intitulé « Le voyage d’une femme libre à l’Elysée » est une critique d’un chef d’Etat reniant ses engagements – « le changement a eu lieu. Pas celui que nous attendions »-, en pleine « dérive », érigeant des « murs qui finissent par s’abattre sur lui » et qu’elle « a vu se déshumaniser, jour après jour ». Cet ouvrage est aussi et surtout une charge implacable contre le système copains-copains entre politiques et journalistes (Christophe Barbier et la bande), contre la garde présidentielle rapprochée digne de l’époque monarchique, les retournements de vestes, les petits marquis aux « chaussures bien cirées », les menteurs, les petits calculs et les grosses embrouilles. Les Le Foll transformé en pitbull, Najat Belkacem rêvant de « puissance médiatique », Bartolone plus traître que lui tu meurs…

Valérie Trierweiler n’a pas oublié d’où elle vient : de la ZUP d’Angers, d’un milieu modeste et constate que « ce monde n’était pas fait pour moi ». Faudrait-il ne pas la croire, lorsqu’elle évoque un dîner dans sa famille et le commentaire de son compagnon déclarant « elle est quand même pas jojo la famille Massonneau » et en qualifiant les pauvres de « sans-dents ». Seulement de l’humour ? Faudrait-il ne pas la croire lorsqu’elle écrit que pour habiller ses enfants, elle sait aussi faire les soldes, qu’elle réserve sur internet des vacances à bas prix. Quant au « beau » monde, pour Valérie Trierweiler, c’est plutôt « un petit monde, bien jojo, bien bobo, au goût sûr et raffiné, où les convives sont célèbres, où tout le monde vote à gauche mais ne connaît pas le montant du SMIC. Chez moi, pas besoin de notes rédigées par des conseillers pour le savoir, il suffit de regarder en bas de la fiche de paie. »

Alors qu’elle vient d’être répudiée, son « meilleur souvenir des 20 mois passés à l’Elysée reste une sortie à Cabourg avec 5000 enfants du Secours populaire » et la visite de Julien Lauprêtre qui l’a aidée « à me remettre en marche ».

Valérie Trierweiler n’a pas oublié « le baiser de Limoges ». Comme d’autres, hommes et femmes, elle a vécu et vit l’épreuve de la rupture. Pas seulement. Elle qualifie son livre de « bouteille à la mer ». Elle témoigne surtout et depuis l’intérieur des pratiques du pouvoir et de ses serviteurs.

José Fort

 
6 Commentaires

Publié par le septembre 6, 2014 dans Uncategorized

 

6 réponses à “José Fort: les raisons de l’hystérique dénigrement du livre de Valérie Trierweiler

  1. jehaislescookies

    septembre 6, 2014 at 2:40

    j’ai quand-même des doutes sur le caractère évangélique de Madame Trierweiler, quelqu’un qui a eu l’occasion des les voir vivre déclare :
    «  »Je me souviens avoir plusieurs fois croisé le couple Trierweiler-Hollande à L’Isle-Adam (95), là où elle demeurait avant les présidentielles de 2012. Ils venaient y passer des week-ends dans la maison cossue qu’elle avait récupérée de son divorce, et qui aurait d’ailleurs du leur valoir de payer l’ISF si l’administration fiscale avait fait son boulot en additionnant les biens de ce couple « notoire », ce qui n’a jamais été le cas…
    La plupart du temps, c’était quand elle le trainait pour faire les courses afin de jouer à MR et Mme Tout le monde (y compris chez CARREFOUR où c’est elle qui remplissait le caddie pendant que lui errait perdu dans les rayons, étudiant les prix et la composition des produits comme s’il préparait un examen type « questions de Bourdin »).
    Des deux, c’est incontestablement elle qui paraissait la plus hautaine, avec des allures de grande bourgeoise prétentieuse et pleine de fric. Lui ne ressemblait à rien avec ses tenues de sous-prefet et ses pompes Scholl, et c’est toujours elle que l’on repérait en premier, non parce qu’elle était connue mais parce que son allure de poule de luxe du 8eme était parfaitement décalée sur les bords de l’Oise à 50 km de Paris.
    Je n’ai jamais vu Massoneau-Trierweiler sourire : une vraie porte de prison. Lui s’illuminait dès qu’un pékin le reconnaissait et lui demandait un autographe ou un selfie. Enfin s’illuminait…disons qu’il prenait l’air stupide qu’on lui connaît si bien et qui le fait vraiment ressembler à sa marionnette.
    Un samedi matin, Massoneau-Trierweiller s’est retrouvée derrière moi dans la file d’attente chez le boucher. C’était pendant la campagne présidentielle. Elle était arrivée à vélo pour faire écolo, un beau vélo tout neuf sortant de son emballage avec une selle même pas réglée et avec lequel elle roulait maladroitement sur les trottoirs en emmerdant les piétons. Ridicule une fois ! Attifée comme une princesse sortant de l’avenue Montaigne, elle a trouvé le moyen de garder ses immenses lunettes de soleil griffées dans cette boutique de village fréquentée par des gens simples et ordinaires, et elle a passé son temps à lire LE MONDE avec un air d’intellectuelle absorbée. Ridicule deux fois. Il était évident qu’elle n’avait pas l’habitude. Ils ne donnaient pas le sentiment d’un couple sincère, amoureux et épanoui. « 

     
  2. Helene

    septembre 6, 2014 at 7:31

    Mme Trierweiler lorsqu’elle relate ce qu’elle a vu, signe de son nom, elle ! C’est qui « quelqu’un » ?

     
  3. Teillas

    septembre 7, 2014 at 7:42

    une chose de sure, tous autant que vous étés, critique ou pas, elle peut être fier de vous car vous lui faites une sacré publicité pour son livre.

     
  4. Rabouillet

    septembre 7, 2014 at 7:48

    500 000 euros d’avance!!! pour un homme « de gauche » ça peut quand même faire réfléchir…combien de « smiquards »?

     
  5. Lunesoleil

    septembre 8, 2014 at 12:32

    Il fallait s’y attendre d’une manière ou d’une autre aux rebondissement spectaculaire de Valérie Trierweiler n le contraire nous aurait étonner …
    Attendons la suite ❤

     
  6. Georusse

    septembre 13, 2014 at 9:32

    J’avais eu exactement le même conditionnement, tel qu’il l’introduit dans son premier paragraphe, que l’auteur de cette remarquable critique.

    Et j’ai exactement les mêmes conclusions.

    Valérie Trierweiler n’a pas oublié « le baiser de Limoges ». Comme d’autres, hommes et femmes, elle a vécu et vit l’épreuve de la rupture. Pas seulement. Elle qualifie son livre de « bouteille à la mer ». Elle témoigne surtout et depuis l’intérieur des pratiques du pouvoir et de ses serviteurs.

    Et c’est tout à fait exact. Et c’est ce qui explique cette hystérie ! BIEN VU. FORMIDABLE !!!

     

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