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Archives de Catégorie: mon journal

La Crimée, le Donbass et les deux grand-mères

Yalta
Trois jours déjà en Crimée. Hier soir dans la famille qui nous a accueillies Marianne et moi nous découvrons l’interview de Poutine à la tv française : « Taisez-vous El Kabbach ! » Mais il n’est pas possible d’être si bête, d ignorer autant de dossiers, d’avoir une conception aussi vulgaire de l’histoire ! Poutine joue avec eux, non parce qu’il est un puissant autocrate, mais simplement parce qu’il appartient à une autre réalité politique.
Comment expliquer ?
Dans la journée de mercredi, nous nous sommes rendues en trolleybus à Yalta, 2 h1/2 de trajet, dans un paysage méditerranéen. Le long des voies bien entretenues, de grands panneaux sur le 9 mai, Jour de la Victoire : de jeunes soldats joyeux et sepia et à côté des veterans bardés de médailles, les mêmes. Tout à coup, deux jeunes hommes nous interpellent en nous demandant si nous sommes françaises et pourquoi nous sommes là. Il n’y a là que curiosité aimable et politesse, cette attitude nous fait souvenir de celle d’un autre jeune homme d’une vingtaine d’années dans l’avion qui nous menait de Moscou à Simféropol. Une sorte de sourdoué, venant faire un stage de géologie en Crimée. Chez ces jeunes, le même besoin de nous expliquer la situation politique, la même conscience de que nous ne sommes pas informés, qu’il s’agit d’un malentendu.
Nos deux jeunes gens en fait sont quatre, ils viennent travailler sur un chantier à Yalta ; à la descente du car nous nous attablons pour 1h et demie dans un petit bar de la gare routière pour l’interview. Quatre gaillards, dont deux parlent, Anatoli et Sergei, les deux autres, Slavik et Alexandre approuvent. Ils nous décrivent une situation trés dure dans le Donbass, avec des bombardements, des écoles frappées, et dénoncent la tv ukrainienne. C’est très dur, mais ils tiendont, dit Sergei, et Anatoli ajoute, en rigolant « ce sont des durs ». Ils sont de Droujokovka dans l’oblast de Donetsk. Ils précisent « c’est une petit ville pas stratégique, donc encore calme ». Slaviansk a l’eau et le gaz, Kramatorsk l’aéroport, eux les usines ont fermé, alors ils doivent chercher du travail. Quatre copains qui se sont connus au Lycée Professionnel, ils en sont sortis tourneurs et soudeurs. Sergei était policier. Anatoli se moque et le traite de flic en explicant que les policiers ont été licenciés en masse ; tous les autres approuvent quand Sergei explique qu’ils n’ont rien à voir avec le gouvernement de Kiev et ils donnent comme raison « comment voulez-vous que nous soyons d’accord avec des gens qui se moquent de nos grands-parents ? Ils ne célèbrent pas le 9 mai. ».
L’après-midi, un autre de nos interlocuteurs, pas particulièrement communiste, nous expliquera que la peur à Yalta a débuté quand ils ont vu venir des provocateurs de l’Ouest, qui prétendaient détruire le grand monument de Lénine. Spontanément, des milices d’autodéfense se sont levées pour défendre la statue, et lui-même y est allé. Quand nous lui avons demandé « pourquoi ça vous a fait un tel effet qu’on veuille détruire un monument de Lénine ? » : – « Pourquoi des gens viendraient d’ailleurs pour détruire une satue de chez nous sans nous demander notre avis ? Il a toujours été là ! Malicieusement l’homme a ajouté, « il a fait la révolution, il n’a pas eu le temps de faire beaucoup de bêtises comme Staline, alors pourquoi le détruire, sans nous demander notre avis ? »
Ches les jeunes ouvriers du Donbass, chez le surdoué de l’avion, chez notre interlocuteur, un juif qui a été inquiété pour son sionisme, mais qui se présente comme un patriote russe, le même refus d’en finir avec le passé. Avec les jeunes du Donbass, le patron du bar s’en est mêlé, comme un petit vieux vétéran, assis là, en protestant contre la caricature de la tv ukrainienne. Dernièrement, des Ukrainiens sont venus lui dire que la Crimée était ukrainienne. « Non, nous ne sommes pas Ukrainiens, nous sommes dans la République Autonome de Crimée, on vous a laissé 23 ans pour faire vos preuves, et vous n’avez su que nous envoyer des oligarques et des fonctionnaires corrompus, de véritables bandits, vous avez voulu nous enlever notre autonomie, c’est pour cela qu’il était légitime que nous nous séparions de vous. »
Chez les jeunes du Donbass la séparation n’est pas aussi claire, mais ce qui est clair c’est le refus de la corruption et du gouvernement de Kiev qui ne respecte ni leur passé ni leur présent. Quand on leur demande en qui ils ont confiance, ils répondent « en nous-même », mais Sergei confie qu’il n’a pas voté aux présidentielles parce qu’il n’était pas d’accord avec ce vote mais qu’il aurait voté pour le communiste. « Qu’est ce que ça représente pour vous l’Union Soviétique ? » -«La paix et l’égalité, nous étions tous égaux et ça c’est très important. Quand nous nous quittons je m’attarde un petit peu, je lui dis « Je suis communiste », il répond « moi aussi ».
Le jeune étudiant en géologie qui nous a aussi interpelées dans l’avion nous a déclaré « l’Union soviétique a été une des périodes les plus glorieuses de notre histoire, pourquoi la renierions-nous ? Elle a fait passer notre pays à la modernité, en a fait une grande puissance et a réussi à vaincre un ennemi abominable. Ce jeune homme, moscovite « depuis la quatrième génération » est un passionné de la Seconde guerre mondiale mais il ne parlera jamais des communistes, malgré nos perches tendues.
Il y a chez tous ces individus si différents des points communs, le premier est incontestablement cette pensée histrorique. Le juif, éternellement dissident, et patriote russe, mieux, un des rares habitants depuis toujours à Yalta va garder la statue de Lénine, les jeunes du Donbass ne peuvent reconnaitre un gouvernement qui se moque des sacrifices de leurs grands-parents et ne celèbre pas la Victoire du 9 mai, mais il y a aussi la famille magnifique qui nous a accueilies, c’est à elle seule un condensé de toutes les contradictions et des entousiasmes de la Crimée. La mère, docteur, mariée avec un Tatar, a dû avec son époux revenir d’Ouzbekistan où ils avaient été exilés en tant que Tatars, mais d’où les Ouzbeks les ont chassés en tant que russes, dit « les Russes ne nous abandonneront jamais, nous avons été rassurés quand ils étaient là c’était la paix. Le mari, Tatar musulman, habillé en jellabah et avec la barbe d’un imam, ne parle que de religion. C’est un blond aux yeux bleus. Ils ont de magnifiques enfants, tous communistes. Un des fils, qui vit en Russie est très content que l’on ait édifié dans sa ville un monument à Karl Marx. L’autre fils est arrivé d’un long voyage chez sa belle-mère à Zaporojie, et il décrit l’exode des femmes et des enfants qui fuient vers la Crimée au hasard des trains surchargés.
Immergées dans cette réalité, nous écoutons cette interview parfaitemant onirique de deux journalistes français et de Poutine. Poutine n’est pas seulement un fauve politique, un autocrate comme ces deux individus tentent d’en faire le portrait, il est un homme d’état qui a su tenir compte de la dignité et de la mémoire d’un peuple. Cette histoire est celle des individus et de leurs liens familiaux et elle les réintègre dans une communauté apaisée. Au point que deux grand-mères françaises égarées dans cette histoire criméenne peuvent être interrogées par de jeunes ouvriers ou un étudiant qui pensent qu’elles ont suffisamment d’interêt pour être curieux d’elles, pour avoir qelque chose à apprendre d’elles et avoir envie de les convaincre. Dans le fond, un très bon résumé a été fait par le juif dissident et patriote russe « j’ai été un sioniste, aujourd’hui je suis toujours pour la défense d’Israel, mais je sais que le sionisme est un chauvinisme, alors que je suis un patriote russe de Yalta ; et il passe ses jours et ses nuits sur l’ordinateur pour tenter d’expliquer aux espérantistes du monde entier qu’il faut sauver les enfants du Donbass. Nous nous sommes retrouvés dans une haine commune de Kolomojski l’oligarque et il m’a dit « un oligarque n’est pas un juif, parce qu’il n’a ni parti ni peuple, seulement de l’argent et la volonté de tuer pour en accumuler. Mais voilà dejà un deuxième aspect constamment présent chez tous : la dimension de classe avec l’aspiration à la paix et le désir de convaincre.

 

La réflexion du jour : Est-ce que je vous parais trop « rustique » ?

Est-ce que je vais vous paraître trop rustique mais ce matin j’ai entendu Pascal Lamy souhaiter qu’il existe des « petits boulots » payés en dessous du simic. le journaleux qui répercutait l’information (sic) paraissait tout à fait convaincu de l’intérêt de la mesure et de la nécessisté au nom de l’emploi de faire sauter toutes limites à l’exploitation… Je me suis dit que je condamnerais volontiers ceux qui émlettent de telles propositions à vivre 10 ans dans la peau d’une de leurs victimes… parce que dans le fond ces paraistes sont grassement payés pour énoncer de telles propositions et n’ont pas le moindre doute sur leur utilité sociale et sur leur propre rénumération qui excède nettement le SMIC, surtout pascal Lamy… Pascal Lamy perçoit de l’OMC, un salaire annuel de 480 000 francs suisses (316 000 euros) auquel s’ajoute une cotisation de 15 % du montant de son salaire pour sa retraite.J’allais oublier ce dernier comme vous le savez est socialiste…

danielle Bleitrach

par parenthèse au point où j’en suis des propositions constructives, il y a un mec que je réduirais bien au salaire minimum à décharger les cageots dans les chambres froides, c’est l’économiste de BMTV, un certain Emmanuel le Chypre. L’autre jour il a sorti: « est-il besoin de définir la pénibilité du travail? Par exemple pour les ouvriers du bâtiment, Est-ce que les patrons vont mesurer le froid tous les matins? Est-ce qu’on a besoin de tant de réglementations, les patrons savent veiller sur le bien être de leurs ouvriers, c’est leur intérêt » et ce type est payé combien pour affirmer de telles stupidités?

 
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Publié par le avril 4, 2014 dans mon journal

 

réflexion du jour : Je commence une série, les gens qui s’intéressent réellement aux autres

25 Nicolas de Staël, musée d’Antibes

je viens de rencontrer un type bien… Ce matin je suis allée chez un avocat pour mettre en route l’adoption légale de ma fille Djaouida.

Le décor, un cabinet collectif à deux pas du palais de justice de Marseille. Je rentre dans le bureau et je vois l’étude en rouge de Nicolas de Staël qui est au musée d’Antibes et qu’il a peint à la veille de son suicide. Le musée d’Antibes ouvert sur le ciel et la mer avec une terrasse dans laquelle sont des statues, de Germaine Richier en particulier est un cadre idéal pour abriter cette tragédie… Je lui en fais la remarque et nous partons dans une réflexion sur Martisse puis les Soulages, vus à Beaubourg, somptueux et lumineux comme le rouge et le bleu, le soleil peuvent être la porte de l’enfer, le noir peut être la lumière.

Mais ce n’est pas à cause de nos goûts picturaux communs que j’ai apprécié cet homme jeune et frêle… Mais parce que tout en lui respirait le respect du droit et le refus de la corruption. Il m’a laissé entendre l’admiration qu’il avait pour Taubira, mais aussi à quel point elle avait fait des choses injustes, comme par exemple la réduction de l’aide juridique. S’il était ulcéré par l’attitude des avocats de Sarkozy, la manière dont ils avaient réussi une opération d’enfumage qui à ses yeux déshonorait le métier d’avocat, il reprochait à Taubira de se désintéresser des conséquences de ses actes sur les plus pauvres. IL me disait « vous vous rendez compte, nous touchons 184 euros! » résultat nous ne pouvons qu’accepter qu’un minimum de dossiers de ce type… Et encore nous sommes peu nombreux à avoir assez de conscience pour le faire…

Il était magnifique, mince comme une baguette de coudrier, convaincu de la mission de la justice… C’était le premier individu avec Wang Bing (parce que j’ai oublié de vous dire que wang bing était présent à la séance de cinéma) qui s’intéressait réellement aux autres… Quel soulagement… Il pouvait à la fois reconnaître les mérites d’une politique mais conserver la boussole du peuple comme dirait Robespierre et donc celle du Droit.

je commence à en avoir un peu assez des gens qui ne voient plus la situation que par rapport à leur nombril, je classerai parmi eux, les féministes (type osons le clitoris), les pro-israéliens (type mais non voyons ils ne sont pas si méchant, ils arrivent même à partager un sandwich avec un palestinien) ou les pro-palestinien (le lobby israélien dirige le monde et tout est de sa faute, plus d’impérialisme), sans parler des gays, mon dieu quelle bonheur Taubira reste au gouvernement… et Boutin a dit que l’homosexualité était une abomination… Chacun des combat est en soi parfaitement nécessaire et légitime mais quand il devient une manière d’aveuglement à tout le reste et donc une division, on se dit que nous ne sommes pas sortis de l’auberge…

Est-ce que moi avec ma répulsion face à la guerre je rentre ou non dans une de partitions?

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le avril 3, 2014 dans mon journal

 

Tant que le capital aura besoin de ses services… la seule réponse des communistes…

Mais qu’on ne se fasse pas d’illusion le rois des cons a toute chance d’être un despote, Ubu est un rêve enfantin de peuples qui n’ont pas atteint la maturité…

Oui mais pour moi être communiste c’est dire cette évidence : que c’est beau la vie… dans ce temps d’anniversaire, celui de ma naissance le 17 avril, celui d’une mort à l’idée de la quelle je tremble encore le 13 mai et pourtant… Aimer la vie à en mourir…

 
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Publié par le avril 1, 2014 dans mon journal

 

Poème de Marie Rouget… un poème qui dit pour moi…

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Le chant de la « fauvette d’Auxerre », qu’elle ne quitta jamais …

« L’heure viendra… l’heure vient… elle est venue
Où je serai l’étrangère en ma maison,
Où j’aurai sous le front une ombre inconnue
Qui cache ma raison aux autres raisons.

Ils diront que j’ai perdu ma lumière
Parce que je vois ce que nul œil n’atteint :
La lueur d’avant mon aube la première
Et d’après mon soir le dernier qui s’éteint.

Ils diront que j’ai perdu ma présence
Parce qu’attentive aux présages épars
Qui m’appellent de derrière ma naissance
J’entends s’ouvrir les demeures d’autre part.

Ils diront que ma bouche devient folle
Et que les mots n’y savent plus ce qu’ils font
Parce qu’au bord du jour pâle, mes paroles
Sortent d’un silence insolite et profond.

Ils diront que je retombe au bas âge
Qui n’a pas encore appris la vérité
Des ans clairs et leur sagesse de passage,
Parce que je retourne à l’Éternité. »

dite aussi Marie Noël

 
 

La réflexion du jour, dans le fond j’ai honte…

Frida khalo

Dans le fond cette histoire de la Russie stigmatisée par les réseaux inconditionnels d’Israël m’humilie… J’avais déjà éprouvé cela quand Madeleine Albright, qui enfant juive, avait été sauvée des nazis par les Serbes, les avait en tant que ministre des affaires étrangères attaqué injustement, organisant le dépeçage de l’ex-Yougoslavie. Et bien j’éprouve la même honte quand je vois des réseaux juifs relayer des mensonges sur la Russie et conforter des nazis pour poursuivre le dépeçage de la Russie et l’installation des menaces de l’OTAN à sa porte. Je pense à l’héroïsme de ce peuple, à ces 24 millions de morts offerts pour que moi je puisse survivre et j’ai honte de cette ingratitude, de ces mensonges… Je voudrais naïvement dire à ces peuples qu’il existe au moins une petite juive qui leur demeure à jamais reconnaissante.. Je sais à mon âge être aussi dénuée de cynisme c’est une tare, mais que voulez-vous je crois que c’est aussi cela être communiste, prendre la politique à un autre niveau que les autres, autrement ce n’est pas la peine…

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le mars 28, 2014 dans mon journal

 

Danielle Bleitrach : Pourquoi je n’ai pas signé cette pétition dont je partage à peu près tous les attendus

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Voici le texte de la pétition qui m’a été soumise:
Stop à la chasse aux sorcières, soutien à Pascal Boniface !

Frédéric Haziza vient de lancer une campagne contre Pascal Boniface à propos de son dernier livre « La France malade du conflit israélo-palestinien ». Dans un tweet du 22 mars 2014, puis dans un article publié sur le site du CRIF, il lui reproche de « relativiser le mobile antisémite des assassins d’Ilan Halimi » ce qu’il qualifie de pervers et abject, parle de “négation de l’antisémitisme” et le présente comme un de ces “militants obnubilé par le combat antisioniste qui les fait flirter avec un antisémitisme pernicieux”. À coups de citations tronquées, il parle de l’ « obsession juive » de Pascal Boniface. Si obsession il y a, c’est bien celle de Frédéric Haziza de s’en prendre régulièrement aux intellectuels critiques de la politique israélienne pour leur faire un procès odieux en antisémitisme. Profitant de sa position centrale dans les médias, il tente d’empêcher la libre expression de ceux qui ne partagent pas ses vues en procédant à des amalgames indignes d’un débat intellectuel libre et ouvert. Nous refusons ce climat de maccarthysme et nous appelons au respect des règles élémentaires de déontologie consistant à ne pas déformer les propos de quelqu’un avec lequel on est en désaccord pour mieux s’en offusquer et le disqualifier. Pascal Boniface ne nie pas le caractère antisémite dans l’affaire Halimi mais comme bien d’autres il refuse de la résumer à cette dimension. Cela peut faire l’objet d’un débat pas d’un mauvais procès en négationnisme.

Voilà pourquoi je n’ai pas signé cette pétition dont je partage pourtant l’essentiel.

L’essentiel est que devient absolument insupportable cette manière d’un CRIF et au-delà de tous les réseaux des inconditionnels d’Israêl de lancer des fatwahs contre des individus ou même un pays comme on le voit actuellement contre la Russie. Et ceci d’une manière totalement mensongère, voire digne de la propagande d’un Goebbels, quand on s’obstine à inventer que c’est Poutine qui est antisémite alors que les nouveaux dirigeants de l’Ukraine ne le seraient pas. Cette méthode à l’égard d’un pays est depuis longtemps pratiquée envers des individus. Il est cherché à nuire à leur réputation de manière infamante, en tronquant leur propos, en leur faisant des procès d’intention. En France, le CRIF, un organisme qui prétend représenter les juifs de France est devenu nuisible à force de lancer des campagnes de ce type. A force d’exiger des juifs de France une inconditionnalité, de les forcer à tout voir par le prisme d’un pays étranger dont il s’affirme l’agent. Pire encore, ce faisant il ne se fait pas le défenseur d’un Etat qui a le droit à se défendre et à défendre ses concitoyens mais le défenseur d’une politique de cet Etat. Cette politique choque la conscience universelle et celle de beaucoup de juifs. Donc ce texte sur le fond me paraît juste, on doit s’élever contre ces manipulations, ce lobby qui va a contrario de l’intérêt y compris des juifs en les prenant en otage dans une vision d’extrême-droite de l’Etat d’Israël. je le répète avec force, il ne s’agit pas d’assurer la sécurité d’un Etat, qui comme les autres a le droit et le devoir de défendre l’existence et la sécurité de ses citoyens, mais d’en prôner une vision étriquée, chauvine qui mène ce pays toujours plus loin vers l’isolement et le désastre. En fait, soyons clairs, il ne s’agit pas de la survie d’Israêl, ni de la défense des israéliens, mais bien de la défense des alliances, singulièrement celle avec les Etats-Unis sur laquelle repose le défi mondial lancé à tous les autres peuples quant une politique condamnable à l’égard de Palestiniens et de toute la région. Une telle démarche tente de faire jouer aux juifs du monde entier le rôle de relais de l’impérialisme, le plus agressif de ses pillages et de ses guerres. Et ce en diffusant des rumeurs,en déclanchant des campagnes de haine contre des individus et des pays.

L’habitude de lancer des campagnes de haine digne d’Orwell, des mises à l’index vaticane et la constitution de réseaux chargés de relayer ce qui devient de plus en plus pure infamie, impossibilité de débattre devant cette inquisition mensongère, doit être combattue. Surtout dans un temps où, en Europe en particulier, se développe une extrême-droite, une résurgence du nazisme. Certains des adhérents de cette droite extrême, de ses militants, se sont donnés le but de blanchir le nazisme pour mieux nous en faire accepter le retour en force. Face à ce danger mortel, l’art de crier au loup de ces campagnes des inconditionnels d’Israêl est un danger. Cette manière d’inventer des ennemis là où ils ne sont pas et de ne pas les voir là où ils sont devient politiquement intolérable et il faut la dénoncer si l’on veut mener le combat antifasciste nécessaire. Parce que le capitalisme, l’impérialisme a de plus en plus recours à ces voyous d’extrême-droite pour tenir les peuples. Créer la confusion est un danger mortel parce qu’il affaiblit et dévoie..

En outre oui je suis d’accord pour dire que la france est malade du conflit israélo-palestinien. Notre pays présente en effet la particularité d’avoir les deux communautés les plus importantes d’Europe, les musulmùans et les juifs. Il est évident que l’extrême-droite a adopté une stratégie visant à les rassembler à son profit en attisant les haines. De ce point de vue l’extrêm-droite rassemblée autour du CRIF joue sa partition, tandis que d’autres individus comme Soral et Dieudonné accomplissent le même travail en jouant non seulement sur l’antisémitisme, le négationnisme et aussi des reflexes conservateurs comme l’homophobie et le sexisme.

Donc il faut dénoncer tous ceux qui manipulent, mentent et font courir des rumeurs contre les individus et les pays. Ceux qui ont initié la pétition sont des gens qui n’appartiennent pas à cette catégorie, ce sont des militants de la cause palestinienne qui n’ont jamais manifesté le moindre antisémitisme, ni de volonté de nuire à Israël.

Ce texte allait dans ce sens, alors pourquoi ne pas le signer? Parce qu’il y a la dernière phrase, « Pascal Boniface ne nie pas le caractère antisémite dans l’affaire Halimi mais comme bien d’autres il refuse de la résumer à cette dimension. » J’ai proposé que cette dernière phrase soit supprimée parce qu’elle me paraissait ouvrir la porte à ce que je ne puis tolérer, à savoir l’idée que ce seraient les comportements des juifs ou des musulmans ou une quelconque population qui provoqueraient l’antisémitisme ou le racisme. Si l’on accepte une telle phrase assortie en plus d’un étrange » « comme bien d’autres »,on peut tout cautionner ceux qui accusent les juifs d’être à l’origine du massacre de Toulouse ou ceux qui considèrent que c’est parce que les arabes ou les noirs sont des délinquants qu’ils provoquent racisme ou xénophobie. Le racisme ou l’antisémitisme n’a aucune justification et seuls ceux qui le pratiquent en mettant dans le même panier tous les juifs ou tous les arabes sont coupables.

Ma mise au point ne cherche ni à vous encourager à signer ce texte, ni à ne pas le signer, elle vous invite à la réflexion sur ce sujet délicat dans les temps que nous vivons. Se battre contre l’extrême-droite c’est faire ce travail de réflexion avant d’accepter de conforter ce qu’on estime son camp.

 
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Publié par le mars 28, 2014 dans mon journal

 
 
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