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cela se passe comme ça dans « notre »Ukraine

21 Mai

4at

Blog d’Olivier Berruyer (mais pas que !)
http://www.les-crises.fr/ukraine-le-parti-communiste-en-voie-dinterdiction-son-leader-se-retire-de-la-presidentielle-et-est-victime-dune-violente-agression/

Analyse

[Ukraine] Le Parti communiste en voie d’interdiction, son leader se retire de la présidentielle qualifiant le gouvernement de “national-fasciste” et de “dictature nazie” en devenir, et est victime d’une violente agression…

“Ca se passe comme ça en Ukraine…” Tout roule !

Le Parti Communiste Ukrainien connait un renouveau dans l’Est du pays, il aurait même été surement devant le parti des régions en cas d’élections, comme nous l’apprend Jacques Sapir dans une émission sur Mediapart, que je conseille par ailleurs.

Pourtant du cote parlementaire, ce parti n’a jamais été autant en danger, ses ennemis veulent le faire interdire, mettre en prison les élus, voir même leur faire un grand procès.

Suivi des faits récents :

6 mai : Oleg Lyashko, que vous connaissez maintenant grâce a Les Crises, avait publie sur son Facebook cette déclaration :

Ma suggestion de supprimer la faction du parti communiste d’Ukraine de la salle a été votée. C’est un jour historique, j’espère que nous interdirons très bientôt ce parti de traitres.

Effectivement le même jour, le député du Parti Batkivshina (« Patrie » de Yulia Timoshenko et du president d’Ukraine Alexandre Turchynov), Alexandre Briginets écrit:

Conformément au règlement, la faction du parti Communiste a été retirée de la salle. En cause ont été les propos séparatistes de Simonenko. Ceci est la règle, et Lyashko a initié la procédure.

Il n’y a plus de communiste dans la salle.

Pour clarifier, le règlement dont il parle est celui en discussion quelques minutes avant l’expulsion par Oleg Lyashko.

Cette expulsion se base sur des propos tenus par le Premier Secrétaire du PC Ukrainien, Piotr Symonenko, le 15 avril, voici une traduction, tire du site officiel du PCUk :

La soi-disant opération antiterroriste que le pouvoir mène dans le Sud-Est n’est en fait rien d’autre qu’une guerre contre son propre peuple – a indiqué le leader des communistes ukrainiens, le responsable de la faction du parti communiste à la haute Rada d’Ukraine, Piotr Simonenko.

Piotr Simonenko a souligné que c’est la première fois dans l’histoire de l’Ukraine indépendante que le pouvoir utilise les forces armées contre des citoyens d’Ukraine, vivant dans l’Est et le Sud-Est, et dès le début réclamant la reconnaissance de la langue russe comme deuxième langue officielle dès le début de l’indépendance (ndt : de l’Ukraine en 1992?).

« Le pouvoir a lancé contre ses propres citoyens, réclamant la tenue d’un référendum sur la fédéralisation, réclamant l’élargissement des pouvoirs territoriaux, des tanks et des véhicules d’assaut. Le parti communiste dénonce une telle violence » a indiqué le leader du PCU.

Piotr Simonenko a ajouté que l’usage d’armes contre des citoyens d’Ukraine souhaitant défendre leurs droits légaux, est devenu possible dans le cadre d’un coup d’état perpétré par des national-fascistes. [NdT. : tiens, ils ne sont pas Démocrates, juste un peu plus à droite que les autres… ?]

« Depuis les premiers jours au pouvoir, le régime oligarcho-nationaliste n’a rien fait pour apaiser la situation, la stabilité et l’ordre au pays. Plus encore, toutes ses actions visaient à une discorde nationale, à effrayer l’opposition, à terroriser, à brûler et passer à tabac de gens »

(NdT :nous sommes le 15 avril, deux semaines avant Odessa)

« En résultat de cette politique de trahison, en résultat de la mise en place d’une idéologie néo-nazie, l’Ukraine a perdu la Crimée, et la situation socio-politique dans l’Ouest et le Sud-Ouest de l’Ukraine s’est brusquement détériorée » a dit le leader du PCU.

Au même moment, Piotr Simonenko a invité toutes les forces politiques vives/saines (NdT : les deux sont valables en Russe) et associations à soutenir l’initiative du PCU concernant la nécessité d’organiser un référendum sur une définition administrative et territoriale de l’Ukraine, et la transmission des pouvoirs les plus larges possibles aux les autorités locales.

« C’est seulement de cette manière que nous saurons préserver l’intégrité et l’unité de notre pays. » a dit Piotr Simonenko

Cette déclaration a alors été jugée comme séparatiste et donc illégale, ouvrant ainsi la voie à la purge réclamée par les radicaux de Kiev.

Le jour-même Svoboda enfonce le clou, via une déclaration de leur leader :

Le représentant de la faction Svoboda auprès de la Rada, Oleg Tyagnibok, annonce que le procureur général propose le retrait de l’immunité parlementaire de cinq nouveaux députés du parlement.

« Selon les informations du procureur général, sont en préparation les dossiers d’autres députés Ukrainiens, qui aujourd’hui soutiennent le séparatisme et les actions anti-ukrainiennes, et qui de ce fait doivent être défaits de leur immunité parlementaire, puis inculpés. Cela correspond à environ cinq députés Ukrainiens » a indiqué Tyagnibok

Selon ses dires, le procureur général annoncera sous peu le nom de ces députés.

Comme l’annonçait l’agence, le procureur général a initié une procédure contre le député du parti des Régions Oleg Tsarev.

Petit rappel : le procureur général est aussi un député de Svoboda. Nos journalistes français, depuis le début, s’évertuent a nous dire que Svoboda n’a aucun pouvoir réel dans le gouvernement, dans les faits ils dirigent les opérations militaires et la justice, une broutille pour nos journalistes.

Le lendemain 7 mai, le président d’Ukraine signe une loi pour autoriser cette chasse a l’élu. Les députés visés risquent le pénal, 12 ans de prison pour séparatisme.

L’étape suivante a été rapidement franchie : ils se posent la question de comment tout simplement interdire le parti, définitivement.

Il ya beaucoup de matériaux sur la complicité du PCUk à une organisation terroriste et les activités séparatistes – a dit lors de la réunion d’hier de la Verkhovna Rada le Président Oleksandr Turchynov. – J’ai demandé au ministère de la Justice d’examiner cette question et s’il existe des preuves, de déposer des documents concernant l‘interdiction du Parti communiste de l’Ukraine

Cette demande est appuyée par Oleg Lyashko, qui accuse les députés du parti communiste d’être “des prostitués de la Russie”, et les a accusé d’être responsable des morts de Mariupol – pourtant c’est ce même député qui appelait a ne pas faire de prisonniers.

Et la suite s’annonce terrible, un journaliste et historien Andrew Plahonin demande à faire un procès du communisme en général :

L’interdiction du Parti communiste (serait inutile) sans un nouveau procès de Nuremberg avec cette fois Lénine, Staline, et leurs successeurs, l’interdiction de l’idéologie communiste, la purge complète de l’ancien parti et des fonctionnaires

16 mai :

Déposé à la Rada : 4896, Projet de résolution sur l’élimination de la faction parlementaire “Parti communiste de l’Ukraine”, par deux députés du parti Patrie, le parti du président en place.

Le PCUk a annonce dans la foulée qu’il se retire des élections présidentielles, les jugeant illégitimes.

Quelques heures après, a la sortie d’une émission de télévision, Simonenko, ex candidat du parti communiste d’Ukraine, a subi une tentative d’agression, – une autre forme de purge, encore plus radicale.

Le communiqué ITAR-TASS :

KIEV, 16 mai /ITAR-TASS/ Le chef du Parti communiste ukrainien, Piotr Simonenko, candidat à la présidence de l’Ukraine lors des élections anticipées prévues pour le 25 mai, a déclaré vendredi qu’il abandonnait la course à la présidence.

« Il y a une guerre en Ukraine », a-t-il déclaré lors de débats télévisés sur la première chaîne de télévision nationale. « L’Ukraine est en train de perdre des territoires. La situation dans les régions de Donetsk et Lougansk est très difficile. Les oligarques ne se contentent plus de former des groupes de bandits, mais également des structures paramilitaires » .

« La lutte contre la dissidence et la censure ne peuvent mener qu’à une seule conclusion quant à ces élections : ces élections seront illégitimes et nous sommes confiants de cela », a-t-il souligné. « C’est pourquoi le Parti communiste a décidé de retirer ma candidature, nous faisons cela pour sauver l’Ukraine des ravages que nous connaissons actuellement. »

Dans un appel publié sur le site internet du Parti communiste ce vendredi, M. Simonenko déclare que la décision de retirer sa candidature de la course à la présidentielle avait été prise par le présidium du comité central du parti avec le consentement des dirigeants de toutes les organisations régionales.

« Dans les conditions d’effondrement du système d’application de la loi et devant les actes de bandits incontrôlables du Secteur droit et consorts, notre candidat, ses agents et ses bénévoles sont littéralement dans l’impossibilité de mener à bien la campagne électorale, non seulement dans les régions occidentales du pays, mais également dans les régions qui soutiennent traditionnellement notre parti », précise le communiqué. « Dans ces conditions, il est impossible d’organiser des élections normales, d’assurer la libre expression de la volonté des électeurs et de garantir des conditions égales pour tous les candidats. »

1
Rappel : Candidat en 1999, 2004 et 2010, Piotr Simonenko avait obtenu 23 % des suffrages au 1er tour en 1999, se qualifiant pour le second tour, où il perdit avec 39 % des voix :

Alors peut-être pourrait-on le croire quand il dit :

(Le 6 mai) Après que le parti communiste a été viré d’une séance de Verkhovna Rada :

“J’ai exigé une transmission en direct, afin que les gens puissent savoir, quelles mesures ont été prises et pourquoi la guerre est en cours et pourquoi on assassine les gens. Mais c’est n’est pas dans l’intérêt de ce régime national-fasciste qui a déclenché les massacres et maintenant par lâcheté essaie de cacher ses crimes à coup des séances fermées.”

“Il est clair que le régime national-fasciste montre son vrai visage.”

“Aujourd’hui nous avons discuté nos actions futures avec les députés du Parti des régions. Ils ont soutenu notre position sur le fait que les méthodes fascistes de l’organisation de travail sont arrivées au parlement. Demain nous présenterons au public notre projet commun – la création du “Front antifasciste“chez nous en Ukraine et l’unification des toutes les forces progressistes, afin d’arrêter la propagation de cette contagion en Ukraine.”

“Le groupe parlementaire du Parti communiste affirme : la dictature néonazie est en train de s’établir en Ukraine. La structure de l’État est détruite dans un but précis.”

(Source : KPRF)

Au sujet du projet de loi sur l’interdiction du Parti communiste :

“Au cours de l’Histoire, seuls les nazis ont interdit le Parti communiste. Et maintenant cette question se pose dans un pays qui se qualifie d’européen et civilisé.”

(Source : Komsomolua) (NB. : l’Allemagne l’était aussi en 1933…)

Un attentat a été commis contre Piotr Simonenko

Aujourd’hui le 16 mai, à la fin des débats télévisés sur la 1ère chaine nationale ukrainienne, le leader du Parti Communiste ukrainien Piotr Simonenko a été agressé devant le bâtiment du centre télévisé.

Dans son commentaire par téléphone à la chaîne “112 Ukraine”, Piotr Simonenko a raconté qu’à la sortie du bâtiment de la 1ère chaine nationale des inconnus l’attendaient.

“Nous ne pouvions pas sortir du bâtiment et étions obligés de partir là où c’était possible. Tout était bloqué par des voitures et des gens masqués armés de battes de baseball. Ils nous empêchaient de partir. Évidemment, on entendait des appels agressifs qui disaient ce qu’il fallait me faire dans ce cas… Nous avons réussi à nous échapper”, – a déclaré le leader du PCU, en précisant qu’il a été contraint de quitter le bâtiment par une autre sortie et prendre une autre voiture.

D’après Piotr Simonenko, une course-poursuite a commencé en voiture.

“Quelques voitures créaient sans cesse des situations avec une risque d’accident pour les habitants de la vile. Ils ont bloqué le passage à un endroit et nous ont arrêtés… On ne pouvait plus échapper. Ils se sont mis à casser la voiture avec leurs battes et jeter des bouteilles avec des cocktails Molotov” – raconte le leader des communistes en précisant que l’incident a eu lieu rue Melnikov.

“C’était rue Melnikov. .. Devant la “Russie de Kiev”… Je ne connais même pas le nom de toutes ces rues, puisque nous sortions même par moments sur le Quai… Pendant tout ce temps-là nous étions poursuivis par des rebelles fous de rage. Je n’ai pas compris quel était leur but. Mais leurs cris étaient très hostiles” – a souligné Piotr Simonenko.

Piotr Simonenko a dit que lui-même n’a pas subi de dommages corporels. “J’étais assis sur le siège arrière… La bouteille (avec le cocktail Molotov) ne m’a pas atteint, elle a heurté la vitre qui l’a déviée”- a-t-il ajouté.

En même temps il a déclaré ignorer qui pourrait vouloir le tuer.

“Je ne peux pas le dire aujourd’hui, car, vous comprenez, il y a plusieurs forces dans le pays. Certains font partie des soi-disant “bataillons”, certains adhèrent au Secteur Droit, d’autres à “Svoboda”. En ce moment on ne comprend plus ce qui se passe dans le pays’ – a précisé le leader du PCU.

“J’espère que les citoyens comprendront ce qui s’est passé réellement… Ils l’ont vu de leurs propres yeux… C’était une situation vraiment grave… Nous tentions de distancier les rebelles, mais ils avaient plusieurs voitures puissantes qui roulaient vite en menant cette course-poursuite et cette bataille… en ayant recours à la force contre moi dans ce cas précis”, – a ajouté Piotr Simonenko.

Rappelons qu’aujourd’hui dans sa dernière réplique du débat télévisé Piotr Simonenko a annoncé le retrait de sa candidature aux élections présidentielles.

Source : KPU

Dans son commentaire à GolosUA (“La voix UA”), l’analyste politique Andrei Zolotarev a déclaré que l’agression contre Piotr Simonenko est la démonstration d’une politique de terreur.

“Le pays où de telles choses arrivent a-t-il sa place en Europe? La réponse est évidente. Le pouvoir actuel, qui proclame haut et fort son attachement aux valeurs européennes, donne des exemples contraires plutôt caractéristiques des pays du tiers-monde. “

D’après lui, l’Etat n’a pas pu garantir des conditions normales, égales et démocratiques pour les élections, pas plus qu’un maintien de l’ordre et le respect des lois.

“Dans des conditions où le choix politique est corrigé à coup des battes de baseball et de cocktails Molotov, on ne peut parler de légitimité des élections. Après que Simonenko a annoncé le retrait de sa candidature aux élections présidentielles de l’Ukraine, on l’attendait à la sortie devant la compagnie de la télé nationale. Ceux qui l’ont fait ont prouvé que les élections se déroulent dans des conditions anormales. Des groupes terroristes sévissent dans la capitale. Les gens peuvent ne pas aimer tel ou tel homme politique, mais dans les cas de Tsarev et Simonenko, lorsque on se fait ouvertement agresser en plein centre de la capitale, les commentaires sont superflus” – a souligné l’expert.
Source : KPU

Traduction : http://www.les-crises.fr

N.B. Pour mémoire, le 13 mai le gouverneur de la région de Lougansk a été lui aussi visé par un attentat, tout comme le 28 mai le maire de Kharkiv…

Allez, en bonus, Perrine Tarneaud, une journaliste empathique et lucide face à Mélenchon face à ces problèmes (quel est son nom ?) :

 
1 commentaire

Publié par le mai 21, 2014 dans actualités

 

Une réponse à “cela se passe comme ça dans « notre »Ukraine

  1. Claude Roussie

    mai 21, 2014 at 5:37

    L’histoire bégaie, devant la montée du nazisme, les « démocrates » de droite et de la social démocratie retrouvent leur vieux réflexes de la non intervention : ne pas affronter la terreur brune…

     

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