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Ils ne veulent pas quitter le Donbass…

25 Juin

A statue of Lenin in front of a pro-Russian barricade in Slaviansk, Ukraine
23 juin

« Je suis du Donbass et je ne partirai pas d’ici ». Malgré les tirs et les bombardements, les habitants des républiques de Novorossia dressent des plans pour l’avenir
Свободная Пресса 18/06/14

A statue of Lenin in front of a pro-Russian barricade in Slaviansk, Ukraine

Il circule beaucoup d’informations et de jugements, parfois diamétralement opposés, sur les républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk. Et l’observateur lambda a souvent du mal à comprendre ce qui se passe réellement au Donbass et quel destin attend cette région. Les conclusions auxquelles nous sommes parvenus après quatre jours passés dans les régions de Lougansk et Donetsk diffèrent fortement de l’image que nous nous étions forgée sur la base des informations chaotiques fournies par les médias.

Les autorités de Novorossia

Les institutions des républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk, malgré l’encerclement militaire, prennent forme peu à peu. Le trait distinctif des nouveaux organes de pouvoir tient au fait ce que la majorité écrasante des habitants ont l’intention d’étendre leur expérience aux autres régions d’Ukraine. Ils leur proposent non seulement de se débarrasser de la junte de Kiev, mais aussi, ce qui est bien plus important, un nouveau projet de développement, sans oligarques et avec un véritable pouvoir du peuple.

En vérité, on peut présenter la vie aujourd’hui au Donbass comme une parfaite illustration des idées des théoriciens de l’anarchisme Bakounine et Kropotkine. Le grand bâtiment de l’administration régionale de Lougansk est pratiquement vide, il n’y a personne non plus dans le grand immeuble de la mairie, et c’est pareil dans les locaux administratifs des autres villes de la région. Il en est de même dans la région de Donetsk. Auparavant, tous ces bureaux étaient remplis de fonctionnaires. Des chefs de cabinet, des vice-directeurs de départements, des chargés de mission, des secrétaires, des experts en tous genre, leur est légion. Tous recevaient un salaire des fonds publics, et tous certainement s’enorgueillissaient de leur importance. A présent ils ont fui chacun de leur côté, et la vie ne s’est pas arrêtée pour cela. Les hôtels et les cafés poursuivent leur activité, les magasins offrent leur assortiment habituel. Les prix n’ont pas augmenté. Même en tenant compte du fait que la grivna a beaucoup baissé par rapport aux autres devises. De plus de nombreux produits sont infiniment moins chers qu’en Russie. Tous les services publics continuent de fonctionner, les rues sont nettoyées, même les gazons sont arrosés, le transport urbain et interurbain a été réduit mais continue de circuler. Les clients des hôtels sont accueillis par un personnel courtois, et même dans les chambres les moins chères on dispose gratuitement d’Internet. On célèbre des noces, on va en boîte de nuit et au karaoké. Il est vrai que l’on ne voit pas de foules se promenant tard le soir dans les rues, et que la plupart des commerces ferment tôt dans le centre de Lougansk. Mais dans l’ensemble, nous insistons sur ce point, tout continue de fonctionner.

La milice aussi a pratiquement disparu. On ne rencontre plus que des agents de la circulation automobile qui ont aussi pour fonction de prévenir les conducteurs en cas de tirs sur la route. Et malgré cela la criminalité n’a pas augmenté. « Personne ne va me voler, ça ne se fait pas chez nous », – nous dit Youri, notre conducteur, alors que nous nous étonnions qu’il ne ferme pas sa voiture à clé. Il nous a conduits du centre de Donetsk à une gare routière située en banlieue. Nous sommes passés devant les locaux vides des Services de Sécurité. « Les tchékistes sont tous rentrés chez eux. Nous n’avons pas besoin de ces agents spéciaux, seuls des salopards faisaient ce genre de travail, ils rackettaient les petits entrepreneurs », – affirmait Youri.

De retour en Russie, nous avons nettement ressenti l’atmosphère de restrictions : les babouchkas vendeuses de beignets avaient été chassées des gares et on ne trouvait à acheter que des chips à un prix exorbitant, sur chaque quai circulaient des policiers qui faisaient la chasse aux fumeurs. Pas étonnant dans ces conditions que des simples ouvriers de Novorossiysk qui avaient pris le train avec nous pour Moscou déclarent qu’au Donbass, c’est « le pouvoir du peuple ». Le projet social proposé par les républiques populaires semble de prime abord très attractif. Le programme d’organisation future a été imprimé et distribué dans un journal gratuit. Nationalisation des grandes entreprises industrielles, formation du pouvoir sur la base de soviets, on croit lire Lénine. Le plus étonnant est que ce programme n’a pas été rédigé par les héritiers idéologiques du grand dirigeant révolutionnaire, mais par les membres locaux du club d’Izborsk [cf. Prokhanov] : des popes orthodoxes, des professeurs aux idées conservatrices.

Dans l’immédiat, les nouvelles autorités ont décidé de ne nationaliser que les entreprises qui refuseraient de payer leurs impôts à la République Populaire de Donetsk. On souhaite utiliser le savoir le savoir-faire des entrepreneurs pour servir les intérêts du nouvel Etat. En effet, personne ne veut voir disparaître les signes de vie normale que sont les cafés, les magasins et les transports qui fonctionnent. Et la nouvelle administration n’a nullement l’intention de donner l’image d’une situation catastrophique.
L’un des plus grands problèmes des nouvelles républiques est l’absence d’un système bancaire propre. Les impôts, les loyers du secteur locatif public tombent toujours dans les poches de Kiev. D’autre part, il est extrêmement compliqué pour les gens d’emprunter ou de changer de l’argent. Si dans les deux capitales provinciales, Donetsk et Lougansk, ça peut encore aller à peu près, dans les petites villes c’est devenu un véritable problème. « J’ai besoin d’argent pour envoyer ma famille en Russie. Des parents de la région de Rostov m’ont envoyé 700 dollars. Il m’a fallu faire trois villes avant de pouvoir récupérer l’argent, et encore seulement 400 grivnas (environ 1200 roubles) », – s’est plaint à nous un homme jeune prénommé Nicolas près d’une banque à Sverdlovsk.
En parlant avec les gens, on comprend que les nouvelles autorités ne font pas l’unanimité autour d’elles. « Il y a des gens bien dans le nouveau gouvernement, mais aussi pas mal de vauriens qui n’ont jamais rien fait d’utile dans leur vie. La pire des calamités, c’est les gens des oligarques. J’ai peur que nous ne retombions en leur pouvoir. Mais d’un autre côté personne n’a jamais renoncé de son plein gré ni au pouvoir ni à l’argent », – nous a confié Piotr, le vendeur.
Alexis le chauffeur est plutôt sceptique vis-à-vis de la composition du nouveau gouvernement, mais il considère qu’il est trop tôt pour les vouer aux gémonies. « Quoi qu’on en dise, ce sont des gens qui au moment critique ont pris leurs responsabilités », – dit Alexis. La plupart des gens ont une bonne opinion sur l’ancien « gouverneur populaire » de la Région de Donetsk, aujourd’hui président du parti « Novorossia », Pavel Goubarev. « Il a toujours défendu les intérêts du peuple, il vient du parti de Nathalie Vitrenko. C’est quelqu’un d’honnête qui ne se compromettra pas avec les oligarques dans le dos du peuple ».
Sur l’avenir des jeunes républiques, les gens sont partagés. « Il faut aller plus loin, créer la république de Novorossia, il est temps de séparer l’ouest et l’est de l’Ukraine. Cela fait 23 ans que l’on nous impose cette ukraïnisation, les enfants sortent de l’école à moitié analphabètes, car tout l’enseignement est en patois. Les gens de Lvov peuvent vivre comme ça leur chante, mais qu’ils nous laissent tranquilles », – nous dit un des commerçants de Rovenka dans la région de Lougansk. « Les Russes n’ont pas le droit d’abandonner les leurs. L’Ukraine va vers un défaut de paiement, la junte ne pourra pas tenir. Et nous pourrons alors libérer les Russes. Pas seulement à Zaporojie ou Odessa. Il y a beaucoup de Russes à Kiev aussi, et on ne peut pas laisser tomber les 20% de russophones vivant à Lvov. Si la Russie fait entrer ses troupes, la société ukrainienne qui a subi un lavage de cerveau va se ressouder contre l’agression extérieure. Et alors il n’y aura des républiques populaires qu’au Donbass. Nous devons nous-mêmes libérer le pays », – estime l’ingénieur Alexandre dont nous avons fait la connaissance sur la place centrale de Lougansk.
Mais le point sur lequel tout le monde s’accorde est qu’il sera impossible de réintégrer l’Ukraine. « L’idée même de « Sud-Est » ne me plaît pas, nous ne sommes pas le sud-est de l’Ukraine, nous sommes un pays à part, la Nouvelle Russie », – dit un garçon à sa petite amie sur les quais du Kalmious à Donetsk.
En même temps les gens ont peur des bombardements massifs dans les villes. Certains abandonnent tout et s’enfuient, d’autres restent pour protéger leurs biens ou pour se battre dans les groupres d’autodéfense, mais nous n’avons rencontré aucun partisan d’un retour dans le giron de Kiev. « Je suis de Donetsk et je ne partirai pas d’ici, j’ai travaillé toute ma vie ici. Regardez comme notre ville est belle et bien entretenue, nous y avons mis toutes nos forces », – nous dit le chauffeur de taxi qui nous a conduit au centre de la capitale de Nouvelle Russie.

L’aide russe

Le Donbass attend l’aide de la Russie. Les gens disent ouvertement qu’ils n’ont pas d’autres espoirs. Il y a ceux qui considèrent que la Fédération de Russie doit les défendre avec toute la force de sa puissance militaire. 3on a l’impression qu’ils nous laissent tomber. Les chefs à Moscou sont incroyablement mous. Ils ne font que marchander avec Yatseniuk sur le gaz, jouer à des jeux diplomatiques incompréhensibles, et nous on est là sans armes, à attendre qu’on nous extermine », – s’indigne Dmitri de Krasny Loutch.
Mais cette opinion n’est pas déterminante. La plupart des gens avec qui nous avons discuté ont un grand respect pour la Russie et pour ses dirigeants. Tous remarquent les efforts de la Russie pour venir en aide aux réfugiés. Beaucoup trouvent place dans des maisons de vacances, certains sont hébergés chez des proches, et d’autres sont reçus par des familles de bénévoles. C’est une chose que l’on sait apprécier au Donbass.
En ce qui concerne l’aide militaire, beaucoup sont convaincus qu’elle existe. « Il y a de nombreux combattants volontaires avec nous. Des Tchétchènes, comme on aime à le répéter à Kiev, mais encore plus d’Ossètes. Il y a plusieurs dizaines d’anciens militaires ou policiers des forces spéciales qui sont arrivés d’Israël. D’Italie aussi. C’est comme des Brigades Internationales. Nous accueillons tout le monde avec reconnaissance », – raconte Constantin dont nous avons fait la connaissance à Donetsk.

Les forces d’autodéfense et les opérations militaires

De plus en plus de gens s’inscrivent chaque jour dans les forces d’autodéfense. « Chaque combat nous amène des nouvelles recrues qui veulent se battre contre la junte », – nous raconte un des gars sur la place devant le bâtiment de l’administration provinciale de Donetsk. D’après ses dires, les gens qui s’inscrivent sont de tous milieux sociaux : métallos, ingénieurs, mineurs, chauffeurs, commerçants, hommes d’affaires, économistes, juristes. Il y a même des coiffeurs et des restaurateurs.
Il y a des points de contrôle pratiquement aux entrées de chaque ville. Dans la plupart des cas, ce sont des entassements de pneus, de blocs de béton, parfois même des tas de charbon. A côté est dressée en général une petite tente pour protéger la vaisselle et les victuailles. Ils sont gardés par une dizaine de personnes, pas plus. Les défenseurs ont des fusils de chasse, parfois des kalachnikovs, mais la majorité est sans armes. Et tous ne sont pas en tenue de camouflage, beaucoup montent la garde dans leurs habits ordinaires, seuls les rubans de Saint George montrent leur appartenance aux forces d’autodéfense.
On comprend bien qu’avec de telles recrues il est impossible d’arrêter l’armée ou les combattants suréquipés de la garde nationale. « Dès que ça commence à tirer, les défenseurs se dispersent. Ils ne vont pas se battre sans armes », – nous explique un jeune qui voyage avec nous en minibus.
Néanmoins, les opérations militaires ne s’interrompent jamais. Notre autobus qui fait la ligne Rovenki-Anthracite fait un brusque demi-tour. Le chauffeur nous dit que les conducteurs des voitures qui venaient en face lui avaient fait des signes. Des signes que tout le monde comprend : des tirs ont lieu sur la route et il vaut mieux changer d’itinéraire. Il nous est arrivé la même chose en quittant Donetsk : des combats se déroulaient dans un village voisin. Les chauffeurs de taxi qui vont d’une ville à l’autre ont beaucoup d’histoires de ce genre à raconter.
Bien qu’il y ait aussi bien sûr beaucoup de rumeurs. Sur des tireuses d’élite lettonnes, sur des bataillons entiers de mercenaires anglophones à Marioupol. Il ne faut pas croire tout ce que l’on entend. Mais il est clair que la population est très inquiète. Après les bombardements aériens à Lougansk on peut s’attendre à tout de la part de Kiev.
Un aspect curieux sur le Donbass d’aujourd’hui : il suffit de parler des opérations militaires et des bombardements pour que la conversation dérive imperceptiblement vers la grande politique. Des gens de toutes professions, de tout niveau social confondu discutent à perte de vue sur le sujet de l’intégration européenne. Et ils s’accordent sur une chose : le Donbass n’a pas besoin de l’UE, il faut se rapprocher de la Russie et de l’Union douanière. L’ennemi principal est l’Amérique, responsable des guerres en Yougoslavie, en Libye, en Syrie, et maintenant en Ukraine. Quant au président Porochenko, il n’est qu’une marionnette de l’Occident. Chose étonnante : tant les travailleurs aux cheveux coupés ras et les mineurs, que les intellectuels et professions libérales, tous ont pris part au référendum et s’occupent aujourd’hui activement de politique.

La frontière et les réfugiés

Les forces d’autodéfense ont décidé en toute logique de prendre le contrôle de la frontière avec la Russie. Ils y ont particulièrement réussi dans la Région de Lougansk. Les postes de contrôles ici sont bien plus solides qu’aux entrées de la ville. Chaque point rassemble un minimum de cent personnes, dont beaucoup armées de kalachnikovs. Bien qu’il y en ait aussi sans armes ou avec de simples fusils de chasse. En général, ils ne posent aucune question aux automobilistes qui traversent la frontière dans l’un ou l’autre sens, et ne vérifient même pas les papiers.
A présent la Garde Nationale, comprenant l’importance stratégique du contrôle des frontières, essaie de reprendre le contrôle des points de passage. Le lendemain de notre arrivée, les combattants de Yarosh ont repris le poste frontière de Novoborovtsy.
Après avoir parcouru la moitié du Donbass et séjourné dans les deux capitales, Donetsk et Lougansk, nous sommes repartis pour Sverdlovsk, qui se trouve à proximité, de l’autre côté de la frontière. Nous avions l’intention de retraverser la frontière en sens inverse au même endroit que la première fois, quand nous avions quitté la Russie. Nous avons convenu d’un prix avec le chauffeur et pris place dans le taxi. Mais trois ou quatre kilomètres avant la frontière nous nous sommes heurtés à la Garde Nationale. A environ 600 mètres de distance nous avons aperçu sur la route deux blindés et un tank. Il a fallu faire brusquement demi-tour. Une rafale de mitrailleuse partit de la tourelle. Je ne sais pas s’ils tiraient sur nous ou si ce n’était qu’un coup de semonce et s’ils tiraient en l’air. Je penche plutôt pour la deuxième solution. Il nous a fallu rejoindre le village voisin de Krasnopartizansk pour atteindre enfin Goukovo, en Russie.
Mais à la sortie de Krasnopartizansk nous attendait une nouvelle péripétie. Des membres des groupes d’autodéfense, sans armes, faisaient ralentir toutes les voitures à un kilomètre environ de la frontière. D’après leurs dires, les garde-frontières du côté russe étaient en train de délivrer des laisser-passer pour trois autocars remplis d’enfants réfugiés. Un bouchon s’était formé. Des voitures partout, pleines de monde. Des enfants, des mamans, des vieilles femmes. Certains voulaient quitter leur voiture et passer à pied, portant de lourds sacs sur leurs épaules.
Mais les groupes d’autodéfense n’autorisaient sous aucun prétexte les gens à passer à pied. En effet, il était fort possible que des tireurs embusqués prennent pour cible la zone frontalière. Les blindés de la Garde Nationale pouvaient débouler à Krasnopartizansk d’un moment à l’autre. Il nous était bien sûr impossible de nous attarder. Nous partîmes à pied. D’abord jusqu’au poste frontière de l’autodéfense, puis encore 600 mètres à travers le no man’s land. Une expérience plutôt éprouvante, qui ne prit fin qu’au moment où enfin nous atteignîmes le poste frontière russe. Un officier du FSB nous interrogea plus d’une heure dans son bureau. Mais ce n’était que des broutilles. Nous nous sentions en sécurité.
Le malheur est que l’armée ukrainienne et la garde nationale ne laissent pas les réfugiés quitter le pays. D’un côté, les autorités de Kiev recommandent sans cesse aux habitants des régions de Lougansk et Donetsk qui vivent sous la peur des bombardements et des balles de quitter la zone où se déroule la soi-disant « opération anti-terroriste ». Et d’un autre côté, le même gouvernement ukrainien empêche les gens de sortir du pays. On ne peut passer que là où la frontière est contrôlée par les forces d’autodéfense. Mais à cause du rétrécissement de la zone et de la situation changeante, le passage devient de plus en plus problématique.
C’était un spectacle déchirant de voir les gens se dire adieu au poste frontière. La plupart du temps, les femmes et les enfants partaient pour la Russie, tandis que les hommes repartaient d’où ils étaient venus, à la guerre.

source: http://kpucrimea.org/ya_iz_donbassa_nikuda_ne_uedu_zhiteli_respublik_novorossii_dazhe_pod_obstrelami_i_bombezhkami
(site du PCFR Simféropol, reprise d’un article de Svobodnaia pressa)

 
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Publié par le juin 25, 2014 dans Uncategorized

 

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