RSS

Dieudonné et sa bande… de qui s’agit-il ?

17 Déc

charlie_solution
Un skinhead de la direction des JNR nommément identifié parmi les militants chargés de la protection rapprochée de Dieudonné, il s’agit de Charly qui appartient à la direction du mouvement dissout. Les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) sont un groupe nationaliste-révolutionnaire français d’abord constitué dans les années 1980-1990, puis réactivé en 2010-2013. Composé principalement de skinheads d’extrême droite (boneheads selon leurs opposants) et réputé pour sa violence1, il est dirigé par Serge Ayoub et lié au mouvement Troisième Voie. Comme en témoigne l’article ci-dessous le JNR est une des multiples tentatives pour fédérer les bandes violentes de voyous vivant de bière et de baston et à les faire participer de loin au collage d’affiches, voir au expéditions punitives. Quel rôle fédérateur joue Dieudonné à l’extrême-droite en relation permanente avec d’autres satellites comme le GUD (proche de marine le pen), Soral et les identitaires antisémites, d’autres groupes cassant du nègre, de l’arabe ou de l’homosexuel Et qui donne les moyens financiers à ces gens là. (note de danielle Bleitrach).

charlie2

charlie3

Fondées à l’automne 1987 autour de Serge Ayoub alias Batskin, les JNR ont pour noyau le « Klan », groupe de skinheads néo-nazis ou plus généralement d’extrême droite parisiens apparu vers 1984. Ils forment à l’origine la section de jeunes du mouvement d’extrême droite Troisième Voie de Jean-Gilles Malliarakis.

Le mouvement, peu discret et coopératif, doit quitter la Librairie française où Malliarakis leur avait offert un local, partagé avec le Groupe union défense (GUD), qui est alors la branche étudiante de Troisième Voie. Au début des années 1990, il prend temporairement le nom de Comité de Base Jeunesse (CBJ) et tente un rapprochement avec le Parti nationaliste français.

On le trouve également un temps hébergé au siège de l’association Ker Vreizh alors dirigée par le sympathisant du GRECE Jean-Pierre Tillenon. Alain Chevarin voit dans cette dernière association « le même recours aux mythes nordiques, celtiques ou aryanisants que nous avons déjà vu à l’œuvre depuis trente ans dans une large part de l’extrême droite, sous l’influence notamment des théories grécistes. Le lien est cette fois fait via les paroles des chants, mais aussi par la musique : à l’héroïsation des personnages mythiques correspond la violence musicale ». S’y ajoutent fréquemment les tatouages où apparait fréquemment cette thématique du néopaganisme avec ses runes et ses dieux nordiques.

En 1995, le mouvement est réputé proche du Front national de la jeunesse (FNJ) selon les Renseignements généraux (RG) ; Serge Ayoub affirme à cette époque avoir été contacté par Carl Lang « avant les municipales de 1995, pour prendre une tête de liste FN à Stains (Seine-Saint-Denis), dans une banlieue où on n’a plus personne. » Les contacts à ce niveau n’auraient cependant été qu’occasionnels, la contribution des JNR au Front national se cantonnant essentiellement au collage d’affiche et aux services d’ordre de meetings, non sans conflits occasionnels avec le propre service d’ordre du Front. Enfin, la collaboration de ce dernier avec les enquêteurs après la mort de Brahim Bouarram jeté à la Seine par trois skinheads lors du défilé du 1er mai du Front national en 1995 aurait « jeté un froid » entre les deux mouvements ; Jacques Leclercq conclut à cet égard que « parce que le FN est engagé dans une stratégie légaliste de la conquête du pouvoir, la présence de skinheads indispose le plus souvent, même s’il est bien pratique de recourir à leurs services pour les basses œuvres et le collage d’affiches ».

Pour la sociologue Youra Petrova, « le leader du JNR (Batskin) prêche moins de violence gratuite et plus de références idéologiques par la voie de la lecture, les réunions, les rencontres. Malgré un certain “succès” dans ce sens, le passage au politique s’opère difficilement, la protestation continue à s’exprimer par la violence (dans la rue et dans les bagarres). » La violence au quotidien reste la première caractéristique de ces skinheads approximativement politisés. Un rapport des Renseignements généraux de 1994 résumait la question en ces termes : « l’idéologie skinhead, fondée sur un nationalisme simpliste et un racisme exacerbé, a choisi Hitler comme symbole. Toutefois, ignorant le plus souvent tout de Mein Kampf, leur devise “le cul, la bière et la baston”, résume l’essentiel du credo “skin” qui se donne pour mission de “nettoyer la France de ses ennemis”, les “feujs” (Juifs), “rebeus” (Arabes), “blacks”, “cocos” et autres “homos”, contre lesquels sont organisées de fréquentes expéditions punitives. »

Le 22 avril 1990, des journalistes de La Cinq organisent avec les JNR la prise de vue d’une action violente. Ils filment l’agression de Karim Diallo dans le Quartier latin à Paris. Celle-ci vaut finalement à Serge Ayoub et aux deux autres membres des JNR concernés des condamnations à 8 mois de prison avec sursis en janvier 199416. Le 18 juin 1990, deux membres des JNR, Joël Giraud et Régis Kerhuel — ce dernier, leader du groupe rock néonazi Evil Skins, est qualifié de « lieutenant de Serge Ayoub » — assassinent au Havre un jeune Mauricien, James Dindoyal, qu’ils obligent à avaler un mélange de bière et de peroxydase,­ un nettoyant pour pièces mécaniques, avant de le jeter du haut d’une digue. Ils ne sont identifiés qu’en 1997 et condamnés en octobre 2000 à vingt ans de réclusion criminelle18.

Ayant gagné une certaine notoriété médiatique, Serge Ayoub se présente aux élections législatives françaises de 1993 sous l’étiquette des JNR, « poussé par Roland Hélie » selon Emmanuel Lemieux ; il obtint 0,17 % dans les Hauts-de-Seine. Le 5 mars de la même année, il organise à Vitry-sur-Seine une réunion européenne de skinheads — interdite par la Préfecture de police de Paris — qui rassemble des skinheads italiens, allemands et des représentants du mouvement néonazi anglais Blood and Honour20.

Le 7 mai 1994, les JNR et le GUD organisent une manifestation contre l’« impérialisme américain ». La dispersion par la police de la manifestation interdite est marquée par la mort d’un manifestant, Sébastien Deyzieu, âgé de 22 ans. Celle-ci donne lieu par la suite à des manifestations annuelles organisées par le Comité du 9-Mai (C9M) réunissant les JNR, le Front national de la jeunesse, le GUD et le Parti nationaliste français.

Les Jeunesses nationalistes révolutionnaires sont finalement dissoutes au milieu des années 1990 par Ayoub1. Celui-ci s’efface alors de la scène skinhead et d’extrême droite jusqu’au milieu des années 2000.

Les Jeunesses nationalistes révolutionnaires sont réactivées en 2010 en vue de constituer le service d’ordre d’une nouvelle mouture de Troisième Voie se revendiquant du solidarisme, à l’initiative de Serge Ayoub. Ce dernier déclare ne plus être nationaliste-révolutionnaire25 et affirme alors qu’il ne voit plus « de problème racial ou ethnique en France et dans le monde, mais un problème économique et de rapport de force » ; il reprend le slogan fasciste « Troisième voie pour une avant-garde solidariste » et se qualifie de « patriote social ».

Les JNR nouvelle génération, qui conservent la devise fasciste « croire, combattre et obéir », se présentent eux-mêmes en ces termes : « Conçu pour être le bouclier de son peuple contre les attaques de la réaction et de ses valets du capital mondialisé, le JNR se développe comme un anti-corps social et se constitue uniquement d’hommes décidés, sportifs et aguerris ». Rejetant aussi bien le « gauchisme internationaliste et [le] capitalisme mondial qui ne sont que les deux faces d’une même pièce », ils prétendent « combattre dans la longue tradition révolutionnaire française et européenne pour la défense des travailleurs » tout en « [obéissant] à notre éthique d’ordre et de progrès synonymes de toute civilisation»

Composées cette fois pour l’essentiel d’une trentaine de militants à présent quadragénaires à l’image de leur chef, et non de jeunes membres de la mouvance skinhead, les JNR de cette seconde époque apparaissent plutôt, selon Jean-Yves Camus, comme la « garde prétorienne de Serge Ayoub ». En revanche, souligne Stéphane François, « en Picardie, 90 % des jeunes qui approchent cette mouvance avec ses codes vestimentaires, sa musique sont mineurs. À Chauny, dans l’Aisne, ville de 12 000 habitants, on compte près de 300 skinheads. » Ces auteurs soulignent, comme Nicolas Lebourg, qu’il faut différencier noyaux durs et sympathisants généralement plus jeunes aux choix plus volatiles, « tant ces mouvements qui s’apparentent le plus souvent à des bandes agrègent des individus qui restent isolés ».

Les relations avec les groupuscules similaires — les Jeunesses nationalistes de l’Œuvre française, Génération identitaire, émanation du Bloc identitaire — restent difficiles malgré des contacts continus. Cette frange de l’extrême droite est en effet en partie en concurrence pour tirer les bénéfices de la stratégie de normalisation du Front national entreprise depuis 2011 par Marine Le Pen, celle-ci ayant conduit « les éléments les plus radicaux [à se tourner] vers des groupuscules plus en phase avec leurs idées. Et des groupes skinheads ont eux aussi recommencé à se développer, en Picardie, dans le Nord, en Alsace ou dans la région lyonnaise. Ce sont des bandes pas forcément politisées mais que Serge Ayoub, fondateur des JNR (Jeunesses nationalistes révolutionnaires), essaye de récupérer, alors que les Jeunesses nationalistes d’Alexandre Gabriac ou le néo-Gud s’adressent à des jeunes d’origine plus favorisée. » Les rapports avec le Front national sont marqués par des visées stratégiques divergentes : « il s’agit d’une relation à sens unique : Marine Le Pen, comme son père d’ailleurs, cherche systématiquement à se démarquer de ces radicaux, mais eux estiment qu’ils doivent soutenir leur camp, avec en plus l’espoir d’infléchir le FN avec leurs idées, de le rappeler à ses fondamentaux. »

Les raisons de la persistance ou d’un éventuel regain de ce type de mouvement sont jugées invariables : la réaction identitaire à la mondialisation, « leur radicalisation [datant] d’une certaine crise d’identité autour de la mondialisation et de l’Europe »35 et les difficultés dues à la crise économique36. Youra Petrova relevait déjà lors d’une enquête menée dans les années 1990 sur le mouvement skinhead et en particulier sur le milieu JNR une « déception du socialisme dans les années 80-90 », « un expérience de vie dans la « galère » des banlieues anonymes » et finalement une « marginalité jeune et de petits blancs3».

Les effectifs globaux de la mouvance skinhead d’extrême droite, dont les JNR apparaissent être la seule forme d’organisation probante, sont jugés à peu près constants, « environ 2 000 en France, avec une centaine de personnes très radicalisées ».

Les JNR sont surtout médiatisées à l’occasion des divers rassemblements unitaires des mouvances d’extrême droite des années 2010. Elles renouent avec les manifestations du Comité du 9-Mai où elles rassemblent environ 100 à 150 participants en 2010, puis en 2011 où quelques dizaines de militants déploient une banderole « 1re inter-nationale solidariste »39, tandis que les anciens de la première génération assurent la sécurité du cortège40. Ils apparaissent également lors des réunions successives organisées par la revue Synthèse nationale de Roland Hélie, notamment en novembre 2010, puis en février 2011, où Serge Ayoub intervient sur le « nécessaire travail dans les syndicats ».

En octobre 2011, Ayoub et les JNR sont également très présents dans l’organisation d’une manifestation à Lille, baptisée « Front populaire solidariste » en « hommage patriote » au ministre socialiste du Front populaire Roger Salengro, dans la lignée de la récupération de l’image de ce dernier par le Front national. Pour le politologue Jean-Yves Camus, en faisant ainsi référence au Front populaire et en évoquant indirectement Jacques Doriot et le Parti populaire français (PPF), « Serge Ayoub fait surtout référence à la notion d’État social. C’est un appel à un socialisme populaire, au solidarisme, qui ne doit pas être confondu non plus avec le national socialisme. Citer le Front populaire reste cohérent, même s’il y a un certain anachronisme si l’on se souvient du comportement de l’ultradroite de l’époque à son égard. Il y a recherche d’une synthèse, à la manière de Jacques Doriot, fondateur du Parti populaire français dans les années 193042 ». Le 8 octobre, le défilé rassemble de 500 à 600 participants sous les slogans « Europe, jeunesse, révolution », « Libre, social et national » ou « Crise mondiale, solution nationale », tandis qu’une contre-manifestation à l’appel notamment de la Ligue des droits de l’homme en rassemble environ le triple

Un certain souci de contenir la violence de rue dans l’objectif de se crédibiliser comme mouvement politique semble se manifester44. Ainsi, à la différence de leurs concurrents immédiats comme le Printemps français, l’Œuvre française ou les Jeunesses nationalistes, les JNR sont absentes lors des débordements en marge des manifestations de 2013 contre le « mariage pour tous ». Cependant, elles sont à nouveau fortement exposées sur la scène médiatique et politique en juin de la même année, après la mort d’un militant antifasciste, Clément Méric, dans une bagarre de rue. Comme le rappelle à cette occasion le politologue Jean-Yves Camus, tout en « [refusant] pour l’instant d’évoquer le groupe des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), auxquelles les agresseurs appartiendraient supposément. Les faits sont très graves et il ne faudrait pas incriminer un groupe prématurément » : « la mouvance skinhead en général, de laquelle les agresseurs semblent être proches, a une propension toute particulière à la violence. Elle l’a dans son ADN. Son contenu idéologique est très basique, il tourne autour du culte de la force, de la violence à tous crins, du racisme et de l’antisémitisme. Ses membres sont souvent des individus déconnectés de la société. Ce n’est pas une construction idéologique qui unit ses membres mais l’esprit de corps, de bande, qui fait office de famille de substitution pour certains. » Cet événement précipite la décision du gouvernement d’engager une procédure de dissolution des JNR, sur la base « d’éléments antérieurs et “plus larges” que la rixe lors de laquelle Clément Méric est mort ».

Le 11 juin 2013, Jean-Marc Ayrault confirme devant l’Assemblée nationale qu’il a lancé une procédure pouvant aboutir à la dissolution des JNR, du groupe Troisième Voie et d’autres « groupements » de cette mouvance pour le 26 juin 2013 en Conseil des ministres47,48. Anticipant de cette décision, Serge Ayoub annonce le 25 juin 2013 l’autodissolution des JNR et de Troisième Voie, expliquant avoir « pris cette décision pour l’honneur, avant d’être dissous par d’autres ». Une dissolution est prononcée en Conseil des ministres le 10 juillet 2013.

Publicités
 
2 Commentaires

Publié par le décembre 17, 2013 dans extrême-droite

 

2 réponses à “Dieudonné et sa bande… de qui s’agit-il ?

  1. djxtrmkiller

    décembre 18, 2013 at 8:48

    – Un pur skinhead de la mort qui tue avec des racines de néo-nazi … qui protège un métisse.

    What else …

     
    • leduk

      avril 1, 2014 at 8:14

      La haine du juif, c’est fédérateur chez les nazis. dieudonné, le nouveau grand mufti?

       

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :