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Habemus papam, le volley, l’acteur et la mélancolie à l’italienne…

07 Sep
Habemus papam, le volley, l’acteur et la mélancolie à l’italienne…

je sors d’un très grand film, j’ai besoin de le revoir une ou deux fois pour vous en parler. Il s’agit d’impressions à chaud où le film m’a dominé sans recul possible avec le sentiment que j’étais devant  un melancholia à l’Italienne par nanni Moretti… ce qui par rapport à Lars von trier change tout. Ce n’est pas une planète errante qui frappe la terre et l’anéantit mais le vatican et avec lui l’Italie, l’Europe qui depuis des millénaires ne cesse d’être hanté par l’Empire romain, qui s’effondrent… le dernier plan qui représente la grande basilique nous paraît même vaciller tant ce qui vient de se passer est inconcevable.

D’abord que l’on ne s’attende pas à une charge contre l’église catholique, Nanni Moretti ne contribue pas à la médiocrité générale qui consiste à caricaturer d’une manière ignoble ce qui vous est étranger ou trop proche y compris quand il dénonce Berlusconi. Le Vatican est, on le sait depuis Machiavel et même Dante, la malediction de l’Italie mais le cancer est devenu consubstantiel à l’identité, un peu comme il y a peu le communisme. Le communisme a disparu dans une piscine avec ce député italien qui tentait de surnager, hurlait devant le langage incompréhensible de la présentatrice de téle tandis que le docteur Jivago passait un peu plus loin sur les écrans. Pour le communisme c’est terminé, nanni Moretti n’en parle plus,  le règne fut intense mais trés court alors que pour l’Eglise cela se poursuit et dans le fond l’effondrement  a peut-être commencé avec la prise de Constantinople par les Turcs, la chute de l’Empire romain, la découverte de l’Amérique, il ne rest plus qu’à transformer les cardinaux en joueur de Volley, l’Amérique latine et l’Afrique contre l’Europe, l’Océanie qui tente d’accéder au tournoi avec un arbitre un psychanalyste athée joué par Nanni Moretti…

La description d’un pouvoir, des rites immuables, un conclave complètement coupé de l’extérieur avec des braves gens comme vous et moi qui ont peur, une peur panique parce qu’ils ignorent ce qu’il faut faire et que dieu ne peut pas se tromper. Tout le début cette majesté qui se déploie d’une manière presque fellinienne, presque sans un mot sauf le bavardage du reporter de télé toujours à contretemps, alors que l’attente est suspendu au choix d’une bande de petits vieux apeurés. Un autre film surgit quand on fait appel au psychanalyste Moretti pour remettre sur pied un pape qui vien d’être élu et qui n’a pas la force d’aller au balcon prononcer les quelques mots qu’on attend de lui. Cela donne une séance hilarante où le psychanalyste respectueux du protocole vatican prétend explorer devant tous les cardinaux l’inconscient du pape dépressif.  On rit et puis passe le souvenir du film de Cavalier Pater dont j’ai déjà parlé en présentant ce blog, chaque fois qu’il y a rencontre au sein du pouvoir c’est par référence au métier d’acteur plus ou moins bien assumé. D’ailleurs le pape sait qu’il a été refusé au conservatoire parce qu’il n’est pas un acteur même s’il rêve des tournées d’Hôtel en hôtel, des nuits passées à discuter de l’interprétation. Et le psyschanalyste aussi confronte son métier, sa vision de la dépression à ce à quoi il doit se conformer. de multiples films s’enroulent les uns dans les autres et demeurent indécis comme l’est ce pape admirable joué par Piccoli qui ne cesse de s’effacer, frise l’hystérie ou même la psychose pendant que Moretti pris au piège dans la forteresse vaticane occupe son temps comme il peut.  Les rites voilà ce qui est aussi important pour Nanni Moretti que pour un confucéen. Respecter les rites comme les règles d’un jeu de carte ou d’un match de volley. Ce n’est pas une plaisanterie c’est même la seule chose qui reste sérieuse. Quand la fiction du libre arbitre de l’être humain à l’image de celle du créateur s’effondre d’une manière qui réjouirait Spinoza il  faut qu’il reste un arbitre pour imposer le respect des dits rites et tant pis si celui-ci est athée. Ce n’est pas plus ridicule que cet effondrement du communisme allant chercher un arbitre étranger à lui-même pour tenter de faire comme ci…

Mais comment dire l’essentiel à quel point nous sommes devant la beauté, la majesté et en même temps le burlesque… Nanni Moretti est ailleurs, il a toujours été ailleurs, s’étonnant de ces mots qui ont perdu tout sens, reconnaissant l’incapacité devant l’immensité du désastre… Et le rire surgit, comment peut-on s’obstiner à vouloir du bien aux être humains qui ne cessent de s’effondrer comme ce cardinal qui chute en plein conclave ou tentant des chorégraphies pour faire comme si, comme si tout cela avait un sens… Nanni Moretti nous entraîne au coeur même de la chute de l’Italie, de l’Europe, de notre monde sans jamais insister sur les effets symboliques il nous introduit dans un monde familier et complètement étranger où tout baigne dans un halo de significations mouvantes avec un nombre illimité de combinaisons mentales pour le spectateur et il se perd, nous perd sans jamais nous dire ce qu’il faut penser. Bien sûr quand on voit le rideau de la fenêtre papale s’agiter spasmodiquement parce qu’un garde suisse qui s’empiffre a été chargé d’entretenir la fiction de la présence papale tandis que Michel Piccoli erre (sans vespa) mais en autobus dans les rues romaines, on songe vaguement à une pratique onaniste qui réjouit tous ces braves cardinaux qui voient là et dans le retour des plateaux vides un signe que le pape se reprend. Mais il n’y a pas une scène où le monde ne se décompose parce que l’inconscient qui a pris la place de l’âme est un langage qui se destructure… malgré la bonne volonté de chacun…

Précipitez-vous c’est un des meilleurs Nanni Moretti… Ce matin je parlais à mon analyste de la fin de Melancholie, je lui expliquais le bonheur éprouvé devant un bon film, un livre, un tableau, un paysage, un enfant, je lui racontais la fin de Melancholie, le moment où la femme construit pour l’enfant et sa soeur si fragile une « cabane magique », un endroit où se réfugier en attendant le choc, et je commentais  » je construis ma cabane magique ». Il m’a dit « mais vous savez que le choc va arriver », Oui je le sais et j’ai peur très peur comme Nanni Moretti et Michel Piccoli fuyant dans un théâtre où il répete en même temps qu’un acteur fou une pièce de Tchekov. Est-ce simplement la fin d’un monde ou la fin du monde… ou seulement ma propre fin ce qui n’aurait rien de bien dramatique du moins à un simple niveau statistique ?  J’ai proposé l’abstention à l’élection présidentielle comme ce pape qui finit par aller au balcon pour expliquer qu’il n’a pas la force d’impulser les réformes indispensables, qu’il a besoin d’être guidé pas de guider et j’aimerai qu’un mouvement se déclanche de lucidité générale et que tous ceux qui font ce choix conscient porte un badge représentant la colombe de la paix de Picasso… Le dernier acte de Palombella Rossa puisque La messe est finie

 
8 Commentaires

Publié par le septembre 7, 2011 dans CINEMA

 

8 réponses à “Habemus papam, le volley, l’acteur et la mélancolie à l’italienne…

  1. Walter

    septembre 8, 2011 at 1:01

    J’ai bien aimé ce film mais je ne partage pas entièrement votre enthousiasme. La réalisation ne me paraît pas toujours à la hauteur du projet que vous décrivez. En effet l’idée centrale du renoncement au pouvoir est très belle, celle de la situer dans l’univers papal est originale (à l’encontre de « Pater »), l’humour féroce et subtil est là, de même que la beauté allégorique de certains plans (le balcon papal déserté avec ses rideaux rouges gonflés par le vent). Mais la quête vaine du pape déserteur pour un « ailleurs » indéfini et à jamais perdu dès l’enfance est montrée de manière brouillonne et décousue. Moretti ne prend pas assez le temps pour l’installer dans les univers où le « bienheureux élu » s’égare : la rue, le théâtre, chez la psy. D’où impression de déséquilibre et d’inabouti par rapport aux scènes consacrées au Vatican parmi les cardinaux, avec quelques longueurs et répétitions: le tournoi de volley entre cardinaux est bien top long, Moretti-le-psy en arbitre-pitre guère convaincant, le subterfuge marrant de la doublure du pape hélas trop appuyé. Cela au détriment du drame de ce pape déserteur dont on n’arrive pas vraiment à partager le désarroi. Heureusement, Piccoli sauve la situation grâce à son jeu subtil.
    Il reste aussi le dernier plan qui nous ramène à l’essentiel du propos et laisse le spectateur cloué sur son fauteuil : le vide après l’effondrement.

     
  2. histoireetsociete

    septembre 8, 2011 at 1:55

    Peut-être puis-je être d’accord avec vous sur le fait que l’errance du pape mériterait un traitement plus au fond encore que je trouve que le jeu de Michel Piccoli lui confère justement un caractère énigmatique extraordinaire et qui correspond bien à la difficulté pour tous les gens pleins de bonne volonté qu’il rencontre de l’aider parce qu’il n’y a pas d’interprétation univoque de son impossibilité à avancer. Mais là où je ne suis pas d’accord du tout c’est sur le match de volley pour nanni Moretti le jeu, les règles sportives sont trés importantes. Si l’on prend la messe est finie il y a le match de foot, Palombella Rossa le match de volley dans l’eau et c’est tout aussi fondamental pour lui que d’être un curé incapable de faire face à sa mission ou ce député communiste italien qui est aussi un sportif de haut niveau. C’est ce que je rapporte au rite dans un monde qui se délite…
    Danielle Bleitrach

     
    • Walter

      septembre 8, 2011 at 6:34

      Votre réponse m’embarrasse parce qu’elle présuppose que le spectateur connaisse l’œuvre et la philosophie de l’auteur : « pour nanni Moretti le jeu, les règles sportives sont trés importantes », dites-vous.
      Bien sûr je ne ferais pas l’injure – ce qui serait crétin de ma part – de penser qu’ un grand réalisateur comme Moretti fasse du remplissage et j’ai bien conscience que « tout fait sens » (expression dont j’ai horreur !) dans ce film, forcément (comme dirait Marguerite !). Mais je refuse d’adopter ce qui me semble être une posture de cinéphile savant averti pré-requise (inconsciemment) pour bien comprendre et apprécier. Il ne s’agit pas de comprendre pour moi ; il s’agit avant tout de ressentir. Or les séquences Volley-ball du film n’atteignent pas ce but à mon sens, de même qu’une grande partie de la « prestation » de Morretti-psychanaliste acteur. Il démontre, il discourt, plus qu’il ne montre. Il insiste, c’est lourd, ça ne fait plus rire puisqu’il faut que je pense… Peut-être aurait-il dû s’éclipser, se taire, et laisser les cardinaux se démerder quitte à se taper dessus. Le rire aurait rejoint l’intention.Un contre-exemple : la chute inopinée d’un cardinal en début de conclave : quelques secondes d’images, un éclat de rire dans la salle, un empire qui s’effondre. Fabuleux. Formidable écroulement comme chute d’une longue et lente procession de cardinaux aux tronches felliniennes mais terriblement humaines.
      Voilà pourquoi Melancholia, par exemple, mais aussi La Séparation m’ont profondément touché, totalement pris. Voilà pourquoi Pater m’ a terriblement agacé.

       
      • histoireetsociete

        septembre 8, 2011 at 6:47

        vous avez parfaitement raison. C’est vrai que la chute du cardinal est un modèle du genre d’efficacité et que l’argument de la connaissance du cinéaste est un mauvais argument… Mais nous avons aimé ensemble melancholia et été agacés par pater… et je crois que c’est pour les raisons que vous énoncez ou le film mobilise votre sensibilité ou non, et l’argument du cinéphile n’a aucun sens. Mais je n’ai pas trouvé Moretti trop bavard au contraire, sa psychanalyse du pape en présence des cardinaux comme la parti de carte et la manière dont il devient meneur de jeu est parfaite.. Et j’aime cette tentative desespérée de créer des règles dans un univers qui se délite, ce qui me touche dans sa pratique sportive des trois films indiqués est sa manière d’aimer et de tenter de défendre le collectif… Puisque nous avons aimé melancholia est-ce que vous êtes d’accord avec mon hypothèse d’un melancholia italien ? On a aussi reproché à Lars von trier sa première partie trop descriptive, l’ennui, alors que pour moi elle donne à la melancholie quelque chose de plus qu’une subjectivité exacerbée… Donc c’est selon… C’est ma première vision, alors que j’ai vu Melancholia trois fois… probablement la seconde je serai influencée par votre regard, c’est comme ça…
        Tout à coup j’ai envie de défendre le regard du cinéphile. La première fois que j’ai découvert Moretti, j’ignorais tout de lui, je suis entrée dans un petit cinéma du quartier latin et ce fut le choc, c’était la messe est finie.. Et puis il y a eu cette longue fréquentation, cette attention, ces films revus plusieurs fois, alors je crois que cette épaisseur de notre histoire ça compte… et il y a même eu ce repas à marseille où j’ai découvert l’individu le plus maladroit du monde, cet art de ne jamais être là où la question l’attend… Est-ce que je dois abandonner ces années avec lui comme avec bien d’autres, moi dans la salle obscure, l’oeil à la place du sien dans la caméra..;
        je vous concède une seule longueur, celle du garde suisse en train de s’empiffrer en fait c’était peut-être parce que je craignais à chaque moment que la supercherie soit découverte…

         
  3. Walter

    septembre 8, 2011 at 8:23

    « le film mobilise votre sensibilité ou non,  » – 100% d’accord avec vous. Mais ça ne suffit pas de dire ça, ce n’est pas qu’une question de subjectivité. Il se trouve que l’œuvre peut rencontrer les subjectivités de millions de spectateurs comme celles seulement d’une poignée de… «  »cinéphiles » » ou de bobos ou de beaufs ou de personne…. Interviennent d’autres facteurs dont au moins… comment dire ? … un certain génie poétique dans la fabrication de l’œuvre. Voyez ce que je veux dire ? La culture (cinéphilique ou davantage) ne nuit en rien à l’appréhension d’une œuvre, bien au contraire. Je parle de posture savante comme pré-requis nécessaire pour pourvoir entrer dans l’œuvre tout ou partie. Voilà qui renvoie à l’idée/débat de cinéma, théâtre, spectacle populaire. Ariane Mnouchkine et son théâtre du Soleil a su dépasser cette apparente contradiction entre exigence de sens et style.
    Je n’ai pas dit que Moretti est trop bavard. J’ai dit qu’il est trop dans la démonstration. Je trouve l’idée de la confrontation entre le psy et le pape récalcitrant excellente car riche en potentialités de situations comiques et dramatiques (humaines) mais insuffisamment développée. En revanche j’ai ressenti sa présence et ses interventions en tant révélateurs auprès des cardinaux comme une sorte d’intrusions didactiques, les cardinaux passifs l’écoutant sagement.
    Quant à Mélancholia, j’en suis sorti malade, retourné, angoissé un max. Pour la 1ère fois de ma vie j’ai du passer par les toilettes pour reprendre mon quant à soi ! J’ai du mal à en parler. L’ouverture est un chef d’œuvre de poésie où tout du film à venir est déjà insufflé de façon majestueusement funèbre, dans des splendeurs romantiques et mélancoliques, dans des lenteurs oniriques, pour qui sait s’y abandonner. La suite inscrira ces somptueuses angoisses dans un réel « agité » déjà inscrit dans cet imaginaire. C’est un opéra. La fin, vous en avez parlé, nous laisse pantelants : Mélancholia va écraser la cabane magique de nos bonheurs éternels d’enfances perdues après que l’univers des « Grands » s’est écroulé de lui-même. Bien sûr :
    Melancholia = Habemus Papam.
    « La première fois que j’ai découvert Moretti, j’ignorais tout de lui, je suis entrée dans un petit cinéma du quartier latin et ce fut le choc, » confiez-vous. « A chaque fois c’est la première fois », chante Barbara.
    Ne rien abandonner, surtout pas. S’abandonner.

     
    • Walter

      septembre 8, 2011 at 8:33

      Je vous relis, je me relis. Et je constate que nous parlons de mélancolie et d’abandon… C’est peut-être aussi cela la mélancolie : un abandon. Voyez les allégories

       
      • Walter

        septembre 8, 2011 at 8:48

        et j’ajoute encore :
        vous aurez compris qu’Habemus Papam m’a beaucoup parlé. Dommage que Moretti n’ait pas su, selon moi bien sûr, accomplir son film. Mais c’était très difficile et c’eût été un exploit génial que d’y parvenir : mélancolie (au sens où nous en avons parlé) et comédie ça ne se marie pas facilement. D’une certaine manière Lars van Trier a pris le parti de la facilité….

         
  4. histoireetsociete

    septembre 11, 2011 at 6:52

    je crois qu’il est rare de trouver une approche des films aussi proche que celle qui nous réunit et nous oppose. Si vous relisez le texte que j’ai consacré à Melancholia vous verrez que moi aussi j’en suis ressorti hagarde et pourtant apaisée. Ce thème de la melancolie est celui qui réunit beaucoup de lectures du présent. je viens de tomber sur un texte d’Enzo traverso (quelqu’un pour lequel j’ai une grande estime intellectuelle), il dit, je cite de mémoire que l’on ne peut plus lire l’histoire comme nous l’avons fait pendant toute une période historique, celle avant la chute de l’URSS. Et nous ne pouvons retrouver une approche marxiste qu’en acceptant de la mélancolie, ce mélange d’extrême lucidité et de vision du désastre. Continuez à m’écrire et essayez de produire un texte que je pourrais publier sous forme d’article, je crois que cela permettrait d’avancer dans ce que nous cherchons vous et moi.
    A propos avez-vous remarqué l’illustration du film de Moretti que j’ai choisi et sa parenté avec le film « le dictateur » de Chaplin selectionné pour illustrer un autre article. Ce n’est pas un hasard de ma part du moins, parce que je crois que Moretti s’interroge sur la volonté de maîtrise du psy avec les cardinaux et que cela s’oppose à l’incertitude, à l’errance, au flou magnifiquement joué par Piccoli. A propos de références cinéphiles quand Piccoli est dans l’autobus s’est imposée à moi cette séquence d’Angelopoulos où un militant revient d’un défilé avec un gigantesque drapeau rouge qui l’encombre dans un car la nuit…

     

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