RSS

Archives de Catégorie: guerre et paix

Le physicien Stephen Hawking soutient le boycott académique d’Israël

Le Monde.fr| 08.05.2013

Stephen Hawking est mondialement connu non seulement par ses théories en prolongement de la relativité d’Einstein avec un commencement le big bang et une fin les trous noirs, mais aussi par ses ouvrages de vulgarisation qui sont empreints d’une vocation humaniste et une affirmation de son athéisme. Sa prise de position concernant l’appui du boycott y compris académique pour dénoncer la politique d’Israël face aux Palestiniens est à expliquer non -comme à l’ordinaire- par un quelconque antisémitisme qui lui est totalement étranger mais par l’univers dans lequel il a baigné depuis sa plus tendre enfance, celui de militants communistes qu’étaient ses parents et sa conception de la justice et du droit quasi spinoziste. Un tel avertissement doit être entendu par Israël et par ses dirigeants si faire se peut. (note de Danielle Bleitrach)
En officialisant son soutien à la campagne de boycott académique d'Israël, le physicien de renommée internationale a fait grincer des dents dans l'Etat hébreu.

En officialisant son soutien à la campagne de boycott académique d’Israël, le physicien de renommée internationale a fait grincer des dents dans l’Etat hébreu. | AFP/RODGER BOSCH

C’est une personnalité de renommée internationale qui a officialisé son soutien à la campagne de boycott académique d’Israël, rapporte mercredi 8 mai le Guardian. La prise de position de Stephen Hawking, le célèbre physicien britannique de 71 ans, n’a pas manqué de faire grincer des dents en Israël. Pour les animateurs de la campagne Boycott-désinvestissement-sanctions (BDS), elle représente en revanche une victoire.

Afin de protester contre le traitement réservé par l’Etat hébreu aux Palestiniens, ce professeur de mathématiques à l’université de Cambridge a adressé la semaine dernière une lettre au président israélien, Shimon Pérès, pour justifier sa décision de se retirer de la conférence qu’il organise en juin, indique le quotidien. Le Britannique avait auparavant accepté l’invitation de M. Pérès à assister à sa cinquième conférence annuelle, intitulée "Faire face à demain 2013". Il y était attendu aux côtés de personnalités telles que l’ancien président américain Bill Clinton, de l’ancien premier ministre britannique Tony Blair ou encore de la chanteuse Barbara Streisand. Coïncidant cette année avec les 90 ans du président israélien, l’affront n’en est que plus vivement ressenti.

Dans une déclaration publiée avec son accord, le Comité britannique pour les universités palestiniennes (CBUP), qui soutient ce boycott et s’oppose à l’occupation des territoires palestiniens, explicite "sa décision prise en toute indépendance de respecter le boycott, sur la base de sa connaissance de la Palestine et des conseils unanimes de ses contacts académiques là-bas", rapporte le Guardian. Au sein de l’université britannique de Cambridge, où M. Hawking travaille depuis 1962, on la justifie en revanche par des "problèmes de santé". Atteint de sclérose latérale amyotrophique (maladie de Charcot), Stephen Hawking se serait vu déconseiller par ses médecins de prendre l’avion.

UNE DÉCISION POLÉMIQUE

Depuis l’annonce de sa participation à cette conférence, il y a quatre semaines, Stephen Hawking croulait sous les messages venus de Grande-Bretagne et d’ailleurs pour l’enjoindre à rejoindre la campagne BDS. Désormais, ce sont les accusations d’antisémitisme qui s’accumulent dans les boîtes e-mail du physicien. On ne lui prête pourtant aucun propos de cette nature en public. Depuis sa visite en 2006 dans des universités israéliennes et palestiniennes, le scientifique aurait durci sa position à l’égard d’Israël. En 2009, le physicien a dénoncé l’opération Plomb durci menée pendant trois semaines par Israël dans la bande de Gaza, qualifiant de "disproportionnée" la réponse apportée par l’Etat hébreu aux tirs de roquettes palestiniens. "La situation ressemble à celle qui prévalait en Afrique du sud avant 1990 et ne peut continuer", avait-il déclaré sur la chaîne Al-Jazira.

Dans le monde académique, la décision de Stephen Hawking est diversement accueillie. La campagne de boycott anti-israélienne, recueillant un certain écho sur les plans culturels ou économiques, fait davantage polémique dans les milieux intellectuels et académiques. L’intellectuel juif américain et fervent défenseur de la cause palestinienne, Noam Chomsky, favorable au boycott et au désinvestissement envers les sociétés faisant affaire dans les territoires occupés, a ainsi qualifié le boycott général d’Israël de "cadeau fait aux jusqu’au-boutistes israéliens et à leurs soutiens américains".

En Israël, la décision du célèbre physicien choque. En 2011, le Parlement israélien avait d’ailleurs promulgué une loi faisant de l’appel au boycott par un individu ou une organisation un délit civil qui peut entraîner le paiement de dommages et intérêts. "L’utilisation du boycott académique contre Israël est inapproprié et scandaleux, en particulier pour ceux à qui l’esprit de liberté est la base de la mission humaine et académique, a ainsi déploré Israël Maimon, le président de la conférence annuelle de Shimon Pérès. Israël est une démocratie au sein de laquelle chacun peut trouver à s’exprimer, quelles que soient ses opinions. Une décision de boycott est incompatible avec un discours ouvertemement démocratique."

 
 

Tariq Ramadan, le « professeur » qui a fait acheter sa titularisation

tariq-ramadan[1]

C’est le titre d’un  article de Hugh Fitzgerald, paru dans le magazine New English Review et repris par le site canadian « Poste de veille », le 30 novembre 2011. Il révèle les dessous de la nomination à l’Université d’Oxford du prédicateur islamiste Tariq Ramadan. Je ne partage pas tous les attendus de cet article ne serait-ce que l’Idée que Tariq Ramadam aurait été mis KO par Finkelkraut et Fourest, il les a intellemetuellement écrasés que cela nous plaise ou non. Mais cet article refait surface, et depuis que j’ai appris que le Qatar s’était acheté ses services et qu’il enseigne au Qatar fondation,  j’ai des doutes… Que cet émirat s’ampare du PSG et du Barça, bon… Que l’émirl se constitue un patrimoine immobilier à Paris (entre autres la Banque HSBC aux Champs Elysées, le centre kleber au pieds de l’Arc de triomphe) qu’il s’empare des entreprises (,5% du capital de Veolia-environnement.et surtout qu’il ait pris des parts majoritaires dans le capital Lagardère à 100% médias, il possède 12,83% premier actionnaire avant A.Lagardère) et qu’il veuille s’implanter dans les banlieues est une stratégie, La France est la principale cible mais pas seulement. Il rachète également dans le monde anglophone. De surcroît entre autres turpitudes qu’il ait imposé un statut de membre associé de l’organisation internationale de la Francophonie et qu’il surveille de près un réseau d’établissement scolaire, avec le récent scandale à Doha du lycée Voltaire avec une étrange conception de la laïcité de l’enseignement. Ce qui paraît l’intéresser au-delà de la France est l’Afrique francophone. Ainsi Al-Jazeira va installer une chaîne en français à Dakar.. Le visage moderniste s’accompagne de l’Islam le plus archaïque, le waabhisme qu’il partage avec les saoudiens, une volonté missionnaire qui le pousse dans un mélange d’autocratie et de mégalomanie  à toutes les guerres en Libye, en Syrie et pratique à ce titre le double jeu avec Israël et le Hamas, rend suspect l’émirat et ses stipendiés… Lire la carrière de Tariq Ramadam à la lumière des projets Qatari est sans doute plus intéressant que l’article qui révèle des faits mais se lance dans des interprétations hasardeuses. (note de Danielle Bleitrach)
Et nous apprenions il y a quelque temps que la London School of Economics avait honoré d’un doctorat (Ph.D) ce grand connaisseur de la condition humaine, Seif al-Islam, le fils du défunt Mouammar Kadhafi, et que la thèse du doctorat en question avait été écrite par d’autres que lui (dans la veine du scandale, dans les universités de tout le monde occidental, de ces riches Arabes, Perses, ou Pakistanais qui font appel à des plumes pour écrire leurs papiers) ; cela nous porte à croire qu’aucun de ces diplômes ne peut être pris au sérieux, qu’aucun de ces supposés lettrés n’a travaillé par lui-même, et qu’on doit les en soupçonner tant qu’il n’auront pas apporté la preuve du contraire, la preuve qu’ils ont effectivement étudié, et la preuve, dans une moindre mesure, qu’ils ont été effectivement formés à quelque chose.
Mais le pire scandale, c’est avant tout  la nomination d’un certain propagandiste comme titulaire d’une chaire créée et payée par un sombre roitelet arabe (Ce dandin d’émir du Qatar ? Ce si photogénique sultan d’Oman, tout en folklore avec son faucon sur la main ? J’ai oublié lequel…), chaire créée dans le but précis de lui offrir le bon ascendant grâce auquel il peut mener sa campagne douceâtre et sinistre de promotion de l’islam dans tout le monde occidental.
Cet homme, avec sa titularisation achetée clés en mains, c’est Tariq Ramadan. Il est le petit fils d’Hassan El Banna, le fondateur des Frères Musulmans. Chacune de ses sorties publiques est l’occasion d’une nouvelle démonstration de taqiya et de kitman, d’un empilement de mensonges et de demi-vérités débités à un tel rythme qu’on ne peut les réfuter tous, que ce sera difficile de rétorquer, même pour l’adversaire le mieux préparé. Il a pendant un temps enseigné à Genève. Mais avec la publication du livre de Caroline Fourest (« Frère Tariq  ») et sa mise en pièces lors de deux émissions à fortes audiences (l’une avec un Nicolas Sarközy  à son meilleur, l’autre avec Alain Finkielkraut ), il a été temps pour Tariq Ramadan de quitter les contrées francophones où bien trop de gens le connaissaient, et de filer vers les territoires anglophones du Dar al-Harb, à savoir l’Angleterre, et au-delà, le jackpot, les Etats-Unis. Mais tout d’abord, il a tenté sa chance aux Pays Bas. Il a réussi, à force d’argent arabe, à se faire créer une chaire dans une université des Pays Bas. Mais il a vite compris que cela ne marcherait pas, qu’il allait devoir rejoindre l’Angleterre, et donc Oxford ou Cambridge (même si l’Université de Londres, par le SOAS [School of Oriental and African Studies], l’aurait volontiers accueilli).
Tariq Ramadan ne s’est jamais résolu à n’être qu’un humble chargé de conférence au St Antony’s College [d’Oxford], où le département du Moyen Orient (contrairement à ceux, légitimes depuis toujours, de l’Europe de l’Est et de la Russie) était tenu d’une main de fer par Albert Hourani, qui en avait fait un moulin à diplômes pour les Arabes (parmi lesquels Rachid Khalidi), et s’y prélassait du haut de ses responsabilités, y dispensant ses faveurs à la façon d’un abbé gras en son monastère. Et donc il s’est fait créer une chaire à Oxford, une chaire instituée pour lui, et après un « recrutement international », une chaire qu’il a investie comme professeur, lui, Tariq Ramadan. Et est-ce que les responsables d’Oxford, ceux des départements d’études arabes, du Moyen-Orient, ou des études islamiques, ceux qui dépendent tant des contributions financières de ces riches arabes qu’ils courtisent sans cesse, ceux-là, est ce qu’ils se sont élevés contre ce titre de professeur acheté rubis sur l’ongle ? Non. Soit ils n’ont rien dit, soit, bien pire, ils sont tombés en pâmoison devant la justesse et la valeur d’une telle nomination. Tout cela donne la nausée.
Et pendant un temps, Tariq Ramadan a continué sa campagne, celle où il disait « nous [les musulmans] sommes là » et « nous sommes là pour rester » et « il n’y a rien que vous puissiez y faire », pour mieux montrer ensuite le visage de l’extrême affabilité, jusqu’à ce que des gens comme Ibn Warraq ou Ayaan Hirsi Ali ne le mettent KO à l’occasion d’un débat. Il a bien meilleur jeu à débattre avec ceux, occidentaux, qui tremblent à l’idée de croire ce qu’ils apprennent de l’islam, qui se refusent à le croire vraiment, qui aimeraient tant ne pas y croire, se convaincre qu’il n’y a en fait aucun problème, ou que, s’il y en a un, il pourra être facilement résolu.Mais voilà dix mois que Tariq Ramadan a été exceptionnellement – pour lui – silencieux. Pourquoi ? Et bien, qu’a-t-il à dire sur les événements d’Egypte, son pays d’origine ?  – quand bien même se croit-il fondé à se considérer comme européen, car il se trouve qu’il est certes né et a été élevé en Europe mais comme le fils fanatique d’un père fanatique, qui était lui-même le fils d’un grand père encore plus fanatique. Et bien, qu’a donc à dire Tariq Ramadan sur l’Egypte ? Peut-il prendre le parti de cette minuscule opposition laïque et libérale, qui a si peur des Frères Musulmans ? Bien sûr que non. Peut-il se faire le porte-voix de la persécution, des attaques meurtrières envers les coptes ? Non, il ne le peut pas. Il ne le fera pas. Donc, il fait profil bas pour le moment.
Le Oxford Student devrait examiner les sources de financement de Tariq Ramadan, examiner comment il a été nommé titulaire d’une chaire à Oxford, examiner ses soi-disantes « brillantes études ». Cela exigerait un travail de journalisme d’investigation de haut niveau. Mais cela en amuserait certainement plus d’un. Cela serait utile à toute la sphère académique de voir exposées au grand jour la pourriture et la corruption dues à cet argent arabe, cet argent qui n’afflue pas seulement pour construire des centres d’études islamiques dans des endroits comme Durham et Exeter, mais aussi pour que seuls y prévalent ceux qui souhaitent défendre la foi de l’islam, et éviter de subir des critiques émanant d’Arabie Saoudite, du Koweit et des Emirats – c’est-à-dire émanant des donateurs qui surveillent minutieusement qui est nommé aux postes clés de ces centres, et qui s’assurent qu’aucune voix indépendante ou critique n’y soit entendue.

Oui, il faudrait publier le feuilleton du « Comment Tariq Ramadan a-t-il obtenu sa chaire universitaire ? » – à commencer par sa décision de quitter le monde francophone, par son faux départ aux Pays Bas, par son poste de chargé de cours au St. Antony ‘s College, et enfin ce stratagème de lui acheter une chaire, stratagème qui a si bien marché pour lui, et a fait tant de tort à l’image d’Oxford, et au moral des professeurs qui y méritaient leur nomination, et au moral de ceux qui n’ont jamais obtenu de titre de professeur mais étaient parfaitement au courant du scandale sous-jacent à la nomination de Tariq Ramadan.
Le scandale de ceux qui ont été admis comme étudiants a été traité comme il se doit (intéressant de noter d’ailleurs cette coutume des musulmans riches et puissants de vouloir étudier, ou faire étudier leurs enfants, autant qu’ils le peuvent dans le monde occidental – et pourtant ils ne se demandent même pas pourquoi les élites musulmanes, dans leurs propres pays riches mais misérables, cherchent tant à mettre leurs enfants dans des écoles chrétiennes ou occidentales, ou à les envoyer dans le monde occidental pour leurs études). Ici le fils Rafsanjani, là le fils Kadhafi, et encore là des dizaines de princes et princesses d’opérette – c’est si facile !
Mais le scandale de la nomination de Tariq Ramadan à la tête d’une chaire universitaire est d’une toute autre importance. Et il en va de même pour toutes ces manières qu’ont musulmans et non-musulmans idolâtres de l’islam de s’entraider, de s’embaucher les uns les autres, de se promouvoir les uns les autres, dans tous les départements académiques d’études islamiques ou moyen-orientales au Royaume Uni et dans tout le monde occidental.
Cela a été complètement dévoilé – entre autres par Martin Kramer. Mais il ne faut jamais relâcher les efforts en la matière. Pourquoi donc ne pas lancer une série d’articles, dans un grand quotidien de Londres plutôt qu’un journal d’étudiants d’Oxford, sur Tariq Ramadan et sa résistible ascension ?Tunisie-Secret.com
Hugh Fitzgerald, NER, 22 novembre 2011. Traduction par Olaf pour Poste de veille, http://www.postedeveille.ca

 

La guerre au Mali, le contexte de la militarisation ou américanisation du Sahara

5437821-8112064[1]

Si à peu près toutle monde a noté la désagrégation de l’Etat malien et de son armée, aussi bien que le rôle joué par la désastreuse intervention de l’OTAN en Libye sur l’aggravation de la situation dans le Sahara, bien peu ont souligné le rôle joué par les Etats-Unis. Un très riche numéro de la  revue Hérodote est consacré à la géopolitique du Sahara (n°142, 3eme trimestre 2011). Dans un article de André Bourgeot intitulé Sahara de tous les enjeux est analysée la période de 2000 à 2011 avec ses faits politiques, militaires et économiques soumis à une évolution rapide liée à l’intervention politico-militaire en Libye. Parmi ces faits le premier est la militarisation ou américanisation du Sahara dont on mesure bien à la lecture qu’intégré à la doctrine Bush, cette politique a accru le caractère explosif de la situation, le chaos.Nous avons vu dans d’autres articles la destabilisation de l’Asie centrale à partir de l’Afghanistan, il faut être conscient qu’il n’est pas de région qui aient échappé à cette militarisation ou américanisation qui combinée à la misère et au sous développement ont produit les plus terribles effets. (note de danielle Bleitrach)

Militarisation ou américanisation du Sahara

L’intérêt politique et militaire des Etats-Unis s’est sensiblement accru depuis une quinzaine d’années(1) avec comme temps fort l’an 2002 pour ce qui concerne l’espace saharo-sahélien. Les événements du 11 septembre 2001 ont débouché sur une conception stratégique américaine définie par l’expression de propagande politique de "guerre globale contre le terrorisme"(2) relevant de ce que les politiologues appellent la "doctrine Bush"(3). Cette lutte prend un caractère mondial dont les relais s’affirment aux niveaux régionaux et nationaux. L’application de cette guerre globale à l’intitiative du département d’Etat, s’est concrétisée à partir du mois de novembre 2002 par la création du pan Sahel Initiative (PSI) visant à protéger les frontières contre les trafics d’armes, de drogue et les mouvements terroristes internationaux. Les principaux objectifs du PSI ont été, entre autres, de former les militaires nationaux (Mali, Niger, Mauritanie et Tchad) à la lutte contre le terrorisme, d’encourager et coordonner les coopérations régionales à l’aide de la technologie américaine et d’échange des informations. Ces objectifs furent concrétisés par l’envoi, dans chaque pays concerné, de 150 soldats américains aux présences régulières sous forme de missions.Le principal succès de ce PSI fut la capture d’Abderrazak Al-Para(4), une des figures clés du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) algérien, qui fut livré aux autorités  algériennes en 2004 (Keenan, 2009). On observera que la création du PSI et l’arrivée des militaires américains dans le cadre de cette initiative ont eu lieu en novembre 2002 alors que les premières prise d’otages du GSPC se font en mars 2003.

A partir du mois de mars 2004, les soldats US du 1 er bataillon des 10 e forces spéciales (Airbone) de Stuttgart forment et entraînent les soldats africains à la "guerre globale".Pour ce faire, ces "Spécial Opération Command Europe" (SOCEUR) s’établissent à Bamako, Gao et Tombouctou (Mali) et à Atar (Mauritanie) (5).

Le PSI est doté d’un budget modique  (6 millions de dollars américains) la première année, pour atteindre la deuxième année la somme de 7,75 millions de dollars. Il misa sur le mali (déjà concerné par l’ACRI) (6) en accordant une enveloppe de 475.000 dollars afin de faciliter l’exercice de la "rampe aérienne" à la base de Senou à Bamako. L’objectif politiqye étant de développer les relations bilatérales et régionales afin d’aider  les Etats de l’espace saharo sahéliens à construire leurs capacités à traiter  les problèmes du GWOT (Global War on Terror) en tant  que force "reproductibel" des forces américaines. (7)

Fort de ce qui fut considéré comme une série de succès par les initiateurs de ce plan, les Etats-Unis franchirent un cran supérieur d’une tout autre ampleur par la création du Trans Sarah Counter Terrorism (TSCTI) (8), à l’évidence plus thématisé, créé en 2005 dans le cadre de l’exercice "Flintlock", beaucoup mieux doté (9) que le PSI et dont le siège se situe à Ouagadougou (Burkina Faso), ce qui implique une présence pérenne. En juin 2010, cet exercice réunit plus de 1200 participants et observateurs de seize Etats de l’UNion africaine. L’application de cet "exercice" se cristallisait davantage sur les opérations de sécurité que sur la lutte contre le terrorisme, visant ainsi à renforcer l’ensemble des relations militaires bilatérales.

A la différence de la précédente organisation, celle-ci combine deux domaines d’intervention militaire et civil. La composante militaire concerne l’"opération Enduring Freedom-Trans-Sahara"(OER-TS). Quant à la composante civile, elle fut assignée à trois départements, à savoir l’agence de développement USAID (10) qui se consacra à l’éducation, tandis que le département d’Etat prit en charge tout ce qui concerne la sécurité des aéroports, le département du Trésor se réservant le renforcement des efforts fournis sur l’utilisation des trésoreries nationales. On conviendra que ces secteurs sont stratégiques car faciles à utiliser comme moyens de pressions et d’informations.

Tout autre est la phase ralative à la création et aux tentatives d’implantation du Commandement militaire américain en Afrique (US-Africom) (11). Sa création a été annoncée en 2007. Finalement, le refus général contraignit le Pentagone à l’installer à Stuttgart: échec mais pas abdication! On retrouve aujourd’hui Africom en Libye.

Cette entité militaire s"inscrit dans le prolongement du TSTCP. Pour l’heure, la seule base américaine permanente est celle implantée  à Djibouti, dont l’effectif serait de 1800 soldats  dont la fonction est de contrôler l’ensemble de la Corne de l’Afrique. La tentative d’en créer une dans le Golfe de Guinée(12) et la nouvelle situation créée par le GWOT induisent la perspective d’en implanter une qui rayonnerait sur l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et centrale et dont le pays d’accueil pourrait être la Libye ou, pour le moins la Cyrénaïque: j’y reviendrai. la légitimation de l’établissement d’Africom se fonde sur la doctrine américaine de la prévention des conflits qui vise, implicitement, à se positionner pour le contrôle mondial des industries extractives et d’enrayer, autant que faire se peut, la montée en puissance de la Chine.

La lutte contre le Terrorisme est davantage une priorité américaine qu’africaine et ne vise pas exclusivement à atteindre les objectifs déclarés car elle permet d’instaurer une domination américaine mondiale en s’appuyant sur les organisations régionales telles que la communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ou sous régionale telle que le plus approprié aux finalités de l’Africom, à savoir le comité  d’état major opérationnel conjoint (CEMOC). Cette approche n’est pas contradictoire au fait de conférer à l’Algérie un rôle de leadership revendiqué et affirmé. Déjà, en 2004,l’ex-président G.W.Bush donnait ses titres de noblesse à l’actuel président Bouteflika en le reconnaissant comme "membre leader de l’Initiative Pan Sahel" (Maghreb confidentiel, N°650, 27 mai 2004).

La doctrine américaine, qui s’inscrit dans la stratégie globale élaborée au Pentagone par Donald Rumsfeld, consiste à attribuer un rôle de leadersphip mondial aux Etats-Unis investis d’une mission, à charge pour elle de ccréer une coalition appropriée aux objectifs de cette stratégie. Pour ce faire, un des aspects de la doctrine américaine en matière de politique étrangère est d’établir des corrélations organiques entre présence militaire et paix, tout en se donnant les moyens institutionnels et les outils organisationnels de son applicationj: "Guerre et paix! " C’est au nom de la paix, de la prévention des conflits, de la protection des populations civiles, de la lutte contre le terrorisme, que l’on fait la guerre.

Africom marque le retour des Etats-Unis sur le continent africain avec des initiatives qu’une presse africaine qualifiée d’"Américafrique" qui peut s’opposer(ou s’allier) le cas échéant, à la "Françafrique". Cette militarisation américanisée de l’Afrique ne va pas sans dissonances, dissensions (voire contradictions) entre le département d’Etat (équivalent américain du Ministère des Affaires étrangères) et le Pentagone (miniçstère de la Défense). C’est ainsi qu’à la faveur des tentatives d’implantation de l’Africom sur le continent il s’est avéré que seul le Libéria situé  dans la zone pétrolière du Golfe de Guinée a accepté la proposition (qui fut rejetée). Or, il s’est révélé des luttes intestines entre le département d’Etat et le Pentagone qui ont probablement débouché sur l’impossibilité de transférer Africom de Stuttgart à Monrovia.

A cet égard, le rapport de Jeudayi Frazer(13 montre que les rivalités entre militaires et diplomates sont entretenues par la disparité des moyens mis à la disposition d’Africom (création du Pentagone) et des diplomates (14). A titre d’exemple, en Somalie, Africom, qui dispose d’un budget de relations publiques vingt fois supérieur à celui de l’Ambassade, entrave sensiblement les actions du programme Africa Contingency Operation Training and Assistance (ACOTA) dont la gestion sera, de ce fait, appelée à être transférée à Africom.

Ces luttes ont révélé, en quelques sorte, une "militarisation de la diplomatie" ou, pour le moins, une prédominance (voir une prééminance) du militaire sur la diplomatie. En effet, l’exemple d’Africom montre que cette entité aux fondements militaires (voire guerriers) est également investi d’actions civiles et culturelles, ce qui lui permet  de se fondre dans le paysage et de s’y immerger très discrètement  et même de s’y présenter comme humanitaire (voir la Libye). Alors faut-il franchir le pas et s’interroger sur "la militarisation du civil" ou sur la civilisation du militaire… ou du militaire civilisé… ", ce qui renverrait à l’idéologie politique de la "sécurité" qui tend à prévaloir un peu partout dans le monde? (…)

La militarisation américanisée" de cet espace se traduit également au Maroc par l’implantation de bases américaines pérennes et par l’introduction d’une technologie de même originEn effet, selon Maghreb confidentiel (n°944, du 21 octobre 2010), la base des Forces royales, Benslimane, était en cours de modernisation "pour accueillir les deux escadrilles de F16 block 52 acquises auprès de l’américain Lockheed Martin… Les noouvelles installations de Benslimane sont, d’après nos informations, la réplique exacte de celles de la Mc Entire Joint National Guard Base de Caroline du Sud. Celle-là précisément ou s’entraînent les FRA(15)"

Il en va de même avec "l’envahissement" de la base aérienne de Guelmin par des dizaines d’officiers en uniforme de l’US Air Force qui "enseignent aux militaires marocains le pilotage de drônes Predator XP (General Atomics Aeronautical Systems) non armés… Le Pentagone qui songe depuis plusieurs mois à se doter d’une base aérienne au Maghreb et à positionner des appareils de reconnaissance opéré par des contractors privés semble avoir trouvé son point d’appui". (maghreb confidentiel, n° 970 du 28 avril 2011). Notonss que les Etats-Unis s’étaient adressés à l’Algérie, partenaire pétrolier, pour la construction d’un terrain d’aviation militaire afin d’utiliser des avions-espions banalisés: ce fut un refus qui s’est également appliqué à propos du survol de l’espace aérien algérien "afin de traquer les éléments d’Al-Qaïda au Maghreb islamique en Mauritanie et au Mali" (Maghreb confidentiel, N°951 du 9 décembre 1010) arguant du fait qu’il fallait déposer les demandes au moins deux semaines à l’avance avant,  finalement, de céder sous conditions. Par ailleurs, les positions politiques algériennes s’alignent sur celles de l’Union africaine, ce qui est d’ailleurs le cas à propos des événements libyens.

La dépendance technologique mentionnée ci-dessus se manifeste égale ment à propos des drones. Comme il a été mentionné auparavent, aucun pays africain n’a accepté d’accuilir l’africom, ce qui l’a obligé à emprunter une porte dérobée en passant deux appels d’offres auprès de contractuels privés.

Le premier vise à mandater des sociétés privées pour mettre en place un programme de surveillance aérienne clé en main pour le compte des militaires locaux aux fins de recueil de renseignements qui seront également utilisés par les services d’Africom et transmis à Stuttgart. Pour ce faire, Africom, se dote, en location, de deux avions de reconnaissance banalisés. Or l’Algérie, jalouse de son indépendance, tentait depuis plusieurs années de se procurer auprès des Etats-Unis des drones de reconnaissance, mais sans succès, afin d’assurer la maîtrise de l’utilisation de cette technologie et donc de renforcer l’autonomie de son leadership  sous- regional. Le second concerne les consignes d’utilisation de ces avions-espions: ils "doivent être banalisés pour ne pas éveiller l’attention… Même souci de discrétion pour les 83 véhicules tout-terrain qu’Africom va acquérir et se faire livrer à Tunis, Niamey, Nouakchott, N’Djaména, etc..; et qui devront passer inaperçus sur les routes africaines, précise cet autre appel d’offres publié le 11 juin 2010.

_____________________________________________

(1) En 1996, le secrétariat d’Etat créa l’ACRI (Africa Crisis Response Initiative) placé sous le commandement de l’armée américaine basée à Stuuttgart (Allemagne) et connue sous le nom d’US-Eucom. Cette section avait à charge les moyens militaires, notamment le recours aux forces spéciales. A la différence des autres Etats de la sous -région, l’ACRI était présente au Mali.

(2) "Global War on the terror" Les les Etats-Unis sont les leaders mondiaux de la lutte contre le terrorisme ainsi que de la lutte contre la drogue.

(3)Nous verrons par la suite que cette catégorisation n’a pas de pertinence politique.

(4) "Dès la levée de l’état d’urgence et l’entrée en vigueur de l’ordonnance portant amendement du code de procédure pénal, les 6 et 7 mars dernier, Amari Saïfï, dit Abderrazak el Para et hassan Hattab ont été présentés à la justice au même titre que trois autres chefs terroristes dont Athmane Toauti dit Abou-el-Abbas, l’officier exégète et membre fondateur du GSPC, pour au moins une dizaine d’accusations. Selon des sources judiciaires, le juge d’instruction en charge de ce dossier a placé el Para et ses trois compagnons sous mandat de dépôt". El Watan, 21 juin 2011.

(5) Je ne dispose pas d’informations sur la présence de ces forces au Niger et au Tchad pourtant concernées et signataires du PSI.

(6)Wadhington a apporté son soutien au Mali dans le cadre du programme "International Military Défense Education Counter Terrorism Fellowship" (Maghreb confidentiel n° 887 du 9 juillet 200°.

(7) http://www.globalsecurity.org/military/ops/aef-chad.htm

(8) Qui se concrétisera par le Trans Sahara Counter Terrorism Partnership (TSCTP) dont les premiers partenaires sont: Tunisie, Algérie, Maroc, Tchad, Niger, Mali, Mauritanie, Sénégal, Nigeria, auxquels s’djoindront le Burkina Faso et la Libye, soit onze Etats. Le pentagone a soutenu le TSCTP considérant comme oeuvrant au sein de l’Africom à travers l’OEP-TS.

(9)100 millions de dollars par an pendant cinq ans. Notons que le TSCTI est arrivé à expiration. Il sera remplacé par l’Africom qui dirige actuellement (juin 2011) les opérations militaires en Libye. Les agences de notation financières internationales (Fitch, Moody’s, Standard&Poor’s) tirent la sonnette d’alarme à propos de la solvabilité des Etats-Unis désoemais sujette à caution. La dette publique caracole à 14.000 milliards de dollars et les Etats-Unis peuvent se retrouver dans une situation de défaut de paiement.

(10) USAID a une grande expérience dans le domaine du développement en Afrique. Elle utilise souvent les compétences d’anthropologues et de géographes. (L’USAID est dénoncée en Amérique latine comme un doublon de la CIA, ainsi en avril 2013, Evo Morales les a chassé de Bolivie, note de Danielle Bleitrach)

(11) L’implantation de l’Africom a été refusée par la totalité des Etats-Africains contactés: Algérie, Libye, Afrique du Sud et à sa suite la SDAC (Communauté de développement de l’Afrique Australe), le Gabon et l’Angola, soit 52 Etats sur 53: seul le Libéria accepta mais son approbation fut rejetée par le Pentagone. Pour une présentation détaillée de cette instance militaire, voir H.Campbell: "Les militaires américains et Africom: entre le marteau et les croisés " <www.pambazuka.org<, Pambazuka News du 18 avril 2011, n° 186

(12) L’offshore du Golfs pourrait fournir 25% de l’actuelle production du pétrole américain d’ici à l’an 2020.

(13)Secrétaire d’Etat chargé du Bureau des Affaires africaines.

(14 "Africom: les luttes intestines" Lettres hebdomadaires d’informations stratégiques n° 727 du 16 septembre 2009

(15) Forces Royales Air.

 
 

Syrie: les rebelles ont utilisé du gaz sarin, selon Carla del Ponte

Il est clair que nous somes désormais dans la plus terrible des guerres, la cuerre civile, avec un pouvoir qui a répondu par une répression injustifiée aux premières manifestations et là-dessus des forces politiques qui ont choisi le terrain syrien pour s’affronter et qui ont tout fait pour empêcher une solution négociée. Attaquer la Syrie pour affaiblir l’Iran, voilà sur quoi se sont entendus des foces aux intérêts contradictoires… Entre la volonté des puissances occidentales derrière les Etats-Unis pour le contrôle mondial  des industries extractives avec en sous main la volonté d’enrayer autant que faire se peut la montée en puissance de la Chine, un monde multipolaire,  et les volontés hégémoniques politico-religieuses des waahabites saoudiens et Qataris, Israél jouant sa propre partie du grand Israêl ou de la survie pour la population jusqu’au suicide, le tout sur un fond de misère qui multiplie les filières mercenaires… bien fol qui prétend défendre une vision "humanitaire", la seule solution est le respect des souverainetés et de la légalité internationale, le choix de la diplomatie, alors que celle-ci est désormais militarisée… (note de Danielle Bleitrach)

Syrie Gaz Sarin

En Syrie, les rebelles ont utilisé du gaz sarin, selon Carla del Ponte,  membre de la Commission d’enquête de l’ONU sur les violations des droits de l’homme en Syrie.

 INTERNATIONAL – Les rebelles syriens ont fait usage du gaz sarin, a affirmé Carla del Ponte, membre de la Commission d’enquête de l’ONU sur les violations des droits de l’homme en Syrie. "Selon les témoignages que nous avons recueillis, les rebelles ont utilisé des armes chimiques, faisant usage de gaz sarin", a déclaré Carla del Ponte, dans une interview à la radio suisse italienne dans la nuit de dimanche à lundi 6 mai.

"Nos enquêtes devront encore être approfondies, vérifiées et confirmées à travers de nouveaux témoignages, mais selon ce que nous avons pu établir jusqu’à présent, pour le moment ce sont les opposants au régime qui ont utilisé le gaz sarin", a ajouté Carla del Ponte, qui est également l’ancien procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).

Elle a expliqué que les recherches de la Commission d’enquête de l’ONU, qui doit présenter ses observations aux prochaines sessions du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU en juin, étaient loin d’être terminées. Elle a par ailleurs précisé que les enquêtes en cours pourraient aussi établir si le gouvernement de Bachar al-Assad a aussi utilisé ou non ce genre d’armes chimiques.

Lire aussi: » Armes chimiques en Syrie : la "ligne rouge" a-t-elle été franchie ? » La Syrie accuse Israël d’avoir mené un nouveau raid contre un centre de recherches scientifiques » Tous nos articles sue la Syrie

Un gaz neurotoxique mortel

Le sarin est un puissant gaz neurotoxique découvert à la veille de la Seconde Guerre mondiale en Allemagne et utilisé dans le métro de Tokyo en 1995. Outre son inhalation, le simple contact avec la peau de ce gaz bloque la transmission de l’influx nerveux et entraîne la mort par arrêt cardio-respiratoire. La dose létale est d’un demi-milligramme pour un adulte. Il est inodore et invisible.

Les victimes se plaignent d’abord de maux de tête violents et présentent des pupilles dilatées. Surviennent ensuite convulsions, arrêts respiratoires et coma précédant la mort. Il peut être utilisé en aérosol, notamment à partir de l’explosion de munitions mais peut également servir à empoisonner l’eau ou la nourriture, selon le Center for Disease and Control Prevention (CDC) d’Atlanta.

Egalement sur Le HuffPost:

 

Rony Brauman. « La routine du travail humanitaire en venait à dissimuler la participation à des violences de masse »

09060144-BraumanR[1]

Avec sincérité et rigueur, l’ex-président de Médecins sans frontières revient sur les manipulations qu’ont subi les ONG de la part des autorités locales durant la famine en Éthiopie au milieu des années 1980 et explique en quoi la mondialisation et la massification portent en elles des risques majeurs de violences.

Après des études de médecine, Rony Brauman devient président de Médecins sans frontières. Il est l’un des premiers à réfléchir, souvent de manière critique, sur les emballements de l’opinion et les limites de l’action humanitaire. Il raconte son parcours dans Penser dans l’urgence. Parcours critique d’un humanitaire (Seuil, 2006, Entretiens avec Catherine Portevin). Après sa découverte de la notion de « banalité du mal » de Hannah Arendt, il coréalise un documentaire sur le procès d’Adolf Eichmann, Un spécialiste (1999).

Au milieu des années 1980, l’Éthiopie traverse une grave famine. Les équipes de Médecins sans frontières sont présentes sur place pour porter secours aux populations. Comment en êtes-vous venu à considérer votre action comme une manifestation de la banalité du mal ?

Rony Brauman : Nous nous sommes peu à peu aperçus que les camps de secours dans lesquels nous travaillions étaient des pièges à population, dont nous étions l’appât : il fallait plutôt fuir ces camps qu’y venir ! L’État éthiopien organisait en effet, sous couvert d’urgence humanitaire et au prétexte d’un rééquilibrage démographique du pays, des transferts forcés de populations. Certains jours, au petit matin, des miliciens en armes encerclaient une partie du camp pour prélever un quota de population destiné à aller peupler les nouvelles zones économiques du sud du pays. À d’autres moments, la distribution de l’aide (vivres, couvertures) par des fonctionnaires du Parti était soumise à l’inscription pour un départ « volontaire » dans ces zones. La routine du travail humanitaire en venait à dissimuler la participation à des violences de masse devenues la première cause de mortalité dans le pays. Imaginons : je me lève, je vérifie mon matériel médical, je vais faire ma consultation au dispensaire, je participe à une réunion avec le comité de coordination de la région, je passe une commande de médicaments à mon siège, je fais une visite à l’hôpital. Cette activité quotidienne, motivée par la conviction de participer à une opération de sauvetage, peut voir son sens totalement inversé, inscrit au contraire dans une stratégie d’oppression, retournée contre les intentions qu’elle poursuivait, sans rupture de sa routine. Je présidais MSF à l’époque. Je me rendais occasionnellement sur le terrain et, sur place comme au retour, je partageais la perplexité des équipes. Un ami avec qui j’en parlais m’a conseillé de lire le livre de Hannah Arendt sur le procès Eichmann. J’ai alors fait le lien entre l’action que nous menions en Ethiopie – ou plus exactement la manière dont nous étions menés par un régime qui poursuivait sa politique en la masquant grâce à la présence d’organisations humanitaires – et l’écho des violences qui nous parvenait. Mais cela n’a pas suffi cependant, et ce n’est que plus tard, en expliquant le dilemme de notre situation à une journaliste qui m’interrogeait sur les difficultés de l’action que j’ai compris que refuser de se situer face à ces choix en Éthiopie, c’était y consentir en y prenant notre part. Ces questions du consentement et de la responsabilité me trottaient dans la tête mais ce n’est qu’en les rendant intelligibles à d’autres, qu’elles se sont éclaircies à mes yeux. Du refus de la considération de sa propre responsabilité dans un tel environnement à ce qu’Arendt appelle la banalité du mal, la participation à un crime de masse, il n’y a qu’un pas, et on le franchit d’autant plus facilement que l’on n’est pas amené à verser le sang ni même à commettre des gestes ou à prendre des décisions extraordinaires. Nous nous étions peu à peu retrouvés dans un « processus eichmannien » de suspension de l’esprit critique, déléguant en quelque sorte notre responsabilité aux instances supérieures (le gouvernement, l’ONU, la « communauté internationale »), en accomplissant des geste routiniers anoblis par l’intention secourable qui les sous-tendait…

«Davantage que la banalité du mal, c’est le processus de massification qui me semble être la question brûlante de notre temps»

Rony Brauman

Mais votre action n’était-elle pas moins grave que celle des organisateurs des déplacements forcés ?

Au début, quand nous ne savions rien du projet politique dans lequel nous étions engagés, certainement. Et puis nous nous sommes longtemps demandé, comme tous les intervenants humanitaires, si les exactions et le chantage à l’assistance n’étaient « que » des excès de zèle individuels, comme nous le disaient les autorités, ou bien une politique. Nous étions dans le brouillard et le travail était exigeant. Mais lorsqu’il est devenu clair que nous étions embarqués dans une entreprise stalinienne de remodelage chirurgical de la société éthiopienne, il ne s’agissait plus de brouillard mais d’aveuglement volontaire. Dans ces conditions, la responsabilité morale des ONG me semble plus lourde que celles des fonctionnaires éthiopiens chargés de la mise en œuvre des déplacements de population. Eux, en effet, risquaient leur vie s’ils désobéissaient. Pas nous. Nous ne voulions que le bien des gens auprès de qui nous nous étions portés, mais nous coorganisions de fait leur déportation en acceptant de poursuivre le travail.

Qu’est-ce qui vous a le plus frappé lorsque vous avez visionné toutes les archives du procès Eichmann en vue de la réalisation du Spécialiste ?

Beaucoup de choses ! Mais si je ne devais retenir qu’un moment, ce serait celui où Eichmann dit à peu près : « Après tout, c’était l’intérêt commun des Juifs et des Allemands que les trains arrivent rapidement à Auschwitz. » Il se défend, bien sûr, mais justement : l’imparable abomination de cet énoncé factuel est l’essence même de la banalité du mal, telle que je comprends cette idée.

Cette logique se manifeste-t-elle encore aujourd’hui ?

On trouvera sans peine des équivalents de comportements mais je n’en ferais pas un cadre d’analyse ; ne serait-ce qu’en raison du caractère obscur de cette formule. Davantage que la banalité du mal, c’est le processus de massification, autre notion dont Arendt a fait grand cas, c’est-à-dire d’atomisation individuelle, d’éclatement de la société en des entités séparées, qui me semble être la question brûlante de notre temps. Le chômage de masse, l’insolence de l’extrême richesse rapportée à la pauvreté croissante, tout ceci constitue une violence potentiellement intenable.

L’accélération du temps que nous sommes en train de vivre vous paraît-elle participer de ce processus ?

L’urgence est le moment où il est légitime et nécessaire de suspendre la pensée pour agir selon des procédures fixées à l’avance. C’est en cela qu’un service d’urgence est efficace. Mais chacun des gestes faits procède d’une pensée préalable. Ce ne sont pas des robots qui prennent en charge une hémorragie grave ou un accident. L’enjeu n’est donc pas de décider que l’urgence va être désormais traitée sur le mode de la délibération. Ce n’est pas ce qu’on veut quand on est soi-même le sujet de cette urgence. L’enjeu est de savoir ce qui est urgent et ce qui ne l’est pas. On peut constater au quotidien l’abus de la notion d’urgence pour couper court aux questions, à la réflexion critique. Faire toujours plus de choses en toujours moins de temps nous met dans une constante sensation de course par rapport au temps. Plus nous nous dotons de ces instruments qui nous servent à gagner nous temps, plus nous nous installons dans la sensation accablante d’être toujours en retard. La capacité à maîtriser un nombre toujours plus grand d’informations, qui est censée nous mettre dans une situation d’observateur surplombant, nous écrase. D’une manière ou d’une autre, il va bien falloir ralentir !

Propos recueillis par Michel Eltchaninoff

Rédacteur en chef adjoint

 

L’Histoire de l’afghanistan et de l’Asie centrale : la modernité brisée…

samarcande-ouzbekistan[1]

Samarkande voisine de Mazar el sharif, la route de la soie, samarkande c’est le pays d’Omar Khayyâm,le libre penseur chantant le vin et les femmes, qui a traversé ces pays et vu ces mosquées splendides a du mal à croire à la simple arriération d’une civilisation islamique…

L’Afghanistan et l’Asie centrale paraissent des régions lointaines mais on ne peut pas continuer à les ignorer et à monter des scénarios stupides, soit que l’on considère le monde musulman comme une entité unique menaçante, terroriste, soit que l’on nous invite périodiquement à abattre un nouvel Hitler avec à la clé une intervention de l’OTAN qui accroît le chaos ou si cette intervention tarde à venir l’introfuction de bandes armées, de véritables troupes mercenaires, le bilan de cet interventionisme mérite d’être fait. L’afghanistan et au-delà toute l’Asie centrale témougnent de ce jeu d’apprenti sorcier assorti du choeur des belles âmes sur les femmes , les tyrans ou tout autre excuse médiatique que l’on abandonne quand l’intervention est réalisée. Voir la manière stupide dont on analyse la politique de la Russie et de la Chine qui se trouvent à proximité de toutes les menaces de déflagration. Voici donc à partir de trois livres recensés par un conseiller de l’OTAN un aperçu historique que je me suis permis sur l’Afghanistan et divers pays d’Asie centrale, un terrain que j’ai connu à la fin des années quatrevingt.(danielle Bleitrach)

Deux livres apportent un regard non seulement sur l’Afghanistan mais sur l’Asie centrale auquel le sort de ce pays est lié. Nous avons vu récemment que de ces pays, la kirghizie en particulier se constituaient des filières pour le djihad, tout cela doit être mis en perspective avec l’histoire qui a affecté l’économie, les sociétés et les Etats de ces pays: A Short History of Its People and Politics (Harper & Collins Publishers, 2002) de Sir Martin Ewans que Jihad: The Rise of Militant Islam in Central Asia (Yale University Press, 2002) d’Ahmed Rashid .

"A Short History of Its People and Politics est une étude incontournable qui offre un aperçu utile sur les erreurs commises lors des précédentes tentatives pour consolider l’unité de l’Afghanistan et réformer sa société et sur l’ampleur du défi auquel le pays et la communauté internationale sont aujourd’hui confrontés’ explique Osman Yavuzalp dans sa note pour l’OTAN. Sir Martin, un diplomate qui a dirigé la chancellerie britannique à Kaboul,  offre une chronique détaillée de l’histoire de l’Afghanistan depuis l’émergence du royaume afghan au XVIIIe siècle jusqu’à la chute des talibans. Il conclut : « S’il est une caractéristique essentielle de l’histoire afghane, c’est assurément qu’il s’agit d’une histoire de conflits – d’invasions, de batailles et de sièges, de vendettas, d’assassinats et de massacres, de féodalité tribale, de lutte dynastique et de guerre civile. »

L’un des chapitres les plus captivants du livre de Sir Martin couvre la première vague de modernisation, qui a eu lieu sous le règne de dix ans d’Amanullah Khan. Couronné le 27 février 1919, Amanullah fut le premier dirigeant afghan qui chercha à transformer le pays. Il supervisa notamment la rédaction de la première constitution de l’histoire afghane. La constitution d’Amanullah reposait sur celle de la Turquie, où Kemal Atatürk était parvenu à établir un Etat séculier. Amanullah chercha à créer un cadre séculier similaire dans son pays, au sein duquel la monarchie et le gouvernement pourraient fonctionner, et à clarifier les relations entre la religion et l’Etat. Il entretint des rapports provolégiés avec la jeune république soviétique et oeuvra pour que son pays entre à la société des nations.

Amanullah tenta également de réformer la justice. Pour ce faire, il créa un pouvoir judiciaire indépendant et fit rédiger un code pénal. Il supervisa en outre l’adoption d’une série de lois destinées à améliorer les droits des femmes, investit considérablement dans l’enseignement et tenta de réviser et de réorganiser le système fiscal. Amanullah chercha véritablement à moderniser la société afghane, mais ses réformes s’opposaient inévitablement à de puissants intérêts, ce qui finit par entraîner des soulèvements tribaux. Il fut forcé d’abdiquer en janvier 1929 sous l’influence non seulement des rivalités tribales mais sous celle des ménées de l’intelligence service britannique agissant à partir de l’Inde et souhaitant abattre cet allié de l’union soviétique.

Amanullah était  en avance sur son temps et son programme de réformes s’avérait trop ambitieux pour l’Afghanistan du début du XXe siècle, c’est ce que les médias occidentaux affirment en faisant rarement référence au fait que l’Occident, l’Angleterre en particulier s’est appuyé dans sa volonté de destabilisation sur les archaïsmes. Il n’empêche que son destin et celui de son programme de réformes n’augurent rien de très prometteur pour les efforts actuels visant à édifier un Etat afghan viable et à établir une constitution permettant la représentation équitable de toutes les communautés ethniques précise Osman Yavuzalp . ‘Le défi qui consiste à parvenir à un équilibre entre le besoin de modernisation d’une part et le respect de la tradition de l’autre demeure considérable’  sans vouloir regarder que l’intervention et le maintien des troupes de l’OTAN a été un facteur de dégradation, de corruption, de narcotrafic qui donne encore plus de force aux archaïsmes.

Les chapitres consacrés à Mohammed Daoud Khan sont également passionnants à lire. Daoud, l’un des dirigeants les plus dynamiques de l’Afghanistan, dirigea le pays dans les années 1950 et au début des années 1960, puis à nouveau entre 1973 et 1978. Cet autocrate cherchant à resserrer les relations avec l’Union soviétique parvint à rallier les chefs de tribus et à faire respecter l’autorité centrale dans tout le pays. Il démissionna en mars 1963, à la suite d’un conflit sans issue avec le Pakistan et de l’opposition croissante à son autorité de plus en plus autocratique. Daoud revint au pouvoir en juillet 1973, mais fut renversé et assassiné en 1978. Là encore Daoud et sa volonté de réforme tomba sous les manoeuvres des puissances occidentales qui s’appuyèrent sur les forces tribales les plus réactionnaires et introduirent dans le pays les premiers djiahistes comme ben Laden avec l’appui des saoudiens. Ce qui provoqua l’intervention des soviétiques. Ce qui fut la catastrophe que l’on sait donnant une force inusitée aux tendances les plus archaïquessoutenues par l’intervention occidentale dans la mesure où elles apparaissaient comme défendant la nation afghane. La tradition contre l’invasion. Mais mêmes dans ce cas des résistances demeuraient et quand l’union soviétique se retira il fallut qu’Elstin en appiu de ses alliés occidentaux  institue un véritable blocus en particulier énergétique pour que tombe le gouvernement communiste et laîque. le retrait des troupes soviétiques a lieu en 1989, et l’effondrement du régime communiste de Najibullah en 1992 après le blocus, ce sera le début d’une terrible guerre civile à la suite de laquelle les talibans prennent le pouvoir. ,

La politique menée par Mohammed Daoud Khan au cours des deux périodes durant lesquelles il fut au pouvoir s’est certes avérée hautement autocratique, mais il est néanmoins parvenu, pour la première fois dans l’histoire de son pays, à créer une armée afghane suffisamment entraînée, bien équipée et mobile, capable de maintenir la stabilité dans tout le pays.

L’Afghanistan est loin d’être le seul pays d’Asie centrale où le fondamentalisme religieux connaît une nette expansion depuis la chute de l’Union soviétique et dans le cadre d’une tentative permanente d’empêcher toute reconstruction de l’union soviétique et il ne doit donc pas être considéré comme un cas isolé. Les conditions socio-économiques des pays voisins peuvent offrir un terrain tout aussi favorable au développement de l’islam militant, comme le révèle très clairement Jihad: The Rise of Militant Islam in Central Asia. L’ouvrage le plus récent d’Ahmed Rashid s’intéresse aux talibans. Il fournit un compte-rendu détaillé de la manière dont ce mouvement est arrivé au pouvoir en Afghanistan et de la brutalité avec laquelle il a dirigé le pays pendant cinq ans. Ahmed Rashid cherche à attirer l’attention de manière similaire vers l’Asie centrale, qu’il considère comme une nouvelle ligne de front pour l’islam fascisant parce que c’est bien de cela qu’il s’agit.

L’auteur fournit une analyse perspicace et complète de la manière dont l’islam et l’environnement politique ont évolué en Asie centrale au cours de ces dernières années, en mettant particulièrement l’accent sur la période qui a immédiatement suivi l’effondrement de l’Union soviétique. Il explique que la combinaison des politiques de transition adoptées par les pays d’Asie centrale et le déchaînement du fondamentalisme, jugulé au cours de l’ère soviétique, ont contribué à créer un climat de peur et de suspicion. Il s’intéresse en particulier à la manière dont le Hizb Ut-Tahrir et le Mouvement islamique d’Ouzbékistan, deux mouvements fondamentalistes, ont prospéré en Ouzbékistan au cours des années qui ont suivi la disparition de l’Union soviétique.

L’année 1999 représente probablement le point culminant de l’action des mouvements islamiques en Asie centrale. Cette année-là, la République kirghize, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan et, dans une moindre mesure, le Kazakhstan ont véritablement appris à connaître les dangers représentés par le régime taliban d’Afghanistan, à la suite d’une série d’incursions dans les trois premiers pays menées par des terroristes liés à Al-Qaïda. A la suite de ces événements, les pays d’Asie centrale ont systématiquement cherché à utiliser les forums internationaux – dont le Conseil de partenariat euro-atlantique – pour attirer l’attention du monde sur la détérioration de la situation en Afghanistan. Ils souhaitaient plus spécifiquement mettre en lumière la manière dont ce pays s’était mué en terrain d’entraînement pour le terrorisme, en foyer d’extrémisme et, en alimentant les tendances fondamentalistes, en menace pour la sécurité dans toute la région.

A la suite de la tragique expérience vécue par l’Afghanistan sous le régime taliban, le message le plus poignant qu’apporte le livre d’Ahmed Rashid consiste à nous éclairer sur la situation alarmante qui prévaut dans la vallée du Ferghana, une région pauvre à cheval sur la République kirghize, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. Ahmed Rashid attire l’attention sur une étude publiée par Anthony Lake, l’ancien Conseiller pour la sécurité nationale du président américain Bill Clinton, qui décrit la vallée du Ferghana comme l’une des trois régions du monde les plus susceptibles de connaître une crise. Il exhorte l’Occident, et en particulier les Etats-Unis, à développer une vision stratégique pour la région et un cadre pour encourager et aider les régimes locaux à poursuivre les réformes démocratiques.

La région est manifestement confrontée à de graves difficultés, dont certaines résultent de la désintégration de l’Union soviétique et des nombreux problèmes associés à la transition d’une économie communiste dirigée vers une économie de marché .

Comme Ahmed Rashid le montre clairement, les Etats d’Asie centrale sont à un tournant critique. Ils peuvent profiter du nouvel engagement de la communauté internationale envers la région pour reconstruire leurs pays. Mais ils peuvent également se replier sur eux-mêmes et risquer de connaître un destin similaire à celui de l’Afghanistan. L’accélération du rythme des réformes demeure ainsi le seul antidote contre les périls qu’Ahmed Rashid décrit habilement et que les pays d’Asie centrale doivent surmonter, non seulement dans leur propre intérêt, mais aussi pour la stabilité d’une région beaucoup plus vaste, qui inclut la Russie et, au-delà, l’Occident. Ces pays sont assurément lointains, mais nous ne pouvons plus nous permettre de les ignorer.

texte de Danielle Bleitrach à partir de notes de Osman Yavuzalp qui travaille sur l’élargissement, le terrorisme et les questions de partenariat à la Division des affaires politiques et de la politique de sécurité de l’OTAN.

 
 

Dans quel état laissons-nous l’Afghanistan ? par Ahmad ASHRAF et Jérome Diaz

Parler de l’influence de la religion sur des populations comme tend à le faire une enquête américaine est pour le moins insuffisant si on introduit pas d’autres variables et le cas de l’Afghanistan en est la démonstration… Une inflience particulièrement lourde est celle de la guerre et de la paix y compris sur la condition féminine. Et il ne s’agit pas seulement de leur soumission derrière une burka. En afghanistan une femme meurt toutes les 27 minutes suite à des complications liées à la grossesse. Il ya 1000 décès maternels pour 100.000 nouveaux nés et ce chiffre grimpe à 6500 dans la rpovince montagneuse. C’est la taux de mortalité maternelle le plus élevé du monde. L’umpossibilité laissé à un Etat d’exister, la guerre qui entretient la corruption et les bandes armées a aussi ce visage. (note de Danielle Bleitrach)

harakat_0_0[1]

 
En sonnant l’heure du retrait d’Afghanistan, la France devance le dispositif de l’Otan prévu en 2014. Et puisqu’il s’agit d’une promesse électorale du candidat François Hollande, les discours officiels se veulent rassurants : l’armée française quitte l’Afghanistan après avoir accompli son travail de formation et de sécurisation. Officiellement, le pays devrait donc prochainement et comme par magie passer du stade d’Etat miné par la violence, le narcotrafic et la corruption, au rang d’Etat stable et sécurisé. Les Américains sont d’ailleurs prêts pour cela à négocier avec les Taliban, chose impensable il y a encore quelques mois.

Cependant, une question s’impose : dans quel état laissons-nous ce pays et ses habitants ? La réalité dément toute tendance au sentiment de « mission accomplie », ce que confirment les rapports d’enquête publiés depuis plusieurs mois par des Organisations non-gouvernementales, médias spécialisés et centres de recherche.

Pour l’heure, le constat est que la population s’est depuis longtemps adaptée au joug de la guerre. Les raids de l’aviation, les blindés dans les rues, le bruit des tirs font partie du quotidien des Afghans. Lorsqu’un attentat éclate le matin à Kaboul et provoque des morts et des blessés, le quartier est évacué et bouclé, le temps de secourir les victimes, de transporter les corps… Quelques heures plus tard, il a retrouvé son animation habituelle. Ne restent que quelques traces de sang dans la poussière de la route et, çà et là, des objets en ferraille calcinés. Les petits marchands, les badauds, sont revenus. Pourquoi si vite ? Parce qu’il faut bien vivre, et trouver à acheter quelques oignons, des pommes de terre, un peu de pain à rapporter le soir à la maison. Tout simplement. 70 % de la population afghane souffre d’insuffisance alimentaire.

Comment ne pas reconnaître, plus de dix années après, que  l’initiative armée américaine pour se venger de l’affront du 11 septembre 2001, et qui s’est transformée au fil du temps en une vraie guerre « high tech », a créé l’effet inverse de ce qui était annoncé au départ ? Les mouvements radicaux et violents sont plus puissants que jamais[1], le vivier de volontaires ne tarit pas, l’insécurité est à son comble et la population civile dans un état sanitaire de plus en plus dégradé.

Les dizaines de milliers de bombes déversées sur le territoire depuis douze ans (missiles de croisière, bombes à air et fuel lourd, JDAM ou  Joint Direct Attack Munition), et les bombes à uranium appauvri de nouvelle génération ont ravagé et pollué le sol afghan.

Depuis quelques années, notamment à l’Institut pour enfants de Kaboul, on constate des cas de malformations du système nerveux en constante progression. Malformations de toutes sortes : du visage, du système digestif, urinaire, des membres… On observe une augmentation sans précédent de ces affections. De plus en plus d’enfants totalement déformés naissent sans yeux, sans cerveaux, sans membres. Les médecins de l’hôpital pédiatrique de Kaboul ont par exemple soigné trois enfants d’une même famille, deux filles et un garçon, porteurs d’une tumeur au cerveau. Les adultes, eux, sont touchés par des leucémies, et différents cancers qu’on ne voyait jamais avant et qui sont en constante progression.

Ces pathologies proviennent de différents facteurs, dont l’un pourrait être la contamination à l’uranium appauvri. Sont également à l’origine de ce type de malformations la malnutrition, le manque d’acide folique, la consanguinité, etc. Cependant, des travaux ont mis en cause les armements et munitions utilisés durant la guerre. Il est évident qu’en Afghanistan, une étude rigoureuse et une analyse exhaustive paraissent impossibles à réaliser pour l’instant, étant donnés les problèmes sécuritaires ; des recherches sur ce thème ont néanmoins été menées en Irak, et dressent un bilan alarmant. Si l’on peut faire le même constat en Afghanistan qu’en Irak, alors la catastrophe sanitaire serait de grande ampleur : une épidémie de cancers et de leucémies, une recrudescence des malformations génétiques monstrueuses…

Comment en sommes-nous arrivés là ? Les Soviétiques déjà, entre 1979 et 1989, s’étaient enlisés dans le bourbier afghan. Après qu’ils eurent battu en retraite, la guerre civile éclatait, opposant le gouvernement communiste du président Mohammad Najibullah aux différentes factions moudjahiddines dont beaucoup étaient soutenues par les Etats-Unis. Trois années plus tard, Najibullah démissionnait et les moudjahiddines, divisés selon des critères ethniques, religieux et régionaux, s’entredéchiraient dans une guerre civile ravageuse. En septembre 1996, les Taliban n’avaient aucun mal, face à une population anéantie par ces années de combats fratricides, à s’emparer du pouvoir à Kaboul où ils soumettaient la population à l’application d’une version draconienne de la Charia[2]. Quelques mois plus tard, le Pakistan, l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis reconnaissaient le gouvernement des Taliban. En décembre 2001, ces derniers étaient chassés du pouvoir à la suite de l’intervention de l’Otan.

Devant ces faits, rapidement évoqués, impossible de ne pas se dire que, décidément, on oublie vite (sauf que les populations civiles, elles, n’oublient pas…[3]). Si les Soviétiques se sont enlisés en terre afghane voilà plus de trente ans, les Américains ont reproduit les mêmes erreurs, s’alliant un jour avec les uns, un autre jour avec les autres, selon leurs intérêts propres.

A la fin des années 1980, la politique soviétique avait pris un virage important, Mikhaïl Gorbatchev qualifiant même de « blessure sanglante »  la guerre d’Afghanistan. Les bouleversements politiques internes et les difficultés économiques ont aussi participé de la décision du retrait soviétique.

Pendant des années, pour contrer le pouvoir soviétique, les Etats-Unis n’ont pas hésité à armer les fondamentalistes religieux avant que ces derniers ne deviennent leur principal ennemi. Aujourd’hui, bien qu’ils annoncent leur prochain  départ, nul doute qu’ils maintiendront une présence en Afghanistan, parce que ce pays présente pour eux un intérêt stratégique fondamental : la proximité de l’Iran et de la Chine et le cœur de l’Asie centrale. Ils choisissent parallèlement la voie de la négociation avec les Taliban.

L’étape afghane marque un pas de plus dans l’échec de leur politique moyen-orientale et de leur ambition de remodelage du Grand Moyen-Orient. Ce plan (Great Middle-East Partnership Initiative), que Richard « Dick » Cheney avait présenté en janvier 2004 à Davos prétendait « aider les peuples à surmonter leur déficit de liberté et remporter la guerre globale contre le terrorisme ». Quelques années plus tard seulement, toute la situation de la région prouve l’incapacité américaine à faire progresser la démocratie et la stabilité dans cette partie du monde.

Cette volonté de remodeler cette région s’inspire de la fameuse « théorie des dominos » chère au courant néoconservateur américain. Prônant généralement une action armée en territoire étranger comme préalable à tout changement de régime (« regime change »), ce phénomène entraînerait supposément des bouleversements du même type chez les pays voisins, impliquant la mise à pied des régimes locaux (dès lors si possible inféodés aux desiderata étatsuniens…), et au final l’instauration d’un système démocratique en bonne et due forme.

En Irak, durant le mandat du président américain George Walker Bush (et ses fidèles conseillers Dick Cheney, Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz), l’application de cette théorie a consisté au démantèlement du Parti Baas (« débaassification »), mouvement socialiste et laïc fondé en Irak et en Syrie ; ce Parti dont était issu le dictateur Saddam Hussein constituait le socle de la société irakienne. Le problème est que sous l’égide de Paul Bremer, l’arrivée des troupes américaines en 2003 dans le « Pays des Deux Fleuves » a entraîné, outre la chute du Raïs, la suppression volontaire du Parti en question.

Du jour au lendemain, la population irakienne s’est donc retrouvée politiquement orpheline et dès lors administrée par le proconsul Paul Bremer, peu soucieux des aspirations de la société civile et, surtout, désireux de concrétiser coûte que coûte la stratégie américaine dans la région, en commençant par l’Irak, et si nécessaire au forceps. De pair avec ce flagrant manque de considération envers la population, l’intervention américaine, bien que favorablement accueillie au départ par nombre d’Irakiens lassés de la politique sanguinaire de Saddam Hussein[4], n’a toutefois pas tardé à rencontrer des difficultés majeures car à mille lieues des réalités locales[5] et dépourvue de vision à long-terme.

Si d’un côté cette intervention armée a en effet permis la désagrégation du régime autoritaire, elle a néanmoins, de l’autre, ravivé les divergences communautaires -Arabes, Kurdes- et confessionnelles -Chiites, Sunnites-, antagonismes qui se traduiront par de violents affrontements, dus notamment au soutien affiché par les Américains envers les Chiites[6], reprenant à rebours la position accordée alors aux Sunnites sous le régime de Saddam Hussein. Entre-temps aura lieu la désormais célèbre bataille de Falloudja, symbole du réveil insurrectionnel de la guérilla Arabe sunnite, et plus largement de l’expression du ressentiment envers l’occupation américaine. Un ressentiment instrumentalisé par les différentes milices prenant part au conflit et qui se verra en outre amplifié par les nombreuses victimes civiles douteusement qualifiées, en Irak comme ailleurs, de « dommages collatéraux ». L’intervention américaine a ainsi constitué l’étincelle d’une poudrière…

La question de l’entrée en guerre des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan n’est plus désormais de savoir si cela était « bien » ou « mal » puisque le but -déloger les Taliban- a été atteint dès 2001 ; c’est alors à un enlisement des troupes auquel nous avons assisté par la suite, situation qui interroge légitimement depuis plus de dix ans. Il s’agit dès lors d’analyser l’impact de tels conflits, autant pour l’image de la nation occupante, vite rattrapée puis dépassée par les réalités d’un pays dont elle ignore tout (par cécité volontaire ou inconscience), que pour les populations locales, tiraillées entre mouvements insurgés, autorités locales impuissantes, troupes militaires étrangères et sociétés de sécurité privées.

Aujourd’hui, la population américaine est lassée de cette guerre afghane qui lui a coûté cher, humainement et financièrement. Certes, l’approche de Barack Obama sur la situation afghane est un peu plus réfléchie que celle de son prédécesseur et la stratégie adoptée en « Af-Pak »[7] a permis de décimer les « têtes pensantes » d’Al Qaida. Mais le terroriste égyptien Ayman al-Zawahiri est toujours là. Et d’autres encore.

De son côté, la population civile afghane a payé un trop lourd tribut à ces décennies de guerre. Que vont devenir les Afghans après le départ officiel des troupes ? Le général Gilles Fugier, chef d’état-major de l’ISAF en 2010, avait qualifié de réussite la mission d’une force d’intervention si celle-ci pouvait partir «  sans que tout s’écroule ». Un rapport d’International Crisis Group mentionne que, si la « communauté internationale » ne fait pas le nécessaire pour aider les autorités locales (police, armée, justice), déjà dépassées par le chaos régnant, et que si ces mêmes autorités n’ont pas la capacité de reprendre les rênes, alors le pays ne pourra se remettre à flot[8].

Une fois les troupes de l’Otan parties, dans quelle mesure en effet le gouvernement afghan pourra-t-il rester en place ?  Dans quelles conditions se dérouleront les élections de 2014, alors que la cohésion nationale afghane est profondément dégradée ?

Au terme d’une décennie d’efforts de reconstruction[9], sans élite politique fiable et avec, en toile de fond, la flambée de la corruption et du narcotrafic, l’avenir de l’Afghanistan et de son peuple est plus que jamais incertain.

Par Ahmad ASHRAF et Jérôme DIAZ*

méfiapart 02 janvier 2013

 

Terrorisme : Religiosité ou troupes mercenaires hier et aujourd’hui par danielle Bleitrach

tblAusstellungTextBilderDateinameBild_gross33_02[1]

Massacres de la Guerre de Trente ans

Hier nous avons longuement discuté avec Michel Vovelle sur la période historique pour tenter d’y voir plus clair c’était passionnant… Lui est complètement stupéfait devant les déformations que subit l’idée même de Révolution… Le détournement vers une vision réligieuse… Entre indignation et compasson… Nous devons en rediscuter à partir d’un texte qu’il a écrit…

Je lui exposé aussi mon hypothèse que je résumerai ainsi, les gens qui comme à Boston ou dans l’affaire Merah tuent ne sont pas nécessairement analysables comme le produit de la religiosité, d’un simple fanatisme. Peut-être faut-il analyser ces parcours en partant d’une phase d’accumulation du capital, avec le passage du rural à l’urbain, sans autre débouchés pour les individus à partir de leurs aspirations que le crime organisé et la guerre. Mettre en relation leur parcours avec celui d’une masse d’exclus complètement intégrés aux valeurs consuméristes du capital qui suivent des circuits mercenaires pour dessiner de nouvelles superstructures politiques.

Les analogies historiques avec d’autres mercenariats

:J’ai exposé ici même la description de filières de recrutement dans l’ancienne Asie centrale soviétique, avec un pays le Kirghistan dont une des ressources principales est devenu avec le trafic de drogue, une base militaire de l’OTAN que dispute l’URSS, et qui est le chemin de la guerre de l’Afghanistan. Nous avons là une zone de recrutement pour des filières qui aujourd’hui atterrissent en Syrie, financés par les saoudiens, les qataris, les turcs… Làn comme au malin on retrouve les mêmes circuits et les mêmes composantes à la fois religieuses, mercenaires et trafiquantes proliférant dans la décomposition des Etats.

Sa victoire sur l’URSS, n’a pas signifié la résolution de la crise du profit capitaliste, le capital a imposé une contrerévolution qu’il faut analyser pour comprendre ce qu’on appelle "le terrorisme".  Le chaos qui s’est peu à peu développé sous la triple influence de la rupture des échanges, des Etats et des interventions occidentales sous couvert de lutte contre le tarrorisme à la Bush, a produit la situation actuelle qui rappelle par de nombreux traits celle dans lesquelles ont proliféré les Grandes compagnies. Les compagnies de mercenaires recrutées du XIIe siècle au XIVe siècle, privées d’employeurs pendant les périodes de paix, se regroupaient en bandes appelées grandes compagnies, et vivaient au détriment des populations. Ces mercenaires étaient alors désignés comme « routiers » car appartenant à une « route » (« troupe » en français de l’époque). On se souvient que Duguesclin commença à asseoir la monarchie française en les envoyant en Espagne.

On retrouve durant la Guerre de Trente ans des phénomènes comparables, La Guerre de Trente ans…..de 1618 à 1648 dévasta et laissa exsangue l’Europe suite à des batailles et des exactions terribles…certaines régions de l’Allemagne actuelle restèrent désertées de toute vies, la population étant soit massacrée ou ayant fuit l’horreur de ce conflit. Apparement le conflit est marqué par l’affrontement entre protestantisme et catholicisme, mais en fait c’est la naissance de l’Etat moderne face à la féodalité: la monarchie absolue exerçant dans un teritoire déterminé le monopole de la violence légitime et se défendant avec une armée nationale. Le capitalisme est en train de se développer et dans le même temps partout ont lieu des révoltes paysannes qui prennent des allures égalitaristes et messianiques. C’est également un grand moment de développement scientifique et technique où la science se dégage encore mal de l’astrologie, de l’alchimie et où se multiplient les procès en sorcellerie.

L’Europe jette les bases de relations internationales entre Etat souverains et les conflits sont sécularisés d’Etat souverain à Etat souverain… La moitié de la population européenne aura disparu dans cette guerre soit par assassinat belliciste, soit par épidémies… Brecht quand il écrit la mère courage fait de l’Allemagne nazie le prolongement de cet état imposé par la guerre de trente ans avec la résurgence impérialiste d’un rêve du saint empire romain germanique par le capitalisme affrontant une nouvelle révolte prolétarienne… Imaginons que pour améliorer la situation européenne, nous ayons eu de surcroît des invasions impérialistes bloquant les processus d’émergence des souverainetés comme de la bourgeoisie.

Parce que  la clé de tels mouvements n’est pas seulement politique avec la tentative d’imposer l’Etat moderne sous sa forme absolutiste. Parallélement à l’Etat il y l’apparition du capital, la naissance de la bourgeoisie et l’oppression du monde paysan bouleversé qui entre dans des mouvements de révolte. Là l’analogue à interroger est le moment   des enclosures décrites par Marx. C’est encore l’affrontement avec les droits féodaux des paysans, l’apparition d’une agriculture capitaliste qui prive les paysans de la pature commune , de l’accès à la fôrêt, au bois mort (1) et de cette paysannerie chassé qui va fournir sa main d’oeuvre à l’industrie apparaissent  des bandes de voyous pillent les campagnes, ce qu’il décrit comme les phases de nouvelles accumulation du capital, qui produit ses "invalides"liés à l’ancien système(2)…

La mondialisation après la chute de l’URSS: les invalides du capital

Il est nécessaire d’étudier ce que l’on désigne du nom de terrorisme et que l’on définit souvent par sa dimension relgieuse dans le contexte des bouleversements actuels du mode de production capitaliste, "les invalides", les exclus qui entrent dans ce bouleversement comme forces mercenaires du capitalisme et de l’impérialisme dans le chaos pour dépasser la crise par le maintien du système, la guerre étant la solution de destruction d’un capital accumulé qui ne génère plus assez de profit et qui tourne au pillage criminel…

le paradoxe est que tous ces processus se sont accompagnés à la chute de l’URSS de l’émergence de nouvelles puissances, de nouveaux rapports sud-sud et d’un monde multipolaire qui a encore affaibli les puissances occidentales, les anciennes puissances coloniales qui n’existent plus qu’en lien avec les Etats-Unis mais qui en reçoivent les effets négatifs, en particulier la domination s’accompagne de l’accentuation des concurrences.

En effet ce qui caractèrise la crise actuelle est l’impossibilité de reporter à la périphérie les effets de la crise du centre, l’Europe en est l’exemple, on lui applique l’équivalent de ce qui a détruit l’Afrique dans les années quatre-vingt, les plans d’ajustement structurels et on peut envisger ce qui est en train de se mettre en place avec l’ouverture de l’Europe affaiblies au marché étasunien comme l’équivalent de ce qui était prévu pour l’Amérique latine et qui a entraîné un sursaut de la dite Amérique latine. Donc sont appliqués au centre des politiques qui ont généré la décomposition du tiers monde et contre lesquels celui-ci s’est premuni par la mise en place de nouveaux rapports sud-sud.

la lutte contre le terrorisme lancée par Bush  remplacait celles de la Guerre froide. Cette guerre froide opposait officiellement le camp socialiste et le camp capitaliste. Ce dernier n’a jamais cessé d’être sominant, forçant le socialisme à se plier à la loi de la "valeur".  Le capitalisme a eu en son centre une accumulation d’armes pesant de plus ne plus sur les budgets des adversaires et de fait impulsant la plupart des développement scientifiques et techniques.  Au point qu’à la fin de L’URSS, celle-ci consacrait 45 % de son budger au dépenses militaires, ce qui a été un incontestable facteur d’effondrement avec le conflit sino-soviétique.  *

Tandis qu’à la périphérie était entretenus de microconflits, des guerres de libération nationale. A partir de l’affaiblissement du camps socialiste les conflits dans le Tiers monde ont peu évolués de mouvements de libération nationale en conflits séparatistes.  Ils ont le produit des   politiques d’ajustement structurels et la fin des Etats investisseurs dans l’économie et le développement humain. Nous voyons aujourd’hui au mali et dans d’autres pays d’Afrique l’aboutissement de ce processus de décomposition.

Quand l’URSS et le socialisme européen se sont effondrés avec la décomposition de l’ex-URSS qui est partie de la Russie et pas comme on l’imagine des républiques périphériques aux quelles cet éclatement a été imposé et dont l’économie s’est trouvée boueversée. C’est en ce sens que certains faits divers comme les événements de Boston qui placent au premier plan de petites républiques du Caucase dans la mondialisation sont révélateurs de phénomènes qui présentent des analogies avec ceux que je viens de décrire et qui pourtant sont dans un contexte qu’il convient d’analyser dans leur originalité. Par exemple, nous avons vu que ;les grandes compagnies, la Guerre de Trente ans, les bandes de voyous liés aux enclosures illustraient tous le passage de la féodalité à la monarchie puis au capitalisme industriel avec un rôle central de la paysannerie. Nous sommes désormais dans un monde où pour la première fois dans l’histoire de k’humanité il y a plus d’urbains que de ruraux et dans le même temps dans les conurbations urbaines un chômage de masse ne trouve à se déverser dans aucun dévelopement industriel (sauf en Chine, en Inde, dans les Brics en général ce qui explique que ces nouvelles puissances tirent encore une croissance en train de ralentir en intallant un monde de relations internationales multipolaires). Ce qui renforce les aspects criminels en relation avec les circuits de trafics du capital financiarisé, armée, drogue, énergie…

Loin d’être un phénomène archaïque sous ses aspects religieux irrationnels il faut considérer le terrorisme comme un phénomène totalement intégré au mouvement du capital sous sa forme mondialisée actuelle. Ce sont les "invalides" de l’accumulation qui se transforment en mercenaires d’une crise politique de la domination occidentale.

Danielle Bleitrach

(1) un des premiers textes de Marx concerne l’analyse de la multiplication des vols de bois mort par les paysans que le capital prive de ses ressources.

(2) A la suite de la section VIII du livre I du capital, Marx analyse ces phénomènes qui unissent les phases d’accumulation avec ce qu’il appelle les invalides du capital et la prolifération des bandes criminelles.

 
 

Daniel Ellsberg et les dossiers du Pentagone,L’homme le plus dangereux du monde par SAUL LANDAU

Voici l’homme qui pris les risques de se battre réellement pour la paix… Ce que ne dit pas l’article est qu’il eut à ses côtés deux autres américains Howard Zinn (historien des rebelles et de la classe ouvrière américaine), Chomsky, notons que ces trois rebelles comme l’auteur de l’article étaient juifs, comme d’ailleurs un grand nombre de victimes du Maccarthysme puisque l’on se contenta de reprendre le nom de ceux qui avaient combattu le nazisme, ceux qui avaient soutenu la république espagnole étranglée par Franco, ou encore Julius et Ethel Rosenberg (qu’une campagne diffamatoire récente tenta d’inventer comme coupables)… Alors les juifs pour moi ce ne sont pas Netanayoun ni Praquier le Crif ou ceux qui abusivement prétendent être à gauche pour mieux cacher les dossiers des dictatures et des oppressions, mais c’est ceux-là, c’est le père de Sean Penn et des tas d’autres comme Einstein ou Robert Oppenheimer, peut-être un jour cette mémoire de l’honneur ressurgira-t-elle et on arrêtera de prétendre transformer les juifs en auxiliaires de l’ignominie sous prétexte de leurs alliances et de leur survie alors que cela les mène dans le mur, celui qu’ils construisent autour d’eux, comme un nouveau ghetto ce qui ne les a jamais protégés. Aujourd’hui cela continue en effet et tout est fait pour provoquer les plus grandes catastrophes, il y a eu les armes de destruction massive en Irak, les tyrans dans divers pays, bien réels mais pas pires loin de là qui sont nos alliés et exportent le terrorisme sur toute la planète. Quelles que soient les révélations elles seront noyées dans la masse des informations mensongères et contradictoires parmi lesquel la défense d’un Israêl menacé joue un rôle mensonger… Ce qui se prépare en Iran est dramatique… partout on justifie des invasions qui ne font qu’accroître les drames et ne servent que les pilleurs et de surcroît on conduit Israêl à sa perte inexorablement parce qu’il est impossible de continuer à survivre dans un environnement hostile et de faire tout reposer sur une alliance avec les Etats-Unis en perte de leadersheap mondial… (note de Danielle Bleitrach)

Counterpunch 9 avril 2010 traduit de l’anglais par danielle Bleitrach

En 2005, j’enseignais dans une classe d’histoire à l’Université pour juniors et pour seniors, j’ai mentionné la Guerre du Viêt Nam. J’ai remarqué le regard vitreux  de plusieurs étudiants. J’ai demandé à une jeune femme née environ une décennie après que cette guerre ait fini : « vous savez quand la Guerre du Viêt Nam a eu lieu, n’est ce pas ? »

Elle a levé son sourcil, mordu sa lèvre et a dit, avec hésitation : « ce n’était pas après l’ère Gréco-romaine ? »

Quelques étudiants savaient, mais le plus grand nombre  étaient dubitatifs. Ni les parents ni les professeurs ne leur avaient appris l’histoire récente. Un nouveau film aidera maintenant à remplir ce vide.

« L’Homme le plus dangereux en Amérique » (produit par Judith Ehrlich et  Rick Goldsmith; la photographie de Vicente Franco) a mérité le titre du film qui le place au summum de la dangerosité – non pas pour avoir volé des banques ou commis des meurtres en série; mais en révélant les secrets du gouvernement américain.

Ironiquement nos ennemis (l’Union soviétique et la Chine en ce temps là) n’étaient pas en cause dans « le top secret « les documents que  Daniel Ellsberg (le narrateur du film)  a diffusé dans les médias et au Congrès en 1971 comme « les dossiers du Pentagone. » Le public des EU, cependant, aurait du réagir avec colère sous le choc devant le contenu de ces sept mille pages supers confidentielles  .

Les dossiers ont révélé que le gouvernement avait menti au Congrès et au public sur ses raisons d’envahir le Viêt-Nam. Les dossiers ont aussi démontré que derrière « l’endiguement du communisme vers lequel les nations asiatiques allaient se renverser comme des dominos » la rhétorique cachait des ambitions impériales américaines plus profondes que les décideurs avaient entretenu depuis quinze ans. Les présidents Johnson et Nixon n’ont pas envoyé des hommes pour mourir pour la liberté ou pour n’importe quel but moral.

Quand le NY Times et par la suite d’autres grands journaux ont publié ces Dossiers, leurs éditoriaux n’ont pas souligné l’horreur qu’eux et tous les citoyens auraient du ressentir face à la prévarication  et la manipulation Officielle. Au lieu d’appeler au retrait immédiat des États-Unis  du Viêt-Nam, à la lumière de la vérité qui voulait que ni les Soviets ni les Chinois n’aient contrôlé les communistes vietnamiens et que le Viêt-Nam ne représentait aucune menace de domino en Asie, les journaux se sont tapotés le dos  en se félicitant pour leur « courage »  pour avoir imprimé avec audace des documents confidentiels.

Personne n’a appelé  à mettre en accusation les Présidents Nixon et Johnson et leurs subalternes pour avoir commis des actes criminels innombrables en dupant le public pour poursuivre secrètement une politique impériale outrageante. Les troupes américaines officielles de combat ont atterri après que l’élite de guerre ait truqué en 1964 « l’incident du Golfe du Tonkin. » Des bateaux de  guerre vietnamiens auraient  censément attaqué des bateaux de guerre américains dans les eaux  internationale – ils ne l’ont pas fait – Johnson a vendu l’affaire au Congrès pour envoyer des forces armées des EU au Viêt-Nam. Une décennie plus tôt, la Maison Blanche, la C.I.A. et DoD intervenaient déjà pour empêcher l’indépendance  et l’unité vietnamiennes.

Le Secrétaire D’État John Foster Dulles avait recommandé vivement Eisenhower de laisser tomber une bombe nucléaire sur les forces vietnamiennes qui avaient encerclé les armées françaises. Ike a dit qu’il devrait consulter les alliés avant de franchir un tel pas – ce qui signifiait « Non ».

La France a renoncé et aux pourparlers franco-vietnamiens de 1954 de Genève où il était prévu des élections libres  en vue d’ unifier le Viêt-Nam.

Dans ses mémoires, Eisenhower admet que « 80 pour cent de la population aurait voté pour le Communiste Ho Chi Minh comme  leader plutôt que pour le Chef d’Etat Bao Dai » (Mandate for Change, p. 372, ). Bao était le chef soutenu par les États-Unis pour l’état provisoire du Sud du Viêt-Nam. Jusqu’en 1954, Washington avait supporté le coût financier essentiel de  l’effort militaire français et, comme  les Papiers du Penjtagone l’ont montré , Washington n’a jamais eu l’ intention de permettre les élections qui feraient Ho le Président d’un Viêt-Nam uni et mené par communiste.

Dans le film, Ellsberg, un enthousiaste et un naïf,  un  fanatique ex-Marine  anti-communiste, jouait un rôle dans la planification de la stratégie militaire américaine au Viêt-Nam. Il part même l’arme à feu en main pour tuer des communistes. Puis, Ellsberg évolue et rencontre son amour, Patricia Marx très antimilitariste, qui le convainct de ses erreurs.

Avec une égale ferveur , Ellsberg a commencé à planifier la stratégie antimilitariste : vol de dossiers secrets de ses bureaux du groupe de réflexion de Rand. Le rand préparait un pronostic sur la guerre pour l’élite militaire. Après qu’Ellsberg ait livré ces dossiers aux médias, il s’attendait à ce que le public « conscient » arrête la guerre et les mettent à la porte.

Nixon et Kissinger ont considéré Ellsberg comme « dangereux » pour répandre des dossiers confidentiels. Comme Ellsberg, ils ont cru qu’un public éclairé ne pourrait manquer de se dresser en proie à la colère, pour arrêter la guerre et en finir avec des politiques basées sur le secret et la duplicité. Mais la majorité du public américain ne sait  toujours pas pourquoi les EU ont été battus au Viêt-Nam; ils ne s’en soucient pas non plus.

Les professeurs pourraient utiliser ce film pour éclairer des étudiants curieux. Après tout, le gouvernement a répété ses perfidies du Viêt-Nam au crimes en Amérique Centrale dans les années 1980 et il continue la tromperie en Irak et l’Afghanistan.

En effet, des  millions ont alimenté la Guerre d’Irak – en vain. Même quand le public a découvert Bush et Cheney les avait induits en erreur, rien n’est arrivé aux criminels en chef. Un défi pour la population : consciente de l’existence de grands crimes et de délits, comment les arrêter et comment changer de cap ?

Peut-être Ellsberg révèle la leçon plus profonde du film :  devenir un acteur sur la scène de sa propre histoire rend la vie intéressante. Saul Landau appartient à l’Institute for Policy Studies  Il a reçu la récompense du Bernardo O’Higgins du Chili pour les droits de l’homme.  contrepunch a publié son A BUSH AND BOTOX WORLD

Daniel Ellsberg  s’est rendu célèbre auprès du grand public en juin 1971 en fournissant au New York Times puis au Washington Post des extraits d’un rapport gouvernemental secret sur la guerre du Viêt Nam connu sous le nom de Pentagon Papers. Cela lui a valu d’être poursuivi pour vol, conspiration et espionnage. Afin de récupérer son dossier médical, le cabinet de son psychiatre fut cambriolé en septembre 1971 par l’ancien agent de la CIA Howard Hunt et Gordon Liddy, travaillant pour des conseillers de la Maison Blanche[. Cet épisode fut révélé en 1973 lors des auditions devant la Commission sénatoriale sur le Watergate, et les charges contre Ellsberg furent abandonnées. Plus récemment, il a pris position contre la guerre en Irak.

Reconnaissance Daniel Ellsberg est récipiendaire du prix Nobel alternatif en 2006, « pour avoir placé la paix et la vérité en premier, au mépris de risques personnels considérables, et avoir consacré sa vie à inspirer les autres à suivre son exemple ».

 
2 Commentaires

Publié par le avril 25, 2013 dans guerre et paix, histoire

 

Sarah Palin en appelle à une invasion de la République tchèque à la suite des événements de Boston…

Sarah Palin Calls for Invasion of Czech Republic

Nous pouvons rire de cette femme et pourquoi s’en priver, mais un peuple dont une partie peut désormais défiler derrière une Frigide Barjeot et se désintéresser de la réforme du travail dans un sens totalement régressif est-il  bien différent des imbéciles incultes du Tea party ?…Gloire à nous qui vivons  ce moment historique extraordinaire où l’appel à l’identité française se combine avec l’inculture et le ridicule intégraux… Une arme de destruction massive non seulement de l’intelligence mais du simple bon sens qui vous pousse à défendre vos intérêts…  Si vous saviez le nombre de fois où l’on se retrouve face à des Sarah Palin. Des oies du capitole qui gueulent à l’invasion de leur territoire et qui tout en ignorant totalement la réalité des pays dont ils parlent sont prêts à les anéantir…  Et à envoyer quelque bombes sur la gueule des gens pour leur apprendre à vivre dans la norme, la leur ou dans leur conception de la démocratie occidentale… Nous sommes envahis par les Sarah Palin, mais il est tout même extraordinaire de voir l’une d’entre elles présentées à la magistrature suprême du pays qui possède à lui seul un arsenal militaire supérieur à celui de tous les autres pays de la planète réunis… (note et traduction de Danielle Bleitrach)

0128-sarah-palin-political-career_full_600Sarah Palin called for the invasion of the Czech Republic today in response to the recent terrorist attacks in Boston.

dans une interview à la chaîne  Fox News,L’ancien gouverneur de l’Alaska a dit que bien que les enquêteurs fédéraux dussent encore achever leur travail, le temps est désormais à l’action.

"Nous ne savons pas tout de ces suspects encore a dit Palin à  Fox and Friends ce matin en parlant de Tamerlan et Dzhokhar Tsarnaev, qui sont présumés avoir accompli les attaques du Marathon de Boston. "Mais nous savons qu’ils étaient des Musulmans de la République tchèque.

"Je dis la pensée de beaucoup d’Américains quand je dis je veux aller là-bas tout de suite et commence à donner à ces gens une leçon. Et ne nous arrêtons pas à la République tchèque, allons après dans tous les Pays arabes.

"Les Arabes doivent apprendre qu’ils ne peuvent pas revenir ici  faire exploser des Bombes. Envoyons leur deux ou trois bombes atomiques à Islamabad, brûlons complètement Prague, bombardons ensuite  Téhéran. Nous devons le leur montrer comment nous concevons le bizness"

Elle ne peut pas voir la Russie…

Même si ses hôtes Steve Doocy et Gretchen Carlson applaudissent devant le chauvinisme de Palin, ils ont immédiatement essayé de rectifier ses multiples  erreurs géographiques.

"Bien Islamabad est la capitale du Pakistan, qui n’est pas arabe,"  a corrigé Carlson, "et Téhéran est la capitale de l’Iran, qui est en majorité  persan. Mais je vois  ce que tu veux dire sur le fond."

"Aussi je ne pense pas que  la République tchèque soit vraiment  Arabe ou même un pays  Musulman, ," a ajouté Doocy, "mais autrement ce que vous dites  est trés sensé. Je pense que la plupart des Américains souhaitent que Obama fasse plus et aille dans ce sens.

Palin, cependant, n’a pas pris avec indulgence les remarques correctives et elle a défendu son analyse.

"Steve, c’est probablement une des choses les plus manifestement ignares que j’ai jamais entendue. Comment la République tchèque n’est pas un pays Musulman ? Vous avez vu ces frères, ils étaient Islamistes et ils étaient Tchétchènes!"

"Oui l’un d’eux était Musulman et ils étaient des Tchétchènes ethniques," a commencé Doocy, "mais ils ont grandi surtout au Kirgyzstan et aux États-Unis. Et ce qui est plus important, les Tchétchènes ne viennent pas de la République tchèque, ils viennent de la Tchétchénie, qui fait partie de la Russie."

"Où est  est la différence ?" a répondu Palin. "Est-ce que la République tchèque ne fait pas partie de la Russie?"

"Non, la République tchèque est un pays autonome . Il fait partie de l’Union européenne et  est un allié fort de L’OTAN,"  Doocy intervient "Mais zut, pourquoi pas ? envahissons. Qu’est-ce qui pourrait tourner mal ?"

"Ouais et pendant que nous y sommes," a ajouté Carlson, "appelons la Reine d’Angleterre et voyons si le Royaume-Uni nous nous rejoindra."

Dans une déclaration  à la sortie de l’nterview, Palin a attaqué  Fox News sur ses préjugés  "pro-islamique" et s  " pro-géographies".

"Ceci est juste un autre manière de la part des médias libéraux, politiquement corrects, pour refuser de dire la   vérité de l’Islam radical," a-t-elle dit.

traduit librement du daily Current par danielle Bleitrach pour histoireetsociete The Daily Currant

 
 
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 81 followers