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La rencontre Chine-Russie: retour vers la guerre froide par pepe Escobar(2)

21 Mai

4traduit pour histoire et société par DB)

Malgré de récentes difficultés financières sérieuses, les pays BRICS travaillent consciemment pour devenir un contre-pouvoir face à l’original et – après avoir en mars organisé en Russie – un nouveau groupe de 7 ou G-7. Ils désirent créer une architecture mondiale pour remplacer celle imposée à la suite de la seconde guerre mondiale. Ils se voient comme un défi potentiel, à l’exception et à un monde unipolaire, qui imagine Washington comme notre avenir (lui-même comme le robocop mondial) et l’OTAN comme la robo-police. Historien et pom-pom girl de l’imérialisme , Ian Morris, dans son livre « La guerre ! pourquoi c’est-ce bien ? », définit les États-Unis comme l’ultime « policier » et « l’ultime grand espoir de la terre ». Si ce policier  » fatigue dans son rôle », écrit-il, »il n’y a pas de plan B ».

Eh bien, il y a un plan de bric – ou du moins les nations BRICS se plaisent à le penser. Et quand les BRIC agissent en ce sens sur la scène mondiale, ils provoquent rapidement un curieux mélange de peur, d’hystérie et de bellicisme dans l’Establishement de Washington.

Prenez Christopher Hill par exemple. L’ancien aide du secrétaire d’État de l’Asie orientale et l’ambassadeur américain en Irak est maintenant un conseiller del’Albright Stonebridge Group, un cabinet de conseil profondément lié à la Maison Blanche et au Département d’État. Quand la Russie était dans la dèche? Hill s’est pris à rêver d’une Amérique hégémonique « le nouvel ordre mondial ». Maintenant, les Russes ingrats ont rejeté ce que « l’Ouest offre » – c’est-à-dire « statut spécial avec l’OTAN, une relation privilégiée avec l’Union européenne et le partenariat dans les relations diplomatiques internationales »- occupés comme ils le sont, selon lui, à tenter de faire revivre l’Empire soviétique. Traduction : Si vous n’êtes pas nos vassaux, vous êtes contre nous. Bienvenue dans la guerre froide.

Le Pentagone a sa propre version en ce sens non pas tant pour la Russie que pour la Chine, qui, a aussi sa réflexion sur la future guerre , elle est déjà en guerre avec Washington d’un certain nombre de façons. Si ce n’est pas apocalypse now, c’est Armageddon demain. Et il va sans dire que tout ce qui se passe mal, l’administration Obama très publiquement le « retourne » contre l’Asie et les médias américains sont remplis d’analyse sur la reprise de la guerre froide, le « confinement politique » dans le Pacifique, toute est de la faute de la Chine.

Incorporés dans l’élan fou vers la deuxième Guerre froide, quelques faits en sont risibles sur le terrain : le gouvernement américain, avec 17.5 trillions de $ dans sa dette nationale envisage une épreuve de force financière avec la Russie, le plus grand producteur d’énergie mondial et une puissance nucléaire majeure, comme il promeut aussi un encerclement militaire économiquement insoutenable de son plus important créancier, la Chine.

La Russie possède un excédent commercial assez important. Les énormes banques chinoises n’auront aucune peine à aider les banques russes si les fonds Occidentaux s’épuisent. En termes de coopération inter-BRICS, peu de projets battent celui d’ un oléoduc de 30 milliards de $ dans les projets de planification qui relieront la Russie à l’Inde via le Nord-ouest la Chine.

Les entreprises chinoises discutent déjà avec fébrilité la possibilité de participer à la création d’un corridor de transport de la Russie à la Crimée, ainsi qu’un aéroport, chantier naval et terminal de gaz naturel liquid .

Et il y a une autre enjeu « thermonucléaire » en gestation : la naissance d’un équivalent de l’Organisation des Pays exportateurs de pétrole pour les exportateurs de Gaz qui inclurait la Russie, l’Iran et ce qui aurait provoqué, à ce qu’on dit, le mécontentement des USA face à leurs allié, le Qatar.

Le plan à long terme de BRIC (informulé) prévoit la création d’un système économique alternatif mettant en vedette un panier de devises convertible à l’or qui contournerait l’actuel système financier mondial Américano-centrique. ( Il n’est Pas étonnant que la Russie et la Chine amassent autant d’or qu’ils le peuvent.) l’euro – une monnaie saine soutenue par des grands marchés obligataires liquides et des réserves énormes d’or – serait bienvenue aussi.

Ce n’est aucun un secret à Hong Kong que la Bank of China a utilisé un réseau parallèle de SWIFT pour effectuer tout type de commerce avec Téhéran, qui se trouve sous un régime de sanctions lourdes US. Avec Washington brandissant Visa et MasterCard comme armes dans une campagne économique croissante de type deuxième guerre froide contre la Russie, Moscou s’apprête à mettre en place un système alternatif de paiement et de carte de crédit non réglementé par la finance occidentale. Une voie encore plus facile serait d’adopter le système chinois Union Pay, dont les opérations ont déjà dépassé American Express en volume global.

Je pivote juste sur moi-même

Aucune poussée de l’administration Obama « pivotant » vers l’ Asie pour contenir la Chine (et menace de contrôle par Marine américaine des voies de navigation maritime énergétique de ce pays) n’est susceptible de pousser Beijing loin de sa stratégie inspirée par Deng Xiaoping, qui se décrit comme un « développement pacifique » destiné à la transformer en une puissance mondiale du commerce.

Ce ne sont pas le déploiement en avant de troupes américaines ou de L’OTAN en Europe de l’Est ou d’autres actes de guerre froide qui peuvent détourner Moscou de son numéro d’équilibriste prudent : l’assurance que la sphère d’influence de la Russie en Ukraine reste forte sans mettre en péril les relations commerciales aussi politique, avec l’Union européenne – par-dessus tout, avec le partenaire stratégique l’Allemagne.Il s’agit du Graal de Moscou ; une zone de libre échange, de Lisbonne à Vladivostok, qui (pas par hasard) se reflète dans le rêve de la Chine d’une nouvelle route de la soie vers l’Allemagne.

De plus en plus circonspect par rapport à Washington, Berlin pour sa part abhorre la notion d’une Europe paralysée par une deuxième Guerre froide . Les leaders allemands ont d’autres problèmes à résoudre, y compris celui de tenter de stabiliser une UE vacillante en repoussant l’écroulement économique en Europe centrale et au sud et l’avance de partis de plus en plus extrêmistes de droite.

De l’autre côté de l’Atlantique, le Président Obama et ses hauts fonctionnaires montrent tous les signes de leur enchevêtrement dans leurs propres pièges – en Iran, en Chine, dans les régions limitrophes orientales de la Russie et (sous le radar) en Afrique. L’ironie de toute ces manoeuvres militaires est d’abord qu’elle aide en réalité Moscou, Téhéran et Pékin à développer leur propre choix stratégiques dans l’Eurasie et ailleurs, comme on le voit en Syrie, ou crucialement avec toujours plus d’offres énergétiques. Ils aident également à cimenter le partenariat stratégique croissant entre la Chine et l’Iran. Le Ministère implacable de la narration de la Vérité à la mode de Washington ignore maintenant soigneusement le fait que, sans Moscou, « l’Ouest » ne se serait jamais assis pour discuter un accord nucléaire final avec l’Iran ou obtenu un accord de désarmement chimique de Damas.

Lorsque les différends entre la Chine et ses voisins en mer de Chine du Sud et entre ce pays et le Japon sur les îles Senkaku/Diaoyou font écho à la crise de l’Ukraine, la conclusion inévitable sera que la Russie et la Chine considèrent leur régions limitrophes et leurs voies maritimes, comme des propriétés privées et qu’ils ne sont pas va prendre tranquillement les défis – que ce soit via l’élargissement de l’OTAN, l’encerclement militaire US, ou les boucliers antimissiles. NI Beijing, ni Moscou ne s’inclinent devant les formes habituelles d’expansion impérialiste, malgré la version des faits désormais servis aux publics occidentaux qui soigneusement ne tient pas compte du fait que, sans Moscou, l' »ouest » ne se serait jamais assis pour discuter d’un accord final nucléaire avec l’Iran ou obtenu un accord de désarmement chimique de Damas… Leurs « lignes rouges » restent essentiellement défensives , peu importe les fanfaronnades.

Tout ce que Washington peut vouloir ou craint ou essaye d’empêcher, la situation sur le terrain suggère que, dans les années à venir, entre Beijing, Moscou et Téhéran l’union ne fera que croître plus étroitement, lentement mais sûrement, un nouvel axe géopolitique en Eurasie. Pendant ce temps, une Amérique déconcertée semble être ni en mesure ni apte à freiner la déconstruction de son ordre mondial unipolaire, tout en offrant les BRIC une véritable fenêtre d’opportunité pour essayer de changer les règles du jeu.

La Russie et la Chine en mode pivot

Dans le domaine du groupe de réflexion de Washington, la conviction que l’administration Obama devrait se concentrer sur la relecture de la guerre froide à travers une nouvelle version de la politique de confinement pour « limiter le développement de la Russie comme une puissance hégémonique » est à l’ordre du jour. La recette : utiliser ses voisins des Etats baltes à l’Azerbaïdjan pour « contenir » la Russie. La seconde Guerre froide est assurée parce que, du point de vue des élites de Washington, la première n’a jamais été terminée.

Tout autant que les Etats-Unis peuvent lutter contre l’émergence d’un monde multipolaire, multi-propulsé, les faits économiques sur le terrain pointent régulièrement de tels développements. La question reste : est-ce que le déclin de la puissance hégémonique sera lente et raisonnablement digne, ou va-t-t-elle faire glisser le monde entier vers le bas avec elle dans ce qu’on appelle « l’option Samson » ?

Alors que nous regardons le spectacle se dérouler, avec aucune fin du jeu en vue, n’oubliez pas qu’une nouvelle force croît en Eurasie, avec l’alliance stratégique sino-russe qui menace de dominer en son cœur, ainsi que sur de grandes étendues dans ses zones limitrophes. Ca actuelllement, c’est un cauchemar avec des dimnsions Mackinderesques du point de vue de Washington. Pensez, par exemple, comment Zbigniew Brzezinski, l’ancien conseiller de sécurité nationale qui est devenu un mentor sur la politique mondiale au président Obama, le voit.

Dans son livre de 1997 Le Grand échiquier, Brzezinski a fait valoir que « la lutte pour la primauté globale [] continuerait à se jouer » sur l' »échiquier »eurasien, dont »l’Ukraine a été un pivot géopolitique ». « Si »Moscou reprend le contrôle sur l’Ukraine, écrivat-il alors, la Russie « automatiquement reprendra les moyens nécessaires pour devenir un puissant État impérial, couvrant l’Europe et l’Asie. »

Ce qui reste la raison d’être de la politique américaine d’endiguement impériale – européenne pour la Russie, « proche étranger » dans la mer de Chine méridionale. Pourtant, s’il n’y a aucune fin du jeu en vue, gardez un oeil sur la Russie pivotant vers l’Asie, la Chine, elle pivotant à travers le monde et les BRIC attelé au travail en essayant d’amener un nouveau siècle eurasienne.

Pepe Escobar is the author of Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), and Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009).

He may be reached at pepeasia@yahoo.com.

Posted with permission of TomDispatch. Follow TomDispatch on Twitter and on Facebook or Tumblr. Check out the newest Dispatch book, Ann Jones’s They Were Soldiers: How the Wounded Return From America’s Wars – The Untold Story.

 
 

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