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Archives de Catégorie: politique

A Venissieux, avoir un maire communiste a un sens: Arrêtés interdisant les expulsions locatives, les coupures d’énergies et les saisies mobilières

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Arrêtés interdisant les expulsions locatives, les coupures d’énergies et les saisies mobilières
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Depuis le 1er avril, au lendemain de la trêve hivernale, les expulsions locatives peuvent reprendre. Le collectif des associations unies, fédérant 34 associations de lutte contre l’exclusion et la pauvreté lance un cri d’alarme sur une situation qui ne cesse de s’aggraver au fil des ans. Selon les chiffres, 40 000 à 45 000 familles pourraient se retrouvées sans toit, malgré l’intention affichée par la loi Dalo.

Depuis 4 ans, Michèle Picard n’a de cesse d’alerter sur les conséquences tragiques que peuvent engendrer les expulsions. En 2013, nous avons été placés face à l’horreur avec le suicide d’une septuagénaire vénissiane découvert lors de l’exécution de son expulsion. La mort d’un homme âgé quelques jours après son expulsion a aussi fortement marqué les consciences.

Cette année encore, elle entend interpeller les pouvoirs publics avant que l’actualité ne soit marquée par de nouveaux drames humains. Un acte responsable, un acte de désobéissance civique assumé par un maire, une élue de la République qui assume pleinement ses responsabilités face à l’urgence sociale et à l’exclusion. Un acte de résistance pour que les droits fondamentaux pour tous inscrits dans la Constitution soient respectés.

Depuis 2009, Michèle Picard tente de combattre l’intolérable et défend le droit à une vie digne pour tous. Cette année encore, elle a pris des arrêtés interdisant sur le territoire de sa commune les expulsions locatives, les coupures d’énergies et les saisies mobilières, pour les personnes les plus en difficulté et en fragilité pécuniaire, notamment les personnes âgées, retraitées, au chômage ou encore les familles monoparentales. Vous trouverez ci-joint les 3 arrêtés déposés en Préfecture ce jour.

Enfin, Michèle Picard a apporté son soutien au rassemblement organisé ce jour par la Fédération CNL du Rhône pour dire non aux expulsions locatives et à la hausse des charges de loyers.

Arreteexpulsions2014

 
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Publié par le avril 8, 2014 dans politique

 

La Hongrie de plus en plus vers l’extrême-droite et les enseignements pour le scrutin européen

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Une victoire de la droite qui cimente le pouvoir de Viktor Orban, mais surtout une poussée de l’extrême droite, avec plus de 20 % des suffrages : les élections législatives en Hongrie, dimanche 6 avril, ont conforté les tendances à l’œuvre en Europe, moins de deux mois avant l’élection du Parlement européen. D’abord il faut analyser la victoire de ce chef du gouvernement autoritaire, nationaliste, peu soucieux des admonestations européennes et parfois agissant à la limite du respect des libertés individuelles. Il ne semble pas très populaire en Europe pourtant il illustre bien, lui et cette poussée de l’extrême-droite les apories européennes et celles auxquelles va être confronté l’électeur français. Deux points sont essentiels, d’abord comprendre la déconsidération de la gauche, la manière dont elle a fait appel au FMI qui en a fait le laboratoire de ses plans d’ajustement structurels en Europe. Et Orban a sorti le pays des griffes du FMI en créant de monstrueuses inégalités. La gauche n’offrant pas de perspectives, l’alternative est devenue le parti d’extrême-droite antisémite et xénophobe.

Les Résultats : victoire de la droite d’Orban avec une poussée de l’extrême-droite

Ce qui est sûr c’est que le discours d’Orban comme quoi il est le meilleur rempart contre l’extrême-droite s’avère doublement fauc, désormais ils montent ensemble et orban donne de plus en plus de caution aux campagnes de ces derniers, par exemple acceptant la peine de mort pour les meurtriers d’enfant, grande campagne de l’extrême-droite durant ce scrutin.

Tout autre opposition a été faible et inexistante. L’absence de programme convaincant et les dissensions internes ont eu raison de la coalition d’opposition. Surtout, le gouvernement actuel peut se prévaloir d’un bilan économique à faire rougir non seulement l’opposition, mais plus d’un des donneurs de leçons européens. Et c’est sans doute là une des clés du succès annoncé de Victor Orban. L’idée de base étant que l’on peut rester en Europe à condition d’avoir un gouvernement fort capable de faire entendre les intérêts de la Hongrie. Et c’est l’expérience de L’Europe elle-même qu’il faut analyser sans jouer à s’effrayer de ce fascisme ordinaire qui se serait emparé des Hongrois. Ce qui arrive aux Hongrois n’est pas éloigné de ce qu’est l’Europe et à ce titre il dessine l’avenir de ce continent et des institutions qui prétendent l’unifier.

On se tromperait en pensant que les Hongrois sont ravis du gouvernement actuel. Près de la moitié s’en disent insatisfait.Face à cette position l’alliance de gauche et libérale considérée comme le principal adversaire a été incapable de dégager une ligne politique claire, son discours et ses pratiques sont apparues complètement contradictoires et sans perspective. Pourtant sa performance n’est pas totalement désastreuse: : 25,9 %, quand le MSZP seul, en 2010, avait recueilli 19,3 % des suffrages. Mais elle n’aurait que 37 sièges. Le parti écologiste LMP, qui refuse toute alliance avec la gauche à cause de sa gestion passée, retrouve de justesse une place au Parlement, avec 5,3 % des voix et cinq députés.

Le vrai gagnant de ce jeu de dés pipés est le Jobbik, la principale force d’extrême droite, qui progresse de quatre points (20,7 %, contre 16,7 % en 2010) mais n’aurait que 24 sièges. Il arrive en deuxième position dans nombre de villes, dans l’est déshérité – notamment à Miskolc, où il a manqué de peu la première place –, mais aussi dans l’ouest ou dans le sud, où il était jusqu’alors peu implanté. « Plus de 20 % : à part nous, personne n’y croyait », constate le chef du Jobbik, Gabor Vona, dont la campagne, axée sur des thèmes sociaux et non plus seulement sécuritaires, s’est avérée payante. « A l’échelle européenne, Jobbik est maintenant le plus important parti d’extrême droite », a-t-il affirmé, avant de promettre : « En 2018, nous allons gagner. »

Victor Orban a ainsi fait voter en quatre ans une constitution de son crû, il a profondément modifié la législation du pays, a mis aux ordres la banque centrale à ses ordres et cela a été présenté comme la seule politique possible avec comme unique alternative l’extrême-droite à la fois éclaireur et repoussoir. .

En 2009, la Hongrie dans les griffes du FMI et Orban change de politique

Pour comprendre, il faut revenir en arrière. En 2009, la crise commerciale et la fuite des investisseurs vers la qualité fait chuter le forint, la monnaie nationale et l’activité. Les ménages sont étranglés par les prêts contractés en euros ou en francs suisses pour bénéficier de taux plus attractifs. La Hongrie est au bord de la faillite et le gouvernement de centre-gauche fait appel au FMI et à l’UE. Elle est alors, avec la Roumanie et les pays baltes, un laboratoire des plans d’ajustement qui seront imposés en zone euro un an plus tard. Les recettes habituelles sont mises en place : privatisations, coupes dans les dépenses, « réformes structurelles. »

En 2010, Victor Orban arrive au pouvoir. Le changement de politique économique est radical. L’ambition du nouveau gouvernement est de se libérer des griffes du FMI et de continuer à s’appuyer sur la demande intérieure, notamment la consommation. Pas question, donc, de pratiquer l’ajustement proposé par les bailleurs de fonds. A l’époque, nul ne parie un forint sur le succès d’une telle politique.

La volonté de se libérer du FMI

Budapest fixe alors ses priorités. D’abord, se libérer du FMI. Pour cela, tous les moyens sont bons. Il faut nécessairement en passer par une période d’austérité budgétaire et par une hausse de la TVA de 24 à 27 %, mais pour adoucir l’amertume de la pilule, le gouvernement joue sur la fibre nationaliste en taxant les secteurs économiques où règnent les entreprises étrangères, comme la distribution et les banques. Surtout, il met la main sur le fonds de retraite privé de quelques 10 milliards d’euros. Pour s’assurer du succès de sa politique, il modifie la loi sur la banque centrale, réduisant l’indépendance de cette dernière. Il s’agit évidemment pour Viktor Orban de disposer du levier monétaire pour adoucir les effets de l’austérité.

L’Europe et les agences de notation matées

L’UE se fâche alors et menace. Les agences de notations, fin 2011, dégrade la dette de la Hongrie à l’état d’obligation pourrie. Mais Viktor Orban, fort d’un certain soutien populaire et d’un parlement soumis, s’en moque. Il tient tête aux Européens qui, finalement, rentrent dans le rang et le laisse faire. Quant aux agences de notation, il leur oppose le redressement des comptes publics. Alors que tous les analystes prédisaient en 2011 une faillite du pays, le déficit public est revenu sous les 3 % du PIB, la Commission de Bruxelles a dû exclure le pays de la procédure de déficit excessif. Budapest rembourse ses dettes auprès du FMI. Le déficit chronique des comptes courants s’est mué en excédent, plus de 3 % du PIB, tandis que le déficit frôlait les 8 % en 2009. Les agences de notation doivent finalement relever la note du pays. Viktor Orban a gagné le bras de fer avec le FMI, les agences et l’UE. Un coup dur pour une opposition qui apparaît alors comme ceux qui ont cédé devant « l’étranger. »

Relance de la demande

Depuis un an, Viktor Orban se lance alors dans une relance de la demande intérieure. Alors que la banque centrale lance une aide aux PME et baisse ses taux de façon spectaculaire. Entre août 2012 et mars 2014, le taux de refinancement hongrois est passé de 7 % à 2,6 %. La banque centrale s’est lancée parallèlement dans un plan de soutien aux crédits aux PME, une sorte d’assouplissement quantitatif. Le gouvernement a aussi mis en place une réforme fiscale pour réduire l’impôt sur le revenu et des baisses de prix de l’électricité de 20 %. Du coup, en 2013, l’économie hongroise s’est redressée avec des taux de croissance supérieurs à ceux de la zone euro. Au dernier trimestre de l’an passé, le PIB hongrois était supérieur de 2,7 % à celui du dernier trimestre de 2012. Le chômage a reculé de Certes, la plupart des économistes annoncent (encore) l’effondrement de ce système, mais les prévisions promettent une croissance de 2 % pour 2014 au pays, soit le double de la zone euro !

Politique inégalitaire

Cette politique ne fait cependant pas que des heureux. Viktor Orban manie aussi bien, pour parvenir à ses fins le libéralisme le plus sauvage que l’étatisme le plus sévère. Il a mené en 2011 et 2012 une politique d’austérité très douloureuse et sa réforme fiscale, par l’introduction d’une flat tax (un taux d’imposition unique) de 15 %, favorise les plus riches. La pauvreté a progressé en Hongrie entre 2010 et 2013. Mais les victimes de cette politique ne votent pas comme jadis pour le centre-gauche, mais pour le parti d’extrême-droite Jobbik qui a le vent en poupe. Reste que nul ne peut contester que le bilan économique du gouvernement sortant est bien meilleur que celui de l’opposition voici quatre ans. Et qu’il jouera un rôle dans l’issue du scrutin dans un pays traumatisé par la crise de 2009.

Alors face à cette réussite que la Hongrie a payé très cher et qui a accentué les inégalités, l’extrême-droite joue l’exutoire face aux mécontents, aux pauvres, aux chômeurs en attisant les haines contre les roms définis comme des parasites, contre les juifs qui eux sont l’éternel capitaliste doublé comme dans toute l’Europe de l’est du judéobolchevisme.

 
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Publié par le avril 8, 2014 dans Europe, extrême-droite, politique

 

LA FÊTE DE L’HUMA A NOVOSSIBIRSK

- c’est la 3ème ville de Russie !
- c’est la première fois depuis la fin de l’URSS que les communistes dirigeront une ville de cette importance
- les communistes russes considèrent cette victoire comme historique, un point d’appui pour la conquête du pouvoir en Russie, qui est la prochaine étape

Sur la participation, un peu moins de 31%, commentaires à la TV:
- c’est une tendance habituelle ces dernières années (en 2011 aussi, moins de 32%
- les chiffres des précédentes municipales étaient artficiellement gonflés par ce que l’on appelle en russe "administrativny ressours" (diverses manières d’inciter les gens à voter).

Sur l’influence du PCFR à Novossibirsk, il faut savoir qu’ils organisent tous les ans depuis 2008 une "Fête de la Pravda", sur le modèle (revendiqué) de la Fête de l’Huma, avec un succès croissant, voici d’ailleurs une video sur une fête dont les communistes français reconnaitront l’esprit inimitable :

 
 

Le candidat du Parti Communiste de Russie est élu à Novossibirk

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L’ELECTION D’UN MAIRE COMMUNISTE DANS LA TROISIEME VILLE DE RUSSIE

Comme nous vous l’annoncions dans un récent article il y a eu ce dimanche 6 avril des élections municipales à Novossibirskqui est la troisième ville du pays. Le maire de Novossibirsk, Vladimir Gorodetsky, avait quitté son poste pour devenir vice-gouverneur de la région déclenchant ainsi des élections anticipées. Plus de 17 candidats se sont inscrits pour cette élection. Anatoly Lokot a été désigné par le Parti communiste (KPRF) pour conquérir cette ville, capitale de la Sibérie.

Le député communiste Anatoly Lokot a rassemblé 43,75% des voix contre 39,57% au maire par intérim Vladimir Znatkov, candidat de Russie unie, la formation du président russe, a annoncé la commission électorale de la ville de Sibérie. C’est la "première grande défaite du parti au pouvoir" déclare le nouveau maire communiste de Novossibirsk.
"c’est en raison de la crise politique à Novossibirsk, qui a conduit à l’exposition des problèmes sociaux et économiques" pour le communiste Anatoly Lokot. Anatoly Lokot (KPRF) gagne avec 43,75% des voix suivit de "Russie unie" avec 39,56%, Vladimir Anisimov (les «villes russes") gagne 3,25%, les "socialiste" conduit par Anatoly Kubanov 2,19%, Evgeny Loginov 3,35%, Sergei Ovchinnikov (le «gouvernement du Parti populaire russe") 0,42%, Dmitry Savelyev (LDPR) 2,42%, Roman Starikov ("communistes de Russie") 0,84%, Alexander Tarkov ("Russie travailliste ") 0,59%, Sergey" Spider"Troitsky (" Contre tous") 1,07%, le Parti de la transformation spirituelle de la Russie" 0,54%.

Les candidats en lice pour cette élection se sont retirés de la course pour soutenir le député communiste Anatoly Lokot. Ilya Ponomarev (candidate unie du parti des Verts et des sociaux-démocrates ) , l’ancien ministre de l’économie Ivan Starikov ( Initiative civile ) , le chef de file de l’organisation régionale des Patriotes de Russie Alexander Mukharytsin , Alexei Yuzhanin ( du Parti pour la transformation spirituelle de la Russie ) et Ivan Starikov (communistes de la Russie ) ont fait un appel commun pour soutenir le candidat du KPRF. Ivan Starikov confirme sa volonté de se retirer en faveur de Lokot. "Je confirme également que je suis prêt à respecter l’accord sur la candidature unique,, il devrait y avoir un programme commun. Avec cette unité autour d’un candidat commun, nous engageons nos ressources et nos structures pour lui"

Anatoly Evgenbevia Lokot devenu le candidat unique de l’opposition pour l’élection du maire de Novossibirsk a été élu maire de Novossibirk c’est la grande nouvelle du Week

"Nous avons créé une situation unique en Russie, avec une union de l’opposition qui a permis de remporter la victoire sur Russie Unie", s’est félicité M. Lokot, 55 ans, cité par le site du Parti communiste. "La chose la plus importante dans la ville se sont ses habitants. Tout d’abord, nous allons nous concentrer sur leurs intérêts et leurs besoins. Nous allons travailler avec tous les partis politiques et les organisations publiques pour le développement de la ville. Nous sommes ouverts à toutes les suggestions de tous les partis politiques et de tous les militants sociaux. Le plus important c’est la prospérité et le bien-être de notre ville. Notre objectif commun pour Novossibirsk, c’est la stabilité politique et la liberté dans tous les sens du terme."

"La première chose que je ferai audit du personnel, l’analyse de l’utilisation des fonds budgétaires, ainsi que d’annuler l’admission par le bureau du maire,"

Lors des législatives de 2011, le KPRF était arrivé en tête à Novossibirsk

En 2011 le Parti communiste était arrivé en tête des législatives avec 34,17% des voix devant le parti de Vladimir poutine, Russie unie, qui a recueilli 27,69% des suffrages. Iabloko, le parti libéral pro-UE, recevait 6,32% des voix, un seuil faible ne permettant pas la qualification de ce dernier (7% pour avoir un élu). Ces chiffres témoignent à la fois de l’implantation du Parti Communiste de la Fédération de Russie qui est la véritable force d’opposition au parti de Poutine et de la faible audience des libéraux pro-UE que nous considérons en Europe et en France comme l’opposition. Alors que nous sommes dans une des plus grandes villes du pays et une ville avec une forte proportion de travailleurs scientifiques.

Anatoly Evgenbevia Lokot (55 ans), est le Premier secrétaire du Comité régional de Novossibirsk du Parti communiste (2006), membre du Comité central depuis 2008. Il a adhéré au Parti communiste d’Union soviétique (PCUS) en 1984, et il est élu député (Douma) pour la région de Novossibirsk depuis 2003.

Cette élection confirme la poussée à gauche de la société russe, l’élan patriotique autour de ce qui est vécu comme une attaque de l’UE et de l’OTAN sous ordre des Etats-Unis a renforcé la popularité de Poutine lui-même qui dépasse dans les sondages les 66%, mais visiblement ne profite pas à son parti qui perd la mairié. En revanche, les communistes qui ont poursuivi leurs luttes pour la justice sociale et contre les oligarques apparaissent comme les plus crédibles pour leur honnêteté et leur capacité à redresser le pays. y compris Lokot lui-même qui semble avoir été le seul député à ne pas avoir voté le rattachement de la Crimée. (1)

Novossibirk est non seulement une grande capitale régionale, un nœud ferroviaire entre la Chine et la Russie mais également un grand centre intellectuel avec la meilleure université du pays, le village des scientifiques mais aussi une des troupes de ballet les plus prestigieuse.

EN CONCLUSION

- c’est la 3ème ville de Russie !
- c’est la première fois depuis la fin de l’URSS que les communistes dirigeront une ville de cette importance
- les communistes russes considèrent cette victoire comme historique, un point d’appui pour la conquête du pouvoir en Russie, qui est la prochaine étape

Sur la participation, un peu moins de 31%, commentaires à la TV:
- c’est une tendance habituelle ces dernières années (en 2011 aussi, moins de 32%
- les chiffres des précédentes municipales étaient artficiellement gonflés par ce que l’on appelle en russe "administrativny ressours" (diverses manières d’inciter les gens à voter).

Sur l’influence du PCFR à Novossibirsk, il faut savoir qu’ils organisent tous les ans depuis 2008 une "Fête de la Pravda", sur le modèle (revendiqué) de la Fête de l’Huma, avec un succès croissant, voici d’ailleurs une video sur une fête dont les communistes français reconnaitront l’esprit inimitable :

http://kprf.ru/party-live/regnews/119482.html

(1) LA POSITION DU PARTI COMMUNISTE DE LA FEDERATION DE RUSSIE : ce fait qui mériterait d’être confirmé doit être replacé dans le contexte du positionnement du Parti Communiste de la Fédération de Russie face à la situation ukrainienne dont voici quelques lignes forces: Le parti communiste n’a pas fait de surenchère durant la crise ukrainienne. Simplement il en a appelé à la raison. Au lieu de brandir des sanctions économiques contre la Russie, les Etats-Unis feraient mieux de réfléchir à leurs conséquences pour les Américains et les Européens, a déclaré vendredi aux journalistes le président du Parti communiste de Russie (KPRF), Guennadi Ziouganov.

"Ce n’est pas la peine de brandir des sanctions économiques ou autres. Il faudrait mieux réfléchir à quoi cela va aboutir demain (…). Il faut avoir en vue que cela se répercutera sur tout le monde, y compris les Européens et les Américains. Tout est étroitement lié dans notre monde", a indiqué le chef du KPRF.

Fréquemment, le chef du PC, Guennadi Ziouganov discute avec le président, ainsi en novembre 2013, il a developpé trois questions pendant un entretien de deux heures avec le président Poutine, la première portait sur le développement de l’industrie, l’intégrité du pays et la politique sociale..

"J’ai dit ouvertement que la politique et la composition du gouvernement actuel ne permettaient pas de remplir les objectifs formulés par le président. Nous avons besoin d’un gouvernement puissant et cohérent. Nous avons minutieusement préparé nos propositions et le président les a étudiées. Tout d’abord sur l’industrie: l’idée de Vladimir Poutine de créer 25 millions d’emplois est productive mais tous les établissements scolaires doivent être réformés pour cela. Leur financement ne peut pas être réduit, même en temps de crise", a dit Guennadi Ziouganov à l’issue de l’entretien."

Le chef des communistes a parlé également du projet de loi prévoyant des sanctions pénales contre les individus appelant à modifier l’intégrité territoriale de la Fédération de Russie. Les communistes proposent des peines allant jusqu’à trois ans de prison pour de tels actes. Guennadi Ziouganov a également expliqué pourquoi son parti prônait des sanctions pénales contre les individus parlant du séparatisme ou du rejet des territoires russes. " Lors d’un discours dans une université américaine j’ai demandé : "Ne voulez-vous pas nous rendre l’Alaska? On m’a rétorqué que si quelqu’un tenait de tels propos dans la presse, il pouvait écoper de vingt ans de prison et se faire confisquer ses biens. En Russie, lorsque quelqu’un propose de clôturer le Caucase avec du fil de fer barbelé, un autre l’évoque à propos de la Sibérie et un autre encore à propos de l’Arctique. Poutine a parfaitement conscience de ce qui se cache derrière ces déclarations". Ces positions expliquent que les communistes ne jouent pas la surenchère et ne souhaitent pas d’annexion de territoire en préférant multiplier les coopérations. A ce titre, Ziouganov s’est récemment entretenu avec son homologue ukrainien.

Cette volonté de ne pas pratiquer de surenchère pour mieux renforcer l’unité de la fédération de Russie autour de la solution des problèmes économiques et sociaux ne signifie pas un abandon de l’Hitoire de l’Union soviétique au contraire. Le chef du PC a également soutenu l’idée d’une histoire commune de la Russie et de l’URSS. Il a souligné que les spécialistes de la période soviétique devaient faire partie des auteurs du nouveau manuel d’histoire.

 
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Publié par le avril 7, 2014 dans Asie, Europe, politique

 

LA réfléxion du jour: qu’est-ce que la politique ?

Lu dans le midi libre. Lors de l’élection du maire à Béziers, le doyen de l’assemblée, un communiste fait un discours selon l’usage. Il est interrompu par la salle, il s’adresse à ceux qui le huent, mais je cite l’auteur du compte rendu du Midi Libre :

"Je serai toujours la voix des travailleurs et des gens modestes, la voix de tous ceux qui souffrent de cette société capitaliste". Puis, il est revenu à un discours plus politique, martelant : "Élire un maire proche de Jean-Marie et Marine Le Pen me chagrine."

Vous remarquerez que cet article au demeurant sympa… considère seulement comme "politique" la proclamation anti-Le Pen, en revanche défendre les travailleurs et les gens modeste ce n’est pas de la politique…

J’imagine l’auteur de l’article, un jeune pour qui la politique désormais ça se limite à être pour ou contre le Front national…

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le avril 6, 2014 dans actualités, politique

 

Le gouvernement n’est ni rabougri, ni inefficace il est dangereux

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On est stupéfait devant la médiocrité des commentaires saluant ce gouvernement, entre ceux qui protestent parce que nadia Belkacem a un ministère fourre tout, ceux qui se félcitent du maintien de taubira, ou encore ceux qui affirment que valls est à droite alors que je ne m’atais pas aperçu que Ayrault était à gauche, personne ne dit la réalité sur ce gouvernement à savoir que comme le président il est d’abord dangereux. Ce qui laisse la part belle à Marine le Pen qui s’avère à peu près la seule à dénoncer la soumission totale de l’Europe et de la france à la politique des Etats-Unis. Son discours est un contrtefeu qui empêche une véritable mobilisation populaire contre ce danger de guerre et de violences intérieures que la politique européenne ne cesse d’aggraver. Austérité renforcée et Otan sont les deux mamelles de cette politique à laquelle va s’atteler ce gouvernement pour aller plus vite et plus loin.

Ce que l’on a défini comme le premier couac entre Fabius et Montbourg, dit plus qu’il n’y paraît à propos du commerce extérieur, c’est-à-dire un vrai problème français, résultat d’années de choix désastreux, de délocalisation industrielle et d’un pays où le financier est un des plus développé avec un secteur bancaire et usurier dominant. Ceci est le résultat de choix mis en œuvre depuis Mitterrand et encore accentués par les gouvernements successifs. Nationalisations, privatisations, financiarisation, le résultat en a été la formation d’un capital usurier au premier rang de la crise de l’Europe du sud et de plus en plus déficitaire en matière d’équilibre du commerce extérieur. A qui l’arbitrage présidentiel confie-t-il cette épineuse question, à Fabius qui depuis Mitterrand se prononce en faveur de la politique productrice des déficits réels. Exit Montebourg et son productivisme, la ré-industrialisation française. L’orientation du gouvernement vers la reconquête des marchés extérieurs va s’opérer par pression sur la consommation intérieur, à la fois par les services publics et les salaires. En revanche l’idée que l’euro fort est un obstacle à la compétitivité ou encore développer la productivité française passe au second plan. Sur ce plan, Hollande poursuit sa ligne et a simplement besoin d’un ministre plus bonapartiste dans ses comportements pour la faire appliquer. Les ministres de "gauche" sont les otages d’une politique, une façade et il faut être bien sot pour se réjouir de leur maintien.

Mais passons personne n’a jamais pensé que Hollande était de gauche si ce n’est quelques électeurs ou militants socialistes qui semblent avoir la foi du charbonnier. Il y a plus grave, il y a ce qu’implique le choix d’une telle politique: la complicité avec l’extrême-droite et les forces conservatrices en Europe et le choix de la guerre pour créer les conditions du pillage et de l’imposition de marchés à des peuples attaqués. L’impérialisme.
Nous avons en France un capitalisme dominé par le secteur financier et par l’armement et la conquête des marchés extérieurs passe par cette réalité.

Je ne signalerai qu’un fait, la confirmation de Fabius dans son poste. C’est-à-dire en fait la confirmation et la poursuite de la politique de Sarkozy, atlantisme et bellicisme. C’est une visée criminelle qui reléverait des tribunaux internationaux si ceux-ci jugeaient autre chose que les vaincus. Quand un G.W.Bush peut couler des jours heureux, il est évident qu’un Fabius ne sera jamais inquiété et pourtant…

Aujourd’hui la guerre menace et c’est la première fois depuis la Yougoslavie que c’est pratiquement en Europe que cela menace.Nous avons toutes les conditions des guerres, une presse aux ordres qui ment, cache les faits et diabolise l’adversaire potentiel. Oui mais cette fois c’est la Russie avec au-delà la Chine.

Les Etats-Unis prolongent le stationnement du destroyer USS Truxtun en mer Noire et y dépêchent des "ressources supplémentaires", a déclaré aux journalistes le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest.

"Nous avons envoyé six chasseurs F-15C dans les pays baltes pour patrouiller leur espace aérien. Une douzaine de F-16 américains sont arrivés en Pologne pour contribuer au maintien de la sécurité. Le stationnement de l’USS Truxtun en mer Noire a été prolongé. Il y a en outre des ressources supplémenentaires qui sont actuellement dépêchées en mer Noire par les forces navales US", a fait savoir le porte-parole.

Début mars, six chasseurs F-15C et deux avions ravitailleurs KC-135 de l’US Air force ont atterri sur la base de Zokniai, dans le nord de la Lituanie. Auparavant, le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a déclaré que le Pentagone élargirait sa coopération militaire avec la Pologne et les pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) en réponse à la crise politique en Ukraine.

le précédent gouvernment par la bouche de Le drian qui est resté en poste a envoyé l’aviation soutenir la Pologne qui depuis le début joue un rôle dans la crise ukrainienne pour récupérer son ancien domaine ukrainien.

 
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Publié par le avril 3, 2014 dans Europe, guerre et paix, politique

 

Le secrétaire du Parti communiste à Odessa dénonce un accord esclavagiste avec l’uE

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http://ru.golos.ua/politika/14_03_28_tsarkov_bryussel_esche_raz_dal_ponyat_nikto_ukrainu_v_evrosoyuz_

Est-ce que nous n’ avions pas mis en garde , nous communiste, que personne ne voudrait de l’Ukraine dans l’union Européenne? Est-ce que nous n’avions prévénu que sitôt après avoir pris le pouvoir, l’opposition pousserait le pays vers l’ouest ? Aujourd’hui, c’est exactement ce qui se passe : les ukrainiens ne reçoivent pas ce qu’ils avaient souhaité. Il y n’aura pas les salaires européens ou les pensions ou les normes sociales. Personne ne laissera l’Ukraine, en faillite entrer dans la maison Europe.

Le premier Secrétaire du Comité régional du parti communiste à Odessa en Ukraine, Yevgeny Tsarkov, a fait état dans son commentaire de la déclaration du Président de la Commission européenne Barroso disant que l’UE n’est pas prête à lancer le processus d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne.

Rappelons que le 21 mars à Bruxelles, le premier ministre d’Ukraine Arseniy Yatsenjuk ont signé l’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE

"Les communistes avaient averti qu’il en serait ainsi – a poursuivi Tsarov – nous avions proposé de tenir un référendum pour faire décider au peuple s’il voulait adhérer à l’union Douanière ou signer une association esclavagiste avec l’UE. Mais ceux qui sont arrivés aujourd’hui pouvoir se sont exclamé que le référendum était illégal et ils ont demandé d’interdire le PCU."

Tsarkov souligne que les technocrates politiques occidentaux ont agi, en suivant leur scénario, en fonction de ce qu’ils avaient mis au point grâce à un coup d’Etat pour mettre au pouvoir leurs marionnettes. Et aujourd’hui, avec leur aide, l’UE a signé avec l’Ukraine un accord "africain" d’association, en transformant notre pays en une colonie.

"En outre, sur le fond d’un conflit avec la Russie, l’Europe et les États-Unis tenteront d’apparaître presque comme des bienfaiteurs. Mais pas pour longtemps. Les Ukrainiens se rendront bientôt compte que les voilà sans marché, sans producteurs nationaux et sans emplois, sans ressources, sans terre, et, en outre, sans le principal partenaire commercial c’est-à-dire la Russie", a déclaré Tsarkov.

L’homme politique a remarqué que tout ceci avait été prévu en avance du Parti Communiste de l’Ukraine.

Cependant le gouvernement précédent a ignoré nos avertissements, et le nouveau gouvernement a ouvertement poursuivi le Parti Communiste et il tâche de l’interdire. Cependant, les citoyens Ukrainiens doivent comprendre que, indépendamment de la manière dont la Russie se conduit envers l’Ukraine, nous ne pouvons pas nous tromper nous- mêmes sur l’union Européenne et sur les États-Unis, ils ne s"intéressent pas au bien-être des Ukrainiens. Ils sont guidés seulement par les propres intérêts égoïstes. Et les Ukrainiens s’en rendront très bientôt compte" a conclu Tsarkov

 
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Publié par le mars 29, 2014 dans politique

 

Le ghetto ou l’anéantissement de la politique par Thierry Oblet

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par Thierry Oblet , le 9 décembre 2008

Le ghetto ou l’anéantissement de la politique (PDF – 195.8 ko)
par Thierry Oblet

Recensé : Didier Lapeyronnie, Ghetto urbain, Ségrégation, violence, pauvreté en France aujourd’hui, Robert Laffont, Paris, 2008. 624 p., 23€.

L’ouvrage de Didier Lapeyronnie offre un double intérêt, empirique et théorique. Il nous propose les résultats d’une enquête approfondie menée sur cinq ans dans un quartier relégué d’une ville de province. La méthodologie utilisée relève de la sociologie de l’action. Ce travail est en partie une œuvre collective qui mobilise la réflexion des habitants. L’analyse des observations recueillies (scènes de vie locale, récits de vie, entretiens collectifs ou individuels) occasionne de nombreuses références à la littérature française et surtout à la sociologie empirique américaine. En plus d’affermir la généralisation de son propos, l’auteur opère ainsi une utile recension des travaux consacrés à la pauvreté et aux modes de vie dans les quartiers ségrégués.

Pourquoi il est possible de parler de ghetto

Pris dans chacun de ses multiples aspects, le travail de Didier Lapeyronnie s’inscrit dans le sillage de nombreuses études sur la vie dans ces quartiers. Son originalité tient à sa capacité d’articuler dans une théorisation du ghetto des analyses éclairant des réalités souvent partielles de ces territoires. Ce travail devrait susciter de nombreux débats. Celui de l’existence ou non de ghettos urbains en France apparaît davantage comme l’illustration des effets de l’arbitraire du signe que comme la traduction de désaccords quant à l’appréciation de la situation et du fonctionnement de ces quartiers. En référence aux États-Unis, la caractérisation de nos banlieues françaises en termes de ghetto est généralement contestée aux motifs que celles-ci ne seraient ni véritablement en dehors de la société, ni homogènes d’un point de vue ethnique, ni livrées à la seule régulation communautaire, ni abandonnées par les services publics, comme le démentent les efforts de la « Politique de la Ville ». Les observations de Didier Lapeyronnie ne contredisent en rien ces objections, mais l’analyse qu’il en fait accrédite l’existence d’un effet ghetto dans ces quartiers, même si l’auteur ne prétend pas dégager de son travail une conceptualisation du ghetto universellement applicable.

couvertureOui, certains habitants et professionnels de ces territoires s’offusqueront de l’emploi de cette terminologie. Pourtant l’auteur ne néglige pas le fait que cette dénomination ait d’abord été imposée de l’extérieur aux gens du ghetto et qu’elle pèse sur eux comme un stigmate. Toutefois, la ghettoïsation fabriquée du dehors croise aujourd’hui une ghettoïsation activée du dedans qui intensifie la fermeture de ces quartiers sur eux-mêmes. La vie dans ces quartiers peut se comprendre comme une combinaison de réactions individuelles (logique de démarcation vis-à-vis de voisins qui incarnent la mauvaise réputation du quartier) et collectives (logique sectaire imposant une forte pression à la conformité aux normes du groupe) pour faire face à ce stigmate. La lecture de ce livre suggère que la meilleure manière de neutraliser l’instrumentalisation politique et l’exploitation médiatique du ghetto consiste à en comprendre la logique de développement et ses formes d’expression.

Non, ces ghettos ne sont pas en dehors de notre société même s’ils campent sur ses marges. « Ni dedans, ni dehors » [1], ils sont imprégnés par celle-ci. La culture de la consommation de masse y attise les frustrations et la culture du travail, héritage de la société industrielle, opère dans le ghetto un clivage rugueux entre ceux qui vivent principalement de leur emploi et les assistés. Les services de l’État y dispensent encore des ressources, mais d’une manière qui suscite autant de rancœurs qu’elle ne permet de vivre.

Un monde hétérogène et moral

Le ghetto ne désigne pas non plus un monde homogène. Il y existe une hiérarchie sociale qui s’exprime au travers de la mobilisation de catégories plus morales que sociales. Dans le quartier étudié, on trouve en haut de l’échelle des individus « stables » pour lesquels la perception d’un salaire, même bas, autorise un peu d’autonomie et la possibilité de ne pas dépendre des aides sociales. Ils correspondent à un quart des habitants. Au milieu, les « précaires » ; ces travailleurs pauvres ou au chômage pour qui l’assistance est nécessaire représentent la moitié de la population du quartier. En bas, un dernier quart complètement dépendant des aides, partagé entre « cas socs » et « torchés », personnages brisés par des histoires de vie tragiques, mais aussi accusés par leurs voisins de se laisser sombrer. Dans le ghetto, la population est en effet plus prompte à imputer à l’action individuelle qu’au contexte social les raisons du sort de chacun. Davantage que sur une hiérarchie sociale fondée sur des critères de plus ou moins grande pauvreté, le ghetto est structuré par des échelles de décence et de dignité. « D’une manière générale, les groupes sociaux placés au bas de l’échelle sociale cherchent dans les standards moraux une alternative aux définitions économiques de la réussite sociale et de la valeur personnelle. » (p. 79)

Au sein du ghetto, ces critères de dignité varient selon les mondes sociaux auxquels les habitants du ghetto se réfèrent. Ce dernier juxtapose et articule différents univers autour de questions qui pour les plus névralgiques tournent autour de la race et du sexe. L’ouvrage évoque ainsi le monde des ouvriers meurtris par la disparition de l’expérience collective du travail. Celui des familles immigrées soucieuses d’assurer la transmission de valeurs (néo)communautaires et de préserver leur réputation. Celui des jeunes de la rue empreint de valeurs guerrières. Celui du trafic avec ses exigences de discrétion et de complicité tacite. Celui des hommes obsédés par leur rôle présent ou futur de « père » ; leur exaltation d’une virilité puritaine dont découle un machisme aigu et un strict contrôle des femmes apparaît comme une manière d’atténuer la domination raciale qu’ils subissent, mais ne laisse d’autres possibilités aux femmes que d’être « mères » ou « putes », « arabes » ou « francisées ». Celui des femmes, forcées de ruser avec ce contrôle pour éviter la rumeur et la perte de leur réputation, fières d’être mères et amères de ne pouvoir être femmes. Celui des « cas socs » qui « vivent à la fois hors du monde social et sous son emprise normative la plus lourde. » (p. 217).

Dans ces pages très riches sur l’expérience de l’immigration et le poids de la dette des enfants à l’égard de leurs parents, sur le refus des filles de se laisser enfermer dans des catégories sociales, raciales, ethniques ou religieuses, ni de cautionner un féminisme aux relents coloniaux, on saisit pourquoi le ghetto n’est pas assimilable à une dérive communautaire. Il n’est pas structuré autour d’une unité culturelle ou religieuse, il ne concrétise pas une tendance spontanée à se replier sur sa communauté. Même si la vie dans le ghetto n’est pas exempte de moments de bonheur et de manifestations d’attachement à son quartier, les gens y résident dans un entre soi plus contraint que véritablement choisi. Outre une précarité financière, l’arrivée dans le ghetto sanctionne souvent un échec social (le chômage qui conduit à vendre sa maison) ou un drame personnel (un divorce). D’autres sont toujours là pour avoir échoué à en partir (un plan d’accession à la propriété interrompu). Aussi la vie du ghetto est-elle davantage scandée par des tensions racistes entre « communautés » blanches ou immigrées. « Il en résulte une hiérarchie des mépris combinant la couleur de la peau, l’appartenance “ ethnique ”, le statut social et l’ancienneté dans le quartier. Au sommet de cette hiérarchie figurent les Maghrébins et les Blancs “ouvriers”, même si des tensions fortes existent entre ces deux catégories. Au bas de la hiérarchie se placent les “cas socs” blancs et les Mahorais. Entre ces deux ensembles, les Noirs constituent une catégorie intermédiaire. » (p. 416).

De la galère au ghetto

Une source de malentendus peut tenir au fait que, dans cet ouvrage, le ghetto désigne davantage des logiques d’action sociale qu’un territoire caractérisable par des critères sociodémographiques (concentration de pauvres, de jeunes, d’immigrés, de familles monoparentales). Il y a vingt ans, François Dubet avait analysé l’expérience des jeunes adultes de ces quartiers dans un ouvrage aujourd’hui de référence auquel avait collaboré Didier Lapeyronie : La galère [2]. Ghetto urbain lui accorde sa première note de bas de page. Comparé aux dimensions de l’expérience de la galère (désorganisation, exclusion, rage), le ghetto se caractérise par un durcissement de l’exclusion, une réorganisation roide de la vie sociale locale et une rage plus installée dans le désespoir et la dérision.

La dégradation de la confiance des habitants du ghetto envers les institutions républicaines est le symptôme le plus saillant du renforcement de ce sentiment de mise à l’écart. L’État n’est pas absent de ces quartiers, mais ses institutions semblent y enfermer plus qu’en émanciper ses habitants. Elles offrent moins à ces populations la possibilité de s’intégrer dans la société qu’elles n’étendent sur elles un contrôle sans contrepartie. L’humiliation causée par les perpétuels contrôles d’identité conforte la population dans l’idée que la police agresse davantage les modes de vie du ghetto, (« On en veut à nos casquettes »), qu’elle n’engage une lutte véritable contre la délinquance et l’insécurité quotidienne. Quant à l’école, elle entérine les inégalités existantes et la mise à l’écart des enfants du ghetto. L’investissement dans le travail scolaire ne promet plus ni la réussite sociale, ni la reconnaissance du mérite individuel. Les diplômes eux-mêmes apparaissent comme de la fausse monnaie à ces quelques lauréats que le succès scolaire ne protège pas d’une discrimination raciale à l’embauche. Celle-ci constitue l’une des plus infranchissables barrières du ghetto. Pour sa population, l’échec scolaire signifie dès lors moins la défaillance de l’école qu’il n’accomplit sa fonction cachée : humilier les jeunes des quartiers, les enfermer dans leur indignité, attester de leur inutilité sociale alors qu’une utilité potentielle ne leur a jamais été a priori reconnue. L’offre institutionnelle est perçue par les jeunes de ces banlieues comme un piège conçu pour leur faire accepter leur condition d’exclu. Dans ce contexte, les travailleurs sociaux se retrouvent dans l’inconfortable et éprouvante position d’administrateurs coloniaux.

La description des impasses de la République irritera sans doute nombre de professionnels qui travaillent sur ces quartiers. Elle appelle en contrepoint des approches plus compréhensives de leurs interventions. Didier Lapeyronnie ne conteste d’ailleurs pas le caractère outrancier des témoignages recueillis. Son livre ne gomme pas la complexité du rapport des habitants du ghetto aux institutions. Leur colère n’a pas effacé les attentes à leur endroit. Mais l’enjeu de son analyse est d’éclairer les bonnes raisons qu’ont les habitants de manifester cette mauvaise foi. On comprend ainsi pourquoi il peut sembler plus rationnel à un jeune du ghetto d’échouer plutôt que de réussir à l’école, quand le succès ne le porte nulle part, qu’il lui fait perdre sa place dans le ghetto sans lui assurer une intégration au sein de la société.

Le ghetto désigne alors la constitution d’un contre-monde qui se présente comme une manière de résister au racisme, à la pauvreté et à l’isolement. Contre-monde car, plus qu’un univers désorganisé, le ghetto signifie un durcissement du contrôle social du quartier sur lui-même. Les gens du ghetto semblent interdits d’accès à cette sociabilité propre aux grandes villes où l’anonymat autorise les individus à poursuivre leurs ambitions secrètes et où l’usage des codes d’urbanité (la réserve) leur permet de croiser en toute sérénité des gens qui leur sont étrangers. Telle est la principale différence entre le ghetto et la ville où les jeunes du ghetto tentent d’abriter leurs premières amours. Les habitants du ghetto étouffent dans une société d’interconnaissance où les individus que l’on ne connaît pas sont perçus comme une menace et par conséquent se retrouvent eux-mêmes en danger. Dans ce cadre, les assignations à l’ethnie, la famille, la religion, la bande ou le territoire deviennent impératives pour l’identification des individus qui ne sont pas personnellement connus. À défaut d’une connaissance interpersonnelle, l’assignation à un groupe notoire permet la régulation des relations. Ainsi les jeunes des quartiers ne refusent-ils plus d’être identifiés à une race ou à une religion. L’ethnicisation des rapports sociaux semblent aller de soi. Ghetto Urbain souligne l’écart entre la promotion médiatique de « Rachida, Fadela et Rama » et la défiance des jeunes des quartiers envers la République. Cette situation a pour contrepartie la brutalité avec laquelle les individus peuvent à l’occasion être rappelés à l’ordre de ces identités qui leur permettent d’exister. Le ressort du ghetto relève d’une quête de respect et de dignité que la société ne reconnaît plus a priori à ses habitants ; sa cohésion repose sur des rapports de force et d’argent, sur des jeux « d’embrouilles » qui rassemblent de manière ponctuelle autour d’un ennemi commun, et sur des figures charismatiques qui aident à tenir tout cela. Mais il faut s’échapper de ce contre-monde, ce qui peut être affectivement très coûteux, pour intégrer la société.

Déclin de l’institution, durcissement de l’organisation

La galère livrait comme premier enseignement de ne plus chercher un principe central d’explication des conduites des jeunes des banlieues, même si la rage venait parfois tout emporter. Vandalisme, débrouillardises et demandes de protection auprès des institutions s’y combinaient. Vingt ans après, les conduites des habitants du ghetto sont encore plus déchirées : on y vit simultanément des revenus de son travail, des bénéfices du trafic et des aides sociales. Le ghetto urbain se caractérise par cette ambivalence qu’illustre l’existence de deux récits du ghetto : l’un chaleureux, l’autre sombre ; le ghetto comme lieu de solidarité ou le ghetto comme jungle. La réalité n’est pas entre les deux mais dans l’instabilité des discours des habitants du ghetto qui, selon leurs interlocuteurs, mobilisent l’un ou l’autre de ces récits. L’important est de dire les choses en fonction des moments plutôt que de les penser véritablement. Les discours positifs recueillis sur le ghetto doivent ainsi être compris bien au-delà de cette vieille antienne de la sociologie qui interprète les attitudes positives des pauvres comme une manière de faire de nécessité vertu. Ces discours ne forment qu’un pôle parmi d’autres dans l’orientation de conduites dont l’instabilité constitue la propriété fondamentale. À ce titre, considérer le ghetto comme un ailleurs doté d’une culture singulière masque cette ambivalence décisive des conduites et attitudes des gens des cités qui les protège des agressions de la société mais menace leur subjectivation. « Les habitants du ghetto disent alors des choses qu’ils pensent et ne pensent pas en même temps, ne disent pas ce qu’ils pensent ou pensent ce qu’ils ne disent pas. » (p. 22).

Assurément, on peut penser que ces conduites ne sont pas spécifiques aux habitants du ghetto. Ceux-ci ne sont pas les seuls à ne pas dire ce qu’ils pensent ou à ajuster leurs propos en fonction de leurs interlocuteurs et des contextes. C’est, nous semble-t-il, l’un des points saillants du livre : le constat qu’au sein du ghetto s’observent des phénomènes repérables dans l’ensemble de la société mais qui dans le ghetto se manifestent de façon paroxystique. Le ghetto est moins un autre monde qu’un lieu où s’éprouve plus radicalement qu’ailleurs la contradiction des sociétés post-modernes entre l’injonction à se comporter de manière autonome et l’impression d’être de plus en plus manipulé. On y ressent de façon très névralgique les effets délétères pour le sujet du déclin de l’institution et du durcissement de l’organisation qui caractérisent l’évolution de notre société. En sociologie, dans une perspective analytique, le registre institutionnel renvoie aux normes et aux valeurs de la vie sociale, plus généralement aux moeurs. Les normes sont des croyances qui guident d’autant plus les conduites des individus qu’ils ont intériorisé l’idée qu’en s’y conformant ils agissaient pour leur bien et celui de la société. Le registre organisationnel relève du jeu avec les règles. Celles-ci ne sont pas intériorisées, elles sont connues et l’on peut décider sciemment de les respecter ou de les enfreindre en fonction de calculs divers. Longtemps cette emprise progressive du calcul sur la croyance fut assimilée à un mouvement d’émancipation de l’humanité, au triomphe de la modernité. Nous découvrons aujourd’hui qu’il existe également des formes d’organisations obscures et délirantes.

Les institutions ne sont pas absentes du ghetto. La famille traditionnelle, la rue et l’école diffusent leurs valeurs morales et leurs codes d’honneur auprès d’habitants qui les prennent certes en compte, mais sans trop y croire. Le ghetto est « une fausse société » (p. 271). L’organisation morale n’est pas une culture. Comme les emplois, les logements et les loisirs, les rôles sociaux, exhumés de traditions dépassées, y sonnent faux, car dépouillés de cette part de promesse qu’il convient aux institutions d’assurer. Les gens du ghetto ont peu d’espoir de s’enrichir de la société, leur seul horizon est de ruser avec le pouvoir qu’elle exerce sur eux. Comme de mauvais acteurs qui ne sentent pas leurs rôles, les habitants du ghetto les surjouent. En résulte une théâtralisation des rapports sociaux, magnifiquement décrite dans le livre, dans une pièce où « chacun s’accorde aux illusions des autres en échange de la validation des siennes. » (p. 296). L’emprise de l’organisation du ghetto crée des rôles intégristes que les individus n’habitent pas. Ces rôles n’assurent plus de cohérence entre ce que les individus font et ce qu’ils sont, mais s’en éloigner expose à passer pour un traître. « Le ghetto empêche de vivre » est un leitmotiv de l’ouvrage, et l’on comprend à sa lecture pourquoi la violence du ghetto ne doit pas être interprétée comme le simple produit d’une culture de la violence. Elle est plutôt ce que libère le délitement des institutions, et peut-être la principale d’entre elles : le langage. Dans la défiance généralisée à l’égard des institutions, lui aussi est considéré par les habitants du ghetto comme un piège. « L’important d’ailleurs n’est pas de croire les paroles, c’est de les prononcer. L’individu n’est jamais présent à ses paroles. Il ne se sent donc pas responsable ou, surtout, engagé par ce qu’il dit. » (p. 452).

Si la politique consiste dans l’art de résoudre par des mots ce qui autrement se réglerait par les armes, on comprend pourquoi cet univers où les mots ne sont pas habités et où les armes circulent en nombre fait figure de vide politique. Didier Lapeyronnie analyse fort judicieusement la force de l’antisémitisme dans le ghetto comme une rationalisation de l’impuissance politique de ses habitants. Est-ce en référence à ce vide abyssal, néanmoins rempli par un ordre plus ou moins formellement négocié entre imams, dealers et représentants des institutions, que l’auteur s’abstient de toutes recommandations politiques ? Là serait peut-être notre seule réserve à l’égard de l’ouvrage. L’impression implacable (trop ?) d’étouffement que dégage la lecture de ce livre semble ressortir d’un dessein plus esthétique que politique. En le refermant, on se dit pourtant que ceux qui, il y a vingt ans, parlaient d’une nouvelle question sociale davantage fondée sur des problèmes d’exclusion que d’exploitation n’avaient pas tort d’inviter à ce qu’on en tire les conséquences en matière de politiques sociales et urbaines. En l’occurrence, que celles-ci ne pouvaient plus être conçues autrement que portées par du développement politique. Dans cet univers organisé du ghetto, où le pouvoir est une capacité que l’on construit plutôt qu’on ne vous donne, la seule manière de lutter contre la logique du ghetto n’est-elle pas d’encourager l’implication de ses habitants dans la formation de pouvoirs collectifs à même de produire leurs normes ? Comment faire alors pour éviter que de véritables projets d’empowerment ne s’enlisent dans l’ordre informel du ghetto ou le complexe tutélaire des institutions de la République ? La question n’est pas de savoir s’il existe des ghettos en France, mais si la société française n’est pas dans son ensemble en proie à cette logique de ghetto. Celui-ci doit bien sûr se comprendre comme un modèle, un idéal-type, mais l’on sait, en sociologie, qu’il est parfois nécessaire de créer des figures irréelles pour appréhender la réalité. Le vide politique du ghetto paraît néanmoins refléter celui de la société française.

par Thierry Oblet , le 9 décembre 2008

 
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Publié par le janvier 7, 2014 dans politique, société

 

‘Le faux’ interprète à la commémoration de Mandela a dit le fond de l’histoire par Slavoj Zizek

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Il a prétendu qu’ ‘ une attaque de schizophrénie ‘ avait rendu ses propos inintelligibles, mais sa performance selon le philosophe traduit une vérité sous-jacente

The Guardian, lundi 16 Decembre 2013 , traduction de danielle Bleitrach pour Histoireetsociete

Nos vies quotidiennes sont avant tout un mélange de terne routine et de surprises désagréables – cependant, de temps en temps, quelque chose d’inattendu arrive qui redonne de la valeur à la vie. Quelque chose de cet ordre est arrivé à la cérémonie commémorative pour Nelson Mandela la semaine dernière.

Des dizaines de milliers de personnes écoutaient des leaders mondiaux en train de faire des discours . Et ensuite … c’est arrivé (ou, plutôt cela s’est passé pendant quelques temps avant que nous ne l’ayons remarqué). A côté des dignitaires mondiaux y compris Barack Obama il y avait un homme noir, rond, et dans un costume de cérémonie, un interprète pour les sourds, la traduction de la cérémonie dans le langage des signes. Ceux qui étaient versés dans ce langage des signes ont progressivement pris conscience que quelque chose d’étrange avait lieu : l’homme était un imposteur; il composait ses propres signes; il agitait ses mains, mais cela n’ avait aucune signification.

Un jour après, l’enquête officielle a expliqué que l’homme, Thamsanqa Jantjie, 34, était un interprète qualifié embauché par le Congrès national africain (ANC) parmi les Interprètes sud-africains agréés. Dans une interview au journal de Johannesburg Star, Jantjie attribue son comportement à une attaque soudaine de schizophrénie, pour laquelle il reçoit un traitement : il avait entendu des voix et avait des hallucinations. "je ne pouvais rien faire. J’étais seul dans une situation très dangereuse," a-t-il dit. "J’ai essayé de me contrôler et de ne pas montrer au monde ce qui se passait. Je suis vraiment désolé. C’est la situation à laquelle j’ai été confronté." Jantjie néanmoins a, d’un air de défi, insisté sur le fait que sa performance était une bonne chose : "absolument! Absolument. Avec ce que j’ai fait, je pense que j’ai été un champion de langage des signes."

Le jour suivant a surgi une autre révélation surprenante : les médias ont rapporté que Jantjie a été arrêté au moins cinq fois depuis le milieu des années 1990, mais il a aurait évité l’emprisonnement parce qu’il était mentalement inapte à être traduit devant un tribunal. Il a été accusé de viol, de vol, de cambriolage et de dégât causé par malveillance à la propriété d’autrui; son entorse la plus récente à la loi est intervenue en 2003 où il a été accusé de meurtre, de tentative de meurtre et Kidnapping.

Les réactions à cet épisode bizarre ont été un mélange d’amusement (qui a été progressivement occulté parce considéré comme indigne) et de scandale. Il y avait, bien sûr, des questions de sécurité: Comment était-il possible, avec toutes les mesures de contrôle, pour quelqu’un de cet accabit d’être tout près aux leaders mondiaux ? Ce qui se dissimilait derrière ces préoccupations était le sentiment que l’apparition de Thamsanqa Jantjie était une sorte de miracle – comme s’il avait surgi de nulle part, ou d’une autre dimension de réalité. Ce sentiment s’est encore-semble-t-il,accentué avec les assurances répétées d’organisations de sourds que ses signes n’avaient aucune signification, ils ne correspondaient à aucun langage des signes existant, comme pour faire taire le soupçon que, peut-être, il y avait un certain message caché livré par ses gestes – qui se signalait aux étrangers dans une langue inconnue ? Jantjie dans son apparence paraissait nous inviter à aller dans le sens de cette interprétation : il n’y avait aucune vivacité dans ses gestes, aucune trace d’implication dans une farce – il était comme un calme robot.

La performance de Jantjie n’était pas vide de sens – précisément parce qu’il ne délivrait aucun message particulier(les gestes étaient vides de sens), il a directement rendu la signification telle – un prétexte de signification. Ceux d’entre nous qui entendent bien et ne comprennent pas de langage des signes ont supposé que ses gestes avaient une signification, bien que nous n’ayons pas pu les comprendre. Et ceci nous amène au coeur de la question : qu’est-ce que les traducteurs de langage des signes pour les sourds disent réellement à ceux qui ne peuvent pas entendre le mot parlé ? Ne sont ils pas destinés en, priorité à nous – il nous fait nous (qui peuvent entendre) nous sentir bien, parce que l’interprète nous donne la bonne conscience de notre bonne action, puisque nous nous occupons des défavorisés et des handicapés.

C’était comme un grand barnum d’oeuvre de bienfaisance qui n’est pas réellement pour les enfants souffrant du cancer ou les vivtimes des inondations, mais la fabrication de nous, le public, conscients que nous faisons quelque chose de grandiose en témoignant de notre solidarité.

Maintenant nous comprenons pourquoi les gesticulations de Jantjie ont produit un effet ausi étrange une fois qu’il est devenu clair qu’ils étaient vides de sens : ce à quoi il nous a confrontés était la vérité de traductions de langage des signes pour les sourds – cela ne compte pas réellement qu’il y ait des personnes sourdes parmi le public et qu’elles aient besoin de la traduction; le traducteur est là, pour nous qui ne comprenons pas de langage des signes, pour nous dire: sentez-vous bien.

Et ceci n’était-il pas aussi la vérité de toute la cérémonie commémorative Mandela ? Toutes les larmes de crocodile des dignitaires étaient un exercice d’autosatisfaction et Jangtjie les a traduits dans ce qu’ils étaient effectivement : absurdités. Ce que les leaders mondiaux célébraient était l’ajournement réussi temporairement de la vraie crise qui éclatera quand les pauvres, des Sud-Africains noirs deviendront des protagonistes politiques collectivement d’une manière réelle . Ils étaient les Absents à qui Jantjie parlait et son message était : les dignitaires ne se soucient pas vraiment de vous. Par sa fausse traduction , Jantjie a rendu palpable le caractère faux de la cérémonie entière

• This article was amended on 16 December 2013 to comply with our editorial guidelines

 

Que se passe-t-il en Turquie? Une analyse du parti communiste turc

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Nul n’a pu échapper aux événements de ces dernières semaines :

le scandale de corruption éclaboussant au-delà du gouvernement le système AKP avec le rôle de l’obscure confrérie de Fethullah Gülen, la renaissance des manifestations par dizaines de milliers dans les rues d’Istanbul et d’ailleurs, l’exigence qui monte de démission du gouvernement, le discours qui perce de la gauche et des forces communistes.

Pour comprendre ce qui se passe en Turquie, au-delà du chaos délibérément répercuté dans nos médias, voici l’analyse que propose le Parti communiste turc (TKP) de la crise politique actuelle en Turquie.

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Fin de route pour le gouvernement AKP

Que se passe-t-il en Turquie ? Comment doit-on aborder la crise politique actuelle et quelles sont les raisons derrière celle-ci ? Est-ce que le principal parti d’opposition, CHP (kémaliste), représente une alternative au gouvernement ? Comment ouvrir la voie à une république populaire ?

Il y a onze ans, en dépit de certaines hésitations, les États-Unis ont considéré l’AKP comme une option « qui valait la peine d’être testée » pour diriger la Turquie.

Le parti islamique néo-libéral fut ravi de servir les intérêts américains au Moyen-orient. L’AKP a soumis un plan aux décideurs américains qui envisageaient à l’époque la défense d’une variante de l’Islam sunnite dans la région.

Cette variante de l’Islam politique serait compatible avec les intérêts du capital mondial et de ses centres impérialistes. L’AKP était assez ambitieuse ; elle n’était pas satisfaite par la diplomatie passive de la politique étrangère turque classique.

Ayant finalement convaincu l’administration américaine de son allégeance aux intérêts impérialistes, l’AKP a acquis une position d’allié de premier rang des États-Unis, « partenaire stratégique » au Moyen-orient.

En Europe aussi, les gouvernements de droite comme de « gauche » au sein de l’UE furent enthousiasmés par ce nouveau parti proposant un islamisme pro-occidental et pro-capitaliste.

En dépit de certaines préoccupations historiques et communautaires, l’Iran a perçu le gouvernement islamiste comme une opportunité importante.

La Russie est partie du principe qu’il serait possible d’aligner ses intérêts avec ceux du gouvernement Erdogan, pour ce qui était des relations économiques et énergétiques, ce gouvernement qui se vantait de son fond « commerçant ».

Israel était déjà bien au courant du pragmatisme de la tradition Milli Görüş (Voie nationale), le mouvement dont est issu l’AKP. Ils ne considéraient pas l’ « identité islamique » comme un problème, tant que les relations économiques et militaires roulaient.

La bourgeoisie turque a découvert l’esprit patronal de l’AKP et a réalisé que cette nouvelle équipe était un candidat de qualité pour créer un rosier sans épines pour le capital, et pour utiliser son fond religieux pour amortir les réactions sociales potentielles aux offensives néo-libérales qui s’annonçaient contre la classe ouvrière.

Ce n’est pas seulement la secte de Fethullah Gülen mais aussi d’autres sectes religieuses qui ont soutenu l’AKP, dans leurs propres intérêts (économiques).

Le mouvement kurde attendait du gouvernement AKP, qui n’est pas dans la lignée des politiques de l’ « État nationaliste traditionnel », pouvait être l’occasion de résoudre le problème kurde.

Qu’est-ce qui a mal tourné ?

L’AKP a récemment perdu du crédit vis-à-vis de l’impérialisme américain, en termes de crédibilité et de fiabilité en tant que gouvernement durable.

Un compte-rendu des raisons derrière le déclin de l’AKP devrait insister sur le rôle de deux échecs : le premier, l’effondrement total de la politique étrangère turque en Syrie et la friction sur le soutien ou non aux éléments de l’opposition syrienne directement liée à Al Qaeda.

Second échec, l’impuissance du gouvernement à contrôler les incidents qui ont mené au soulèvement populaire en juin contre sa politique toujours plus oppressive, en Turquie.

Il est important aussi de noter que les alliés d’Erdogan ont aussi perdu du terrain au Moyen-orient, pendant la même période. Un mouvement populaire, suivi par un coup militaire, a renversé les Frères musulmans en Égypte. Le gouvernement Ennahda en Tunisie a aussi perdu du terrain.

En termes de dynamiques politiques internes, l’AKP était soutenu par une coalition de forces qui comprenaient le capital turc traditionnel et des organisations religieuses.

Les principaux éléments du gouvernement AKP actuel qui gère la Turquie depuis onze ans sont l’entourage d’Erdogan et la communauté Gülen (aussi connue sous le nom de Mouvement Hizmet), dont le leader a vécu aux États-Unis pendant plus d’une décennie.

En alliance avec la communauté Gülen, l’AKP a irrévocablement réussi à placer l’armée et la justice sous son contrôle remplaçant par conséquent la République kémaliste par un nouveau régime islamiste.

Tout au long de cette transformation, et en collaboration avec la communauté Gülen, l’AKP a établi son propre pouvoir après avoir fait main basse sur les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Les membres de la communauté Gülen, toutefois, tiraient les ficelles de ce dernier, ainsi que des forces de police.

La crise actuelle peut être analysée comme une fracture au sein du bloc dirigeant en Turquie. La coalition de forces, comprenant le capital international et l’impérialisme américain, qui ont soutenu le gouvernement AKP jusqu’à récemment, se demandent désormais si ils doivent continuer à laisser Erdogan au pouvoir.

Cette dernière « opération de corruption » qui a été déclenchée doit être analysée dans ce contexte. Par ses cadres dans la justice et la police, c’est la communauté Gülen, sous directives américaines, qui a poussé le bouton de l’opération.

L’objectif de cette opération est d’affaiblir directement l’AKP et de brider l’ego d’Erdogan, qui a fréquemment proposé des politiques allant en contradiction avec les intérêts impérialistes dans la région.

Bien que le déclin du gouvernement soit entamé, il faut s’attendre à ce que l’opération dure un moment avant que ne soit porté le coup final.

Les centres impérialistes, le capital national et international ont besoin de temps pour trouver de nouvelles alternatives, de nouvelles configurations de pouvoir pour remplacer le gouvernement AKP.

Cette nouvelle configuration pourrait comprendre le parti social-démocrate d’opposition CHP, la communauté Gülen et certains cadres de l’AKP.

Des signes forts existent, indiquant que le parti laïque dit de « gauche » CHP, sous la direction de Kemal Kılıçdaroğlu est prêt à coopérer avec les Etats-unis et la communauté Gülen.

Kılıçdaroğlu a évité de faire tout commentaire négatif sur le rôle des Etats-unis et de la communauté Gülen ont joué dans le scandale de la corruption. On sait bien que Kılıçdaroğlu a conduit des négociations avec les associations liées à la communauté Gülen.

On peut le voir au choix des candidats aux municipales du CHP. Le candidat à Istanbul est connu pour avoir des liens étroits avec la communauté Gülen et le candidat à Antakya est l’ancien maire AKP, que l’AKP a choisi de ne pas introniser.

La fin de l’AKP est proche

Les gens avaient cette conviction pessimiste que « ce gouvernement ne s’en irait jamais ».

En juin, un mouvement populaire est né et il a réussi à mobiliser même les plus pessimistes et nous avons tous pu voir comment l’équilibre politique du pays a radicalement changé, en quelques jours.

Le principal mot d’ordre dont s’est emparé le peuple en Juin était « Gouvernement, démission ! Dictateur, démission ! ». Le principal mot d’ordre dans les rues aujourd’hui est encore le même « Dictateur, démission ! ».

La défaite du dictateur, cependant, ne doit pas être laissée aux Gülenistes ou aux Etats-unis. Le peuple doit faire son travail. Il est de la responsabilité du TKP (Parti communiste turc) d’organiser la résistance populaire de Juin dans un mouvement politique qui finira le travail commencé par la résistance.

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Publié par le janvier 5, 2014 dans Asie, politique

 
 
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