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Sergueï Glaziev propose une alliance contre le dollar pour forcer les Etats-Unis à mettre fin à la guerre de sécession de l’Ukraine

4atUn conseiller de de Poutine propose une alliance contre le dollar pour forcer les Etats-Unis à mettre fin à la guerre de sécession de l’Ukraine

Putin’s aide proposes anti-dollar alliance to force US to end Ukraine’s civil war
http://voiceofrussia.com/2014_06_18/Putins-aide-proposes-anti-dollar-alliance-to-force-US-to-end-Ukraines-civil-war-8030/

© ФОТО: « ГОЛОС РОССИИ »

Sergueï Glaziev, le conseiller économique de Vladimir Putin, a publié un article qui élabore un plan pour « atteinte à la puissance économique des Etats-Unis » afin de forcer Washington à arrêter la guerre civile en Ukraine. Glaziev estime que la seule façon de faire renoncer à l’US ses plans sur le démarrage d’une nouvelle guerre froide est d’attaquer le système dollar.

Dans son article, publié par Argumenty Nedeli, le conseiller économique de m. Poutine et un des  cerveaux de l’Union économique eurasienne, fait valoir que Washington cherche à provoquer une intervention militaire russe en Ukraine, à l’aide de la junte de Kiev comme appât. S’il y arrive, ce plan donnera Washington un certain nombre d’avantages importants. Tout d’abord, il permettra aux Etats-Unis d’introduire de nouvelles sanctions contre la Russie, radier du portefeuille de Moscou des bons du Trésor américain. Il est encore plus important qu’une nouvelle vague de sanctions crée une situation dans laquelle les entreprises russes ne seront pas en mesure de payer leurs dettes aux banques européennes.

Selon Glazyev, la "troisième phase dite" des sanctions contre la Russie sera d’un coût considérable pour l’Union européenne. Le montant total des pertes sera supérieurs à 1 billion d’euros. Ces pertes nuiront gravement l’économie européenne, en faisant des États-Unis le seul « refuge » dans le monde. Des sanctions sévères contre la Russie vont aussi détourner Gazprom du marché énergétique européen, le laissant grand ouvert pour le GNL beaucoup plus coûteux des États-Unis.

La cooptation de pays européens dans une nouvelle course aux armements et opérations militaires contre la Russie vont augmenter l’influence politique américaine en Europe et aideront les Etats-Unis à contraindre l’Union européenne d’accepter la version américaine de la transatlantique et le partenariat pour l’investissement, un accord commercial qui va transformer fondamentalement l’UE en une grande colonie économique des États-Unis. Glaziev croit qu’enflammer une nouvelle guerre en Europe sera seulement profitable pour l’Amérique et créera seulement des problèmes pour l’Union européenne. Washington a utilisé à plusieurs reprises des guerres mondiales et régionales au profit de l’économie américaine, et maintenant la maison blanche essaie d’utiliser la guerre civile en Ukraine comme un prétexte pour répéter le vieux truc.

Selon Glazyev, l’ensemble des contre-mesures vise spécifiquement la principale force de la machine de guerre américaine, c’est-à-dire l’imprimerie de la Fed. Le Conseiller de Poutine propose la création d’une "large alliance anti-dollar" des pays désireux et capables d’abandonner le dollar dans leurs échanges internationaux. Les Membres de l’alliance devraient également s’abstenir de maintienir dans leur  monnaie se réserve les instruments libellés en dollars. Glaziev préconise de traiter les positions en instruments libellés comme exploitations de titres indésirables et croit que les régulateurs doivent exiger la pleine garantie de valeur de ces participations. Une coalition anti-dollar serait la première étape pour la création d’une coalition contre la guerre qui peut aider à empêcher l’agression des États-Unis ‘ .

Sans surprise, Serguei Glaziev est d’avis que le rôle principal dans la création d’une telle coalition politique doit être joué par les milieux d’affaires européens parce que les tentatives de l’Amérique pour allumer une guerre en Europe et de la guerre froide contre la Russie menacent les intérêts des grandes entreprises européennes. A en juger par les récents efforts pour arrêter les sanctions contre la Russie, faite par les chefs d’entreprise allemands, Français, italiens et autrichiens, le conseiller de Poutine a raison dans son appréciation. Il serait un peu surprenant pour Washington,que  la guerre pour l’Ukraine puisse bientôt devenir la guerre d’indépendance de l’Europe depuis les États-Unis et une guerre contre le dollar.
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Réponse de la Russie : l’Europe peut perdre le marché russe

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© Photo: RIA Novosti/ Dmitry Berkut

http://french.ruvr.ru/2014_08_08/Reponse-de-la-Russie-lEurope-peut-perdre-le-marche-russe-2441/

Par La Voix de la Russie | La première semaine ouvrable de ce mois en Europe s’est achevée par une liste des anti-sanctions de Russie et la colère des centaines de milliers de fermiers qui devront subir l’effet de l’embargo alimentaire russe et qui refusent de comprendre pourquoi Bruxelles exécute à leurs frais les souhaits de Washington de « punir Moscou » pour sa « politique ukrainienne ».

Le 7 août Moscou a interdit pour un an les importations de viande, de poisson, de légumes et fruits, de lait, de fromage et de charcuteries des pays de l’UE, des Etats-Unis, d’Australie, du Canada et de Norvège. Le 8 août il est devenu clair que les sanctions étaient plus dures qu’attendu.

Les pertes seront évaluées à plusieurs milliards d’euros. D’après les calculs actualisés de la Commission européenne, les « anti-sanctions » de Moscou causeront un préjudice de 12 milliards d’euros aux exportations agro-alimentaires européennes. La Finlande, la Pologne, les pays baltes, la Bulgarie, la Grèce et la Roumanie ont déjà annoncé leur intention d’exiger le remboursement des dommages et intérêts. Cependant le commissaire européen au commerce Karel De Gucht a déjà averti que la Commission européenne ne disposait que de 400 millions d’euros à ces fins. Le chef de la Banque centrale européenne Mario Draghi a ajouté qu’il était difficile d’évaluer les conséquences pour l’économie de la zone euro, mais qu’il était certain que la croissance économique se ralentirait.

Le ministre des Affaires étrangères et vice-premier ministre de Grèce Evangelos Venizelos a annoncé que la Grèce dont les fermiers dépendent à près de 50 % des exportations vers la Russie avait déjà entamé les négociations avec Moscou sur une réduction des sanctions en vue d’éviter la ruine de son secteur agraire.

Cela sera difficile, mais l’UE trouvera des fonds pour dédommager les pays baltes, la Bulgarie, la Grèce, la Pologne et la Finlande, bien qu’il s’agisse des milliards d’euros. A la rigueur elle empruntera au FMI, ce qui sera onéreux. Mais le problème plus grave encore que l’UE préfère ne pas évoquer est l’avenir des exportateurs européens. L’analyste de l’Institut de l’économie mondiale et des relations internationales IMEMO Vladimir Olentchenko dit à ce propos :

« Ils perdront le marché dans l’avenir. Aujourd’hui ils sont prêts à vendre quelque chose à la Russie, mais nous ne le prenons pas. Demain tout sera différent. Ce marché sera occupé. Peu importe par qui : par les Biélorusses, les Brésiliens ou les Iraniens. Ce marché attire déjà de nombreux pays ».

L’Europe parle depuis longtemps de la nécessité de diversifier les fournitures énergétiques, mais elle ne réfléchit pas à la nécissité de « diversifier la politique et l’économie ». Il est étonnant que les dirigeants pro-atlantiques de l’UE soient parvenus avec l’aide de Washington à imposer à l’Union européenne une politique catastrophique à l’égard de la Russie, poursuit Vladimir Olentchenko :

« Les dirigeants actuels de l’Union européenne, la Commission européenne avec Barroso à sa tête sont un lobby euro-atlantique qui n’est pas très préoccupé par les intérêts de l’Europe. Sa tâche majeure consiste à garder les liens entre l’UE et les Etats-Unis. Il faut que l’Europe imite en tout les Etats-Unis ».

Le secteur agro-alimentaire de l’UE suit avec inquiétude les informations en provenance de Moscou sur les négociations des détaillants russes afin de remplacer le « panier alimentaire européen » par les denrées des pays qui n’ont pas été impliqués dans les sanctions. Désormais les pays où la Russie achètera des fruits et légumes seront la Turquie, l’ Argentine, l’Arménie, l’Egypte, le Maroc, le Chili, la Chine, l’Ouzbékistan et l’Azerbaîdjan. Pour la viande et les charcuteries, ce seront le Brésil, l’Uruguay, le Paraguay, l’Argentine et la Biélorussie.

Pour ce qui est des producteurs russes, le lobby agro-alimentaire de Russie considère les sanctions actuelles presque comme une panacée et espère que l’Europe restera hypnotisée par Washington et ne fera pas marche arrière en ce qui concerne ses propres sanctions contre Moscou. Le membre de la commission de la Douma pour l’agriculture Alexandre Bogomaz est convaincu que cette année réanimera littéralement les producteurs russes :

« Je pense que dans l’espace d’un an l’Europe perdra complètement le marché de la Russie. Parce que cette année permettra à nos producteurs agricoles de se développer et d’acquérir la confiance dans l’avenir ».

L’UE a déjà accusé Moscou d’avoir violé les règles de l’OMC et le porte-parole de l’UE a qualifié les sanctions du Kremlin de « motivées politiquement ». Les raisons du mécontentement de Bruxelles ne sont pas tout à fait claires : l’UE aurait pu prévoir que les sanctions contre la Russie seront suivies de sa réaction, estime l’expert en chef du portail analytique IT-Trade Ilia Sizov. Il prédit des représailles européennes contre la Russie dans le domaine agro-alimentaire :

«Il va de soi qu’ils répondront. Rien à faire. Mais dans cette bagarre il ne reste qu’à espérer que les parties reviendront à la raison et commenceront à résoudre les problèmes dans le calme, autour de la table des négociations ».

Le professeur d’Oxford Peter Oppenheimer pense que tôt ou tard Bruxelles se verra obligé de se mettre à la table des négociations avec Moscou :

« Il faut une période de « refroidissement » pour calmer les nerfs. Pour que les gens commencent à réfléchir raisonnablement et non pas animés par l’irritation, la colère ou la soif de vengeance. Il faut que tous réfléchissent tranquillement et reviennent à des négociations raisonnables. Ces négociations n’auront pas lieu aujourd’hui ou demain. Mais elles commenceront dans six mois ou dans un an ».

La Russie a été forcée de prendre ces mesures pour se défendre. Le premier ministre Dmitri Medvedev a laissé entendre que Moscou était prêt à la confrontation économique qui lui était imposée par les Etats-Unis et l’UE. Outre l’embargo alimentaire, la Russie envisage l’interdiction de survoler son territoire par les avions des compagnies aériennes européennes et américaines. « Nous sommes prêts à introduire des mesures protectionnistes dans la construction d’avion et d’automobile, dans les constructions navales et dans d’autres secteurs. Mais nous allons le faire d’une manière réfléchie », a déclaré Dmitri Medvedev. Si l’embargo concerne ces secteurs, les pertes de l’UE seront évaluées à des dizaines de milliards d’euros par an.

Russie, UE, produits alimentaires, sanctions, Economie
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La Malaisie dit que l’Ukraine est responsable de la perte de la MH17

La Malaisie dit que l’Ukraine est responsable de la perte de la MH17

Publication: 4 août 2014
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© REUTERS Sergei Karpukhin

La Malaisie a déclaré pour la première fois qu’il croit que le gouvernement ukrainien devrait assumer la responsabilité de la destruction du vol MH17 de Malaysia Airlines, selon le rapport d’un journal de Singapour.

http://actualidad.rt.com/actualidad/view/135946-malasia-ucrania-responsable-siniestro-mh17

Selon ministre des transports de Malaisie, Liow Tiong Lai, cité par le journal singapourien ‘Lianhe Zaobao’, le gouvernement ukrainien a à assumer la responsabilité de la catastrophe parce que ça a été les contrôleurs du trafic aérien ukrainien qui ont permis au MH17 voler dans l’espace aérien dangereux du pays, une décision qui a conduit à la destruction en vol de l’avion et la mort de 283 passagers et 15 membres d’équipage.

Quant à la prétention du magazine des États-Unis magazine "Newsweek" et d’autres publications, qui assurent que les milices populaires dans le sud-est du pays seaient coupables de cette catastrophe, Liow a déclaré, cité par ‘want China Times", que cela nécessitera plus de temps pour que l’on puisse confirmer la source de cette information et que le gouvernement malaisien n’arrivera à de telles conclusions que s’il est absolument sûr de qui est responsable de l’accident.

L’avion Boeing 777-200ER, qui exploitait le vol MH17, a été abattu à une altitude de 9 100 mètres environ 50 kilomètres de la frontière de l’Ukraine avec la Russie. LES Experts croient, en se basant sur la taille et la forme des impacts sur l’épave retrouvée de l’avion, que le projectile qui a détruit l’appareil était un missile système Buk antiaériens, avec laquelle les forces anti-aériennes de l’Ukraine sont armés.

Liow a également souligné que le département d’Aviation civile de la Malaisie est en train d’analyser les avertissements de vol délivrés par la Federal Aviation Administration des États-Unis et pourraient décider de modifier le parcours de ses vols, s’il le juge nécessaire. Une autre alternative est de poursuivre les mêmes itinéraires de vol, mais d’augmenter l’altitude jusqu’à 12 000 ou 13 000 mètres.

 
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Publié par le août 5, 2014 dans actualités, guerre et paix

 

Deux inflexions de Poutine dans son discours historique … qui ne peuvent être isolées du contexte

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A propos de la première guerre mondiale, toutes les célébrations se sont faites plus ou moins par rapport à la situation en Ukraine et à la volonté des Etats-Unis d’aller très loin, cela empreint les propos de Vladimir Poutine d’une grande hauteur historique…

Jusqu’ici en Russie, j’ai l’impression tout le monde était à peu près d’accord sur le caractère impérialiste de la première guerre mondiale… Là Poutine insiste sur la manière dont le Russie impériale a tout fait pour détourner l’Europe d’un choix belliciste, mais malgré tous ses efforts la Russie tsariste n’a pu empêcher la guerre, mais elle a dû intervenir en soutien au peuple slave de Serbie…

Deuxième inflexion, pour la première fois à ma connaissance est plus ou moins critiquée la paix de Brest Livotsk et la manière dont les Bolcheviques ont cédé une partie du territoire parce que la proie de divisions et de luttes pour le pouvoir… Mais les divisions bolcheviques sont aussi celles des élites russes qui menacent aujourd’hui… Résultat, il faut conserver l’unité du peuple russe qui subit une agression, à toutes les étapes de leur histoire, accepter l’héritage de la volonté de paix qui a toujours été le propre de la Russie… Rappel de ce rôle de protecteur (la troisième Rome) par rapport à l’Europe berceau de la civilisation en proie à ses divisions et aux invasions barbares…

Extraits de discours:
Les messages de Vladimir Poutine à la milice populaires, l’Europe, le Russe et toute l’humanité
Aux milices populaires

«Tout au long des longueur siècles la Russie a agi pour les relations solides et confidentielles entre les États.Il en Était ainsi à la veille de la Première Guerre mondiale. Quand la Russie a fait tout pour persuader l’Europe de résoudre paisiblement, sans effusion de sang le conflit entre la Serbie et l’Autriche-Hongrie. Mais la Russie n’a pas été pas entendue. Et elle devait répondre à l’appel, en protégeant le peuple fraternel slave. En se protégeant, les citoyens contre la menace extérieure».

Aux compradors

«Cependant cette victoire a été volée au pays. Elle a été volée par ceux qui appelait à la défaite de la Patrie, de l’armée, semait les différends à l’intérieur de la Russie, se déchirait vers le pouvoir, en trahissant les intérêts nationaux».

À l’Europe

«Reposent là les combattants des différents pays. Mais ils sont liés pour toujours à la tragédie totale. Elle rappelle ce à quoi l’agression et l’égoïsme, les ambitions excessives des chefs d’États et des élites politiques amènent, en prenant le dessus sur le bon sens, et au lieu de la préservation du continent le plus réussi du monde — l’Europe, l’exposent au danger. Bien se rappeler cela aujourd’hui»

À l’humanité

«Bien apprendre à regarder et trouver quand même le pas en avant. À l’humanité, il est grand temps de comprendre et accepter une vérité principale : la violence engendre la violence. la voie vers le monde et la prospérité de tous se forme par la bonne volonté et le dialogue. Et la mémoire, les leçons des guerres passées. Le monument des combattants de la Première Guerre mondiale — non seulement le tribut à leurs grands exploits, est un avertissement sur le fait que le monde est fragile, et que nous sommes engagés à le ménager, à nous rappeler que le plus précieux sur la terre — la vie de paix, tranquille stable

Pour la Russie

«Exactement il y a un siècle la Russie était est obligée d’entrer dans la Première guerre mondiale. Et aujourd’hui nous ouvrons le mémorial à ses héros – les soldats russes et les officiers. Nous ouvrons sur le chagrin de Poklonnoj, qui garde la mémoire reconnaissante la gloire militaire des armées russes, tous, qui à de différentes étapes de l’histoire de notre État ont protégé son indépendance, sa dignité et sa liberté.

http://ru.faktxeber.com/gggggg-gggggggg-gggg-ggggggg-ggggg-ggg-g-ggg-ggggggg_h434060.html

 
 

Il est très important en tant que Juive de m’élever contre l’injustice et de lutter contre toutes formes de racisme.

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Il est très important en tant que Juive de m’élever contre l’injustice et de lutter contre toutes formes de racisme.

Lettre ouverte de Judith Butler

Judith Butler, née le 24 février 1956, philosophe américaine et théoricienne du genre, domaine qui fait couler beaucoup d’encre ces temps-ci, est une intellectuelle complexe qui laisse peu de monde indifférent. Lauréate du Prix Adorno en 2012*, elle fut violemment attaquée pour ses positons critiques et antisionistes sur le conflit israélo-palestinien. Elle s’explique dans cette lettre : autoportrait épistolaire d’une des grandes figures intellectuelles de notre temps.

* Son discours de réception est à lire ici: http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/09/28/pour-une-morale-a-l-ere-precaire_1767449_3232.html

Le Jérusalem Post a récemment publié un article, rapportant que certaines organisations s’opposent à ce que je reçoive le prix Adorno, un prix décerné tous les trois ans à quelqu’un qui travaille dans la tradition de la théorie critique au sens large. Les accusations portées contre moi disent que je soutiens le Hamas et le Hezbollah (ce qui n’est pas vrai), que je soutiens BDS (partiellement vrai), et que je suis antisémite (manifestement faux). Peut-être ne devrais-je pas être aussi surprise du fait que ceux qui s’opposent à ce que je reçoive le prix Adorno aient recours à des accusations aussi calomnieuses, sans fondements, sans preuves, pour faire valoir leur point de vue. Je suis une intellectuelle, une chercheuse, initiée à la philosophie à travers la pensée juive, et je me situe en tant que défenderesse et dans la perpétration, la continuité d’une tradition éthique juive comme le furent des personnalités tel que Martin Buber et Hannah Arendt. J’ai reçu une éducation juive au Temple à Cleveland, dans l’Ohio sous la tutelle du Rabbin Daniel Silver où j’ai développé de solides fondements éthiques sur la base de la pensée philosophique juive.

J’ai appris, et j’accepte, que nous sommes appelés par d’autres et par nous-mêmes, à répondre à la souffrance et à réclamer, à œuvrer afin qu’elle soit soulagée. Mais pour ce faire, nous devons entendre l’appel, trouver les ressources permettant d’y répondre, et parfois subir les conséquences d’avoir parlé comme nous le faisons. On m’a enseigné à chaque étape de mon éducation juive qu’il n’est pas acceptable de rester silencieux face à l’injustice. Une telle injonction est difficile à mettre en œuvre, car elle n’indique pas exactement quand, ni comment parler, ni comment parler de manière à ne pas produire une nouvelle injustice, ou encore comment parler de façon à être entendue et compris clairement et justement. Ma position actuelle n’est pas entendue par ces détracteurs, et peut-être cela ne devrait-il pas me surprendre, car leur tactique consiste à détruire les conditions d’audibilité.

[…] Il est faux, absurde et pénible que quiconque puisse prétendre que ceux qui formulent une critique envers l’Etat d’Israël sont antisémites ou, si juifs, victimes de la haine de soi. De telles accusations cherchent à diaboliser la personne qui articule un point de vue critique et à disqualifier ainsi, à l’avance son point de vue. C’est une tactique pour faire taire : cette personne est inqualifiable, innommable, et tout ce qu’elle dira doit être rejeté à l’avance ou perverti de telle façon que la validité de sa parole soit niée. Une telle attitude se refuse à considérer, à examiner le point de vue exposé, se refuse à débattre de sa validité, à tenir compte des preuves apportées, et à en tirer une conclusion solide sur les bases de l’écoute et du raisonnement. De telles accusations ne sont pas seulement une attaque contre les personnes qui ont des opinions inacceptables aux yeux de certains, mais c’est une attaque contre l’échange raisonnable, sur la possibilité même d’écouter et de parler dans un contexte où l’on pourrait effectivement envisager ce que l’autre a à dire. Quand un groupe de Juifs qualifie un autre groupe de Juifs d’ « antisémite », il tente de monopoliser le droit de parler au nom des Juifs.

Ainsi, l’allégation d’antisémitisme recouvre en fait une querelle intra juive.

Aux États-Unis, j’ai été alarmée par le nombre de Juifs qui, consternés par la politique israélienne, y compris l’occupation, les pratiques de détention à durée indéterminée, le bombardement des populations civiles dans la bande de Gaza, cherchent à désavouer leur judéité. Ils font l’erreur de croire que l’Etat juif d’Israël représente la judéité de notre époque, et que s’identifier comme juif signifie un soutien inconditionnel à Israël. Et pourtant, il y a toujours eu des traditions juives qui s’opposent aux violences des Etats, qui prônent une cohabitation multiculturelle et défendent les principes d’égalité ; et cette tradition éthique vitale est oubliée ou écartée lorsque l’un d’entre nous accepte Israël comme étant le fondement de l’identité et ou des valeurs juives. Nous avons donc d’une part, les juifs qui critiquent Israël et pensent qu’ils ne peuvent plus être juif puisqu’Israël représente la judéité, et d’autre part, ceux qui pour qui Israël représente le judaïsme et ses valeurs, cherchant à démolir quiconque critique Israël en concluant que toute critique est anti-sémite ou, si juive, issue de la haine de soi.

Je m’efforce, tant dans la sphère intellectuelle que dans la sphère publique de sortir de cette impasse, de cet emprisonnement.

À mon avis, il y a de fortes traditions juives, et même des traditions sionistes initiales, qui attachent une grande importance à la cohabitation et offrent une panoplie de moyens pour s’opposer aux violences de toutes sortes, y compris la violence d’Etat. Il est très important en ce moment, pour notre époque que ces traditions soient soutenues, mise à l’honneur, vivifiées, inspirées – elles représentent des valeurs de la diaspora, les luttes pour la justice sociale, et la valeur juive extrêmement importante, celle de « réparer le monde » (Tikkun).

Il est clair pour moi que les passions soulevées par ces questions rendent la parole et l’écoute très difficiles. Quelques mots sont sortis de leur contexte, leurs sens déformés, et ils étiquettent, labellisent un individu. C’est ce qui arrive à beaucoup de gens qui émettent un point de vue critiquant Israël – ils sont stigmatisés comme antisémites ou même comme collaborateurs nazis ; ces formes d’accusations visent à établir les formes les plus durables et les plus toxiques de la stigmatisation et de diabolisation. La personne est ciblée, en sélectionnant des mots hors contexte, en inversant leurs significations et en les collant à la personne : annulant en effet les propos de cette personne, sans égard pour la teneur de ses opinions, de sa pensée.

Pour ceux d’entre nous, qui sommes des descendants de Juifs Européens, détruits, exterminés par le génocide nazi (la famille de ma grand-mère a été anéantie dans un petit village au sud de Budapest), c’est l’insulte la plus douloureuse et une véritable blessure que d’être désigné comme complice de la haine des Juifs ou d’être défini comme ayant la haine de soi. Et il est d’autant plus difficile d’endurer la douleur d’une telle allégation lorsqu’on cherche à promouvoir ce qu’il y a de plus précieux dans le judaïsme, cette réflexion sur l’éthique contemporaine, y compris la relation éthique à ceux qui sont dépossédés de leurs terres et de leurs droits à l’autodétermination, à ceux qui cherchent à garder vivante la mémoire de leur oppression, à ceux qui cherchent à vivre une vie qui sera, et doit être, digne de faire son deuil. Je soutiens le fait que ces valeurs soient issues d’importantes sources juives, ce qui ne veut pas dire que ces valeurs soient spécifiquement juives. Mais pour moi, étant donné l’histoire à laquelle je suis liée, il est très important en tant que Juive de m’élever contre l’injustice et de lutter contre toutes formes de racisme. Cela ne fait pas de moi une Juive qui a la haine de soi ; cela fait de moi une personne qui souhaite clamer un judaïsme qui ne s’identifie pas à la violence d’Etat mais qui s’identifie à une lutte élargie pour la justice sociale.

[…]

J’ai toujours été en faveur de l’action politique non-violente, principe auquel je n’ai jamais dérogé. Il y a quelques années une personne dans un public universitaire m’a demandé si je pensais que le Hamas et le Hezbollah appartenait à « la gauche mondiale » et j’ai répondu sur deux points :

Mon premier point était purement descriptif : les organisations politiques se définissant comme anti-impérialistes et l’anti-impérialisme étant une des caractéristiques de la gauche mondiale, on peut alors sur cette base, les décrire comme faisant partie de la gauche mondiale.

Mon deuxième point était critique : comme avec n’importe quel groupe de gauche, il faut décider si l’on est pour ou contre ce groupe, et il faut alors évaluer de façon critique leurs positions.

[…]

A mon avis, les peuples de ces terres, juive et palestinienne, doivent trouver un moyen de vivre ensemble sur la base de l’égalité. Comme tant d’autres, j’aspire à un régime politique véritablement démocratique sur ces terres et je défends les principes de l’autodétermination et de la cohabitation des deux peuples, en fait, pour tous les peuples. Et mon souhait est, ce que souhaitent un nombre croissant de juifs et non juifs, celui que l’occupation prenne fin, que cesse la violence sous toutes ses formes, et que les droits politiques de chaque habitant soient assurés par une nouvelle structure politique.

 

D’affirmation en affirmation on oublie l’essentiel

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Les Etats-Unis ont indirectement confirmé le déploiement de systèmes de défense aérienne près de Donetsk en Ukraine le 17 juillet, le jour du crash du Boeing 777 malaisien, a déclaré l’agence RIA Novosti en référence à une source au ministère russe de la Défense.

L’interlocuteur de l’agence a ainsi commenté une déclaration du porte-parole de la Maison Blanche Josh Ernest disant qu’une roquette qui a abattu l’avion Boeing 777 avait été tirée depuis le territoire contrôlé par les miliciens, à un moment où les systèmes de défense aérienne ukrainiens ne fonctionnaient pas.

Selon la source, les États-Unis ont ainsi confirmé l’authenticité des données des images par satellite présentées lors d’un point de presse spécial tenu le 21 juillet au ministère de la Défense, au cours duquel il a été déclaré que l’unité de défense aérienne des forces armées ukrainiennes près de la ville de Donetsk comptait quatre divisions de missiles Bouk-M1.
Lire la suite: http://french.ruvr.ru/news/2014_07_27/Ukraine-les-USA-confirment-indirectement-la-presence-de-systemes-de-defense-aerienne-pres-de-Donetsk-5770/

D’affirmations en affirmations on en arrive selon moi à oublier l’essentiel: qu’est ce que cette étrange opération "punitive" contre des gens que l’on qualifie de "séparatistes" alors qu’ils veulent une fédératin comparable à celle existant en Allemagne, de "terroristes" alors qu’ils restent sur leur territoire et le défendent contre une armée qui ose leur infliger des tirs de missile d’une telle portée… la question demeurant à quoi peut servir un tel type d’armement contre des "rebelles" qui n’ont pas d’aviation…

 
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Publié par le juillet 27, 2014 dans Amérique, Europe, guerre et paix

 

Ukraine: un fossé à la frontière avec la Transnistrie

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Ces gens sont de grands paranoïaques, mais il est clair également qu’ils sont en train de rassembler les conditions d’un nouveau foyer de guerre au cœur de l’Europe. Il existe un espace qui n’a jamais reconnu la fin de l’union soviétique, la Transnistrie mais dans lequel le conflit s’est résolu par un stationnement des troupes de l’ONU, essentiellement des Russes mais avec mandat international et quelques foyers secondaires d’anciens cosaques qui sont dans la même situation à proximité de la vile d’Odessa, mais surtout il va y avoir les élections en Moldavie. Une élection parlementaire aura lieu le 30 novembre 2014 en Moldavie . Elle se tiendra sous un système de représentation proportionnelle de liste dans une circonscription nationale unique pour tous les 101 sièges au Parlement. Pour entrer au Parlement ‘une liste de parti doit recevoir au moins 6 % des voix, une liste des deux parties ont besoin d’au moins 9 %, une liste de trois des parties ont besoin d’au moins 11 % tandis que le candidat indépendant a besoin d’au moins 2 %. Les communistes sont majoritaires dans ce pays et ils n’ont réussi à être écarté du pouvoir que par une coalition "pro-européenne allant de l’extrême-droite à la social démocratie. Le mécontentement est grand et les sondages tablent sur le retour des communistes qui ne font pas mystère de leur volonté de rejoindre la CEI. Comme ils ont dénoncé la main mise des Etats-Unis et de l’UE sur l’Ukraine. Donc ce mur qu’érige la junte de Kiev (à qui les "travaux" rapporte-t-il?) est-il le signe de l’ouverture d’un nouveau front dans cette malheureuse Ukraine?

KIEV, 26 juillet – RIA Novosti

L’Ukraine a décidé de creuser un fossé large de 3,5 m et profond de 2 à 3 m à la frontière avec la république autoproclamée moldave de Transnistrie, a annoncé samedi à Kiev Alexandre Iakovenko, porte-parole du Département sud du Service ukrainien de la Frontière.

"Nous avons déjà creusé les cinq premiers kilomètres du fossé sur le territoire contrôlé par les gardes-frontières ukrainiens du détachement Belgorod-Dniestr. Des matériels spéciaux du Service d’Etat de la frontière sont engagés aux travaux. Ils fonctionnent 24 heures sur 24 et passent environ 2,5 kilomètres par jour", a indiqué M.Iakovenko.

Les citoyens russes âgés de 17 à 75 ans qui résident en permanence en Transnistrie sont interdits d’entrée en Ukraine depuis le 12 mars. Près de 180.000 habitants de la Transnistrie (près d’un tiers de la population) ont des passeports russes. Les Ukrainiens ethniques représentent un autre tiers de la population de cette république sur le Dniestr.

La république moldave de Transnistrie s’est formée en 1990, un an avant la chute de l’URSS. Alarmées par les déclarations des milieux radicaux de Chisinau sur le rattachement possible de la Moldavie à la Roumanie, plusieurs régions moldaves de la rive gauche du Dniestr ont alors proclamé leur indépendance. La Moldavie a perdu le contrôle de la Transnistrie en 1992, après avoir échoué à régler le problème par la force. La paix dans la zone du conflit transnistrien est assurée par une Force multinationale comprenant des contingents russe, moldave et transnistrien.

Le règlement du conflit fait l’objet de négociations menées au format "5+2", qui réunissent la Moldavie et la Transnistrie en tant que parties au conflit, la Russie, l’Ukraine et l’OSCE en tant que médiateurs, et l’Union européenne et les Etats-Unis en tant qu’observateurs.

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Pékin met en garde contre les conclusions précipitées à propos du crash

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PEKIN, 18 juillet (Reuters) – L’agence Chine nouvelle officielle a jugé vendredi que les pays occidentaux allaient un peu vite en besogne en impliquant la Russie dans la destruction du Boeing de la Malaysia Airlines qui a fait 298 morts jeudi soir dans l’est de l’Ukraine.

"Si l’avion a bien été abattu par un missile, les auteurs devront être traduits en justice en dépit de leurs mobiles ou de leurs excuses, car ce sera une attaque terroriste intolérable", écrit l’agence officielle chinoise dans une dépêche en anglais.

Chine nouvelle critique les responsables américains ou australiens qui ont pointé du doigt, trop vite selon elle, les rebelles pro-russes avec le soutien des renseignements russes.

"L’accusation était apparemment précipitée car les responsables ont admis qu’ils ne savaient pas, pour l’instant, qui est responsable de cette attaque, tout en condamnant l’intervention militaire russe."

Le ministère chinois des Affaires étrangères a exprimé sa consternation et présenté ses condoléances aux familles des victimes du vol MH-17, dans un communiqué posté sur son site. (Michael Martina; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

 
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Publié par le juillet 23, 2014 dans Asie, guerre et paix

 

Très important: Il n’est plus possible de « lâcher » la Nouvelle Russie. La majorité des Russes soutiennent le projet social des Républiques populaires du Donbass

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Il n’est plus possible de « lâcher » la Nouvelle Russie. La majorité des Russes soutiennent le projet social des Républiques populaires du Donbass

Selon un récent sondage du Centre Levada, une majorité de Russes (65%) suivent avec une extrême attention ce qui se passe en Ukraine. 59% des répondants croient que le gouvernement devrait soutenir activement le Sud-Est, et 64% approuvent l’aide des républiques autoproclamées de Donetsk et Lugansk par des bénévoles russes. Ainsi, les résultats indiquent clairement qu’une majorité de Russes soutiennent le mouvement de Résistance.
D’autre part, les données de l’enquête suggèrent que l’opinion des gens coïncide presque complètement avec la couverture des événements en Ukraine par les médias officiels russes. 91% des répondants ont admis que les informations de base sur la situation dans le pays voisin leur viennent de la télévision, et 79% pensent que l’image qui leur est donnée correspond à la réalité. Et donc la question se pose, comment changera l’humeur des Russes, si notre angle de couverture médiatique change? C’est pourtant une tendance qui se dessine.

Si il y a quelques semaines, notre télévision rendait compte essentiellement des succès dans les batailles contre les forces de l’ordre envoyées par Kiev, maintenant l’accent est mis sur la sympathie pour les victimes des mesures punitives et les réfugiés. Auparavant les présentateurs martelaient la non-reconnaissance par Moscou du nouveau gouvernement en Ukraine, maintenant nous n’entendons que des notes apaisantes sur les «plans de paix» de Porochenko. Le message est que la priorité est de faire cesser la violence. Dans le même temps on passe sous silence les idées de la Nouvelle-Russie, qui ne se bat pas que pour elle mais pour développer une large résistance à Kiev dans tout le Sud-Est.

Le projet «Nouvelle Russie» comprend non seulement la création d’une unité territoriale où le russe obtiendrait le statut de langue officielle, mais aussi la fondation d’un ordre social plus équitable. "La terre et ses ressources, ainsi que les principaux actifs industriels et financiers créés par le travail des hommes, seront la propriété de la population de la Nouvelle-Russie, et ne peuvent être privés … L’argent n’est pas une marchandise, mais seulement un équivalent de change. Les taux de prêt – sont une méthode d’asservir les entreprises et un moyen déloyal pour la redistribution des ressources en faveur du prêteur (la banque) "- c’est ainsi que l’un des chefs de la Résistance Paul Gubarev définit les contours de la structure sociale de Novorossia. Les dirigeants de la République populaire de Donetsk ont déjà décidé d’augmenter les pensions, les bourses d’études et les salaires des employés de l’État. Alors qu’en Ukraine à partir du 1er Juillet, devrait augmenter le coût des services communaux (eau, gaz, électricité) de 70% à 100%, la RPD a décidé de les geler au niveau de 2013.

Il est clair que ces idées ne sont pas susceptibles de plaire aux oligarques russes. Par conséquent, nous pouvons supposer que nos milliardaires feront tous les efforts pour empêcher de mettre en œuvre le projet «Nouvelle Russie» sous cette forme. Et donc ils disent, nous allons négocier la paix. Dans le contexte actuel cette position ne signifie qu’une perte de temps et l’occasion pour les milices ukrainiennes de se renforcer. Mais un changement de la politique d’information des médias russes suffira-t-il à affaiblir le soutien populaire russe Donbass?

Le Chef du département des études sociales et culturelles « Centre Levada » Alexeï Levinson estime que les médias peuvent sérieusement modifier l’attitude des Russes par rapport au Sud-Est:

- A mon avis, maintenant le sentiment public existant n’est pas seulement inspiré par la télévision. Par lui-même, il a un caractère ambigu. Beaucoup d’indices montrent que les opinions vont changer. Pas seulement à cause de la nouvelle orientation de la TV, mais aussi du changement de la politique étrangère de Moscou. L’opinion publique dans son ensemble est maintenant dans un état, puis passera à une autre.

"SP": – C’est-à-dire, la politique de soutien aux milices du Donbass va changer?

- Elle va évoluer vers un soutien aux initiatives de paix. Si le Kremlin se prononce dans ce sens et s’il est soutenu par la communauté internationale, la société approuvera un discours sur la paix.
L’attitude envers les milices elles-mêmes ne changera pas rapidement. Simplement elles disparaîtront du champ de vision. Les citoyens soutiennent généralement les idées qui exposent Russie sous un jour favorable. Si vous souhaitez laisser penser que la Russie est l’artisan de la paix, les gens vont soutenir ce point de vue.

"SP": – Il est dit que si la Russie ne soutient pas les milices, le gouvernement perdra toute la crédibilité obtenue après l’annexion de la Crimée.

- Les sentiments publics peuvent être modifiés imperceptiblement. Il ne convient pas d’affirmer que la lutte de la milice n’a pas de sens, vous pouvez tout simplement dire que notre pays a toujours été pour la paix. Répéter que nous voulons seulement le bien du peuple ukrainien. Vous pouvez trouver des belles formules pour plaire à l’opinion publique.
Une volte-face pourrait coûter au gouvernement russe son soutien populaire. En effet, jusqu’à récemment, la propagande de l’Etat était orientée vers le besoin essentiel d’une action résolue. Mais dans un proche avenir, le peuple continuera à soutenir les actions du président.

"SP": – Quels attrait ont les idées de la Nouvelle-Russie, plus précisément, les principes sociaux de la république?

- Pour l’ensemble de la société russe tout cela a une valeur assez symbolique. Pour l’instant on ne se pose pas la question du prix de ces projets. Quand on commencera à penser au prix à payer, l’enthousiasme risque de retomber. Les Russes sont contents de récupérer des territoires, à condition que le prix ne soit pas trop élevé. Par conséquent, les autorités peuvent jouer sur une sortie de crise à bilan nul, lorsque les anciennes exigences sont remplacées doucement par des compromis. En fait, c’est déjà le cas.

Cela provoquera un tollé du côté de ceux qui adhèrent à des positions idéologiques cohérentes. Mais la grande masse des gens n’exige pas de cohérence idéologique de la part du pouvoir.

Le Directeur de l’Institut de la mondialisation et des mouvements sociaux Boris Kagarlitskiy estime que l’attrait des projets sociaux de Novorossia est plus important que la politique gouvernementale de l’information:

- Si notre télévision change son paradigme d’information, les Russes vont encore soutenir le mouvement populaire dans le Sud-Est de l’Ukraine. Le succès actuel de la propagande du Kremlin vient du fait que la ligne politique proposée a coïncidé avec l’humeur du public. Et c’est ainsi qu’ils se renforçaient mutuellement. Mais bien sûr maintenant, si le Kremlin essaie de changer radicalement, il va devenir la victime de sa propre propagande antérieure.

C’est pourquoi, à mon avis, les autorités ne peuvent se résoudre à un changement rapide de paradigme. Ils n’ont tout simplement pas la possibilité de "lâcher" Novorossia sans se causer de dommage appréciable à eux-mêmes. Même avec l’extrême désir des élites russes de négocier avec l’Occident en abandonnant la résistance du Sud-Est. Ce serait techniquement très difficile, et, peut-être même voué à l’échec.

"SP": – A quel point l’aspect social du projet de «Nouvelle Russie» est-il important pour les citoyens russes ?
– Je pense que c’est très important. Les idées de Novorossia reflètent les besoins actuels de la société en Russie également, où le mécontentement est grand. Par conséquent Novorossia devient pour les citoyens russes une sorte de phare.
Les événements récents dans le Sud-Est de l’Ukraine sont devenus un facteur d’éveil et de prise de conscience de la société russe. Et nous allons encore en voir les conséquences. Notre politique intérieure en sera sérieusement affectée.

"SP": – Mais il est peu probable qu’une telle prise de conscience soit appréciée des oligarques russes.
– C’est certain. Mais le processus a commencé, il sera très difficile de l’arrêter.

Le plus intéressant est que si l’élite n’aide pas la Nouvelle-Russie, ce projet deviendra pour eux encore plus désagréable. Mais si elle vient pour aider, l’élite appuiera un projet de structure sociale complètement différent de ce qu’elle aimerait voir.
Je pense que les oligarques tentent de prendre les choses en main et de déformer le projet. Mais le fait est que la structure sociale alternative proposée par Novorossia correspond aux aspirations de nos gens à l’intérieur du pays.
– Bien sûr, le peuple russe est exposé à l’influence manipulatrice. Mais dans le cas du soutien aux milices du Donbass, la manipulation ne concerne que la part des citoyens qui n’a pas de point de vue précis, de valeurs idéologiques et de position dans la vie, – dit le professeur Alexander Buzgalin de l’Université de Moscou . – Dans le cadre des événements ukrainiens, à mon avis, il y a eu des avancées majeures dans la compréhension des citoyens de la Fédération de Russie de leur existence humaine. Je n’ai pas peur des mots. Les gens ont vraiment commencé à réfléchir sur les grandes valeurs, le rôle de l’État dans leur vie, de la culture nationale du pays. A réfléchir à la dignité humaine, la capacité de sacrifier leur bien-être, et peut-être même leur vie pour atteindre de grands objectifs, dépassant la valeur de la famille ou l’enrichissement personnel. Au premier plan sont passées les questions de la guerre, de la paix, de la défense de la patrie.
J’ai remarqué que la célébration du 9 mai en Russie cette année a eu lieu dans une ambiance nouvelle. Les gens étaient plus sérieux, concentrés. Il me semblait qu’ils se jugeaient à l’aune de ce qui s’est passé de 1941 à 1945 dans l’espace de nos pays.
En ce sens, l’influence manipulatrice peut changer l’opinion d’une masse considérable de Russes sur les événements en Ukraine. Mais beaucoup de nos concitoyens ont redéfini leur rapport à la réalité.
Cependant, il y a un revers à la médaille. Dans le sillage de valeurs patriotiques positives est apparu le "chauvinisme". Et cette écume indésirable a également influencé l’opinion publique.
Je pense qu’il est fondamentalement important de parler aux gens de l’alternative internationale de Novorossia. Je pense nécessaire de soutenir Donetsk, Lugansk et tous le Sud-Est du point de vue de l’internationalisme, et non dans le cadre des «bons Russes – méchants Ukrainiens." Des Russes et des Ukrainiens il y en a de toutes sortes, mais la question est celle des agissements cruels du gouvernement de Kiev contre les habitants du Sud-Est et d’autres régions de l’Ukraine.

"SP": – Est-ce que action sera la plus forte pour les Russes: la propagande étatique sur la sympathie pour les victimes ou l’attractivité du projet social?

- Je ne suis pas entièrement sûr que Novorossia propose un projet cohérent. Bien que je voudrais vraiment qu’il en soit ainsi. Mais il existe des gens qui essaient de formuler un projet pour la Nouvelle-Russie, le Donbass. Et il y a aussi, bien sûr, le fait que la propagande russe tente d’étouffer la présence d’alternatives de développement socio-économique en Novorossia. Le désir de construire une économie socialement orientée, une société plus démocratique n’est pas reflété par notre télévision.
Mais si Novorossia dans la pratique est en mesure de montrer un autre exemple d’ordre social, elle aura une grande influence sur la société russe. Surtout, si cette pratique est soutenue publiquement par l’opposition en Russie. Alors, l’influence des médias ne sera pas aussi importante.

Le Coordonnateur du Front populaire pour la libération de l’Ukraine Vladimir Rogov attire l’attention sur le fait que l’aide des Russes au Donbass ne se limite pas à unsoutien moral:
– En Novorossia pour la première fois est apparue la possibilité de créer un état social. Non pas en paroles, mais en actes. Sans les oligarques et la gabegie qui a régné dans les années 1990 en Russie et continue de se produire en Ukraine. C’est un Etat qui ne sera pas membre de l’OMC à des conditions désaventageuses, et ne se laissera pas asservir par l’Europe.

S’agissant de l’aide des Russes, elle est vitale. Les gens ordinaires fournissent une aide colossale. C’est l’accueil des réfugiés et l’envoi de matériel de protection, de nourriture et de médicaments. Nous voyons comment nos gens sont liés par la parenté. Cette assistance à autrui ne s’est vue, peut-être, que dans la Grande Guerre patriotique ou pendant le tremblement de terre en Arménie. Nous n’avons, malheureusement, jamais vu ailleurs un tel sentiment d’union. La tragédie d’Ukraine a réveillé les meilleurs sentiments humains, que l’on avait récemment commencé à oublier dans la poursuite de bien-être personnel. Les Russes sont venus massivement à la rescousse de leurs frères dans la nouvelle Russie.

"SP": – Comment la réorientation des médias de Russie pour promouvoir des initiatives exclusivement pacifiques jouera-t-elle sur les positions des forces d’autodéfense?
– Je ne voudrais pas surestimer l’influence des médias. Au maximum, la politique des médias de Russie va retarder la mise en œuvre des projets de la "Nouvelle Russie". Parce qu’il a déjà eu lieu dans les cœurs et les âmes des gens. Maintenant, il ne reste qu’un détail – qu’il soit adopté de jure, mais de facto, il existe déjà. La propagande peut retarder le processus pendant plusieurs mois ou un an, mais pas l’affecter fondamentalement. La Nouvelle Russie – est un fait accompli, et le processus historique ne peut pas être arrêté. C’est d’ailleurs une chose que comprend aussi l’oligarque Kolomoysky .

"SP": – Est-ce que Kolomoysky aussi soutient Novorossia?

- Lui aussi est pour la Nouvelle-Russie, mais vivant selon ses règles. Maintenant sous son contrôle sont déjà Zaporozhye, Dniepropetrovsk, la région de Kherson, en partie – Nikolaev, Odessa. Selon Kolomojsky la seule chose à faire est prendre le contrôle de la région de Kharkov et réprimer le soulèvement populaire des Républiques de Donetsk et Lougansk. Il veut avoir la même entité territoriale, mais sous son contrôle personnel.

"SP": – Quelle est la raison pour laquelle les gens de la RPD et de la RPL n’ont pas l’intention de s’arrêter, et veulent mettre en œuvre le projet d’une « grande Nouvelle Russie»?
– Les gens à juste titre considèrent ce pays comme le leur. Ils considèrent qu’il est de leur devoir de libérer l’Ukraine occupée par les nazis. Nous comprenons que la plupart des gens à Kiev et même Lviv ne ressentent aucune sympathie pour les nationalistes, mais ont peur de parler par crainte de représailles.
Les gens veulent mettre en œuvre le projet «Nouvelle Russie» dans huit régions, selon l’exemple des républiques populaires de Donetsk et Lougansk, et ensuite proposer au reste de l’Ukraine ou une partition, ou l’éviction des nationalistes. Depuis des siècles le peuple russe a soif de justice. L’argent pour nous ne peut être une valeur importante que pour un court laps de temps.

Photo ITAR-TASS / Stanislav Krasil’nikov

http://svpressa.ru/society/article/91103/

traduction Marianne Dunlop pour histoireetsociete

 

"Tante Sam" Nuland a donné ses ordres au parti des régions dans un langage de rapeur…

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Selon nos sources dans le parti des régions, lors d’une récente visite à Kiev Victoria Nuland a rencontré les restes des partis politiques au pouvoir. Comme le dit un des articles "Tante Sam", cette harpie de Nuland dans un langage des plus crus auquel cette dame a habitué y compris les Européens leur a donné ses ordres.

Les représentants du département d’Etat conviés avaient été presque tous des membres éminents etc.. Il était prévu que les résultats de la réunion seraient la réhabilitation des anciens partisans de Viktor Yanukovych par les américains mais l’ambiance n’a pas été à la fête.

Même ceux qui connaissent l’anglais du niveau secondaire des études, ont été surpris par l’abondance du vocabulaire utilisé habituellement dans le rap américain. Victoria Nuland a eu des mots, en comparaison desquels son célèbre "Fuck l’UE" relève de l’étiquette royale. Même le traducteur en fin de compte a décidé de réduire les réactions émotionnelles de sa déclaration, et l’expression «le régime de cette pute d’Ianoukovitch » est devenu un « régime criminel » . Et si Mikhail Chechetov et Aleksandr Yefremov réagissaient très calmement à ces affirmations vigoureuses du fonctionnaire américain, Ann Herman, rougissante, commençait à dessiner des gribouillis sur un bout de papier.

Le fonctionnaire de département d’état de haut niveau, en place, a recadré dès la première minute de son intervention les présents en disant qu’il ne serait toléré aucune critique de Petro Poroshenko, qu’il est là pour une longue période, pas de déstabilisation. « Les États-Unis empêcheront strictement tout jeu politique en ce sens » a déclaré Nuland, l’expression "skrasiv" recouvre un autre mot digne d’un charretier.

Elle a également expliqué que cette réunion s’est tenue avec les représentants de « Euro-2012 », après quoi les raisons pour lesquelles Ioulia Tymochenko s’était subitement calmée, sont devenues plus claires.

« Si j’apprends que l’un d’entre vous a critiqué une initiative de votre Président, vous pouvez mettre une croix sur votre carrière politique, » a déclaré Nuland, en promettant que les fauteurs de trouble seraient l’objet de campagnes dans la presse ukrainienne et étrangère et même l’objet de poursuites pénales.

Après le fouet, elle a sorti la carotte et a promis en cas de comportement constructif, Poroshenko serait convaincu de ne pas tenir des élections législatives anticipées. "Si vous et votre groupe vous vous comportez convenablement, alors nous pouvons faire que ce Parlement reste jusqu’en 2015 ." Puis elle leur a donné l’équivalent de consignes de la part de la porte-parole du département d’état des États-Unis.

"Tout d’abord l’ordre devra être imposé dans la région du sud-est et devront être détruits tous les terroristes et les militants, et alors seulement nous pouvons parler d’une sorte de décentralisation et des droits des régions," a déclaré Nuland.

Il est significatif que la réunion s’est tenue dans une atmosphère de silence total au parti des régions. Se rendant compte qu’elle pouvait abandonner le bâton et détendre la peur des pauvres membres avant la fin de l’entrevue, Victoria Nuland alors tout à fait amicalement commenté son comportement: « J’ai utilisé le style informel de conversation, de préférence à celui habituel aux réunions avec les politiciens ukrainiens ».

http://izvestia.kiev.ua/article/69935

http://antifashist.com/item/tetka-sem-nadavala-opleuh-regionalam.html#ixzz35Y7tLoMd

Source

http://izvestia.kiev.ua/article/69935

 
 
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