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Prague: les Etats-Unis préparent un nouveau Maïdan contre le président Tchèque

19/11/2014

http://www.kpu.ua/ru/79350/ssha_gotovjat_cheshskyj_majdan_po_sverzhenyju_neugodnogo_prezydenta_zemana

Tout indique que les Américains tentent d’empêcher l’Europe centrale de coopérer avec la Russie.

Et ces jours-ci l’enjeu de la bataille est à nouveau Prague!

Quand on voit avec quelle ardeur les centres de diversion idéologique étrangers cherchent à déboulonner Milos Zeman (peu importe qu’il donne lui-même des armes pour se faire battre), je crois fermement que cette prédiction est vraisemblable. Prague serait au bout du compte divisée en secteur américain (ouest) et russe (rive orientale de la Vltava). Eh bien, nous allons voir combien de temps nous sépare de cette perspective.

Lettre de Prague

« Bon après-midi! Je demander pardon à l’avance pour cette « lettre fleuve », mais il c’est important. Je voudrais partager quelques impressions sur  les « manifestations antizeman » à Prague aujourd’hui sur les avenues  Nationale et Albert. Je ne vais pas entrer dans les détails au sujet de qui et comment a  officiellement appelé à la manifestation et comment elle a été soutenue par la Télévision tchèque et d’autres médias (tout cela peut être trouvé). Je ne fais que compléter en présentant l’opinion d’une personne qui a vécu les  événements sur place.

Le point clé de toute cette action devait être la présentation au président Zeman d’un « carton rouge » pour son attitude pro-russe présumée  (ou l’absence de critique de Moscou et de Vladimir Poutine) à l’occasion des événements en Ukraine et de sa récente visite en Chine.

Officiellement, cela a été fait en raison de son interview à la radio « Entretiens de Lan », dans lequel il critiquait Pussy Riot et le « cabaret de Prague « , autrement dit, les chercheurs de vérité et les « gavlovtsy ».

Dès le premier coup d’œil, il était clair que tous (à quelques exceptions près – certains avaient entre les mains un papier rouge ou s’étaient habillés en rouge) portaient des cartes identiques : la même  nuance de rouge, de la même taille et du même matériau. Il y en avait plusieurs milliers.

Je remarquai alors plusieurs femmes qui au coin de la rue Spalena près d’un kiosque distribuaient des cartes. L’une d’elles parlait aux autres en anglais, et je leur ai demandé si elles étaient les organisatrices. Personne ne répondit. Je demandai alors pour quelle organisation non gouvernementale digne de confiance elles travaillaient. Et encore une fois, pas de réponse. Alors j’ai demandé à celle qui parlait anglais si elle travaillait à l’ambassade américaine à Prague.

J’ai répété la question et je voulais prendre une photo de cette femme sur mon téléphone. Mais je fus approché par deux hommes qui ont commencé à me bousculer et repousser sur le trottoir, en disant que j’étais un « provocateur » et un « sale communiste. » Donc, ils ont réussi à me traîner à quelques mètres de l’endroit de distribution des cartes, et puis ils me surveillaient toujours, pour que je ne vienne plus les déranger.

Autour de moi, je voyais des  « chercheurs de vérité » fanatiques et des « Karel-Jugend », beaucoup de drapeaux ukrainiens, des drapeaux tibétains, des affiches de Pussy Riot, un flot de bannières de haine sur la Russie et Zeman. Ainsi qu’un drapeau noir et rouge de Bandera.

Compte tenu de ce qui est arrivé plus tard sur Albert, où, outre Zeman étaient tous les présidents du groupe des quatre de Visegrad, j’ai eu l’impression que les Américains voulaient renverser notre président. D’ailleurs, c’est tout à fait «leur style ». Il faut noter que ce scénario est le même qu’à Kiev : renverser un président démocratiquement élu et à sa place mettre des Allemands des Sudètes obéissants, et dresser les gens les uns contre les autres.

Quand nos hommes seront envoyés mourir en Ukraine, s’il vous plaît, envoyez d’abord ceux qui aujourd’hui agitaient des cartes sur l’avenue Nationale. Ce n’étaient pas des « Open Card » pour circuler librement en ville. C’étaient des billets d’avion pour l’Ukraine. Et là-bas l’action d’aujourd’hui se terminera dans le sang. Dans la guerre. D’ailleurs, Porochenko a annoncé aujourd’hui qu’il était prêt pour la «guerre totale» avec la Russie. Je remercie les étudiants stupides, qui se sont laissés manipuler.

Question à M. Hood: Y a-t-il, à votre avis, encore un moyen pour faire face à ces « Maidan » organisés pour semer la  haine entre les gens, avec le soutien des médias? Merci! Cordialement, Jan. « 

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Publié par le novembre 20, 2014 dans Europe, guerre et paix

 

Poutine : La Russie craint un nettoyage ethnique en Ukraine au coeur de la montée du neo-nazisme

Publié le temps : 17 novembre 2014 00:15
Édité fois : 17 novembre 2014 04:19

Russian President Vladimir Putin (RIA Novosti / Sergey Guneev)

Le Président russe Vladimir Poutine (RIA Novosti / Sergey Guneev)

 

Comme Kiev continue d’amasser ses forces dans l’est de l’Ukraine malgré le cessez-le-feu et d’utiliser des groupes de nationalistes radicaux comme des bataillons armés, Moscou s’inquiète d’un possible nettoyage ethnique, selon les dires du  Président russe Vladimir Putin  dans iun entretien a ARD .

En parlant avec Hubert Seipel de la chaîne allemande ARD, avant le sommet du G20, Poutine a averti des conséquences catastrophiques pour l’Ukraine si le gouvernement de Kiev continue à nourrir le nationalisme radical et russophobie, y compris dans les rangs de son armée et des unités de la garde nationale qui sont toujours envoyés en renfort dans les zones troublées de l’est.

« Pour parler franchement, nous sommes très préoccupés par toutes les  possibilités de nettoyages ethniques et que l’Ukraine  se retrouve comme un état de néo-nazi. Que sommes-nous censés pense  si les gens portent des croix gammées sur leurs manches ? Ou que diriez-vous devant  les emblèmes SS que l’on voit sur les casques de certaines unités militaires actuellement en train de combattre dans l’est de l’Ukraine ? Est-ce un  État civilisé, ? Au moins ils peuvent se débarrasser de cet uniforme, ils pourraient  supprimer ces emblèmes, »  a dit Poutine.

Azov battalion soldiers take an oath of allegiance to Ukraine in Kiev's Sophia Square before being sent to the Donbass region (RIA Novosti / Alexandr Maksimenko)

Soldats du bataillon d’Azov prêtant un serment d’allégeance à l’Ukraine de Kiev Sophia place avant d’être envoyés dans la région de Donbass (RIA Novosti / Alexandr Maksimenko)

Pointant les  difficultés pour appliquer les accords de Minsk visant à garantir le cessez-le-feu dans l’est de l’Ukraine , Poutine a dit les milices locales ont une raison claire ne pas à quitter les villes qu’ils occupent, qui est la peur des représailles. Moscou a fortement encouragé les deux parties au conflit à respecter les accords.

« En effet, les combattants de l’auto-défense, par exemple, étaient censés  quitter certaines villes qu’ils avaient encerclé, ne les ont toujours pas quittées. Savez-vous pourquoi ils ne le font pas ? Je vais vous dire le  franchement, ce n’est pas  un secret : parce que aux  dires de ceux qui luttent contre l’armée ukrainienne, « ce sont nos villages, nous venons de là. Nos familles et nos proches y vivent. Si nous partons, les bataillons nationalistes viendront  et ils tueront tout le monde. Nous ne partirons pas, vous pouvez nous tuer vous-mêmes. » »

« C’est pourquoi nous avons des craintes que cela  finisse de cette façon. Si cela arrive, ce serait une catastrophe pour l’Ukraine et le peuple ukrainien, » a souligné Poutine .

Le dirigeant russe a rejeté l’idée que seule la Russie a la clé pour résoudre la crise de l’Ukraine, disant que ça résonne  comme si quelqu’un tentait de faire porter  la responsabilité du conflit sur Moscou.

« Vous savez, quand quelqu’un nous dit que nous avons une position privilégiée pour résoudre telle ou telle crise, cela  m’inquiète toujours…Je commence toujours à  soupçonner qu’il  a l’intention de faire porter sur nous  la responsabilité et de nous faire payer pour quelque chose. Nous ne voulons pas cela. L’Ukraine est un indépendant, libre et l’État souverain, »  a dit Poutine.

U.S. Assistant Secretary of State for European and Eurasian Affairs Victoria Nuland (R) and U.S. Ambassador Geoffrey Pyatt (2nd R) distribute bread to riot police near Independence square in Kiev December 11, 2013. (Reuters / Andrew Kravchenko)

l’Assistant secrétaire d’État américain aux affaires  européenne et eurasienne s Victoria Nuland (R) et l’ambassadeur américain Geoffrey Pyatt (2nd R) distribuant du pain à la police anti-émeutes près de la place de l’indépendance à Kiev 11 décembre 2013. (Reuters / Andrew Kravchenko)

Toutefois, le Président a fait allusion à la possibilité que les pays occidentaux puissent  effectivement intervenir dans la situation ukrainienne et persuadent le gouvernement pro-occidentale à Kiev de s’orienter vers  un dialogue national au lieu d’envoyer des chars pour les territoires rebelles.

« Il y a juste une chose à laquelle j’ai toujours prêté attention.. On nous dit  à chaque fois les  séparatistes pro-russe doivent faire ceci et cela, vous devez les influencer de cette façon, vous devez agir de cette façon. J’ai toujours demandé: « qu’avez-vous fait pour influencer  vos clients à Kiev ? Qu’avez-vous fait ? Ou vous encouragez  uniquement des sentiments russophobe?’ » a dit Poutine..

Il a souligné que soutenir la russophobie en Ukraine peut entraîner une « véritable catastrophe » et il a exhorté à rechercher une solution commune à la crise afin de « rapprocher les positions des partis en présence. »

La Russie ne laissera p Kiev considérer qu’il lui suffit d’envoyer des forces armées à l’est de l’Ukraine et d’« annihiler » ses opposants,  a souligné Poutine  en réponse à une question d’un journaliste allemand.

« Le problème est que nous ne pouvons pas avoir une vue unilatérale du problème. Aujourd’hui, il y a des combats dans l’est de l’Ukraine. Les autorités ukrainiennes ont envoyé les forces armées là-bas et ils utilisent même des missiles balistiques. Est-ce que tout le monde dit la vérité à ce sujet? Pas un seul mot. Et sur ce que cela signifie ? Ce que cela nous apprend ? Cela souligne le fait, que vous voulez que les autorités centrales ukrainiennes anéantisse tout le monde là-bas, tous leurs ennemis politiques et les opposants. Qu’est-ce que vous voulez ? Nous ne l’acceptons  certainement pas. « Et nous ne laisserons pas cela arriver  ».

Ukrainian soldiers stand next to a tank near the eastern city of Donetsk (Reuters / David Mdzinarishvili)

Les soldats ukrainiens sont à côté d’un tank près de la ville orientale de Donetsk (Reuters / David Mdzinarishvili)

Poutine a dit que ceux qui considèrent que leur cause est  juste – comme les combattants anti-gouvernementaux en Ukraine orientale – « pourront  toujours obtenir les armes » dans le monde moderne, y compris des systèmes d’artillerie et  des véhicules blindés. 

Les médias et les politiciens occidentaux ont accusé  la Russie d’envoyer des armes aux rebelles, ce que nie   Moscou – mais ils n’ont fourni aucune preuve, mettant en cause les affirmations  des forces d’autodéfense du Donbass elles-mêmes disant qu’elles se sont emparées d’armes et de véhicules saisis dans des dépôts militaires dans la région, et qu’elles ont également réussi à capturer certains matériels  des troupes ukrainiennes. L’armée ukrainienne, souvent gravement sous-équipé, a récemment commencé à bénéficié de l’aide militaire de plusieurs pays occidentaux.


Poutine a souligné que le traité de Minsk sur la sécurisation du cessez-le-feu dans l’est de l’Ukraine n’est devenu possible que , parce que la Russie a réussi à convaincre les combattants hostiles au gouvernement de s’asseoir à la table des négociations avec les représentants de Kiev.

« Les accords de Minsk ont pu intervenir parce que la Russie participe activement à cet effort ; Nous avons collaboré avec les milices du Donbass, ce sont les combattants de l’Ukraine du sud-est, et nous les avons convaincus qu’ils devraient se contenter de certains accords. Si nous n’avions pas fait cela, les accords n’auraient pas eu lieu » a dit le Président.

Il y a toujours des problèmes avec la mise en oeuvre de ces accords, Poutine a ajouté  que les deux parties ne veulent pas suivre certains points. Kiev et  es forces d’auto-Defense  n’ont pas réussi à quitter certaines villes, qu’ils étaient censés quitter. Lorsqu’ils sont confrontés à cette réalité  cependant, la milice a dit Moscou qu’ils ne partent pas en raison de la crainte d’un génocide ou l’assassinat de leur famille, la milice a de nombreux combattants qui viennent des régions elles- mêmes occupées.

A man walks past a residential block and a car damaged by recent shelling in Donetsk, eastern Ukraine (Reuters / Maxim Zmeyev)

Un homme passe devant un bloc résidentiel et une voiture endommagée par les bombardements récents à Donetsk, Ukraine orientale (Reuters / Maxim Zmeyev)

 Il y a des allégations d’abus généralisés – y compris les enlèvements, les détentions illégales, les mauvais traitements, vol, extorsion et des exécutions de masse possibles aux mains des forces pro-Kiev – ont été rapportées par plusieurs groupes de défense des droits, dont Amnisty International.

« Quand ils disent des choses comme ça, vous le savez, il y a pas grand chose qui peut être répondu  » a dit  Poutine . 

« Mais si les autorités centrales ukrainiennes choisissent  de déterminer la ligne de démarcation, qui est très important aujourd’hui pour faire cesser les bombardements et l’assassinat, s’ils veulent préserver l’intégrité territoriale de leur pays, aucun village ou ville n’est significatif ; ce qui est important est d’arrêter immédiatement l’effusion de sang et les bombardements et de créer les conditions pour engager un dialogue politique. C’est ce qui est important. S’il cela n’est pas fait, il y n’aura aucun dialogue politique »
a souligné Poutine a souligné.

 Au lieu de cela, cependant, Kiev semble avoir amassé récemment de nouvelles forces autour des territoires rebelles. L’Ambassadeur à l’ONU adjoint russe Aleksandr Pankin a dit le Conseil de sécurité de l’ONU mercredi « tout au long de la période de cessez-le-feu, une concentration de troupes ukrainiennes a été observée  le long de la ligne de front  » et il n’y n’a eu aucun retrait des armes lourdes en violation des accords de Minsk.

« Apparemment, les forces d’autodéfense ont une   grande crainte de Kiev qui tente de justifier ses propres échecs et le transfert massif de personnel et de matériel pour les lignes de front en affirmant haut et fort l’intrusion de l’armée  russe et des livraison d’armes russes » a dit Pankin dit, en faisant référence aux plus récentes allégations   de « Chars russes en Ukraine. » L’OTAN la semaine dernière, a déclaré  avoir vu  plusieurs colonnes de matériel russe entrant dans l’Ukraine, mais a ajouté qu’il n’y avait  pas une « bonne image » pour étayer ses dires.

 
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Publié par le novembre 17, 2014 dans Europe, guerre et paix

 

Dernier avertissement avant un nouveau Maïdan, Monsieur le Président

Des amis d’Odessa nous expliquaient dernièrement, actuellement en Ukraine le pouvoir est aux mains des oligarques qui utilisent les fascistes, mais rien ne dit que les fascistes ne vont pas s’emparer de ce pouvoir pour leur propre compte. Cette lettre de l’un des fascistes aux autorités de l’Etat ne dit pas toute la vérité, à savoir que les oligarques qui ont formé ces bataillons n’obéissent plus à personne. Que ces brutes préfèrent faire régner la terreur et piller partout que de combattre sur le Front de l’est… Il ne dit pas non plus que chaque jour le pouvoir ukrainien leur cède du terrain, les place à des postes de responsabilité comme celui du chef de la police à Kiev. La responsabilité des Etats-Unis et de l’UE dans la situation ukrainienne est totale, ce malheureux pays est livré à la guerre civile et aux bandes néo-nazis à cause de leur intervention en faveur d’un coup d’Etat, ils ont ouvert la boite de Pandore et installé le fascisme au cœur de l’Europe.  (note de Danielle Bleitrach)

Alors que le pays s’attend à une vaste offensive des séparatistes du Donbass soutenus par l’armée russe, le gouvernement de Kiev semble de plus en plus dépassé. S’il ne réagit pas, il risque d’être débordé par ses propres forces, met en garde un ancien activiste de Maïdan. Surtout quand ses propres forces sont déjà à la tête des forces de l’ordre comme le prouve l’article ci-dessus sur la nomination d’un nouveau chef de la police à Kiev.
Des membres du bataillon pro-ukrainien Aydar sur un véhicule de transport de troupes, devant une centrale électrique à Lougansk, 20 septembre 2014 – AFP PHOTO/ANATOLII BOIKO Des membres du bataillon pro-ukrainien Aydar sur un véhicule de transport de troupes, devant une centrale électrique à Lougansk, 20 septembre 2014 – AFP PHOTO/ANATOLII BOIKO

Volodymyr Parassiouk
Volodymyr Parassiouk est un ancien activiste de Maïdan. C’est lui qui, le 20 février dans la nuit, est monté à la tribune sur la place de l’Indépendance pour menacer de chasser par les armes le président d’alors, Viktor Ianoukovitch. Comme beaucoup d’anciens manifestants, il s’est ensuite engagé dans un des nombreux bataillons de volontaires (voir encadré) qui se battent dans le Donbass. Blessé à la tête, capturé, il a rejoint les siens à l’occasion d’un échange de prisonniers avec les séparatistes.

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L’armée russe vient une fois de plus d’entrer sur le territoire de l’Ukraine. Notre président et les dirigeants de la majorité, eux, préfèrent suivre l’exemple de nos amis européens et se contenter d’expressions d’indignation et d’outrage sans conséquence.Tout le pays attend que soient prises des mesures décisives au sujet du conflit dans l’Est, mais, au lieu de cela, nous n’avons droit qu’à de grandioses gesticulations politiques et des spéculations sur la meilleure façon de se répartir les nominations au gouvernement. Manifestement, notre président ne sait pas à la tête de quel pays il se trouve. Comment justifie-t-il son attitude ? Nos soldats sont faits prisonniers, et il n’y a pas de réaction. Des convois « humanitaires » ne cessent d’entrer en Ukraine, et il n’y a pas de réaction. Les terroristes organisent des élections et l’armée russe ne cherche même plus à dissimuler sa présence sur notre territoire. Et, à ce jour, nous ne disposons toujours pas d’un plan d’action concret, ni même n’affichons une position claire.

Une inertie au-delà de l’entendement

Si je donne l’impression de critiquer le président, c’est parce c’est bien ce que je suis en train de faire. Son inertie dépasse l’entendement. Le président de l’Ukraine ne peut pas se montrer aussi indécis, il n’en a pas le droit, parce que depuis bientôt un an, tous les jours, notre peuple se bat et meurt non seulement pour ce pays, mais pour sa dignité et une vie meilleure.

Des voyages de par le monde et des discours populistes ne représentent plus grand-chose face à la nécessité de nous défendre contre l’agression de la Russie. Tant de promesses ont été faites à la nation ukrainienne sans qu’elles soient jamais tenues. Vous avez trompé les gens, et vous vous efforcez de les apaiser encore par d’autres promesses sans fondement. Mais il n’en reste pas moins qu’alors que tout le monde s’inquiète des événements dans l’Est, vous ne faites que chercher à profiter de la situation.

Pendant ce temps, nos soldats gèlent et meurent

Il me semble que vous vous servez de cette guerre pour en tirer un avantage politique, parce que les gens se posent moins de questions et que la guerre peut permettre de détourner l’attention d’un certain nombre d’erreurs et de fautes. En de pareilles circonstances, on se soucie généralement moins des décisions bureaucratiques et autres agissements douteux. Quoi qu’il en soit, une chose est sûre, chers politiciens de haut rang : plus jamais les choses ne seront comme elles étaient avant. Tandis que vous vous préoccupez de former une nouvelle coalition, nos jeunes soldats dans l’Est gèlent et meurent.

Un mot encore pour [le Premier ministre Arseni] Iatseniouk et [le ministre de l'Intérieur Arsen] Avakov. Tout porte à croire que vous êtes des messieurs comme il faut, mais dans toute l’Ukraine votre réputation est déplorable. Et la situation se répète, les puissants luttent pour extorquer des positions de pouvoir, alors que la bureaucratie et l’armée sont en proie à leurs propres problèmes.

Mais n’oubliez pas : un Maïdan 3 n’est pas impossible.

UKRAINE— Ces encombrants volontaires

Manquant cruellement de moyens matériels et humains, l’armée ukrainienne, depuis le début des affrontements dans le Donbass, est obligée de faire feu de tout bois. Si l’Etat a plusieurs fois annoncé son intention de proclamer la mobilisation générale, ce qui lui permettrait de regonfler ses effectifs, il n’en a encore rien fait pour l’instant, car il lui faudrait alors équiper ces dizaines de milliers de conscrits, ce dont il est incapable. Spontanément, des dizaines de « bataillons de volontaires » se sont formés au lendemain de la chute du président Ianoukovitch. Cette infographie très claire disponible sur le site du Kyiv Post montre que la plupart sont officiellement affiliés aux troupes du ministère de l’Intérieur ou au ministère de la Défense. Pour leur équipement, ils doivent souvent se débrouiller par eux-mêmes, et dépendent entre autres de collectes réalisées par des bénévoles. Comme toutes les formations militaires improvisées, les soldats de ces bataillons sont au mieux turbulents, pour ne pas dire carrément dangereux pour la sécurité de l’Etat. Certains sont dans le collimateur d’Amnesty International comme le bataillon « Aïdar », qui aurait commis des exactions sur le front. D’autres s’affublent de symboles gênants, comme le bataillon « Azov » dont les hommes portent sur l’épaule un écusson qui rappelle douloureusement l’emblème de la 2e division de Waffen SS “Das Reich”. Et ils ont parfois tendance à prendre un peu trop les choses en main. Au point que le procureur de Kiev s’est inquiété des intentions du bataillon Aïdar, qu’il soupçonne de fomenter un « coup d’Etat ». Sa porte-parole, citée par le quotidien en ligne Oukraïnska Pravda, a ainsi déclaré : « C’est une chose qu’ils défendent notre pays dans l’est. C’en est une autre qu’ils entrent dans nos villes les armes à la main. En particulier dans la capitale, Kiev. Selon moi, c’est une menace intérieure. Ils sont incontestablement imprévisibles. Ils pourraient même déclencher un coup d’Etat. » Ce que confirment les propos de Volodymyr Parassiouk, lui-même officier du bataillon « Dnipro-1″. Ou encore cet ultimatum qu’aurait adressé le bataillon « Donbass » au président Porochenko, selon le site d’informations euromaidanpress.com : « Qu’une seule ville soit cédée [aux séparatistes], et le président giclera de son fauteuil, il y aura un coup d’Etat et les soldats prendront le pouvoir. »

 
 

Un néonazi nommé à la tête de la police de Kiev

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http://kprf.ru/international/ussr/136475.html

Deux semaines après la nomination du chef du Ministère de l’Intérieur pour la région de Kiev, le commandant adjoint du bataillon « Azov » Vadim Troyan, âgé de 35 ans, on a soudainement pris conscience en Occident de la chose suivante : le maintien de l’ordre dans la capitale ukrainienne va maintenant être confié à des gens aux opinions ouvertement néo-nazies. C’est ce qui ressort d’un article publié sur le site du journal allemand « Die Welt ».

«Jusqu’à récemment, Troyan était le commandant adjoint du bataillon » Azov  » un groupe armé paramilitaire, qui opère dans l’est de l’Ukraine Avec Andrew Biletsky (le commandant d’ » Azov « ) il était aux origines de la création de cette unité et recrutait de nombreux bénévoles. Le bataillon se compose principalement de radicaux de droite dont le signe de ralliement est le « crochet du loup », un symbole de l’Ukraine néo-nazie et une image proche de la croix gammée Certains combattants ornent leurs casques du «crochet» et des runes SS. »- rapporte de Kiev le correspondant de » Die Welt « .

Le journal allemand reconnaît que les défenseurs des droits de l’homme sont « extrêmement préoccupés » par cette nomination scandaleuse « dans la mesure où Vadim Troyan est en Ukraine un néo-nazi notoire. » En particulier, selon la publication, il était dans les rangs de l’organisation militante de droite « Patriotes  de l’Ukraine » et a maintenu des liens étroits avec d’autres groupes ultra-nationalistes.

Selon les défenseurs des droits de l’homme de Kharkov, Troyan a créé dès 2005 un groupe néo-nazi qui «attaquait les   » nouveaux arrivants « , battait les étudiants étrangers, dévastait les kiosque à journaux. » Curieusement, le «chef» de cette bande n’était pas n’importe qui, mais un diplômé de l’école supérieure de police de Kharkov.

 

En ce qui concerne les « faits d’armes » de cet agent diplômé des forces de l’ordre, on sait qu’il a participé aux batailles de Marioupol et a été « récompensé pour services rendus de l’Ordre du Mérite militaire Bogdan Khmelnitsky. » Rappel : c’est à Marioupol en mai 2014 que le régiment spécial « Azov »  a été formé au sein des forces de police d’Ukraine (récemment, il a été transféré à la garde nationale). Son commandant Biletsky, qui est également mentionné dans la publication de « Die Welt », est considéré comme un personnage tout à fait odieux, qui avoue franchement des opinions nationalistes et racistes. Il a été libéré de prison en Février par les nouvelles autorités du centre de détention de Kharkiv dans le cadre d’une « amnistie pour les prisonniers politiques. » Biletskiy avait été arrêté fin 2011 dans une affaire criminelle de voies de fait et le vol qualifié, effectué en groupe et avec préméditation.

Cependant, la réputation douteuse de Biletskiy ne l’a pas empêché d’être élu député lors des dernières élections parlementaires. Mais son subordonné a échoué à entrer  à la Verkhovna Rada. Selon les experts, sa nomination par le ministre de l’Intérieur Arsen Avakov était pour Troyan une sorte de «lot de consolation».

 

« L’idée est de nommer à des postes supérieurs des bénévoles qui ont une  véritable vocation pour travailler dans la  police. Je connais personnellement Vadim et je peux dire que cela est une nomination véritablement révolutionnaire. Maintenant la police de la région de Kiev va devenir un exemple pour le reste de l’Ukraine!. » – Tel est le commentaire « encourageant  » du conseiller du ministère ukrainien de l’Intérieur Anton Gerashchenko sur le réseau social «Facebook».

«La nomination de membres de troupes d’assaut à des postes de gardiens de la loi est un signe préoccupant.  Il suffit de se souvenir que dans les années 1933-1934 la même chose a été faite dans un pays européen, et d’une façon massive. En conséquence, la police a dû être rebaptisée Gestapo. » – A commenté quelqu’un sur un forum en ligne. Le chef de la police de Kiev lui-même recueille les félicitations sur sa page « Facebook ». L’ »avatar » du nouveau chef de ministère de l’Intérieur pour la région de Kiev est éloquent:  Vadim Troiyan apparaît en tenue de camouflage avec un fusil à la main.

 
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Publié par le novembre 14, 2014 dans Europe, extrême-droite, guerre et paix

 

Anniversaire de la révolution d’Octobre à Odessa

http://www.obkom.odessa.ua/?p=7653#more-7653

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Les événements liés à la célébration du 97e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre dans la ville-héros d’Odessa, démontrent la lâcheté et le conformisme des autorités de la ville.

Les demandes d’autorisation avaient été déposées à l’avance, mais dès le stade de préparation il est apparu qu’aucune société de location de voitures ne pouvait mettre à disposition un véhicule pouvant servir de tribune. Les chefs de fanfares également ont refusé sous divers prétextes. Enfin, il s’est trouvé quelques âmes courageuses qui ont accepté d’accompagner la colonne de manifestants.

Cependant, dans la matinée du 7 Novembre le Comité régional d’Odessa du Parti communiste a reçu la décision du tribunal administratif régional Odessa d’interdire le défilé et le rassemblement sur le champ de Koulikovo. Par conséquent, lorsque les participants à l’événement se sont rassemblés près de l’Opéra, ils ont été entourés par d’importants cordons de police. Démontrant leur respect des lois, les organisateurs de l’événement ont décidé de maintenir l’événement, mais dans le cadre d’une rencontre de citoyens avec les députés de la Verkhovna Rada et du conseil municipal sur la place du Théâtre.

Le premier secrétaire du Comité régional d’Odessa du Parti communiste de l’Ukraine Tsarkov, d’autres (anciens) députés, des responsables des anciens combattants, vétérans de la guerre, des représentants de la jeunesse communiste ont pris la parole tour à tour. A l’issue de l’événement une résolution a été adoptée à l’unanimité et tous se sont rendus sur le champ de Koulikovo (place de la Révolution d’Octobre), afin de déposer des fleurs en commémoration de la tragédie du 2 mai – le massacre dans la Maison des syndicats.

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«Résolution :

Aujourd’hui, nous célébrons le 97 e anniversaire d’un événement qui a brusquement changé la vie des peuples de l’ancien Empire russe, et pour des siècles a déterminé le cours de l’histoire du monde. Grâce à la Grande Révolution socialiste d’Octobre, le monde a découvert un exemple de construction d’une nouvelle vie – sans l’exploitation du travail humain, avec les meilleures garanties sociales et la confiance des citoyens dans l’avenir. L’Ukraine pour la première fois de son histoire, a constitué un Etat véritable et obtenu l’intégrité territoriale. Sous la direction du Parti communiste les peuples de l’Union soviétique ont vaincu les agresseurs fascistes et construit une société prospère, dont les dirigeants des États post-soviétiques sont incapables d’égaler les réalisations.

En Ukraine contemporaine les autorités tentent de dévaluer le concept de « révolution », appelant de ce nom un simple coup d’Etat qui a abouti au remplacement d’un régime oligarchique par un régime National-oligarchique. En raison de leur politique anti-populaire l’Ukraine a été divisée, il y a eu du sang versé dans un conflit fratricide, les relations bilatérales avec notre partenaire stratégique ont été gâchées irrémédiablement et les conditions de vie des citoyens ordinaires considérablement aggravées.

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En outre, à la suite des élections anticipées à la Verkhovna Rada d’Ukraine les simples travailleurs ont perdu leur représentation dans l’organe législatif suprême du pays. Cela signifie qu’aujourd’hui, les travailleurs d’Ukraine n’ont qu’un moyen pour défendre leurs intérêts – crier haut et fort leurs exigences légitimes aux autorités à tous les niveaux. Par conséquent, les participants à ce meeting, exprimant la volonté de l’écrasante majorité des habitants de la ville héros d’Odessa, exigent:

  1. arrêter immédiatement la confrontation sanglante dans le sud-est du pays et décider du sort de la région par des négociations pacifiques.
  2. Mettre en œuvre la décentralisation du pouvoir, donnant de larges pouvoirs aux régions dans la formation des budgets locaux, la détermination de la direction de l’intégration économique avec l’étranger, la réalisation des programmes sociaux, culturels et éducatifs.
  3. procéder à des réformes économiques, y compris la nationalisation des industries de base, de l’énergie et du transport, un soutien complet aux agriculteurs et l’interdiction de la vente des terres agricoles.

Abandonner l’orientation unilatérale vers l’Ouest, ce qui conduirait à la destruction des restes du potentiel économique de l’Ukraine, et rétablir de bonnes relations de voisinage et mutuellement bénéfiques avec la Fédération de Russie, les pays de l’Union eurasienne.

  1. Arrêter de soutenir les organisations néo-fascistes dont les activités ont compromis l’Ukraine aux yeux de la communauté internationale, abandonner les saluts et les toasts nazis lors d’événements officiels.

Nous comprenons que le gouvernement ne peut ignorer nos demandes, comme le faisait l’ancienne direction de l’Ukraine. Son destin est une leçon pour ceux qui donnent la priorité à leurs «poches». Nous mettons en garde les dirigeants de l’Etat: la poursuite de leur politique actuelle intérieure et étrangère menace la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine. L’abandon de leurs politiques conflictuelles actuelles sera accueilli favorablement par tous les hommes de bonne volonté « .

Après la clôture de la réunion, les participants se sont dirigés en petits groupes vers le champ de Koulikovo, où ils ont déposé des fleurs au monument aux combattants de la révolution et au mémorial aux victimes de la tragédie du 2 mai.

Dans la région d’Odessa des événements dédiés au 97e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre ont eu lieu partout. En particulier, un rassemblement à Izmaïl devant le monument à Lénine, a été suivi par plus de 150 personnes. Dans la ville de Belgorod – Dniestrovski a eu lieu un défilé avec fanfare du Memorial au parc de la Victoire, suivi d’un rassemblement. A Belyaevka les gens se sont rassembles près du monument aux héros de la guerre civile. A Kodyma l’événement a été suivi par un grand nombre de jeunes sympathisants. A Tarutino tous les citoyens, qui étaient venus faire leurs courses sur le marché local ont exprimé le désir de participer aux célébrations. Le rassemblement a eu lieu avec solennité, l’orchestre jouait de la musique, les gens sont nostalgiques de l’époque soviétique. Au total à la commémoration du 97e anniversaire de la Révolution d’Octobre à Odessa et dans la région ont participé jusqu’à cinq mille personnes.

Comité régional du Parti communiste de l’Ukraine, Service de presse

 
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Publié par le novembre 10, 2014 dans Europe, guerre et paix, histoire

 

Témoignage à visage découvert sur les événements du 2 mai

6701604-afp-mediafax-foto-anatolii-stepanovNous avons rencontré Alexandre Makarenko à Odessa le 3 novembre, deux rencontres, l’après-midi dans un café, le soir dans un restaurant. Cet homme très grand, élancé, calme et souriant a accepté de témoigner à visage découvert sur les événements du 2 mai tels qu’il les a vécus. Ces événements sont de première importance non seulement à cause de la violence et du massacre, mais parce qu’ils sont le signal déclencheur d’une répression de l’Etat qui va culminer dans le Donbass. Son témoignage est précieux parce qu’il est celui d’un citoyen engagé dans la vie d’Odessa, mais aussi parce qu’il montre justement le seuil tel qu’il a été franchi inutilement et qui consacre plus ou moins actuellement la fin de l’Ukraine.

Une autre précision essentielle à apporter, parce que les Français qui ont toujours de la difficulté à regarder autrement le monde qu’à travers leurs propres lunettes, confondant sans doute universalisme et colonialisme, sont persuadé que Alexandre Makarenko appartient à un groupe d’autodéfense… Alors quelques précisions, la droujine est une institution prévue par la Constitution et qui se met en marche en situation de crise avec des citoyens respectés de tous et qui se mobilisent pour défendre la ville contre l’étranger ou pour empêcher la guerre civile. Quelque chose entre les bourgeois du Moyen âge faisant leur ronde et les CDR a Cuba. Les droujines ne sont pas une organisation permanente, elles ont été constituées en février après le coup d’Etat du Maïdan qui a inquiété tout le monde dans l’est et dans le sud par son illégalité, la violence exercée contre des policiers désarmés, le rôle joué par des fascistes ouvertement hostiles aux populations russes et l’illégalité du nouveau gouvernement appuyé par l’étranger. Si dans le même temps sur les champs du Koulikouvo se sont constitués des baraquements antimaïdan, sur le modèle du maïdan, des citoyens de toutes opinions se sont entendus pour empêcher les désordres dans la ville et ceux venus de l’extérieur. On ne comprend rien à ce qui se passe en Ukraine si on ne perçoit pas cette « grande peur » qui a saisi les habitants du sud-est. Nous avions rencontré en Crimée de regroupements de citoyens qui gardaient les statues de Lénine. A Odessa qui revendique toujours plus ou moins un statut de port franc, on a revitalisé les regroupements de prudhommes avec deux droujines la droujine d’Odessa qui correspond à ce que on appelait au Moyen âge le « gros » peuple, les nationalistes, et la droujines populaire ou le petit peuple.
A l’époque Alexandre Makarenko est depuis le mois de février dans la droujine populaire (1). Il y a deux droujines, la droujine populaire et la droujine d’Odessa, plus nationaliste. Il insiste sur le fait que ces droujines sont tout à fait légales. Ce sont des troupes de citoyens formées en conformité avec la loi. Leur reconnaissance juridique, précise-t-il est fondée sur l’article 27 de la Constitution, loi n° 28-63.3. C’est une loi qui porte sur les activités citoyennes pour la défese de l’ordre et des frontières de l’Etat. Sur la base de cette loi, à Odessa, les habitants comme lui, faisaient des patrouilles en collaboration avec la police et à l’intérieur de leurs équipes. Dans la journée, Alexandre travaillait et la nuit il faisait des patrouilles. Leur mission était le maintien de l’ordre et le soutien aux organismes d’Etat.
Ils ont eu ainsi l’occasion de défendre des euromaïdans contre les antimaïdans. En particulier il se souvient d’une journée, le 1O avril. De la même manière, le 2 mai, ils ont défendu les gens contre les nationalistes ukrainiens à la Maison des syndicats.
Les événements qu’il veut d’abord nous décrire se sont passés le 10 avril. A la 11e station de la Grande Fontaine. Il s’agit du nom d’un quartier traversé par une ligne de tramway avec ses stations. Donc quand il sort du travail, il téléphone à son commandant de la droujine populaire. Ce qu’il tient à préciser pour que nous voyions bien le contexte, c’est qu’ils sont en stationnement aux check points avec des gens qui sont pour l’Euromaïdan. Ils travaillent ensemble. Son commandant lui dit d’aller tout de suite au champ de Koulikovo. La foule courait derrière une personne et commençait à le battre. Quand ils sont arrivés, avec les autres membres de la droujines, ils ont sauté hors de la voiture et ont protégé l’homme de leur corps. C’était un activiste de pravy sektor, mais il ne l’a su qu’après, que les gens rassemblés sur koulikovo dans des campements et qui étaient antimaïdan voulaient écharper. Plus tard il a vu sur youtube cette personne qu’il avait sauvée, son pseudonyme est « le sanglier ».
En fait à cette date du 10 avril, ils pouvaient encore discuter entre euromaidan et antimaïdan et ne s’en privaient pas. A Kiev campaient les euromaïdans, à Odessa c’étaient les anti-maIdan, mais il y a eu un parlementaire qui est venu s’expliquer à Koulikouvo. Alexandre était de garde auprès de la tente et il a bien écouté le député expliquant que les gens de l’euromaïdan n’ont aucune part dans le désordre, c’étaient ceux de pravy sektor qui semaient le trouble. Et tous discutaient calmement, affrontaient leurs idées.

index
Le 2 mai, ils avaient prévu un rassemblement de leur droujine à 15 heures. Il a téléphoné aux membres de son détachement et il leur a confirmé la rencontre pour 15 heures. C’est à ce moment-là qu’ils ont appris les événements qui étaient en train de se dérouler.
En fait on savait qu’il y avait en ville les ultras du club de foot de Kharkov et nous devions patrouiller pour éviter les désordres. Mais c’est seulement quand nous avons été en face d’eux que nous avons compris à qui nous avions affaire.
Il y avait un groupe de la droujine composé de 70 personnes dirigé par Oleg Musyko qui organise des expositions en Europe Occidentale. Son propre groupe, le second, n’était formé que de 20 personnes dirigé par Rostlav Barda. Ce dernier était un ancien de KPU dont il avait été exclu, il ignore pourquoi.
Ils passaient dans la rue Bounine, c’est là qu’ils sont tombés sur des extrémistes de droite. Il a eu le temps de crier « boucliers en avant ! » mais les autres étaient trop nombreux, plus de 150, alors qu’eux n’étaient qu’une vingtaine. Les membres de la droujine qui avaient un bouclier tentaient de protéger les autres des coups qu’ils leur assénaient. Il leur a commandé de s’enfuir tandis que ceux qui avaient des boucliers  protégeaient leur retraite. En tant que commandant du détachement, il est parti le dernier. Il avait son sac à dos, à présent posé contre les pieds de la table du café et il nous le désigne en souriant. Il avait aussi un bouclier et un casque. Il a réussi à se protéger avec, c’est ce qui l’a sauvé, mais ils l’ont renversé, son bataillon s’était dispersé dans les rues adjacentes. Ils ont exigé qu’il montre ses papiers. Il avait une carte d’officier dans la poche de sa chemise, il l’a montrée et a pu partir.

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Ensuite, il est rentré dans le champ de koulikouvo où les gens affolés construisaient des barricades d’abord sur la chaussée ensuite devant le bâtiment des syndicats. Ils prenaient tout ce qu’ils pouvaient trouver, des tonneaux, des morceaux de fer… C’est alors que les extrémistes environ 2000 personnes venant de la place de Grèce se sont approchés du champ de Koulikouvo. La droujine qui s’était reformée depuis la bagarre de la place de Grèce comprenait à ce moment-là environ une douzaine de membres. Ils ont donné l’ordre d’évacuer la place, les gens paniquaient et ils ont enfoncé les portes de la maison des syndicats. La droujine a réussi à faire partir un certain nombre de gens en les encadrant, donc ils n’étaient plus que 5 pour veiller sur les gens restés sur le champ. Quand la foule des extrémistes a été là, au pied de la maison devant les tentes, l’un d’eux lui a dit : « Sacha qu’est-ce qu’on fait ? » Les gens étaient dans la maison des syndicats, certains aux fenêtres et ils recevaient des jets de pierre et des coktailes Molotov. Il a répondu, « il faut faire descendre les gens ! » Et le petit groupe restant de la droujine a rapproché des fenêtres des échaffaudages qui se trouvaient là et ils ont tenté de sauver une partie de ceux qui commençaient à sauter.
Il faut comprendre qu’ils avaient commencé à se barricader sur le champ et puis devant l’entrée de la maison. Ils ont alors subi l’assaut des 7ème 8ème et 9ème centuries du Maïdan de Kiev.
Je lui demande comment il savait ce détail ?
Officiellement il s’agissait seulement des supporters du club metallist de Kharkov, mais quand Alexandre a été au premier étage pour faire échapper les gens, il a distinctement entendu un ordre à la 8e centurie de Kiev d’avoir à former les rangs. Ils étaient beaucoup mieux équipés qu’eux. Ils portaient des gilets pare-balle et des casques de l’armée sur lesquels il y avait des bandes bleues et jaunes avec le numéro de la centurie.
Les jet de pierre et de coktail molotov avait pris de l’ampleur, une partie des assaillants est entré dans la maison des syndicats par des issues latérales. Sur la place, il y a eu un incident. Un des ballons de gaz qui servaient aux campeurs de l’antimaïdan pour préparer les repas a pris feu. Tout le monde s’est écarté devant les bouteilles de gaz qui commençaient à brûler.
La chaîne de télé 1+1, celle de Kolomojski a prétendu que les gens s’étaient écartés parce qu’on tirait sur eux de la maison des syndicats. C’est faux, ils se sauvaient de crainte de voir exploser la bouteille de gaz, les tuyaux de plastique étaient déjà en flammes. Les gens qui se trouvaient devant l’entrée se défendaient des cocktails Molotov de l’assaillant et ils se sont repliés.
Mais pendant ce temps les extrémistes ont pris les escaliers de secours en rentrant par deux portes latérales. Ils ont incendié le deuxième étage.
Alexander Makarenko nous explique en griffonnant quelques croquis comment lui qui avait tenté de faire descendre des gens par les échaffaudages s’est alors retrouvé bloqué avec 6 autres personnes dans une salle de conférence. Il y avait un enfant de 12 ans, une femme, un homme âgé. Il avait trouvé un casque de chantier qui lui a sauvé la vie. Il a téléphoné à la police en expliquant qu’il fallait faire sortir les civils bloqués là. Il a barricadé la porte de la salle pour les empêcher de venir les trouver comme ils faisaient ailleurs. Seulement 40 minutes après, la police lui a donné le signal. Il nous indique que ce qui prouve que c’était préparé c’est le fait que les militants d’extrême-droite ont bloqué les camions de pompier en cherchant à s’en emparer.
Comme il ne cesse d’insister sur le fait que jusque là euromaïdan et antimaidan s’entendaient plus ou moins, en fait faisaient des patrouilles en commun et qu’ils avaient tous à cœur d’empêcher les bagarres, il décrit une horde venue de l’extérieur sous couvert d’un match de foot et d’un déplacement de supporters, je lui ai dis que nous avons vu des vidéos avec des habitants d’Odessa, un avocat en particulier en train d’achever à coup de massue des blessés à terre.. C’est vrai avoue-t-il il y a une minorité de ces gens là mais ils existent, sans eux les assaillants n’auraient pas pu se diriger avec autant d’aisance dans les rues d’Odessa, aller bloquer les entrées des pompiers, mais la majeure partie de la ville n’en veut pas.
Et c’est là qu’il nous raconte à titre d’exemple comme le mois dernier, à la mi octobre, la municipalité a réuni les représentants des diverses communautés de la ville, lui représentait les Bélarusses. Ils leur ont proposé de faire un clip avec le slogan « Odessa c’est l’Ukraine » et de tous apparaître. Alors en tant que représentant des Belarusses il a refusé, ce cri il l’avait entendu dans la bouche des meurtriers dans le champ de koulikouvo. Le seul clip auquel il pourrait participer serait un clip qui dénoncerait les assassins du 2 mai à cause desquels la ville a perdu son unité, toutes les autres communautés, les Grecs, les Moldaves, les Polonais, les Juifs, etc… l’ont approuvé et ont refusé un tel clip… *
Et puis toujours à titre d’exemple, il nous raconte, la suite des événements : comment la police les a amenés vers 3 heures du matin, les premiers soins ont été donnés aux blessés dans les locaux du commissariat alors qu’on commençait à les interroger pour savoir quel avait été leur rôle. L’endroit était sinon confortable à tout le moins il n’y ont pas subi de mauvais traitements par la police locale qui les plaignait. Sa jambe gauche était blessée, deux femmes ont reçu une piqure elles faisaient une crise d’hypertension. Il décrit la situation : ils n’ont pas été brutaux avec nous, ils nous ont isolés des voleurs et des délinquants… Nous étions très nombreux, il n’y avait plus de place dans les cellules. Chaque cellule contient deux personnes, là nous étions 4, mais la police locale ne nous traitait pas comme des criminels. Nous sommes cependant restés là jusqu’au 4 mai. Le 4, les habitants de la ville et du quartier sont venus les réclamer. La foule a réussi à pénétrer. On était alors au deuxième étage du bâtiment, on entendait en bas le policier en chef du lieu crier « Négociations , négociations ! » la foule a fait une haie et a commencé à les faire sortir et ils ont pu s’échapper sans que personne ne les retienne.
Cette description renvoie une fois de plus au fond de sa pensée : Odessa dans sa diversité et l’immense majorité de la population, la quasi-totalité même qu’ils soient pour ou contre le Maïdan a pratiqué là une sorte d’entente et de compromis jusqu’à ce que les fascistes interviennent pour créer l’irréparable et il nous dit « Pour faire opposer les gens, il fallait faire couler le sang »… et ça a été le signal de la répression totale, de la bride laissée aux fascistes, y compris avec l’intervention dans le Donbass.

odessa
(1)Le terme droujina (družina) est utilisé dans les sources russes les plus anciennes pour désigner la truste du prince (xe-XIIe s.), dont les membres constituaient le noyau de l’armée princière à la Cour de Kiev. Progressivement, ces antrustions (družinniki) furent dotés de propriétés foncières et se confondirent avec l’aristocratie terrienne pour constituer la classe des boyards.

 
 

Odessa : les mères de mai

Похороны погибших в результате трагических событий в Одессе 2 мая  Hier soir, nous avons vécu un moment infiniment douloureux, nous avons rencontré une dizaine de mères de jeunes gens qui ont péri dans les événements du 2 mai. Au-delà de toute politique, je ressentais personnellement avec une terrible intensité leur gouffre intérieur, cette impression lue dans leurs yeux que plus rien n’avait d’importance. Il ne leur restait plus qu’une obsession, leur tenant lieu de raison de vivre: empêcher l’oubli. Dire  l’injustice subie et qui se renouvelle chaque jour.. Le fascisme insidieux et qui prétend les faire taire.
Avec une infinie pudeur, elles nous tendaient des photos, celles d’ hommes dans la force de l’âge, avec leur famille, en vacances, et même un adolescent. Vous savez cet enfant, ce komsomol que vous avez vu avec son grand drapeau rouge. Il le portait la veille, lors de la manifestation du premier mai 2014. Sa mère, à peine plus âgée que lui, nous a dit en balbutiant la bouche tordue pour retenir les larmes qu’une cellule communiste d’Italie avait pris son nom. On lui disait combien on l’admirait pour avoir élevé un pareil fils et elle avait la moue d’un bébé et l’oeil embué en balbutiant ces mots. Elle nous a tendu  une photo avec un poème, il avait un regard d’archange. A côté d’elle, pendant toute la discussion, une autre femme ne cessait de prendre et reprendre les images d’un fils à tous les âges, l’une d’elle était encore dans son cadre et elle les battait comme une cartomancienne sans destin, comme si elle cherchait à comprendre seulement ce qui s’était passé. Et puis elles ont parlé et elles ont dit la réalité du fascisme qui s’est abattu sur Odessa, la peur qui avec la mort de leurs enfants s’est mise à planer sur cette ville, un brouillard épais fait de silence, de mensonges, de regards qui se détournent et qui les isole du reste du monde qui ne veut pas voir ce qui se passe dans ce port réputé pour son humeur joyeuse.Pensez à Marseille sur lequel tomberait un silence apeuré.
Helena, qui parle français et qui l’enseigne, nous a expliqué qu’elles n’étaient pas toutes là : c’est  une toute petite partie des mères, des familles.. Elles ont voulu dire chacune leur tour qui étaient leurs enfants. Elles insistaient sur leurs diplômes, leur profession, leurs talents, c’étaient des ingénieurs en bâtiment ; un marin, un étudiant… Il fallait que l’on sache!   » Ils ont dit d’eux que c’étaient des voyous, des SDF, ce n’était pas vrai, ils avaient une vie pleine d’avenir.  Simplement ils n’avaient pas voulu tolérer le fascisme, l’avaient combattu. Je l’ai supplié de ne pas y aller, il m’a dit, il le faut! »  Ces mères  multiplient en vain les interventions pour que la Cour pénale dise et reconnaisse quelles personnes de qualité le pays a perdu.

Celle qui les organisait avait encore son fils en vie mais il était prisonnier pour avoir défendu ceux que l’on battait dans la rue Grecque. Il n’avait pas d’arme, même pas un bâton. Depuis il est en prison, sans le moindre jugement.  Il y a ainsi 80 prisonniers retenus depuis ce jour sans avocat, sans jugement. Cela fait partie du no man’s land juridique dans lequel elles se débattent toutes.  Il n’y a eu aucune déclaration officielle ni sur le nombre de morts, ni de disparus. 82 ou 92 personnes sont ainsi portées disparues et le chiffre de 217 morts est avancé. L’une des femmes travaille dans les services judiciaires et elle a su que ce jour là, dans ce quartier de la ville, ont été recensés sur les registres officiels 61 décès. » Ils ne le disent pas parce qu’à partir de 50 c’est un génocide et ils ne veulent pas le reconnaître. »
Depuis, tous les 2 de chaque mois, elles commémorent leurs morts, la police et la municipalité tentent de les en empêcher. Le mois dernier, ils ont franchi un nouveau seuil, ils ont traîné certaines d’entre elles et des hommes à la police. Dans la nuit, à quatre heures du matin, ils ont perquisitionné chez elles. Elles avaient déposé des fleurs, des photos, des couronnes envoyées de toutes les villes d’Ukraine, la même nuit Pravy Sektor est venu a tout saccagé et emporté les fleurs, les couronnes, les photos et même une croix. Ils ont tout brûlé. Le lendemain, elles sont revenues et avec elles un grand nombre d’anonymes et il y avait encore plus de fleurs, mais la nuit suivante ils ont recommencé. Les gens ont peur et se taisent. Cette institutrice dans une école rurale nous dit en serrant les dents que dans son village personne n’a osé lui présenter ses condoléances. Elle a une coiffe, une résille noire dont s’échappent des mèches grises, elle a l’âge passé de la retraite, elle continue. Elle proteste à la fois contre l’oubli de son enfant et la manière dont on invente l’histoire, les programmes qui changent les faits.
Le cauchemar est ainsi renouvelé et le deuil est impossible, parce que tout est incompréhensible. Ce soir-là, ce fut  l’horreur, souvent apprise sur les chaînes de télé qui commençaient déjà à mentir en inventant que des Russes, des gens venus de Transnistrie avaient attaqué des Odessites. Le cœur battant les jambes ne les portant plus, elles ont couru à la recherche de leur enfant, d’autres de leur mari ou frère, elles se sont jetées devant les assaillants pour sauver ceux qui pouvaient l’être. Helena s’interposait, sauvait des gens sur lesquels ces brutes s’acharnaient elle ignorait qu’à quelques mètres d’elle sont fils agonisait, quand elle l’a retrouvé il était trop tard.

Беспорядки в Одессе

L’une nous explique comment elle a crié aux pompiers : « Pourquoi vous ne sauvez pas les gens dans cet incendie ». Des silhouettes étaient aux fenêtres et ils redescendaient leurs grandes échelles. « Mais pourquoi ? » a-t-elle hurlé et elle refait le geste de leur réponse, ils ont haussé les épaules pour dire qu’ils n’y pouvaient rien, ils avaient des ordres. Elle est convaincue qu’on aurait pu sauver tout le monde.

Пожар в Доме профсоюзов в Одессе
Un autre fils qui accompagnait sa mère nous décrit aussi ce qu’il a vu, ces gens enveloppés dans un drapeau ukrainien dansant une infernale sarabande au milieu des corps étendus et criant leur joie, leur ivresse de la mort… A quoi les mères répondent en écho avec l’exemple de cette femme qui sur un plateau de télévision a applaudi à l’annonce de ce tragique autodafé de leurs enfants.

C’était voulu affirment-elles. Une des femmes, blonde, coupe au carré, encore belle sous le masque de souffrance,  n’a plus de larmes à verser.  Quand je leur demande si je peux publier leur nom, elle m’interpelle au nom de mon pays et de l’Europe qui se tait. « Je n’ai pas peur. Il faut parler : le fascisme c’est une tumeur maligne et si vous ne l’arrêtez pas ici, il reviendra jusqu’à vous comme jadis à Berlin. J’ai été élevée comme quelqu’un de bien, j’ai élevé mon fils de la même manière, avec des principes. Les gens qui sont morts auraient pu être utiles à leur pays. Pourquoi vous taisez-vous ? Pourquoi la France que nous avons libérée, nous les Russes, fait silence sur nous ? Comment vous expliquer par quel enfer nous passons. Pouvez-vous le comprendre?  » Elle n’a même pas de papiers officiels, elle ne sait toujours pas pourquoi et comment est mort son enfant. Ses blessures n’étaient pas thermiques mais chimiques. Il en est ainsi de toutes ces femmes qui font le siège de la commission d’enquête qui n’agit pas. Les mères et les survivants ont même reçu des lettres, dans lesquelles il était écrit « Vous n’avez pas été tués, nous allons réparer cette erreur ! » Ce sont des bêtes. Le fils de Tamara qui était handicapé, un déficient mental…  était au troisième étage quand les assassins l’ont cerné, il était venu à leur rencontre avec pour seule arme une icône, ils l’ont abattu. Ce sont des bêtes féroces à qui l’on croyait pouvoir parler comme à des êtres humains, un innocent…
Et elles poursuivent inlassablement, déroulent le fil de ce qu’elles subissent encore et encore: « Alors imaginez ce que nous avons ressenti quand le président Porochenko se félicite de cette action à Odessa en disant : « Nous voyons le prix payé dans le Donbass pour n’avoir pas arrêté à temps les séparatistes comme nous l’avons fait à Odessa ».  Dans son clip de propagande électorale Porochenko à un moment disait : « Nous construisons un état fort ! », et c’était illustré d’une photo de la maison des syndicats en train de brûler !

Пожар в Доме профсоюзов в Одессе

Le même Porochenko a prétendu que désormais Odessa est une ville bandériste. Ce n’est pas vrai, il ne sait pas ce que les Odessites pensent même s’ils se taisent, s’ils sont figés par la peur, et ils arrivent même parfois à refuser l’ordre fasciste, comme cette pétition par laquelle nous exigions une plaque commémorative là où étaient morts nos enfants, ils sont venus la signer par milliers, silencieusement.

Похороны погибших в результате трагических событий в Одессе 2 мая

Le gouverneur a dit que cela concernait la ville, le maire a dit qu’ils en parleraient au Conseil, mais ils n’ont toujours pas répondu et quand nous allons faire pression pour que tout ne soit pas enterré nos interlocuteurs détournent les yeux et nous disent « laissez tomber ! » « C’est pour ça que nous avons besoin de vous, pour qu’ils se rendent compte que le monde s’émeut de ce qu’ils ont fait… Ils craignent l’opinion européenne, qu’elle s’aperçoive de qui ils sont réellement. » Elles ont fait un livre avec des poèmes de gens émus, d’inconnus, avec la biographie de ceux qui sont morts, disparus. Elles ont fait une exposition sur ce qui s’est passé à Odessa. Cette exposition a été présentée dans la plupart des grandes villes européennes, les fascistes soutenus par l’ambassade d’Ukraine l’ont perturbée en Espagne et au Portugal, en Pologne, mais en France, elles n’ont trouvé personne pour l’accueillir. Elles ont organisé une conférence de presse, il est venu des journaux, elles attendent encore les articles.
Marianne et moi leur promettons que nous allons faire l’impossible pour que cette exposition de photos passe en France, même si nos moyens sont limités. Marianne a commencé à retraduire les légendes des photos de l’exposition, d’en corriger les quelques fautes. Il y a encore tant de choses à rapporter qui prouvent à quel point l’opération a été planifiée, voulue dans son horreur pour faire taire Odessa. Il faut dire encore comment cela s’accompagne aujourd’hui de la « lustration », une purge. La moitié des mères présentes sont des enseignantes, elles savent que des listes sont prêtes, demain elles seront chassées de leur poste. Les critères sont faciles, il ne faut pas avoir été komsomol ni membre du parti communiste, mais tout le monde a été komsomol et Porochenko aussi, il a même été communiste… mais c’est choisi simplement comme un prétexte. « En première ligne sont les Russes ethniques, pas les russophones, Tous les ukrainiens sont russophones et les plus excités des nationalistes ukrainiens se débrouillent mal en ukrainien. Mais ils sont la proie d’une folie russophobe, il faut chasser les communistes, les Russes… Nous sommes des sous-hommes et il faut en purger l’Ukraine… C’est ça le fascisme ! Nous avons perdu nos enfants, on va nous enlever nos emplois… pour nous forcer à partir… C’est fait à grande échelle et c’est pour ça qu’Odessa a peur. »
Voilà, peut-être que le lecteur de cet article comprendra mieux les résultats des élections à Odessa. L’abstention massive malgré le bourrage des urnes, Odessa a été après le Donbass l’endroit où on a le moins voté… Les votes exprimés se sont dirigés vers les partis d’opposition, le parti des région, les communistes, même si les immenses bulletins jetés dans les urnes transparentes sont visibles. Oui Odessa a donné un coup de pied à Porochenko et à son affirmation que la ville était bandériste et vu ce qui se passe ici, c’est une manière d’exploit.
Danielle et Marianne

 
 
 
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