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ce qui est important…

27 Oct

On a effectivement craint que la mort ne frappe Matisse trop tôt. matisse qui avait alors 72 ans, demandait très modestement trois ou quatre ans pour finir son oeuvre En fait de trois ou quatre ans, cela a duré treize ans.
Ces treize dernières années sont d’une importance capitale, pour Matisse mais aussi pour la peinture en général. On a dit beaucoup de choses fausses sur certains aspects de la vie de Matisse- en particulier sur les rapports avec Pablo Picasso. On les a présentés comme hostiles l’un à l’autre, et il se trouve que je suis témoin – pour avoir été à la fois l’ami de Matisse et de Picasso- de la fausseté de ces assertions. C’est devant moi que Picasso a prononcé pour la première fois cette phrase que j’ai rapportée ensuite à Matisse- et qui l’a fait pleurer: « le jour où l’un de nous deux disparaîtra, il y a des choses que l’autre ne pourra plus dire à personne.  » Ces deux grands créateurs de la peinture au XX e siècle se sont en fait trouvés réunis dans cette même période. Leur conception de la peinture et les conversations qu’ils ont eu à ce sujet  sont capitales pour l’histoire de la peinture – une histoire de longue durée, qui se prolongera, quoiqu’on en pense, tant qu’il y aura des hommes.
Au cours de ces treize années, Matisse a énormément peint. Ce qu’il a alors réalisé est probablement d’une importance plus grande que tout ce qu’il avait pu faire auparavent. Il a porté la peinture à ce point où Picasso a pu dire de lui que « jamais aucun peintre n’a chatouilé la peinture jusqu’à de tels éclats de rire ».
Extrait de « Sur Henri Matisse. Entretiens avec jean Ristat. Stock, 1999.

Il y a bien des raisons à faire état de ce témoignage aujourd’hui… ne serait-ce que de faire état d’un temps où l’on témoignait en espérant agir au mieux pour l’humanité, comme on avait résisté à l’avilissement du nazisme.  Dire encore aujourd’hui l’apport de ceux qui ont consacré une vie à une oeuvre qui a été un hymne à la joie… et ce durant le temps abominable de l’occupation où ces deux hommes se rencontrent à Nice pour la première fois. Il est important également de montrer la nature du dialogue qui existait entre jean Ristat et lui… puisque j’ai eu la chance d’être parfois là à leurs côtés. Qu’il me soit enfin permis sur le mode de la plaisanterie de me souvenir de l’hommage qu’il me rendait en affirmant que je ressemblais à une peinture de Matisse. Matisse quand il le rencontra ressemblait à cette photo, il avait l’âge que j’ai aujourd’hui ? Est-ce que je ressemble à un Matisse ? Honnêtement je ne suis pas aussi cacochyme mais je donnerais n’importe quoi pour avoir son don de chatouiller la peinture jusqu’à l’éclat de rire… La jeunesse est là, comme la beauté, elle est dans le plaisir qu’elle nous offre…

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Publié par le octobre 27, 2012 dans mon journal, peinture

 

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