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La Serbie dans l’engrenage européen

jeudi 20 novembre 2014

Le chantage continue, la Hongrie, la Tchécoslovaquie et la Serbie sont obligés de choisir ou conserver de bonnes relations avec la Russie ou l’UE. ET cela va bien au-delà de ce choix, la Serbie qui a déjà subi le primat des Révolutions de couleurs risque comme les autres pays de devoir affronter des révoltes intérieures fomentées par les Etats-Unis et l’UE. (note de danielle Bleitrach)

La Serbie, officiellement candidate à l’entrée dans l’UE, est sommée par Johannes Hahn, commissaire européen chargé de la politique européenne de voisinage et des négociations d’élargissement, de choisir son camp. Soit l’entrée dans l’UE reste sa priorité, comme elle l’a déclarée, soit elle veut continuer à coopérer avec la Russie. C’est une certaine conception de la négociation. Autrement dit, en temps de guerre, la neutralité déclarée par la Serbie n’est pas de mise. Bref, L’UE reconnait que la Russie a officiellement obtenu le statut d’ennemi.

La position de la Serbie est plus que délicate. D’autant plus que, comme le rappelle Le Parisien, les intérêts de la coopération avec la Russie revêtent un caractère vital pour le développement de l’économie de la Serbie.

« La Russie a d’importants intérêts en Serbie. Son géant gazier et pétrolier Gazprom est le propriétaire majoritaire de la compagnie pétrolière serbe NIS avec 51% des parts.De plus, Belgrade et Moscou ont mis en place à l’aéroport de Nis (sud) un « Centre régional pour les situations d’urgences » où sont stationnés des avions russes prêts à intervenir dans la région, sur demande des pays concernés.Alors que la Serbie est à court d’argent, Moscou et Belgrade ont signé en janvier 2013 un accord sur un crédit de 800 millions de dollars destinés à la reconstruction de l’infrastructure ferroviaire. Puis en avril, Moscou a octroyé à son allié un autre prêt de 500 millions de dollars, destiné l’aider à faire face à son lourd déficit budgétaire. »

L’ultimatum de l’UE, pour sa part, sonne mal. Dans une interview, J. Hahn déclare de manière un peu trop péremptoire:

« Dans le cadre des négociations concernant son entrée dans l’UE, la Serbie s’est engagée à mettre en accord sa position avec l’UE en ce qui concerne des questions aussi difficiles que celle des sanctions contre la Russie. C’est très important et nous espérons que Belgrade respectera ses obligations. »

La menace du commissaire européen est à peine voilée : la Serbie doit se soumettre et seule la soumission permettra de confirmer que le choix européen reste son choix. Autrement dit, elle doit faire un choix entre sont intérêt national et l’intérêt de l’UE.
Et pour faire passer le message, les médias français lance un légère campagne de dénigrement de la Serbie. Voir par exemple le reportage, particulièrement mal fait, de France 24, que vous pouvez voir ici. Le journaliste y montre de manière absurde que, en raison de sa politique de neutralité, la Serbie est exclue des sanctions russes contre les pays européens. Elle peut donc exporter ses fruits et légumes en Russie, ce qu’elle fait par ailleurs. Mais selon le journaliste, non seulement cela ne sert à rien au pays car il ne produit pas suffisamment pour couvrir tout le marché russe (c’est un argument d’une rare stupidité), mais en plus les serbes osent faire passer en contrebande en Russie des produits européens sous étiquettes serbes. Bref, ce sont vraiment des gens infréquentables …
Plus généralement, en ce qui concerne l’évolution de l’UE, cette sortie assez maladroite du commissaire européen confirme certaines tendances:
  1. L’UE est dans une phase d’affaiblissement. Comment en est-on arrivé à menacer ouvertement dans la presse un Etat souverain? A lui faire du chantage à l’entrée dans l’UE? Cela veut dire que l’UE n’est plus aussi attractive, que sa propagande n’est plus aussi efficace et que les négociations/pressions de couloirs ne sont plus suffisantes. Mais la réaction ne s’est pas faite attendre. Le Premier ministre serbe a rappelé que la Serbie est un Etat souverain et qu’elle décidera seule de sa position concernant la Russie.
  2. L’UE se radicalise et considère la Russie comme un ennemi. Sinon, rien n’empêche un Etat souverain d’avoir des relations commerciales et politiques et avec l’UE et avec la Russie.
  3. Cela montre en conséquence l’hypocrisie du discours européen disant que l’Ukraine peut collaborer avec la Russie et que seule la Russie l’en empêche.
  4. L’UE n’est plus apte à intégrer des Etats souverains. Elle a besoin de « petits soldats obéissants », elle a besoin de soumission. Il n’y a plus de place pour l’intérêt national.
  5. L’intérêt de l’UE s’est totalement dissocié de la somme des intérêts des pays membres. La structure UE est donc autonome des pays qui la compose. Ce qui pose de sérieuses questions en terme de gouvernance, de démocratie et de liberté.
 
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Publié par le novembre 20, 2014 dans Uncategorized

 

Petr Simonenko: L’Ukraine retourne à l’époque de l’occupation nazie

19.11.2014

Pyotr-Simonenko

http://www.kpu.ua/ru/79347/petr_symonenko_ukrayna_vozvraschaetsja_vo_vremena_gytlerovskoj_okkupatsyy

 

Après le coup d’Etat du Maidan, l’Ukraine commencé un processus qui l’entraîne vers l’époque de l’occupation nazie. C’est ce qu’a déclaré le chef du Parti communiste Petr Simonenko lors d’une réunion avec des militants du parti de Kirovograd.

 

Peter Simonenko a déclaré qu’en ce qui concerne le Parti communiste et ses partisans est déployée non seulement la terreur morale, mais aussi physique. A l’encontre de plusieurs militants du parti a été ouverte une procédure pénale avec des accusations de crimes qu’ils n’ont pas commis. Les communistes arrêtés sont soumis à la torture, on leur extorque des  «aveux», leurs proches parents sont menacés de représailles.

 

Comme à l’époque de l’occupation nazie, les autorités incitent les gens à dénoncer les communistes, déclarer leurs noms et adresses. À cette fin, les institutions publiques ont mis en place des boîtes spéciales pour la collecte de dénonciations.

 

Selon Petr Simonenko, les méthodes utilisées dans le travail de la SBU et les principes qui guident sa gestion, indiquent que l’Ukraine est en train de glisser rapidement dans l’abîme du fascisme, et la SBU se transforme en police politique à l’image et à la ressemblance de la Gestapo nazie.

 

Bureau de presse

 
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Publié par le novembre 20, 2014 dans Uncategorized

 

La vérité sur Maïdan par Jacques Sapir

maidan

19 novembre 2014

Les événements survenus du 18 au 20 février 2014 sur la place Maïdan à Kiev sont à l’origine de la crise actuelle, non seulement en Ukraine mais aussi entre les pays de l’OTAN et la Russie.

Le gouvernement actuellement au pouvoir à Kiev, et les principaux dirigeants de l’UE, soutiennent la thèse que la manifestation pacifique fut l’objet d’un massacre provoquant la mort d’environ 100 personnes par les forces du gouvernement de M. Yanoukovitch, Président régulièrement élu. Dès le début du mois de mars, on a pu avoir des doutes extrêmement forts sur cette version des faits, ainsi que sur l’explication qui fut fournie par les opposants à M. Yanoukovitch, selon qui ce dernier aurait fui Kiev, abandonnant ses fonctions. La possibilité d’une provocation était manifeste, et ce carnet s’en est fait l’écho dès le 5 mars[1]. Par ailleurs, les conditions de la « fuite » du Président Yanoukovitch n’étant pas éclaircies, cela posait le problème de la continuité, ou non, de l’ordre constitutionnel en Ukraine[2]. Cette question est importante. Si l’on considère que Yanoukovitch a quitté Kiev de son plein gré, ceci est assimilable de fait à une démission, et le changement de gouvernement ne constitue pas une rupture de l’ordre constitutionnel. Si l’on établit que Yanoukovitch a quitté Kiev sous la menace, qu’elle soit réelle ou imaginaire, et qu’il a été démis par un parlement-croupion, on est alors en présence d’une révolution qui implique la rupture de l’ordre constitutionnel ancien, et qui légitime alors les différents référendum tenus tant en Crimée que dans l’est de l’Ukraine.

Les travaux du professeur Katchanovski

En l’absence de volonté sérieuse du gouvernement actuel au pouvoir à Kiev de faire la lumière sur ces événements, des chercheurs en science politique se sont mis au travail. Un document a été présenté lors d’un séminaire le 1er octobre 2014 par le professeur Katchanovski[3], du département de Science Politique de l’Université d’Ottawa au Canada. On sait que réside dans ce pays une importante communauté ukrainienne. Après une analyse très exhaustive des sources disponibles, sources qui proviennent quasi-exclusivement du camp des « pro-Maïdan » et des télévisions locales (Espresso TV, Hromadske TV, Spilno TV, Radio Liberty, et Ukrstream TV), Katchanovski aboutit à la conclusion irréfutable que des « snipers », des tireurs, ont opéré depuis le camp des manifestants et que les forces fidèles au Président Yanoukovitch n’ont fait que riposter. Une majorité des personnes tuées l’a été dans les tirs croisés qui sont alors survenus ou ont été victimes de tir dans le dos, alors qu’ils faisaient face aux forces de l’ordre[4]. Il fait aussi mention de brutalités et d’exactions commises par les unités spéciales « Bierkut » qui assuraient la sécurité du Président, mais ces exactions sont survenues après les premiers tirs. Les événements tragiques survenus sur la place Maïdan, qui mettent en marche le processus de dislocation de l’Ukraine et de guerre civile que l’on connaît aujourd’hui, sont donc bien le résultat d’une provocation délibérée. Cette provocation a été montée par le groupe d’extrême droite Pravy Sekhtor, avec une possible complicité de Svoboda et des forces d’auto-défense de la manifestation[5]. Il conclut alors :

« The massacre of the protesters and the police represented a violent overthrow of the government in Ukraine and a major human rights crime. This violent overthrow constituted a nondemocratic change of government. It gave start to a large-scale violent conflict that turned intoa civil war in Eastern Ukraine, to a Russian military intervention in support of separatists in Crimea and Donbas, and to a de-facto break-up of Ukraine. It also escalated an international conflict between the West and Russia over Ukraine. The evidence indicates that an alliance of elements of the Maidan opposition and the far right was involved in the mass killing of both protesters and the police, while the involvement of the special police units in killings of some of the protesters cannot be entirely ruled out based on publicly available evidence. »[6].

[Le massacre des manifestants et de policiers a représenté un renversement du gouvernement de l’Ukraine et un crime majeur contre les droits de l’homme. Ce renversement violent a constitué un changement de gouvernement par des moyens non-démocratiques. Il a donné lieu à un violent conflit qui a tourné à la guerre civile dans l’Est de l’Ukraine, à une intervention russe en soutien aux séparatistes de Crimée et du Donbass, et à l’éclatement de facto de l’Ukraine. Il a aussi été la cause d’une escalade internationale entre l’Ouest et la Russie au sujet de l’Ukraine. Les évidences indiquent qu’une alliance entre les mouvements d’opposition de Maïdan et l’extrême-droite est impliquée dans le meurtre de masse de manifestants et de policiers, tandis que l’implication des forces spéciales de la police dans le meurtre d’autres manifestants ne peut être exclu sur la base des évidences publiquement disponibles.]

Les travaux du professeur Katchanovski ont évidemment soulevé beaucoup de questions, et provoqués une polémique. Il y a répondu dans un court papier que l’on trouvera ici.

L’enjeu de la vérité

On comprend bien les enjeux qui se nouent autour de la révélation de la vérité sur ce qui est advenu place Maïdan du 18 au 20 février 2014. Si les travaux du professeur Katchanovski sont vérifiés, et s’ils sont considérés comme globalement fiables, il devient dès lors impossible de continuer à soutenir que ce qui est survenu à Kiev fut le départ d’un Président corrompu sous la colère d’une manifestation. Que Yanoukovitch ait été corrompu est une évidence, et les officiels russes qui ont négocié avec lui à la fin de 2013 ne se cachent pas pour le dire. Mais, il était le Président régulièrement élu du pays. Dès le moment où des groupes minoritaires ont décidé de réaliser ce qu’il faut bien appeler un putsch, il ne pouvait être question de continuité constitutionnelle en Ukraine. De ce fait, la rupture de l’ordre constitutionnel, en vertu du principe que le peuple est le seul dépositaire de la souveraineté, autorisait des fragments de ce peuple de tenir des référendums quant à leur inclusion ou leur exclusion de la nation ukrainienne. Nul n’avait le pouvoir de décréter que ces référendums étaient “illégitimes”.

Il est à cet égard tragique que les gouvernements des pays de l’Union Européenne, et en particulier de l’Allemagne et de la France aient décidé de fouler aux pieds le principe fondamental sur lequel ils reposent. Il est tout aussi tragique qu’ils se soient engagés dans une logique de confrontation avec la Russie au sujet de l’Ukraine, logique qui n’a pas de bases de Droit et qui s’avère, de plus, faire peser un grand danger sur la logique des relations internationales. Ces gouvernements ont cédé à la logique des émotions sur une question qui nécessitait au contraire que l’on applique le principe de raison. L’interview d’Henry Kissinger accordé au Spiegel le 13 novembre ne dit pas autre chose.


[1] Sapir J., « Provocation à Kiev ? », note publiée sur RussEurope, le 5 mars 2014, http://russeurope.hypotheses.org/2051

[2] Sapir J., « La Crimée et le droit », note publiée sur RussEurope, le 7 mars 2014 http://russeurope.hypotheses.org/2062

[3] Ivan Katchanovski enseigne à la School of Political Studies and the Department of Communication à l’Université d’Ottawa. Il fut Visiting Scholar au Davis Center for Russian and Eurasian Studies à l’Université Harvard,  et Visiting Assistant Professor au Départment of Politics à l’Université de l’Etat de New-York à Potsdam, Post-Doctoral Fellow at the Department de Political Science à l’Université de Toronto, ainsi que Kluge Post-Doctoral Fellow au Kluge Center à la bibliothèque du Congrès (Washington D.C.). Il a soutenu sa thèse à la George Mason University.

[4] « Various statements by medics, videos, photos, and media reports confirm that

dozens of protesters were shot precisely in necks, heads, thighs, and hearts, the most lethalplaces, and that many entry wounds were from the top, side, or back.This is consistent withlocations of shooters on the roofs or top floors of all specified buildings. Precise and deadlygunshots and the 7.62mm KalashnikovAKMS type assault rifles and various hunting weaponsand ammunition used also indicate that shooters were positioned within several dozen metersfrom the places where both the police and the protesters were killed or wounded » cité p.25, Katchanovski I., The SnipersMassacre” on the Maidan in Ukraine, 1er octobre 2014. http://www.academia.edu/8776021/The_Snipers_Massacre_on_the_Maidan_in_Ukraine

[5] « The evidence indicates that the Right Sector was one organization involved in the massacre,while names and identities of other organizations and leaders remain not sufficiently unclear. Asthe research indicates, they might include Svoboda and the leadership of the Maidan Self-Defenses. Their leaders and many top activists were offered or occupied top positions in thenewly-formed government after the massacre and threat of more violence that ousted Yanukovych.» cité depuis le texte publié à : http://www.academia.edu/9092851/The_Snipers_Massacre_in_Kyiv_A_Response_to_Critics

[6] Katchanovski I., The SnipersMassacre” on the Maidan in Ukraine, 1er octobre 2014, op.cit., p. 29.

 
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Publié par le novembre 19, 2014 dans Uncategorized

 

Marek Halter : « Nous continuons la guerre froide, et ce n’est pas de la faute de la Russie »

 

Le Point – Publié le 18/11/2014 à 18:25 – Modifié le 18/11/2014 à 19:15

VIDÉOS. Invité sur LCI, l’écrivain, qui publiera « Réconciliez-vous ! », commente l’actualité : Jérusalem, les djihadistes français et Poutine, son ami.

Marek Halter, écrivain juif d'origine polonaise, publie "Réconciliez-vous !" (éd. Robert Laffont) en février 2015.
Marek Halter, écrivain juif d’origine polonaise, publie « Réconciliez-vous ! » (éd. Robert Laffont) en février 2015. © Capture d’écran / CLI

Audrey Crespo-Mara : En février, vous publierez Réconciliez-vous !, après l’Indignez-vous de Stéphane Hessel. Un plaidoyer oecuménique. Quand on voit ce qui se passe à Jérusalem, un attentat, dans une synagogue, à coups de hache… Est-ce que Palestiniens et Israéliens peuvent entendre votre message « Réconciliez-vous ! » ?

Marek Halter : Écoutez, on n’a plus beaucoup de temps pour nous réconcilier
Ce message oecuménique, Réconciliez-vous !, est-ce que vous pensez que les jeunes Français qui se convertissent, partent faire le djihad et se transforment en bourreaux peuvent l’entendre ?

Oui, si on leur propose une autre aventure ! Qu’est-ce que nous proposons aujourd’hui ? Quelle aventure ? Je me souviens, il y a vingt ans, il y avait Médecins sans frontières, Action contre la faim… Et quand, avec des imams, des rabbins, des curés, on a fait un convoi pour la paix à Gaza – on l’a fait ! -, il y avait des centaines de jeunes qui nous accompagnaient, et pour eux, c’était une aventure extraordinaire ! On a traversé une frontière, les gens du Hamas, avec leur kalachnikov, nous applaudissaient !

Mais, aujourd’hui, il y a des centaines de jeunes Français qui font le djihad en Syrie et en Irak…

Mais il faut leur faire lire cette religion à laquelle ils adhèrent. Ils ne la connaissent pas, ils n’ont pas lu. Ce que j’attends maintenant des plus hautes instances de l’islam, c’est un appel à ces milliards de musulmans pour combattre ceux qui salissent leur religion, c’est ça que j’attends !

Est-ce que vous pensez que ces jeunes peuvent entendre le message de Manuel Valls et de Bernard Cazeneuve qui disent aux djihadistes français : « C’est la mort qui vous attend là-bas ! » Une loi est passée, mais certains continuent – via Internet et dans certaines mosquées – à leur retourner le cerveau…

Valls et Cazeneuve font leur travail. Mais il faut se mettre dans la tête de ceux qui sont prêts à mourir. Quand vous tuez au nom de Dieu, vous pensez qu’une fois mort vous entrez directement au paradis. Donc, ils n’ont pas peur de la mort. Nous, on s’adresse encore à des gens qui ont peur de la mort ! Vous et moi, nous avons peur de la mort ! Nous voulons vivre le plus longtemps possible et le mieux possible. Pas eux. Donc, il ne sert à rien de leur dire : « C’est la mort qui vous attend là-bas ! »

Pour résoudre le problème du groupe EI en Irak et en Syrie, les armées irakienne et syrienne ont besoin qu’on les aide. Est-ce qu’une véritable aide consisterait à envoyer des troupes au sol ?

Il y a deux manières de combattre les fanatiques. En employant les mêmes méthodes qu’eux – sans couper les têtes, bien entendu -, encore que… Ou en allant sur le terrain. Oui, il faut aller sur le terrain ! Ça ne sert à rien de continuer à bombarder dans le vide ! On n’a pas vu un seul mort djihadiste tué par une bombe américaine, pas un seul ! On voit les Américains bombarder, bombarder, et on ne voit rien. Il n’y a pas de résultat !

Les Américains et les Européens donnent des leçons à votre ami Poutine. Vous le connaissez bien, très bien même… Vous lui avez envoyé un SMS quand il a claqué la porte du G20 ce week-end. Que lui avez-vous écrit ?

Vous devez voir Poutine jeudi à Moscou. Alexandre Adler, lundi, nous disait : « Poutine est un gosse, très émotif. Ce n’est pas du tout ce dirigeant réfléchi dont l’extrême droite française vante aujourd’hui la puissance. » Comment est-il, Poutine ?

Non, non, ce n’est pas un gosse ! C’est quelqu’un qui réfléchit. Ce n’est pas un joueur d’échecs comme d’autres dirigeants, c’est un judoka ! C’est-à-dire qu’il a l’habitude de traiter avec des gens plus forts et de profiter de leur force pour les mettre à terre.

Mikhaïl Gorbatchev dit que « le monde est au bord d’une nouvelle guerre froide ». Partagez-vous sa prédiction ?

Oui, mais ça sera de notre faute !

La faute de l’Europe ?

Oui ! Imaginez une seconde qu’on installe des fusées braquées sur Washington à Mexico. Comment réagirait l’Amérique ? C’est pourtant ce que font les Américains ! Regardez un peu la carte : la Pologne, la Tchécoslovaquie, les pays Baltes, et maintenant l’Ukraine ! Ils veulent installer les bases de l’Otan contre qui ? Contre la Russie !

Alors qu’on leur avait promis l’inverse quand le mur de Berlin est tombé, on leur avait dit qu’il n’y aurait pas de bases de l’Otan en Ukraine…

Exactement ! Nous continuons la guerre froide, ce n’est pas de la faute de la Russie. La Russie doit changer, elle va changer. Quand mes étudiants vont arriver au pouvoir, la Russie aura changé. Mais, en attendant, on peut parler ! Ce sont des gens avec qui on parle ! Ils ont lu les mêmes livres que nous, ils écoutent la même musique que nous. Il faut aller – et je l’ai déjà proposé à nos hommes politiques – à Moscou et proposer un compromis. Et je suis persuadé que Poutine est prêt à le signer.

Vous pensez que la France fait fausse route parce qu’elle est poussée par les Américains ?

Bien sûr ! Nous n’avons pas à faire la politique des Américains. Ce sont leurs intérêts, nous avons les nôtres. Nous sommes un grand pays ! Vous savez, c’est le général de Gaulle qui avait demandé aux bases de l’Otan de partir parce qu’il avait compris que nous avions besoin de notre indépendance. L’Amérique a ses intérêts, qu’elle défend, ils ne sont pas toujours les mêmes que les nôtres.

Et vous pensez que ce n’était pas à l’Ukraine qu’il fallait proposer d’entrer dans l’Europe, mais à la Russie ?

Bien sûr !

Et qu’il faut livrer les Mistral à Poutine, qu’importe l’Ukraine, qu’importe la Crimée ?

Ce sont deux choses différentes. Nous vivons dans un système capitaliste avec l’offre et la demande. Il y a des gens à Saint-Nazaire qui ont besoin de travailler. On les a fait travailler. Il y a une marchandise qui a été payée et on la livre, tout simplement ! Sinon, ça nous coûtera très, très cher, et pour quoi faire ?

 
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Publié par le novembre 19, 2014 dans Uncategorized

 

Lettre du FBI à Martin Luther King

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Voici plusieurs jours que cette lettre du FBI à Martin Luther King est publiée sur internet… Ce n’est donc pas pour la faire connaître que je la diffuse, mais parce que je suis écoeurée souvent par ce que je reçois, les connivences ordurières que l’on tente de créer avec moi, les caricatures pornographiques de nos adversaires… Comment vous faire comprendre qu’en croyant humilier l’autre, celui qui expédie ce genre de chose qui tente d’avilir l’autre par des plaisanteries sinistres autour de ses mœurs réels ou supposés, se  transforme , lui mêmes en fasciste, se complaisant dans l’obscène comme cette immondice du FBI. Je vois bien Hoover ou un de ses subordonnées jouissant en l’écrivant… Alors je vous en prie ne m’envoyez plus le même genre d’horreur en imaginant que nous sommes complices… Ce n’est pas aux lecteurs de ce blog à qui je m’adresse mais aux contacts sur Facebook… (note de Danielle Bleitrach)

Au vu de ta bassesse, de ton comportement personnel anormal, je ne te ferai pas l’honneur d’ajouter le qualificatif de Monsieur, Révérend ou de Docteur devant ton nom. Et ton nom de famille n’évoque que des rois comme Henri VIII, ses innombrables adultères et sa conduite immorale pire que celle d’une bête.

King, sonde ton cœur. Tu sais que tu es une arnaque totale et une lourde responsabilité pour nous tous, les Noirs. Dans ce pays, il y a suffisamment de charlatans parmi les Blancs je suis sûr qu’aucun d’entre eux ne t’arrive à la cheville. Tu n’es pas un homme d’Eglise et tu le sais. Je te le répète : tu es une énorme arnaque et un démon, vicieux en plus. Tu ne peux pas croire en Dieu et agir comme tu le fais. Il est clair que tu n’as aucun principe moral.

King, comme tous les charlatans, ta fin est proche. Tu aurais pu être notre meilleur leader. Déjà tout jeune, tu t’es révélé être non pas un leader mais un imbécile, décadent et sans morale. Nous devrons à présent compter sur nos leaders plus âgés comme Wilkins, un homme de caractère et Dieu merci  nous en avons d’autres comme lui. Mais toi, tu es fini. Tes diplômes « honorifiques », ton prix Nobel (quelle mascarade) et autres récompenses ne te sauveront pas. King, je te le répète, tu es fini.

Personne ne peut ignorer les faits, pas même un charlatan comme toi. Tends ton oreille sexuellement psychotique et écoute la bande-son. Tu t’y reconnaîtras dans toute ta boue, ta saleté, avec ton langage démoniaque et idiot, tu y es démasqué pour toujours. Je répète – personne ne peut discuter les faits. Tu es fini. Tu trouveras pour toujours sur l’enregistrement tes partenaires sales, dégoûtants, démoniaques, hommes et femmes s’adonnant avec toi à tes horribles anomalies. Et certains d’entre eux prétendent être des ministres de l’Evangile. Satan ne ferait pas mieux. Quelle malice incroyable. Tout est là sur l’enregistrement, tes orgies sexuelles. Ecoute toi, espèce d’animal anormal, dégoûtant. Tu es enregistré. Tu as été enregistré – tous tes actes adultérins, tes orgies sexuelles si anciennes. Ce n’est qu’un tout petit échantillon. Tu comprendras ça. Oui, tout est enregistré : de tes partenaires de jeu variés et démoniaques de la côte est, aux autres de la côte ouest et en -dehors du pays. King tu es fini.

Le public américain, les organisations ecclésiastiques qui t’ont aidées – protestants, catholiques et juifs -  sauront qui tu es vraiment : un démon, une bête anormale. Les autres personnes qui t’ont aussi soutenu le sauront aussi. Tu es fini.

King, il ne te reste qu’une chose à faire. Tu sais ce que c’est. Tu n’as que 34 jours pour le faire (ce nombre exact a été choisi pour une raison précise, il a une signification concrète définie. Tu es fini. Il n’y a qu’une issue pour toi. Tu ferais mieux de la choisir avant que ta personne dégoûtante, anormale, frauduleuse ne soit révélée à la nation.

 
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Publié par le novembre 19, 2014 dans Uncategorized

 

Une excellente analyse d’une hégémonie destructrice…

Ce qui s’est réellement passé à Beijing : Poutine, Obama, Xi et les coulisses d’une histoire que les médias ne vous raconteront pas. (Salon.com)

Patrick L. Smith

En guise d’événements sur la scène internationale, ces dernières semaines commencent à ressembler à un de ces événements uniques dans la vie lorsque tout le monde est censé sortir observer le ciel et constater un alignement du soleil, de la lune et des étoiles. Beaucoup de choses se déroulent en ce moment, et en les reliant entre elles, à l’instar des bergers grecs qui imaginaient des constellations, une image apparaît. Il est temps de dessiner cette image.

La situation sur le terrain en Ukraine se détériore à nouveau. De même, les événements de l’année écoulée ont entraîne l’économie ukrainienne au bord du gouffre. Vous n’en avez pas entendu parler parce que cela ne colle pas avec la narrative officielle, mais le cœur de l’Ukraine ne bat pratiquement plus. Plus à l’est, nous entendons sur les marchés financiers que le déclin du rouble entraîne la Russie au bord d’un autre effondrement financier.

Voyons voir. Les prix du pétrole sont maintenant en dessous de $80 le baril. Pour faire le plein de ma voiture, cela me coûte près de $20 de moins qu’il y a un an, et c’est tant mieux. Mais pourquoi le prix du brut a-t-il chuté en si peu de temps ? Cela n’a aucun sens si on examine les faits et – cela va sans dire – vous n’obtiendrez aucune aide de la part de nos médias.

Continuons à creuser. Le secrétaire d’Etat Kerry s’est rendu à Oman le week-end dernier pour un autre cycle de négociations sur la question nucléaire iranienne. La Russie a récemment émergé comme un acteur clé potentiel pour un accord, qui sera le « ça-passe-ou-ça-casse » du mandat de Kerry. En fait, le voici qui d’une main accueille le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et de l’autre le frappe bien en dessous de la ceinture. Quelque part, tout ça doit avoir du sens.

Continuons ! Obama est allé à Beijing la semaine dernière pour rencontrer Xi Jinping, qui arrive à faire passer Vladimir Poutine pour un George McGovern [homme politique US réputé « progressiste » - NdT] quand ça lui prend, ce qui n’est pas rare. Toujours dans la capitale chinoise, notre président a ensuite assisté à une réunion avec d’autres dirigeants asiatiques pour pousser à un accord commercial, dont le but principal est d’isoler la Chine en plaçant le reste de la région dans le giron néolibéral. (Ou d’essayer. A mon avis, Washington n’arrivera jamais à imposer le Partenariat Trans-Pacifique, trop contraignant.)

Un point important de l’ordre du jour de Xi – il était présent aussi au forum économique du Pacifique – était le récent lancement d’une institution de prêt réservée aux asiatiques et destinée à rivaliser avec la Banque Asiatique de Développement, la filiale de la Banque mondiale chargée de faire à l’Est le travail de l’Occident. Fermement opposé à tous ceux qui tentent d’avancer sans l’aide américaine et tout ce qui va avec, Washington a employé tous les moyens possibles pour couler ce navire. Quand Obama est descendu de l’avion à Beijing, la Asian Infrastructure Investment Bank avait 50 milliards de dollars en capital et 20 membres, et ce n’est qu’un début.

Entre-temps, Xi a eu une rencontre productive – encore une – avec le formidable Vlad. Mes sources présentes sur place me disent que tous les deux ont bien travaillé. Dans un avenir proche, la Russie enverra suffisamment de gaz naturel vers l’est pour répondre à une grande partie de la demande de la Chine et – lisez bien ce qui suit – à long terme pourrait éliminer les américains des autres marchés du Pacifique, qui sont la clé du succès de l’essor de la production actuelle en Occident.

Ca fait beaucoup de points à relier. Tel que je le vois, il y a deux thèmes récurrents : une activité constructive et une activité destructrice. Les lecteurs qui pensent que je simplifie à outrance peuvent toujours me faire part de leurs commentaires. Je suis prêt à les écouter.

Revenons au début du mois de Septembre. Le 5, l’Allemagne a négocié un cessez-le-feu entre le gouvernement ukrainien à Kiev et les rebelles dans la région orientale du Donbass. Washington a clairement fait savoir qu’il n’en voulait pas, préférant poursuivre les hostilités ouvertes. Puis des choses étranges se sont produites.

Moins d’une semaine après la signature du Protocole de Minsk, Kerry a fait un déplacement peu remarqué à Djeddah pour rencontrer le roi Abdallah dans sa résidence d’été. Lorsqu’on a daigné parler de cette visite, il n’a été question que d’une tournée de Kerry pour obtenir le soutien arabe à la lutte contre l’État islamique.

Arrêtez-vous un instant. Selon mes sources fiables, cette visite avait aussi d’autres objectifs. L’autre partie de la visite concernait le désir inassouvi de Washington de ruiner l’économie russe. Pour ce faire, Kerry a dit aux Saoudiens 1) d’augmenter leur production et 2) de réduire le prix du brut. Gardez à l’esprit les chiffres suivants : les Saoudiens produisent un baril de pétrole pour moins de $30, considéré comme le seuil de rentabilité dans leur budget national ; les Russes ont besoin d’un prix à $105.

Peu de temps après la visite de Kerry, les Saoudiens, évidemment, ont commencé à augmenter leur production – de plus de 100 000 barils par jour jusqu’à fin Septembre, et apparemment plus par la suite. La semaine dernière, selon Bloomberg News, ils ont baissé le prix du Arab Light de 45 cents le baril. Ce qui a eu des répercussions sur tout le marché, avec un prix du baril situé à $78 au moment de la rédaction de ces lignes.

Réfléchissions. L’hiver arrive, il y a de graves problèmes de production en Irak, au Nigeria, au Venezuela et en Libye, les autres membres de l’OPEP crient au secours, et c’est le moment que choisissent les Saoudiens pour faire baisser les prix encore plus ? Faites le calcul, avec l’itinéraire non déclarée de Kerry à l’esprit, et pour vous aider je vous propose ceci d’une source extrêmement bien placée sur les marchés des matières premières : « Il y a des mains très puissantes qui font pression en ce moment sur l’approvisionnement mondial », m’a-t-elle écrit dans un e-mail.

Entre-temps, il a été signalé que les Russes ont envoyé des soldats et de l’artillerie au-delà, ou peut-être juste en face, de la frontière ukrainienne. C’est ce que nous lisons, mais aucune explication ne nous est donnée quant au pourquoi – en supposant, pour les besoins du raisonnement, que ce soit vrai. Nous sommes invités à accepter l’idée qu’il n’y ait pas de raison qui mérite d’être mentionnée.

C’est une invitation que je refuse. La possibilité-vraisemblance-probabilité – impossible à dire, tellement nous sommes mal informés – est que ces déploiements signalés sont une réaction à des mouvements qu’on nous cache. Compte tenu de la désapprobation de Washington pour l’accord de Minsk et de ses manipulations sournoises sur les marchés du pétrole depuis sa signature, j’appelle ça une probabilité, sinon plus.

Quant à l’économie ukrainienne, elle tourne au sordide alors que le Fonds Monétaire International n’y a même pas encore mis ses sales pattes. Un analyste du Royal Bank of Scotland à Hong Kong, Roland Hinterkoerner, vient de publier un tour d’horizon, dont voici quelques-uns des points forts (ou points faibles) :

- Avec le rouble en chute libre, Kiev a récemment dû supprimer l’arrimage de sa monnaie, fixée à 13 hryvnia pour un dollar. Elle a chuté de 15% au cours de cinq séances de bourse suivantes. D’un taux de 8 pour 1 il y a un an, il faut désormais 16 hryvnia pour acheter un dollar.

- Avec le système bancaire en péril, un tiers des dépôts avaient été retirés – c’est-à-dire avant l’effondrement de la monnaie. « Il n’y a pas moyen de réparer ces dégâts en procédant à une sorte de recapitalisation, chose qui peut pourrait encore réussir dans la zone euro, » écrit l’analyste.

- Les efforts pour enrayer la chute de la hryvnia ont dangereusement appauvri les réserves en devises. En Octobre, la banque centrale détenait $ 12,6 milliards d’actifs – des cacahuètes dans ce contexte.

- L’Ukraine doit à la Russie $1,6 milliards de factures de gaz d’ici la fin de l’année – et doit aussi faire face à des frais de $700 millions par mois pour de nouveaux approvisionnements.

- L’association automobile ukrainienne, histoire d’en rajouter une couche, vient de signaler que les immatriculations de voitures neuves ont chuté de 65 % au mois d’Octobre par rapport à l’année précédente, soit 5900 unités vendues – dans un pays de 46 millions d’habitants. Le plus grand fabricant, Saporisky Awtomobilebudiwny Sawod, a sorti 1007 véhicules. Il emploie 21 000 salariés.

Ce genre de rapport me laisse pratiquement sans voix – et nos journalistes muets, bien sûr. Tout ce que nous avons lu au cours de l’année écoulée, les événements qui se déroulent au nom de la démocratie et une vie meilleure pour les Ukrainiens, se résume à ça. « L’économie ? », conclut Hinterkoerner. « quelle économie ? ».

Continuons. « En avant » comme dit le porte-parole guilleret du Département d’Etat.

Kerry vient de terminer sa tournée à Oman, où un cycle de négociations sur l’Iran s’est tenu juste avant la date limite du 24 novembre pour arriver à un accord. Le rôle de la Russie dans ces pourparlers a soudainement devenu potentiellement important. Pour sortir de l’impasse sur le nombre de centrifugeuses de l’Iran, Moscou propose de récupérer la plupart des stocks d’uranium non transformé de l’Iran et de renvoyer le combustible enrichi lorsque l’Iran en a besoin pour alimenter le programme d’énergie nucléaire qu’il recherche. C’est la reprise d’une idée initiale qui avait été lancée il y a cinq ans, et cette fois Téhéran l’estime acceptable, du moins provisoirement.

Plaçons cela dans un contexte plus large : avec la fin de 35 ans d’hostilités inutiles à portée de main, est-ce bien le moment pour s’en prendre autant que possible à la Russie avec des sanctions, des interventions sur les marché à son désavantage, et Dieu sait quoi sur le plan militaire en Ukraine ? On en arrive à penser de Washington ne peut tout simplement pas s’en empêcher, mais je vais y revenir.

Beijing, donc. Personne ne vous le dira comme ça, mais Obama est arrivé avec un échec à son passif et d’autres à venir. Ce fut déjà une erreur de s’opposer à l’institution de prêts asiatique parrainée par Beijing, mais de surcroît cela commence déjà à coûter aux Etats-Unis. Peu-être avez-vous remarqué que le pacte commercial trans-pacifique n’est plus à l’ordre du jour. L’accord climatique qu’Obama et Xi ont signé semble pour le moment n’être qu’un accord pour le bien d’un accord – quelque chose qu’Obama pourrait rapporter en triomphe. Les seuls « succès » que les médias US ont pu annoncer n’étaient que quelques mesures d’ouverture des marchés de prestations à des sociétés US spécifiques. Rien de visionnaire, il faut bien le dire. Un négociateur débutant en aurait obtenu autant.

Et voici pourquoi, un point qui n’échappe pas aux Chinois : Il n’y a pas de vision côté américain, mais seulement de la résistance et de l’opposition. Xi a toujours exhorté une « nouvelle relation entre grandes puissances, » et si quelqu’un peut m’expliquer pourquoi ceci n’est pas une pensée parfaitement logique face aux réalités du 21e siècle, encore une fois, je suis prêt à l’écouter.

La prétention de Washington d’avoir un destin à être une puissance inégalée dans le Pacifique remonte à la croisière impériale de Teddy Roosevelt dans la région après la défaite infligée par les Etats-Unis à l’Espagne et le massacre du mouvement démocratique philippin. Pas question de céder du terrain, et tant pis pour les réalités.

De son côté, Xi est tout à fait au contact des réalités, et certaines ont tout à voir avec le resserrement des liens avec la Russie. Xi et Poutine se sont serrés la main plus tôt cette année sur un énorme accord historique de $400 milliards de gaz. Comment se sentait Obama lorsque les deux ont annoncé au cours de sa visite qu’ils venaient de signer un autre accord, cette fois de $325 milliards ?

Quelques détails : Le gaz sera acheminé depuis la Sibérie au moyen d’un gazoduc qui n’est pas encore construit. PetroChina prendra 10% de parts dans une filiale de Rosneft, la compagnie de gaz russe. En 2020, la Chine sera approvisionnée pour un quart de sa demande par la Russie ; les Russes, quant à eux, vendront alors plus de gaz à la Chine qu’ils n’en vendent actuellement à l’Europe.

Tendez l’oreille au son d’un monde en rotation. Je me demande pourquoi vos médias ne vous le font pas entendre.

Encore des choses à dire, semble-t-il. La Russie a passé également de nombreux autres accords énergétiques avec la Chine, y compris celui qui a doublé ses exportations de pétrole vers la République populaire. Ensuite, il y a le Fonds d’Investissement Route de la Soie (Silk Road Investment Fund), un engin de $40 milliards pour financer des projets de développement dans les sept pays de l’Asie centrale. Les relations avec le Vietnam et le Japon, très tendues jusqu’à récemment, semblent maintenant être en voie d’amélioration. Au temps pour le rôle de Washington en tant que protecteur de la région de l’empire qui s’éveille.

« Ajoutez le tout », écrit Ken Courtis, un observateur attentif de la scène internationale depuis des décennies, « et vous avez le contour d’un certain nombre d’initiatives importantes qui seront la clé du renforcement du rôle primordial de la Chine dans le développement par le biais d’investissements dans d’autres économies de marché émergentes ».

Courtis a eu un échange curieux avec Poutine lors de certaines sessions du forum économique à Beijing. Il a demandé si la Russie fournirait des garanties de sécurité si la Corée du Nord acceptait de renoncer aux armes nucléaires.

Poutine a répondu en partie : « Votre question est trop intelligente. Ce n’est pas encore le moment de soulever cette question, et encore moins d’y répondre. Souvent, le problème dans le monde n’est pas que les petits pays, qui se sentent assiégés, ne sont pas disposés à changer. C’est plutôt que les grands pays se comportent tous comme des voyous dans une cour d’école – et ne savent pas quand s’arrêter ».

J’espère que Kerry et Obama étaient à l’écoute à ce moment. Tel que Courtis l’a compris, « Je pense que Poutine a fait comprendre à l’Occident qu’il n’aura plus d’aide de la Russie pour des sanctions contre la Corée du Nord, ou ailleurs. On pourrait également comprendre l’Iran, la Syrie, le Venezuela, etc., dans ce raisonnement ».

Je suis d’accord. Nous pouvons alors commencer à relier les étoiles, voir une constellation, et évaluer le coût du modèle cohérent et destructeur de Washington ici, là et partout. A ce sujet, les accords sino-russes ne peuvent être prises autrement que comme des réponses à long terme de la relance par l’Occident des hostilités de la Guerre Froide envers la Russie et son refus de contenir l’émergence de la Chine. De façon plus étroite, Poutine veut un accord avec Iran pour montrer l’importance de la Russie sur la scène internationale, oui, mais même là il commence à en avoir marre.

La question évidente est qu’observons-nous alors que tous ces événements se déroulent et se fondent en une seule réalité. Ce moment particulier semble rendre cette réalité évidente. Nostalgique de la période de domination connue comme le siècle américain, les Etats-Unis ne peuvent se résoudre à sa disparition. Assez logiquement, sa tâche devient essentiellement destructrice dans un monde qui renaît – un effort, au final, qui cherche à détruire l’histoire elle-même.

Les autres grandes puissances de la planète, avec toutes leurs imperfections et, en effet, disgrâces, comprennent que le temps est venu, que la parité entre l’Occident et le reste du monde arrive. C’est le cœur de la réalité, à ne pas être perdu de vue. Les problèmes internes de la Chine et de la Russie sont semblables à ceux de Etats-Unis ; ils doivent être résolus par les Chinois, les Russes et les Américains, un point que nous comprenons facilement lorsqu’il s’agit d’ingérences dans nos affaires par autrui, mais pas l’inverse, lorsqu’il s’agit de nos ingérences dans les affaires d’autrui.

Tant pis. Mais seulement pour ceux qui persistent à se placer du mauvais côté de l’histoire. Les gagnants et les perdants de ce siècle ne sont pas encore clairement identifiés – je dois préserver mon optimisme sur ce point -, mais à chaque événement qui se déroule, à chaque erreur commise, ceux dont le sort est scellé devient un peu plus évident.

J’aime cette idée d’un chercheur chinois érudit devenu diplomate redevenu chercheur lors d’un dîner à Beijing, l’autre soir, et transmise par un ami. Il a parlé de l’Ukraine, mais sa remarque s’applique à tous les niveaux.

« De notre point de vue, tout ce bruit n’est qu’une agitation en surface, » a-t-il dit. Puis il a cité cette scène de « Macbeth » au château de Dunsinane, « La vie n’est qu’une ombre qui passe, un pauvre acteur qui se pavane et s’agite durant son heure sur la scène et qu’ensuite on n’entend plus. C’est une histoire dite par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien. »

Les Chinois – toujours attentifs aux visions à long-terme. Qui sont les idiots dans cette histoire ?

Je m’arrête là.

Patrick L. Smith

Traduction « oui, certes, et BHL dans tout ça ? » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

»» http://www.salon.com/2014/11/13/what_really_happened_in_beijing_putin_…
URL de cet article 27411
http://www.legrandsoir.info/ce-qui-s-est-reellement-passe-a-beijing-poutine-obama-xi-et-les-coulisses-d-une-histoire-que-les-medias-ne-vous-raconteront-pas.html
 
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Publié par le novembre 19, 2014 dans Uncategorized

 

La beauté en panne de l’Ukraine orientale, 25 ans après la fin de l’URSS

15 novembre 2014

Avant qu’il y ait eu cette enragée guerre civile qui a dévasté les infrastructures de la région et dispersé sa population, la région du Donbass dans l’est de l’Ukraine était une région économiquement déprimée, très éloignée de l’autorité du gouvernement central à Kiev.

Historiquement, le Donbass, connu officiellement comme le bassin du Donets, qui englobe les oblasts de Donetsk et Lougansk — était le joyau de l’industrialisation soviétique, une région qui symbolisait le pouvoir de la puissance soviétique où les villes surgissaient  aux côtés des mines de charbon et des usines. Après l’effondrement de l’URSS,  une grande partie de la région est alors tombée en ruines.

C’est le thème de la série, «Donbass romantisme, » du photojournaliste né en Moldavie Misha Friedman, qui a photographié la région en 2010 et 2011, alors qu’il vivait à Kiev. Friedman décrivait  la ruine des infrastructures comme un symbole de la négligence du gouvernement et de l’effondrement des idéaux soviétiques.

 « Dans une certaine mesure, la désintégration du Donbass m’a rappelé des processus de l’Europe occidentale à l’ère de l’industrialisation, comme les gens s’installaient dans les villes, nous avons été séparés de la nature, » . « L’idée était, « que se passe-t-il si je photographie l’est de l’Ukraine dans la même esthétique? » Les relations entre les humains et la nature ont toujours été compliquées et  au Donbass en particulier, qui se trouve à une extrémité dépendant de la terre pour la survie, mais à un autre bout a vécu et est mort de l’industrie pendant des siècles. »

L’Emplacement du Donbass a été la clé pour le développement d’une importante zone industrielle basée sur le charbon, l’industrie lourde et, plus tard, la mise en œuvre de nouvelles technologies, dit l’historien Tarik Cyril Amar, professeur de l’Université Columbia et un expert de l’Ukraine.

« Pour en revenir à l’époque tsariste, le Donbass a toujours été une région largement autonome qui socialement, politiquement et économiquement parlant ne s’est jamais tout à fait adaptée à un  quelconque  pouvoir central, » dit  Amar. « Après l’indépendance en 1991, les usines sinistrées et le chômage et d’autres problèmes sociaux sont advenus mais le Donbass a largement conservé son autonomie politique et développé des structures locales de pouvoir qui en ont  fait essentiellement un État dans l’État. »

C’est cette  narration  historique explique Amar, qui est essentielle pour comprendre pourquoi la région est sur la ligne de front de la guerre de sécession de l’Ukraine, où les séparatistes pro-russes sont engagés dans la guerre de guérilla contre l’armée ukrainienne adossée à l’Ouest, dans les rues des villes du Donbass et dans les petites villes qui parsèment le paysage vaste et pittoresque de la région.

Le taux de chômage oscille autour de 8 % aujourd’hui dans la  ville industrielle de Donetsk — le plus élevé en Ukraine, même si beaucoup d’économistes estiment ce nombre beaucoup plus élevé. Bien que la région reste le centre industriel du pays — elle produisait 27 % (soit $ 18,3 milliards) du total des exportations de l’Ukraine en 2012 — la guerre a ravagé une économie locale qui ne faisait que commencer à récupérer d’un marasme qui remonte à la chute de l’URSS, quand les usines fermaient et les emplois partaient vers l’Asie, affirme Amar.

L’économie régionale est presque effondrée aujourd’hui, explique Amar, mais projeter l’actuelle crise entièrement sur la situation économique « serait une grave erreur et une mauvaise compréhension de l’histoire. »

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Une statue de cerf au sommet d’un terril surplombant Donetsk (Misha Friedman)

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Une maison habitée près d’Enakievo, une ville de cent mille habitants à 60 km à l’est de Donetsk (Misha Friedman)

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Un mineur de charbon fume une cigarette après son quart de travail à Enakievo (Misha Friedman)

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Une église catholique abandonnée près de l’usine métallurgique de Enakievo. L’église fut abandonnée sous la domination soviétique et des bénévoles tentent seulement  maintenant de la restaurer pour la rendre au culte (Misha Friedman)
 

Des mineurs boivent moonshine après le travail à Enakievo (Misha Friedman)
 

Une mine de charbon désaffectée près de Donetsk (Misha Friedman)
 

Agrandissement du cimetière à Donetsk (Misha Friedman)

http://qz.com/292733/incredible-photos-of-eastern-ukraine-25-years-after-the-end-of-the-ussr/

Des photos de Misha Friedman qui disaient en 2012 l’abandon depuis la fin de l’Union soviétique de cette région qui a toujours vécu loin du pouvoir central…

 
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Publié par le novembre 18, 2014 dans Uncategorized

 
 
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