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Chili, derrière le combat de Dames, un affrontement fondamental au Chili

18 Nov

Michelle_Bachelet_-_ABr[1] Michelle Bachelet la candidate de la gauche largement en tête. Un combat de dames totalement inouï dans cette société conservatrice mais qui ne se résume pas à cette figure, il s’agit réellement d’un affrontement qui travaille la société chilienne depuis la victoire d’Allende, le coup d’Etat de Pinochet de 1973, la mise en place à cette occasion du néo-libéralisme qui s’étendra à toute la planète comme une contrerévolution… Dans une Amérique latine où a surgi la résistance, le Chili poursuit cet affrontement sur un nouveau mode, comme le dirait Gramsci, l’Amérique latine est passée de la guerre de mouvement à la guerre de position et parmi celles-ci la santé, l’éducation et le droit des peuples à la souveraineté sur leurs richesses. C’est pourquoi le combat de dames ne se limite pas à elle deux, mais il y a aussi la présence des communistes avec la très charismatique dirigeante étudiante Camille Vallejo. (note de Danielle Bleitrach)

L’ex-présidente socialiste Michelle Bachelet est arrivée dimanche largement en tête du premier tour de la présidentielle chilienne, mais devra affronter sa rivale de droite Evelyn Matthei lors d’un second tour, après avoir échoué à dépasser les 50% des voix nécessaires pour éviter ce duel.La participation des quelque 13,5 millions d’électeurs chiliens a été estimée à 56% par le président Sebastian Pinera, mais les chiffres officiels ne seront pas connus avant lundi. Aux municipales d’octobre 2012, l’abstention avait atteint 60%.

Après dépouillement de 96,46% des suffrages, Mme Bachelet, 62 ans, est créditée de 46,73% des voix contre 25 % à Mme Matthei, 60 ans, rendant inévitable un second tour le 15 décembre, selon le Service électoral (Servel). Ce face à face entre deux femmes est inédit dans l’histoire du Chili.

Et il faut encore ajouter au trio, la très celèbre candidate du Parti communiste du Chili (PCCh) lui aussi est entré dans la coalition, Camila Vallejo, la dirigeante estudiantine de la Jeunesse communiste, qui brigue un siège au Sénat. En tant que candidate de la Nouvelle Majorité.À l’occasion des élections, les partis du centre et de gauche se sont unis pour former la Nueva Mayoría (Nouvelle Majorité). Au Chili, la politique rajeunit et se féminise. La socialiste Carolina Toha, 48 ans, est depuis un an maire de Santiago. Camila Vallejo, 25 ans, est l’emblématique pasionaria du mouvement étudiant. Pour la première fois dans l’histoire du syndicalisme chilien – et latino-américain –, c’est une femme de 34 ans, Barbara Figueroa, qui occupe depuis août 2012 un autre bastion de la domination masculine, en présidant la puissante Centrale unitaire des travailleurs (CUT). Elue à la tête d’une organisation syndicale aux 650 000 affiliés, cette professeure de philosophie, membre du bureau politique du Parti communiste chilien (PCCh), se définit comme « la génération de transition, entre la sève de la vieille garde et la vitalité des plus jeunes ». Alors que le mandat du président Piñera touche à sa fin, un vent nouveau souffle à Santiago. Barbara Figueroa en est l’une des incarnations. Elle se propose de sortir la CUT de « l’immobilisme dans lequel se trouve le syndicat depuis ces dernières années ». Elle veut des réponses concrètes du gouvernement – « quel qu’il soit », précise-t-elle – aux aspirations des travailleurs. Des revendications anciennes, bafouées par le modèle économique hérité de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990), et…

On voit que loin d’être une situation folklorique ce combat de dame prend place dans un bouleversement de l’Amérique latine et du Chili, une long affrontement dans le sang et les souffrances. Pour ceux qui suivent les événements en Amérique latine, Michelle Bachelet, n’est pas une inconnue, elle a été la non pas première femme élue à la tête d’un pays sud-américain en 2006 comme on le dit souvent puisqu’il y a eu une autre présidente de droite en Amérique centrale avant elle, mais du Chili et même de l’Amérique lancée dans la conquête de sa souveraineté. Elle était trés populaire à la fin de son premier mandat en 2010 et seule la Constitution l’avait empêchée de postuler à un second mandat consécutif.

La participation des communistes et un programme ambitieux

Radicalement opposées politiquement, les deux postulantes à la présidence se connaissent depuis l’enfance. Lorsque Michelle Bachelet est la fille d’un homme torturé à mort par Pinochet alors que le père de la candidate de droite Fernando Matthei fit partie de la junte militaire jusqu’à devenir responsable hiérarchique du lieu de détention du premier. Il y a donc un aspect symbolique dans leur affrontement, comme d’ailleurs dans la présence de Camille Vallejo, la communiste puisque les communistes n’ont participé à aucun gouvernement depuis 40 ans.Le programme ambitieux et résolument orienté à gauche explique cette présence et en particulier les propositions concernant l’école puisque l’on sait le rôle joué par Camille Vallejo dans les luttes estudiantines.

Guillermo Teillier, le premier secrétaire du parti communiste chilien a expliqué les raisons de cette participation. Le premier objectif est de mettre en échec la droite, 
et ainsi contenir son projet néolibéral, conservateur et restrictif. Le deuxième objectif est de créer 
une dynmique populaire pour qu’un nouveau gouvernement soit capable de porter un programme de réformes et de lois structurelles : le changement de la Constitution imposée par Pinochet en 1980, 
un système d’éducation gratuit 
et de qualité, ainsi qu’une profonde réforme fiscale pour financer l’éducation, l’amélioration 
du système de santé, les petites retraites et les politiques sociales 
en général. Changer la Constitution implique, entre autres, que l’État garantisse des droits aux personnes, notamment le droit des peuples originaires, la décentralisation 
du système administratif de l’État, 
le changement du système binominal et la réaffirmation de la souveraineté sur nos richesses naturelles… Notre programme comprend des mesures qui assurent l’égalité entre femmes 
et hommes, ou encore la préservation de l’environnement qui paraît 
si contradictoire avec le besoin 
de renforcer une politique énergétique vitale au développement du pays. Il faut établir de nouveaux droits pour les travailleurs, comme celui à la syndicalisation et à la négociation collective. Notre projet répond aux demandes sociales exprimées dans les luttes, celles 
des jeunes et des travailleurs. 
C’était là notre troisième objectif.Les communistes sont entrés au Parlement il y a 
à peine quatre ans, avec trois députés (en raison du système électoral – NDLR). Nous présentons neuf candidats au Parlement et un sénateur. Nous espérons obtenir entre cinq et sept parlementaires, parmi lesquels figureraient des figures du mouvement étudiant comme Camila Vallejo et Karol Cariola, ou encore 
le dirigeant syndical du cuivre, Cristian Cuevas. Nous avons joué 
un rôle important dans 
la mobilisation sociale qui a précédé ce nouveau moment politique, 
tout comme nous nous sommes engagés dans le travail unitaire 
qui a contribué à former la Nouvelle Majorité. Nous continuerons 
à agir sur ces deux tableaux. »

Ce programme est notamment fondé sur une révision de la Constitution de 1980 héritée de la dictature, une réforme fiscale envisageant une augmentation de l’impôt des sociétés de l’ordre de huit milliards de dollars (3% du PIB) destinée en particulier à une refondation du système éducatif pour instaurer une éducation publique de qualité, l’amélioration du système de santé et des services publics.

Camila Antonia Amaranta Vallejo Dowling est une étudiante et activiste politique chilienne, militante des Jeunesses communistes du Chili, l’association de jeunesse du Parti communiste du Chili.Figure de proue de la contestation étudiante, devenue une célébrité au-delà des frontières du Chili, l’ex-vice-présidente de l’influente Fédération étudiante du Chili, Camila Vallejo et trois autres ex-dirigeants du mouvement de contestation ont quant à eux obtenu aisément des sièges de députés lors de l’élection de dimanche.

Camila Vallejo a occupé la présidence de la Fédération des Étudiants des Universités du Chili (FECh) durant un an, la deuxième femme à occuper cette position après Marisol Prado, qui fut présidente de 1997 à 19983.
Elle a pris de l’importance sur les scènes nationale et internationale5 comme l’un des principaux dirigeants du mouvement étudiant qui a organisé de grandes mobilisations et protestations au Chili depuis juin 2011. Ces mouvements ont pour but d’obtenir la réforme du système éducatif chilien,exigeant une éducation gratuite et de qualité soit un point d’accord entre tous les manifestants.

Il faut également souligner que le paradoxe est que cette société très conservatrice, qui a été modelée par Pinochet, le combat est sur tous les terrains, celui des minorités indiennes comme les Mapuches comme sur les droits des femmes.
Mme Bachelet s’est en outre faite l’avocate des droits des femmes. Elle envisage de légaliser l’avortement, interdit au Chili même à des fins thérapeutiques, et d’ouvrir le débat sur l’union entre personnes du même sexe.

Il s’agit réellement d’un afrfrontement de deux projets de société, Mme Matthei poursuit le projet libéral,inauguré au Chili par la dictature et après exporté dans le reste du monde, elle reste dans la continuité du gouvernement de Sebastian Piñera, prône seulement un meilleur contrôle de l’évasion fiscale. Sur l’éducation, il n’est pas question de renoncer à la privatisation mais elle propose si elle est élue la création, si elle est élue, de subventions aux familles et non aux établissements scolaires, sans remettre en cause un système éducatif à deux vitesses hérité de la dictature.

La capacité de manoeuvre de la future présidente et l’ampleur des réformes promises dépendront du résultat, pas encore connu dimanche soir, des élections législatives et sénatoriales qui renouvelaient dimanche la totalité de la Chambre des députés et plus de la moitié du Sénat (20 sénateurs sur 38).

 
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Publié par le novembre 18, 2013 dans actualités, Amérique

 

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