RSS

Archives de Catégorie: guerre et paix

Il est très important en tant que Juive de m’élever contre l’injustice et de lutter contre toutes formes de racisme.

1

543px-Judith-butler-frankfurt-2012

Il est très important en tant que Juive de m’élever contre l’injustice et de lutter contre toutes formes de racisme.

Lettre ouverte de Judith Butler

Judith Butler, née le 24 février 1956, philosophe américaine et théoricienne du genre, domaine qui fait couler beaucoup d’encre ces temps-ci, est une intellectuelle complexe qui laisse peu de monde indifférent. Lauréate du Prix Adorno en 2012*, elle fut violemment attaquée pour ses positons critiques et antisionistes sur le conflit israélo-palestinien. Elle s’explique dans cette lettre : autoportrait épistolaire d’une des grandes figures intellectuelles de notre temps.

* Son discours de réception est à lire ici: http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/09/28/pour-une-morale-a-l-ere-precaire_1767449_3232.html

Le Jérusalem Post a récemment publié un article, rapportant que certaines organisations s’opposent à ce que je reçoive le prix Adorno, un prix décerné tous les trois ans à quelqu’un qui travaille dans la tradition de la théorie critique au sens large. Les accusations portées contre moi disent que je soutiens le Hamas et le Hezbollah (ce qui n’est pas vrai), que je soutiens BDS (partiellement vrai), et que je suis antisémite (manifestement faux). Peut-être ne devrais-je pas être aussi surprise du fait que ceux qui s’opposent à ce que je reçoive le prix Adorno aient recours à des accusations aussi calomnieuses, sans fondements, sans preuves, pour faire valoir leur point de vue. Je suis une intellectuelle, une chercheuse, initiée à la philosophie à travers la pensée juive, et je me situe en tant que défenderesse et dans la perpétration, la continuité d’une tradition éthique juive comme le furent des personnalités tel que Martin Buber et Hannah Arendt. J’ai reçu une éducation juive au Temple à Cleveland, dans l’Ohio sous la tutelle du Rabbin Daniel Silver où j’ai développé de solides fondements éthiques sur la base de la pensée philosophique juive.

J’ai appris, et j’accepte, que nous sommes appelés par d’autres et par nous-mêmes, à répondre à la souffrance et à réclamer, à œuvrer afin qu’elle soit soulagée. Mais pour ce faire, nous devons entendre l’appel, trouver les ressources permettant d’y répondre, et parfois subir les conséquences d’avoir parlé comme nous le faisons. On m’a enseigné à chaque étape de mon éducation juive qu’il n’est pas acceptable de rester silencieux face à l’injustice. Une telle injonction est difficile à mettre en œuvre, car elle n’indique pas exactement quand, ni comment parler, ni comment parler de manière à ne pas produire une nouvelle injustice, ou encore comment parler de façon à être entendue et compris clairement et justement. Ma position actuelle n’est pas entendue par ces détracteurs, et peut-être cela ne devrait-il pas me surprendre, car leur tactique consiste à détruire les conditions d’audibilité.

[…] Il est faux, absurde et pénible que quiconque puisse prétendre que ceux qui formulent une critique envers l’Etat d’Israël sont antisémites ou, si juifs, victimes de la haine de soi. De telles accusations cherchent à diaboliser la personne qui articule un point de vue critique et à disqualifier ainsi, à l’avance son point de vue. C’est une tactique pour faire taire : cette personne est inqualifiable, innommable, et tout ce qu’elle dira doit être rejeté à l’avance ou perverti de telle façon que la validité de sa parole soit niée. Une telle attitude se refuse à considérer, à examiner le point de vue exposé, se refuse à débattre de sa validité, à tenir compte des preuves apportées, et à en tirer une conclusion solide sur les bases de l’écoute et du raisonnement. De telles accusations ne sont pas seulement une attaque contre les personnes qui ont des opinions inacceptables aux yeux de certains, mais c’est une attaque contre l’échange raisonnable, sur la possibilité même d’écouter et de parler dans un contexte où l’on pourrait effectivement envisager ce que l’autre a à dire. Quand un groupe de Juifs qualifie un autre groupe de Juifs d’ « antisémite », il tente de monopoliser le droit de parler au nom des Juifs.

Ainsi, l’allégation d’antisémitisme recouvre en fait une querelle intra juive.

Aux États-Unis, j’ai été alarmée par le nombre de Juifs qui, consternés par la politique israélienne, y compris l’occupation, les pratiques de détention à durée indéterminée, le bombardement des populations civiles dans la bande de Gaza, cherchent à désavouer leur judéité. Ils font l’erreur de croire que l’Etat juif d’Israël représente la judéité de notre époque, et que s’identifier comme juif signifie un soutien inconditionnel à Israël. Et pourtant, il y a toujours eu des traditions juives qui s’opposent aux violences des Etats, qui prônent une cohabitation multiculturelle et défendent les principes d’égalité ; et cette tradition éthique vitale est oubliée ou écartée lorsque l’un d’entre nous accepte Israël comme étant le fondement de l’identité et ou des valeurs juives. Nous avons donc d’une part, les juifs qui critiquent Israël et pensent qu’ils ne peuvent plus être juif puisqu’Israël représente la judéité, et d’autre part, ceux qui pour qui Israël représente le judaïsme et ses valeurs, cherchant à démolir quiconque critique Israël en concluant que toute critique est anti-sémite ou, si juive, issue de la haine de soi.

Je m’efforce, tant dans la sphère intellectuelle que dans la sphère publique de sortir de cette impasse, de cet emprisonnement.

À mon avis, il y a de fortes traditions juives, et même des traditions sionistes initiales, qui attachent une grande importance à la cohabitation et offrent une panoplie de moyens pour s’opposer aux violences de toutes sortes, y compris la violence d’Etat. Il est très important en ce moment, pour notre époque que ces traditions soient soutenues, mise à l’honneur, vivifiées, inspirées – elles représentent des valeurs de la diaspora, les luttes pour la justice sociale, et la valeur juive extrêmement importante, celle de « réparer le monde » (Tikkun).

Il est clair pour moi que les passions soulevées par ces questions rendent la parole et l’écoute très difficiles. Quelques mots sont sortis de leur contexte, leurs sens déformés, et ils étiquettent, labellisent un individu. C’est ce qui arrive à beaucoup de gens qui émettent un point de vue critiquant Israël – ils sont stigmatisés comme antisémites ou même comme collaborateurs nazis ; ces formes d’accusations visent à établir les formes les plus durables et les plus toxiques de la stigmatisation et de diabolisation. La personne est ciblée, en sélectionnant des mots hors contexte, en inversant leurs significations et en les collant à la personne : annulant en effet les propos de cette personne, sans égard pour la teneur de ses opinions, de sa pensée.

Pour ceux d’entre nous, qui sommes des descendants de Juifs Européens, détruits, exterminés par le génocide nazi (la famille de ma grand-mère a été anéantie dans un petit village au sud de Budapest), c’est l’insulte la plus douloureuse et une véritable blessure que d’être désigné comme complice de la haine des Juifs ou d’être défini comme ayant la haine de soi. Et il est d’autant plus difficile d’endurer la douleur d’une telle allégation lorsqu’on cherche à promouvoir ce qu’il y a de plus précieux dans le judaïsme, cette réflexion sur l’éthique contemporaine, y compris la relation éthique à ceux qui sont dépossédés de leurs terres et de leurs droits à l’autodétermination, à ceux qui cherchent à garder vivante la mémoire de leur oppression, à ceux qui cherchent à vivre une vie qui sera, et doit être, digne de faire son deuil. Je soutiens le fait que ces valeurs soient issues d’importantes sources juives, ce qui ne veut pas dire que ces valeurs soient spécifiquement juives. Mais pour moi, étant donné l’histoire à laquelle je suis liée, il est très important en tant que Juive de m’élever contre l’injustice et de lutter contre toutes formes de racisme. Cela ne fait pas de moi une Juive qui a la haine de soi ; cela fait de moi une personne qui souhaite clamer un judaïsme qui ne s’identifie pas à la violence d’Etat mais qui s’identifie à une lutte élargie pour la justice sociale.

[…]

J’ai toujours été en faveur de l’action politique non-violente, principe auquel je n’ai jamais dérogé. Il y a quelques années une personne dans un public universitaire m’a demandé si je pensais que le Hamas et le Hezbollah appartenait à « la gauche mondiale » et j’ai répondu sur deux points :

Mon premier point était purement descriptif : les organisations politiques se définissant comme anti-impérialistes et l’anti-impérialisme étant une des caractéristiques de la gauche mondiale, on peut alors sur cette base, les décrire comme faisant partie de la gauche mondiale.

Mon deuxième point était critique : comme avec n’importe quel groupe de gauche, il faut décider si l’on est pour ou contre ce groupe, et il faut alors évaluer de façon critique leurs positions.

[…]

A mon avis, les peuples de ces terres, juive et palestinienne, doivent trouver un moyen de vivre ensemble sur la base de l’égalité. Comme tant d’autres, j’aspire à un régime politique véritablement démocratique sur ces terres et je défends les principes de l’autodétermination et de la cohabitation des deux peuples, en fait, pour tous les peuples. Et mon souhait est, ce que souhaitent un nombre croissant de juifs et non juifs, celui que l’occupation prenne fin, que cesse la violence sous toutes ses formes, et que les droits politiques de chaque habitant soient assurés par une nouvelle structure politique.

 

D’affirmation en affirmation on oublie l’essentiel

3-sebastopol-armee-russe-cassini-16eb3
Les Etats-Unis ont indirectement confirmé le déploiement de systèmes de défense aérienne près de Donetsk en Ukraine le 17 juillet, le jour du crash du Boeing 777 malaisien, a déclaré l’agence RIA Novosti en référence à une source au ministère russe de la Défense.

L’interlocuteur de l’agence a ainsi commenté une déclaration du porte-parole de la Maison Blanche Josh Ernest disant qu’une roquette qui a abattu l’avion Boeing 777 avait été tirée depuis le territoire contrôlé par les miliciens, à un moment où les systèmes de défense aérienne ukrainiens ne fonctionnaient pas.

Selon la source, les États-Unis ont ainsi confirmé l’authenticité des données des images par satellite présentées lors d’un point de presse spécial tenu le 21 juillet au ministère de la Défense, au cours duquel il a été déclaré que l’unité de défense aérienne des forces armées ukrainiennes près de la ville de Donetsk comptait quatre divisions de missiles Bouk-M1.
Lire la suite: http://french.ruvr.ru/news/2014_07_27/Ukraine-les-USA-confirment-indirectement-la-presence-de-systemes-de-defense-aerienne-pres-de-Donetsk-5770/

D’affirmations en affirmations on en arrive selon moi à oublier l’essentiel: qu’est ce que cette étrange opération "punitive" contre des gens que l’on qualifie de "séparatistes" alors qu’ils veulent une fédératin comparable à celle existant en Allemagne, de "terroristes" alors qu’ils restent sur leur territoire et le défendent contre une armée qui ose leur infliger des tirs de missile d’une telle portée… la question demeurant à quoi peut servir un tel type d’armement contre des "rebelles" qui n’ont pas d’aviation…

 
Poster un commentaire

Publié par le juillet 27, 2014 dans Amérique, Europe, guerre et paix

 

Ukraine: un fossé à la frontière avec la Transnistrie

1

Ces gens sont de grands paranoïaques, mais il est clair également qu’ils sont en train de rassembler les conditions d’un nouveau foyer de guerre au cœur de l’Europe. Il existe un espace qui n’a jamais reconnu la fin de l’union soviétique, la Transnistrie mais dans lequel le conflit s’est résolu par un stationnement des troupes de l’ONU, essentiellement des Russes mais avec mandat international et quelques foyers secondaires d’anciens cosaques qui sont dans la même situation à proximité de la vile d’Odessa, mais surtout il va y avoir les élections en Moldavie. Une élection parlementaire aura lieu le 30 novembre 2014 en Moldavie . Elle se tiendra sous un système de représentation proportionnelle de liste dans une circonscription nationale unique pour tous les 101 sièges au Parlement. Pour entrer au Parlement ‘une liste de parti doit recevoir au moins 6 % des voix, une liste des deux parties ont besoin d’au moins 9 %, une liste de trois des parties ont besoin d’au moins 11 % tandis que le candidat indépendant a besoin d’au moins 2 %. Les communistes sont majoritaires dans ce pays et ils n’ont réussi à être écarté du pouvoir que par une coalition "pro-européenne allant de l’extrême-droite à la social démocratie. Le mécontentement est grand et les sondages tablent sur le retour des communistes qui ne font pas mystère de leur volonté de rejoindre la CEI. Comme ils ont dénoncé la main mise des Etats-Unis et de l’UE sur l’Ukraine. Donc ce mur qu’érige la junte de Kiev (à qui les "travaux" rapporte-t-il?) est-il le signe de l’ouverture d’un nouveau front dans cette malheureuse Ukraine?

KIEV, 26 juillet – RIA Novosti

L’Ukraine a décidé de creuser un fossé large de 3,5 m et profond de 2 à 3 m à la frontière avec la république autoproclamée moldave de Transnistrie, a annoncé samedi à Kiev Alexandre Iakovenko, porte-parole du Département sud du Service ukrainien de la Frontière.

"Nous avons déjà creusé les cinq premiers kilomètres du fossé sur le territoire contrôlé par les gardes-frontières ukrainiens du détachement Belgorod-Dniestr. Des matériels spéciaux du Service d’Etat de la frontière sont engagés aux travaux. Ils fonctionnent 24 heures sur 24 et passent environ 2,5 kilomètres par jour", a indiqué M.Iakovenko.

Les citoyens russes âgés de 17 à 75 ans qui résident en permanence en Transnistrie sont interdits d’entrée en Ukraine depuis le 12 mars. Près de 180.000 habitants de la Transnistrie (près d’un tiers de la population) ont des passeports russes. Les Ukrainiens ethniques représentent un autre tiers de la population de cette république sur le Dniestr.

La république moldave de Transnistrie s’est formée en 1990, un an avant la chute de l’URSS. Alarmées par les déclarations des milieux radicaux de Chisinau sur le rattachement possible de la Moldavie à la Roumanie, plusieurs régions moldaves de la rive gauche du Dniestr ont alors proclamé leur indépendance. La Moldavie a perdu le contrôle de la Transnistrie en 1992, après avoir échoué à régler le problème par la force. La paix dans la zone du conflit transnistrien est assurée par une Force multinationale comprenant des contingents russe, moldave et transnistrien.

Le règlement du conflit fait l’objet de négociations menées au format "5+2", qui réunissent la Moldavie et la Transnistrie en tant que parties au conflit, la Russie, l’Ukraine et l’OSCE en tant que médiateurs, et l’Union européenne et les Etats-Unis en tant qu’observateurs.

4at

 

Pékin met en garde contre les conclusions précipitées à propos du crash

1
PEKIN, 18 juillet (Reuters) – L’agence Chine nouvelle officielle a jugé vendredi que les pays occidentaux allaient un peu vite en besogne en impliquant la Russie dans la destruction du Boeing de la Malaysia Airlines qui a fait 298 morts jeudi soir dans l’est de l’Ukraine.

"Si l’avion a bien été abattu par un missile, les auteurs devront être traduits en justice en dépit de leurs mobiles ou de leurs excuses, car ce sera une attaque terroriste intolérable", écrit l’agence officielle chinoise dans une dépêche en anglais.

Chine nouvelle critique les responsables américains ou australiens qui ont pointé du doigt, trop vite selon elle, les rebelles pro-russes avec le soutien des renseignements russes.

"L’accusation était apparemment précipitée car les responsables ont admis qu’ils ne savaient pas, pour l’instant, qui est responsable de cette attaque, tout en condamnant l’intervention militaire russe."

Le ministère chinois des Affaires étrangères a exprimé sa consternation et présenté ses condoléances aux familles des victimes du vol MH-17, dans un communiqué posté sur son site. (Michael Martina; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

 
Poster un commentaire

Publié par le juillet 23, 2014 dans Asie, guerre et paix

 

Très important: Il n’est plus possible de « lâcher » la Nouvelle Russie. La majorité des Russes soutiennent le projet social des Républiques populaires du Donbass

1-crimee-1980-urss-otan-cassini

Il n’est plus possible de « lâcher » la Nouvelle Russie. La majorité des Russes soutiennent le projet social des Républiques populaires du Donbass

Selon un récent sondage du Centre Levada, une majorité de Russes (65%) suivent avec une extrême attention ce qui se passe en Ukraine. 59% des répondants croient que le gouvernement devrait soutenir activement le Sud-Est, et 64% approuvent l’aide des républiques autoproclamées de Donetsk et Lugansk par des bénévoles russes. Ainsi, les résultats indiquent clairement qu’une majorité de Russes soutiennent le mouvement de Résistance.
D’autre part, les données de l’enquête suggèrent que l’opinion des gens coïncide presque complètement avec la couverture des événements en Ukraine par les médias officiels russes. 91% des répondants ont admis que les informations de base sur la situation dans le pays voisin leur viennent de la télévision, et 79% pensent que l’image qui leur est donnée correspond à la réalité. Et donc la question se pose, comment changera l’humeur des Russes, si notre angle de couverture médiatique change? C’est pourtant une tendance qui se dessine.

Si il y a quelques semaines, notre télévision rendait compte essentiellement des succès dans les batailles contre les forces de l’ordre envoyées par Kiev, maintenant l’accent est mis sur la sympathie pour les victimes des mesures punitives et les réfugiés. Auparavant les présentateurs martelaient la non-reconnaissance par Moscou du nouveau gouvernement en Ukraine, maintenant nous n’entendons que des notes apaisantes sur les «plans de paix» de Porochenko. Le message est que la priorité est de faire cesser la violence. Dans le même temps on passe sous silence les idées de la Nouvelle-Russie, qui ne se bat pas que pour elle mais pour développer une large résistance à Kiev dans tout le Sud-Est.

Le projet «Nouvelle Russie» comprend non seulement la création d’une unité territoriale où le russe obtiendrait le statut de langue officielle, mais aussi la fondation d’un ordre social plus équitable. "La terre et ses ressources, ainsi que les principaux actifs industriels et financiers créés par le travail des hommes, seront la propriété de la population de la Nouvelle-Russie, et ne peuvent être privés … L’argent n’est pas une marchandise, mais seulement un équivalent de change. Les taux de prêt – sont une méthode d’asservir les entreprises et un moyen déloyal pour la redistribution des ressources en faveur du prêteur (la banque) "- c’est ainsi que l’un des chefs de la Résistance Paul Gubarev définit les contours de la structure sociale de Novorossia. Les dirigeants de la République populaire de Donetsk ont déjà décidé d’augmenter les pensions, les bourses d’études et les salaires des employés de l’État. Alors qu’en Ukraine à partir du 1er Juillet, devrait augmenter le coût des services communaux (eau, gaz, électricité) de 70% à 100%, la RPD a décidé de les geler au niveau de 2013.

Il est clair que ces idées ne sont pas susceptibles de plaire aux oligarques russes. Par conséquent, nous pouvons supposer que nos milliardaires feront tous les efforts pour empêcher de mettre en œuvre le projet «Nouvelle Russie» sous cette forme. Et donc ils disent, nous allons négocier la paix. Dans le contexte actuel cette position ne signifie qu’une perte de temps et l’occasion pour les milices ukrainiennes de se renforcer. Mais un changement de la politique d’information des médias russes suffira-t-il à affaiblir le soutien populaire russe Donbass?

Le Chef du département des études sociales et culturelles « Centre Levada » Alexeï Levinson estime que les médias peuvent sérieusement modifier l’attitude des Russes par rapport au Sud-Est:

- A mon avis, maintenant le sentiment public existant n’est pas seulement inspiré par la télévision. Par lui-même, il a un caractère ambigu. Beaucoup d’indices montrent que les opinions vont changer. Pas seulement à cause de la nouvelle orientation de la TV, mais aussi du changement de la politique étrangère de Moscou. L’opinion publique dans son ensemble est maintenant dans un état, puis passera à une autre.

"SP": – C’est-à-dire, la politique de soutien aux milices du Donbass va changer?

- Elle va évoluer vers un soutien aux initiatives de paix. Si le Kremlin se prononce dans ce sens et s’il est soutenu par la communauté internationale, la société approuvera un discours sur la paix.
L’attitude envers les milices elles-mêmes ne changera pas rapidement. Simplement elles disparaîtront du champ de vision. Les citoyens soutiennent généralement les idées qui exposent Russie sous un jour favorable. Si vous souhaitez laisser penser que la Russie est l’artisan de la paix, les gens vont soutenir ce point de vue.

"SP": – Il est dit que si la Russie ne soutient pas les milices, le gouvernement perdra toute la crédibilité obtenue après l’annexion de la Crimée.

- Les sentiments publics peuvent être modifiés imperceptiblement. Il ne convient pas d’affirmer que la lutte de la milice n’a pas de sens, vous pouvez tout simplement dire que notre pays a toujours été pour la paix. Répéter que nous voulons seulement le bien du peuple ukrainien. Vous pouvez trouver des belles formules pour plaire à l’opinion publique.
Une volte-face pourrait coûter au gouvernement russe son soutien populaire. En effet, jusqu’à récemment, la propagande de l’Etat était orientée vers le besoin essentiel d’une action résolue. Mais dans un proche avenir, le peuple continuera à soutenir les actions du président.

"SP": – Quels attrait ont les idées de la Nouvelle-Russie, plus précisément, les principes sociaux de la république?

- Pour l’ensemble de la société russe tout cela a une valeur assez symbolique. Pour l’instant on ne se pose pas la question du prix de ces projets. Quand on commencera à penser au prix à payer, l’enthousiasme risque de retomber. Les Russes sont contents de récupérer des territoires, à condition que le prix ne soit pas trop élevé. Par conséquent, les autorités peuvent jouer sur une sortie de crise à bilan nul, lorsque les anciennes exigences sont remplacées doucement par des compromis. En fait, c’est déjà le cas.

Cela provoquera un tollé du côté de ceux qui adhèrent à des positions idéologiques cohérentes. Mais la grande masse des gens n’exige pas de cohérence idéologique de la part du pouvoir.

Le Directeur de l’Institut de la mondialisation et des mouvements sociaux Boris Kagarlitskiy estime que l’attrait des projets sociaux de Novorossia est plus important que la politique gouvernementale de l’information:

- Si notre télévision change son paradigme d’information, les Russes vont encore soutenir le mouvement populaire dans le Sud-Est de l’Ukraine. Le succès actuel de la propagande du Kremlin vient du fait que la ligne politique proposée a coïncidé avec l’humeur du public. Et c’est ainsi qu’ils se renforçaient mutuellement. Mais bien sûr maintenant, si le Kremlin essaie de changer radicalement, il va devenir la victime de sa propre propagande antérieure.

C’est pourquoi, à mon avis, les autorités ne peuvent se résoudre à un changement rapide de paradigme. Ils n’ont tout simplement pas la possibilité de "lâcher" Novorossia sans se causer de dommage appréciable à eux-mêmes. Même avec l’extrême désir des élites russes de négocier avec l’Occident en abandonnant la résistance du Sud-Est. Ce serait techniquement très difficile, et, peut-être même voué à l’échec.

"SP": – A quel point l’aspect social du projet de «Nouvelle Russie» est-il important pour les citoyens russes ?
– Je pense que c’est très important. Les idées de Novorossia reflètent les besoins actuels de la société en Russie également, où le mécontentement est grand. Par conséquent Novorossia devient pour les citoyens russes une sorte de phare.
Les événements récents dans le Sud-Est de l’Ukraine sont devenus un facteur d’éveil et de prise de conscience de la société russe. Et nous allons encore en voir les conséquences. Notre politique intérieure en sera sérieusement affectée.

"SP": – Mais il est peu probable qu’une telle prise de conscience soit appréciée des oligarques russes.
– C’est certain. Mais le processus a commencé, il sera très difficile de l’arrêter.

Le plus intéressant est que si l’élite n’aide pas la Nouvelle-Russie, ce projet deviendra pour eux encore plus désagréable. Mais si elle vient pour aider, l’élite appuiera un projet de structure sociale complètement différent de ce qu’elle aimerait voir.
Je pense que les oligarques tentent de prendre les choses en main et de déformer le projet. Mais le fait est que la structure sociale alternative proposée par Novorossia correspond aux aspirations de nos gens à l’intérieur du pays.
– Bien sûr, le peuple russe est exposé à l’influence manipulatrice. Mais dans le cas du soutien aux milices du Donbass, la manipulation ne concerne que la part des citoyens qui n’a pas de point de vue précis, de valeurs idéologiques et de position dans la vie, – dit le professeur Alexander Buzgalin de l’Université de Moscou . – Dans le cadre des événements ukrainiens, à mon avis, il y a eu des avancées majeures dans la compréhension des citoyens de la Fédération de Russie de leur existence humaine. Je n’ai pas peur des mots. Les gens ont vraiment commencé à réfléchir sur les grandes valeurs, le rôle de l’État dans leur vie, de la culture nationale du pays. A réfléchir à la dignité humaine, la capacité de sacrifier leur bien-être, et peut-être même leur vie pour atteindre de grands objectifs, dépassant la valeur de la famille ou l’enrichissement personnel. Au premier plan sont passées les questions de la guerre, de la paix, de la défense de la patrie.
J’ai remarqué que la célébration du 9 mai en Russie cette année a eu lieu dans une ambiance nouvelle. Les gens étaient plus sérieux, concentrés. Il me semblait qu’ils se jugeaient à l’aune de ce qui s’est passé de 1941 à 1945 dans l’espace de nos pays.
En ce sens, l’influence manipulatrice peut changer l’opinion d’une masse considérable de Russes sur les événements en Ukraine. Mais beaucoup de nos concitoyens ont redéfini leur rapport à la réalité.
Cependant, il y a un revers à la médaille. Dans le sillage de valeurs patriotiques positives est apparu le "chauvinisme". Et cette écume indésirable a également influencé l’opinion publique.
Je pense qu’il est fondamentalement important de parler aux gens de l’alternative internationale de Novorossia. Je pense nécessaire de soutenir Donetsk, Lugansk et tous le Sud-Est du point de vue de l’internationalisme, et non dans le cadre des «bons Russes – méchants Ukrainiens." Des Russes et des Ukrainiens il y en a de toutes sortes, mais la question est celle des agissements cruels du gouvernement de Kiev contre les habitants du Sud-Est et d’autres régions de l’Ukraine.

"SP": – Est-ce que action sera la plus forte pour les Russes: la propagande étatique sur la sympathie pour les victimes ou l’attractivité du projet social?

- Je ne suis pas entièrement sûr que Novorossia propose un projet cohérent. Bien que je voudrais vraiment qu’il en soit ainsi. Mais il existe des gens qui essaient de formuler un projet pour la Nouvelle-Russie, le Donbass. Et il y a aussi, bien sûr, le fait que la propagande russe tente d’étouffer la présence d’alternatives de développement socio-économique en Novorossia. Le désir de construire une économie socialement orientée, une société plus démocratique n’est pas reflété par notre télévision.
Mais si Novorossia dans la pratique est en mesure de montrer un autre exemple d’ordre social, elle aura une grande influence sur la société russe. Surtout, si cette pratique est soutenue publiquement par l’opposition en Russie. Alors, l’influence des médias ne sera pas aussi importante.

Le Coordonnateur du Front populaire pour la libération de l’Ukraine Vladimir Rogov attire l’attention sur le fait que l’aide des Russes au Donbass ne se limite pas à unsoutien moral:
– En Novorossia pour la première fois est apparue la possibilité de créer un état social. Non pas en paroles, mais en actes. Sans les oligarques et la gabegie qui a régné dans les années 1990 en Russie et continue de se produire en Ukraine. C’est un Etat qui ne sera pas membre de l’OMC à des conditions désaventageuses, et ne se laissera pas asservir par l’Europe.

S’agissant de l’aide des Russes, elle est vitale. Les gens ordinaires fournissent une aide colossale. C’est l’accueil des réfugiés et l’envoi de matériel de protection, de nourriture et de médicaments. Nous voyons comment nos gens sont liés par la parenté. Cette assistance à autrui ne s’est vue, peut-être, que dans la Grande Guerre patriotique ou pendant le tremblement de terre en Arménie. Nous n’avons, malheureusement, jamais vu ailleurs un tel sentiment d’union. La tragédie d’Ukraine a réveillé les meilleurs sentiments humains, que l’on avait récemment commencé à oublier dans la poursuite de bien-être personnel. Les Russes sont venus massivement à la rescousse de leurs frères dans la nouvelle Russie.

"SP": – Comment la réorientation des médias de Russie pour promouvoir des initiatives exclusivement pacifiques jouera-t-elle sur les positions des forces d’autodéfense?
– Je ne voudrais pas surestimer l’influence des médias. Au maximum, la politique des médias de Russie va retarder la mise en œuvre des projets de la "Nouvelle Russie". Parce qu’il a déjà eu lieu dans les cœurs et les âmes des gens. Maintenant, il ne reste qu’un détail – qu’il soit adopté de jure, mais de facto, il existe déjà. La propagande peut retarder le processus pendant plusieurs mois ou un an, mais pas l’affecter fondamentalement. La Nouvelle Russie – est un fait accompli, et le processus historique ne peut pas être arrêté. C’est d’ailleurs une chose que comprend aussi l’oligarque Kolomoysky .

"SP": – Est-ce que Kolomoysky aussi soutient Novorossia?

- Lui aussi est pour la Nouvelle-Russie, mais vivant selon ses règles. Maintenant sous son contrôle sont déjà Zaporozhye, Dniepropetrovsk, la région de Kherson, en partie – Nikolaev, Odessa. Selon Kolomojsky la seule chose à faire est prendre le contrôle de la région de Kharkov et réprimer le soulèvement populaire des Républiques de Donetsk et Lougansk. Il veut avoir la même entité territoriale, mais sous son contrôle personnel.

"SP": – Quelle est la raison pour laquelle les gens de la RPD et de la RPL n’ont pas l’intention de s’arrêter, et veulent mettre en œuvre le projet d’une « grande Nouvelle Russie»?
– Les gens à juste titre considèrent ce pays comme le leur. Ils considèrent qu’il est de leur devoir de libérer l’Ukraine occupée par les nazis. Nous comprenons que la plupart des gens à Kiev et même Lviv ne ressentent aucune sympathie pour les nationalistes, mais ont peur de parler par crainte de représailles.
Les gens veulent mettre en œuvre le projet «Nouvelle Russie» dans huit régions, selon l’exemple des républiques populaires de Donetsk et Lougansk, et ensuite proposer au reste de l’Ukraine ou une partition, ou l’éviction des nationalistes. Depuis des siècles le peuple russe a soif de justice. L’argent pour nous ne peut être une valeur importante que pour un court laps de temps.

Photo ITAR-TASS / Stanislav Krasil’nikov

http://svpressa.ru/society/article/91103/

traduction Marianne Dunlop pour histoireetsociete

 

"Tante Sam" Nuland a donné ses ordres au parti des régions dans un langage de rapeur…

1-crimee-1980-urss-otan-cassini

Selon nos sources dans le parti des régions, lors d’une récente visite à Kiev Victoria Nuland a rencontré les restes des partis politiques au pouvoir. Comme le dit un des articles "Tante Sam", cette harpie de Nuland dans un langage des plus crus auquel cette dame a habitué y compris les Européens leur a donné ses ordres.

Les représentants du département d’Etat conviés avaient été presque tous des membres éminents etc.. Il était prévu que les résultats de la réunion seraient la réhabilitation des anciens partisans de Viktor Yanukovych par les américains mais l’ambiance n’a pas été à la fête.

Même ceux qui connaissent l’anglais du niveau secondaire des études, ont été surpris par l’abondance du vocabulaire utilisé habituellement dans le rap américain. Victoria Nuland a eu des mots, en comparaison desquels son célèbre "Fuck l’UE" relève de l’étiquette royale. Même le traducteur en fin de compte a décidé de réduire les réactions émotionnelles de sa déclaration, et l’expression «le régime de cette pute d’Ianoukovitch » est devenu un « régime criminel » . Et si Mikhail Chechetov et Aleksandr Yefremov réagissaient très calmement à ces affirmations vigoureuses du fonctionnaire américain, Ann Herman, rougissante, commençait à dessiner des gribouillis sur un bout de papier.

Le fonctionnaire de département d’état de haut niveau, en place, a recadré dès la première minute de son intervention les présents en disant qu’il ne serait toléré aucune critique de Petro Poroshenko, qu’il est là pour une longue période, pas de déstabilisation. « Les États-Unis empêcheront strictement tout jeu politique en ce sens » a déclaré Nuland, l’expression "skrasiv" recouvre un autre mot digne d’un charretier.

Elle a également expliqué que cette réunion s’est tenue avec les représentants de « Euro-2012 », après quoi les raisons pour lesquelles Ioulia Tymochenko s’était subitement calmée, sont devenues plus claires.

« Si j’apprends que l’un d’entre vous a critiqué une initiative de votre Président, vous pouvez mettre une croix sur votre carrière politique, » a déclaré Nuland, en promettant que les fauteurs de trouble seraient l’objet de campagnes dans la presse ukrainienne et étrangère et même l’objet de poursuites pénales.

Après le fouet, elle a sorti la carotte et a promis en cas de comportement constructif, Poroshenko serait convaincu de ne pas tenir des élections législatives anticipées. "Si vous et votre groupe vous vous comportez convenablement, alors nous pouvons faire que ce Parlement reste jusqu’en 2015 ." Puis elle leur a donné l’équivalent de consignes de la part de la porte-parole du département d’état des États-Unis.

"Tout d’abord l’ordre devra être imposé dans la région du sud-est et devront être détruits tous les terroristes et les militants, et alors seulement nous pouvons parler d’une sorte de décentralisation et des droits des régions," a déclaré Nuland.

Il est significatif que la réunion s’est tenue dans une atmosphère de silence total au parti des régions. Se rendant compte qu’elle pouvait abandonner le bâton et détendre la peur des pauvres membres avant la fin de l’entrevue, Victoria Nuland alors tout à fait amicalement commenté son comportement: « J’ai utilisé le style informel de conversation, de préférence à celui habituel aux réunions avec les politiciens ukrainiens ».

http://izvestia.kiev.ua/article/69935

http://antifashist.com/item/tetka-sem-nadavala-opleuh-regionalam.html#ixzz35Y7tLoMd

Source

http://izvestia.kiev.ua/article/69935

 

ENCORE UN JOURNALISTE RUSSE TUÉ DANS LE DONBASS

1-crimee-1980-urss-otan-cassini

L’opérateur russe "de Premier canal" a été tué par les forces armées de Kiev dans la nuit au 30 juin à Donetsk. Anatoly Gljan est décédé, ayant reçu une blessure au ventre pendant le bombardement de l’autobus contenant les représentants des médias par les soldats ukrainiens.

http://www.ntv.ru/novosti/1086176/#ixzz365eyEWq3

– Les mères de soldats pour reprendre leurs fils et les ramener à la maison étaient arrivées aux alentours d’une des zones militaires sur le territoire de Donetsk en autobus. Ce mouvement des mères ukrainiennes très actif qui s’oppose à l’envoi de leurs enfants dans cette guerre fratricide n’est absolument pas couvert par les médias occidentaux, seuls les médias russes en font état, quand nous étions en Crimée, ce mouvement qui au début se contentait de manifester à l’ouest, était passé à l’action, ces mères bloquaient les convois et aujourd’hui elles vont chercher leurs enfants sur le front. Dans le même autobus, il y avait des journalistes. À peine l’autobus avec les femmes et les représentants des médias, parmi lesquels se trouvait le collaborateur du Premier canal qui est mort, est arrivé vers le groupe militaire, les militaires ukrainiens ont ouvert le feu sur l’autobus, – rapporte depuis le lieu des événements le correspondant de LifeNews.

Aussi pendant le bombardement le conducteur de l’autobus est mort.

Ce n’est pas le premier cas où des journalistes se trouvent sous le feu des militaires ukrainiens. Le 17 juin l’équipe de tournage de la chaîne de télévision BGTRK s’est trouvée sous le bombardement à côté de Lougansk. L’ingénieur du son Anton Voloshin a péri à cet endroit, les médecins tentaient de sauver le journaliste Igor Korneljuka, mais il est décédé sur la table d’opération, sans reprendre connaissance. L’opérateur de la télécompagnie Victor Denisov seul resta vivant. Il ne s’agit pas d’erreur de tir, les journalistes russes sont systématiquement visés et parfois enlevés, séquestrés, ce fut le cas de journalistes accrédités pourtant lors de l’intronisation de Poroshenko à Kiev. Ils furent séquestrés dans une petite pièce sans air avec sept autres prisonniers pendant une semaine par une bande de paramilitaires. Cette situation des journalistes est connue de tous mais la presse française la tait. Comme elle tait les meurtres de journalistes.

Le 24 mai sous le feu de lances-mines ont péri le photojournaliste italien Andrea Rokelli et son adjoint Andreï Mironov. Les journalistes éclairaient le conflit à la veille des présidentielles anticipées.

http://lifenews.ru/news/135810

Cet assassinat et autres enlèvements de la presse russe vise bien sûr des gens qui osent rapporter des faits que la presse occidentale tait et qui de fait se diffusent par internet, mais il s’agit également de provoquer les Russes, les forcer à intervenir pour les conduire à un nouvel Afghanistan, ça c’est la stratégie américaine (et donc européenne et de Kiev) depuis le début. Hier ainsi des postes frontières russe que franchissaient des réfugiés en car et même des villages frontaliers russes ont été bombardés par l’armée ukrainienne. Alors même que l’armée ukrainienne interdit désormais le passage des convois humanitaires de nourriture en provenance de Russie, alors que l’on sait la population de Slaviansk et d’autres villes affamée.

 

Peur et dégoût à l’hôtel Babylon Par Pepe Escobar

2De l’hôte Babylon à Bagdad, Pepe escobar contemple non sans ironie les effets de la politique américaine sur ce qui fut l’Irak et il extrapole sur la même stratégie du chaos que les Etats-Unis tentent d’installer dans toute l’Eurasie, en Ukraine mais aussi dans le Caucase, contre le Chine, etc.. Il se moque au passage de cette colonne de Toyota d’un blanc étincelant avec des petits hommes en noir qu’aucun service de renseignement des Etats-Unis n’a été fichu de détecter dans le désert, j’ajouterai qui paye les Toyota, les armes et les mercenaires? (note de daniele Bleitrach)

http://www.informationclearinghouse.info/article38941.htm#.U6_z6V63vuM.facebook

28 juin 2014 » ICH " – " Asia Times " – – Alors maintenant qu’un énorme Sunnistan Hardcore s’étend depuis la banlieue d’Alep à Tikrit et de Mossoul à la frontière jordano/irakienne – le même que celui qui s’est dissous en 2003 quand le choc et l’effroi se transformèrent en Mission accomplie (ONU).

Comme un étrange écho des pas de l’armée de Dick Cheney résonne maintenant dans les sables de la province d’Anbar, de l’État islamique d’Irak et d’al-Sham (ISIS) et leur coalition de bonnes volontés (cheikhs djihadistes, islamistes, Ba’athists et tribal) se présentent comme des "libérateurs" des sunnites irakiens des griffes d’un gouvernement à majorité Shi’ite "du mal" à Bagdad.

En outre, ISIS contrôle également les guerres de PR. Ici, un détail de djihadistes: toute sorte de possible implication de "la cinétique" de Washington sera interprétée comme une alliance contre nature entre l’Empire et le premier ministre Nouri al-Maliki contre les outsiders.

D’un point de vue sunnite, c’est la Loi de lutte contre le terrorisme de l’Iraq ; le refus de la débaassification (avec l’ascension du néo-Ba’athist Jaysh Rijal al-Tariqa al-Naqshbandia – JRTN, dirigé par l’ancien Saddam honcho Izzat Ibrahim al-Douri) ; le ministère de l’intérieur à Bagdad est honni par les politiciens sunnites ; leurs protestations ont été écrasées.

Dans le même temps, c’est le retour de la Sahwa parrainé par l’U.S. (fils de l’Irak) – qui ont farouchement combattu al-Qaïda en Irak en 2007, la mère d’ISIS – et le retour des milices de Shi’ite assortis (Muqtada al-Sadr a non seulement repoussé la nouvelle vague des « conseillers militaires »des Etats-Unis – Voilà comment ça a commencé au Vietnam – mais a également averti que son propre badass Men in Black « labourera le sol » des combats contreISIS.) Le milieu des années 2000 sont la nouvelle normalité ; cela va être l’enfer des milices partout à nouveau.

En Mésopotamie, nous avons un problème. les Neo-Ba’athists ne veulent rien d’autre qu’un Irak laïque dirigé par les sunnites, style-Saddam (le cher Ahmad Chalabi de neocon plutôt ancien.) ISIS veut un califat qui s’étend partout au Levant, en vertu de la Loi de la charia.

Ce que cela donnera sera la nation irakienne elle-même – la balkanisation, prévisible conséquence de l’invasion de 2003 et l’occupation, enfin devient sans le vouloir en son centre, Jihad.

C’ est le temps de la récupération

La « stratégie » de l’administration Obama (souvenez-vous de « Ne pas faire un merde stupide », la stratégie de l’Ukraine) consiste à imposer un changement de régime à al-Maliki ; Après tout, il avait le mauvais goût de refuser de laisser les troupes américaines occuper l’Irak au-delà de l’échéance de 2012 et au-dessus de tout son gouvernement se trouve proche de celui de Téhéran.

Ainsi la réponse à la question désormais légendaire de pourquoi le labyrinthe de satellites de l’intelligence américaine a échoué à capturer cette longue colonne de ISIS Men in Black dans leur brillantes blanches Toyota Land Cruiser traversant le désert de la Syrie-Irak. On appelle ça la mère de toutes les défaillances du renseignement (en référece à Saddam faisant état de la mère de toutes les batailles?)

Ici nous avons la marque de l’Empire of Chaos « vengeance » contre Bagdad, Téhéran et – pourquoi pas – contre Moscou (après tout le Président russe Vladimir Putin a offert un soutien complet à al-Maliki pour lutter contre les djihadistes.)l’ Irak fusionne alors avec l’Ukraine.

En ce qui concerne le mythe de la colporté – encore une fois – de "bons terroristes" et de "mauvais terroristes", cette semaine Jabhat al-Nusra en Syrie s’est engagé dans son allégeance à ISIS. Cela signifie que ISIS contrôle désormais pratiquement les deux côtés de la frontière, à Albu Kamal en Syrie et à Al-Qaim en Irak. En prime, ISIS et des chefs tribaux sunnites alliés également entouré l’Anaconda de Camp sous contrôle américain en Irak et sont prêts pour un jeu de mortier à long terme. Beltway « analystes » apprendront-ils jamais ?

Que la fiction qui veut que la Jordanie – géré par roi Playstation, alias Abdullah – sera mûr pour sa prise dès que les salafistes hardcore de Zarqa (ville natale de Zarqaoui) s’uniront totalement avec ISIS. Ajouter ce morceau de la construction à l’embryon de califat levantin et nous allons pouvoir parler affaires – éventuellement en faisant la part des raffineries de pétrole.

« Ne faites pas une merde stupide », appliqué à la Syrie et l’Irak, signifie que l’administration Obama s’est impliqué dans sa politique de « Assad doit s’en aller », comme gouvernement Ba’ath ; ce qui est sous-entendu, c’est que Washington est un allié de l’ISIS en Syrie, tout en étant un ennemi (résolu?) d’ISIS en Irak. Le "Péché" d’Assad, c’est qu’il est un allié de Téhéran (comme al-Maliki) et, surtout (du point de vue américain), du Hezbollah. Et maintenant nous en sommes à la dernière "Stupid Shit" de l’administration Obama – sous la forme du soutien aux rebelles « dûment contrôlés » en Syrie.

En tentant d’effacer l’incrédulité que peut provoquer un tel scénario , l’ensemble des protagonistes, maison blanche incluse, vend l’illusion que l’on s’interroge si les hommes en noir dangereux relèvent de l’ ISIS – et alors que faire à leur sujet.

Si une sorte de coopération de Washington-Téhéran contre ISIS devient évidente, cela pose un problème majeur pour la foule de Bomb Iran vivace dans la voie de contournement, ainsi que pour la ligne dure à Téhéran ; après que tous les ISIS aient érigé une barrière massive géostratégique entre l’Iran et la Syrie, menaçant le raccordement de Téhéran avec le Hezbollah.

Les Likoudniks agiront sans tabou pour empêcher toute forme de coopération. Mais ce sera un détail quand même. Bagdad peut obtenir toute l’aide dont elle a besoin des forces spéciales iraniens et des milices comme celles de Muqtada. ISIS n’a pas la troupe ou l’expertise pour assiéger Bagdad ; dans la seule ville de Sadr ils seraient mis en lambeaux. Pour ne pas mentionner l’attaque Najaf et Karbala, les villes saintes de Shi’ite, qui sont déjà protégés par lourdement armés des brigades populaires.

L’OTAN répondra Jihadistan ?

Kirkouk est maintenant sous contrôle kurde virtuel. La « dévolution » à Bagdad sera extrêmement problématique – et c’est un euphémisme majeur. Kirkouk produit environ 670 000 barils de pétrole par jour. Jusqu’à 300 000 sont exportées par l’oléoduc de Ceyhan, en Turquie. Pourtant seulement 120 000 barils par jour ont été transmis ces dernières semaines.

La production totale de l’Irak est de 3,3 millions de barils par jour – l’essentiel concentrée dans le sud, autour de Bassorah. Il y a aucune preuve réaliste ISIS sera jamais en mesure de capturer Bassora.

Le problème reste donc certaines raffineries dans le Nord. Les Forces d’élite antiterroriste irakien peuvent traiter avec elle. Si ISIS par hasard était capable d’exploiter des pétrole et du gaz – un grand si – qui a certifié la joie pour, surtout, les spéculateurs du marché. Et bientôt, il pourrait y avoir des milliers de « sécurisation » des champs de pétrole irakiens et la Zone verte à Bagdad par des forces spéciales américaines.

l’ Armée syrienne d’ Assad peut – et c’est déjà fait – contribuer à combattre ISIS. En fin de compte, ISIS peut réalistement être repoussées par l’armée syrienne, par l’élite des forces spéciales iraniennes et brigades Shi’ite appuyé par ces avions de chasse d’occasion de la Russie et du Bélarus.

ISIS ne prendra pas plus de Bagdad. Mais comme un monstre mutant, en un Sunnistan Hardcore via mode hollywoodienne, il pourrait devenir encore plus dingue et essayer de prendre Amman, Doha et Riyad même.

L’Empire du Chaos va continuer à parier sur – quoi d’autre – le chaos. Et le chaos va à merveille à sa façon – de la possibilité réelle d’un assaut final vers un grand Kurdistan (en Syrie, Irak, Turquie et Iran même) devenu u enfer sectaire avec de la milice partout en Irak, Syrie, Liban, Turquie et Yémen. Sans oublier toutes les ramifications possibles en Afrique du Nord, Asie centrale et dans le Caucase du Nord.

Que fera Hillary Clinton, la Hillarator ? Dans ce cas, sa dois attendre début 2017. Elle pourrait tirer toujours un autre "nous sommes venus, nous avons vu, il est mort" et triomphalement en scène un deuxième à venir dans le Levant comme une Athena droned chantant Light My Fire.

En fin de compte, l’OTAN ne va pas rencontrer le Jihadistan. Aucune « responsabilité à protéger » les arabes (R2P) qui tuent les arabes. L’OTAN – allègrement – "observera" sur le côté. Parce que l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, le Caucase et complètement à l’ouest de la Chine, le nom du jeu est d’entretenir « l’Eurasie balkanisée"du Dr Zbig Brzezinski en la faisant mijoter dans un bûcher funéraire.

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : comment le monde globalisé est Dissolving dans Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues : un instantané de Bagdad au cours de la vague (Nimble Books, 2007), et Obama fait Globalistan (Nimble Books, 2009). Il peut être contacté à pepeasia@yahoo.com .

Copyright 2014 Asia Times Online (Holdings) Ltd. Tous droits réservés.

1-crimee-1980-urss-otan-cassini

Ces gens, que les Etats-Unis sont censés ne pas voir et face auxquels on se contente de proposer de donner 500 millions de dollars à un islam modéré qui n’existe plus s’il a jamais existé et dont les armes vont immanquablement tomber en la possession des djihadistes, s’attaquent d’abord au peuple syrien et comme partout d’abord aux populations musulmanes ou arabes chrétiens. Comme ici avec la crucifixion de huit personnes dans les faubourgs d’Alep. ET bien sûr toujours selon la tactique nord américaine, la guerre contre Bachar el Assad demeure prioritaire. Ceux qui ont encore quelques doutes sur la stratégie amériaine (et du caniche français) devraient regarder cette réalité en face… (note de Danielle Bleitrach)

 

Kiev est en zugzwang : les fruits de la propagande

Je rappelle aux Français, moins familiarisés avec les échecs que les Russes que être en zugzwang se dit de la situation d’un joueur qui est obligé de jouer un coup qui le fait perdre ou dégrade sa position. Le camp en zugzwang n’affaiblirait pas sa position s’il avait le droit de ne pas jouer. Le fait d’avoir le trait constitue alors un désavantage, car tous les coups possibles entraînent un dommage dans la position sur l’échiquier. C’est effectivement une vision de la situation, malheureusement ceux qui font les frais de l’impasse ce sont les populations qui subissent, qu’il s’agisse de celles de l’est sous les bombes et même celle de toutes l’Ukraine dont la vie ne cesse de s’aggraver. Avant que l’Ukraine ne devienne une nouvelle Syrie avec des conséquences incalculables sur l’Europe, il nous faut imposer le jeu des peuples, la PAIX…
1

© Photo : La Voix de la Russie

Par La Voix de la Russie | Les données de la presse russe sur les flux considérables des réfugiés du sud-est de l’Ukraine ne correspondent pas à la réalité, déclare le représentant du Département d’État américain Mary Harf. Qui sont alors ces dizaines de milliers de gens traversant chaque jour la frontière ukraino-russe ?

Probablement, dans le Département d’État, on s’en tient encore à la version de Jane Psaki qu’il s’agit des vacanciers, pressés de visiter leurs proches. Et qu’à Donetsk et Lougansk, c’est l’armée de la Russie qui mène la guerre contre les radicaux ukrainiens. En effet, les témoins oculaires ont vu « un convoi militaire d’origine inconnue » entrer le 20 juin à Lougansk. En plus, Washington a des photos d’un lance-roquettes en rafales russes Grad installé près de Lougansk.

Mais on ne dit pas que ces mêmes Grad sont utilisés par l’armée ukrainienne, car les forces de sécurité nationale tirent sur les quartiers résidentiels des villes, dans le département d’État, on passe sous silence ce fait. A part les Grad, les pouvoirs ukrainiens utilisent les bombes à sous-munition et au phosphore, les radicaux fusillent les voitures avec des blessés. Et tout cela se passe avec l’accord tacite de l’Ouest. Washington – et Kiev à l’unisson avec lui – affirment : il n’y a pas de population civile dans le Sud-est de l’Ukraine. La manière semblable n’est pas choisie par hasard, trouve le vice-directeur du centre de l’information politique Alexeï Panine.

« Plus la Russie est entrainée dans les événements ukrainiens, plus facile il est de prendre de nouvelles sanctions contre elle. C’est-à-dire, les États-Unis pourront être plus facilement un concurrent de la Russie dans l’espace européen. Avant tout, il s’agit du marché gazier et pétrolier de l’Union européenne. Et, bien sûr, cela permettra à certaines forces politiques dans les pays de l’Europe de l’Est de parler de « l’agression russe » – il sera d’autant plus facile d’obtenir l’élargissement de l’OTAN vers l’est. Au fond, il s’agit de la politique des provocations militaires. »

Malgré le cessez-le-feu annoncé par le président ukrainien Porochenko, les bombardements des localités dans la région de Donetsk et de Lougansk ne cessent pas. À en juger par les faits, le président-oligarque accomplit exactement les consignes reçues : Joe Biden l’a loué. Le Vice-président des États-Unis a appelé dans un entretien par téléphone les actions de Porochenko « correctes et hautement professionnelles ».

La position des pouvoirs officiels ukrainiens était caractérisée exactement par un des leaders des miliciens populaires Igor Strelkov. D’après lui, les oligarques installés à Kiev ont tellement menti et se sont tellement habitués à leur propre propagande que pour eux, cesser la guerre, c’est recevoir immédiatement un nouveau Maïdan. Mais dans ce cas, il y a peu de chances pour eux de garder le pouvoir. Kiev se trouve en un zugzwang classique – n’importe quel coup aggrave la position et conduit à la défaite.
Lire la suite: http://french.ruvr.ru/2014_06_24/Kiev-est-en-zugzwang-les-fruits-de-la-propagande-4164/

 
 

Ukraine : les Etats-Unis nous entraînent dans une guerre contre la Russie (The Guardian)

0

Pourquoi tolérons-nous la menace d’une nouvelle guerre mondiale qui se mène en notre nom ? Pourquoi tolérons-nous les mensonges qui justifient ce risque ? L’état de notre endoctrinement, comme l’a écrit Harold Pinter, est « un tour d’hypnose brillant, et couronné de succès », comme si la vérité « ne s’était jamais déroulée, même au moment où elle se déroulait ».

Chaque année l’historien américain William Blum publie son “archive actualisée du résumé de la politique étrangère des Etats-Unis” qui montre que, depuis 1945, les Etats-Unis ont tenté de renversé plus de 50 gouvernements, la plupart démocratiquement élus ; ont grossièrement interféré dans les élections de 30 pays ; bombardé la population civile de 30 pays ; utilisé des armes chimiques et biologiques ; et tenté d’assassiner des dirigeants étrangers.

Dans bien des cas la Grande-Bretagne était complice. Le degré de souffrance humaine, et encore moins la criminalité, n’est jamais reconnu en Occident, malgré la soi-disant présence des technologies de communication les plus avancées, et du journalisme le plus libre du monde. Que les victimes les plus nombreuses du terrorisme – de notre terrorisme, soient des musulmans, est imprononçable. Que le djihadisme extrémiste, à l’origine du 11 septembre, fut créé comme arme de la politique étrangère britannique (Opération Cyclone en Afghanistan) est occulté. En avril le département d’État américain remarqua que, à la suite de la campagne de l’OTAN de 2011, « la Libye est devenue un paradis pour les terroristes ».

Le nom de “notre” ennemi a évolué au fil des années, du communisme à l’Islamisme, mais il s’agissait généralement de n’importe quelle société indépendante du pouvoir de l’Occident et occupant des territoires stratégiques ou riches en ressources. Les leaders de ces nations gênantes sont généralement violemment mis à l’écart, comme les démocrates Muhammad Mossadegh en Iran et Salvador Allende au Chili, où ils sont assassinés comme Patrice Lumumba au Congo. Ils font tous l’objet d’une campagne médiatique de caricature et de diabolisation – pensez à Fidel Castro, Hugo Chavez, et maintenant Vladimir Poutine.

Le rôle de Washington en Ukraine est diffèrent seulement parce que ses implications nous concernent tous. Pour la première fois depuis l’ère Reagan, les USA menacent d’entraîner le monde dans une guerre. Avec l’Europe de l’est et les Balkans devenus des bases militaires de l’OTAN, le dernier « état-tampon » frontalier de la Russie, est dévasté. Nous, les occidentaux, soutenons des Néo-nazis dans un pays ou les Ukrainiens nazis soutinrent Hitler. Ayant dirigé le coup d’état de Février contre le gouvernement démocratiquement élu à Kiev, la tentative de Washington de récupérer la base navale historiquement russe de Crimée a échouée. Les russes se sont défendus, comme ils l’ont toujours fait contre chaque invasion occidentale depuis presque un siècle.

Mais l’encerclement militaire de l’OTAN s’est accéléré, en même temps que des attaques orchestrées par les USA sur les ethnies russes d’Ukraine. Si Poutine peut être poussé à aller les aider, son rôle préétabli de paria justifiera une guerre menée par l’OTAN qui se propagera sans doute à l’intérieur du territoire Russe.

A la place, Poutine a embrouillé ses adversaires en cherchant un terrain d’entente avec Washington et l’Europe, en retirant ses troupes de la frontière ukrainienne et en incitant les ethnies russes d’Ukraine de l’Est d’abandonner le référendum provocant du week-end. Ces gens, russophones, bilingues – 1 tiers de la population de l’Ukraine – ont longtemps souhaité l’avènement d’une fédération qui reflète la diversité ethnique du pays et qui soit à la fois autonome et indépendante vis-à-vis de Moscou. La plupart ne sont ni des « séparatistes » ni « des rebelles » mais simplement des citoyens souhaitant vivre en sécurité dans leur pays.

Comme les ruines d’Irak et d’Afghanistan, l’Ukraine a été transformé en un camp d’entrainement pour la CIA – dirigé par le directeur de la CIA John Brennan à Kiev, avec des “unités spéciales” de la CIA et du FBI qui mettent en place une “structure de sécurité” afin de superviser les attaques sauvages de ceux qui se sont opposé au coup d’état de Février. Regardez les vidéos, lisez les rapports des témoins du massacre d’Odessa. Des bandits fascistes amenés par bus ont brulé les sièges des syndicats, tuant 41 personnes bloquées à l’intérieur. Regardez la police laisser faire. Un docteur a décrit sa tentative d’aller aider les gens, « mais j’ai étais stoppé par des nazis pro-Ukrainiens. L’un deux m’a violemment poussé, en me promettant que bientôt ce serait mon tour à moi et aux autres Juifs d’Odessa… Je me demande pourquoi le monde entier reste silencieux. »

Les ukrainiens russophones se battent pour leur survie. Quand Poutine a annoncé le retrait des troupes russes de la frontière, le secrétaire à la défense de la junte, à Kiev – un des membres fondateurs du parti fasciste « Svoboda », déclara que les attaques sur « les insurgés » allaient continuer. Dans un style Orwellien, la propagande occidentale a rejeté la faute sur Moscou « qui orchestre le conflit et la provocation », selon William Hague. Son cynisme peut être comparé à la grotesque félicitation d’Obama à la junte pour leur « retenue remarquable » à la suite du massacre d’Odessa. Illégal et fasciste, la junte est décrite par Obama comme « légalement élue ». Ce qui importe ce n’est pas la vérité, a un jour dit Henry Kissinger, mais « ce qui est perçu comme vrai ».

Dans les medias Etats-Uniens les atrocités d’Odessa ont été minimisées ; une affaire « louche » et une « tragédie » dans laquelle des « nationalistes » (Néo-nazis) ont attaqué des « séparatistes » (des gens en train de collecter des signatures pour un référendum sur une Ukraine fédéral). Le Wall Street Journal de Rupert Murdoch a maudit les victimes – « Un incendie meurtrier en Ukraine probablement allumé par les rebelles, selon le gouvernement ». La propagande en Allemagne est digne de la guerre froide, avec la Frankfurter Allgemeine Zeitung (littéralement, « Journal général de Francfort ») qui met en garde ses lecteurs contre la Russie et sa « guerre non déclarée ». Pour les allemands, le fait que Poutine soit le seul leader à condamner la montée du fascisme au 21ème siècle relève de l’ironie.

Un truisme populaire dit que “le monde a changé” à la suite du 11 septembre. Mais qu’est ce qui a changé ? Selon le fameux lanceur d’alerte Daniel Ellsberg, un coup d’état silencieux a eu lieu à Washington et un militarisme rampant dirige maintenant. Le pentagone dirige en ce moment des « opérations spéciales » – des guerres secrètes – dans 124 pays. Aux Etats-Unis, une pauvreté en augmentation et des libertés hémorragiques sont les corollaires historiques d’un état de guerre perpétuel. Ajoutez à cela le risque de guerre nucléaire, et la question qui reste est : Pourquoi tolérons-nous cela ?

John Pilger

13 mai 2014

http://www.les-crises.fr/les-etats-unis-nous-entrainent-dans-une-guerre-contre-la-russie/

Traduction Nicolas CASAUX du Collectif 4ème singe http://4emesinge.com/

 
1 commentaire

Publié par le juin 22, 2014 dans Amérique, Europe, guerre et paix

 
 
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 323 autres abonnés