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La rumeur et l’extrême droite: La « loi Pompidou, Giscard, Rothschild » votée en 1973 empêcherait l’Etat de battre monnaie par Alain Beitone

29 Déc
La rumeur et l’extrême droite:  La « loi Pompidou, Giscard, Rothschild » votée en 1973 empêcherait l’Etat de battre monnaie par Alain Beitone

légende: chapiteau dit de la calomnie

par Alain Beitone, professeur de Sciences économiques et sociales Lycée Thiers Marseille,

La rumeur et l’extrême droite: La “loi Pompidou, Giscard, Rothschild” votée en 1973 empêcherait l’Etat de battre monnaie par Alain Beitone

  • La rumeur enfle depuis quelques semaines, sur internet, dans les médias, dans les déclarations de leaders politiques : la source de tous nos maux économiques serait la « loi de 1973 ».

C’est l’extrême droite qui est à l’origine du mouvement. D’Alain Soral à Marine Le Pen, les choses sont claires la « loi Pompidou, Giscard, Rothschild », en réformant les statuts de la Banque de France empêche l’Etat de « battre monnaie » pour se financer ce qui permet aux banques privées de s’engraisser en encaissant les intérêts de la dette. Certains n’hésitent pas à parler de « casse du siècle ».

 Dans ce courant politique, la lourde insistance sur les fonctions jadis exercées par G. Pompidou au sein de la banque Rothschild est loin d’être innocente. On se trouve en présence d’une rumeur complotiste traditionnelle qui désigne un bouc émissaire et apporte une explication simple à la crise de la dette. Ce discours a son correspondant aux Etats-Unis avec la campagne autour du livre de Eustace Mullins sur les secrets de la Réserve Fédérale, dont la création est attribuée à un complot de banquiers impulsé par…James de Rothschild. Mullins (décédé en 2010) était une figure marquante de l’extrême droite antisémite américaine. Il suffirait donc de rendre la Banque de France aux français et de financer les dépenses publiques par des crédits à taux nuls ou très faibles pour que la crise de la dette soit résolue.

Curieusement, la dénonciation de la « loi de 1973 » fait aussi florès au sein de la gauche radicale. Un document récent sur la dette diffusé par Attac et la Fondation Copernic, fait de cette loi une des trois causes principales de la crise actuelle. Fort heureusement, la connotation antisémite est absente de ce second type de discours. Mais sur le plan économique, l’argumentation est la même : avant la loi de 1973, l’Etat pouvait se financer à des taux très faibles auprès de la Banque de France, depuis, il est devenu prisonnier des marchés financiers. Il suffirait donc d’en revenir au mode de financement ancien pour que les problèmes soient résolus et seule l’obstination de la BCE et des allemands nous empêcherait d’adopter cette solution de « bon sens ».

Le fait que la loi de 1973 ait été abrogée en 1994 ne conduit apparemment pas ces innombrables blogueurs et autres auteurs de tracts à se poser la moindre question. De plus, bien avant cette loi, les banques commerciales assuraient déjà la création d’une bonne partie de la monnaie.

Par ailleurs, la loi de 1973 ne fait que confirmer la possibilité ancienne pour le Trésor d’obtenir des avances auprès de la Banque de France dans le cadre d’une convention approuvée par le parlement. Bref, une analyse économique et historique même superficielle conduit à rejeter l’explication incantatoire par  » la loi de 1973 « . Comme souvent, les rumeurs, en même temps qu’elles proposent une explication simpliste, occultent les vrais problèmes. Citons en rapidement quelques uns :

– La crise des dettes souveraines dans la zone euro, n’est pas d’abord liée au niveau d’endettement (le Japon, les Etats-Unis, la Grande Bretagne sont plus endettés), il s’agit d’une crise de la gouvernance au sein de la zone euro. Quand bien même la « loi de 1973 » expliquerait la montée de la dette publique en France (ce qui n’est pas le cas), elle n’explique pas la crise des dettes souveraines dans l’Union Européenne à laquelle il faut répondre ici et maintenant.

– La France est bien passée d’un financement de la dette publique très largement administré dans le cadre du « circuit du Trésor », à un financement par le marché. On peut préférer une moindre dépendance à l’égard des marchés financiers, mais sans oublier que le financement administré n’est pas sans inconvénients. Et sans oublier non plus que le passage au financement de marché était lié à la volonté d’obtenir des crédits à moindre coûts sur un marché plus profond et plus liquide.

– La crise actuelle des dettes souveraines en Europe est d’abord une crise liée à l’ampleur des mouvements spéculatifs et la régulation insuffisante du système financier. C’est de cela qu’il faudrait discuter, et non de la loi de 1973.

– L’augmentation brutale du taux d’endettement des Etats en Europe est d’abord la conséquence de la crise économique mondiale qui s’est déclenchée en 2007 à partir de l’éclatement de la bulle immobilière aux Etats-Unis. Ce qui est en jeu, c’est d’abord la relance de la croissance et l’abandon des politiques de rigueur qui ne peuvent qu’accroître la gravité de la situation économique. Sur ce dossier aussi, la dénonciation de la loi de 1973 n’est d’aucun secours.

– En invoquant la loi de 1973, on passe sous silence l’essentiel : le traité de Maastricht et la définition qu’il donne des missions de la Banque Centrale Européenne. De nombreux économistes (P. Artus, J. Pisani-Ferry, H. Rey) ont souligné que pour mettre un coup d’arrêt à la crise de la dette, il faudrait que la BCE annonce un taux d’intérêt plafond sur les dettes publiques et son intention de racheter sans limitation les titres de dette si ce taux est dépassé sur le marché. J.C. Trichet, puis M. Draghi se sont refusés jusqu’ici à une telle politique en invoquant la lettre des Traités et le statut de la BCE. C’est cela qu’il faudrait changer et non la « loi de 1973 » abrogée depuis longtemps.

– Enfin, il faut rappeler que si l’on souhaite accroître la part relative des consommations collectives dans le revenu national, il faut nécessairement réduire la part relative des consommations privées.

Pour que cela se produise de façon compatible avec la justice sociale, il faut une réforme fiscale d’ampleur, donnant au système de prélèvement fiscal et social un caractère véritablement progressif. Croire que l’on peut répondre aux besoins sociaux en finançant par la création monétaire la construction d’école et d’hôpitaux ou la recherche scientifique c’est entretenir une illusion dangereuse. Certes, la science économique nous enseigne que la création de monnaie joue un rôle essentiel pour assurer la croissance en finançant par anticipation la création de richesses futures, mais cela n’est pas contradictoire avec la nécessaire prise en compte des contraintes de financement liées, notamment à la répartition plus ou moins équitable des revenus.

Ce serait l’honneur de la gauche, surtout de celle qui veut changer radicalement l’ordre du monde existant, de poser les vrais problèmes plutôt que d’alimenter la rumeur fantaisiste sur la « loi de 1973 ».

Dernier ouvrage paru : Dictionnaire de sciences économiques (Armand Colin), 2010.

Point de vue | LEMONDE.FR | 29.12.11 | 10h15

https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=explorer&chrome=true&srcid=1fniGjx3a9VgtASEr9e0peOryHmgwBK9WZ0wCktKR8UH6cHYQpoLNrRd9srIO&hl=en_US&pli=1

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38 Commentaires

Publié par le décembre 29, 2011 dans Economie, Europe

 

38 réponses à “La rumeur et l’extrême droite: La « loi Pompidou, Giscard, Rothschild » votée en 1973 empêcherait l’Etat de battre monnaie par Alain Beitone

  1. EDOUARD

    décembre 29, 2011 at 11:56

    je vous conseille de visionner le film Thrive … il y a une partie sur la finance et le mode de fonctionnement des banques …
    bien cordialement
    Erick

     
    • histoireetsociete

      décembre 29, 2011 at 12:19

      je suis atterrée que se passe-t-il pourquoi des gens se mettent-ils à croire à de pareilles fables ? Je n’ai jamais connu un tel niveau de confusion mentale et de thèses qui mêlent le scientisme, le prophétisme, le tout sur du grand n’importe quoi qui derait paraître des feuilletons comme stargate des chef d’oeuvre de rationalisme… 
Le 11/11/11 un film documentaire qui s’appelle Thrive est sorti sur la question de l’énergie. Alors bien évidemment le fait que le film soit sorti le 11/11/11 apparaît lui conférer une qualité prophétique. D’abord il y le producteur, un fils de famille dévoyé d’une des firmes les plus pollueuses de la planète: Foster Gamble om invite une liste impressionnante de scientifiques, certains un peu illuminés et de vrais escrocs qui prétendent avoir trouvé dans la tombe d’Osiris le secret de l’univers. l’ensemble est tout à fait dans le genre secte des illuminati avec de fausses coïncidences formelles, symboles qui entretiennent des relations improbables entre la planète et l’univers. Que vous dire sinon que c’est exactement le genre de fatras qui se multiplie, un phénomène qui mériterait certainement d’être étudié, quel besoin comble-t-il peut être celui de tout repenser, d’utopie et aussi face à une situation fragmentée, chosifiée, le besoin d’une transcendance, d’un retour à un divin qui ne dit pas son nom… je suis frappée par la multiplication des émissions historiques sur de pseudos mystères, hier c’était le buste colorée de Nephertiti, une fausse science, de faux mystères, un sentiment d’initiation… Enfin j’ai du mal à placer les banques entre les dauphins et osiris, ce serait intéressant que vous expliquiez ce que ça éclaire chez vous ?

      Ca y est je viens de réaliser un des problèmes important c’est sur le plan théorique la confusion entre l’argent et le capital. C’est-à-dire que tout le travail de Marx pour distinguer entre une forme phénomènale, telle qu’elle apparait à la conscience comme la réalité du capital, la marchandise et son prix, occulte ce qu’il met en évidence un rapport social d’exploitation, la valeur… A partir du moment où on est dans un tel fétichisme on peut effectivement d’une part hypostasier le capital en celui qui thésaurise, un sacré retour en arrière, et créer à ce moment un univers magique où tout est inscrit sur le temple d’osiris ou le fruit d’un complot.

      .


       
  2. Rodriguez

    décembre 29, 2011 at 10:25

    Personnellement, je ne suis pas allé cherché de référence à la loi de 1973 chez Soral, mais dans le livre d’André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder, «La dette publique, une affaire rentable : A qui profite le système ? préfacé par Etienne Chouard, édité en mai 2088 et il me paraît hasardeux d’affirmer de manière péremptoire que « C’est l’extrême droite qui est à l’origine du mouvement ».
    Plusieurs remarques sur l’argumentation développée par l’auteur (son argumentation entre guillemets et en italique :

    – « Il suffirait donc d’en revenir au mode de financement ancien pour que les problèmes soient résolus », argument imputé à Attac et à la fondation Copernic mais qui tord à mon avis la réalité dans la mesure où le détricotage de cette décision est rarement présenté comme la panacée à la crise de la dette.

    – « Le fait que la loi de 1973 ait été abrogée en 1994 ne conduit apparemment pas ces innombrables blogueurs et autres auteurs de tracts à se poser la moindre question », l’auteur oublie simplement que dès 1992 le Traité de Maastricht reprend cette interdiction faite aux états d’emprunter et auprès de leur propre banque centrale nationale et auprès de la banque centrale européenne rendant donc inutile et caduque une interdiction de seule portée nationale, le traité de Lisbonne venant conforter ce dispositif ultérieurement, cette interdiction ayant par conséquent des effets pour l’ensemble des pays de l’Union européenne.

    La dénonciation de ces décisions comme élément du creusement de la dette est ainsi qualifiée de rumeur et d’explication simpliste.
    Les « vrais » problèmes et les « vrais » solutions étant ailleurs !
    L’auteur nous explique donc que, « le passage au financement de marché était lié à la volonté d’obtenir des crédits à moindre coûts sur un marché plus profond et plus liquide.  » !
    Il faudra alors nous expliquer, pour s’en tenir à ce qu’il y a de plus récent du passage obligé par les banques pour les états, ces dernières empruntant pour 483 milliards de dollars auprès de la BCE à 1%, pour ensuite prêter aux états à des taux pouvant aller jusqu’à 6, 7%, voire plus en fonction de la notation des agences, il faudra nous expliquer les résultats totalement inverses obtenus par cette volonté!

    Il s’agit bien là d’une totale contre-vérité : la loi de 1973, comme les articles du traité de Maastricht et de Lisbonne qui constitutionalisent l’interdiction participent du puissant mouvement de privatisation des fonctions monétaires et du crédit et de la contre offensive réactionnaire de mise sous dépendance des états par rapport aux marchés financiers.
    Le processus trouvant son origine politico économique dans la décision dès 1971 de Nixon de découpler le dollar de toute contre-partie monétaire, inaugurant en quelque sorte l’immense mouvement de dérégulation et de déréglementation qui a abouti à l’endettement des particuliers (subprimes) et des états, à la crise européenne et au chaos actuel !

    Et je dirais que l’auteur –dans sa dénonciation de la « rumeur  » montre quelque part le bout de son nez en préconisant une régulation suffisante du système financier pour contrer la spéculation, « solution » qui s’inscrit parfaitement dans les préconisations sarkosiennes ou/et réformistes de la moralisation du capitalisme, renvoyant par ailleurs comme tous ceux qui se refusent au détricotage des décisions prises depuis 30 ans (à la déconnexion comme dit à sa manière Samir Amin) afin de libérer les états de la tutelle des marchés, de renvoyer donc au changement des missions de la BCE et à une nouvelle gouvernance de l’Union.

    Afin que ne soit pas posée la question de restauration de la souveraineté des peuples contre la dictature des marchés et du système impérial !

    Enfin un dernier mot.
    Ce texte en filigrane est construit sur un amalgame fréquemment rencontré ces derniers temps qui vise à disqualifier certaines positions (ici la dénonciation des lois et textes qui organisent la dépendance des états par rapport aux marchés financiers) comme s’apparentant à une rhétorique d’extrême droite et répondant à une démarche simpliste et non fondée en raison, ressortissant de l’ordre de la rumeur, voire de la démarche « conspirationniste ».
    Raisonnements donc auxquels on dénie toute rationalité et qu’on salit en les désignant comme ceux tenus par les « rouges-bruns » !
    Cela me rappelle fortement l’argumentation truquée justement des partisans du OUI au Traité constitutionnel européen en 2005 qui pour réfuter l’argumentation des partisans du NON de gauche au traité à propos de la dénonciation de la constitutionnalisation du dumping social que le TCE aurait sanctifié, dénonçaient de manière intellectuellement malhonnête la xénophobie des tenants du NON renvoyés ici aussi à une collusion avec le Front national !

    Au final je crois donc pertinente et fondée en raison, la dénonciation des lois et textes qui ont jalonné au plan juridique et politique la construction de la domination des marchés financiers sur les états comme sur la sphère économique et l’ensemble des activités humaines et que dans la crise actuelle les solutions efficaces et rationnelles sont du côté des mesures visant à briser cette domination !
    Sans croire que leur élimination résoudrait miraculeusement tous les problèmes, y compris ceux de la dette mais que leur dénonciation participe du combat idéologique contre les thèses selon lesquelles la dette trouverait sa source dans le trop des dépenses publiques (donc sociales) et participe donc à la résistance contre les entreprises de culpabilisation des peuples et l’acceptation des politiques d’austérité qui en serait l’aboutissement.

    Gilbert Rodriguez

     
    • histoireetsociete

      décembre 30, 2011 at 5:34

      je crois qu’il faut savoir lire ce texte qui est intéressant à plus d’un titre.
      Il ne nie pas qu’il y ait eu la loi de 1973 et que celle-ci fasse partie d’un passage au financement par les marchés, mais il souligne plusieurs qui à mes yeux méritent d’être pris en considération:
      faire de cette loi l’alpha et l’omega de la cause des problèmes c’est en fait désigner un point d’action illusoire et négliger (c’est à ce titre qu’il m’intéresse) toute la complexité du système financier et la maîtrise qu’il exige. De ce point de vue je considère que les chinois sont en train de donner une leçon au monde tout à fait passionnante. Parce qu’ils ont le contrôle du système financier et pas seulement par une banque centrale mais par un secteur nationalisé pris dans une planufication rigoureuse et qie depuis des années ils travaillent sur une articulation public-privé, planification-marché, non dénué de contradictions mais qui au moins et je renvoie là-dessus au texte d’Hosbawn sur ce blog qui n’a pas été lu et qui est pourtant passionnant.
      Et donc comme toujours quans il y a simplification outrancière, l’extrême-droite est là poir imposer son simulace de révolution. Par exemple, sur le plan international alors qu’il s’agit de s’opposer au bellicisme de l’OTAN et de dénoncer les interventions, elle tire la démonstration pour nous faire accepter la fascisation de notre position, le cad Meyssan est exemplaire de ces liens avec Soral et Dieudonné, ce n’est pas une illusion, le réseau voltaire est actuellement un véritable réservoir à thème pseudo-anti-impérialiste.
      Dire qu’il y a des excès et des instrumentalisations de ces liens entre l’extrême-droite et l’extrême-gauche par exemple par quelqu’un comme Taguieff est exact mais non seulement ils existent mais ils prennent énormément d’ampleur. Je les ai longtemps nié comme de la propagande sioniste mais un jour j’ai du me rendre à l’évidence. Là aussi comme par hasard sous couvert de radicalité en fait ces gens là empêchent la lutte de masse tant pour la palestine que contre les expéditions de l’OTAN.
      En fait le problème est là et bien là, nous sommes dans une situation où la montée des mécontentements n’a ni projet, ni perspective, ni parti et c’est exactement la situation où en fait les alliances les plus réactionnaires sous couvert d’une fausse radicalité peuvent se nouer.
      je te signale que le théoricien auquel tu as emprunté son analyse est un membre du club de l’horloge et d’ailleurs j’ai un véritable déchainement depuis hier de gens appartenant à ce courant d’extrême droite, des disciples de « la théorie du tout », se référant à Yves blot qui tentent de défendre leur marchandise…

      va faire un tour sur ce site :
      theorie-du-tout.fr

      Donc Beitoun a raison de montrer comment sous une vision restrictive de la financiarisation (en fait comme je le disais plus haut cela revient à hypostasier l’argent en renonçant à l’analyse marxiste de ce qu’est le capital et la valeur)il y a le vieux complot de l’extrême-droite.Il ne dit pas que des organisations comme ATTAC, Copernic et à fortiori toi, êtes l’extrême-droite, il pointe une danger celui de se laisser ici comme ailleurs par une fausse radicalité.
      Les vrais problèmes aujourd’hui sont non seulement l’absence de perspectives politiques qui finissent par placer l’extrême-droite en position à la fois de repoussoir et d’éclaireur, parce qu’il ya une véritable régression sur le plan théorique (par rapport à Marx) et aussi par rapport aux ta^ches pratiques: quel est la médiation concrète sur laquelle agir pour rassembler et c’est là qu’il manque aussi Lénine… Tout cela est bien dangereux…

      Amicalement
      Danielle

       
      • Rodriguez

        décembre 30, 2011 at 9:24

        Chère Danielle,

        J’ai lu avec beaucoup d’attention le texte initial d’Alain Beitone et je suis en désaccord sur le fonds de son argumentation.
        Dénoncer le fait de faire de la loi de 1973 l’alpha et l’omega de tous nos maux et de l’explosion de la dette est une chose.
        Mais notre auteur ne se contente pas de cela, car outre le glissement plus que suggéré extrême droite —> gauche radicale ce qu’il met en valeur dans les causes primordiales de la crise européenne c’est « la crise de gouvernance dans la zone euro ».
        Autrement dit plus de fédéralisme, plus de contraintes budgétaires, plus de convergences fiscales vont solutionner la question.
        Et comment relancer la croissance et abandonner les politiques de rigueur sans remettre en question la domination des marchés financiers?
        Cette fuite en avant fédéraliste constitue justement l’alpha et l’omega (simpliste) de tous ceux qui veulent « tout changer pour que rien ne change! ».
        Etre vigilant pour s’opposer à la pénétration de l’extrême droite dans le champ politique, idéologique, éthique disons de la radicalité de gauche soit!
        Mais soyons tout aussi vigilant contre l’offensive des tenants du système prétendant parler au nom des intérêts bien compris de la gauche et qui entendent circonscrire le cercle de la raison et de ce qui est autorisé de penser rationnellement aux solutions acceptables pour le système en définitive.

        L’extrême droite « est là pour imposer son simulacre de révolution », non pas en raison de « simplifications outrancières », mais surtout en raison de l’absence d’occupation du terrain sur des bases de classe par les forces qui se réclament du changement de société, ce qui effectivement ouvre la brèche immonde au recours aux boucs émissaires et à la chasse à l’étranger, au différent …
        Et comment accepter l’accusation de nationalisme par la pensée unique et les soit disant élites qui désignent ainsi toute évocation de la souveraineté populaire qu’ils n’hésitent pas à bafouer chaque fois que leur choix politique subit la défaite, la consultation populaire comme on l’a vu avec la Grèce étant considérée comme un mal absolu!
        Le drame c’est que la contestation anti-système marque de l’intervention communiste durant des décennies (fonction tribunitienne) est à présent référencée dans une partie des milieux populaires comme étant celle du Front national!
        Et ce n’est pas la complexité et la finesse des analyses qui nous en délivrera.
        Le refus de payer la dette que par exemple le KKE en Grèce soutient avec un certain succès, s’ancre dans le sentiment profond non pas d’une confusion entre l’argent et le capital comme rapport social, mais justement dans l’appréhension que l’injustice prend sa source dans les rapports de classe et que c’est là qu’il faut porter le fer.
        En tout cas c’est là-dessus que doit se fonder l’intervention des forces progressistes et en premier lieu des communistes sans concession aux rafistoleurs du système!

        Amicalement
        Gilbert

         
  3. superskunk

    décembre 29, 2011 at 10:55

    personnellement je comprend pas ce qu’il y a de normal a ce que des banques prétent des sommes énormes en monnaie scripturale et gagnent quelques pourcent de milliards pour ca. en tout cas c’est pas en m’expliquant que c’est de l’antisémitisme que de penser ca que vous allez me convaincre ,et c’est pas non plus en me disant que ce probléme n’est pas la source de tous (ca parait assez évident). sinon je suis d’accord par rapport à ce que vous dites sur les théories du complot.

     
    • histoireetsociete

      décembre 30, 2011 at 5:39

      je viens de répondre à Gilbert Rodrigue, je crois que vous ne comprenez pas de quoi il est question… dans le texte d’Alain beitoun.peut-être ce texte mériterait-il d’être plus explicatif ne serait-ce que pour éviter le contresens de l’approbation des banques faisant un hold up, mais il ne dit pas ça du tout, il est dit que l’obsession sur un seul thème couvre la réalité des problèmes, tant ceux concernant l’Europe, la spéculation,et la mixité socialisme-narché qui sont devant nous et devant les partis de gauche.

       
  4. antisémite ou fachos ?

    décembre 30, 2011 at 7:43

    Je ne mettrai qu’un lien : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Analyse_des_reflexions_d_Alain_Beitone_sur_la_denonciation_de_la_loi_de_1973.pdf

    Quand j’ai lu cet « article » du monde, j’étais bien assis : je suis effaré par la pauvreté du discours de Beitone, les raccourcis qu’il emprunte, du manque d’arguments (quand ils ne sont pas creux), et de l’absence de la moindre réflexion ou esprit critique.

    On nous prends vraiment pour des buses.

    Bien cordialement.

     
    • histoireetsociete

      décembre 30, 2011 at 8:09

      le seul ennui est que je sais par expérience que Etienne Chouard fait partie du groupe d’égalité et réconciliation, je le sais parce qu’ils ont tenté de me faire adhérer à leur groupe, le responsable de la région provençale, un couple dont la femme juive avait été mise sur les listes de Dieudonné. Ils ont organisé une soirée ou d’autres amis communistes sont venus, c’était dans le local du couple, un centre d’arts martiaux, ils avaient même adhéré au PCF et à la CGT, Etienne Chouard qui avait une obsession et une seule la réforme de la Constitution et en particulier le tirage au sort des élus,participe désormais à leur groupe qui a pour assise de masse l’université populaire d’Ais marseille, l’organisation de Miche Onfray. Donc je peux affirmer les passerelles qui existent entre les uns et les autres. Beitone décidemment a visé juste. Tout leur art comme celui de Soral consiste en s’introduire dans l’extrême-gauche et en particulier tous ceux qui se sont rassemblés contre la Constitution européenne en jouant la fibre nationale et en faisant monter au créneau les gens de gauche, voir des juifs… Ils ont tenté ça avec moi et j’ai des témoins de cette réunion.
      Danielle Bleitrach

       
    • histoireetsociete

      décembre 30, 2011 at 10:14

      plusieurs membres d’égalité et réconciliation m’écrivent les textes suivants, je ne le met pas leur adresse en ligne pour ne pas leur laisser d’entrée sur mon blog, mais je mets leurs textes intégralement cela prouve premièrement les liens qu’ils tentent d’établir et ensuite à quel point la réponse est décidée collectiveme:

      Nicolas responsable Egalité et réconciliation provence côte d’Azur

      « Et bien je suis bien curieux d’entendre les témoins !

      Pour remettre les choses à leur place:

      Bonjour, je suis Nicolas, responsable PACA d’Égalité & Réconciliation. J’étais à cette réunion à l’époque ou Christophe et “sa femme juive” telle que Danielle la qualifie (décidément la judéité est une question importante pour Danielle) l’avaient organisé. À ce moment, ils avaient quitté l’association E&R et par bonne volonté, ont voulu réunir toutes leurs connaissances et amis pour essayer d’organiser un débat qui aurait pu aboutir à une sorte de front de résistance à la manière d’un petit CNR local.

      Danielle Bleitrach est une menteuse.

      1- Ce n’était pas une réunion organisée par E&R, mais par des anciens d’E&R très liés à l’époque à Danielle Bleitrach.
      2- Étienne Chouard n’est pas membre (malheureusement) d’E&R.
      3- Nous n’avons jamais essayé de pousser quiconque à nous rejoindre lors de cette réunion. Je m’y suis rendu à titre individuel et j’ai annoncé mon appartenance à E&R pour que les choses soient claires avec tous les participants.
      4- Nous n’avons aucun lien avec l’association de Michel Onfray, nous en sommes même très éloignés idéologiquement.
      5- Nous n’avons pas le projet d’attaquer la Pologne, ni de déporter Danielle Bleitrach.

      À bon entendeur !

      Deuxième intervenant Fredy présent à la réunion

      « Bonjour Danièle,
      Ce n’est pas bien joli de mentir comme cela.
      Il se trouve que j’étais présent à cette fameuse réunion en tant qu’adhérent d’ER.
      Comme tu le sais, ce sont tes amis Christophe et Anne Marie (la juive dont tu parles, ça a l’air d’être un sujet important pour toi…), qui avaient quitté Egalité et Réconciliation qui ont organisé cette réunion dans le Dojo appartenant à Christophe.
      Nous devions essayer de trouver les moyens d’organiser une sorte de CNR local réunissant des communistes, anciens communistes, adhérents et anciens adhérents d’ER.
      Malheureusement, voyant que vous ne parveniez pas à nous convaincre que la seule façon de résister était d’adhérer au Parti Communiste, et face à nos critiques de la dérive de ce parti, tu nous as accusé d’antisémitisme car nous soutenions Dieudonné et depuis ce jour tu as rompu tout contact avec nous, ainsi que Christophe et Anne Marie, dont le sens de l’amitié s’est avéré tout à fait relatif ! (une grande déception pour moi).
      Je précise également que Etienne Chouard, n’est pas membre (malheureusement) d’Egalité et Réconciliation et qu’il ne l’a jamais été. Il n’est d’ailleurs membre de rien, ce qui est en accord avec ses idées. Il est simplement un honnête homme, qui accepte de parler et d’écouter ceux qui ne sont pas du même avis que lui. Un démocrate dans le sens réel du terme.
      Nous ne connaissons pas Michel Onfray.
      Je vois que tu as gardé les bonnes vielles habitudes “staliniennes” du mensonge, de la diffamation et de la désinformation pour faire passer tes idées.
      Nul doute que ce message ne sera pas publié, mais peu importe, celui qui l’aura lu connaitra au moins la vérité.
      Frederic

      Ma réponse :
      première idée, oui la judéité est importante pour moi à la manière de Marce Bloch quand je suis devant un antisémite et nul ne niera qu’égalité et reconciliation, comme Le Pen et autres dieudonné ne soient antisémites… Si j’ai parlé de l’épouse juive c’est pour montrer jusqu’où pouvait être exploité l’innocence des gens. je les avais connus à l’Université populaire de Michel Onfray dont ils étaient responsables sur Aix à l’époque. Ils ne m’ont pas caché qu’ils avaient quitté Egalité et réconciliation, ni les anciennes responsabilités de Christophe… Moi j’ai tendance à ne pas faire de procès aux gens sur ce qu’ils étaient et leur défense patriotique me paraissait juste parce que j’aime la France et je refuse de la laisser à Le pen. j’ai même poussé l’enthousiasme de leur organiser des cours de marxisme, en particulier sur la différence sur l’argent et la valeur, visiblement ils n’en ont pas profité.
      Un jour sans me prévenir du projet ils ont organisé une réunion à laquelle j’ai convié un certain nombre de communistes en me parlant d’Etienne Chouard que je ne connaissais pas qui intervenait à l’Université populaire et d’un ami d’orange communiste dont le fils était au front National. Mais ils ne m’ont pas dit que leur projet était de créer un nouveau CNR avec des fascistes d’égalité et réconciliation, je l’ai découvert le jour de la réunion dans laquelle dominaient d’étranges individus disciples de Dieudonné et où il y avait Etienne qui n’avait qu’une obsession nous faire partager son idée du tirage au sort des élus. Bref j’ai été indignée d’un tel piège et je ne leur ai plus jamais adressé la parole… mais à partir de là j’ai commencé à suivre les filières, les sympathies.
      Le comité Valmy m’avait mis en garde contre ces gens-là en fait je ne les ai pas écouté, j’ai eu tort mais la leçon m’a servi et désormais je connais la technique, la flatterie pour vous faire prendre des positions, affirmer la rupture avec les fascistes et quand le fruit est mur organiser des débats type CNR, union des fascistes et de l’extrême droite contre la finance et les banques européennes… Suivez mon regard…De rothshild à Madoff quitte à inventer que Rockfeller est juif et de limiter la question des speculations et des institutions européennes à cela. Qu’étienne Chouard ne soit pas à Egalité et réconciliation est une bonne chose pour lui mais comme ce n’est pas un économiste mais un prof du secondaire de droit il dit souvent en matière d’économie des choses un peu superficielles… Qui visiblement ont l’adhésion du public d’égalité et reconciliation, je lui conseille de se méfier de ses admirateurs… J’en parle je le répète en connaissance de cause et je remercie l’intervenant qui tout en me traitant de menteuse a apporté une preuve supplémentaire.
      En putre chacun remarquera que magré la manière dont j’ai été traitée, je n’ai eu de cesse de vouloir faire adhérer au PCF ceux qui prétendaient être des Révolutionnaires.
      Danielle Bleitrach

       
  5. superskunk

    décembre 30, 2011 at 11:24

    personnellement ca m’agace les gens qui crient a l’antisémitisme a tort et a travers, etre antisémite c’est adhérer a la théorie des races et considérer que les juifs forment une race a part et néfaste. alors critiquer quelqu’un comme madof pour ses escroqueries du moment qu’on expose pas l’idée que sa judaité est la cause de son comportement (méme si on en parle de son judaisme de la méme maniére que si il etait shintoiste on pourrait aussi le mentionner) pour moi ce n’est pas de l’antisémitisme. on peut SOUPCONNER la personne d’etre antisémitisme. Mais dire que cette personne est antisémite sans preuves sans autre forme de procés pour moi c’est de la diffamation pure et simple. (on est bien d’accord que dans certains cas il y a un probléme effectivement mais c’est une attitude généralisée que bcp de gens qui n’étaient pas au courant de leur antisémitisme subissent)

     
  6. histoireetsociete

    décembre 30, 2011 at 11:57

    on peut m’accuser de tout sauf d’avoir cédé à ce travers, je suis allée aussi loin qu’il est possible dans le refus de voir l’antisémitisme là où il était et l’histoire racontée par les gens d’égalité et reconciliation le prouve, c’est là que j’ai décidé de dite non parce qu’il s’agissait de l’avancée de l’extrême-droite dans mon pays plus encore que mes appartenances juives;
    Danielle Bleitrach

     
    • pam

      décembre 30, 2011 at 3:23

      danielle

      j’avoue que je m’y perds un peu. Je suis avec attention tes efforts pour éclairer les manœuvres de l’extrême droite. Je suis convaincu que c’est un enjeu crucial de 2012 et leurs efforts pour apparaitre partout comme la réponse « nationale socialiste » moderne est vraiment inquiétante, compte tenu de l’absence d’une position communiste nationale visible.

      Cela dit, Beitone, au-delà de la question de l’origine de ces alertes sur la loi de 73 tient un raisonnement qui compare financement par le marché et financement administré comme si c’était deux techniques neutres qu’on pourrait comparer en terme d’efficacité.

      C’est ce qui m’interroge car ca me parait évident que tout changement politique suppose d’exproprier les grands détenteurs de capitaux de la maitrise des politiques publiques, que ce soit pour la SECU ou pour l’investissement public. Si comme le propose la majorité « de gauche » du sénat et des collectivités locales, on (re)crée une agence publique de financement mais qui se finance elle-même sur les marchés financiers, on n’a rien fait.

      La proposition de Friot d’une « cotisation économique des entreprises » qui serait consolidé au niveau de l’état comme base de financement des politiques publiques d’investissement ouvre au contraire une alternative qui connecte la politique avec la seule base de production de richesse, le travail, et en court-circuitant tout prélèvement financier, donc en fait toute appropriation privée de la part de profit collectée ainsi.

      Mais si l’état va chercher sa trésorerie dans les marchés, on réintroduit le loup dans la bergerie et on lui donne l’outil pour contraindre les politiques publiques à le servir.

      Donc, il me semble que pour nous, ce n’est pas du tout équivalent de financer sur le marché ou pas…

      Reste bien sûr que cette loi de 73 n’a pas inventé l’argent-dette qui est au coeur du capitalisme depuis son origine. J’ai cherché à savoir d’ailleurs comment avait évolué les règles de financement de l’état entre les situations d’avant 29, ce qu’a fait le Front Populaire et ce qu’a fait le CNR en 45. Car bizarrement, la loi de 73 n’a rien abrogé qui date de 45… Vérification faite, elle a abrogé des lois de Germinal an XI, de Napoléon, de 1834, la loi la plus récente modifiée étant de 38..

      Sur le fonds, la seule réponse à l’utilisation par l’extrême droite de la critique de la loi de 73, c’est bien de montrer que contrairement à ce qu’ils veulent faire croire, cela ne concerne pas une « part pourrie » du système, qui bien sûr serait juive, mais que c’est bien le système capitalise lui-même, le principe de l’appropriation privée du travail, du rapport social d’exploitation qui est au cœur de la dette et que la monnaie n’est pas le problème premier, mais au contraire très exactement le masque de ce rapport social…

      On peut sortir de l’Euro, ne pas payer certaines dettes et rester dans ce système qui va continuer à creuser les inégalité et les dettes…

      Il est donc utile de critiquer la loi de 73 en montrant sa cohérence avec la décision de Nixon de sortir le dollar de l’or, comme un des éléments de la contre-offensive de l’impérialisme après sa grande peur de 68, qui s’ajoute au rapport sur la croissance, à l’accord avec l’Arabie Saoudite pour faire chuter le prix du pétrole qui garantissait l’équilibre économique de l’URSS…

      Non, la loi de 73 n’est évidemment pas un élément d’un complot, mais bien un des outils du système à combattre.

       
      • histoireetsociete

        décembre 30, 2011 at 5:17

        A 100% daccord avec toi PAM. Cette loi de 73 n’est qu’un élement du dispositif et les questions du contrôle du système financier, le débat autour de tout le système y compris la relation privée public et la nationalisation du secteur fiancier, une nouvelle fiscalité sont bien plu importante, c’est ce que dit beitoun et je ne pense pas être d’accord avec toute son analyse mais elle a le mérite de débusquer des formes de dévoiement du débat. C’est ce que je m’évertue à mettre en évidence partout, la manière dont les thèmes réducteurs de l’extrême-droite sont insufflés par le biais de passerelles y compris entre les gens qui ont voté NOn au référendum et ont exagéré leur importance par exemple par rapport à l’appel de la CGT ou même le rôle du parti (c’est ce qui a donné les différentes expériences autour de Bové puis le Front de gauche) tous ces gesn bien sûr sont trés loin d’être des fascistes simplement ce sont des esprits légers qui se sont gonflés et se sont attibués des mérites qu’ils n’avaient pas, là dessus pseudo patriotiques ou gaullistes comme le club de l’horloge une certain nombre de gens souverainetistes se sont mis à former halo dans lequel l’extrême droite développe sa propagande… Je suis trés inquiète parce qu’il y a ni perspective, ni parti et je crains donc des récupérations des mécontents… Un peu à la manière dont dans les paus arabes des forces identitaires, réactionnaires tentent de récupérer le mouvement… Donc je me débats comme un diable pour tenter de mettre en évidence certaines choses mais je suis bien seule… C’est un fatras inimaginable avec de l’irrationnel comme le truc des illuminati.. Alors même quand je ne suis pas à 100% d’accord avec beiton je suis contente qu’il y en ait pour percevoir ce qui est en train de se créer et dans lequel les communiste ne voient rien passer…
        Danielle Bleitrach

         
  7. superskunk

    décembre 30, 2011 at 12:17

    ca fait un moment que je suis de loin égalité et réconciliation et ca m’ intérrésse vraiment que vous me disiez (vous qui semblez les avoir rencontré) ce qui vous permet de dire que ce sont des fascistes.

     
  8. EDOUARD

    décembre 30, 2011 at 1:12

    bon je vois qu’il y a de l’animation sur ce blog. Concernant le film Thrive … je tiens à préciser une chose … je n’ai aucunement évoqué de date ni fait apparaître de relation avec la date du 11/11/11 … j’ai juste visionné ce film et j’ai trouvé qu’il y avait des éléments sur le fonctionnement des banques qui pouvaient être intéressant pour une vision globale. Théorie du complot ou pas …peu importe .. à chacun de se faire une opinion. je n’ai pas dit non plus que ce film était un chef d’oeuvre et qu’il fallait s’y référer … là encore c’est à chacun de se faire une opinion. je n’ai aucune raison d’en faire la censure. concernant le nom de l’auteur … il porte le nom qui lui a été imposé à sa naissance … de là à lui faire supporter les agissements de sa famille si tant soit peu il y ait un lien avec la fameuse holding … c’est pousser Mémé dans les orties et faire preuve d’un manque d’ouverture d’esprit et d’une forme d’intolérance assez désagréable.
    j’ai trouvé intéressant l’ensemble des interventions et pour moi … il y a juste un manque de souplesse et de clarté dans le texte initial et cela entraîne des confusions.
    pourquoi faire simple alors que l’on peut faire compliqué.
    il est plus que clair que l’extrême droite fait une percée assez importante et jette la confusion chez beaucoup. tout comme Danielle j’ai relevé le rôle de certains pseudos dissidents qui sous le couvert d’associations diverses et variées … infiltre la gauche de façon plus ou moins larvée …
    chez les indignés, les altermondialistes, les libres penseurs etc …
    il convient d’être très vigilant quand aux mots employés, ainsi que sur la qualité des membres.
    je suis également d’accord avec Danielle concernant le retournement du réseau voltaire …
    de nombreuses personnes se laissent abusées … et lorsque l’on signale le piège c’est nous qui sommes mis à l’index immédiatement.
    là il convient d’être bien clair dans sa tête et garder un esprit critique face aux belles dialectiques qui cachent un dessein bien sombre.
    là où je ne suis pas en accord avec Danielle c’est la référence systématique au statut de juif et à un communisme authentique.
    je crois personnellement que le fait d’être juif n’est pas un critère de qualité ni un défaut … je préfère parler d’humains dont les origines, la couleur et la religion m’importe peu …
    il y n’est pas fondé d’être anti sémite …. c’est faire preuve d’une ignorance sans nom.
    par contre je peux comprendre que l’on puisse être anti sioniste qui pour moi s’apparente à du fascisme. beaucoup de personnes font confusion entre sémite et sioniste et assimile les deux termes aux seuls juifs …. rien de plus faux.
    un sioniste n’est pas forcément juif ….. les sémites ne sont pas tous juifs … loin de là.
    je ne vais pas aller au delà … mais une chose est certaine je ne vais pas mettre sur le dos des juifs , l’ensemble des problèmes de notre chère planète.
    pour ce qui est du communisme … je ne pense pas qu’il y ait un label rouge et une appellation d’origine contrôlée. je ne vais pas faire l’apologie de l’ex urss, de la chine et autres variations.
    le seul communisme qui m’intéresse est celui qui peut s’appliquer sans pour autant se transformer en dictature comme c’est souvent le cas et qui se transforme au fil du temps en une forme de fascisme.
    le seul communisme digeste est celui qui respecte les libertés de chacun dans tous les domaines et dont l’objet est la mise en commun des richesses … que les défavorisés de la vie ne soient pas laissés pour compte mais soient aidés par les plus favorisés.
    pour moi l’ex urss est un échec … et le modèle chinois est en train de devenir capitaliste …. il suffit d’observer le peuple pour voir qu’il n’a pas de libre arbitre et qu’il vit dans la misère alors que les millionnaires sont aussi nombreux que les fleurs d’un cerisier au printemps dans la classe dirigeante. on en revient à l’adage ni dieu ni maître … pourvu que je sois contremaître !
    pour résumer : il est clair que l’extrême droite fait une sérieuse poussée sur le plan international sous diverses couvertures tout en infiltrant toutes les réseaux … y compris juifs mais pour moi il n’y a pas de label rouge du parfait communiste …. un peu d’ouverture et de tolérance serait bienvenue car à être trop extrême on rejoint ceux que l’on rejette ….. ne dit on pas que les opposés s’attirent !?

     
  9. superskunk

    décembre 30, 2011 at 1:34

    antisioniste = fasciste ca change de antisioniste = antisémite ^^ mais c’est simpliste et malhonnéte aussi. rappelons la définition du fascisme :

    « Au sens large, le terme fascisme a pris un sens générique. Il s’est étendu à tout mouvement politique s’appuyant sur un pouvoir fort, les métiers organisés en corporations, l’anticapitalisme, le militarisme, l’exaltation du sentiment nationaliste, le rejet des institutions démocratiques et libérales, la répression de l’opposition et un contrôle politique extensif de la société civile.  »

    alors il me semble que l’antisionisme ne remplit pas ces critéres. puisque a moins que vous me prouviez le contraire les antisionistes sont pour des institutions démocratiques et libérales et ne sont pas pro militariste. de plus le mouvement antisioniste est loin d’avoir un controle extensif sur la société ni de le proner ^^ ca se saurais. par ailleurs a ce que je sache il ne s’organise pas en corporation de métiers.

     
    • EDOUARD

      décembre 30, 2011 at 2:05

      @superskunk : oups !!! sorry j’ai coupé ma phrase c’est sionisme que je rapproche du fascisme … merci d’avoir relevé cela

       
      • histoireetsociete

        décembre 30, 2011 at 2:15

        non je ne suis pas d’accord, Einstein et Chomsky se sont toujours affirmés sionistes et pourtant ce ne sont pas des fascistes loin de là… le sionisme est un choix qui s’est présenté à des juifs réprimés et qui d’après moi était une erreur fondamentale. Mais les rabbons fondamentalistes et Nethanayou sont des fascistes… Il faut faire trés attention aux mots qu’on emploie parce que ça obscurcit au lieu d’éclairer…

         
      • superskunk

        décembre 31, 2011 at 10:51

        pour moi le sionisme est tout simplement le nom du nationalisme juif avec tout ce que ca implique en bien et en mal compte tenu de la situation. j’aime bien la perspéctive historique donnée par ces rabbins http://www.youtube.com/watch?v=WnFUIx7OdTQ sur le sujet du sionisme (attention je tien pas a rentrer dans le débat sur dieudonné)

         
      • superskunk

        décembre 31, 2011 at 10:55

        la perspéctive religieuse est intérréssante aussi

         
  10. superskunk

    décembre 30, 2011 at 1:36

    cela dit effectivement on doit pouvoir trouver des anticapitalistes parmis eux personnellement ca ne suffit pas a faire d’eux des fascistes a mes yeux

     
  11. superskunk

    décembre 30, 2011 at 1:38

    et quand au sentiment d’exaltation national des tas de gens essayent d’exalter le sentiment national a droite comme a gauche…

     
    • EDOUARD

      décembre 30, 2011 at 2:07

      pour ma part je fais une différence entre le patriotisme et le nationalisme … mais comme vous le dites … on en trouve à droite comme à gauche

       
  12. superskunk

    décembre 30, 2011 at 2:19

    @EDOUARD je vien juste de voir vos 2 derniers messages. ok ca fait plaisir pour une fois de tomber sur qq qui a fait cette erreur inconsciement plutot que consciement. En tt cas j’éspére que Danielle Bleitrach me répondra, je meurt aussi d’envie de savoir comment elle peut etre a la fois juive et communiste (une idéologie qui rejette le communautarisme et prone l’atheisme il me semble)

     
  13. EDOUARD

    décembre 30, 2011 at 2:52

    j’avoue être très maladroit dans mes propos …. en voulant faire simple et rapide ça apparaît simpliste et a fortiori faussé.
    je ne suis pas ce que l’on appelle un intellectuel et ma culture se limite à mon vécu, mes lectures, ma formation ainsi qu’à mes ressentis.
    je ne prends rien comme argent comptant et je n’adhère à aucune vue qui altère le libre arbitre.
    bref j’aime beaucoup Danielle même si je ne me reconnais pas dans sa vision mais je suis d’accord avec Elle sur le danger de l’extrême droite et de ses ramifications dans tous les secteurs et couches sociales et surtout dans les divers courants religieux … y compris le new age.
    c’est un réel danger à ne pas négliger.

     
  14. superskunk

    décembre 30, 2011 at 5:19

    elle a bon dos l’extreme droite dites donc^^le danger a mon avis c’est l’extremisme tout court en matiére idéologique.

    la droite contre la gauche c’est un paradygme qui méne pas a grand chose c’est se battre contre des moulins a vents on finit par combattre des symboles plus que des idées. Quand je vois les ravages que ca peut faire chez certaines personnes dont le cerveaux se met en mode « rejet » sans possibilité de réfléxion sur les choses pour ce qu’elles sont parcequ’ils ont affaire a une idée plus de droite ou plus de gauche…

    nietzsche l’a bien expliqué quand il disais que l’on ne pouvais nommer les choses de maniére définitve puisque tout change en permanence l’homme vit donc avec ses illusions de droite ou de gauche rien de nouveau.

    le new age est une escroquerie spirituelle et souvent financiére + proche du satanisme qu’autre chose quand on connais un peut l’ésotérisme. mais ce genre de dérives a tjr existé on trouve meme pire sans prbm dans le passé, de Ibn Taymiyya a jean calvin. rien de nouveau.

    ce qui m’inquiéte le plus moi c’est le formidable outil de manipulation de la psychée collective que constitue les médias moderne et l’école obligatoire et gratuite (en tt cas en occident) choses qu’on ne trouvaient pas autrefois poussées a ce point la. ca c’est nouveau.

    je veut pas dire par la qu’on est tous manipulés par les illuminatis ^^ simplement que la population croit avoir son libre arbitre alors qu’elle est enfermée par son éducation et les médias de masse dans un paradygme qui induit un mode de vie qui est nouveau lui aussi : la surconsommation. et ce mode de vie entraine la destruction de la planéte. il faudrait l’équivalent de plusieures planétes pour que le monde entier ai une qualité de vie a l’occidentale, ca risque de poser un probléme inédit : la néscéssité pour l’homme de se débarrasser des instincs animaux qui le poussent a consommer ou de s’auto détruire. les appétits humains sont infinis les ressources de la planéte elles non.

    bref

     
    • EDOUARD

      décembre 30, 2011 at 9:28

      et ben voilà on y arrive ! c’est bien ce que j’écris plus haut … les extrêmes s’attirent ! que ce soit l’extrême droite ou l’extrême gauche … point de salut … nous sommes dans l’excès … mais le danger pour l’heure vient de l’extrême droite d’où mon propos.
      je précise bien plus haut ma vision du communisme qui est autre que les modèles soviétiques, chinois ou cubain.
      pour ce qui est du new age … effectivement nous sommes dans une dérive … qui tend vers le satanisme mais c’est aussi le cas pour le vatican dont certains cardinaux ne s’en cachent même plus …. à tel point qu’ils ont repris les formations en exorcisme devant l’ampleur du problème.
      je suis assez d’accord avec le reste de votre développement.

       
  15. Étienne Chouard

    décembre 30, 2011 at 9:22

    Chère Danielle,

    J’arrive ici guidé par le buzz créé par l’article d’Alain Beitone, et je tombe sur ton commentaire (30 déc. à 8 h 09) qui me laisse un peu pantois.

    Ça fait six ans que je te lis et que j’apprécie souvent au plus haut point ton exigence et ton souci de justice sociale. Je ne développe pas.

    Mais ce que je lis aujourd’hui sous ta plume est tout à fait injuste. Je vais t’expliquer pourquoi.

    Je n’appartiens à aucun groupe, rigoureusement aucun, et c’est par principe : je tiens plus que tout à garder ma totale liberté de penser et je me tiens à l’écart des partis, de leur « ligne » (que je considère comme un dogme), de leurs prêtres, de leur police de la pensée, de leur haine de tous les autres partis ou presque, je m’en tiens à l’écart avec un soin rigoureux.

    Bien sûr, cela ne veut pas dire que je ne m’engage pas et tu sais que je me bagarre passionnément pour le bien commun comme les autres militants, et je suis proche de plein de copains qui, eux, bien sûr, sont dans des partis ou dans des syndicats : en effet, dans un régime de gouvernement représentatif, régi par un système électoral à base de candidatures, on n’a aucune chance comme homme seul, on ne vit politiquement que regroupés. C’est donc logique de leur part ; tout ça est normal.

    Il se trouve que, défendant la démocratie, la vraie, et le suffrage universel, le vrai (celui où les citoyens votent EUX-MÊMES leurs propres lois, et pas leurs représentants ; au moins à l’Assemblée constituante, mère de toutes les puissances et impuissances), et cherchant à identifier la cause des causes des injustices sociales, de toutes les injustices sociales, j’intéresse de façon transversale des gens de toutes conditions : militants ou novices, de gauche, du centre ou de droite, y compris des prétendues « extrêmes » des deux côtés… Ce sont donc les gens qui s’intéressent à mon travail et pas moi qui cherche à intégrer des groupes.

    Évidemment, je les laisse faire ; comment pourrais-je d’ailleurs faire autrement ? Tu aurais l’air fine, toi-même Danielle, si Marine Le Pen (je prends exprès celle que tu détestes sans doute le plus, mais peu importe, c’est un exemple) si MLP, donc, se mettait à t’adorer, à te citer sans arrêt, à te tresser des louanges partout à la télé, à reprendre tes propos et même à développer ta pensée sur des thèmes où elle te surprendrait peut-être en t’aidant toi-même à approfondir tes analyses… Que ferais-tu ? Tu n’y pourrais pas grand-chose, Danielle : et il te faudrait te rendre à l’évidence que « les idées appartiennent à ceux qui s’en emparent », autrement dit : aucune idée n’appartient à qui que ce soit (ni à quelque parti que ce soit). Et tu n’es PAS responsable de ceux qui aiment ta pensée.

    Tu n’es PAS responsable de ceux qui te soutiennent. Chacun ses idées. Mais tu pourrais faire contre mauvaise fortune bon cœur et tâcher de tirer le meilleur parti de ce à quoi tu ne peux rien. ET EN PARLANT AVEC (Marine Le Pen ou une autre), TU TE RENDRAIS PEUT-ÊTRE COMPTE QUE TU TE TROMPAIS SUR SON COMPTE. Ce que je viens de dire est valable de façon universelle : en changeant les deux personnages, ça marche à tous les coups. J’insiste.

    À l’occasion de nombreuses conférences, donc, soit pour les organiser, soit au cours des débats, je rencontre des gens de tous horizons, ce que je trouve d’ailleurs extraordinairement enrichissant et vivifiant.

    Je découvre ainsi, pour prendre un exemple bien marqué, moi qui pensais (sottement) que les royalistes étaient tous forcément des salauds antisociaux, des partisans d’une société de privilèges, je découvre qu’il existe des royalistes, catholiques pratiquants, d’une gentillesse irréprochable avec un sincère souci constant du bien commun. Je répète : avec un souci constant du bien commun. Moi, ça me parle, ça. Alors bien sûr, de mon point de vue, le royalisme est une folie pure, la porte ouverte à tous les abus de pouvoir, à tous les privilèges, aux pires injustices… Bien sûr. Mais, ça m’intéresse de COMPRENDRE ce qui se passe dans la tête d’un royaliste de bonne foi et plutôt « normal » : comprendre pour progresser soi-même et/ou pour aider l’autre à progresser aussi. Je trouve ça plus malin, pour favoriser la concorde et la paix civile, que la guerre de tranchées politique que nous imposent les partis.

    Ce dont je suis sûr en tout cas, c’est que si j’affirme que « tous les royalistes sont tous des salauds et que je lutte contre eux et que je ne veux même pas leur parler, ce sont des fascistes… », ils ne changeront certainement pas d’un millimètre ; ils vont même probablement se radicaliser et devenir PIRES que si nous avions régulièrement échangé nos points de vue de bonne foi.
    Pareil pour moi.
    Pareil pour tout le monde.
    La démocratie, de mon point de vue, c’est « organiser des institutions pour nous obliger nous-mêmes à écouter tous les points de vue avant de décider quoi que ce soit, sujet par sujet » (et PAS groupe de sujets d’une ligne de parti par groupe de sujets d’une ligne de parti) : je peux très bien être en profond désaccord sur la position de mon royaliste sur l’avortement ou sur la peine de mort, mais parfaitement d’accord et en lutte côte à côte avec lui contre un ennemi commun à propos des retraites.

    Je trouve cette dernière possibilité extrêmement importante dans une société de citoyens-adultes : nous devrions tous pouvoir nous confronter idée par idée.

    Alors que les partis, défenseurs du faux « suffrage universel » (pour continuer à tout décider à la place des autres), les partis nous condamnent à la seule confrontation pack d’idées par pack d’idées, à n’être et ne rester que des électeurs-enfants, tout juste bons à dire oui ou non pour une « ligne » de parti, à prendre ou à laisser, en bloc.

    Je trouve ça proprement INFANTILISANT. De mon point de vue, on est là à mille lieues d’une démocratie digne de ce nom.

    Quand même, je dois dire que, quand je tombe sur un authentique salaud, un loup, un prédateur indécrottable (il y en a, peu, mais il y en a), je n’arrive pas à discuter aussi bien qu’à l’accoutumée et à rapprocher les points de vue, c’est sûr.

    Mais cela n’arrive pas si souvent que ça et bien souvent, les frontières partisanes sont totalement irrationnelles et contre-productives pour les luttes sociales ; je le dis souvent comme ça : les partis nous empêchent de fraterniser. Je l’ai particulièrement (mal) vécu quand les multiples petits partis de gauche ont été INCAPABLES de fusionner, de faire UN pour nous permettre de nous unir enfin : chaque parti a une logique professionnelle de survie et un intérêt en tant que système qui est, je crois, contraire aux intérêts des membres du parti lui-même.

    Je peux me tromper, bien sûr, mais c’est comme ça que je vois le réel.

    Donc, je n’ai pas, mais pas du tout, d’approche partisane : je cherche les bonnes idées PARTOUT. Et ça, pour les partisans qui m’aiment bien, c’est parfois vécu comme une trahison : je peux le comprendre, mais ça ne me fera pas changer : je suis un esprit libre. Fraternel et pacifiant, autant que possible, mais libre.

    Bon, alors, quand les gars d’Égalité et réconciliation organisent une réunion pour parler de la démocratie, je ne suis pas bêcheur : pour parler de la démocratie (la vraie), je fais rarement des manières, je viens. Et quand ils veulent en parler avec moi, je leur parle. Oui oui, je leur parle. Et le croirais-tu, on s’enrichit à cela, même avec ceux qu’on aurait eu tendance à considérer comme des affreux.

    Il y a un proverbe chinois qui dit : « Les vérités qu’on aime le moins à apprendre sont celles que l’on a le plus d’intérêt à savoir. »
    Je pense que c’est la même chose avec les gens qu’on n’aime pas rencontrer.

    Il y aune autre façon (importante) de le dire :
    J’ai besoin de mes adversaires pour progresser.

    Autrement dit, quand je ne suis qu’avec des copains qui pensent comme moi (ce qui est évidemment assez confortable), je ne progresse pas, ou peu.

    Je suis intimement convaincu de cela, Danielle, et c’est pour ça que tu me verras débattre avec des gens que tu considères comme des salauds.

    Pourtant ça ne fait pas de moi un salaud, Danielle.
    Je ne suis pas un salaud.

    Alors quand je lis ce que tu dis pour me discréditer, en bloc, de la même façon qu’Alain Beitrone d’ailleurs, de façon partisane et sectaire : « il a mis les pieds dans le camp opposé et il a parlé aux ennemis, c’est donc devenu un ennemi, il ne faut même plus le lire… », je suis déçu, Danielle. Voilà.

    Quand tu racontes que le groupe d’E&R « a pour assise de masse l’université populaire d’Aix Marseille, l’organisation de Michel Onfray » (sic, sic et resic), ce sont des ragots, des rumeurs, des cancans, des commérages, faits de détails réels mésinterprétés et montés en épingle avec malveillance, sans aucun fondement : c’est indigne de toi.

    Voyons les FAITS :
    1) Je ne suis évidemment pas à E&R, pas plus qu’à n’importe quel groupe.
    2) il n’y a aucun rapport entre E&R et l’UP d’Aix, que je sache.
    3) L’UP d’Aix n’a (malheureusement) aucune « assise de masse » (le terme même est amusant).
    4) Il n’y a d’ailleurs presque aucun lien (si ce n’est affectif, sans doute), que je sache, entre l’UP d’Aix et Michel.
    5) Faute de temps, je ne mets plus les pieds à l’UP depuis deux ans.
    6) je n’ai besoin de personne pour « laisser vibrer » en moi ce que tu appelles la « fibre nationale » : selon moi, Robespierre, ce grand homme, a pensé et défendu le concept génial de nation pour protéger le peuple contre ses ennemis ; je ne vais pas laisser salir cet outil indispensable de justice sociale pour satisfaire un ayatollah ou un Torquemada de passage. Je n’ai besoin d’aucun groupe pour me montrer comment défendre l’État et la nation contre les « mondialistes ». Je crois être (devenu) un « souverainiste de gauche », je ne suis mû que par le goût du bien commun, je ne suis candidat à rigoureusement rien, je cherche à instituer durablement une société pacifiée de citoyens adultes qui votent eux-mêmes leurs lois et où aucun pouvoir, pas même celui du peuple assemblé, ne soit à l’abri d’un contrôle réel quotidien.

    Ça va être compliqué de démontrer que je suis un nazi… ni de près ni de loin.

    Je lis et j’écoute les partisans, je lis les penseurs (Orwell, Chomsky, Robespierre, Lasch, Rousseau, Tocqueville, Marx, Keynes, Hayek, Lordon, Sapir, Todd, Épicure et Démocrite, Castoriadis, etc. etc.); ils m’intéressent TOUS, mais je n’ai pas de maître, pas de foi, je suis « open ».

    Donc, ce serait bien de ne pas colporter de fausses nouvelles sur mon compte, s’il te plaît. Je t’aime bien, et cela surplombe évidemment ces petites anicroches, mais là, c’est juste déconnant.

    Sans rancune, aucune.

    Amicalement.

    Étienne.

    http://etienne.chouard.free.fr/Europe

     
    • pam

      décembre 31, 2011 at 9:13

      en attendant la réponse argumentée de danielle… une réaction trop immédiate sans doute mais révélatrice du gouffre idéologique qui nous sépare… gouffre que la vie peut nous aider certainement à combler pour réellement « unir le peuple », mais qui est révélateur de l’affaiblissement idéologique global que porte ou traduit, c’est selon, l’affaiblissement du PCF.

      Car ton insistance sur la démocratie et ton silence assourdissant sur les luttes de classes est à la base de ce qui pour moi est une impasse mortelle pour un résistant.. croire que le dialogue avec son maitre peut transformer son maitre et le libérer de sa domination…

      Il faudrait reprendre le débat Lénine-Luxembourg que beaucoup présentent comme l’opposition du dictateur préstalinien avec celle qui voulait une révolution de la démocratie, alors qu’elle limitait clairement cette démocratie aux prolétaires et en excluait sans hésitation aucune la bourgeoisie !

      Il faudrait aussi reprendre cette expérience plus récente de la démocratie participative, que ce soit à Porto Allegre, ville perdue par le PPT et ou le résultat à moyen terme de cette démocratie de terrain révèle avec éclat ces limites dans l’incapacité à servir de point d’appui aux luttes de classes qui seules font l’histoire (le manifeste…)

      Et je peux dans la même veine te relater mon expérience locale de conseil de quartier en plein coeur du quartier populaire des Minguettes ou devant un projet de construction de logement social, essentiel pour répondre à une demande vitale de centaines de familles populaires, la réponse de ceux qui prennent la parole pousse soit au refus de nouveaux logements sociaux, soit à la défense du statu-quo urbain par peur du changement… Sans volonté politique d’affirmer un choix, sans bataille pour en gagner des consciences, sans effort pour faire intervenir ceux qui ont intérêt à ce projet, la démocratie irait contre les intérêts essentiels du peuple…

      Il faudrait aussi dire que l’idéologie dominante est toujours l’idéologie de la classe dominante, que la démocratie libérale est de fait une dictature, celle de la bourgeoisie, et qu’il faut donc une révolution pour l’exproprier de ce pouvoir (et donc d’ailleurs l’exproprier de la monnaie…) et que l’expérience montre que la révolution ne suffit pas du tout car après la période de renversement du pouvoir d’état, il y a une longue période, celle de la NEP à la reconstruction d’après guerre, qui s’est même révélée encore plus longue avec la Perestroika, et très très longue diraient les chinois, de luttes de classes complexes, dans lesquelles la « démocratie » à la sauce électorale occidentale, orange, rose ou verte peut vite être la porte ouverte au retour de la bourgeoisie…

      La réponse historique marxiste de la dictature du prolétariat avait le mérite de poser le problème, mais il y a certainement un immense chantier à réouvrir sur cette question, y compris avec l’expérience de Cuba, de la Chine, du Vietnam, du Nepal…

      finalement, c’était un peu plus qu’une réaction immédiate…

      en attendant danielle…

       
      • histoireetsociete

        décembre 31, 2011 at 10:19

        une réaction tout aussi immédiate que j’ai eu en survolant le texte d’Etienne et surlaquelle je reviendrais est cette étrange conception de la liberté, n’avoir la carte de rien, ne militer officiellement nulle part, mais c’est d’une part la pire des impuissances (et je sais de quoi je parle) et d’autre part la soumission à toutes les idéologies, le moi je pense dont j’ai déjà dit à quel point celui qui prononçait une telle phrase en général ne pensait pas et allait vous sortir un stock de banalités et était si peu assuré de son identité qu’il lui fallait la redoubler. Il y a de cela chez les identitaires à la Soral, l’obsession, la haine et la manipulation par laa vanité et l’impuissance… Il n’est de liberté que dans la relation avec les autres dans un projet nécessairement politique même s’il s’agit de faire une oeuvre d’art… Et il y a aussi pour n’importe quel individu comme là encore l’analogie avec l’intellectuel et l’artiste est essentielle la nécessité de se penser avec un peuple, dans un dialogue avec un peuple dans ses exigences de vivre mieux, d’histoire, de luttes, sinon c’est le silence et là je pense encore à un artiste HOmderlin tombé dans la folie et le mutisme après l’échec de la Révolution…
        A bientôt
        Danielle Bleitrach

         
    • Di Girolamo

      décembre 31, 2011 at 9:04

      Bonsoir ,

      Je fréquente un peu le blog d’Etienne depuis quelques temps . C’est par ce biais que je débarque ….

      Bien que par une autre porte et avec d’autres approches , je partage ce qu’il dit plus haut concernant la démocratie : j’ai très très peu de convictions et sur tous sujets doute de moi même , mais pas sur la définition de ce qu’est la démocratie et mon attachement à ce principe. C’est un principe d’ouverture et de mouvement, c’est un chemin de crête. Il n’y a pas d’entre deux avec la démocratie: ou tu es sur cette crête , en mouvement ,dans le doute , formant ta pensée et prenant tes décisions par la confrontation , le débat , ou tu es dans le totalitarisme .
      Le partis sont par nature totalitaires et empêchent la liberté de pensée ; on le vérifie tous les jours; et par exemple sur cette polémique de la création monétaire ; je me fous pas mal de ce Beitone que je ne connais même pas et me fous des liens ou non liens d’Etienne , et ne me suis pas renseigné pour savoir où je pouvais classer Danielle Bleitrach …..Ce qui m’intéresse seulement c’est de comprendre et que nous puissions prendre les meilleures décisions* .
      Ce qui ne signifie nullement que je pense qu’on puisse décider sur une chose et puis sur l’autre ; bien évidemment les compréhensions, les décisions forment système ,font partie d’une logique : on est bien en politique , avec les rapports de forces, pas chez les bisounours.
      Ce que je vois par contre c’est que TOUS les candidats à l’élection présidentielles et ceux qui les suivent , drapeaux et slogans levés et proclamés , acceptent l’organisation du scrutin et se prêtent au jeu ; un jeu pourtant qui n’est pas démocratique , à moins que la démocratie soit cela ; alors je n’ai vraiment rien, mais rien compris !
      Ce que je vois quand je passe d’un blog à l’autre,c’est des cercles ,pas des partis mais tout comme , des cercles , avec des manières de penser similaire , la même culture , et souvent l’aspect adoration du maître des lieux . J’ai pris conscience qu’il fallait se méfier et ne pas citer n’importe qui, sinon vous êtes très très vite classé, catalogué …. Bouahh….. dégoûtant comme du vomis dans la bouche avec l’envie très vite de renouer avec les peuples primitifs, les nomades , les indiens d’Amérique .
      Finalement, et je m’en rend compte ce soir avec cette stupide polémique , je suis très proche d’Etienne qui m’agace souvent avec son tirage au sort ! Parce qu’il faut reconnaître qu’il a de la suite dans les idées ! très proche sur l’aspect non partisan ; liberté de pensée ; respect de l’autre quel qu’il soit .Et nécessité absolue , avant tout , d’inscrire , pour lui dans notre constitution , pour moi dans nos pratiques, pour lui la souveraineté populaire pour moi le débat , ce qui revient strictement au même.
      Mais ce positionnement est celui des 1% des 1% parce que tout le monde dans son parti, son secteur, son groupe, son mouvement , veut d’abord et avant tout le pouvoir pour son camp.L’anti sémitisme et autres racisme ont sans aucun doute leur origine dans cette propension.
      Précision pour les amoureux du classement, en disant cela je ne suis pas centriste, le centre étant aussi un parti et non ce qui institutionnalise nos conflits, et leur donne une dimension constructive , à savoir la démocratie , qui je le répète encore n’a rien à voir avec voter en alternance pour des partis.

      Bonne fin d’année

      *
      que nous puissions prendre les meilleures décisions*
      C’est CE qui manque :
      Mon idée fixe est que l’ensemble des luttes sociales et écologiques ont besoin non de s’assimiler et gommer leurs differences , mais de s’accorder au moins sur un point : à savoir la mise en place d’un nouvel outil de gouvernance réellement démocratique , permettant de prendre les décisions et orientations autrement qu’avec un caddy et des rayons programmatiques dans un magasin ouvert tous les cinq ans. Sans possibilité de se faire rembourser.

       
  16. histoireetsociete

    décembre 31, 2011 at 8:00

    cher Etienne, pour aujourd’hui je n’ai pas le temps de lire en profondeur ta lettre et y répondre avec le sérieux qu’elle exige. Même si je ne suis pas trés friande des festivités du jour de l’an, il faut faire avec et une étudiante a besoin également de travailler avec moi sur un sujet passionnant: le cinéma et les révoltes arabes. Bref je ne peux pas songer alimenter ce débat avant lundi. A cette date juré promis je m’y mets, en attendant bonne vieajanocha (vieille nuit) comme disent les hispanisants de la Saint Sylvestre et vive l’an neuf où nous reprendrons cette importante discussion
    Danielle Bleitrach

     
  17. John V. Doe

    décembre 31, 2011 at 11:36

    Il n’y a vraiment pas besoin d’avoir la moindre accointance avec l’extrême-droite pour penser que les lois soumettant l’État au monde financier (en France, en Europe, dans le bloc BAO et partout ailleurs) ont été la main armée des possédants contre l’état-social.

    Maintenant, insister sur la banque « Rotshchild » alors que ces lois, constitutionnelles ou non, ont été imposées aux peuples à peu près partout dans le monde, ça c’est du racisme: comme si un banquier, un possédant était d’abord « juif », « franc-maçon », etc…. avant d’être banquier et préoccupé avant tout d’accroitre sa richesse. Permettez-moi de dire 😀 😀 😀

    D’autre part, la démocratie stochastique (savant mot pour désigner le tirage au sort des responsables) est vieille comme la démocratie: Athènes l’utilisait déjà. Il serait dommage de réduire cette idée au corpus de la droite extrême et/ou entriste. Après, on peut en débattre: ce n’est pas une panacée mais c’est vrai que le simple fait qu’un individu veuille se faire (ré-)élire pour diriger les autres est un mauvais indice de sa pureté d’intention. Ne parlons même pas de la professionnalisation des charges de commis de l’état: comme disait Bernard Shaw, « Les couches et les politiciens doivent être changés fréquemment. Et pour les mêmes raisons ».

     
  18. Étienne Chouard

    janvier 1, 2012 at 12:45

    @ Pam

    Lutte des classes et faux « suffrage universel ».

    Je crois (j’observe) effectivement que LA LUTTE DES CLASSES FAIT RAGE comme jamais.

    Donc, loin de moi l’idée de nier ce fait de société majeur.
    Ce n’est pas par là que nous serons en désaccord.

    Au contraire : non seulement je ne le nie pas, mais je cherche les causes profondes qui permettent depuis 200 ans à une classe sociale de se goinfrer au-delà de tout ce qui s’était vu sur terre jusqu’à notre époque.

    Et il me semble (c’est ce que je dis dans toutes mes conférences) que ce qu’on appelle (trop gentiment) « le capitalisme » n’est possible qu’en prenant LE CONTRÔLE TOTAL DE LA PRODUCTION DU DROIT, pour produire — comme on le voit — UN DROIT INJUSTE, un droit cruel, qui soumet presque totalement les prolétaires (les non propriétaires) au bon vouloir féodal des propriétaires des moyens de production.

    Soucieux d’efficacité pratique et remontant vers la source, cherchant la racine, vers ce qu’Hérodote appelait « la cause des causes », je me demande « Mais QUI donc écrit ce droit inique ? » et je constate que les parlementaires et les gouvernements qui l’écrivent sont presque TOUJOURS élus à l’issue d’une CAMPAGNE ÉLECTORALE RUINEUSE qui en fait — mécaniquement, systématiquement, PAR CONSTRUCTION — les DÉBITEURS de leurs financiers. Je ne parle pas des communistes, jamais élus en majorité, je parle des élus qui font majorité et qui décident tout à notre place depuis 200 ans.

    Certes, la soumission par la dette est une vieille affaire, mais la possibilité de s’en servir en matière politique à grande échelle n’a que 200 ans, je crois : ça s’appelle « le gouvernement représentatif », ça n’a RIEN à voir avec la démocratie, c’en est même le strict CONTRAIRE (ça prive le demos de tout cratos réel), et ça REND POSSIBLE LE CAPITALISME.

    Pire : ÇA LE VERROUILLE durablement.

    Autrement dit, tant qu’on n’aura pas réglé ça, tant qu’on restera dans la CAGE POLITIQUE de « l’élection parmi des candidats » (le faux « suffrage universel »), on ne sortira pas du capitalisme, qui est bien verrouillé grâce à cette procédure géniale qui donne la quasi totalité du pouvoir politique aux riches du moment.

    Et je souligne ce paradoxe étonnant que les ouvriers et employés que nous sommes, incités en cela par nos partis (et c’est peut-être ça, l’explication du paradoxe qui nous conduit à nous emprisonner nous-mêmes dans la cage de l’élection, il faudra revenir sur ce point), nous défendons comme une vache sacrée ce faux « suffrage universel », comme s’il était l’alpha et l’oméga de notre émancipation et de notre liberté.

    ALORS QUE, à l’évidence, nous n’avons JAMAIS, ou quasiment jamais, gagné une élection : même en 1936 (symbole remâché de « victoire électorale pour le peuple »), il n’y avait aucun proposition sociale dans le programme de Blum et de son ministre des finances Auriol, qui avait même (comme tous ses prédécesseurs sous la IIIe) été promettre au Gouverneur de la très privée Banque de France et également Président du Comité des Forges (MEDEF de l’époque), Auriol, donc, avait été promettre devinez quoi : Auriol avait été, comme tous les autres ÉLUS, promettre au chef des patrons et à la fois chef des banquiers QU’IL NE MONTERAIT PAS LES SALAIRES ! Résultat miteux, sur l’essentiel, acquis par l’élection, donc.

    Ce n’est que la grève générale — avec occupations d’usines dans tout le pays — à qui nous devons les congés payés et la semaine de 40 heures ; beaucoup plus qu’à l’élection.

    Donc, observant que nous perdons toujours toutes les élections (et nous perdrons 2012 comme les autres, pas besoin d’être devin pour le savoir), nous les prolétaires, nous pourrions prendre acte de ce que l’élection est RÉELLEMENT un piège à cons, une procédure PAR ESSENCE aristocratique — DONC oligarchique — qui permet aux riches, TOUJOURS ET PARTOUT, d’acheter le pouvoir politique et d’ensuite faire écrire un droit qui leur est favorable par ceux qu’ils ont mis au pouvoir (et qu’ils remettront au pouvoir s’ils sont bien obéissants) : ça s’appelle « le capitalisme ».

    Donc, les deux ont 200 ans : faux « suffrage universel » et « capitalisme ».

    Coïncidence ?

    Je ne crois pas, précisément, et c’est ma thèse : l’un a rendu l’autre possible.

    Et les (formidables) exceptions ne doivent pas nous tromper, pour un Allende, combien de Bush ou Sarkozy ?

    Donc, je suggère que les communistes m’entendent un peu (au moins) et que nous en parlions, parce que j’ai l’impression que nous visons la même chose, la justice sociale, mais par des chemins différents. Une telle situation devrait nous conduire à nous parler pour profiter chacun de la réflexion de l’autre.

    —–

    Par ailleurs, Pam, vous semblez défendre la « dictature du prolétariat » et ce sera sûrement un point de vif désaccord entre nous parce que, de mon point de vue, TOUTES LES DICTATURES SONT DES SALOPERIES, même celle du prolétariat, évidemment. Ce que je veux dire, c’est que je n’essentialise pas les classes : si les classes opprimées doivent évidemment être défendues, je ne me fais pas d’illusion : si on donne du pouvoir et de la richesse aux pauvres, ils deviendront exactement AUSSI REDOUTABLES que les riches actuels : ce sont donc les riches DU MOMENT dont il faut protéger le pouvoir politique.

    Mais de grâce, SANS dictature : la démocratie (la vraie), c’est bien plus malin : ON FAIT ATTENTION À QUI ÉCRIT LES INSTITUTIONS, ON MET DES CONTRE-POUVOIRS PARTOUT et on se protège ainsi TOUS, DURABLEMENT, contre les abus de pouvoir, contre tous les abus de pouvoir.

    Bon, la démocratie (un peuple qui vote lui-même ses propres lois) n’est certes pas le communisme pensé par Marx, plutôt autoritaire si j’ai bien compris : elle ressemble plutôt au communisme libertaire, accepté par tous, à la Kropotkine ou à la Proudhon. Mais je ne peux pas croire que les marxistes modernes soient totalement fermés à une réflexion sur cette voie.

    Je me trompe peut-être.
    Vous me direz.

    En tout cas, quand je vais parler avec un militant de droite, c’est un militant, ce n’est pas « mon maître » comme vous dites, c’est un citoyen, un être vivant doué de raison et doté de droits politiques : certes, il est actuellement le soutien populaire de mes maîtres, mais il a un cerveau et j’espère (au moins un peu) le conduire à — le convaincre de — ne plus soutenir un maître mais plutôt se méfier de tous les maîtres, par principe.

    Vous semblez dire que c’est un combat perdu d’avance, que nos maîtres et leurs soutiens de base sont tous d’indécrottables salauds. Je peux le croire avec vous pour les chefs ; je suis de l’avis inverse pour les sympathisants : rien de définitif ; de vrais débats pourraient tout changer (avec eux, pas avec les chefs).

    Comme je le disais hier, je rencontre des tas de gens simples (pas des chefs) DITS « de droite » qui sont manifestement à la recherche d’une vie en société sans injustice. Sans injustice… Ça compte, ça, non ?

    D’ailleurs, je parle bien de gens DITS « de droite » : je pense que le critère qui permet de classer les gens « à gauche » ou « à droite » a été complètement transformé, déformé, retourné même…

    De mon point de vue, ce qui devrait être LE MARQUEUR GAUCHE/DROITE, c’est la position par rapport aux PRIVILÈGES : à gauche ceux qui cherchent à organiser une société sans privilèges (sans concession) ; à droite ceux qui justifient de nombreux privilèges (surtout ceux des riches, naturellement).

    Parmi les faux marqueurs, parmi les critères modernes (qui ont remplacé la lutte contre les privilèges), — nouveaux critères qui permettent à quelqu’un de se dire « de gauche » sans remettre en question les plus graves privilèges du moment —, je citerai : le féminisme, l’écologie, la défense de la liberté des mœurs (trois luttes importantes, évidemment, mais axées sur des conséquences, et pas sur des causes, des injustices sociales), l’antiracisme (réelle saloperie, mais elle aussi, conséquence plus que cause des injustices : on a plus besoin de bouc émissaire, on déteste plus « l’étranger » quand on a manque de tout ; beaucoup moins quand personne ne manque de rien) , l’antinationalisme (haine de la nation qui est une folie tant que nous n’avons rien à mettre à la place de la nation pour nous protéger des multinationales et des banques), et quelques autres « bons sentiments » qui ne s’en prennent plus qu’aux CONSÉQUENCES des privilèges, sans plus jamais faire de la lutte contre les privilèges — CAUSES premières des injustices — la priorité des priorités.

    Cette « fausse gauche », qui ne s’appuie pas sur les bons critères pour cibler l’adversaire, c’est sans doute une bonne partie des causes (forcément multiples, et plus complexes, bien sûr) de notre impuissance politique.

    Et en perdant ce marqueur, selon moi, ON PERD LA POSSIBILITÉ MÊME DE VISER l’ennemi de classe : les grands privilégiés du moment. Le choix de ce marqueur est donc assez stratégique pour résister.

    Je rappelle que je n’essentialise PAS « les bons » et « les méchants » : c’est l’excès (à une époque donnée) de richesses et de pouvoirs qui rend fou, et dangereux pour les autres, beaucoup plus que la nature (bonne ou mauvaise) des gens ; et un changement de pouvoir a toutes les chances de montrer que les bons d’hier deviennent rapidement les pires salauds, et inversement.

    C’est pourquoi, je n’incrimine PAS LES VICES des salauds du moment (ils vont, naturellement, jusqu’à ce qu’ils trouvent une limite, comme l’expliquait brillamment Montesquieu), je ne compte PAS DU TOUT sur la VERTU (chimérique, théorique, idéaliste, platonicienne, optimistes, mystifiante) des acteurs, je n’attends rien d’un chef, ni d’un « sauveur », pas plus que d’une « avant-garde éclairée », dont je me méfie beaucoup par principe, mais je cherche à imaginer plutôt de bonnes INSTITUTIONS (réalistes, matérialistes, pessimistes, pragmatiques), AU-DESSUS des acteurs, quels qu’ils soient, pour affaiblir QUOTIDIENNEMENT les pouvoirs et nous protéger TOUS contre leurs abus.

    Bon, je parle trop, pardon.

    Au plaisir de vous lire.

    Amicalement.

    Étienne.
    _________

    « Vous admirez les grands hommes ; je n’admire que les grandes institutions.
    Je crois que pour être heureux, les peuples ont moins besoin d’hommes de génie que d’hommes intègres. »
    Montesquieu à Machiavel dans le deuxième dialogue aux enfers (Maurice Joly)

    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/En_Vrac.pdf

     
  19. Étienne Chouard

    janvier 1, 2012 at 9:58

    Pour plus d’infos sur ces thèses, voyez :

    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/tous_les_resumes.php

    À demain 😉

    Étienne.

     

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