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un documentaire d’Hitchcock sur l’holocauste nazi sorti d’un long silence …

11 Jan

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À gauche, un survivant des camps implore de l’aide, à droite, Alfred Hitchcock.
Ames sensibles s’abstenir… Terrible et en même temps étonnement émouvant, une histoire de fantôme dirait Isaac.B.Singer… Se battre pour ces ombres, pour qu’elles ne soient pas oubliées qu’elles soient juives, tziganes, communistes ou autres…
Hitchkock a été très tôt aux Etats-Unis, un des cinéastes qui s’est engagé contre le nazisme au point de subir comme ceux, qui en général venaient d’Europe ,l’hostilité active des sympathisants nazis. Ces derniers étaient organisés et ils ont élevé la voix jusqu’à l’entrée en guerre des Etats-Unis. Et ils ont ressurgi plus actifs que jamais sous le Maccarthysme et même un peu avant à Hollywood. Mais comme la plupart des cinéastes antinazis, ses films ne dépeignaient pas l’horreur des camps, plutôt un monde inquiétant d’espions ou de fanatiques. Ce reportage dont on ignorait tout a été tourné à Bergen Belsen, là où Anne Franck a disparu dans la masse des cadavres. Nous avons également sur ce camp le reportage exécuté pour LIFE par le photographe George Rodger dont nous avons déjà montré ici quelques photos.Comme le film de Fuller ce film est resté inconnu, il est vrai qu’il y a eu peu de temps entre la fin de la guerre et le début de la guerre froide où les antinazis de hier passaient en jugement pour sympathies communistes. (note de danielle Bleitrach)

Home CULTURE Cinéma Figaro Par Bertrand Guyard

Publié le 09/01/2014

À gauche, un survivant des camps implore de l’aide, à droite, Alfred Hitchcock.

Le Musée impérial de la guerre de Londres a restauré numériquement le documentaire, réalisé en 1945 par le futur maître du suspense, Memory of the camps sur le génocide hitlérien. Il sera présenté en 2015, à l’occasion du 70e anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Entre l’horreur des camps nazis et le cinéaste britannique Alfred Hitchcock, il n’existait jusqu’à présent aucun lien connu. Pourtant, l’auteur de La Main au collet et de La Mort aux trousses, bouleversé par les événements qu’il découvre en même temps que le monde entier, a réalisé un documentaire sur les camps, intitulé Memory of the camps. Jamais diffusées publiquement, les bobines, qui ont été exhumées des archives puis restaurées numériquement, montrent sans aucun artifice la cruauté du système concentrationnaire nazi.

Début 1945, les troupes alliées entrent enfin en Allemagne, après cinq ans d’une lutte incessante contre les forces du IIIe Reich. Au fur et à mesure de leur progression, elles découvrent l’horreur des camps nazis. À l’Est, les troupes de Staline libèrent Auschwitz, en Pologne, le 26 janvier 1945. Sur le Front ouest, les Américains et les Anglais piétinent un peu. Ils ouvrent les portes de Buchenwald, le 11 avril. Le 15 avril, ils pénètrent dans Bergen-Belsen. Quelque 60.000 personnes peuplent encore le camp. La plupart sont atteintes du typhus. Faute de moyens sanitaires suffisants, dépassées par l’horreur, les troupes britanniques ne pourront sauver tous les survivants. Le service cinéma de l’armée anglaise filment l’insoutenable pour témoigner de la folie génocidaire nazi. Anne Frank y passera ses derniers jours.

Hitchcock est bouleversé par la cruauté des images

Quelques mois plus tard, encouragé par son ami producteur Sydney Bernstein, Alfred Hitchcock décide de réaliser un documentaire sur la libération des camps. Il décide d’utiliser les rushes de l’armée britannique et, plus particulièrement, les images tournées à Bergen-Belsen. Dans un premier temps, il est bouleversé par la violence du reportage militaire. Son effroi est compréhensible. Les conditions de vie dans Bergen-Belsen étaient effroyables. Les soldats ont découvert des survivants affamés, certains mourant littéralement de faim: ils n’avaient pas mangé depuis 6 jours. Des soldats ont mis au jour un charnier. D’autres ont dû déplacé une montagne de cadavres. Les archives militaires montrent la vérité de la façon la plus crue possible.

Malgré son écœurement, avec tout ce matériel brut, Hitchcock monte son documentaire. Il a, dans un premier temps, pour objectif de servir de témoignage à charge contre les Allemands pro-nazis qui ont laissé faire cela. Fin 1945, les autorités alliés se ravisent. Pour accéler la reconciliation européenne, il n’est plus opportun de diviser en publiant ce documentaire dénonciateur. Le film d’Hitchcock finit bientôt dans les oubliettes du Musée impérial de la guerre. Archivé, il est presque bientôt complètement oublié. En 2015, sera commémoré le 70e anniversaire de la libération des camps. Le musée anglais, dédié aux conflits du XXe siècle, a décidé de projeter, Memory of the camps, la version intégrale et restaurée du film d’Alfred Hitchcock. Un nouveau documentaire Night will Fall realisé conjointement par André Singer et Stephen Frears sera diffusé simultanément.

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12 Commentaires

Publié par le janvier 11, 2014 dans Uncategorized

 

12 réponses à “un documentaire d’Hitchcock sur l’holocauste nazi sorti d’un long silence …

  1. Pierre Albertini

    janvier 11, 2014 at 8:58

    Ce n’est pas un documentaire sur le génocide mais un documentaire sur les camps de la mort.

     
    • bernielubran

      janvier 12, 2014 at 10:09

      Pierre: The documentary may be about the Death Camps, but the Death Camps were where the genocide took place. There are plenty of books and movies that explain the origins of the genocidal program called the Final Solution (Shoah, Schindler’s List, etc.).

       
    • roger santos

      janvier 14, 2014 at 5:42

      est ce que les génocides se passent sur la lune ou ailleurs ?
      regardez donc du côté du Congo, cela dure depuis plus de dix ans et dans bien d’autres pays !!!

       
  2. jlbaque

    janvier 11, 2014 at 9:53

    A reblogué ceci sur JLBaque's Blog.

     
  3. histoireetsociete

    janvier 12, 2014 at 3:57

    à Pierre Albertini, j’ai repris le titre originel mais je suis d’accord avec la nuance parce qu’elle limite traditionnellement le crime humanitaire aux seuls juifs, si ceux-ci ont payé la part majeure du crime et si la solution finale les a concerné exclusivement nous avons le devoir de montrer comme je le fais dans ce blog que dans les camps de la mort les premiers envoyés par exemple à Dachau ont été les communistes et qu’un seuil est franchi avec l’avancée vers la Pologne et les pays de l’Est, les camps accueillent une majorité de juifs du Yiddishland mais aussi des résistants en général communistes et parfois juifs, mais aussi des tziganes, des sodats soviétiques.

     
  4. plerudulier

    janvier 13, 2014 at 8:06

    A reblogué ceci sur Curation exclusivement en français.

     
  5. M. Barak

    janvier 19, 2014 at 9:25

    n’oublions pas que ce film a été tout bonnement censuré par ordre de sa majesté ! Les Alliés savaient avant de voir par eux-mêmes. Qu’ont-ils fait pour empêcher le crime?

     
  6. biancarelli bruno

    janvier 21, 2014 at 12:05

    un regard sur la réalité de notre ego du passe aujourd’hui nous sommes les même toutes religions toutes opinions confondues nous nous pardonnons pour mieux faire ou pas….

     

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