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No sabe, no contesta par Horacio Verbitsky (traduit en français) dossier sur François (suite 2)

18 Mar
horacio-verbitsky[1]
Horacio Virbitsky, journaliste et écrivain argentin

Bergoglio soutient dans son livre que dans l’Église  » On  savait de ce qui se passait, rien même.   Cela vaut la peine de  confronter cette affirmation avec les documents de l’Épiscopat qui sont détenus encore au secret et avec ceux du gouvernement des États-Unis qui ont été déclassés à la demande des organismes défense des droits de l’homme.

Le 10 mai 1976, l’Assemblée Plénière de l’Épiscopat s’est réunie. Chaque évêque a été informé de ce qui est arrivé dans son diocèse, de façon à ce que tous aient un panorama national précis,  et ce à peine  six semaines après le coup d’Etat.Le cardinal Raúl Primatesta a dit qu’à Cordoue des licenciements arbitraires et des milliers de licenciements  se produisaient dans les fabriques,  se poursuivaient les séquestrations exécutées par des groupes parapoliciers et on ignorait la situation  de beaucoup de prisonniers. Des paroisses étaient touchées aussi  et il y avait un prêtre détenu.L’archevêque de Santa Fe, Vicente Zazpe, a parlé de corruption, de tortures policières et de beaucoup de prisonniers. Celui de Neuquén, Jaime de Nevaras,  a raconté que l’Armée arrêtait,  torturait et remettait à des prisons lointaines les personnes contre qui n’étaient pas formulées de charges, dont les demeures étaient pillées et détruites. D’autres personnes avaient  disparues,  a-t-il dit. L’évêque de Viedma, Miguel Hesayne, a dit que l’Église devait soutenir les parents des personnes détenues – disparues. Il a regretté que l’Épiscopat fût divisé et que les militaires puissent se servir de quelques évêques contre les autres. Pour Hesayne, on devait condamner la torture, comme offense à la dignité humaine.Les évêques de Formosa, Posada et la Reconquista, Pacífico Scozzina, Jorge Kémerer et Juan José Iriarte,  ont raconté aussi qu’à l’autre extrémité du pays beaucoup de paysans avaient été arrêtés sans participation à des faits de violence et quelques prêtres et des laïques consacrés qui avaient souffert des mauvais traitements et des vols durant les événements. L’évêque de la La Rioja, Enrique Angelelli, a raconté que le chef de la base áerea du Chamical avait été interrompu pendant son homélie dela messe, une maison paroissiale avait été encerclée, quelques prêtres et religieuses, deux séminaristes et même le vicaire général de la diocèse  ont été arrêtés. L’ évêque lui-mêle a été traité comme un inculpé dans un sanctuaire populaire.

Selon l’évêque Carlos Ponce de León à San Nicolás il règne un climat de terreur. Quand il a intercédé pour certaines personnes disparues, le chef de la zone de sécurité locale, le colonel Manuel Saint Amant, lui a répondu avec dédain :

– je vais faire disparaître à tous ceux qui sont avec vous, et  vous je ne peux pas encore parce que vous êtes un évêque.

Après ces interventions et des autres semblables des évêques Antonio Aguirre (San Isodoro) , Antonio Quarracino (Avellaneda), Jorge Manuel López (Corrientes) y Miguel Raspanti (Morón), la conférence a débattu sur ce qu’il convenait de faire : 19 évêques voulaient répandre ce qui passait dans le pays, mais 38 s’y sont opposés. De ce fait , le document qu’ils ont émis, « le Pays et le Bien Commun »,  a réclamé de la  compréhension en vers le gouvernement militaire et a dit qu’il serait faux de prétendre que les organismes de sécurité  agiront « avec la pureté chimique du temps de paix, tandis que le sang est versé  chaque jour ». Il faut considérer aussi le sacrifice acceptable de « ce quota de la liberté que la junte demande ». En revanche est  condamné comme péché « le fait d’assassiner, avec une séquestration préalable ou sans elle,  quel que soit le statut  de l’assassiné ». En postulant  ainsi une équivalence improbable. Le nonce Pio Laghi recevait une information des diplomates occidentaux accrédités au Buenos Aires. Chaque quinze jours, des fonctionnaires de 32 pays échangeaient de l’information. Le 19 mai sa préoccupation a été confessée : « s’il aboutissait à la lumière, le traitement que donnent aux prisonniers les autorités qui effectuent les détentions, l’image du gouvernement argentin serait aussi mauvaise que celle du Chilien, et  ce sera seulement une question du temps que cela arrive ». Deux années et demi après, le 22 décembre 1978, le secrétaire de la nonciature, Kevin Mullen a communiqué aux fonctionnaires de l’Ambassade des Etats-Unis qu' »un officiel de la plus haute hiéraérchie de l’armée avait informé Laghi que durant leur campagne antisubversive les forces armées s’étaient vues obligées de ‘se charger’ de 15.000 personnes. »

Fuente: http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/subnotas/143711-46188-2010-04-11.html

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