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Archives de Catégorie: misique

Un interdit du côté de Beziers, un spectacle Léo Ferré…

1de Jean-Marc Dermesropian.

Chers amis,
>
> Je n’ai pas spécialement le cœur à vous faire rire aujourd’hui parce que Natasha Bezriche, une amie artiste, très talentueuse, merveilleuse interprète, entre autres, des chansons de Léo Ferré, s’est vue obligée d’annuler un concert qu’elle devait donner hier, à Roujan, à quatre pas de Béziers.
> Les gendarmes sont passés hier à 19 H 30, interdisant d’ouvrir les portes de la salle de spectacle, sur ordre du procureur délégué de Beziers. Les responsables de l’association organisatrice sont convoqués demain lundi, à la gendarmerie.
> Nous en saurons un peu plus en début de semaine, du moins je l’espère.
> Voici un message que Natasha a écrit ce matin, encore sous le choc. On le serait à moins.
>
> De Natasha Bezriche : "Amis Facebook, amis chanson… Notre spectacle "Ferré" a été annulé ce 5 avril…et la salle associative les "ANARTISTES", est menacée de fermeture définitive…. C’est vraiment affligeant et surtout inquiétant… et je reçois des messages nauséabonds de quelques incertains, aigris, extrémistes douteux et de tout poil, et qui me terrifient, car en plus de toutes ces tristes mésaventures , je lis : "Une métèque qui chante un anar, on a besoin de ça chez nous…! Rentre chanter chez toi , Natasha BEZRICHE !!"… Alors ce matin, amis vaillants et vigilants, je suis en colère voyez vous ! Ils arriveraient presque à m’ôter l’envie de chanter…et me donnent envie de crier !!!"

 

quelqu’un connait-il cette musique et d’où elle vient ?

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ça y est je me disais aussi…
Franck keplacki

 
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Publié par le avril 8, 2014 dans humour, misique

 

Leo Ferré : Allende, quand s’ouvrira le tombeau des vaincus…

Ce cri de Léo Ferré cet appel à réveiller Allende est messianique, sa force réside dans l’expression d’une attente humaine, celle de l’individu mais toutes celles accumulées de l’humanité, une épopée qui frémit à ce nom: Allende. Il est réponse à la souffrance par le moyen de l’espérance d’une vie meilleure, alors opium? Tout le contraire…

Le matérialisme doit conserver la force messianique de la protestation contre la détresse réelle contenue dans la réligion pour mieux en appeler comme Walter Benjamin à l’ouverture des tombes des vaincus…Ce cri en forme de poème nous dit combien la formule de Marx, « la religion est l’opium du peuple » a été prise de manière primaire, alors que Marx, poète révolutionnaire dit « la religion est le soupir de la créature opprimée » dans ce fameux passage de la Critique de la philosophie du droit de Hegel (1843) Ce chant dédicacé à Allende nous fait comprendre que la poésie est révolutionnaire, il dénonce "le soleil illusoire" mais il conserve « la détresse religieuse qui est, pour une part, l’expression de la détresse réelle et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle »…Et la musique s’enfle du mystère…

 
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Publié par le septembre 11, 2013 dans histoire, misique

 

Catherine Ribeiro, de mémoire de pasionaria Par GRÉGORY SCHNEIDER

1498939-jpg_1385805[1]8 février 2013 à 22:31 (Mis à jour: 10 février 2013 à 14:28)
Par GRÉGORY SCHNEIDER

Ce qui se lit de plus sélect en matière pop aux Etats-Unis, en Allemagne ou en Grande-Bretagne – les anthologies du magazine anglais Mojo, le site Headheritage – tient les quatre premiers Catherine Ribeiro + Alpes pour des albums fondamentaux, comptant parmi les très rares, avec ceux de Magma, à faire écho à ce qui s’est fait de plus libre et de plus intense ailleurs au début des années 70, période de tous les risques : Ash Ra Temple ou Neu ! en Allemagne, Nick Farren et Van Der Graaf Generator en Angleterre, Culpeper’s Orchard au Danemark ou les Taj Mahal Travellers au Japon. La France, elle, aura retenu la pasionaria de gauche, les engagements multiples de Catherine Ribeiro (Palestine, réfugiés du franquisme, galas de soutien pour les exilés chiliens, meetings anarchistes) ayant concouru à une folklorisation qui, avec le temps, a pris le pas sur des disques hors cadre sans équivalent ni descendance.

A l’occasion de la réédition de ces quatre premiers albums de «Ribeiro Alpes», fin 2012, on a contacté la chanteuse. Elle explique en préambule avoir du mal avec le regard des autres depuis ses débuts, elle vit cloîtrée («J’assume»). Très impliquée et précise (elle a sous la main la quasi-totalité des carnets qu’elle tient depuis 1965), elle aura transformé l’exercice de l’interview, lors de rendez-vous téléphoniques, en moments singuliers : lectures d’articles qui lui furent consacrés, extraits de son autobiographie à venir (on est alors parfois proche du poème en prose), citations, évocations d’épisodes personnels douloureux. Cette façon de faire assure, in fine, à la dame la maîtrise du tempo et de la «couleur» de l’échange. On y a clairement vu «la cathédrale d’orgueil», une définition qu’elle utilise pour elle-même.

«Des plaquettes de Gardénal»

«Ma mère me frappait. Illettrée, elle avait commencé à travailler à 8 ans. J’en avais 11 quand j’ai compris que je n’aurais pas les moyens de faire des études. On était pauvres, et moi je rêvais d’avoir des parents riches. Ma mère disait : "Les études, c’est pour les gosses de riches !" J’ai été comédienne, chanteuse [yé-yé, ndlr], mannequin… En avril 1968, je n’ai plus un rond. J’ai honte. Mais quand tu n’as rien, tu as quand même ta dignité. J’ai vu quatre toubibs : quatre plaquettes de Gardénal de vingt pilules, dosées à 0,10 gramme. J’ai fumé un peu d’herbe et fait glisser les pilules avec du thé et du Coca. Je me suis allongée et j’ai attendu. A un moment, le lit a valdingué jusqu’au plafond. J’ai passé Mai 68 à l’hôpital Fernand-Vidal, où j’ai dû réapprendre à parler, à marcher, à écrire. Je parlais comme un enfant. Un journal ne tenait même pas dans mes mains.»

Patrice Moullet, le sauvage

«C’est Patrice Moullet qui s’est inquiété de mon absence : j’avais dit au concierge que je partais dans le Sud, mais il ne l’a pas cru. La police est intervenue et a forcé la porte. Mon estomac ne supportait que le café au lait. Patrice m’en apportait aux heures de visites : pour celle de 13 heures, sa mère me faisait un thermos. Pour 18 heures, il faisait faire le café au lait dans une brasserie où il patientait l’après-midi devant son demi. On le dévisageait : les cheveux longs jusqu’à la taille et la barbe jusqu’au nombril… Il a fini par poser devant lui un écriteau : "Pour toucher ma barbe, déposez un franc."

«On s’était rencontrés en décembre 1962, sur le tournage des Carabiniers, de Jean-Luc Godard. C’était un sauvage, un homme des cavernes. Il ne disait jamais rien. Avant que je me fiche en l’air, il m’avait dit qu’il étudiait la guitare classique depuis l’âge de 14 ans. Mais il n’osait pas jouer, et je n’osais pas le brusquer. On écoutait des disques, on a commencé par Wagner. Je me rappelle aussi ses lettres : il collait des timbres tout autour de l’enveloppe, comme s’il craignait qu’elles ne m’arrivent pas.»

«2 bis, quai du Port»

«Pour nous, il était évident que la musique, le chant et l’écriture étaient notre meilleur atout. On répétait au 2 bis quai du Port, à Nogent-sur-Marne : on pouvait alors y trouver la toute première communauté hippie de France, l’Express a même fait deux pages là-dessus. Pour le nom utilisé sur le premier album [non-réédité], Catherine Ribeiro + 2 Bis, il faut savoir qu’aucune maison de disques ne voulait d’un nom de groupe à l’époque. Le critique Jacques Vassal [de Rock’n’Folk] a alors écrit : "La voix éructe, se tord, se jette à nous." Au "2 bis", il y avait de très jeunes filles, et pas mal de hasch. La police a fini par s’y intéresser. Je n’aime pas les uniformes. Nous devions changer de nom de groupe. Alpes s’est imposé : pour admirer le sommet d’une montagne, il faut lever le regard, c’est solaire.»

«Aller vers les autres»

«J’étais bouddhiste. En juillet 1970, j’ai quitté l’ashram où j’allais le dimanche. J’ai pensé qu’il était temps de cesser de regarder mon nombril et d’aller vers les autres. Mais aujourd’hui encore, presque chaque jour je lis une page au hasard de la Bhagavad Gîtâ. En juillet 1970, le metteur en scène Bernard Murat m’a emmenée à un meeting à la Mutualité. Il y avait tout le monde : PCF, OCI [Organisation communiste internationaliste - trotskiste], PS… J’avais du mal à garder les yeux ouverts. Les seuls intervenants que j’ai compris étaient des types de l’OCI. J’ai participé à deux GER [groupe de travail]. On m’a proposé de prendre ma carte, mais j’ai refusé. Je ne me voyais pas vendre le journal sur les marchés. J’aurais dit quoi aux gens ? Je me rappelle une phrase lors d’une réunion : "Chez nous, il n’y a pas d’homosexuels, on n’en veut pas, ce sont des malades !" Je n’ai pas compris. Malades ? J’étais consciente de ma part d’ambivalence. J’avais 19 ans quand une fille m’a approchée pour la première fois. Je la trouvais gentille.»

«Une cascade de notes»

«La création, c’est la création. On écoutait le moins de musique possible pour n’être contaminé que par nous. Poème non-épique n°2 a été enregistré en une seule prise. La cascade de notes sur laquelle ma voix vient taper est obtenue en frottant l’archet contre la 24-cordes inventée par Patrice Moullet [auquel on doit aussi le cosmophone, "une sorte de lyre électrique", selon son créateur ]. Quant à l’expressionnisme du chant, il ne faut pas perdre de vue qu’à l’origine du choix de devenir artiste, "le choix des pauvres" comme l’a écrit le poète beat américain William Burroughs, j’étais comédienne. Les mots qui restent en l’air, ceux sur lesquels je bute, étaient instinctifs, un peu comme dans la vie. Nous répétions pendant huit mois, beaucoup, et tout le temps ; puis la maison de disques nous payait deux jours de studio. On nous comparait sans arrêt à Pink Floyd, mais eux, ils passaient dix mois en studio.»

«Eclairés à la bougie»

«Nous avons éclairé nos spectacles exclusivement à la bougie jusqu’en 1974. Ça donnait une lumière fragile et apaisante. Sans courant d’air, les bougies tenaient une heure et demie. Sinon, on finissait dans l’ombre. Mes cheveux ont failli y passer, je retirais ma tête aux premiers grésillements [rire]. J’ai bien sûr pensé à la Psychanalyse du feu, d’autant que Gaston Bachelard fut ma porte d’entrée en philosophie. Il m’aida à éclairer ma pensée sur le monde et dans l’écriture, à trouver le mot juste.»

«Censurée à la télé»

«J’ai gagné magnifiquement ma vie. On bourrait les salles partout : concert à la cathédrale de Bruxelles en présence de la princesse Paola, déjeuner au Dom Pérignon dans un grand restaurant pour me convaincre de donner deux semaines de concerts à l’Olympia… J’avais refusé : je pensais ne pas pouvoir chanter deux jours de suite à cause du volume sonore des musiciens. Ils ne comprenaient pas que mes cordes vocales n’étaient pas électrifiées.

«Il y eut le reste. Censurée à la télé, censurée sur deux des trois stations de radio : en utilisant Thème en bref comme indicatif, un animateur de RTL a quand même réussi à donner chaque jour ou presque le nom du groupe à l’antenne… La maison de disques [Philips] m’a imposé la mention "Les textes de ces chansons n’engagent que leur auteur" sur les pochettes de Paix et Ame debout. C’est terrible de m’avoir fait ce coup-là.»

Descendant d’Indiens sioux

«Patrice Moullet n’aimait pas les musiciens. Je crois qu’il avait peur d’être dépassé. Après, vous ne pouvez pas imaginer la médiocrité de certains. On a eu un pianiste qui, pendant des années, n’a même pas envisagé de s’acheter son propre clavier – il a fini par piquer un ampli pour le revendre. On a même eu un cas psychiatrique, le percussionniste Carrol Reyn, qui joue sur l’album Libertés : plus d’1,90 mètre, des nattes – il se disait descendant d’Indiens sioux – et un pagne en cuir noir par-dessus le jean ; il saluait en disant "hugh" avec son bras tendu à la nazi. Un facho. J’avais peur de lui. Il a fini par kidnapper un homme d’affaires japonais, l’a torturé pendant une semaine, avant de l’achever d’une balle dans la tête et de stocker les morceaux dans son congélateur. Il s’est pendu en prison.

«Mais on ne pouvait pas se séparer des musiciens. J’ai été condamnée à payer 250 000 francs en 1982. Je ne pouvais pas payer. Henri Krasucki [alors secrétaire général de la CGT] m’a dit : "Catherine, tous les artistes sont concernés, ça regarde tout le monde." Ils ont été près de 80 à m’aider. Les plus riches n’ont pas été les plus généreux.»

 
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Publié par le septembre 7, 2013 dans femmes, misique

 

albert einstein et le violon

Albert-Einstein-et-la-musique[1]Un jour, à ce qu’on raconte, Albert Einstein jouait dans un quatuors d’instruments à cordes avec son ami Fritz Kreisler, le grand violoniste Viennois. Einstein a fait une erreur. "Vous savez, Albert," lui a dit Kreisler, "Votre problème est que vous ne savez pas compter." C’est une histoire qui connait de multiples versions. Mais ce qui est indiscutable c’est que l’inventeur de la théorie de relativité générale était aussi, pendant ses moments de liberté, un violoniste acharné.

"Si je n’étais pas un physicien, je serais probablement un musicien," a-t-il souvent répété. "Je pense souvent en musique. Je vis mes rêveries en musique. Je vois ma vie sous des formes musicales … la plupart de joie de la vie me viennent de la musique."

Aujourd’hui nous avons une chance de comprendre le lien entre la musique et la physique tel que le décrivait Einstein. Le violoniste Jack Liebeck, le Jeune Interprète Classique britannique au the Classical Brits 2010, s’est associé avec Brian Foster, le Professeur de Physique Expérimentale à l’Université d’Oxford, pour donner un cours et un récital sur la Musique des Sphères.

"Brian m’a d’abord entendu jouer au Festival Cheltenham," raconte Liebeck. "Nous avons eu un entretien et plus tard il m’a invité en dîner à la table haute de son université d’Oxford, où j’ai fini de l’interroger sur la physique de particule pendant une heure et demie. Et comme il est lui-même un amateur passionné de violon, je lui en ai donné une leçon. "

Ensemble les deux hommes ont imaginé l’Univers d’Einstein pendant l’Année Mondiale de la Physique en 2005; depuis cette date ils ont donné des conférences dans les écoles et les Universités à travers la Grande-Bretagne, soutenu par the Science and Technology Facilities Council. Mais c’est seulement maintenant qu’ils donnent une séance publique à Londres, à St John’s, Smith Square, le 4 février. Foster parlera à 5.15pm; Liebeck illustrera le cours avec des extraits des pièces de violon de solo de Bach. L’assistance pourra vivre la manière dont la musique agissait sur Einstein.

"Il a utilisé la musique pour dégager son esprit de la forte tension que lui imposaient les concepts tortueux" suggère Liebeck.

Pendant le cours Foster explique les activités de CERN (l’Organisation européenne pour la Recherche Nucléaire) et son Grand Hadron Collider dans un tunnel de 100 mètres. Aucune de ses expériences en cours n’auraient été possibles sans les découvertes d’Einstein. Pourtant, quand le grand homme aurait du recevoir son Prix Nobel en 1922, il n’était pas présent à la cérémonie. Il était au Japon, pour un concert autour de la Sonate Kreutzer de Beethoven.

Liebeck, avec le pianiste Katya Apekisheva, terminera la soirée avec une exécution de trois sonates de violon de Johannes Brahms. Einstein avait une affinité spéciale avec la première de celles-ci, la sonate en G majeur.

Alors qu’il était étudiant en Suisse, il en avait entendu une exécution par le violoniste Joseph Joachim; à la suite de quoi, le scientifique se mit à pratiquer le morceau intensivement, il a décidé d’apprendre tout ce qu’il pourrait de Joachim.

Einstein utilisait souvent sa notoriété pour rencontrer et obtenir une aide amicale musiciens qu’il avait admirés. Il souhaitait jouer de la musique de chambre avec eux et, bien qu’il ne soit pas un virtuose, personne n’osait le lui signaler habituellement. Il faut réserver le cas de Jelly d’Aranyi, le violoniste hongrois pour qui Ravel a écrit son célèbre Tzigane , il a arrêté le quatuor d’instruments à cordes dans lequel il jouait avec Einstein et il a déclaré : "Albert, votre temps est très relatif aujourd’hui…"

L’auteur américain, Jérome Weidman nous a laissé une autre jolie anecdote. Alors qu’il était encore qu’un jeune homme, il se considérait comme quasi-sourd, il attendait avec résignation qu’ait lieu une soirée musicale dans la maison d’un philanthrope de New York. Il s’est trouvé assis à côté d’Einstein, qui lui a demandé s’il aimait Bach. Quand Weidman a avoué n’avoir aucune oreille musicale, Einstein l’a conduit rapidement dans le bureau de leur hôte; et là avec l’aide d’un disque de Bing Crosby et d’autres morceaux, culminant avec Bach, le scientifique a prouvé au jeune homme qu’il avait simplement eu ses oreilles fermées à la musique classique par une première expérience malheureuse avec un professeur et que son "oreille" était parfaitement bonne. La soirée a instillé dans Weidman un amour pour Bach qui ne l’a jamais quitté. Quand leur hôtesse a demandé pourquoi ils avaient manqué le concert, Einstein a souri : "avec mon jeune ami ici, j’ai été engagé dans l’activité la plus grande dont l’homme est capable : ouvrir à autrui un fragment de la frontière de la beauté."

La beauté était primordiale dans la conception d’Einstein de l’univers – inspirée par "l’architecture" et "l’unité intérieure" il l’a trouvé dans la musique de Bach et Mozart. "Le travail d’Einstein était pour beaucoup une tentative d’unifier la physique, et d’expliquer des éléments apparemment disparates dans un même cadre," indique Foster.

"Il avait l’habitude de dire que le cadre pourrait être extrêmement beau. le cas d’Einstein à la recherche de solution harmonieuses est toujours à l’œuvre : le travail à LHC est avant tout une recherche de l’unification et de la beauté. Foster suggère que la recherche du LHC pourra accomplir le rêve d’Einstein, comprendre l’univers grâce à une théorie unifiée.

Le cours et le récital sont gratuits pour tous ceux qui ont moins de 25 ans. Et là, peut-être, y a-t-il un choix essentiel alors que le gouvernement et beaucoup d’autorités locales envisagent des réductions potentiellement dévastatrices pour l’enseignement de la musique. Pourtant il est concevable que sans sa pratique de la musique, Einstein n’aurait jamais pu établir les connexions et les découvertes qui ont changé le monde.

"Jouer de la musique ouvre des sentiers neuronaux qui ne pourraient pas s’ouvrir autrement," dit Liebeck.

"Cela organise des échanges entre divers domaines du cerveau qui ne pourrait pas se connecter aussi aisément sans cela.

"Nous entendons souvent à la radio et la TV des politiciens soulignant l’importance de ‘ les trois" R ‘, mais je pense qu’ils pourraient être plus productif si tous les enfants avaient appris à jouer d’un instrument de musique. Il concentrerait leurs intelligences d’une meilleure manière."

."The performance takes place at St John’s, Smith Square, just round the corner from the Houses of Parliament. Government ministers could do worse than pop in and listen.

The Music of the Spheres, featuring Jack Liebeck, Katya Apekisheva and Professor Brian Foster, is at St John’s, Smith Square, London SW1 (020-7222 1061) 4 February at 5.15pm

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Publié par le août 11, 2013 dans expositions, misique, sciences

 

Cuba sous les doigts

http://youtu.be/9N2IA4ReE4Q

Le pianiste Harold Lopez Nussa est de retour à Montréal pour une soirée alliant solo et trio

29 juin 2013 | Yves Bernard | Musique
Harold Lopez Nussa aime du jazz la liberté de pouvoir improviser et jouer sans que tout soit planifié.
Photo : Agence France-Presse Philippe MerleHarold Lopez Nussa aime du jazz la liberté de pouvoir improviser et jouer sans que tout soit planifié.
Harold Lopez NussaÀ la Cinquième salle de la Place des Arts, lundi 1er juillet à 19 h.

Renseignements : 514 871-1881

Harold Lopez Nussa – Guarija (mp3)

Harold Lopez Nussa fait partie de la forte relève du piano cubain. De formation classique, il est littéralement tombé dans le jazz par la suite, mais il y a la sensibilité et les arômes de son île qui ressortent tout naturellement. S’il n’est pas toujours le plus exubérant des pianistes, il peut néanmoins plonger dans le rythme et s’adapter à plusieurs formules, comme il le fera lundi soir à la Cinquième salle de la Place des Arts, alors qu’il se produira d’abord en solo, puis en trio : une troisième apparition en quatre ans sous son nom au FIJM.Il explique le programme : « En solo, je proposerai un souvenir de la musique que j’ai fait par moments avec quelques titres du répertoire du trio lorsque la musique s’y prête. Lorsque je compose, je pense d’abord ma musique au piano, puis les autres instruments suivent peu à peu. En trio, nous ferons une partie du répertoire de notre prochain disque, qui est presque terminé. »Le titre est trouvé : New Day. Ce « nouveau jour » laisse-t-il présager plusieurs différences avec El país de las maravillas, l’album précédent ? « Il est un peu plus électrique et j’y joue aussi du fender rhodes. C’est la première fois que je fais ça dans un disque, répond Harold Lopez Nussa. Je pense que ma musique y est parfois plus expérimentale. Il y a aussi plus de percussions. Elles sont plus intégrées à la batterie et au cajón flamenco, mais d’un point de vue cubain. »

Cette ouverture est manifeste dans El país de las maravillas, le pays des merveilles que Lopez Nussa a livré en 2011. D’entrée de jeu, des claquements de mains, des sifflets, des voix scandées et chantées donnent le ton à une musique aux inflexions flamencas. Le pianiste se fait rythmique, mais livre aussi une sensibilité parfois plus classique. Il deviendra plus impressionniste ou plus dansant, souvent très jazz. Il offrira quelques douces ballades très mélodiques, reviendra au jazz cubain avec un montuno plus emporté, se lancera vers le groove de la clave plus traditionnelle, puis redeviendra plus intime, fin, introverti, en contraste avec les swings lumineux de certaines pièces.

Il vient d’une famille de musique : son oncle Ernan Lopez Nussa est un réputé pianiste de jazz, son père s’est fait connaître comme batteur de jazz et sa mère, comme professeure de piano. Quant à son frère Ruy, il l’accompagne à la batterie. Harold a commencé avec la musique classique, interprétant Ravel, Bach et Villa-Lobos et se produisant sur disque avec l’Orquesta Sinfonica Nacional de Cuba.

Puis, ce fut le déclic pour le jazz. Il raconte : « J’ai tout de suite aimé la liberté de pouvoir improviser et jouer sur une musique qui n’est pas toujours aussi planifiée, sans toujours avoir l’énorme pression de devoir reproduire exactement une partition. » Ses muses se dédoublent alors : d’un côté, Herbie Hancock, Bill Evans, Bud Powel et Keith Jarrett ; de l’autre, l’oncle Ernan, Rubén Gonzáles, Chucho et Bebo Valdés. De cela, l’esprit cubain lui semble apparaître dans chacune de ses pièces, par un rythme ou un genre qui s’y cache, même discrètement.

Lopez Nussa fait aussi partie de cette nouvelle scène havanaise révélée par Gilles Peterson avec sa compile Havana Cultura parue en 2009. Le pianiste y fait entendre La jungla. Il commente : « Ce disque offre le meilleur de ce qui se passe présentement à Cuba. Mais je pense que, malheureusement, on ne vit pas une époque de grande virtuosité musicale au pays. Heureusement, plusieurs font des choses très intéressantes et les styles y sont très diversifiés. Moi, par exemple, je fais du jazz une journée et j’accompagne une chanteuse de soul ou des auteurs compositeurs le lendemain. C’est un petit monde où tout se mélange. » Il caresse aussi le rêve de mélanger le jazz avec un groupe de rumba, mais pour l’instant, il se concentre sur des projets à moins grand déploiement.

Collaborateur

 
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Publié par le juillet 1, 2013 dans Amérique, misique

 

centenaire Benjamin Britten 2013 par par Carl Fisher

Ce soir au cinéma de minuit le film du britannique Jack Clayton, d’après la nouvelle d’Henry James, mais je voudrais y joindre l’opéra magnifique de Benjamin Britten sont on célèbre le centenaire.
1913-2013. Portrait pour l’année du Centenaire
britten--turn-of-the-screw-ccroisier[1]
jeudi 14 février 2013
Grand dossier Benjamin Britten (1913-1976) Portrait pour le centenaire 2013Identité secrète

Toute l’oeuvre musicale de Britten est scellée par un secret traumatique et une identité refoulée, interdite. Même s’il a trouvé en la personne du ténor Peter Pears, devenu son compagnon de vie, ce "roc" insubmersible auprès duquel il trouvera réconfort et appui, le compositeur cache en lui-même un traumatisme dont peu ont osé parler: il aurait été enfant, abusé par l’un de ses professeurs. C’est pourquoi le sentiment indicible de l’exclusion, de la solitude, de la malédiction, de l’impuissance et de l’innocence sacrifiée, parcourent ses oeuvres, en particulier la typologie de ses personnages et héros de ses opéras… De Peter Grimes à Billy Budd, d’Owen Windgrave à Lucrezia… Chacun est habité par une blessure profonde, silencieuse et secrète dont la musique dit vertiges et mouvements. Mais rien n’est jamais simple et s’il existe une oeuvre frappante par le trouble psychologique qu’elle diffuse, l’écriture de Britten en serait emblématique. L’homme qui est né près de la mer, sur la côte Est de l’Angleterre, dans le Suffolk, demeure attaché à l’élément océanique, comme source d’évasion et de ressourcement. Célèbre et adulé, estimé comme le plus grand compositeur d’opéras anglais du XXème siècle, " Ben " se fixe, à Aldeburgh, où il fonde le festival qui prend son nom… (dont la direction artistique est assurée par Pierre-Laurent Aimard).
Peter Grimes, Billy Budd, dessinent la figure du héros brittenien: un être à part, libre, lumineux qui dérange, souvent un être décalé et critiqué, écarté ou ridiculisé qui réactive l’opposition récurrente à l’opéra, de l’individu contre la société. Owen Windgraveprécise un autre engagement du compositeur: son pacifisme militant. Comme Objecteur de conscience, Britten et aussi Peter Pears, quitte l’Angleterre en guerre, pour rejoindre New York à partir de 1939 à 1942. Beaucoup de jaloux reprocheront aux deux hommes leur fuite et leur trahison.  Son dernier ouvrage, Death in Venice, composé alors qu’il était très malade, est un testament artistique: l’homme s’y dévoile en figure solitaire, contemplative, frappé et porté toujours par son idéal esthétique, jusqu’au terme de sa vie, alors qu’il est en perte d’inspiration, et physiquement très affaibli. Dans le portrait de l’écrivain Aschenbach (d’après le roman de Thomas Mann qui lui-même se serait inspiré d’un épisode autobiographique et aussi d’un élément de la biographie de Tchaïkovski), Britten y dépose ses aspirations les plus intimes. De toute évidence, et l’engouement des scènes lyriques actuelles pour ses opéras en témoigne, de Peter Grimes à The turn of the screw, de Death in Venice au récent Albert Herring (d’après Maupassant), Benjamin Britten fait partie des compositeurs les plus essentiels du XXème siècle. Il est surprenant cependant que son centenaire ne suscite pas plus de productions ni de propositions de concerts.
approfondir
Dossier Benjamin Britten 2006 pour les 30 ans de la disparition du compositeur  britannique. 2006 marque les 30 ans de la disparition de Benjamin Britten. Arthaus Musik réunit en un coffret, 8 dvds incontournables pour qui souhaite se familiariser avec l’univers lyrique du compositeur britannique. L’édition mérite d’autant plus d’être soulignée que les interprétations particulièrement soignées, rendent justice à une oeuvre cohérente par ses thèmes, mais tout autant diverse dans les styles et les univers musicaux développés. Voici une présentation du coffret, prétexte pour nous, à une évocation de l’écriture lyrique de Benjamin Britten, mort le 4 décembre 1976. Lire notre dossier spécial Britten 2006

Identité du héros chez Benjamin Britten. La question de l’identité du héros chez Britten dévoile la part du secret coupable qui scelle le destin de ses personnages : qui est Peter Grimes ? Faire le portrait du protagoniste de son premier opéra, suscite immanquablement une série d’interrogations sur l’ensemble des portraits psychologiques que Britten a abordés : être homosexuel pour le compositeur, c’est éprouver la difficile aventure de la différence. Or cette différence suscite la condamnation de la société, la marginalisation du héros et souvent l’action tragique du remords et de la culpabilité… En lire +
Peter Grimes, premier héros de Britten. Le héros du premier opéra de Benjamin Britten suscite plus de soixante ans après sa création (1945), un débat jamais résolu. Est-ce parce que au fond des choses, dans leur identité tenue secrète par le compositeur, les personnages de Britten se dérobe à toute identité claire, parlant au nom de leur concepteur pour une ambivalence qui nourrit leur forte attraction? Rien de plus fascinant sur la scène qu’un être véritable, contradictoire et douloureux, exprimant le propre de la nature humaine, velléités, espoirs, fantasmes, soupçons, poison de la dissimulation, terrible secret. A la manière des héros d’Henri James, le héros ne livre rien de ce qu’il est : il laisse en touches impressionnistes, suggestives, affleurer quelques clés de sa complexité. En lire +
 
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Publié par le mars 17, 2013 dans cinema, litterature, misique

 

La campagne présidentielle de Dizzy Gillespie, entre improvisation et détermination

http://youtu.be/VUVuX3lLrdg Dizzie Gillepsie et Thelonius Monk… magnifique…

En 1963, à l’apogée de sa carrière, le grand jazzman, précurseur du be-bop, se lance dans la course à la Maison-Blanche. Récit d’une aventure sans tambour mais avec trompette.

Le jazzman promet en effet que, s’il est élu, Miles Davis sera directeur de la CIA, Duke Ellington, secrétaire d’Etat, Max Roach, ministre de la Défense, Charles Mingus, ministre de la Paix, Louis Armstrong dirigera l’Agriculture, Malcolm X, la Justice, et Ella Fitzgerald, les Affaires sociales. Et la Maison-Blanche sera rebaptisée la Maison du Blues. L’annonce est faite dans un style gillespien, entre humour grinçant et improvisations périlleuses. Le musicien interprète également l’hymne de sa campagne électorale avec le chanteur Jon Hendricks, Vote Dizzy. L’homme aux joues de crapaud et à la drôle de trompette ne plaisante qu’à moitié. C’est la première grande étape d’une marche entamée quelques mois plus tôt.

Alors que l’Amérique espère la réélection de JFK en 1964, le pays est toujours laminé par les actes racistes contre les Noirs. "Choqué par cette violence croissante, Dizzy faisait preuve d’une grande conscience politique", raconte Kenny Barron. Il veut faire entendre sa voix et s’inviter dans la campagne qui commence à peine. Au début de 1963, le management de Gillespie crée des pin’s "Dizzy Gillespie for President". Le 12 juin, lendemain du discours de JFK dans lequel le président présente son projet de loi contre la ségrégation raciale, l’activiste afro-américain Medgar Evers est abattu d’une balle dans le dos par Byron De La Beckwith, militant de l’organisation White Citizens’ Council, proche du Ku Klux Klan. Le 28 août, Martin Luther King prononce son célèbre discours "I Have a dream" lors de la marche vers Washington. Gillespie, qui a soutenu ce rassemblement, découvre quelque temps plus tard une photo sur laquelle, au milieu de l’immense foule, un couple arbore les pin’s "Dizzy Gillespie for President". "Cette image fut un déclic. Il décida ce jour-là de participer à la campagne présidentielle", poursuit Kenny Barron.

Au début du mois de septembre, la petite équipe de campagne est mise sur pied par Ralph Gleason et sa femme, Jeannie. Gleason est un journaliste et critique musical reconnu. "Il avait évoqué une éventuelle candidature du trompettiste dans des quotidiens comme le San Francisco Chronicle, raconte Larry Appelbaum, chercheur du département musique de la Library of Congress, à Washington. Mais Gillespie savait qu’il était difficile d’entrer dans le très complexe processus électoral américain." Le 15 septembre, un attentat provoque la mort de quatre adolescentes noires dans une église baptiste de Birmingham, en Alabama. Cinq jours plus tard, à Monterey, Dizzy Gillespie annonce sa candidature.

Il échoue à se faire inscrire sur les bulletins de vote

Son annonce ne passe pas inaperçue. Des articles paraissent dans Ebony, le National Observer et même Playboy. Le siège du futur candidat est installé dans l’appartement des Gleason, à Berkeley, en Californie. Dizzy Gillespie est lié à de puissantes organisations afro-américaines pour la reconnaissance des droits civiques. En quelques semaines, l’équipe est en mesure de lancer des comités dans 25 Etats, créant une mobilisation étonnante pour un candidat sans appuis insttutionnels, sans fonds ni financements importants.

Dizzy Gillespie ne parvient pourtant pas à suivre la trajectoire classique d’un candidat. Il échoue à se faire inscrire sur les bulletins de vote. L’unique solution consiste alors à se présenter en utilisant le système du write-in : le code électoral américain autorise les électeurs à voter pour un candidat qui ne figure pas sur un bulletin, en y ajoutant son nom au stylo. Mais, le 22 novembre 1963, le président John Fitzgerald Kennedy est assassiné à Dallas. Il devient évident que le vice-président Lyndon B. Johnson sera investi par les démocrates lors de l’élection de 1964. Chez les républicains, Barry Goldwater, sénateur de l’Arizona connu pour son opposition à l’intégration raciale, fait figure de favori des primaires.

Pour Gillespie, il faut avant tout contrer Goldwater. Il souhaite également dénoncer l’immobilisme de Johnson en matière de droits civiques. Il rédige alors un programme électoral présenté lors de concerts, rassemblements, conférences, rencontres avec des étudiants. Le 23 juillet 1964, son programme est publié par le magazine California Eagle, de Los Angeles. Il fait des propositions concrètes sur la politique intérieure et les droits civiques. Il souhaite que l’Etat intervienne pour défendre les Noirs américains et garantir l’égalité des chances, il veut dissoudre le FBI et interdire le Ku Klux Klan. Dans le domaine de la politique étrangère, il propose la reconnaissance diplomatique de la Chine, la fin de la guerre au Vietnam et la reprise des relations avec Cuba et les pays communistes.

Victime de pressions pour abandonner son projet

La presse, la télévision et la radio commencent sérieusement à s’intéresser à Dizzy Gillespie. Résultat : il est l’objet de pressions de la part des autres candidats pour qu’il abandonne son projet. Têtu, Gillespie intensifie sa campagne électorale. En août 1964, il retourne au Festival de Monterey, là où tout a commencé, et y loue un stand où sont distribués ses tracts.

A l’approche du jour de l’élection, DownBeat, éminente revue de jazz, interviewe longuement le candidat Gillespie, qui se prononce pour la baisse des impôts, la réduction des armements, l’instruction et la santé gratuites. DownBeat lui consacre sa Une, mais le numéro sort… le 5 novembre, au lendemain du vote et de la victoire de Lyndon Johnson. Personne n’a jamais su pourquoi le journal a paru trop tard.

"Gillespie a obtenu des voix mais il n’y a eu aucune trace de comptage", explique Larry Appelbaum. Le trompettiste, lui, a voté sans enthousiasme pour Johnson : "Il avait plus de chances que moi et j’aurais préféré brûler en enfer plutôt que de voter pour Goldwater." A la fin de sa vie, Gillespie se dira satisfait d’avoir mobilisé des milliers de personnes pour la dignité humaine et la paix.

Par Paola Genone (L’Express), publié le 01/11/2012
 
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Publié par le décembre 20, 2012 dans Amérique, misique

 

les paroles que Yehudi Menuhin a prononcé devant la Knesset, le 5 mai 1991

Yehudi-Menuhin[1]"J’aimerais rappeler les mots de Salomon, sans doute le plus avisé de tous les hommes, ces mots ?crits afin que nous les observions éternellement : " Mon fils, n’oublie pas mon enseignement ; que ton Coeur retienne mes recommandations. Car ils te vaudront de longs jours, des années de vie et de paix. Que la bonté et la verité ne te quittent jamais : attache-les à ton cou, inscris-les sur les tablettes de ton Coeur; et tu trouveras faveur et bon vouloir aux yeux de Dieu et des hommes ". Jamais ces mots n’ont été aussi opportuns qu’aujourd’hui, dans ce monde déchiré par les conflits et le malheur. La peine, l’angoisse et l’horreur nous entourent – le moment n’est-il pas venu pour nous, Juifs réunis ensemble en Israël, de reconnaître notre suprême destinée : celle de guérir et d’aider ?

La réciprocité est la loi pragmatique de toutes les sociétés. Ceux qui vivent par l’épée périront par l’épée, et la terreur et la peur. La haine et le mépris sont mortellement infectieux. Et dans le même esprit, vous devez aimer si vous désirez être aimé, vous devez faire confiance pour que l’on vous fasse confiance, et servir pour que l’on vous serve.

Mes amis, Israël a atteint l’âge de la maturité. Le moment est venu. Relevez ce défi. Ne calculez pas vos actions dans les ténêbres de la peur; mais plutôt dans la lumière éclatante des paroles du Roi Salomon, sinon vous continuerez à vous laisser gouverner par cette peur et cette violence, vous resterez un camp retranché tant que vous survivrez.

Quelles que soient les alternatives, il doit y avoir une réciprocité absolue, une égalité absolue, la reconnaissance mutuelle de la dignité de la vie, le respect des traditions de chacun et de son histoire. Telles sont les conditions sine qua non de la paix. Et non une paix qui serait un hiatus afin de préparer d’autres guerres, mais la paix dans sa signification intégrale, la paix qui doit rester et qui restera une lutte constante et noble.

Cette offre ne peut venir que du plus puissant. Ce pays ne deviendra fort et confiant en l’établissement d’amitiés nouvelles et honorables que lorsqu’il acceptera le fait inéluctable qu’en son sein vivent des gens tout aussi attachés ? la terre, prêts a mourir eux aussi pour leurs idéaux et destinés en fin de compte ? devenir amis.

Un fait est absolument évident: cette façon improductive de gouverner par la peur, par le mépris des dignités essentielles de la vie, cette constante asphyxie d’un peuple d?pendant devrait être la dernière chose acceptée par ceux-la même qui savent trop bien l’horrible signification, la souffrance inoubliable d’une telle existence.

Il est indigne de mon noble peuple, le peuple juif qui s’est efforcé de rester fidèle à un code de droiture morale durant quelque cinq mille ans, qui est capable de créer et d’établir un pays et une société tels que nous le voyons autour de nous, de pouvoir encore refuser le partage de ses grandes qualités et de ses bénéfices à ceux qui séjournent parmi eux ".

 
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Publié par le décembre 1, 2012 dans misique, textes importants

 

rhapsodies hongroises ou rhapsodies tziganes… par Marc Trautman

KapelyeVerecke1895[1]
musiciens tziganes, juifs et ruthènes…

hier j’ai promis d’expliquer à des amis pourquoi il est impossible sur les vieilles photos de distinguer en Homgrie si il s’agit de musiciens juifs ou tziganes, ils sont aussi pauvres les uns que les autres et jouent tous dans les mariages pour gagner leur vie. Ce texte me permet d’ajouter un autre enseignement trés important qu’avait d’ailleurs magnifiquement perçu Bela Bartok (qui ne s’inspira pas de cette musique tzigane ou juive mais du folklore), l’art nait souvent dans la rue, dans les réjouissances et les émotions des pauvres mais les artistes qui ont de la culture et parfois du génie s’en emparent et nous donnent des chef d’oeuvre… (note de Danielle Bleitrach)

En 1859, plus de dix ans après avoir rangé son costume à paillettes de pianiste-star pour se consacrer plus avant à la composition, à l’organisation de la vie musicale à Weimar (d’où il a fini par démissionner en 1848, lassé des coteries conservatrices), et à sa bonne amie Carolyn Sayn-Wittgenstein, Liszt publie en français un ouvrage assez singulier : Des Bohémiens et de leur musique en Hongrie, un imposant pâté de 75.000 mots d’une lecture laborieuse et d’une écriture amphigourique fleurant le dictionnaire des mots rares ou désuets. Sans doute la majeure partie de l’ouvrage est-elle de la plume religieusement fanatique de Carolyn (on lui doit l’indigeste mammouth Des causes intérieures de la faiblesse extérieure de l’Église en 24 volumes), puisque les trois quarts ne parlent ni de musique, ni de Bohémiens, mais tour à tour de métaphysique mystico-pataphysicienne, de religion, de la nature, d’héroïsme, de la pensée et de la conscience, de l’orgueil, de la vanité, de l’Homme, de la poésie, des petits zoziaux libres comme l’air, des juifs (vilipendés à l’envi dans plusieurs chapitres manifestement écrits par Carolyn ; comment un brave homme comme Liszt a-t-il pu se laisser manipuler au point d’avaliser de telles fielleries ?), bref, de tout en général et surtout de rien en particulier. Seuls les ultimes chapitres abordent enfin le thème de la musique tzigane, dans un style autrement léger, enjoué, souvent humoristique, l’évidente signature de Liszt que l’on connaît à travers ses articles dans la Revue musicale des années 1840, du moins ceux qui n’ont pas trop été écrits par/avec Marie d’Agoult. Autre indice prouvant la griffe de Carolyn, ces trop nombreux souvenirs de jeunesse en Petite Russie (l’actuelle Ukraine), où elle a vécu jusqu’à sa fuite en Allemagne avec Liszt !

Le compositeur, fasciné par cette peuplade fantasque et insaisissable – qu’il désigne tour à tour de Romano, Rommy, Rommitschel, Jitanos, Zincali ou Cygany [1] – côtoie leur musique au cours de ses nombreux voyages en Hongrie, intégrant maintes tournures mélodiques, rythmiques et harmoniques dans ses propres œuvres. De là naîtra d’ailleurs une certaine confusion, puisque ses Rapsodies hongroises de 1853 en découlent assez directement alors que le folklore magyar (celui que dégageront plus tard Bartók et Kodaly au cours de leurs tournées ethnomusicologiques) ne procède en rien de la musique tzigane. Rapsodies tziganes serait donc un titre bien plus juste, mais… Voici donc comment Liszt justifie tant bien que mal son appellation ; les italiques sont les siennes. Nous avons légèrement allégé le texte, toujours très fleuri et redondant.

« En publiant une partie des matériaux considérables amassés durant nos longs rapports avec les Bohémiens de Hongrie, transplantés par nous sur le piano comme sur l’instrument qui pouvait le mieux rendre dans son entité le sentiment et la forme de l’art bohémien, nous avons appelé ces morceaux Rhapsodies Hongraises [sic ; Liszt n’utilise jamais Hongroises dans son ouvrage ; Hongraise est l’ancienne prononciation encore utilisée par Louis-Philippe qui parlait également des polonois, ainsi que l’indique Hugo dans Les Misérables, IVe partie, Chap. III, « Louis-Philippe »]. Par le mot de Rhapsodie, nous avons voulu désigner l’élément fantastiquement épique que nous avons cru y reconnaître. Ils nous ont toujours semblé faire partie d’un cycle poétique, remarquable par l’unité de son inspiration éminemment nationale, en ce sens qu’elle ne fut qu’à un seul peuple et qu’elle en peint parfaitement l’âme et les sentiments intimes. Que ce soit une nation de parias, qu’importe à l’art ? Sitôt qu’elle a ressenti des sentiments susceptibles d’être idéalisés, et qu’elle les a revêtus d’une forme d’incontestable beauté et originalité, elle a acquis droit de cité dans l’art, ne l’eut-elle nulle part ailleurs.

Nous avons nommé en outre ces rhapsodies Hongraises parce qu’il n’eût pas été juste de séparer dans l’avenir ce qui ne l’avait point été dans le passé. Les Magyars ont adopté les Bohémiens pour musiciens nationaux. Ils ne les ont pas seulement associés à leurs joies et à leurs banquets, ils ont pleuré leurs larmes en se faisant auditeurs recueillis de leurs Lassans [2]. Le peuple nomade des Cygany n’a pu nulle part lui donner une valeur équivalente à celle qu’elle acquit sur le sol hongrais, car nulle part elle ne rencontra, comme là, la sympathique popularité nécessaire à son grandissement. L’hospitalité libérale des Hongrais envers les Bohémiens fut tellement nécessaire à son existence, qu’elle appartient autant aux uns qu’aux autres, car elle n’eût pu être ni sans les uns ni sans les autres. La Hongrie peut donc, à bon droit, réclamer comme sien cet art, nourri de son blé et de ses vignes, mûri à son ombre et à son soleil. Il est appelé à figurer parmi les plus beaux titres de notre pays. »

Explications légèrement alambiquées… Certains magyarophiles argumenteront que Liszt s’est souvent inspiré de deux danses, la csardas et le verbunkos, considérés comme propriétés nationales hongroises. On leur répondra que le verbunkos était presque toujours joué, au titre de musique d’accompagnement des recruteurs pour l’armée, par des musiciens tziganes, et que le principal compositeur « classique » de ces pièces est Janos Bihari, un Tzigane – dont Liszt, qui a largement puisé dans ses pièces, raconte d’ailleurs la vie et l’œuvre par le menu dans son ouvrage. Quant à la csardas, elle a été développée par un musicien juif hongrois, Mordechai Rosenthal (transformé en Márk Rózsavölgyi dès 1812, quand il fut engagé comme chef d’orchestre au Théâtre allemand de Pesth), auquel notre grand pianiste, qui l’a entendu en 1846, a emprunté des thèmes pour ses Rapsodies n° 8 et 12. Rózsavölgyi fut le professeur de plusieurs célèbres musiciens Rom (parmi lesquels un certain Jean Sarkozy ! [3]). Influences croisées dans ce grand creuset musical qu’est l’Europe centrale… mais il n’en reste pas moins que sans les Tziganes et leur musique, la Hongrie serait orpheline d’un pan majeur de son histoire culturelle.

voici par une interprète remarquable la rapsodie n° 2 et la numéro 12

http://youtu.be/83S8IUzhgP8

http://youtu.be/RCyHxYpaFaU

Marc trautman

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Publié par le août 30, 2012 dans histoire, misique

 
 
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