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L’illusion démocratique…

09 Oct
L’illusion démocratique…

Souvenez-vous du Guépard, quand le jésuite dit : il faut changer un petit quelque chose pour que tout demeire à l’identique… Ainsi en est-il des primaires socialistes et de l’illusion démocratique qu’elles ont suscitée.

Alors que comme le quinquenat proposé par Jospin il s’agit d’une aggravation de l’aspect monarchique de la Constitution, ces procédures se présentent comme un triomphe de la Démocratie. Il en a déjà, été ainsi avec le vote du président au suffrage universel, encore aggravé par le choix du quinquenat par Jospin qui soumettait un peu plus le parlement au Président, le pouvoir présidentiel devenant de plus en plus monarchique.

Les primaires accentuent le système, non seulement celui de la bi-polarisation mais celui qui consiste à organiser un peu plus la vie des partis autour de la dite élection. Les primaires font  des partis des machines toujours plus orientées vers la gestion, la récolte du fric comme aux Etats-Unis, et suspend encore plus la vie politique à cette échéance présidentielle qui est en fait la fin de la vie politique pluraliste, des partis de militants avec les débats, la production d’idées. Le paradoxe de la situation et qui montre la caricature qu’est déjà cette vie politique est que c’est le pseudo rénovateur de gauche Arnaud Montebourg qui ne cesse de réclamer une VIe République, un parlementarisme accru qui a proposé ces primaires…

Mais il y a eu un autre fait qui a joué dans le même sens c’est la fin du PCF, le choix d’un candidat pour céder à la personnalisation de la dite élection… Je n’ai rien contre Melenchon mais les critères sur lesquels le PCF l’a intrônisé a été seulement celui de son rapport aux médias sur les plateaux de télévision.

Le débat des présidentielles après avoir éliminé la question du coût exhorbitant des expéditions militaires, après avoir éliminé de fait la question de l’euro et celle de la propriété et du contrôle du secteur financier dans un cadre national a pu s’opposer sur des questions aussi fondamentales que le cumul des mandats tout en renforçant la présidentialisation. Et ça va continuer…

Tout cela va dans le même sens au moment où les périls se multiplient et où le même jour où on amusait la galerie avec cette pseudo démocratie, se tramait entre Sarkozy et Merkel un accord pour transformer les institutions européennes dans le sens d’une intégration économique sous l’égide de la BCE, et pour le plus grand profit des banquiers.. Une Europe toujours plus antidémocratique.

En parodiant Marx on peut dire que tandis que Solferino cherchait la pierre philosophale de la démocratie, à Bruxelles Sarkozy et merkel battaient déjà la monnaie de la fin de nos liberté et de la tyrannie des marchés.

 
5 Commentaires

Publié par le octobre 9, 2011 dans actualités, mon journal

 

5 réponses à “L’illusion démocratique…

  1. Jean-Louis Cotty

    octobre 9, 2011 at 9:09

    Remarquable analyse qui décrit avec une grande lucidité de l’aggravation sans précédent de la monarchie présidentielle, et l’américanisation accélérée de notre société.

     
  2. Arnaud Antonio

    octobre 9, 2011 at 11:28

    Je trouve intéréssant l’analyse faite par cette article qui reste malheureusement, pour moi, assez superflux. Il faut montrer que, aujourd’hui, notre société est « peoplisé ». Pour moi Aujourd’hui nous voyons l’émergence d’une « média-démocratie », c’est à dire une société basé sur le lavage de cerveau du peuple, ne laissant ressortir que les esprits libres qui ne considére les médias que sur un point de vu d’écoute.
    Je ne suis pas les médias personnellement. J’écoute les politiciens parler en regardant leurs gestuelles et ce que je constate c’est que, pour beaucoup, parler du peuple est associée à des mensonges.
    Aujourd’hui la préoccupation de la classe politique, pardon je devrais dire de la caste politique, est l’argent. Je trouve ça d’une horreur incroyable. J’accepte le fait que la France est irrémédiablement liée à l’économie mondiale, mais je ne pense pas irrémédiable le fait que l’argent français part vers l’étranger via le système d’actionnariat, engraissant les riches et ammaigrissant les pauvres.
    Si personnellement je voulais qu’un politicien représente mes idées, il faudrait déjà qu’il soit du peuple et qu’il travail pour gagné son salaire. Aujourd’hui je ne vois rien de tout cela.

     
  3. pam

    octobre 11, 2011 at 5:42

    les critères du PCF pour le choix de Mélenchon n’étaient pas seulement le look médiatique, mais ben le positionnement politique à la gauche du PS, ce positionnement « gauche de gauche » qui est la stratégie profonde de sortie du communisme de la direction du PCF. On voit déjà les clins d’oeil vers Montebourg, la face interne au PS de l’opération Mélenchon, de réintégration du PC dans le PS.
    Alors, la fin du PCF ? Certes, c’est une étape importante et qui sera peut-être décisive. Mais en histoire, il y a des surprises. Dans la consultation des communistes près de 20 000 voies n’ont pas suivies la direction dans le choix de Mélenchon, et pour mobiliser les autres, la direction a affirmé sur tous les tons qu’il s’agissait de faire grandir le parti communiste !
    Il y a donc une bataille pour faire digérer aux communistes leur rapatriement au PS dans les valises de Mélenchon. (voir mon article sur ce sujet: http://lepcf.fr/Construire-une-campagne-communiste). Cette bataille ne fait que commencer, et les contradictions des discours de Laurent laisse des ouvertures pour ceux qui continuent à faire vivre et renforcer le PCF…
    Visiblement, la place des primaires dans les médias soulignent que le système est en train de choisir l’alternance ce qui veut die que le PS devra assumer les violences de la guerre sociale… Cela ouvre des possibilités inédites de luttes sociales sous un gouvernement de gauche.
    Alors, non la fin du PCF n’est pas joué.
    pam

     
  4. histoireetsociete

    octobre 11, 2011 at 6:40

    Pam, je ne souhaite rien tant que tu ais raison mais je crains que le peuple français que je considère comme un des plus politisés qui soit ne sache exactement ce qu’il cherche et qui ne nous convient pas. Il y a bien des symptômes:
    -L’extraordinaire cécité sur laguerre, ne l’intéresse ni les crimes commis en notre nom ni même le coût exhorbitant alors qu’il y a l’austérité. Aujourd’hui les syndicats vont défiler et je subodore qu’il n’y aura pas un mot là-dessus, parce que les syndicats se situent dans l’orbite de la présidentielle et que la campagne témoigne d’un étrange consensus colonialiste là-dessus. ce n’est pas la première fois de notre histoire mais ça a rarement atteint un tel niveau…Y compris quand on voit les quelques députés du PCF courageux qui tentent d’introduire ce thème c’est du galimatias, le refus du coût réel, des faits, un appel comme le dirait Marx à propos de Proudhon sinon à la justice éternelle à tout le moins au pacifisme éternel. Pourtant il suffit de discuter et de voir que ce qui frappe l’opinion ce sont les chiffres réels et pas le discours général.
    – S’ils acceptent les primaires ce n’est pas que les français soient totalement idiot même si les Français toujours selon Marx ont en général la faiblesse de ne jamais voir où les procédures les mènent, mais je crois que comme ils sont prêts au niveau international à l’aventure coloniale, ils veulent ne pas changer grand chose, ils espèrent que le couperet tombera sur la Grèce ou d’autres et les évitera. Bref ils sont dans l’état d’esprit de chercher plus malheureux qu soi pour s’y acharner dessus.
    – je suis frappée par le fait que des grêves démarrent parce qu’il y a un malade mental, certes les contrôleurs ont raison d’exiger des mesures mais ils se sentent plus forts quand il s’agit de dénoncer un malade que le patronat. Et c’est vrai dans tous les domaines…

    Est-ce que cela peut changer, c’est possible et effectivement tout peut se retourner s’il y a un véritable mouvement, mais le fait qu’il n’y a plus de parti et que ce qu’il en reste est de fait plus dirigé vers les luttes internes qu’en capacité offensive entretient cette situation complètement subordonné au cirque pésidentiel dont personne n’attend grand chose si ce n’est le « dégage » Sarkozy. Ce qui peut être un soulagement mais un débouché très faible.

    Là où tu as raison c’est quand tu dis que le vainqueur de la primaire va se retrouver face à la crise… Oui mais sans analogie historique je crains Weimar… Et je vois mal les conditions d’une transformation pourtant indispensable…
    Mon seul optimisme est dans une partie de la jeunesse… mais ils sont devant un tel vide… Alors où j’espère encore un peu en vous mes camarades c’est dans votre capacité à être à leur côté… Je ne vois que vous.
    Danielle Bleitrach

     

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