RSS

Archives de Catégorie: sciences

Voyage au cœur d’un trou noir : pourquoi l’astronaute se démembre

L’astrophysicien Aurélien Barrau décrit en  termes simples le cosmos dessiné par la physique d’aujourd’hui. Extrait de "Big  bang et au-delà : balade en cosmologie" (1/2).

La mystérieuse entropie des trous noirs est ainsi un défi majeur lancé à la physique théorique.La mystérieuse entropie des trous noirs est ainsi un  défi majeur lancé à la physique théorique. Crédit  DR

Dans les trous noirs, les choses deviennent plus  radicalement étonnantes encore. En un sens précis, les changements de signe qui  interviennent dans l’équation décrivant la géométrie peuvent s’interpréter comme  un échange de l’espace et du temps. Au-delà de l’horizon, à l’intérieur du trou,  le temps devient espace et l’espace devient temps. Ces deux concepts si  habituellement hétérogènes se troquent l’un pour l’autre.

La singularité centrale, cette zone au cœur du trou noir où  toute la matière se trouve concentrée, se situe d’ailleurs moins en un lieu qu’à  un instant. Le temps lui-même cesse, en quelque sorte, de s’y écouler. Elle est  une déchirure temporelle. C’est pourquoi elle marque inéluctablement une mort  certaine pour le voyageur imprudent qui se serait aventuré à l’intérieur d’un  trou noir. Mais notons bien que cette mort ne survient pas au moment de l’entrée  dans l’astre. Elle peut survenir bien avant si le trou noir est de faible masse  : les effets de marée – de même nature que ceux qu’engendre la gravitation  lunaire sur la Terre – sont si grands que l’astronaute serait démembré avant  même d’atteindre la surface du trou noir. Autrement dit, le champ de gravité  varierait tellement vite que les parties du corps plus proches du trou noir (par  exemple les pieds) seraient beaucoup plus attirées que les parties plus  lointaines (par exemple la tête), conduisant à un écartèlement fort désagréable  du voyageur spatial…

Au contraire, si le trou noir est très massif, ce phénomène  devient négligeable et il est alors possible d’explorer l’intérieur du trou.  Mais mieux vaut se tenir tranquille : toute tentative pour ralentir la chute sur  la singularité – par exemple l’allumage d’un petit moteur de fusée dirigée vers  celle-ci pour pousser vers l’extérieur – ne peut que précipiter les choses !

Le spectacle serait assez grandiose : un ciel noir du côté du  trou, un ciel devenant rapidement très sombre du côté opposé, et un fin anneau  de lumière entourant l’astronaute et séparant ces deux zones presque  indiscernables.

Il n’est pas étonnant que les trous noirs fascinent les  cinéastes et c’est d’ailleurs avec un plaisir étonné et assez naïf que je prends  un peu de mon temps pour collaborer en ce moment avec la grande réalisatrice  Claire Denis – que j’ai aimée et admirée dès Paris Texas et Les Ailes du Désir  où elle assista Wim Wenders, puis avec son formidable Chocolat.

Les trous noirs sont des objets essentiellement bien compris.  Les effets relativistes y sont considérables et ils constituent donc des lieux  idéaux pour mener des expériences de pensée permettant de mieux comprendre – et  parfois même de contraindre – les théories.

De nombreuses avancées et découvertes ont été possibles grâce  à ces expériences « virtuelles » où le physicien théoricien se demande : que se  passerait-il si… ? sans même avoir besoin de le faire effectivement. Une telle  expérience consiste par exemple à s’interroger sur le statut d’une bouteille de  gaz jetée dans un trou noir. Le gaz est un ensemble désordonné de molécules. En  physique, on quantifie ce désordre – c’est-à-dire cette information considérable  (les positions et vitesses de toutes les molécules) qui est ignorée quand on  regarde à grande échelle – par le concept d’entropie. Si le gaz possède donc une  grande entropie et que le trou noir n’en possède pas, cela signifie qu’en jetant  la bouteille emplie de gaz dans un trou noir dont elle ne pourra évidemment  jamais être extraite, l’entropie de l’Univers aura diminué. Or, la science de la  chaleur, ce qu’on nomme la thermodynamique, nous apprend que l’entropie ne peut  pas diminuer. Il faut donc supposer qu’en jetant la bouteille dans le trou noir,  on fait augmenter l’entropie de ce dernier !

Mais puisque l’entropie rend compte du « désordre », cela  signifie que la simplicité des trous noirs – qui peut pourtant être démontrée en  relativité générale – n’est qu’apparente et qu’ils sont en fait des objets très  complexes. Sans aucun doute même, les plus complexes de l’Univers… La  mystérieuse entropie des trous noirs est ainsi un défi majeur lancé à la  physique théorique.

__________________________________

Extrait de "Big bang et au-delà : balade en cosmologie" (© Editions  Dunod), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

atlantico sur facebook

En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/voyage-au-coeur-trou-noir-pourquoi-astronaute-se-demembre-aurelien-barrau-709722.html#xYMgHiKL6aGKXQe6.99

 
Poster un commentaire

Publié par le mai 2, 2013 dans cinema, sciences, Théorie

 

AVOIR UN NOUVEAU REGARD SUR LES CIRCONSTANCES…. par Danielle Bleitrach

Il ne suffit pas de culpabiliser les peuples qui aujourd’hui se retournent contre les migrants et laissent monter en eux la haine contre plus pauvres que soi. Il faut se souvenir de ce que dit Brecht: "Chacun voudrait être bon, mais il y a les circonstances et l’homme est mauvais".

Godard-FilmSocialisme_0[1]

Donc si l’on s’intéresse justement aux "circonstances" et qu’on ne se contente pas de la morale le plus souvent hypocrite parce que née justement de l’acceptation des inégalités et des circonstances telles que la société les crée, donc si on s’intéresse aux "circonstances" non dans le simple constat, mais pour les changer ce qui ne peut être fait que collectivement et pas par la prière,on doit repenser les buts et les moyens de toute notre réflexion.

UNE MORALE QUI INTERDIT LE CHANGEMENT

Ainsi s’ébaudir sur  le mensonge, catégorie relevant du péché, permet de confondre  dans la même catégorie Cazuhac et   le rabbin Bernheim. L’histoire de ce dernier prend sens certainement dans des luttes  de clans dans le consistoire. A ce titre elle  intéresse seulement des ouailles plus ou moins informées des tenants réel de l’affaire. Il y a aussi mensonge dans le cas Cazuhac  mais l’essentiel est ailleurs,  dans des  conséquences qui peuvent être assimilé à un crime contre l’humanité: la soif sans limite de profit et la manière de fait de priver des peuples de leur accès à la santé, à l’éducation, à la sécurité par évasion fiscale. De les priver de fait de ce qui fonde la volonté de vivre ensemble.

Face à cela, le cache misère de la morale est de bien piètre effet. La morale ordinaire, celle qui ne vise à aucun changement, débouche obligatoirement sur son corrolaire, l’affirmation d’une nature humaine, ne reposant en dernière analyse que sur l’identité entre l’être humain et son créateur imaginaire, son fétiche divin, une manière comme une autre de transformer l’être humain en sujet de tous ses malheurs et donc de diluer les responsabilités. Et on en arrive à ce type de phrase, ventre des peuples et garantie de sommeil tranquille pour les possédants, les maîtres: "On ne changera pas les êtres humains, ils seront toujours menteurs, tricheurs quand leurs intérêts sont en jeu…" C’est-à-dire que l’on transforme tous les êtres humains en morale appliquée par les maîtres, comme cette morale de la nature humaine repose en dernière analyse sur l’anthropomorphisme divin… La nécessité que les hommes ont eu de fabriquer un dieu à leur ressemblance pour fétichiser leurs relations sociales et leur rapport à leur propre nature.  C’est pourquoi tout appel à la seule morale et à une indignation qui retombe comme un soufflé quand une événement chasse l’autre laissant seulement de l’amertume et du découragement, est une manière de ne rien changer. Au meilleur des cas elle n’invite qu’au pardon : "qui sommes nous pour juger, nous autres pauvres pêcheurs!" Pire elle met à disposition au ressentiment ainsi crée plus pauvre que soi, celui ou celle qui est à sa portée. Femme prolétaire du prolétaire, migrant figure de l’enfer en période de chômage, boucs émissaires traditionnels comme les juifs, ils sont aussi la marque de cette impossibilité du vivre ensemble.

RIEN N’EST ETERNEL, NI DIEU, NI MAITRE

Il y a une variante, celle qui hypostasie la loi et la République, nous sommes passés déjà à la Révolution française ce qui est un pas important. Elle affirme que le crime n’est plus tout à fait le mensonge mais le non respect de la loi. Ainsi là encore on peut confondre le ridicule mensonge de Bernheim et celui de Cazuhac, Bernheim aurait attaqué le pacte républicain, la meritocratie égalitaire symbolisé par le ciplôme quant à Cazuhac il aurait violé la loi qu’il était chargé de faire respecter. On approche d’une laïcisation du droit divin mais qui reste de surface et permet la confusion parce qu’elle élimine circonstances et conséquences des actes…  Il est évident qu’en matière de circonstances et de conséquences les deux affaires n’ont rien à voir dans leur portée. J’ose affirmer que dans la situation vécu par une majorité de la population mondiale, l’évasion fiscale est un crime contre eux alors que la dissimulation de titre est un ridicule que pratiquent bien des gens. Combien j’ai vu de Français devenir en Amérique latine de grands universitaires alors qu’ils étaient de simples doctorants et l’équivalent de Sartre alors qu’ils étaient d’illustres inconnus. Qui peut comparer cette tartarinade avec l’horreur de ce qu’est devenu le capitalisme à son stade sénile en matière de conséquence. On peut réussir une telle confusion que si l’on hypostasie la République et la loi dans un modèle éternel et non transformable.

Mais si l’on pense les circonstances, on nous objectera et la droite ne s’en prive pas qu’elles seraient censées justifier l’injustifiable et absoudre le crime, favoriser la récidive. Nous sommes déjà ce faisant devant le mythe d’une justice trop permissive et pas devant des faits réels. Ce qu’il faut attribuer à la prise en compte des circonstances c’est la nocivité réelle de l’action et les moyens non moins réels de la prévenir. Donc nous sommes  devant la nécessité de  changer les circonstances qui produisent le crime et là comme le notait déjà Robespierre à propos du roi, nous avons effectivement une nouvelle hiérarchie qui s’instaure et qui correspond aux conséquences et à la manière pour la société de s’en prémunir. Cela implique de les penser non comme éternelles mais dans leur contingence qui dépend d’intérêts de classe… Ce à quoi il a été répondu que l’on a déjà essayé et que cela a échoué, engendré des tyrannies bureaucratiques, des despotismes et nous voilà repartis dans l’éternité d’une nature humaine invoquée pour défendre les intérêts d’une poignée que l’on nous présente de surcroit comme garants de l’emploi (souvenez vous du théorem de Schmidt: les profits d’aujourd’hui engendrent les emplois de demain), ce qui est démenti par la réalité. Nous sommes pris dans une sorte d’illusion d’optique du type de celle qui nous faisait croire que le soleil tournait autour de la terre et que les puissants de l’époque, l’inquisition défendirent bec et ongle à l’instar d’une centralité de la nature humaine garantie de sa ressemblance avec dieu et donc de sa culpabilité.

Si le socialisme a partiellement échoué, partiellement parce que comme la Révolution française a à jamais laissé dans l’esprit de l’humanité la revendication à des droits, à une constitution, à un gouvernement qui ne dépendent pas de l’absolutisme de droit divin mais de la rationalité politique, la révolution bolchevique a laissé la trace du droit concret à la vie, à la santé, à l’éducation des plus pauvres. Elle a produit malgré ses échecs une sorte de nouvelle centralité, pour résoudre les problèmes il faut partir non du marché, d’une clientèle solvable, mais des besoins des plus misérables.

Son échec ne signifie pas ce retour à une nature humaine qui empêche le changement et voue à l’échec cette utopie des pauvres mais bien le constat que justement il faudra beaucoup de temps, peut-être le temps de l’histoire, celui de l’univers pour imposer un nouveau rapport à la nature, à ce qu’on appelle la nature et qui est la nécessité…

PARTIR DES TÂCHES D’AUJOURD’HUI DANS LEUR TRIVIALITE EN GARDANT LE PRICIPE ESPERANCE

Nous sommes à une troisième étape où effectivement les découvertes scientifiques connaissent un essor tel que toute notre conception du monde, ce qu’on appelle notre rapport à la nature devra être transformé. Il faut intégrer les acquis du passé, l’apport de la Révolution française, celui de la Révolution bolchevique dans une tout autre pensée de l’être humain, partie d’un univers dont nous ne percevons qu’une infime partie… Et dont nous ne sommes pas assurés qu’il a un principe explicatif unique, dernier avatar de la centralité divine. Nous sommes humains,  animaux, vivants, d’une matière minoritaire dans le dit univers… Il reste à se penser ensemble…

Voilà je me souviens du cycle Fondation d’Asimov, ce livre que j’ai tant aimé ou plutôt ces séries de livre dans lequel un empire galactique s’effondre et de là des millénaires après des aventuries explorateurs partent à la recherche de la planète originelle, ne la trouvent pas ou plutôt trouvent des choix possibles multiples… La série fut entamée en 1941, comment voulez-vous que le socialisme réussisse quand cet individu un des plus  visionnaires de l’époque, sincérement progressite conçoit un empire galactique qui a unifié toute la voie lactée au point que l’on passe d’une étoile à l’autre comme si l’on prenait le métro et que les hommes n’y ont pas changé d’un iota, ils ne vivent pas plus vieux et sont toujours à la recherche d’une métascience pour prévoir l’avenir…. Il fallait être un artiste à la recherche innocente du mystère, un éternel adolescent qui paraissait emprunté au principe espérance de Ernst Boch, comme Einstein et d’autres pour franchir les limites de l’évidence…. Nous avons un besoin impérieux de rompre avec les "évidences"… Le contraire de la morale avec ses diktats et pourtant un retour vers l’impératif catégorique de la nuit étoilée, notre appartenance à un mystère que nous devons conquérir ensemble…

Quand Einstein proposait un gouvernement mondial, Brecht se moquait de lui en lui disant que ce serait celui de la Standard Oil. La situation présente donne raison à Brecht mais il faut que l’esprit des êtres humains s’acharnent sur les obstacles, les faits immédiats, arrivent à les vaincre, tout en conservant l’utopie… Se dire que l’homme voudrait être bon mais qu’il y a les circonstances et que l’homme est mauvais, s’acharner donc à se donner les moyens de changer les circonstances, en se disant qu’il faudra  un jour changer les dites circonstances donc ne pas créer une situation trop figée dans le changement, bref concevoir l’uropie dans le réalisme politique le plus trivial. Ne pas reporter le principe espérance au moment où seront changées les circonstances mais l’inscrire dans le changement, c’est sans doute pour cela qu’Einstein s’obstine à poser l’utopie comme un horizon.Je découvre tous les jours des gens qui en sont là…

Danielle Bleitrach

 

"On va s’apercevoir que la théorie du tout ne pourrait pas exister"

96ee983774ea0832dca20a49cbd892e0_large[1]Mon "ami" Aurélien Barreau dont je suis fidèlement les publications m’ayant avisé qu’il intervenait dans le numéro spécial de Sciences et vie (Spécial 100 ans) je me suis précipitée et dans la masse des articles et articulets divers, j’ai fini par repérer sa déclaration, la voici: "Pendant des siècles,les physiciens ont su unifier des phénomènes très variés dans des théories toujours plus synthétiques. Ce qui a notamment  conduit au modèle standard de la physique des particules. Or, depuis quelques décennies, les tentatives d’aller au-delà n’ont pas abouti. Ainsi nous découvrirons peut-être que l’univers physique n’est pas réductible à une unique théorie, mais qu’il est intrinséquement diversifié. Il ne serait peut-être pas constitué de particules, de cordes ou de boucles, mais de tout cela à la fois, selon la manière dont on l’interroge."p.127

Dans ce domaine, j’interviens selon ce que j’ai cru comprendre, des points de capiton… Mais voici ce que m’inspire cette affirmation…

D’abord je suis navrée pour mon cher Albert (Einstein) qui a passé la fin de sa vie à chercher une métathéorie suceptible de concilier sa propre théorie de la relativité et celle des quantas. je me disais que comme une de ses rares activités sociales à cette époque-là (en dehors du pacifisme, du socialisme, de sa dénonciation du racisme et   du likoud)  consistait à participer à un quatuor à cordes, il devait avoir une préscience de la théorie des cordes. Il me semblait d’ailleurs qu’Aurélien Barreau lui-même ces derniers temps se prononçait pour la pertinence de la dite théorie des cordes… Et voici qu’il la renvoie du grand tout à une autre relativité…

l y a un peu plus d’un an, en effet; le satellite européen Planck achevait sa mission débutée en 2009: établir cinq relevés complets de nos cieux afin de percer les secrets du premier rayonnement de l’univers, 380.000 ans après le Big Bang. L’Agence spatiale européenne (ESA) a dévoilé les premiers résultats de ses observations, dont la carte la plus précise de l’enfance de l’univers, il y a 13,8 milliards d’années. Découvert en 1965, le premier rayonnement de l’univers, appelé rayonnement fossile, «témoigne de l’état de l’univers lors de sa prime jeunesse et recèle les traces des grandes structures qui se développeront par la suite», indique le CNRS dans un communiqué. L’organisme détaille les autres bénéfices des découvertes de Planck: la confirmation de la «platitude» de l’univers, la mise en évidence d’un effet prévu par les modèles d’«inflation» – un événement apparu dans les secondes suivant le Big Bang -, une révision à la baisse du rythme de l’expansion de l’univers et une nouvelle évaluation de sa composition (69,4 % d’énergie noire, 25,8 % de matière noire et 4,8% de matière ordinaire). D’après le CNRS, la première carte de l’univers va permettre d’en savoir plus sur ce qu’il s’est passé depuis l’apparition du rayonnement fossile, mais surtout sur la période le précédant sur laquelle les scientifiques disposent de peu d’informations. Pour établir ce planisphère de l’univers, Planck a mesuré «les variations d’intensité lumineuse de l’univers primordial», soit des taches plus ou moins brillantes qui sont «l’empreinte des germes des grandes structures actuelles du cosmos et désignent les endroits où la matière s’est par la suite assemblée, puis effondrée sur elle-même, avant de donner naissance aux étoiles, galaxies et amas de galaxies.»

Peut-être ce passage que j’ai cru déceler chez Aurélien Barreau d’une confiance dans la théorie des cordes à la diversité de la prise en compte à partir de questions de la nécessaire divertsité des théories même inconciliables entre elles est dû   au satellite Plank. On imagine si l’on pose les bonnes questions pouvoir aller dans un au-dela du bigbang et dans le même temps savoir que l’on ne sait rien puisqu’on a quelques lumières ( c’est le cas de le dire) sur 4% de la composition de l’univers, le reste énergie et matière noire relevant de l’inconnu……

tout cela est le contexte d’un essor sans précédent des sciences dans les domaines les plus divers, j’en suis à lorgner l’expérience sur le ver de terre dont on rallonge indifiniment la vie en me demandant s’ils passeront aux choses sérieuses avant ma fin ou celle de la Sécurité sociale… je me dis que ce sera comme les voyages à 6000 euros en apesanteur ou ceux encore plus chers dans la stratosphère, il y a peu de chance que j’en bénécie même si la science dépasse le stade du lombric… ce sera le val des vampires sans espoir de contagion…

Parce que la tentation est grande alors devant ce grand mystère de chercher la totalité dans l’irrationnel et dans les croyances en l’autorité suprême,  avec la  haine qu’il engendre chez nous pauvres êtres craintifs et mortels; ce qui nous rend naturellement inquiets. Je pense à l’époque d’autres découvertes et à Rodolphe, cet empereur qui voulut vivre à Prague dans une cour d’alchimistes, astrologues et qui donna refuge à Kepler dont la mère mourut brûlée comme sorcière et qui découvrit le mouvement des planètes, pas sa mère Kepler… Débutèrent les luttes religieuses, celle de la guerre de trente ans dans lesquelles disparut la moitié de la population du continent européen… Guerre des paysans, lutte des classes d’une violence inouïe, épidémies… Sommes-nous dans un moment historique de même nature ?

Il est vrai que la tentation est aussi forte que l’inquiétude. Ou tout est miracle ou rien n’est miracle… Le mystère demeure l’essentiel… Et pourtant, la seule prière est la connaissance et à ce prix et ce prix seulement le miracle, le mystère prennent tout leur sens. Qu’est-ce que la prière? L’éternel étonnement ? Comment l’être humain peut-il connaître ce dont il n’aura pas l’expérience? Dans le fond c’est la vieille question des kabbalistes: comment la prière de l’être humain peut-elle être entendue d’une divinité qui n’a rien de commun avec lui et plus encore si elle se confond avec l’univers… Je me souviens avoir lu que Le son du chofar monte pour ébranler en haut ce qui est dans le mystère de l’origine et le petit souffle ébranle le souffle de l’univers, il l’allume comme une chandelle qui flambe… quand le son du chofar retentit il participe au souffle de l’univers qui remonte et continue son expansion…c’est une prière tout à fait raisonnable, ça et les bonnes questions à partir d’outils d’exploration de plus en plus perfectionnés dans lesquels l’espace et le temps sont confondus…

Alors pas de grand tout , mais poser les bonnes questions… je reviens toujours à cette nécessité… Admettre que la manière dont on interroge induit l’observation quelle que soit le développement des instruments que nous avons… et pas seulement en astrophysique… imaginez que vous vous disiez un jour qu’il n’existe pas de "vérité économique" mais que tout dépend de la question que vous posez et de là où vous la posez…

Danielle Bleitrach

 
Poster un commentaire

Publié par le mars 30, 2013 dans sciences

 

Le nucléaire vu d’Afrique par Edenz Maurice,

vu d’Afrique

Afrique-nucleaire[1]

L’uranium africain est à la source de l’énergie nucléaire. A-t-il pour autant toujours été reconnu comme un produit nucléaire, avec ses risques spécifiques ? Au fil d’une enquête passionnante, l’historienne Gabrielle Hecht montre comment le statut de l’uranium et des travailleurs qui l’extraient a évolué au gré des controverses scientifiques et des luttes politiques

Recensé : Gabrielle Hecht, Being Nuclear. Africans and the Global Uranium Trade, Cambridge (Mass.), MIT Press, 2012, 451 p.

Gabrielle Hecht, professeure d’histoire à l’université de Michigan, spécialiste des sciences, des techniques et des maladies professionnelles, a publié en 2004 un ouvrage intitulé Le Rayonnement de la France. Énergie nucléaire et identité nationale après la Seconde Guerre mondiale (éd. anglaise : 1998). Dans ce livre, elle montrait comment, après 1945, « la construction de l’identité nationale et le rayonnement international de la France avaient été indissociables d’une grandeur et d’un patriotisme technologique incarnés dans le choix de l’industrie nucléaire » [1]. Il s’agissait pour elle d’aborder en historienne le débat sur le nucléaire, trop souvent confisqué par les technocrates et les experts scientifiques. Il s’agissait également de développer un courant de recherche dans lequel les objets et les systèmes techniques sont étudiés dans leur dimension politique et sociale. Le concept de « technopolitique », que l’auteure définit comme l’entremêlement permanent de la technique et du politique, y occupe une place centrale.

Dans le prolongement de ces recherches, Gabrielle Hecht vient de publier Being Nuclear. Africans and the Global Uranium Trade. Le point de départ de cet ouvrage est une interrogation : comment se fait-il que l’invocation, par le gouvernement américain, de la volonté de Saddam Hussein d’acheter de l’uranium africain ait suffi à faire de l’Irak une potentielle puissance nucléaire légitimant la guerre de 2003 ? En 1995, les États-Unis avaient refusé de reconnaître la place centrale de l’uranium africain dans l’industrie nucléaire, bien que la production du Niger, du Gabon et de la Namibie représentât alors plus d’un cinquième de l’uranium alimentant les centrales nucléaires américaines, européennes et japonaises (p. 13). Un peu moins d’une dizaine d’années plus tard, l’administration du président G. W. Bush accordait à l’uranium africain une importance géopolitique considérable. Ce constat conduit Gabrielle Hecht à remettre en cause l’idée selon laquelle seules quelques grandes puissances peuvent être identifiées comme nucléaires à l’échelle mondiale. Aussi l’auteure pose-t-elle la question centrale de savoir quand, où et comment un matériau, une arme, une organisation, un État peuvent-ils être reconnus comme « nucléaires ». Quand l’uranium est-il et n’est-il plus un critère pour définir ce statut nucléaire ? Qu’est-ce que cela signifie pour les mineurs, les mines, la nation productrice, d’obtenir ce label ? Plus largement, il s’agit de comprendre ce que l’auteure nomme « l’état nucléaire » et les multiples enjeux (scientifiques, techniques, géopolitiques, économiques, etc.) qu’impliquent la définition et l’identification des critères valant d’y être rattaché.

Pour ce faire, Gabrielle Hecht analyse l’« état nucléaire » de l’uranium africain en s’intéressant aux conséquences de la production et de la commercialisation de cette ressource dans les sociétés africaines anglophones et francophones. La démarche de l’auteure s’appuie sur une monumentale enquête historique, fondée sur une vaste moisson d’archives glanée au Niger, au Gabon, en Namibie, en Afrique du Sud et à Madagascar. Les relations post-coloniales que ces pays entretiennent avec leurs anciennes métropoles, ainsi que les enjeux transnationaux de la production et de la commercialisation de l’uranium conduisent également Gabrielle Hecht à mener son enquête en France, au Royaume-Uni, en Suisse et aux États-Unis. Ce travail d’archive s’accompagne par ailleurs d’une ethnologie de terrain, matérialisée par plus d’une centaine d’entretiens, lesquels apportent une meilleure compréhension de la chose nucléaire « vue d’en bas » en mettant, par exemple, en lumière les capacités d’action et de décision des mineurs d’uranium.

L’uranium, une matière globale

Dans un premier temps, Gabrielle Hecht se focalise sur les variations historiques et spatiales de la « nucléarité » ou non de l’uranium africain, du point de vue commercial et géopolitique. Le concept de « nucléarité », forgé par l’auteure, est utilisé pour indiquer comment les lieux, les objets et les risques de la production d’uranium ont été qualifiés de nucléaires, que cela soit en termes techniques, scientifiques, politiques ou même économiques (p. 4). Dans cette perspective, Gabrielle Hecht met en évidence la création, à partir des années 1960, d’un marché « technopolitique » de l’uranium, qui fait émerger des tensions entre les acteurs économiques, scientifiques et politiques nationaux, qui veulent à la fois en faciliter le commerce et en définir la légalité ou l’illégalité, notamment afin de réguler la prolifération de la « chose nucléaire ». Pour preuve, l’auteure explique comment, dans le but de contourner la pression internationale favorable au mouvement pour l’indépendance de la Namibie, dirigé par l’Organisation du peuple du sud-ouest africain (South-West African People’s Organisation), la firme Rio Tinto détourna la technique du « flag swap » (« troc de drapeaux »). D’abord utilisée comme stratégie industrielle pour réduire le coût du transport de l’uranium, cette technique devint, dans les années 1980, une méthode pour cacher l’origine namibienne de l’uranium. Par exemple, les contrats signés par Rio Tinto avec des compagnies françaises et anglaises, telles Comurhex et la British Nuclear Fuels Limited (BNFL), prévoyaient que ces compagnies, après avoir converti le yellowcake namibien en provenance des mines de Rössing en hexafluorure [2], attribuassent une origine française ou britannique à cet hexafluorure d’uranium destiné à leurs usines d’enrichissement. La technique du « flag swap » a ainsi conduit à la « dénucléarisation » de l’uranium africain, c’est-à-dire au fait qu’il perde sa qualité de « nucléarité » (p. 161-170).

Les exemples de la Compagnie des Mines d’Uranium de Franceville (COMUF) au Gabon et des mines du yellowcake au Niger (chap. 4) révèlent quant à eux comment les déséquilibres des relations de pouvoir entre la France et ses anciennes colonies africaines ont joué un rôle central dans le pouvoir du Niger et du Gabon de fixer le prix de leur uranium et de choisir leurs clients. En 1974, le nouveau dirigeant du Niger, Seyni Kountché, arguant de la « nucléarité » de l’uranium, estime plus lucratif que son pays gère directement la vente de sa production. Il obtient du gouvernement français le droit de vendre son uranium, à hauteur de la part détenue par l’État nigérien dans les sociétés d’exploitation minières. Cependant, le choix de ces nouveaux clients — Lybie, Irak et Pakistan — « dénucléarise » l’uranium nigérien et fait basculer son commerce dans un marché illégal (p. 129-131). En somme, si l’uranium est indispensable dans la chaîne de production de l’énergie nucléaire, tout a été fait cependant pour l’en exclure et le transformer en un produit banal du commerce mondial lorsque des raisons économiques et géopolitiques l’exigeaient. En ce sens, les frontières de la « nucléarité » de l’uranium africain sont très mouvantes.

Des travailleurs comme les autres ?

Dans un second temps, l’ouvrage s’intéresse à la « nucléarité » de l’uranium africain du point de vue de la santé au travail. Il s’agit de savoir si les ouvriers des mines d’uranium sont ou non des travailleurs de la filière nucléaire, exposés aux risques particuliers de cette industrie. Une question sert de fil directeur à l’auteure : l’exposition des mineurs africains au radon [3] est-elle un facteur provoquant le cancer ? L’ouvrage rejoint ici des questions de recherche plus larges sur les maladies professionnelles : comment démontrer qu’une pathologie est liée aux conditions de travail [4] ? Dans le secteur de l’industrie nucléaire, cette question nécessite la prise en compte de multiples facteurs qui entrent souvent en tension les uns avec les autres. Au premier rang de ces facteurs, Gabrielle Hecht s’intéresse aux enjeux scientifiques, sociaux, économiques et financiers dissimulés derrière la mesure de l’exposition des mineurs au radon. Jusqu’en 1980, le dosimètre ne mesurait que les radiations produites par les roches et non celles inhalées par les mineurs. De plus, les lieux de travail où le niveau de radiation était très élevé — dans lesquels creusaient notamment les mineurs noirs Sud-Africains — entraient rarement en ligne de compte dans la production des moyennes de mesure de l’exposition (p. 41). L’enquête de Gabrielle Hecht montre également que nombre de mineurs africains, tels ceux des gisements d’uranium d’Ambatomika — gisements situés au sud de Madagascar et exploités par la France entre 1950 et 1960 — ne percevaient pas les risques de l’exposition à la radioactivité et pouvaient assimiler le dosimètre à un objet de contrôle (p. 222-229). Ce dernier aspect souligne en creux le rôle qu’a pu jouer la circulation, altérée et différenciée, des connaissances sur la « nucléarité » de l’uranium parmi les différents acteurs concernés. La nomination de Christian Guizol à la direction de la COMUF en 1968 en est un autre exemple. Celui-ci réussit en effet à effacer les mesures qui révélaient précédemment la surexposition des mineurs de Mounana, dans l’est du Gabon, en imposant aux ouvriers les normes d’exposition au radon de l’Organisation internationale du travail (OIT), moins restrictives que les normes françaises du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) jusque-là en vigueur. En 1974, à Bordeaux, lors de la conférence internationale sur les mesures de protection des radiations à préconiser, les officiels gabonais rendirent compte de la qualité du programme de la COMUF (p. 232-239).

Dans cette perspective, l’auteure emprunte à l’historienne Michelle Murphy la notion de « régime de perceptibilité » — un assemblage de choses sociales et techniques qui a pour conséquence de rendre visibles certains dangers pour la santé et d’en masquer d’autres (p. 44) — pour constater que l’invisibilité des radiations auxquelles sont exposés les mineurs d’uranium, en particulier les Africains noirs, est systématique, mais pas toujours délibérée. Autrement dit, au regard des enjeux économiques, sociaux et scientifiques, le fait d’être exposé à des radiations radioactives ne suffit pas à intégrer les travaux de minage des ouvriers dans les activités de l’industrie nucléaire. Il y a donc là une nouvelle négation de la « nucléarité » de l’uranium africain. Toutefois, cette négation n’est jamais permanente. Certains mineurs, tels Marcel Lekonaguia et Dominique Oyingha au Gabon (chap. 7), et certains syndicats miniers, tel le Mineworkers Union of Namibia (MUN) en Namibie (chap. 9), ont lutté pour faire reconnaître par les industriels leur surexposition et le caractère professionnel des maladies des ouvriers, et obtenir ainsi des compensations financières.

Au total, la contribution majeure de cet ouvrage est de démontrer que la distribution spatiale et temporelle du label nucléaire attribué à l’uranium, de même que les analyses sur les conséquences médicales de l’exposition des mineurs, sont irrégulières et jamais totalement acquises, en particulier pour les lieux et les travailleurs africains. L’uranium n’est pas né nucléaire. Il a pu le devenir en Afrique, par exemple en 1957 au Gabon, lorsque la France y découvre des gisements. Mais le plus souvent l’uranium a été « dénucléarisé » après l’indépendance des pays producteurs, pour en faciliter la commercialisation. Aussi, selon Gabrielle Hecht, les pays africains producteurs d’uranium ont-ils été exclus de la chose « nucléaire », et finalement de l’« âge nucléaire ». Toutefois son analyse révèle également que la chronologie différenciée de « l’état nucléaire » de l’uranium doit se lire dans les formulations différentes et disputées de la nature des activités de la filière nucléaire, selon les lieux, les acteurs et leurs enjeux. Il en résulte des tensions permanentes entre le présupposé de l’universalité du nucléaire et ce qu’énoncent les acteurs. Ces tensions invitent à ne pas considérer la « dénucléarisation » de l’Afrique ou l’invisibilité de sa « nucléarité » comme permanentes. Being Nuclear permet en effet de constater les multiples imbrications des niveaux d’analyse micro et macro, établies et négociées par les acteurs eux mêmes. Surtout, il met en scène de façon convaincante une histoire transnationale de « l’ère nucléaire », dans ses dimensions technopolitiques et médicales, ainsi qu’une histoire invitant à ne plus percevoir l’Afrique comme un continent en marge du monde nucléaire.

par Edenz Maurice, le  27 mars


Pour citer cet article :

Edenz Maurice, « Le nucléaire vu d’Afrique », La Vie des idées, 27 mars 2013. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Le-nucleaire-vu-d-Afrique.html

Si vous souhaitez critiquer ou développer cet article, vous êtes invité à proposer un texte au comité de rédaction. Nous vous répondrons dans les meilleurs délais : redaction@laviedesidees.fr.

Notes

[1] Vincent Guigueno, « Compte rendu de Gabrielle Hecht, Le rayonnement de la France. Énergie nucléaire et identité nationale après la Seconde Guerre mondiale », Le Mouvement Social, 221, octobre-décembre 2007, p. 116-117.

[2] Ce procédé est nécessaire à l’enrichissement de l’uranium.

[3] Le radon est un gaz radioactif produit de la décomposition des atomes d’uranium, qui provoque une contamination externe et interne des travailleurs des mines d’uranium.

[4] Sur les liens entre la radioactivité et le cancer, voir l’article pionnier d’Yves Lacoste, « Quand un cancer est-il d’origine radioactive », La Recherche, n° 308, mars 1998. Sur la responsabilité de l’exposition à des produits toxiques dans l’industrie électronique dans le développement de cancer, voir Jean-Noël Jouzel, Des toxiques invisibles, sociologie d’une affaire sanitaire oubliée, Paris, Éditions de l’EHESS, 2013.

 
Poster un commentaire

Publié par le mars 29, 2013 dans Afrique, sciences

 

Comprendre le multivers et l’inutilité de Dieu

Ce que «The Grand Design», le dernier ouvrage de Stephen Hawking, nous apprend sur Dieu.

j’ai lu ce livre, il est trés aisé à lire même pour une inculte scientifique comme moi.  Le sentiment nécessaire à la connaissance du mystère (dénonçant le fatras ésotérique) part simplement de cette conscience que nous devrions tous avoir de notre intime appartenance à l’univers ou multivers. L’idée que nous serions une monade autonome est une erreur comparable à celle de jadis du soleil tournant autour de la terre. Et pourtant c’est sur cet centralité et sur notre pseudo autonomie individuelle que nous avons créé le fétiche dieu à l’image inventée de l’être humain.  Notre vision de dieu en particulier dans le monothéisme est pure illusion d’optique que nous devons combattre pour accéder à la science et à l’humanisme véritable et comme l’exprimait Spinoza la prière de la connaissance. Les être humains continueront longtemps à s’étriper pour des fétiches dont l’or est l’ultime symbole. (Danielle Bleitrach)

Pluie de météorites Geminid, au dessus du Popocatepetl. REUTERS/Daniel Aguilar- Pluie de météorites Geminid, au dessus du Popocatepetl, en 2004. REUTERS/Daniel Aguilar -
Les conflits religieux embrasent le Moyen-Orient, l’Asie du Sud-Est et l’Asie centrale. Une secte, minuscule et timbrée, menace de brûler le Coran et les dirigeants du monde entier réagissent. Vous pensez qu’il n’y a pas de place en Une des journaux pour un débat sur le divin initié par un simple livre de physique? Détrompez-vous. Voilà le titre qui occupait il y a quelques semaines une grande partie de la Une du London Times: «Dieu n’a pas créé l’univers, le Big Bang est une conséquence inéluctable des lois de la physique, selon Stephen Hawking, le plus éminent des scientifiques britanniques.» L’archevêque de Canterbury, le président du comité pour le dialogue interreligieux du Conseil musulman de Grande-Bretagne et le rabbin en chef du Royaume-Uni ont uni leurs forces face au virage anti-Dieu opéré par Stephen Hawking dans son nouveau livre. Une médiatisation à faire pâlir d’envie n’importe quel auteur.Stephen Hawking a le don de trouver ces petites phrases qui confèrent à son travail une aura digne des Saintes Ecritures. En 1988, dans sa Brève Histoire du temps, il se projetait dans l’avenir et prédisait: «Si nous découvrons une théorie complète [sur l’univers], ce sera le triomphe ultime de la raison humaine – dès lors nous connaîtrons la pensée de Dieu». Dans The Grand Design(«Le grand Dessein»), une synthèse grand public de la théorie de la physique et de la cosmologie contemporaines, il ose aujourd’hui rompre avec ses propres idées: dans la version de la cosmogénèse qu’il soutient désormais, la pensée de Dieu pourrait tout simplement s’avérer inutile.

Comme l’oxygène avait jadis supplanté la théorie phlogistique, de nouveaux développements théoriques apparus après 1988 ont, selon Hawking, réussi à écarter Dieu. Lesquels? Pas à pas, il raconte au lecteur les fondations de la physique moderne, puis lui narre l’espoir, la bataille et le bond anti-religion qui se sont ensuite succédé. Découvrons-les un à un.

L’ouvrage de Hawking commence, comme n’importe quel livre récent et grand public de physique et de cosmologie, en introduisant les bases de la relativité et de la théorie quantique. La relativité nous apprend à ne pas décrire le monde qui nous entoure sur la base de nos propres références. Si l’on approche un aimant et une bobine et que cela produit de l’électricité dans la bobine, ça devrait être le cas que l’on se place du côté de l’aimant comme de celui de la bobine. Le point de vue ne devrait pas affecter notre façon d’expliquer ce qui arrive.

Cette exigence toute simple, ainsi que la vieille idée d’Einstein qu’il est impossible de rattraper un rayon de lumière (peu importe notre propre vitesse, la lumière passe toujours à 300.000 kilomètres/seconde), a conduit à des découvertes saisissantes. A la stupéfaction des physiciens, des artistes, des poètes et du grand public, la durée, la longueur et la simultanéité des événements se sont avérées dépendre du mouvement. Avec la relativité générale («générale» parce qu’elle inclut non seulement les référentiels en mouvement constant mais aussi les référentiels accélérés), les choses sont devenues encore plus intéressantes: Einstein a pu prendre en compte la géométrie de l’univers tout entier (la cosmologie), et d’autres ont commencé, à la fin des années 1930, à explorer un phénomène récemment découvert– les très bizarres trous noirs.

La relativité a secoué le monde classique, la mécanique quantique l’a bouleversé. Dans le modèle physique que nous ont livré Niels Bohr, Werner Heisenberg et Erwin Schrödinger dans les années 1920, les électrons se comportent parfois comme des ondes, parfois comme des particules. Il a fallu abandonner l’idée d’une causalité rigide. Juste après la Seconde guerre mondiale, Richard Feynman et d’autres ont combiné relativité et mécanique quantique.

Le résultat – un récit relativiste et quantique des champs électriques – est devenu un modèle de théorie physique: le champ électrique se réduit au seul échange de photons. Chez Feynman, pour expliquer chaque évènement, chaque «version de l’histoire» possible doit être prise en compte – et il faut faire la somme de toutes ces histoires. Comment les électrons interagissent-ils les uns avec les autres? Feynman répondait qu’un photon pouvait voyager d’un électron à un autre, ou qu’un photon pouvait se transformer en chemin en une paire de particules qui pouvait à son tour redevenir photon et terminer le voyage.

Des processus encore plus complexes peuvent se produire en chemin – et se produisent effectivement. Comme disent les physiciens: tout ce qui n’est pas interdit est obligatoire. Stephen Hawking et Leonard Mladinow, le co-auteur de son dernier livre, mettent à juste titre l’accent sur cette philosophie du «tout ce qui peut arriver arrive». J’aimerais que davantage d’ouvrages grand public de physique en fassent autant.

La gravitation a résisté à toutes les tentatives de fusion avec la théorie quantique des champs de force. Mais dans les années 1980, la théorie des cordes a commencé à s’imposer. L’idée de base de celle-ci: les briques fondamentales du monde ne sont pas des Big Bang miniatures mais des bouts de matière unidimensionnels, des sortes de cordelettes soumises à une énorme tension. Un tel filament peut vibrer de différentes façons, comme une corde de violon. Les différentes «notes» correspondent à différentes énergies. L’équation la plus célèbre du monde, E = mc2, nous apprend ensuite que ces différentes vibrations des cordes ont des masses différentes.

Dans les années 1980, l’espoir fut grand de découvrir qu’une sorte de corde pourrait remplacer de nombreuses particules apparemment différentes. Une unification totale de la physique a semblé un bref instant à portée de main. Le rêve, c’était que l’auto-consistance mathématique ne laisse subsister qu’une seule théorie, la bonne. En attendant, on a donné le nom de «Théorie M» au trône vide où cette théorie unifiée était censée siéger. Découvrons et articulons correctement cette «Théorie M»,s’enthousiasmaient alors les plus optimistes, et ce sera la fin de la mission historique de la physique.

Ce n’est pas ce qui s’est passé – aucune «Théorie M» pleinement définie ne s’est pour l’instant imposée. Mais ce n’est pas tout. Les physiciens ont compris que la théorie des cordes admettait plus de solutions que prévu. Beaucoup plus –peut-être 10500, peut-être un nombre infini. Et chaque solution donne une image différente des particules et des lois admissibles. Que faire? Certains théoriciens des cordes ont perdu tout espoir. D’autres ont tenté de repenser la situation pour trouver la tant convoitée solution unique à une théorie unique. Les détracteurs de la théorie des cordes ont affûté leurs couteaux. Laissez tomber, disaient-ils, laissez les lois être simplement ce qu’elles sont.

D’autres– et Hawking en est désormais – ont choisi la voie de ce que l’on connaît sous le nom de «multivers». C’est l’idée qu’il y a en fait plusieurs univers et que chacun a son propre arsenal de lois et particules. Ses partisans voient en lui la suite naturelle de la vision de Feynman. Toutes les histoires possibles ont en effet été prises en compte, mais cette fois pas simplement pour décrire les multiples possibilités qu’a un photon pour se rendre d’un électron A à un électron B, mais pour expliquer l’histoire de l’univers lui-même et toutes ses lois.

Comme l’explique Hawking dans The Grand Design:

«L’univers est apparu spontanément, il a commencé de chaque façon possible. La plupart [de ces origines alternatives] correspondent à d’autres univers. (…) Certains ressemblent au nôtre, la plupart sont très différents.»

Comment expliquer que nous nous retrouvions dans un univers où les lois atomiques rendent la matière et la vie possibles? Si les charges sur les protons et les électrons n’étaient pas égales et opposées, nous ne serions pas là… Réglage miracle ou intervention divine? Il ne s’agit pas d’un miracle, explique désormais Hawking, qui a rejoint le clan des partisans du multivers – pas plus que c’est un miracle si notre planète se situe dans cette étroite région de température où l’on trouve de l’eau à l’état liquide.

Les partisans du multivers soutiennent que l’origine (ou, plus précisément, les origines) réside dans les fluctuations quantiques – les nouveaux univers apparaissent sans remue-ménage, par un simple photon qui se transforme en une paire électron-positron avant de retrouver sa bonne vieille forme de photon. L’étincelle initiale se produit simplement parce que la mécanique quantique nous dit qu’il existe une certaine probabilité que de nouveaux univers apparaissent. La physique peut expliquer non seulement comment l’univers fonctionne mais aussi pourquoi il est là. Aucune aide divine n’est requise. C’est de la physique quantique sur toute la ligne – avec juste ce qu’il faut de physique des particules élémentaires et de théorie des cordes.

Comme ses éminents collègues des hautes sphères religieuses, l’archevêque de Canterbury ose contredire Hawking. «Croire en Dieu, ce n’est pas remplir un vide en expliquant comment les choses de l’univers sont reliées entre elles»,a-t-il déclaré. Mais allez donc dire ça au pape Pie XII, qui, il y a un demi-siècle, a vu le «fiat lux» dans les premières lueurs de la cosmologie du Big Bang. Racontez-le aussi à ce groupe de physiciens de Cambridge qui, à la même époque, a pris parti pour une théorie sans commencement: une cosmologie de l’état constant à même de balayer le Big Bang et de saper la croyance en une création religieuse.

Une fois que vous commencez à lire la présence de Dieu – ou son absence – dans les équations de la physique qui évoluent sans cesse, il est difficile de l’empêcher d’aller et venir, et cela provoque à chaque fois des remous dans le processus. Quand Stephen Hawking avait brièvement laissé la porte ouverte à la pensée de Dieu il y a une vingtaine d’années, il savait certainement qu’il déclencherait un tollé en la claquant. Nul doute, cela faisait en réalité partie de son grand dessein…

Peter Galison

Traduit par Aurélie Blondel

 
Poster un commentaire

Publié par le novembre 29, 2012 dans actualités, sciences, Théorie

 

Les Scientifiques annoncent une nouvelle transcendante à propos de mars

l y a deux jours, John Grotzinger, l’enquêteur principal de la mission Curiosity, annonçait dans une interview radiophonique que l’un des instruments du véhicule sophistiqué avait recueilli des données qui "changeront les livres d’histoire". Immédiatement, plusieurs personnes  ont pensé qu’ilfaisait allusion, précisément, à l’une des nouvelles les  plus attendues par la communauté scientifique internationale : la découverte de preuves de l’existence de vie sur Mars.

Le rumeur s’est répandue  comme une traînée de poudre à travers des réseaux sociaux et les paroles de Grotzinger ont commencé à être publiés par les médias principaux du monde. À la première heure du matin d’hier, ABC a été le premier média hispanique à se faire l’écho de la nouvelle, qui a été plus visitée du jour par les lecteurs de notre édition digitale.

Dans ses déclarations à la National Public radio (NPL) nord-américain, l’enquêteur de la NASA assurait que "les données promettent réellement beaucoup" et annonçait que les résultats deviendraient publics dans deux semaines, probablement lors de l’inauguration de la conférence annuelle sur l’Union Géophysique Américaine, le 3 décembre qui vient.

Jusqu’à cette date, et pour éviter "les fausses joies", l’équipe d’enquêteurs réalisera des analyses additionnelles pour s’assurer de que les données du Curiosity sont, effectivement, ce qu’elles paraissent. Pero Grotzinger a donné une autre piste sur la nature de la découverte. La découverte a été réalisée, en effet, avec un intrument très concret du rover, le SAM (analyseur d’échantillons martiens), capable de détecter un grand nombre de composants biologiques présents dans l’air ou dans les roches. SAM a constaté grâce à trois instruements (un chromagraphe de gaz et deux spectomètres différents) qui sont parfaitement capables de chercher des composants de carbone, comme le méthane ainsi comme des traces d’oxygène ou hydrogène ou d’identifier des composants organiques.    Naturellement, ce qui laisse fortement entendre  que l’annonce de la NASA aura à voir avec e la recherche (ou la découverte) de preuves qui démontrent que sur la Planète Rouge il a existé (ou il y a) une forme de vie. Durant l’après-midi d’hier, d’autres membres de l’équipe du Curiosity ont répondu aux questions des médias. Et bien qu’il soit certain qu’ils ont essayé de freiner les espérances , aucun d’eux n’a démenti la possibilité que que la découverte soit relative à la présence de vie chez Mars.

"L’équipe scientifique analyse les données d’un échantillon du sol martien, mais on ne peut pas parler de cela en ce moment", a dit par exemple Guy Webster, porte-parole du Jet Propulsion Laboratory (JPL). "Cela ne change pas les procédures habituelles : elles doivent confirmer les premiers résultats avant de les rendre publics."

Grande attente Par ailleurs, ABC s’est mis hier en rapport avec quelques exobiologistes de la NASA, qui ont confirmé que le climat)  de beaucoup de dépendance de l’agence est d’une grande attente fiévreuse. "Grotzinger est un scientifique d’une trés grande réserve et d’une grande réputation – affirmait un enquêteur  à ce journal depuis Houston – et s’il dit quelque chose il faut le prendre très au sérieux".

Donc il ne fait aucun doute que  nous sommes devant une découverte d’importance suprême, et dont il y a beaucoup de probabilités que cette découverte soit relative à la recherche de vie sur la Planète Rouge. Une tâche à laquelle la Science a déjà consacré quelques décennies et laquelle est prévu pour l’instant, l’envoi de quarante vaisseaux scientifiques sur Mars. Si tout se passe comme prévu, le 3 décembre prochain la NASA dévoilera le mystère. Jusqu’alors, il faut avoir de la patience …

ABC traduit par danielle Bleitrach pour histoireet societe

 
Poster un commentaire

Publié par le novembre 24, 2012 dans humour, sciences, société

 

Mini Trous Noirs : La Voie Royale vers le Big Bang transmis par Aurélien Barreau

 J’aime beaucoup Stephen Hawking, c’est un matérialiste selon mon coeur… J’ai tenté de lire ce qu’il écrivait, et il en est en général de ses écrits comme de ce texte, en relisant trois ou quatre fois chaque phrase tandis que la colonne vertébrale me transperce le bulbe rachidien sous l’effort intense j’arrive vaguement à comprendre de quoi il est question. Quant à Aurélien Barreau dont il est question, ce jeune prodige m’intéresse beaucoup, il est dans la même lignée et parfois j’arrive à entrevoir le coin d’univers qu’il explore, ce dont je lui suis reconnaissante… (note de Danielle Bleitrach)

Dans la famille des trous noirs, ceux d’une masse intermédiaire, aussi lourds qu’une comète, sont les moins célèbres… mais les plus recherchés. C’est que, forgés lors du big bang, ils seraient les plus vieux objets de l’Univers ! Un Graal pour les astrophysiciens, qui ont démarré la traque.

Depuis quelques mois, la traque s’intensifie. Une traque vertigineuse, à côté de laquelle la recherche d’une aiguille dans une botte de foin ressemble à une aimable plaisanterie. Car il s’agit de découvrir, perdus dans l’espace immense et ténébreux, des astres encore plus sombres que lui et, qui plus est, minuscules. Quels astres ? Il s’agit de trous noirs, mais pas n’importe lesquels ! Ni supermassifs, à l’instar de celui qui trône au centre de notre galaxie, ni stellaires, tels ceux qui se forment lors de l’effondrement d’une étoile, ceux-là se révèlent être plus petits qu’un atome, et pourtant aussi lourds qu’une montagne. Or, ces "mini-trous noirs" pourraient se balader par millions dans notre système solaire, et par milliards de milliards dans notre galaxie… Surtout, ils sont d’un intérêt prodigieux. Et pour cause : ces mini-trous noirs seraient les plus vieux objets de tout l’Univers ! Parce qu’ils auraient été forgés juste après sa création, dans les toutes premières fractions de la première seconde après le big bang. Une période dont on ne sait pas grand-chose, sinon que toute la suite en dépend… En un mot, ces mini-astres errants seraient les seuls témoins de la genèse cosmique à une échelle jusqu’ici inaccessible. Sur le papier du moins. Car, pour l’heure, nul n’en a jamais observé. "La compréhension des mini-trous noirs primordiaux est l’un des enjeux théoriques majeurs de ces trente dernières années, assure Aurélien Barrau, du Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie de Grenoble. Leur découverte représenterait une avancée considérable". Depuis leur apparition dans les équations de la théorie de la relativité générale d’Einstein, les membres de la famille des trous noirs (->) ont suscité l’étonnement, la peur ou la fascination. Ils se comportent tous de la même façon : dans ces corps, la matière se trouve tellement comprimée et la gravité devient tellement forte que l’espace-temps se déforme tout autour de sorte que plus rien, ni matière, ni rayonnement, ne semble pouvoir en sortir.

DES "OGRES" ÉPHÉMÈRES

Le physicien britannique Stephen Hawking démontra en 1974 que cela n’est pas tout à fait vrai : les trous noirs s’évaporent. A de toutes petites dimensions de temps et d’espace, le vide connaît en effet des fluctuations d’énergie qui font naître constamment des paires de particules et d’antiparticules, lesquelles s’annihilent aussitôt en se percutant. Cependant, "quand ces fluctuations se produisent à l’horizon d’un trou noir, l’effet de marée dans ces zones peut éjecter une particule de la paire vers l’extérieur, pendant que l’autre retombe dans le trou noir ", explique Aurélien Barrau. Résultat : peu à peu, l’ogre se vide de sa matière. Les premiers spécimens identifiés parmi ces monstres cosmiques furent les trous noirs stellaires, qui proviennent de l’effondrement gravitationnel d’une grosse étoile. Puis furent découverts les trous noirs supermassifs, tapis au cœur de quasiment toutes les galaxies, lourds de milliards de masses solaires. A l’opposé, en se basant sur des théories spéculatives autorisant des dimensions spatiales supplémentaires, les physiciens ont imaginé l’existence de micro-trous noirs, pas plus lourds qu’un cheveu et cent milliards de milliards de fois plus petits qu’un noyau atomique. Des corps très éphémères : alors qu’il faut attendre un temps fantastiquement supérieur à l’âge de l’Univers pour que se vident les trous noirs stellaires ou supermassifs, les micro-trous noirs, eux, disparaissent en une fraction de seconde.

JARGON : Le big bang est le scénario qui explique la naissance de notre univers, il y a 13,7 milliards d’années, par une dilatation extrêmement rapide de l’espace. Imaginé dès les années 1920, ce scénario repose sur trois observations : l’expansion de l’Univers, la proportion d’atomes qu’il renferme et le rayonnement fossile dans lequel il baigne.

NÉS AU CŒUR DU BIG BANG

Depuis plus de quarante ans, on soupçonne l’existence d’un autre membre de cette famille turbulente. Sans doute moins connu du grand public, le mini-trou noir est peut-être encore plus fascinant… C’est un physicien russe, Yakov Zeldovich, qui, en 1967, imagina pour la première fois son existence. D’après ses calculs, la densité qui régnait juste après le big bang pouvait être suffisante pour que la matière, par endroits, s’effondre sur elle-même. Quelques années plus tard, Stephen Hawking et son collègue Bernard Carr définiront les mécanismes permettant un tel processus. "Les premières phases d’expansion de l’Univers sont marquées par des transitions de phases, des changements brutaux de température et de composition au cours desquels apparaissent certaines particules, explique Massimo Ricotti, astronome à l’université du Maryland. Mais, comme lorsque l’eau liquide se change en glace, la transition n’est pas uniforme. Il y a des fluctuations qui favorisent la formation de mini-trous noirs". D’après ces modèles, les premiers trous noirs pourraient être apparus dès le "temps de Planck", cette période de 10-43 seconde après le temps zéro du big bang, qui est la limite au-delà de laquelle les théories physiques ne peuvent pas remonter. Ces premiers spécimens auraient cependant une taille comparable à celle des micro-trous noirs, et auraient donc disparu en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Sauf qu’au fur et à mesure, les trous noirs naissants auraient été de moins en moinsnombreux, mais de plus en plusgros. A 10-21 seconde après le big bang, quand la probabilité de formation de ces corps devient très faible à cause de la dilution de la matière dans un espace de plus en plus vaste, les trous noirs auraient atteint la masse de 100 milliards de tonnes – soit le poids d’une boule de plomb de 3 km de diamètre. Avec une telle masse, le phénomène d’évaporation est si lent que ces objets n’auraient pas encore eu le temps de disparaître. Il pourrait ainsi exister autour de nous toute une population de ces mini-trous noirs primordiaux, certains sur le point de s’évaporer, quand d’autres ont encore la masse d’une grosse météorite concentrée en un minuscule point. Or, les astrophysiciens ont aujourd’hui les moyens de repérer ces astres. Jane MacGibbon, de l’université de Caroline du Nord (Jacksonville), s’est ainsi lancée activement dans leur recherche. "A la fin de son existence, un trou noir explose en émettant des rayons gamma, indique-t-elle. La meilleure chance de les observer repose donc sur les télescopes à rayonnement gamma comme Fermi, un télescope spatial lancé par la Nasa il y a trois ans". Mais comment les distinguer parmi les nombreuses flambées de rayons gamma de l’Univers ? Facile : ce sont les seuls dont l’émission s’intensifie au fur et à mesure de l’explosion. Ce n’est pas la seule piste : en s’évaporant, les mini-trous noirs émettent des quantités égales de matière et d’antimatière. Et si l’émission de matière passe inaperçue, Aurélien Barrau a démontré que l’émission d’antiprotons, un phénomène beaucoup plus rare dans l’Univers, serait suffisamment importante pour être repérée. Le détecteur d’antimatière AMS, installé sur la Station spatiale internationale en mai dernier, pourrait ainsi repérer ces minuscules vagabonds. Une perspective fascinante. Car les trous noirs primordiaux gardent la mémoire de ces temps a priori inaccessibles où tout s’est joué. En vrac : l’inflation gigantesque que connaît l’Univers à partir de 10-35 seconde, son refroidissement, l’apparition des premières briques de la matière actuelle (quarks et antiquarks) vers 10-32 seconde, la naissance des quatre forces qui gouvernent la matière, la disparition de l’antimatière…

ATTEINDRE "L’INACCESSIBLE"

Massimo Ricotti, de son côté, a récemment montré que la présence de mini-trous noirs aux temps primordiaux "augmenterait l’abondance d’hydrogène primordial. Et pas qu’un peu : celle-ci pourrait être multipliée par 100. Avec, pour conséquences, un Univers qui se refroidit plus vite, et des étoiles et des galaxies qui apparaissent plus tôt". Certains avancent même que ces astres pourraient constituer la fameuse "matière noire" imaginée par les physiciens pour expliquer la masse manquante de l’Univers. Encore plus impressionnant, mais aussi plus spéculatif : Bernard Carr, qui fut à l’origine de leur description, vient de démontrer qu’ils pourraient avoir existé avant… le big bang ! Impensable ? Pas si sûr ; car le physicien se place dans l’hypothèse, très sérieusement étudiée, d’un Univers qui rebondit, le nôtre étant issu d’un précédent qui se serait effondré en "big crunch" avant de connaître une phase d’expansion. Dans ces conditions, nos mini-trous noirs pourraient avoir traversé le big bang en gardant leur individualité. Ce ne seraient alors plus seulement les objets les plus vieux qu’il nous ait été donné de voir : ils seraient même plus vieux que l’Univers lui-même ! Une perspective sidérante qui touche carrément aux frontières de la science ; le chercheur lui-même émet des doutes sur notre capacité à déterminer si un mini-trou noir est né avant ou après le big bang… Ce ne sont de toute façon pas les équations qui font actuellement rêver les astrophysiciens, mais les observations. Et, pour l’heure, ces mini-trous noirs sont restés indétectables. Ce qui permet déjà de tirer quelques conclusions, selon Aurélien Barrau : "Si nous n’en voyons pas avec la résolution actuelle de nos moyens de détection, c’est que leur densité est finalement extrêmement faible. D’après nos calculs, ils représentent moins d’un milliardième de la masse de l’Univers". Ce qui fait malgré tout (potentiellement) des milliards de milliards de trous noirs primordiaux dans une galaxie comme la Voie lactée… "Même si nous apprenions que les mini-trous noirs n’existent pas, cela serait très instructif, souligne Aurélien Barrau. Car cette découverte signifierait par exemple que les fluctuations à l’origine de l’Univers étaient très faibles, trop pour créer des trous noirs. Nous aurions ainsi une meilleure image de tout ce qui s’est passé à des distances très petites, normalement inaccessibles avec les paramètres d’observation classiques de la cosmologie !" La tête dans les modèles théoriques et les yeux dans le télescope, les astrophysiciens vont donc continuer leur quête de ces mini-trous noirs primordiaux, témoins des premiers temps, enfants terribles d’une famille qui n’a pas fini de nous faire rêver…

 
Un commentaire

Publié par le novembre 8, 2012 dans sciences, Théorie

 

le cantique des quantiques… Sven Ortoli et Jean-Pierre Pharabod

Métaphysique quantique

10 octobre 2012  dans Science & Techno |

Notre monde est quantique. Si d’un coup d’interrupteur magique, un malin démon, fut-il de Laplace, de Maxwell ou de midi, s’avisait de passer sur off ceux des objets autour de nous dont la conception repose sur la théorie des quantas, on entendrait un immense juron de Shangai à San Francisco et de Capetown à Saint Petersbourg. Ordinateurs en berne, cartes de crédit sans crédit, smartphones muets, écrans de tv plus mornes qu’un bassin de rétention.. finie la manne quantique ! Ce serait le grand shut-down de la microélectronique et de la photonique ; d’un coup, d’un seul, nous serions renvoyés sinon aux calendes victoriennes, du moins aux années swing et aux postes à galènes.

L’affaire est entendue, nous sommes environnés de machines quantiques (entre 5 et 10% du PIB des pays industrialisés)  et c’est un joli paradoxe  puisque ces machines que nous avons en poche sont issues d’un étrange corpus scientifique dont les objets ultimes sont d’abstraites entités mathématiques, en gros des bosons et fermions, triturés dans des espaces de Fock  par des opérateurs d’annihilation-création. Et lesdits objets ultimes ont des propriétés insolites, comme la non-localité – deux systèmes  sont intriqués de telle sorte qu’une action sur l’un entraine une action sur l’autre même s’ils sont séparés par des années lumière –, voire l’intemporalité  – c’est-à-dire l’appartenance à un réel qui n’est pas plus localisable dans le temps que dans l’espace !

En résumé, ils montrent des propriétés déroutantes dont la moindre n’est pas qu’ils reposent fondamentalement  sur l’imprévisibilité de toute mesure quantique, autrement dit sur une vision indéterministe du monde (même si  l’on retrouve un déterminisme statistique, et c’est heureux, au niveau macroscopique). Cet indéterminisme de fond a-t-il une incidence sur notre manière d’appréhender le monde aussi bien dans sa composante spatiale que temporelle ?

La plupart d’entre nous employons nos smartphones sans comprendre (ni même souhaiter comprendre) la physique des semiconducteurs et les secrets de l’équation de Schrödinger. Au même titre que les nantis de la Belle époque  utilisaient leurs téléphones  en n’ayant pas la moindre idée de la (fort difficile) théorie du champ électromagnétique de Maxwell. Et pourtant, il y a tout de même quelque chose qui percole à travers l’opacité des équations et des concepts et finit par irriguer notre perception du monde. On sait, en effet, qu’une théorie scientifique ne se réduit pas à un formalisme mathématique mais dépend également de l’ontologie qu’elle postule, c’est-à-dire de la façon qui est la sienne de décrire le réel physique et rendre compte d‘une expérience.  Dans le monde de Newton, les pommes tombent de haut en bas et la Lune chute en permanence vers la Terre sous l’effet d’une action à distance instantanée, qui résulte de la force de gravitation. De l’œuvre de Newton, et de cette force en particulier, a surgi la mécanique classique, ses poids et ses masses, ses attractions et ses répulsions ; et avec elle,  l’univers mental et le creuset culturel où sont venus se fondre équations, expériences et gadgets qui ont fait le lit de la révolution industrielle et des temps modernes. Avec à la clef la vision déterministe d’un monde dans lequel le progrès des sciences et des techniques précédaient à peine le progrès moral.

Les étrangetés ontologiques de la mécanique quantique pourraient-elles rester sans effet sur notre conception du monde et du futur ? L’évangile souterrain que psalmodient  nos indispensables extensions électroniques  pourrait-il avoir moins d’effet que celui chuchoté par les mécaniques newtoniennes aux oreilles des contemporains de Jules Vernes ?

Il est vrai que la situation d’aujourd’hui n’est pas symétrique ou plutôt qu’elle n’est pas la répétition de la précédente : pour ne prendre que cet exemple, l’essor de l’industrialisation à partir des années 1780, avait le visage familier de la machine à vapeur. Cela faisait si longtemps que l’on connaissait les marmites ! Alors que s’il fallait donner un visage à l’essor de l’informatique après guerre (conséquence directe de la première révolution quantique), il serait, semblable au Colossus de Bletchley Park, invisible et énigmatique sous son masque couturé de fils et de lampes.

Et que dire de la seconde révolution quantique, celle que nous vivons hic et nunc. Pensez qu’il y a quelques mois on annonçait un nouveau record de téléportation quantique, 143 kilomètres entre Ténérife et La Palma, pour un phénomène qui repose sur le fait que, dans certains cas, deux « particules » (dans ce cas des photons) peuvent n’en faire qu’une, même lorsqu’elles sont séparées de dizaines ou de centaines de kilomètres (on n’a pas encore fait des expériences sur des milliers de kilomètres, mais en théorie il n’y a pas de limite). On dit alors qu’elles sont « intriquées ». Et une paire de particules intriquées peut servir à « téléporter » une troisième particule : en faisant interagir cette troisième particule avec une des particules de la paire, on transfère instantanément sa « structure » (ses propriétés quantiques) à l’autre particule de la paire, qui apparaît alors comme identique à la troisième particule en question.

C’est de ce type d’expériences où se mêlent intrication et téléportation que surgit la notion de « non-localité » de l’univers, comme si l’information pouvait être transmise d’une particule à une autre en passant par… nulle part. Comme l’écrit le physicien suisse Nicolas Gisin: « Pour le dire de façon crue : ces corrélations non locales semblent, en quelque sorte, surgir de l’extérieur de l’espace-temps ! ».

Nul ne sait encore à quoi serviront essentiellement ces phénomènes. On a parlé d’ordinateur quantique, on commence à parler d’internet non local. Mais l’impact principal, actuellement, est d’abord métaphysique. Pouvoir court-circuiter l’espace-temps remet en cause nos conceptions aussi bien physiques que philosophiques.  Ce que cela induira dans notre culture reste encore à établir mais on ne court guère de risque à affirmer   qu’elle en sera bouleversée.

Sven Ortoli et Jean-Pierre Pharabod (1)

(1) Sven Ortoli et Jean-Pierre Pharabod ont écrit Le Cantique des Quantiques : le monde existe-t-il ? (La Découverte, 1984) et Métaphysique quantique : les nouveaux mystères de l’espace et du temps (la Découverte, 2012). Sven Ortoli est un journaliste et écrivain français. Docteur en physique des solides, fondateur de Science&Vie Junior et Science&Vie Découvertes, il est journaliste à Philosophie Magazine, conseiller de la rédaction et rédacteur en chef des Hors-Séries. Il a reçu le prix de vulgarisation de l’Académie des Sciences en 1996 pour Science&Vie Junior. Nous vous conseillons notamment ses livres La Baignoire d’Archimède : petite mythologie de la science (avec Nicolas Witkowski, Seuil, 1996) et Manuel de survie dans les dîners en ville (avec Michel Eltchaninoff, Seuil, 2007). Jean-Pierre Pharabod, ingénieur des télécommunications, a travaillé trente ans au Laboratoire de physique nucléaire des hautes énergies de l’École polytechnique. Il est notamment l’auteur de Le rêve des physiciens (avec Bernard Pire, Odile Jacob, 1993) et AVNI, les armes volantes non identifiées (Odile Jacob, 2000).

La téléportation quantique expliquée par Nicolas Gisin – YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=eIacwfP_BmA27 mai 2012 – 6 min – Ajouté par mmtheory Qu’est-ce que la téléportation d’un état quantique et à quoi cela peut-il servir ?  Des explications données par l
 
3 Commentaires

Publié par le octobre 17, 2012 dans sciences, Théorie

 

INTERDIRE LES JUIFS DE PRIX NOBEL ?

Le prix Nobel de physique 2012 a été attribué au Français Serge Haroche et à l’Américain David Wineland pour leurs travaux sur la physique quantique, a annoncé mardi le comité Nobel. Le prix Nobel de chimie a été attribué, mercredi 10 octobre, aux Américains Robert Lefkowitz et Brian Kobilka pour leurs travaux sur les récepteurs couplés à des protéines G, des cellules qui permettent à l’homme de s’adapter à son environnement, a annoncé le comité Nobel.

Voilà qui ne va pas arranger la situation:  En effet dans une lettre ouverte datée du 31 mars 2012, signée par deux scientifiques, Jan C Biro, professeur honoraire à l’Institut Karolinska de Stockholm, et Kevin B. MacDonald, professeur de psychologie à l’Université d’Etat de Californie, un comité agissant sous le nom de “Revision Comity of the Nobel Foundation“, dénonce : “The Jewish bias of the Nobel Prize“, le “parti pris juif” du prix Nobel.

De quoi s’agit-il ?   Les deux universitaires déclarent que ce parti pris est une violation de la volonté d’Alfred Nobel aussi bien que de la législation suédoise.  Ils  l’expliquent longuement et avec force détails et de nombreux tableaux de pourcentage à l’appui dans leur pamphlet de treize pages.

Leur longue analyse rappelle pour commencer le règlement établi par Alfred Nobel stipulant que les prix doivent être distribués sans considération de la nationalité des lauréats, aux plus méritants.

Oui mais justement selon eux la Fondation Nobel aurait ignoré ce principe fondateur.

En effet de 1901 à 2010 (soit en 110 ans), selon leur calcul, 543 prix Nobel ont été attribués à 817 lauréats et 23 organisations. 181 récipiendaires, soit 21,5 %, étaient juifs alors qu’au plus 659 étaient des lauréats non-juifs (ou “gentils”, selon la terminologie retenue par les auteurs). Ces derniers entrent ensuite dans de savants et pernicieux calculs par rapport à la population mondiale. Etant donné que les juifs ne représentent jamais que 0,2 % de l’humanité, les 659 lauréats non-juifs ou “gentils” correspondent à 6,6 % des lauréats, alors que les 181 lauréats juifs correspondent à 905 % des lauréats en valeur globale. En somme, écrivent les signataires, il y aurait 137 fois plus de juifs que de non-juifs récompensés au niveau mondial par le Nobel (mais simplement 26,3 fois plus pour ce qui est des Etats-Unis). Dans la suite de leur démonstration ils laissent entendre qu’il y aurait là une prime au génocide de la deuxième guerre mondiale.

Sauf que le comité Nobel d’aujourd’hui n’est en rien celui d’il y a vingt ans, n’est en rien celui d’il y a quarante ans et moins encore celui qui l’attribua à Einstein et à Bergson avant le Seconde guerre mondiale, il y plus de quatre-vingts ans…

Tout ce que ça laisse entendre outre une logique stupéfiante qui ne craint plus de proner ouvertement une discrimination sur des bases raciales sous couvert d’équité est l’aspect naivement envieux de ces démonstrations.  On a vu pas mal d’autres intellectuels, des physiciens plus ou moins ratés  ou des musiciens (voir les déclarations de Théodorakis concernant la suprêmatie orchestrale des juifs) dénoncer la prime à la Shoah et le droit qu’en retirerait les juifs mais ils conservaient un prétexte politique. Dans ce cas on laisse tomber les pretextes et l’antisémitisme s’affirme envie pure et simple et dénonciation d’une concurrence déloyale.

Indéniablement Jan C Biro et Kevin B MacDonald ne s’embarrassent plus d’un positionnement pseudo politique, ils vont directement au coeur du problème en proposant d’établir une barrière à la nomination de juifs aux prix Nobel.

Si l’antisémitisme qui a des vertus protéiformes est désormais passé à la justification de toutes les paranoïas, l’envie académique se double d’une volonté de légitimer sa cause par l’espérance d’un ralliement massifs de juifs intellectuels à cette étrange démonstration de l’injustice infligée par les juifs aux "gentils"…

Il y a un complot…

Dans ce complot pour truster les Nobel, il y a les juifs mais aussi les "gentils", les non-juifs eux-mêmes… Les non-juifs seraient ainsi les instruments à leur corps défendant, ou à leur insu, des juifs, ne voulant pas voir que cela dure depuis 3 000 ans. “Le comportement fortement compétitif des juifs n’est pas spécifique au prix Nobel ni à la période post-Seconde guerre mondiale.” Les non-juifs comprennent mal ce phénomène, expliquent-ils, c’est pourquoi il leur  appartient de leur faire voir en face la réalité sur ce peuple.   Cette “nation” en effet, écrivent-ils encore, ne vit pas sur une seule terre mais dans tous les pays du monde. On reconnaît ici l’idée du complot de l’Internationale juive, qui sévit partout dans le monde à partir des positions importantes qu’ils occupent.   En définitive, ce Pr. Biro veut avec toute sa force de conviction prouver aux juifs “non-juifs” ou anti-juifs, que ce “J-bia ” leur nuit à eux aussi et qu’il est urgent de le dénoncer pour mieux le combattre.

Il est toujours possible de considérer qu’il s’agit là d’excentriques risibles mais nous sommes dans un moment historique où toutes les formes de racisme sont exacerbées et la recherche des boucs émissaires se banalise… Attribuer à l’arabe, au rom l’insécurité de la vie quotidienne et au juif le ratage d’une vie n’a plus rien d’innocent… Le fait est que nous assistons à une libération de la parole raciste…

texte rédigé par danielle Bleitrach à partir de  Michaël de Saint-Cheron. ce dernier  a publié Entretiens avec Emmanuel Levinas et De la phénoménologie du visage à une philosophie de la rupture (Livre de Poche, 2010). Michaël de Saint-Cheron, auteur et chercheur à l’université Paris-III-Sorbonne nouvelle.

 

 
 

Vous aussi Sigmund bon anniversaire, vous qui nous avez appris à rompre avec le goût de la servitude volontaire… danielle Bleitrach

Vous aussi Sigmund bon anniversaire, vous qui nous avez appris à rompre avec le goût de la servitude volontaire… danielle Bleitrach

Décidemment je n’arrête pas de célébrer l’anniversaire des hommes que j’aurais pu aimer… Voilà que le 6 mai est le jour de naissance de Sigmund Freud… J’aurais presque pu les inviter à ma table tous les deux marx et lui, quelle conversation on pourrait imaginer entre eux, entre ces esprits acérés, encyclopédiques, leur goût du witz…

Je vais placer une vidéo pour vous présenter mieux que je ne saurais le faire Freud, un des hommes qui a bouleversé le XXe siècle. tiens cela me fait souvenir de cette blague sur les 5 juifs qui ont pensé le monde. Moïse a dit Tout est loi, Jésus a dit Tout est amour, marx a dit Tout est lutte des classes, Freud a dit Tout est libido et Einstein a dit Tout est relatif.

je sais bien que Freud s’éléverait pour proclamer queMoïse n’est pas juif mais Egyptien et que donc les juifs n’ont même pas inventé le monothéisme c’est un prêtre d’AKhnaton du nom de Moïse qui à la suite de la débâcle idéologique à  la mort du pharaon adorateur d’Aton s’est approprié cette poignée d’hébreux et a prétendu leur imposer un monothéisme d’un rigorisme intégral, au point que les dits hébreux excédés ont fini par le tuer. On reconnaîtra un thème cher à l’auteur de Totem et Tabou, le meurtre du père comme fondement de toute civilisation. Et une oscure tribu du pays de canaan ayant un dieu du nom de Yaveh et un prêtre du nom de Moïse, ils ont refoule le meurtre et fait un copié collé à partir du nom.

Mais enfin quelle idée a pris à freud d’écrire ce dernier livre alors même qu’il fuit le nazisme, se réfugie à Londres, a la moitié du visage dévoré par un cancer? Est-ce l’herem, la rupture avec le judaïsme que l’on trouve chez Marx autant que Spinoza, la nécessisté de dénoncer l’illusion religieuse pour fonder une science ? Certes et dans le même temps Freud après sa rupture avec Jung accepte le caractère juif de sa science comme s’il s’est toujours voulu, lui le mécréant, appartenant au peuple juif. Pourquoi alors qu’il est traqué de toute part lui enlever l’invention du monothéisme pire encore en faire dès l’origine le peuple qui tue et combat Dieu. Et refoule le meurtre

Pour vous dire ma passion pour ces hommes, ces penseurs, il faut que j’insiste sur leur capacité de rupture, sur leur engagement dans une science et dans le même temps aux côtés des hommes, la volonté prométhéenne d’une science qui conquiert la liberté sur l’illusion. Et leur vie autant que leur oeuvre témoigne de cette engagement total dans la quête du feu qu’il faut remettre aux hommes pour les débarrasser de dieu. Cela me les rend irresistibles…

Alors comment interpréter cette manière d’ôter aux juifs la cause de tous leurs malheurs mais aussi leur "élection" par la divinité sinon comme l’ultime manifestation d’une série de blessures que s’est infligé l’humanité par la connaissance.D’abord le choc cosmologique – et ce n’est pas un hasard si Spinoza part de là aussi- infligé par Copernic, Kepler et d’autres, non notre planète n’est pas le centre de l’univers mais même notre soleiln’est qu’une étoile parmi d’autres… comme si cela ne suffisait pas voilà que darwin en fait non le produit de l’anthropomorphisme divin mais celui d’une évolution qui rompte avec un quelconque privilège dans la création, le renversement de Marx, les idées que l’homme a sur lui-même sont le produit d’une illusion qu’il faut démonter en le réinsérant dans une lutte historique et enfin Freud "le moi n’est plus maître dans sa propre demeure".  Et illusion suprême le peuple élu n’est pas élu. Donc l’affirmation que les juifs ne sont pas les inventeurs du monothéisme est l’austère satisfaction du chercheur à s’infliger l’ultime blessure narcissique, il n’y a pas de peuple élu, pas de centralité juive et l’antisémitisme est une pure imbécilité.

La blessure narcissique n’est pas une perte, elle est un gain sur le chemin de la liberté et de la connaissance. Ce que Freud alors apporte est l’écoute de la parole de chacun y compris du malade mental, tout le monde a quelque chose à dire.. . Une forme d’humanisme qui renonce à l’illusion de la charité et de l’amour de son prochain pour conquérir la vie éternelle mais pour l’amour des hommes et des femmes..si vous me permettez une petite allusion à l’actualité, se débarrasser des pervers narcissiques fait partie de la cure…

Voila alors cher freud, bon anniversaire… nous avons  besoin de vous…

Danielle Bleitrach

http://youtu.be/M9ROZpooqhg

sur la naissance de la psychanalyse…

 
 
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 81 followers