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Archives de Catégorie: politique

imposteurs Entretien avec Roland Gori, psychanalyste et auteur de La Fabrique des imposteurs

« L’affichage des patrimoines des politiques risque de participer à notre société du spectacle. » puisque aujourd’hui la grande nouvelle de la société du spectacle est le retour de Cazuhac sur le marché… des impostures….

roland-gori-reduite[1]

Roland Gori est psychanalyste et professeur de psychologie et de psychopathologie cliniques. Il est également l’auteur de La Fabrique des imposteurs (éditions Les liens qui libèrent, 320 pages, 21,50 €).

Décideurs. Jérôme Cahuzac représente-t-il un imposteur, selon l’acception que vous en faîtes dans votre ouvrage ? Est-il d’ailleurs davantage imposteur ou menteur ?   Roland Gori. Jérôme Cahuzac, de son propre aveu, a menti. Il a menti en affirmant au Président de la République, à ses collègues du gouvernement, à l’Assemblée nationale et devant l’opinion publique qu’il n’avait jamais possédé de compte en Suisse. Ce mensonge relève de l’imposture parce qu’il s’agit d’un ministre du Budget chargé de traquer la fraude fiscale et qu’il la pratique lui-même, cherchant à en imposer par de fausses apparences, à abuser de la confiance d’autrui, prenant la posture du ministre irréprochable injustement calomnié. Dans cette situation il a pratiqué la technique du camouflage, opté pour la stratégie du caméléon et choisi la solution de l’imposture pour se tirer d’un piège dans lequel il s’était lui-même placé.

Décideurs. L’éclosion d’un Jérôme Cahuzac est-elle favorisée par ce que vous appelez un « gouvernement par la norme », favorisant l’apparence et la forme au fond ?   R. G. Mon travail analyse la part de l’environnement dans la fabrique des impostures, des mensonges et des fraudes. L’imposture a de tout temps existé. Elle se nourrit des valeurs et des codes en usage dans une société donnée et à une époque donnée. Aujourd’hui l’imposteur ne prend pas les apparences du Tartuffe de Molière et n’usurpe pas un titre de noblesse, mais emprunte les habits de la religion du marché et du spectacle. Chaque société a les imposteurs qu’elle mérite. La nôtre avec ses exigences normatives incite à la mascarade des chiffres, aux trucages formels pour répondre aux contraintes des procédures et des stratégies absurdes qui font prévaloir la forme sur le fond, la quantité sur la qualité et la conformité sur le goût ou la valeur. L’inflation des normes et des procédures conduit aujourd’hui à un conformisme généralisé qui est le frère siamois de l’imposture. Lorsque la marque d’une revue scientifique, où est publiée une recherche, compte plus pour la carrière du chercheur que le contenu et la qualité de ses travaux, lorsque la tarification du soin compte plus que le soin lui-même, lorsque le nombre de spectateurs ou d’auditeurs prévaut sur la qualité d’une émission, lorsque les expertises de l’industrie de santé sont prises dans des conflits d’intérêts, l’imposture est bien au cœur de l’organisation sociale.

Décideurs. Vous déclarez que « le lien avec le mensonge ou la dissimulation n’a jamais été aussi évident, puisque dans une société qui prône comme valeur la transparence, on procède par le camouflage et la dissimulation ». Cela signifie-t-il que le déballage actuel des patrimoines des politiques n’évitera pas les mensonges et dissimulations d’un – autre – Jérôme Cahuzac ?   R. G. L’affichage des patrimoines des politiques risque de participer à notre société du spectacle, à ses effets d’annonce et à son avidité consumériste, si parallèlement ne sont pas menées des réflexions et des actions sur les notions de valeur, de justice et de démocratie. Installer des radars sur les routes de la moralité publique pour lutter contre la délinquance n’est pas en soi inutile. De même, rétablir un enseignement de morale et d’instruction civique dans les établissements scolaires a au moins le mérite d’une prise de conscience des problèmes moraux aujourd’hui du vivre-ensemble. Mais tout dépend de la manière et de l’importance accordée à ce problème vital pour une démocratie. Se contenter d’un traitement du symptôme sans prendre le mal à la racine et prescrire de nouvelles normes de comportement sans se soucier de l’adhésion pleine et entière aux valeurs et aux responsabilités citoyennes conduiraient à poser un plâtre sur une jambe de bois ! Cela n’empêcherait ni l’opportunisme, ni le cynisme, ni l’hypocrisie. Bien au contraire, ce seraient les plus affairistes, les plus entrepreneurs d’opinion et d’apparence qui réussiraient le mieux les tests d’évaluation… Dire ou pratiquer « comme il faut », sans conviction et engagement, l’imposteur y excelle !

Décideurs. Par son imposture, le cas Cahuzac est-il le produit ou la composante de l’avènement d’une politique devenue société de la marchandise et du spectacle, dénoncée par Guy Debord ?   R. G. L’analyse de Guy Debord de « la société du spectacle et de la marchandise » permet de comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là. Quand Debord nous dit que dans une société « où le monde réel se change en simples images, les images deviennent des êtres réels », alors « le vrai est un moment du faux ». Je pense que la morale purement utilitaire reste prisonnière des résultats à court terme, des scores et des procédures, et qu’à force d’ignorer la valeur de la parole donnée, du récit collectif et de l’expérience partagée, elle tend à fabriquer un citoyen amnésique captif du spectacle de sondages successifs orphelins d’une histoire collective. Et pourtant… jamais peut être autant qu’aujourd’hui on a assisté à un tel désir de politique, une telle impatience à chercher ces valeurs qui permettront que naisse un nouveau monde et qu’enfin meure l’ancien, celui de la vitesse, du score et du scoop.

 
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Publié par le mai 12, 2013 dans medias, politique

 

Nicolas Maduro : "Mes grands parents étaient Juifs. Comme Marx."

Nicolas-Maduro[1]

Correo del Orinoco / Aporrea

Vénézuéla, le 6 Mai 2013 – Le Président de la République, Nicolás Maduro Moros, a débouté les accusations de Claudio Epelman, directeur du Congrès Juif d’Amérique Latine, qui le signalaient comme "antisémite" à cause des relations que le Vénézuéla entretient avec le peuple Iranien.

Epelman a affirmé : "Une présence forte et le resserrement des relations de plusieurs pays d’Amérique Latine avec l’Iran est un facteur qui fait la promotion de l’antisémitisme sur le continent"

Maduro a répondu : "Je déplore vivement les déclarations de Claudio Epelman, directeur du Congrès Juif d’Amérique Latine, que je connais et que nous avons reçu tant de fois au Venezuela, disant qu’il y a de l’antisémitisme au Venezuela et accusant Chavez et moi-même… S’il le veut, qu’il m’accuse moi mais laisse en paix Chavez."

"Nous rejetons cette campagne. nous sommes un peuple humaniste et nous ne sommes pas antisémites", a dit le Chef de l’État au cours d’une journée de Gouvernement par la Rue dans la commune de Baruta, dans "l’État" de Miranda. Il a déclaré en outre que toutes les religions et tous les peuples du monde sont les bienvenus dans le pays. (…) "Nous sommes un peuple au cœur ouvert".

Le noble peuple Juif de tradition socialiste

Le président a fait la part des choses :

(…) "Une chose est que nous soyons différents de l’état d’Israël… Nous, nous nous opposons à l’attaque menée contre Damas et le peuple Syrien par l’état d’Israël et aux attaques menées contre la Bande de Gaza et le peuple Palestinien. On nous verra lutter aux côtés de ceux qui séquestrent dans une état aussi répressif qu’Israël un peuple noble qui est le peuple Juif."

"S’il y a un peuple qui a une tradition socialiste, c’est bien le peuple Juif, qui a des milliers d’années ; Et nous respectons son histoire."

"Mes Grands parents étaient Juifs, aussi bien du côté Maduro que du côté Moros. Ils se sont convertis au catholicisme au Venezuela. La mère d’Ernesto Villegas (Ministre le la communication) est, elle aussi, issue de cette culture.

"L’Holocauste des Juifs a été un fait de l’extrême droite"

"Les antisémites qui se sont exprimé historiquement sont liés à l’Opus Dei, qui dirige la droite vénézuélienne… le catholicisme de droite a toujours soutenu que ce sont les Juifs qui ont tué le Christ. A partir de là, ils ont mis en place la foi dans la persécution des Juifs. Le catholicisme de droite a alimenté Mussolini et Hitler, mais pas Lénine, qui s’est battu pour les droits du peuple juif. Marx était Juif."

"Ici el Libertador (Simon Bolivar) a eu parmi ses troupes des gens qui soutenaient le peuple juif. Parmi ceux-ci était Samuel Maduro, l’un des premiers Maduro à arriver ici en 1812. Et si nous sommes venus à Hugo Chavez, c’est que c’est Hugo Chavez qui a été l’instigateur de l’ère œcuménique au Venezuela."

Il a ajouté : "L’Holocauste des Juifs a été un fait de l’extrême droite et du capital financier international. Comme le dit Luis Britto García, qu’est-ce que le fascisme ? C’est le vieux capital financier, l’aristocratie aux commandes de l’État. Quand l’aristocratie a le pouvoir dans le capitalisme, c’est le fascisme."

"Qui a libéré les camps de concentration tout au long du front en Pologne, en Allemagne ? L’Armée Rouge, commandée par le Général Joukov… Ils ont été libérés camp par camp. Voilà ce qu’ont fait les révolutionnaires de l’union Soviétique ; nous sommes leurs héritiers. Au moins pour la lutte contre le fascisme, nous sommes les héritiers de l’Union Soviétique."

Maduro a aussi expliqué que le terme holocauste signifie extermination et qu’il considère que son utilisation est pertinente en ce qui concerne la colonisation de l’Amérique en 1492, au cours de laquelle il est estimé qu’au moins 100 000 000 Indigènes ("Indiens") moururent, et que plus de 30 000 000 d’Africains moururent, furent séquestré, ou réduits en esclavage. "Comment peut-on qualifier ceux qui ont chassé de leurs terres 30 000 000 d’êtres humains dont la moitié est morte et l’autre moitié a été réduite en esclavage ? Holocauste signifie extermination", a-t-il ajouté.

Rencontres cordiales avec la communauté juive

Les accusations d’antisémitisme contrastent avec l’ouverture et la cordialité manifestées aussi bien par Chavez que par Maduro à l’égard des représentants de la communauté juive. En janvier dernier, Maduro, qui était alors Vice Président, a rencontré à Caracas des membres du Congrès Juif Mondial.

En 2009, Maduro a aussi rencontré le Secrétaire Général du Congrès Juif Mondial, Michel Schneider, et le président du Congrès pour l’Amérique Latine, Jack Tenpins, entre autres représentants des deux institutions. Rencontre qu’ils ont qualifiées de "cordiale et enrichissante".

Ces rencontres cordiales sous le gouvernement du défunt président Chavez, et avec Maduro lui-même, interdisent les accusations d’antisémitisme portées contre le Venezuela.

Des militants et des personnalités politiques qui soutiennent la cause palestinienne et sont critiques vis à vis du gouvernement d’Israël, y compris des Juifs comme Noam Chomsky, Norm Finkelstein, ou la militante des États-Unis Medea Benjamin, fondatrice de Global Exchange et de Code Pink sont fréquemment la cible d’accusation d’ "antisémitisme" ou de "judéophobie" de la part de l’AIPAC ou de l’Anti Defamation League (ADL).

Des événements comme l’attaque d’une synagogue à Caracas en 2009 ont été énergiquement condamnés par les dites associations comme exemple d’un supposé antisémitisme du gouvernement de Chavez qu’il accusaient d’en faire la promotion. les dites condamnations ont eu une importante couverture médiatique mondiale, ce qui contraste avec le silence observé devant l’énergique condamnation de tels crimes par Chavez et la clarification des faits qui a démontré que le gouvernement n’avait aucune relation avec eux, ainsi que devant la protection spéciale offerte par Chavez pour garantir à l’avenir la sécurité de la synagogue.

Source : http://www.aporrea.org/venezuelaexterior/n228355.html

 
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Publié par le mai 9, 2013 dans Amérique, politique

 

Nicolas Maduro : "Obama ne nous respecte pas" Propos recueillis par Marie Delcas et Natalie Nougayrède

"Nos amitiés ? Kadhafi était ami de Sarkozy et de Berlusconi

Nicolas Maduro, président du Venezuela, interviewé par "Le Monde" le 1er mai 2013, à Caracas.

Nicolas Maduro, président du Venezuela, interviewé par "Le Monde" le 1er mai 2013, à Caracas. | Miguel Gutierrez pour "Le Monde"

Vêtu d’un survêtement coloré, Nicolas Maduro nous a reçues dans le hall d’une résidence présidentielle modeste située sur une base militaire, dont il a fait le siège de son pouvoir. Dans un contexte politique tendu, la capitale, Caracas, bruissait de deux manifestations du 1er-Mai : celle de l’opposition et celle des "chavistes", privés de leur leader charismatique qui fut au pouvoir pendant quatorze années dans cet Etat pétrolier.

Echauffourées au Parlement, incidents violents dans la rue provoquant sept morts après l’élection présidentielle : le Venezuela est un pays très polarisé, sous tension. Comment entendez-vous prévenir des dérapages ?

Le pays n’est pas polarisé, il est mobilisé. Le peuple est mobilisé car nous menons une révolution, une révolution contre la dépendance économique, la pauvreté, la misère, les inégalités, une révolution contre le capitalisme qui a saccagé notre patrie par le passé. Nous avons un socialisme démocratique. Lorsque les peuples entrent en lutte comme nous – nous l’avons fait il y a deux cents ans pour notre indépendance, et en ce moment nous luttons pour notre nouvelle indépendance –, il y a toujours des tensions. Nous avons une feuille de route, qui est notre Constitution, nos institutions, et elles fonctionnent. Ce que je peux garantir, c’est qu’il y aura la paix, il y aura la démocratie, et on surmontera n’importe quelle menace. Il est important que l’Europe le sache car il y a, de loin, une perception caricaturale. Les gens pensent qu’au Venezuela il y a une dictature.

Allez-vous nouer un dialogue avec l’opposition ?

J’ai appelé au dialogue général, mais le leadership de l’opposition est exercé par un groupe de droite très extrémiste qui empêche les partis politiques de s’asseoir pour discuter. Car ce groupe a un projet d’assaut sur le pouvoir (…) J’appelle l’Europe à ouvrir les yeux. Au Chili, il y a eu Pinochet. Quand Allende a été attaqué, tout le monde a été surpris par la violence. Ici, une idéologie semblable est en train d’émerger. Si je compare cela à Mussolini, Franco ou Hitler, on dit que j’exagère. Mais ici, en Amérique latine, je sonne l’alarme. Il y a les ingrédients pour un projet extrémiste de droite. Si un jour ces gens parvenaient au pouvoir – ce qui n’arrivera pas –, ils détruiraient la démocratie au Venezuela et imposeraient un projet totalitaire.

L’opposition pèse 49 % des votes. Peut-elle être réduite à des "fascistes" comme vous les qualifiez ?

Pas entièrement, mais ce que l’on appelle la social-démocratie ou la démocratie chrétienne est en train de disparaître au Venezuela, et d’être happée par une droite extrême. Nous avons gagné 17 des 18 élections au cours des quatorze dernières années. Nous venons de faire face à la plus difficile des élections car nous nous sommes trouvés sans le commandant Chavez, qui était l’âme de la révolution bolivarienne. Moi j’étais candidat, je suis parti de zéro, et j’ai gagné. Le chavisme a oscillé entre 50 %-60 %, parfois on a atteint 63 %. C’est un courant historique très fort, très solide. Ce que je peux dire à la France et à l’Europe, c’est que nous empêcherons qu’au Venezuela surgisse un nouveau Pinochet. Nous le ferons par la voie de la démocratie.

Vous vous décrivez comme l’héritier d’Hugo Chavez. Son positionnement sur la scène internationale a été, pendant plus d’une décennie, celui d’une "résistance" à un supposé impérialisme américain, et des alliances avec des régimes répressifs comme celui de Kadhafi, Al-Assad, Loukachenko, Ahmadinejad. Allez-vous introduire la moindre inflexion ?

Vous dites : "un supposé impérialisme". L’impérialisme existe ! Les Etats-Unis ont exercé un impérialisme mondial. Au XIXe siècle, ils avaient déjà envahi la moitié du Mexique. Le XXe siècle a été celui d’une hégémonie totale, un empire économique, militaire et politique des Etats-Unis. Au XXIe siècle, une nouvelle ère a commencé. Il s’agit, d’un côté, d’un monde impérial unipolaire, et, de l’autre, du surgissement d’un monde pluripolaire, multicentrique, en équilibre, qui est en fait le prolongement de la vision de notre libérateur, Simon Bolivar. Nous croyons à ce projet d’un monde en équilibre, sans empire. Le Venezuela a subi cent ans de domination pétrolière, des multinationales américaines qui ont semé la misère, et c’est pour cela que nous avons un projet anti-impérialiste.

Quant à nos amitiés… Kadhafi était ami de Sarkozy et de Berlusconi. Ils faisaient des banquets ensemble. Il finançait leurs campagnes. Comme membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, on a toujours été ami de la Libye. Le président Chavez a été jusqu’au dernier jour un ami loyal de Kadhafi, assassiné de la manière la plus vulgaire. Le bombardement, la destruction de la Libye, l’Europe devrait y réfléchir, car elle a infesté la Libye de terroristes. Qui a le pouvoir militaire en Libye et envoie des milliers d’hommes armés combattre en Syrie ? Al-Qaida

.

Le président syrien bombarde son propre peuple avec des avions et des tanks. Pourquoi ne condamnez-vous pas ces agissements si vous vous réclamez de la démocratie ?

En Syrie, il faut prendre en compte le fait qu’il y a une intervention étrangère qui a créé une guerre civile. Nous avons une bonne coopération, économique, avec le président Bachar Al-Assad. En tout cas, il faut faire la différence : le Venezuela est un pays démocratique. Et en Amérique latine, en général, chacun cherche son modèle économique, après le désastre des années 1990 marquées par le néolibéralisme. D’ailleurs, ce qui se passe en Europe en ce moment rappelle ce qu’a traversé notre région dans les années 1990 : tous les indicateurs sociaux reculaient et cela a mené à une explosion politique, des révolutions. C’est ce qui a expliqué le surgissement d’un Chavez, d’un Lula, d’un Kirchner, d’un Correa. L’Europe devrait prendre garde.

Nicolas Maduro, président du Venezuela, sous un portrait d'Hugo Chavez jouant au base-ball, à Caracas, le 1er mai 2013.
Nicolas Maduro, président du Venezuela, sous un portrait d’Hugo Chavez jouant au base-ball, à Caracas, le 1er mai 2013. | Miguel Gutierrez pour "Le Monde"

Vous parlez d’un monde multipolaire. Qui, au XXIe siècle, doit être l’allié du Venezuela : l’Europe, ou bien la Chine et la Russie ?

Un groupe a émergé, qui s’appelle BRICS. C’est le bloc qui, au niveau mondial, peut générer de grands changements vers l’équilibre. Il représente plus de 3 milliards d’habitants : la Chine, nos frères brésiliens, l’Inde, l’Afrique du Sud… C’est un grand espoir pour le monde, comme l’Europe a pu l’être. Le problème, c’est que l’Europe s’est laissé dominer par les politiques des Etats-Unis. Il faudrait que l’Europe rejoigne les BRICS, pour favoriser une grande alliance mondiale en faveur d’une nouvelle forme de coexistence, et pour que cessent l’interventionnisme et la guerre.

Que faudrait-il pour que la relation se normalise entre votre pays et les Etats-Unis de Barack Obama ?

Du respect. Du respect pour l’Amérique latine. Ils ne nous respectent pas. C’est une vieille histoire. Il y a deux doctrines. La doctrine Monroe, qui disait : "L’Amérique pour les Américains", c’est-à-dire pour les Etats-Unis d’Amérique. Et celle de Simon Bolivar, qui disait : "L’union de l’Amérique autrefois colonie de l’Espagne". Ce sont deux doctrines, l’une impériale, l’autre de libération. Il y a aux Etats-Unis – je le sais – un groupe ultraconservateur et terroriste. Cherchez qui sont Roger Noriega, John Negroponte, Otto Reich… Tous ces hommes-là sont derrière des plans de déstabilisation violente du Venezuela. Parfois le gouvernement américain exerce un certain contrôle sur ces groupes, parfois il les laisse agir. Les Etats-Unis sont gouvernés par un appareil militaro-industriel, médiatique et financier. Obama sourit, mais il bombarde quand même. Il offre juste une image différente de celle de Bush. En ce sens, il sert davantage les intérêts de domination mondiale des Etats-Unis. Nous venons de dépêcher un nouveau chargé d’affaires . Nous sommes disposés à avancer vers une relation qui puisse être positive. On verra.

Le pétrole a été le grand levier de la politique régionale menée par Hugo Chavez, ainsi que de ses programmes sociaux. Mais la production de votre pays stagne. Comptez-vous ouvrirce secteur aux investissements étrangers ? Comment allez-vous diversifier une économie dominée par les hydrocarbures ?

Au Venezuela, dans la ceinture pétrolifère de l’Orénoque, nous avons 27 entreprises multinationales du monde entier, y compris des françaises. Nous invitons tous ceux qui n’ont pas encore investi dans notre pays – ils sont les bienvenus. Nous créons des zones économiques spéciales pour attirer l’investissement et de la technologie. Nous avons étudié l’expérience chinoise, celle de la municipalité de Pudong, à Shanghaï. Par ailleurs, le Venezuela a 33 millions d’hectares de terres agricoles disponibles, et nous n’en utilisons que 3 millions. Nous avons toutes les conditions pour devenir une puissance de l’agroalimentaire. Nous appelons tous ceux qui veulent produire dans des conditions agro-écologiques à venir au Venezuela. Nous pouvons produire pour le Mercosur, pour l’Europe, pour l’Asie.

Vous parlez de liberté. Quand vous allez à Cuba pour discuter avec Raul et Fidel Castro, comme vous l’avez fait encore récemment, parlez-vous des prisonniers politiques, des journalistes qui sont détenus ?

Nous sommes fiers de Cuba, et nous allons continuer de soutenir ce peuple noble et solidaire. Fidel et Chavez, c’était comme un père et un fils, une unité profonde. Fidel Castro représente la dignité du continent sud-américain face aux empires. Il est un mythe vivant de la lutte pour l’indépendance et la libération du continent.

LE MONDE| 02.05.2013 à 09h46• Mis à jour le02.05.2013 à 12h06

 
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Publié par le mai 5, 2013 dans Amérique, politique

 

Affaire Karachi : premiers aveux Frédéric Ploquin

Vendredi 26 Avril 2013  dans Marianne

En cherchant l’argent des ventes d’armes au Pakistan, les enquêteurs sont tombés sur des liasses d’espèces qui pourraient provenir d’autres contrats passés à l’époque où Edouard Balladur était premier ministre. Avec de premiers aveux qui pourraient en amener d’autres. Nouvelles révélations à lire dans Marianne à paraître samedi.


Edouard Balladur å l'Assemblée - MEIGNEUX/FACELLY/SIPA

Edouard Balladur å l’Assemblée – MEIGNEUX/FACELLY/SIPA
Si Edouard Balladur, François Léotard et Renaud Donnedieu de Vabres avaient su…
L’ancien premier ministre, candidat malheureux à l’Elysée, son ancien ministre de la Défense et celui qui fut son bras droit à l’heure des grands contrats d’armement commencent à comprendre ce que leurs ennuis avec la justice doivent à l’erreur de Serge Hauchart, qui, pensant bien faire, avait poussé le Parti républicain, sur lequel compte s’appuyer Balladur pour sa conquête du pouvoir, à ouvrir un compte dans une coopérative financière de droit italien, le Fondo Sociale di Cooperazione Europea.
Un organisme dont le siège était à Milan, mais qui disposait d’un bureau à Paris, d’abord avenue Hoche, puis rue du Faubourg Saint-Honoré, sur lequel les responsables du Parti républicain avaient jeté leur dévolu faute de pouvoir solliciter une banque française, par l’entremise de Jacques Bournazel, ami de Léotard.           Le patron du Fondo, à l’époque s’appelle Ahmed Chaker. Homme d’affaires franco-marocain, il a racheté cet organisme en 1992 sur le conseil de Guy Genesseaux, adjoint au maire de Paris tendance Raymond Barre et pilier de la Grande loge nationale de France. Genesseaux (aujourd’hui décédé) qui promet de jouer de son influence pour transformer la société en banque, le jour venu, mais qui en attendant s’installe à la présidence de l’établissement.
Chaker est mis sur la touche quatre ans plus tard, mais Genesseaux ne perd rien pour attendre, puisqu’il doit céder sa place à Hauchart en mars 1997. Pas pour longtemps, puisque Chaker fomente un putsch, reprend les rennes et installe une nouvelle équipe prête à collaborer avec la brigade financière.
La vengeance couve, alimentée par les services de renseignement de plusieurs pays arabes qui lèvent le voile sur les contrats d’armement avec l’Arabie Saoudite…       Près de 15 ans plus tard, c’est ce fil que tirent les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire, en charge du volet financier lié à  l’attentat de Karachi.            Entendu par un enquêteur de la Division nationale d’investigations financières et fiscales, le 20 septembre dernier, l’ancien fondé de pouvoir du Fondo, Olivier Mevel, se met le premier à table.

 

« Un jour, déclare-t-il, Hauchart prend la parole et nous explique que le PR (parti républicain) cherche un prêt mais qu’ils ont aussi de l’argent à placer.
Il nous explique qu’il a 40 millions de francs en liquide à placer et que cette somme viendrait de l’époque de Raymond Barre.
M. Genesseaux indique à Hauchart qu’il ne croit pas beaucoup à son explication sur l’origine des fonds.
Hauchart poursuit en disant que le PR a des difficultés pour financer le siège du parti et qu’en même temps ils ont 40 millions à placer et ne peuvent le faire avec leur banque, le Crédit du Nord, la direction ne voulant pas prendre cet argent en liquide (…) Finalement, le conseil d’administration du Fondo a décidé d’autoriser le dépôt des 40 millions par le nouvel associé, à savoir le Parti républicain (….)

Hauchart nous informe qu’il va d’abord faire une première opération pour le compte du PR, pour qu’on apprenne « à se connaître » et à « se faire confiance ». En juin 1996, Hauchart arrive au siège parisien du Fondo, un matin. Nous le recevons avec M. Genesseaux et il nous dit que Renaud arrive avec les fonds.
C’est la première fois que je vois Renaud Donnedieu de Vabres. Il s’est garé côté jardin et il est monté avec une mallette noire à codes. On m’appelle pour procéder à l’ouverture et compter les fonds. Au total, il y avait 5 millions de francs, plus 500 000 francs pour les commissions. C’était des billets de 500 francs compactés dans du papier plastique. Les billets étaient neufs et leurs numéros se suivaient. Il y avait 11 liasses de 500 000 francs, dans des sachets de plastique très épais. Donnedieu de Vabres a dit qu’il sortait de la Trésorerie municipale, ce qui m’a beaucoup étonné.
Genesseaux et moi avons pris la route le lendemain pour nous rendre au Luxembourg afin de déposer cette somme en liquide sur un compte du Fondo ouvert à l’American Express Bank. Nous avons dit que cet argent venait du Parti républicain et qu’il devait retourner au Parti républicain, raison pour laquelle nous demandions un chèque de la même somme (….) Quelques temps plus tard, Hauchart nous a dit qu’il voulait faire une seconde opération à hauteur de 10 millions de francs, elle ne se fera jamais, du moins avec le Fondo ».

 

L’argent n’a pas été perdu pour tout le monde, puisque selon les enquêteurs, un prêt de 12 millions de francs a été accordé à l’association de gestion des adhérents directs de l’UDF par la Société suisse de banque, le 13 novembre 1996.       En attendant d’en savoir plus, les déclarations du fondé de pouvoir du Fondo poussent Serge Hauchart à se libérer de ses trop lourds secrets.

 

« Au jour d’aujourd’hui, déclare-t-il le 9 novembre dernier au gendarme qui l’interroge pour le compte de la Division nationale d’investigations financières et fiscales, je suis particulièrement choqué.
Dans cette instruction, j’ai constaté que les parties étaient les familles des victimes des attentats de Karachi. Je comprends que celles-ci n’ont toujours pas réalisé leur deuil tant que la manifestation de la vérité n’a pas été faite, alors j’ai décidé d’aller jusqu’au bout, quelles que soient les conséquences pour moi (…)
Je réalise que les 40 millions qui ont été évoqués lors des négociations (réalisés avec le Fondo à la demande de MM Léotard et Donnedieu de Vabres) sont vraisemblables. Cette somme ne peut venir en aucune façon des fonds secrets. Cette somme provient de la confédération de l’UDF (…) Les propos de M. Mevel sont plutôt conformes à la réalité des faits ».

 

Et l’homme d’affaires de préciser qu’il a été mis au courant d’un « dépôt important » dont le montant ne lui a pas été communiqué, pas plus que le nom de l’ayant-droit, dont il subodore qu’il s’agit « d’une personne très proche de Renaud Donnedieu de Vabres ».
- « Dans mon souvenir, ce compte existait dans un établissement bancaire marocain », précise l’homme d’affaires, ouvrant de nouveaux horizons aux investigateurs.

 

Eduard Balladur en compagnie de Francois Léotard lors de la convention nationale du RPR, 1997 -  STEVENS FREDERIC/SIPA

Eduard Balladur en compagnie de Francois Léotard lors de la convention nationale du RPR, 1997 -  STEVENS FREDERIC/SIPA
Malheureusement, il ne connaît pas le nom de cette banque, mais sur l’origine des fonds, nul doute à ses yeux qu’ils pourraient provenir des commissions sur les contrats d’armement.
- « Quel était le montant total des espèces que M. Leotard voulait mobiliser ? » insiste l’enquêteur.
- « Je n’en ai aucune idée. J’au été au cabinet du 1er ministre et je savais qu’il y avait des fonds secrets à la libre disposition de chacun des ministres. L’usage voulait que chaque ministre parte avec la caisse à la fin de son mandat (…) Quand il n’y a plus eu de solution avec les banques françaises, Renaud Donnedieu de Vabres et François Léotard m’ont dit : « on a 5 briques, débrouille toi pour les utiliser ».       Forts de ces réponses, l’enquêteur entend une nouvelle fois Olivier Mevel, l’ancien fondé de pouvoir du Fondo, le 21 mars dernier. Au cœur de l’audition, le nouveau prêt de 10 millions de francs réclamé par le Parti républicain en juillet 1996.

 

Renaud Donnedieu de Vabres, 2002 - JOBARD/SIPA

Renaud Donnedieu de Vabres, 2002 – JOBARD/SIPA
- « Pour le premier prêt, explique-t-il, M. Donnedieu de Vabres avait amené 5,5 millions de francs en numéraire, donc nous pouvions légitimement pensé que pour ce second prêt de 10 millions, ils pouvaient amener cette somme en liquide, en tout cas c’est ce qui était prévu (…) Avec le recul, je pense qu’ils ont fait cette opération dans une banque plus confidentielle ».
- « Dés le départ des négociations, M. Hauchart vous dit que le PR a des difficultés financières, mais qu’en même temps il propose de vous garantir leur prêt par un dépôt de 40 millions de francs en numéraire, interroge l’enquêteur. N’y a-t-il pas une contradiction ? »
- « Bien évidemment je m’étais posé la question et j’en avais parlé avec M. Genesseaux qui m’avait expliqué qu’il s’agissait de fonds secrets. J’étais jeune et très surpris. M. Genesseaux m’a répondu qu’il ne fallait pas être naïf ».     La petite famille autrefois si soudée est en train de se décomposer sous les yeux des juges. Preuve supplémentaire, le coup de téléphone énervé passé par Jacques Bournazel (ancien administrateur du Fondo) à l’avocat d’Olivier Mevel, M° Pierre Duponchel. « Il a accusé Pierre Duponchel de ne pas l’avoir prévenu de son éventuelle audition par vos servies, car lui-même était franc-maçon, explique Mevel (…) Il aurait du prévenir M. Bournazel s’il avait été un « bon » franc-maçon ». 
De quoi inciter l’une des avocates des victimes de Karachi, M° Marie Dosé, à réclamer le 5 avril dernier une confrontation au sommet entre Mevel, Bournazel, Hauchat et Donnedieu de Vabres. En s’étonnant du fait que Bournazel refuse de s’expliquer sur ses allers et retours à l’Hôtel Beau rivage, en Suisse, « à des dates particulièrement intéressantes au vu des éléments dores et déjà actés au dossier ».
L’avocate incite au passage les juges à creuser cette nouvelle piste apparue au détour des déclarations de Serge Hauchart, selon lequel une importante somme d’argent aurait été déposée dans une banque marocaine.
Balle saisie au bond par le commissaire chargé de coordonner les investigations, qui considère à son tour « opportun » de solliciter les autorités judiciaires marocaines en ciblant Renaud Donnedieu de Vabres, mais aussi l’ensemble de ses proches. Pour mémoire, le contrat Sawari II, antérieur à celui du Pakistan, a été signé… à Casablanca (Maroc).
 
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Publié par le avril 27, 2013 dans politique

 

l’exhibition des patrimoines et la loi de la pente naturelle en politique par Danielle Bleitrach

81_64_Capitalisme[1]iL n’est pas besoin d’avoir fait l’ENA pour percevoir le piège, il est même recommandé de ne pas l’avoir fait.  Les plus choqués sont sans doute les militants socialistes qui considèrent comme stupide une telle exhibition.Les militants qui sont au contact de la base mesurent bien ce qu’une telle initiative peut avoir de désastreux…

Face à ce qui demeure un crime contre l’humanité , priver les gens modestes, les pauvres de leur droit à la santé, à l’éducation pour engraisser des sangsues dans un système capitaliste financiarisé. Un bricolage toujours plus hasardeux qui a pour vocation de mêler ce qui relève de la production industrielle et ce qui relève du crime organisé, une accumulation de sang et de sueur… Que faire? le gouvernement de gauche propose  le  voyeurisme, un loft story parlementaire. Et nous voyons bien les bases à la fois individuelle et collective de la désagrégation du vivre ensemble: le crime auquel il est impossible de faire face et  l’exhibition comme réponse au narcissisme pervers généralisé de la société dont l’idéologie est toujours ne vous en déplaîse celle de la classe dominante.

C’est une bombe à fragmentation qui met à nu l’arrogance généralisée et l’incompétence de ceux qui proclament des nécessités économiques, y compris le petit personnel des économistes de plateau de télé qui viennent faire la leçon d’austérité mais le plus frappé globalement est le personnel politique, c’est  la crise même de toute représentativité, de la démocratie, la légitimation des factieux puisqu’il n’y a plus de force politique pour mener un véritable changement.

En effet l’opération  dévoile ce que tout le monde subodorait: un monde politique qui ne peut pas comprendre le sacrifice exigé des Français et qui s’est complètement détâché des difficultés quotidiennes. Que signifie l’austérité pour des gens assujettis à l’ISF et pour celui qui le quinze du mois ne sait plus comment il va assurer la suite? C’est injuste de raisonner ainsi parce que la fortune n’est pas nécessairement synonyme de prévarication mais le bon peuple sait confusément qu’à l’origine il ne peut pas y avoir le seul travail… même ceux qui déclarent des comptes à la limite du rouge soit ne sont pas pris au sérieux, soit sont perçus comme des cigales irresponsables se ruinant en signe extérieur de richesse… il aurait été tout aussi désastreux d’organiser une référendum sur la moralisation de la vie publique dans l’état de désaveu actuel.

Cette opération exhibition non seulement ne résoud rien mais elle aggrave le mal et surtout on voit mal comment y renoncer désormais.

A chaque crise du système et face à l’incapacité de résoudre le mal, le choix aggrave le problème politique. Il en a été ainsi face au caractère monarchique de la Ve République, son spoil system, la seule réponse a été un approfondissement, le passage au quinquenat et le vote des législatives dans la foulée des présidentielles. Tous les contre-pouvoir disparaissent dans ce système de conquête par deux partis de la magistrature suprême, le centre de l’édifice avec dans le contexte européen une technocratisation de la politique, de l’information, un  lien direct avec les puissances capitaliste, les grandes compagnies financierisées et monopolistes.

Nous sommes devant une tendance bien connue, quand il n’y a plus de perspective à long terme, toutes les tactiques sont désastreuses et elles ne peuvent que renforcer les tares initiales. Je crois que Hollande est un homme honnête et il n’est pas plus mauvais politique que les autres mais comme son prédecesseur qui nous a conduit au désastre il subit la loi d’une situation dont il est le jouet faute de rupture. Son prédecesseur était en accord parfait avec la prévarication et le narcissisme du système, lui se débat… C’est la seule différence… mais elle joue à son désaventage.

 
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Publié par le avril 16, 2013 dans actualités, politique

 

Offre de service, en tous les cas une opinion intéressante / Yves Bonnet, le renseignement français

Yves Bonnet

Ancien directeur de la DST

  Le renseignement français
Publication: 13/04/2013 06:00

DGSE – Contrairement à une légende complaisamment répandue, le renseignement français a le plus souvent été performant dans l’affrontement constant qu’il mène au service de l’État contre les puissances hostiles, voire neutres, voire, dans certaines conditions, à certains partenaires ou alliés.

Ce fut le cas durant les deux guerres mondiales, et notamment la seconde où son apport à la victoire finale fut constant et décisif ainsi que je le souligne dans un ouvrage à paraître la semaine prochaine; ce fut le cas durant la guerre froide avec la désormais fameuse affaire "Farewell"; c’est encore le cas au Sahel où nos armées doivent beaucoup à la sûreté des renseignements opérationnels qui optimisent leur intervention.

Certes, il y a eu des ratés, des erreurs, des manques, mais globalement, la France tient une place de choix au sein de la communauté internationale du renseignement. La réforme de la DCRI, nécessaire et opportune, la qualité des interceptions spatiales permises par notre rôle majeur au sein de l’ESA, la validité et la solidité du réseau des échanges avec les pays alliés ou amis, la montée en puissance de la DGSE, tous ces points positifs nous confèrent une influence au-dessus de celle d’une puissance moyenne, à l’égal de ceux qui se croient les plus grands. C’est une marque de notre génie que de relever des défis insensés comme le furent la constitution de la force de dissuasion ou l’accomplissement de notre vocation spatiale. En ces temps de morosité, il est bon de s’en souvenir.

Est-ce à dire qu’il ne faille pas aller plus loin? Assurément non, même en prenant garde de ne pas casser un "jouet" qui marche. Donc, d’abord conforter, ensuite progresser. À ces deux égards, la nomination de Bernard Bajolet à la tête de la DGSE donne une bonne indication des intentions du gouvernement, ce qui n’exclut nullement que s’engage la réflexion sur les anticipations nécessaires à notre maintien dans le peloton de tête des grandes nations. À cet égard au moins.

Le nouveau patron de la caserne Mortier a pour lui un long passé de diplomate et une expérience, vécue au plus haut niveau, de la collecte et du traitement de l’information. Je ne le connais pas personnellement mais je sais que, déjà, il est attendu avec un préjugé favorable de l’autre côté de la Méditerranée, en Algérie. Dans le contexte de la guerre faite à AQMI et au MUJAO, guerre dont les acteurs ne peuvent que souhaiter qu’elle aille à son terme d’éradication d’une menace prégnante, aucune nouvelle ne pouvait mieux tomber.

C’est au point que l’on peut y voir un signe de la volonté présidentielle d’aller encore plus loin et de manière pérenne dans la coopération avec un partenaire incontournable. À franchement parler, la DGSE en avait  besoin ne serait-ce que pour effacer les effets désastreux de fausses révélations sur un dossier que tout commande de clore. M. Bajolet saura trouver les mots pour enterrer la hache de guerre avec nos amis algériens qui ne peuvent, de leur côté, que le souhaiter. Ce serait déjà un immense résultat, surtout si la DCRI renonçait à entretenir à Alger un correspondant dont l’utilité, jusqu’alors évidente, s’estomperait.

Sans doute aussi, son autorité et sa neutralité politique seront-elles bienvenues dans la réflexion autour des interventions extérieures qui, décidément, chatouillent nos présidents. Le fiasco de la Libye ne justifie pas celui de la Syrie, au plan militaire et sécuritaire s’entend. Le diplomate que doit rester le nouveau patron de la DGSE pourrait avoir à coeur de rechercher les voies d’une solution négociée qui ne nous fasse pas perdre notre crédit proche-oriental. Au contraire. Mais comme le disait Kipling, ceci est une autre histoire.

Progresser, c’est un autre défi qui requiert temps et patience: celle-ci est avérée, celui-là est moins assuré. Il serait pour le moins judicieux ( au risque d’être pris pour un trublion ou un rêveur ) de poser les termes d’une double réflexion dans autant de directions: la construction d’une Europe du renseignement incluant l’intelligence économique, et le renforcement, jusqu’à leur fusion souhaitable, de la DGSE et de la DGRI, j’écris bien Direction Générale du Renseignement Intérieur et non plus seulement Direction Centrale. À tout le moins le rattachement de l’une et l’autre, placées sur un pied d’égalité organique à la même autorité, s’impose-t-elle, l’élargissement de l’éventail de leurs activités interpénétrées l’exigeant absolument.

M. Bernard Bajolet a toutes les cartes en mains pour devenir un personnage écouté parce que puissant. Au seul service de la République.

 
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Publié par le avril 13, 2013 dans actualités, politique

 

LE CRIME EST GRAVE PARCE QU’IL CONDUIT AU MENSONGE ET LE MENSONGE A LA DISSIMULATION par danielle Bleitrach

comme d’habitude ma mémoire trop encombrée (on dirait un grenier dans lequel personne n’a mis de l’ordre ni rien jeté depuis un siècle) m’impose quelques  références dans le temps pour mesurer l’extravagante évolution de la société française vers la dépolitisation…

1)OUI IL Y A UN LIEN ENTRE MENSONGE ET POLITIQUE: un exemple, Les mensonges d’Etat et les papiers du pentagone

Bien avant le soldat Mannings il y eut daniel Ellsberg.  A Study Prepared by the Department of Defense (« Relations entre les États-Unis et le Viêt Nam, 1945-1967 : Une étude préparée par le Département de la Défense »). Il s’agit de 47 volumes totalisant 7 000 pages secret-défense émanant du Département de la Défense à propos de l’implication politique et militaire des États-Unis dans la guerre du Viêt Nam de 1945 à 1971.fut clandestinement communiquée à la rédaction du New York Times au début de l’année 1971 par Daniel Ellsberg, un ancien analyste de la RAND Corporation, avec l’aide de son ami Anthony Russo, du linguiste Noam Chomsky et de l’historien Howard Zinn.. Le new york times malgré ses conseillers publia les documents. Les papiers révèlent, entre autres, que le gouvernement américain a délibérément étendu et intensifié la guerre du Viêt Nam en menant des bombardements secrets sur le Laos, des raids le long du littoral vietnamien, et en engageant les marines dans des actions offensives, avant leur engagement officiel, et alors que le président Lyndon Johnson avait promis de ne pas s’impliquer davantage dans le conflit. Ces révélations ont ébranlé la confiance de l’opinion et contrecarré l’effort de guerre du gouvernement Nixon.

2) QUELLE EST LA NATURE DE CE LIEN ENTRE MENSONGE ET POLITIQUE, l’analyse d’hannah Arendt

Hannah Arendt : Du mensonge en politique : réflexions sur les documents du Pentagone  En prenant appui sur cette affaire Hannah Arendt  propose une analyse du rôle du mensonge en politique. Elle pose les bases de sa réflexion sur les documents du Pentagone relatifs à la guerre du Vietnam et publiés dans le New York Times. L’auteur commence (partie I) par nous montrer qu’en politique le mensonge est souvent érigé en art. Ensuite, elle met en évidence le rôle instrumental du mensonge (partie II). Dans le cas des documents du pentagone et de la guerre du Vietnam, le mensonge a été utilisé pour justifier un engagement militaire. Enfin (partie III) Hannah Arendt tente de donner des éléments explicatifs de l’enlisement militaire des américains au Vietnam

Cela concernerait-il en priorité la société américaine où le mensonge même s’il n’a pas eu les conséquences de la guerre du Viet-Nam est prohibé. Le mensonge équivalent à celui de la guerre du Viet-Nam se joue actuellement en Corée où à partir de la satanisation du gouvernement nord-coréen l’Amérique tente d’obtenir le maintien dans cette zone de toutes les bases militaires puisqu’elle a dû plus ou moins renoncer à celles qu’elles souhaitait installer de manière permanente en Afghansitan. Là les USA ont été plus ou moins contrecarrés par la guerre civile endémique mais aussi par l’extension d’un pacte régional, l’organisation de coopération de Shangaï dont les principaux maîtres d"oeuvre sont la CHine et la Russie. Donc la Corée du Nord sert à maintenir un potentiel militaire permanent y compris nucléaire dont les populations locales ne veulent pas.

Ce type de mensonge Sarkozy l’a pratiqué en Libye avec les conséquences que l’on sait… pour favoriser un engagement militaire qui avait des dimensions stratégiques (contrôler les printemps arabes) et des dimensions sans doute plus personnelles au niveau des intérêts.

C’est ce dont traite Hannah Arendt… et que l’on a intérêt à relire…

3) DU MENSONGE PRIVE QUI SERT DE DIVERSION EN MATIERE DE FORFAITURE

Mais ce qui est en train d’apparaitre en France est un type d’hystérie autour du mensonge qui est pure diversion… Ici la troisième référence est celle du scandale de l’adultère de Clinton. Souvenez-vous Clinton ne veut pas dire qu’il a trompé sa femme,il est mis en accusation non pour avoir trompé sa femme mais pour avoir menti sur cette question. le puritanisme ambiant tente de mettre sur le même plan  le mensonge de Clinton sur sa vie privée et le mensonge de Nixon dans l’affaire du Watergate. En 1998, la presse américaine révèle que Bill Clinton a une liaison avec une stagiaire de la Maison Blanche. Le président commence par nier, mais pas de chance: le témoignage de la jeune femme se trouve entre les mains du procureur Kenneth Starr, qui enquêtait sur une affaire de harcèlement sexuel impliquant le chef d’Etat –l’affaire Paula Jones- à l’époque où il était gouverneur de l’Arkansas. Ces mensonges l’entraîneront dans une procédure de destitution (impeachment) pour parjure et obstruction de la justice, qui fut votée par la Chambre des représentants mais ne passa pas au Sénat.Photo Maison-Blanche…

En France aujourd’hui tout est résumé au mensonge, ce qui permet de confondre des faits de nature différente ayant des conséquences différentes pour des gens différents.(par exemple le mensonge de Cazuhac et celui somme toute ridicule du rabbin Bernheim: le premier touche l’ensemble des citoyens français, le second ses ouailles). Mais l’étonnant est que tout est fait pour nous entraîner sur l’idée du mensonge et non sur ce qui est réellement reproché. Bref à transformer un acte de fraude fiscale émanant d’un ministre chargé d’appliquer justement la règle fiscale et avec quelle rigueur pour les petites gens tout en s’émancipant de la loi commune.

Ce n’est pas la première fois que cette question de fraude fiscale est ramenée à un comportement privé que l’on considère ou non comme moralement condamnable, souvenez vous du tintamarre autour de l’affaire Depardieu… nettement moins scandaleuse si l’on considère les responsabilités des protagonistes… La montée au créneau sur la personnalité… C’est pour cela que ça à voir avec le goût du sensationnel…

Le vrai scandale de Cazuhac  même si son arrogance est stupéfiante n’est pas dans le mensonge  mais bien dans le fait qu’un ministre du budget ait lui-même fraudé le fisc et planqué une somme qui ne cesse de croître dans un paradis fiscal, somme dont on subodore qu’elle a été acquise en collusion avec les trusts pharmaceutiques de surcroît. Bref il y a forfaiture et pas seulement mensonge.

Ce qui est étonnant et c’est là que par la presse interposée nous sommes en train de changer de culture, l’opinion française est invitée à penser selon la boutade :le crime est grave parce qu’il conduit au mensonge… et même à la dissimulation" ce qui engendre l’exhibition des patrimoines que rien ni personne ne vérifie. et le fait qu’ainsi nous sommes passés de la politique à l’inquisition morale… ce qui permet d’éviter de s’attaquer aux causes réelles et de rester dans le scandale…

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le avril 10, 2013 dans actualités, civilisation, politique

 

l’art de déparler en service commandé… José Bové attaque melenchon pour contrer la participation d’Eva joly à la manifdu 5 mai

Bové pousse un «coup de gueule» contre Mélenchon dit Libération, encore une "indignation" qui est du vent… Une médiocre affaire politicienne : il s’agit de nous prendre pour plus bêtes que ce que nous le sommes…  C’est comme cela que la politique devient pure hystérie sans refleter la moindre parcelle de vérité chez ceux qui pratiquent l’exagération, voir la diffamation et la délation…

9 avril 2013 à 17:5
Le député européen José Bové, le 16 janvier 2010 à Montreuil en région parisienne

Le député européen José Bové, le 16 janvier 2010 à Montreuil en région parisienne (Photo Patrick Kovarik. AFP)

Le député européen José Bové a poussé mardi un «coup de gueule» contre Jean-Luc Mélenchon et son appel à donner un «grand coup de balai» politique, en soulignant le peu d’assiduité de M. Mélenchon au Parlement européennous dit le journal Libération…Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, a suscité de vives réactions en réclamant le 5 avril, en pleine affaire Cahuzac, un «grand coup de balai», en même temps qu’il appelait à manifester le 5 mai pour promouvoir une VIe République. On peut ne pas apprécier l’expression et en général les formes verbales de Melenchon sans pour autant donner dans la confusion et le procès d’intention, ce qui semble devenu le procès mené du côté de Solférino et ses alliés… José Bové se joint à la troupe… Encore un bien très épisode à mettre au compte du dit José Bové… personnellement je ne lui ai jamais pardonné ses mensonges sur Fidel Castro. Il avait en effet complètement inventé être intervenu à la Havane face à Fidel Castro pour lui reprocher sa "dictature", renseignement pris cette affaire était une pure invention du dit José Bové…

Nouvel épisode peu glorieux, il est en service commandé pour contrer Jean luc Melenchon et la manif du 5 mai… A  laquelle a décidé d’assister Eva Joly à laquelle d’ailleurs il a copieusement ciré le tapis à descente aux dernières présidentielles (il n’était pas le seul)…. Mais l’originalité de ce qu’il reproche à melenchon est à noter: il ne l’accuse pas d’être antisémite (ayant plus de droit à l’épithète que le dit melenchon) ou autres qualificatifs visant à le rapprocher de l’extrême-droite (vu que là encore ce n’est certainement pas le plus proche de la franche réaction), mais de sauter les séances à l’assemblée européenne…

On appréciera l’accusation telle que la reproduit l’AFP et on verra si ça vole haut et si le scandale dénoncé est de ceux qui rejoignent la forfaiture…
 «C’est un coup de gueule parce que je pense qu’à un moment, quand on veut faire le chevalier blanc de la démocratie, (quand on veut) dire: +il faut faire un coup de balai+ et, en gros: +il y a les élus corrompus d’un côté et le peuple légitime de l’autre+, je crois qu’il faut se rappeler à un moment que celui qui dit ça a été élu dans le Sud-Ouest député européen, et que malheureusement sa présence au parlement européen, le moins qu’on puisse dire, est assez épisodique», a dit M. Bové à la presse à Toulouse.

Le 13 mars en particulier, quand le Parlement de Strasbourg a rejeté le projet de budget de l’UE laborieusement élaboré par les dirigeants européens – «donc un acte majeur, l’acte le plus important de l’ensemble de la législature européenne – eh bien ce jour-là M. Mélenchon était à Paris au lieu d’être à Strasbourg et il a quand même signé sa feuille de présence en rentrant le soir», a dit M. Bové.

A «un moment, quand on dit: +tous pourris d’un côté, coup de balai, le peuple doit reprendre le pouvoir+, la moindre des choses, c’est que soi-même, on n’ait rien à se reprocher», a-t-il dit.

Il est vrai que l’atmosphère générale frise l’hystérie; Ce matin même, Henri Guaino, que l’on peut accuser de tout sauf de reculer devant les mots, a déclaré:  "le comportement de François Hollande conduit au "fascisme". Accuser Hollande de mener au fascisme par ses qualités propres est assez étonnant, mais il est vrai que l’on espérait après le dé^part de Sarkozy connaître un peu de repos, mais le prurit s’est diffusé dans toute la classe politique que contemple stupéfait le bon peuple de France en se demandant quelle mouche les pique… La majorité du bon peuple, parce qu’un certain nombre d’excités se disent que c’est le moment où jamais de vider ses pulsions. Un exemple Chriqtine Boutin s’évanouit, beugle "ça va péter et on retrouve un couple d’homosexuels fracassés comme si Aube dorée était déjà à 40% en France. Tout se passe comme si l’ex-président avait contaminé toute la classe politique et son départ les affaires qu’il laisse en suspend avait transformé la classe politique en secte agitée de convulsions… à l’idée de toucher à leur tiroir caisse…

 

la droite tenait-elle Cahuzac par la barbichette par J.F Kahn ? ma réponse est non c’est un système qui n’a pas besoin de complots..

Jean-François Kahn @JF_Kahn
je crois qu’il y a encore beaucoup de naïveté à penser que Cahuzac avait un fil à la patte par lequel la droite le tenait… Nous n’avons pas besoin d’un complot avec de mauvaises fréquentations, nous sommes dans un système où on "pantoufle" passe du privé au public pour y défendre ses intérêts… Ainsi Cahuzac a contamment passé des trrusts pharmaceutiques aux commissions sur la santé. On se deamande ce qu’il fait au PS, mais il y a toute sa place non seulement parce que ce parti est passé d’un monde populaire au recrutement technocratique et que cela correspond à l’ère Mitterrand, celle ou grâce aux nationalisations, investissements massifs de l’état et don aux milliardaires qui venaient de naître dans la foulée s’est constitué un corps de faisans dont Tapie ne fut que la caricature. Les copains du Fouquets de Sarkozy appartenaient pour la plupart à cette promotion Mitterranc. La presse fut asservie et devint elle-même un système de propagande… La politique n’existait plus, elle n’était plus qu’une technique néolibérale et celui qui prétendait y échapper était taxé de populisme. Le passage de la droite à la gauche et le contraire fut l’occasion d’expérimenter un spoil system où chacun arrivait avec ses technocrates. intervhangeables… (note de Danielle Bleitrach)

Droite Cahuzac Kahn

La droite tenait-elle Cahuzac? C’est la question que pose Jean-François Kahn aujourd’hui. Photo AFP.

Tenez-vous bien. Figurez-vous que vient d’être déposé, sur le bureau de l’Assemblée Nationale, un projet de loi "Cahuzac".

Que préconise-t-il ? Que les gros fraudeurs du fisc qui cachent leurs magots dans les paradis fiscaux étrangers soient amnistiés et, qu’en cas de rapatriement, ils soient – ce n’est pas une blague! – quasiment dispensés d’impôts. Même s’ils ont dissimulé au fisc d’énormes fortunes, ils ne devront acquitter qu’une taxe de 5 %, c’est-à-dire moins que la première tranche imposable appliquée aux salariés les plus modestes. Et aucune pénalité ne leur sera imposée pour avoir commis un délit. Or, qui est à l’origine de cette initiative honteuse ? Les derniers amis socialistes de Cahuzac ? Non, les députés UMP.

Du coup, certaines bizarreries prennent un curieux sens. Ainsi, lors du colloque consacré à la sécurité organisé par Jean-François Copé, François Hollande, Jean-Marc Ayrault et Pierre Moscovici ont été attaqués avec une rare virulence, mais Cahuzac plutôt excusé, sinon défendu.

Ainsi, on a appris que l’avocat de Cahuzac, qui a mis en place son compte secret en Suisse, était une personnalité de droite, et même d’extrême droite, proche du Front National ; que le responsable de la seconde banque suisse où l’ancien ministre avait dissimulé sa cassette, avant Singapour, n’était pas éloigné de Nicolas Sarkozy ; que le dénonciateur de Cahuzac, l’ancien maire UMP de Villeneuve-sur-Lot, avait averti les responsables de l’ancien pouvoir, dès 2008 ; que le juge Bruguière, candidat UMP dans cette circonscription, disposait depuis un certain temps de la fameuse bande accusatrice ; que certaines des commissions occultes cantonnées en Suisse par notre ex-grand argentier, avaient été versées par les laboratoires Fabre, propriétaire du journal très droitier Valeurs Actuelles.

Or, ce qui a déclenché l’intérêt de l’enquêteur de Médiapart pour les activités passées de Cahuzac, a-t-il lui-même convenu, c’est le fait que ce dernier défendait mordicus, devant lui, Eric Woerth l’ex-trésorier de l’UMP, dans l’affaire Bettencourt.

De là à imaginer que notre socialiste d’intérêt, président de la commission des Finances sous l’ancienne présidence, était "tenu par la barbichette" par le camp adverse qui savait tout… Il y a là un pas que nous ne franchirons évidemment pas.

Le tweet de Jean-François Kahn, qu’est-ce-que c’est? Jusqu’ici l’écrivain et co-fondateur de Marianne était resté à l’écart du Web et des réseaux sociaux, mais il fallait se lancer!Depuis novembre dernier, Jean-François Kahn publie chaque jour un court texte sur Le HuffPost, également relayé sur son compte Twitter

 
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Publié par le avril 6, 2013 dans actualités, politique

 

Affaire Cahuzac : un banquier suisse se dit prêt à aider à nouveau la justice

 ("La Croix", 20 mars 2013) cet article est un des plus intéressant de la période, non seulement il apportait  un éclairage difficilement contestable sur ce que l’on savait sur Cazuhac, mais il annonce le grand débalage au plan international sur les listings d’exadés fiscaux et dont tout laisse penser qu’ils montreront une caste politique qui s’entend au nom de l’enrichissement à piller la France dans un contexte de Chômage et de rigueur réclamant toujours plus d’effort aux Français. Il faut bien mesurer que nous n’en sommes qu’au débuts. Autre chose, on ne peut qu’être frappé par le leitmotiv face aux discours présidentiel qui ne serait pas "à la hauteur", à la hauteur de quoi, est-ce  d’une révolution. Si tel était le cas nous aurions tout à craindre effectivement d’un soutien à l’extrême-droite de la part des mêmes… Le fascisme disait Brecht n’est pas le contraire de la démocratie, il est son prolongement en cas de nécessité…

23 mars 2013Par antoine peillon

lacroixcahuzac2.jpg

Entendu par les policiers de la division nationale des investigations financières (Dnif) de la police judiciaire, à Annecy, mi-février dernier, c’est un témoin capital qui répond aujourd’hui aux questions de La Croix.

Ayant déjà accepté de donner une interview sur les méthodes d’évasion fiscale de « nombreuses personnalités françaises », ses « éclairages précis sur l’éventuel dépôt d’actifs financiers non-déclarés au fisc français dans une banque suisse au bénéfice de Jérôme Cahuzac » (Mediapart du 1er  février) avaient immédiatement intéressé les enquêteurs de la police judiciaire mobilisés par le parquet de Paris dans le cadre d’une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale visant le ministre du budget qui a été démissionné hier, le 19 mars.

Ce témoin, une personnalité des milieux financier genevois, professionnel de la gestion de fortune privée depuis de nombreuses années, donne aujourd’hui anonymement de nouvelles informations à La Croix.

Avez-vous identifié, devant les enquêteurs de la police, l’interlocuteur de Jérôme Cahuzac dans l’enregistrement aujourd’hui authentifié et où l’on entend l’ex-ministre du budget dire : « Ça me fait ch… d’avoir un compte ouvert là-bas (Genève) ; l’UBS, ce n’est quand même pas forcément la plus planquée des banques » ?

Dans l’enregistrement que les policiers m’ont fait écouter, il y a des intonations de voix, des tournures de phrases qui me semblent être celles d’Hervé Dreyfus. Je n’en suis pas sûr à 100 %, mais ça me semble probable. Or, si effectivement c’est lui, cela crée un immense faisceau de présomptions de culpabilité, étant donné ce qu’était la fonction d’Hervé Dreyfus auprès du groupe financier suisse Reyl.

Que l’éventuelle évasion fiscale de Jérôme Cahuzac se soit faite directement à l’UBS de Genève, ou à l’UBS via Reyl, si Hervé Dreyfus est impliqué, cela me semble important car, en plus de ses activités transparentes de gérant d’actifs financiers à Paris, il a un lien essentiel avec l’offshore (placement d’actifs à l’étranger) du fait qu’il est le demi-frère de Dominique Reyl, fondateur en 1973 de la Compagnie financière d’études et de gestion, laquelle est devenue Reyl & Cie en 1988.

Il s’agissait d’une société de gestion d’actifs financiers pour le compte de clients privés qui, historiquement, a eu beaucoup, je dirais même essentiellement, des grandes familles possédant des actifs non-déclarés (au fisc français) comme base de clientèle française. La société Reyl & Cie est devenue banque en 2010.

L’information judiciaire ouverte mardi soir a-t-elle des chances d’aboutir ?

Une enquête judiciaire qui entraînerait une investigation poussée chez le groupe Reyl représenterait un grand coup de pied dans la fourmilière, car il y a d’autres personnalités que Jérôme Cahuzac, et tout aussi sensibles, qui sont gérés chez eux. On découvrirait alors un vrai secret d’État et un vrai scandale républicain, c’est-à-dire l’utilisation des places financièresoffshore par des hommes politiques français, de gauche et de droite, depuis de nombreuses années. Et pas seulement dans le cadre d’opérations de financement politique qui ont fait la une des médias, mais vraiment à des fins personnelles.

La Croix vous présente une liste de quarante-deux noms de sociétés écrans créées par la compagnie financière suisse Reyl (Genève) à Singapour. Cela représente-t-il un barrage infranchissable pour l’information judiciaire ?

Je reconnais une dizaine de ces sociétés, ce qui valide surtout la réalité de la méthode de camouflage mise en œuvre, depuis la fin 2009, par les intermédiaires financiers et les banques suisses, pour mieux protéger les avoirs non-déclarés de leurs clients les plus sensibles. Ces sociétés écrans gèrent des comptes bancaires entre autres chez UBS Singapour, au bénéfice d’ayants droit économiques privés, individuels ou même collectifs lorsque ceux-ci ont des liens familiaux ou d’affaires.

Lorsque ces sociétés écrans sont elles-mêmes détenues par des trusts, la difficulté d’identification du bénéficiaire de ces comptes bancaires singapouriens est évidemment accrue. Cependant, les identités des ayants droit finaux de ces avoirs non-déclarés, même gérés par un trust ou par un contrat d’assurance-vie luxembourgeois, sont accessibles dans le cadre d’une enquête judiciaire bien structurée et surtout non-entravée par une éventuelle mauvaise volonté des autorités suisses qui peuvent être tentées de mesurer leur diligence avec la France, dans le cadre de la négociation actuelle d’une nouvelle convention fiscale entre les deux pays.

Qu’entendez-vous par « enquête judiciaire bien structurée » ?

La question très large et très technique que devraient poser les juges d’instruction français à leurs homologues suisses est de savoir non pas si telle ou telle personne est ayant droit économique d’un compte dans telle ou telle banque, UBS Genève ou UBS Singapour par exemple, mais si cet établissement financier a dans ses livres un ayant droit économique, personne physique ou personne morale, trust, fondation ou contrat d’assurance-vie, qui est sous-dépositaire de la personnalité visée par l’enquête.

Lorsque j’ai été entendu par les officiers de police judiciaire à Annecy, je leur ai donné de quoi rédiger cette demande d’information. Il m’a semblé qu’ils sont très consciencieux et professionnels, mais aussi que leurs moyens et leurs ressources sont tout de même limités.

Pensez-vous aider encore la justice dans ses investigations en Suisse, voire à Singapour ?

Je suis tout à fait prêt à rencontrer les juges d’instruction qui vont enquêter sur le cas de Jérôme Cahuzac, comme j’ai déjà rencontré les policiers de la DNIF, à leur demande. Je serais prêt, si cela ne me mettait pas en danger, ainsi que ma famille, à expliquer publiquement un système qui est devenu intenable.

Recueilli par Antoine Peillon

(http://www.la-croix.com/Actualite/France/Affaire-Cahuzac-un-banquier-suisse-se-dit-pret-a-aider-a-nouveau-la-justice-_NG_-2013-03-20-923161)

 
 
 
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