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Pékin met en garde contre les conclusions précipitées à propos du crash

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PEKIN, 18 juillet (Reuters) – L’agence Chine nouvelle officielle a jugé vendredi que les pays occidentaux allaient un peu vite en besogne en impliquant la Russie dans la destruction du Boeing de la Malaysia Airlines qui a fait 298 morts jeudi soir dans l’est de l’Ukraine.

"Si l’avion a bien été abattu par un missile, les auteurs devront être traduits en justice en dépit de leurs mobiles ou de leurs excuses, car ce sera une attaque terroriste intolérable", écrit l’agence officielle chinoise dans une dépêche en anglais.

Chine nouvelle critique les responsables américains ou australiens qui ont pointé du doigt, trop vite selon elle, les rebelles pro-russes avec le soutien des renseignements russes.

"L’accusation était apparemment précipitée car les responsables ont admis qu’ils ne savaient pas, pour l’instant, qui est responsable de cette attaque, tout en condamnant l’intervention militaire russe."

Le ministère chinois des Affaires étrangères a exprimé sa consternation et présenté ses condoléances aux familles des victimes du vol MH-17, dans un communiqué posté sur son site. (Michael Martina; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

 
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Publié par le juillet 23, 2014 dans Asie, guerre et paix

 

Très important: Il n’est plus possible de « lâcher » la Nouvelle Russie. La majorité des Russes soutiennent le projet social des Républiques populaires du Donbass

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Il n’est plus possible de « lâcher » la Nouvelle Russie. La majorité des Russes soutiennent le projet social des Républiques populaires du Donbass

Selon un récent sondage du Centre Levada, une majorité de Russes (65%) suivent avec une extrême attention ce qui se passe en Ukraine. 59% des répondants croient que le gouvernement devrait soutenir activement le Sud-Est, et 64% approuvent l’aide des républiques autoproclamées de Donetsk et Lugansk par des bénévoles russes. Ainsi, les résultats indiquent clairement qu’une majorité de Russes soutiennent le mouvement de Résistance.
D’autre part, les données de l’enquête suggèrent que l’opinion des gens coïncide presque complètement avec la couverture des événements en Ukraine par les médias officiels russes. 91% des répondants ont admis que les informations de base sur la situation dans le pays voisin leur viennent de la télévision, et 79% pensent que l’image qui leur est donnée correspond à la réalité. Et donc la question se pose, comment changera l’humeur des Russes, si notre angle de couverture médiatique change? C’est pourtant une tendance qui se dessine.

Si il y a quelques semaines, notre télévision rendait compte essentiellement des succès dans les batailles contre les forces de l’ordre envoyées par Kiev, maintenant l’accent est mis sur la sympathie pour les victimes des mesures punitives et les réfugiés. Auparavant les présentateurs martelaient la non-reconnaissance par Moscou du nouveau gouvernement en Ukraine, maintenant nous n’entendons que des notes apaisantes sur les «plans de paix» de Porochenko. Le message est que la priorité est de faire cesser la violence. Dans le même temps on passe sous silence les idées de la Nouvelle-Russie, qui ne se bat pas que pour elle mais pour développer une large résistance à Kiev dans tout le Sud-Est.

Le projet «Nouvelle Russie» comprend non seulement la création d’une unité territoriale où le russe obtiendrait le statut de langue officielle, mais aussi la fondation d’un ordre social plus équitable. "La terre et ses ressources, ainsi que les principaux actifs industriels et financiers créés par le travail des hommes, seront la propriété de la population de la Nouvelle-Russie, et ne peuvent être privés … L’argent n’est pas une marchandise, mais seulement un équivalent de change. Les taux de prêt – sont une méthode d’asservir les entreprises et un moyen déloyal pour la redistribution des ressources en faveur du prêteur (la banque) "- c’est ainsi que l’un des chefs de la Résistance Paul Gubarev définit les contours de la structure sociale de Novorossia. Les dirigeants de la République populaire de Donetsk ont déjà décidé d’augmenter les pensions, les bourses d’études et les salaires des employés de l’État. Alors qu’en Ukraine à partir du 1er Juillet, devrait augmenter le coût des services communaux (eau, gaz, électricité) de 70% à 100%, la RPD a décidé de les geler au niveau de 2013.

Il est clair que ces idées ne sont pas susceptibles de plaire aux oligarques russes. Par conséquent, nous pouvons supposer que nos milliardaires feront tous les efforts pour empêcher de mettre en œuvre le projet «Nouvelle Russie» sous cette forme. Et donc ils disent, nous allons négocier la paix. Dans le contexte actuel cette position ne signifie qu’une perte de temps et l’occasion pour les milices ukrainiennes de se renforcer. Mais un changement de la politique d’information des médias russes suffira-t-il à affaiblir le soutien populaire russe Donbass?

Le Chef du département des études sociales et culturelles « Centre Levada » Alexeï Levinson estime que les médias peuvent sérieusement modifier l’attitude des Russes par rapport au Sud-Est:

- A mon avis, maintenant le sentiment public existant n’est pas seulement inspiré par la télévision. Par lui-même, il a un caractère ambigu. Beaucoup d’indices montrent que les opinions vont changer. Pas seulement à cause de la nouvelle orientation de la TV, mais aussi du changement de la politique étrangère de Moscou. L’opinion publique dans son ensemble est maintenant dans un état, puis passera à une autre.

"SP": – C’est-à-dire, la politique de soutien aux milices du Donbass va changer?

- Elle va évoluer vers un soutien aux initiatives de paix. Si le Kremlin se prononce dans ce sens et s’il est soutenu par la communauté internationale, la société approuvera un discours sur la paix.
L’attitude envers les milices elles-mêmes ne changera pas rapidement. Simplement elles disparaîtront du champ de vision. Les citoyens soutiennent généralement les idées qui exposent Russie sous un jour favorable. Si vous souhaitez laisser penser que la Russie est l’artisan de la paix, les gens vont soutenir ce point de vue.

"SP": – Il est dit que si la Russie ne soutient pas les milices, le gouvernement perdra toute la crédibilité obtenue après l’annexion de la Crimée.

- Les sentiments publics peuvent être modifiés imperceptiblement. Il ne convient pas d’affirmer que la lutte de la milice n’a pas de sens, vous pouvez tout simplement dire que notre pays a toujours été pour la paix. Répéter que nous voulons seulement le bien du peuple ukrainien. Vous pouvez trouver des belles formules pour plaire à l’opinion publique.
Une volte-face pourrait coûter au gouvernement russe son soutien populaire. En effet, jusqu’à récemment, la propagande de l’Etat était orientée vers le besoin essentiel d’une action résolue. Mais dans un proche avenir, le peuple continuera à soutenir les actions du président.

"SP": – Quels attrait ont les idées de la Nouvelle-Russie, plus précisément, les principes sociaux de la république?

- Pour l’ensemble de la société russe tout cela a une valeur assez symbolique. Pour l’instant on ne se pose pas la question du prix de ces projets. Quand on commencera à penser au prix à payer, l’enthousiasme risque de retomber. Les Russes sont contents de récupérer des territoires, à condition que le prix ne soit pas trop élevé. Par conséquent, les autorités peuvent jouer sur une sortie de crise à bilan nul, lorsque les anciennes exigences sont remplacées doucement par des compromis. En fait, c’est déjà le cas.

Cela provoquera un tollé du côté de ceux qui adhèrent à des positions idéologiques cohérentes. Mais la grande masse des gens n’exige pas de cohérence idéologique de la part du pouvoir.

Le Directeur de l’Institut de la mondialisation et des mouvements sociaux Boris Kagarlitskiy estime que l’attrait des projets sociaux de Novorossia est plus important que la politique gouvernementale de l’information:

- Si notre télévision change son paradigme d’information, les Russes vont encore soutenir le mouvement populaire dans le Sud-Est de l’Ukraine. Le succès actuel de la propagande du Kremlin vient du fait que la ligne politique proposée a coïncidé avec l’humeur du public. Et c’est ainsi qu’ils se renforçaient mutuellement. Mais bien sûr maintenant, si le Kremlin essaie de changer radicalement, il va devenir la victime de sa propre propagande antérieure.

C’est pourquoi, à mon avis, les autorités ne peuvent se résoudre à un changement rapide de paradigme. Ils n’ont tout simplement pas la possibilité de "lâcher" Novorossia sans se causer de dommage appréciable à eux-mêmes. Même avec l’extrême désir des élites russes de négocier avec l’Occident en abandonnant la résistance du Sud-Est. Ce serait techniquement très difficile, et, peut-être même voué à l’échec.

"SP": – A quel point l’aspect social du projet de «Nouvelle Russie» est-il important pour les citoyens russes ?
- Je pense que c’est très important. Les idées de Novorossia reflètent les besoins actuels de la société en Russie également, où le mécontentement est grand. Par conséquent Novorossia devient pour les citoyens russes une sorte de phare.
Les événements récents dans le Sud-Est de l’Ukraine sont devenus un facteur d’éveil et de prise de conscience de la société russe. Et nous allons encore en voir les conséquences. Notre politique intérieure en sera sérieusement affectée.

"SP": – Mais il est peu probable qu’une telle prise de conscience soit appréciée des oligarques russes.
- C’est certain. Mais le processus a commencé, il sera très difficile de l’arrêter.

Le plus intéressant est que si l’élite n’aide pas la Nouvelle-Russie, ce projet deviendra pour eux encore plus désagréable. Mais si elle vient pour aider, l’élite appuiera un projet de structure sociale complètement différent de ce qu’elle aimerait voir.
Je pense que les oligarques tentent de prendre les choses en main et de déformer le projet. Mais le fait est que la structure sociale alternative proposée par Novorossia correspond aux aspirations de nos gens à l’intérieur du pays.
- Bien sûr, le peuple russe est exposé à l’influence manipulatrice. Mais dans le cas du soutien aux milices du Donbass, la manipulation ne concerne que la part des citoyens qui n’a pas de point de vue précis, de valeurs idéologiques et de position dans la vie, – dit le professeur Alexander Buzgalin de l’Université de Moscou . – Dans le cadre des événements ukrainiens, à mon avis, il y a eu des avancées majeures dans la compréhension des citoyens de la Fédération de Russie de leur existence humaine. Je n’ai pas peur des mots. Les gens ont vraiment commencé à réfléchir sur les grandes valeurs, le rôle de l’État dans leur vie, de la culture nationale du pays. A réfléchir à la dignité humaine, la capacité de sacrifier leur bien-être, et peut-être même leur vie pour atteindre de grands objectifs, dépassant la valeur de la famille ou l’enrichissement personnel. Au premier plan sont passées les questions de la guerre, de la paix, de la défense de la patrie.
J’ai remarqué que la célébration du 9 mai en Russie cette année a eu lieu dans une ambiance nouvelle. Les gens étaient plus sérieux, concentrés. Il me semblait qu’ils se jugeaient à l’aune de ce qui s’est passé de 1941 à 1945 dans l’espace de nos pays.
En ce sens, l’influence manipulatrice peut changer l’opinion d’une masse considérable de Russes sur les événements en Ukraine. Mais beaucoup de nos concitoyens ont redéfini leur rapport à la réalité.
Cependant, il y a un revers à la médaille. Dans le sillage de valeurs patriotiques positives est apparu le "chauvinisme". Et cette écume indésirable a également influencé l’opinion publique.
Je pense qu’il est fondamentalement important de parler aux gens de l’alternative internationale de Novorossia. Je pense nécessaire de soutenir Donetsk, Lugansk et tous le Sud-Est du point de vue de l’internationalisme, et non dans le cadre des «bons Russes – méchants Ukrainiens." Des Russes et des Ukrainiens il y en a de toutes sortes, mais la question est celle des agissements cruels du gouvernement de Kiev contre les habitants du Sud-Est et d’autres régions de l’Ukraine.

"SP": – Est-ce que action sera la plus forte pour les Russes: la propagande étatique sur la sympathie pour les victimes ou l’attractivité du projet social?

- Je ne suis pas entièrement sûr que Novorossia propose un projet cohérent. Bien que je voudrais vraiment qu’il en soit ainsi. Mais il existe des gens qui essaient de formuler un projet pour la Nouvelle-Russie, le Donbass. Et il y a aussi, bien sûr, le fait que la propagande russe tente d’étouffer la présence d’alternatives de développement socio-économique en Novorossia. Le désir de construire une économie socialement orientée, une société plus démocratique n’est pas reflété par notre télévision.
Mais si Novorossia dans la pratique est en mesure de montrer un autre exemple d’ordre social, elle aura une grande influence sur la société russe. Surtout, si cette pratique est soutenue publiquement par l’opposition en Russie. Alors, l’influence des médias ne sera pas aussi importante.

Le Coordonnateur du Front populaire pour la libération de l’Ukraine Vladimir Rogov attire l’attention sur le fait que l’aide des Russes au Donbass ne se limite pas à unsoutien moral:
- En Novorossia pour la première fois est apparue la possibilité de créer un état social. Non pas en paroles, mais en actes. Sans les oligarques et la gabegie qui a régné dans les années 1990 en Russie et continue de se produire en Ukraine. C’est un Etat qui ne sera pas membre de l’OMC à des conditions désaventageuses, et ne se laissera pas asservir par l’Europe.

S’agissant de l’aide des Russes, elle est vitale. Les gens ordinaires fournissent une aide colossale. C’est l’accueil des réfugiés et l’envoi de matériel de protection, de nourriture et de médicaments. Nous voyons comment nos gens sont liés par la parenté. Cette assistance à autrui ne s’est vue, peut-être, que dans la Grande Guerre patriotique ou pendant le tremblement de terre en Arménie. Nous n’avons, malheureusement, jamais vu ailleurs un tel sentiment d’union. La tragédie d’Ukraine a réveillé les meilleurs sentiments humains, que l’on avait récemment commencé à oublier dans la poursuite de bien-être personnel. Les Russes sont venus massivement à la rescousse de leurs frères dans la nouvelle Russie.

"SP": – Comment la réorientation des médias de Russie pour promouvoir des initiatives exclusivement pacifiques jouera-t-elle sur les positions des forces d’autodéfense?
- Je ne voudrais pas surestimer l’influence des médias. Au maximum, la politique des médias de Russie va retarder la mise en œuvre des projets de la "Nouvelle Russie". Parce qu’il a déjà eu lieu dans les cœurs et les âmes des gens. Maintenant, il ne reste qu’un détail – qu’il soit adopté de jure, mais de facto, il existe déjà. La propagande peut retarder le processus pendant plusieurs mois ou un an, mais pas l’affecter fondamentalement. La Nouvelle Russie – est un fait accompli, et le processus historique ne peut pas être arrêté. C’est d’ailleurs une chose que comprend aussi l’oligarque Kolomoysky .

"SP": – Est-ce que Kolomoysky aussi soutient Novorossia?

- Lui aussi est pour la Nouvelle-Russie, mais vivant selon ses règles. Maintenant sous son contrôle sont déjà Zaporozhye, Dniepropetrovsk, la région de Kherson, en partie – Nikolaev, Odessa. Selon Kolomojsky la seule chose à faire est prendre le contrôle de la région de Kharkov et réprimer le soulèvement populaire des Républiques de Donetsk et Lougansk. Il veut avoir la même entité territoriale, mais sous son contrôle personnel.

"SP": – Quelle est la raison pour laquelle les gens de la RPD et de la RPL n’ont pas l’intention de s’arrêter, et veulent mettre en œuvre le projet d’une « grande Nouvelle Russie»?
- Les gens à juste titre considèrent ce pays comme le leur. Ils considèrent qu’il est de leur devoir de libérer l’Ukraine occupée par les nazis. Nous comprenons que la plupart des gens à Kiev et même Lviv ne ressentent aucune sympathie pour les nationalistes, mais ont peur de parler par crainte de représailles.
Les gens veulent mettre en œuvre le projet «Nouvelle Russie» dans huit régions, selon l’exemple des républiques populaires de Donetsk et Lougansk, et ensuite proposer au reste de l’Ukraine ou une partition, ou l’éviction des nationalistes. Depuis des siècles le peuple russe a soif de justice. L’argent pour nous ne peut être une valeur importante que pour un court laps de temps.

Photo ITAR-TASS / Stanislav Krasil’nikov

http://svpressa.ru/society/article/91103/

traduction Marianne Dunlop pour histoireetsociete

 

"Tante Sam" Nuland a donné ses ordres au parti des régions dans un langage de rapeur…

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Selon nos sources dans le parti des régions, lors d’une récente visite à Kiev Victoria Nuland a rencontré les restes des partis politiques au pouvoir. Comme le dit un des articles "Tante Sam", cette harpie de Nuland dans un langage des plus crus auquel cette dame a habitué y compris les Européens leur a donné ses ordres.

Les représentants du département d’Etat conviés avaient été presque tous des membres éminents etc.. Il était prévu que les résultats de la réunion seraient la réhabilitation des anciens partisans de Viktor Yanukovych par les américains mais l’ambiance n’a pas été à la fête.

Même ceux qui connaissent l’anglais du niveau secondaire des études, ont été surpris par l’abondance du vocabulaire utilisé habituellement dans le rap américain. Victoria Nuland a eu des mots, en comparaison desquels son célèbre "Fuck l’UE" relève de l’étiquette royale. Même le traducteur en fin de compte a décidé de réduire les réactions émotionnelles de sa déclaration, et l’expression «le régime de cette pute d’Ianoukovitch » est devenu un « régime criminel » . Et si Mikhail Chechetov et Aleksandr Yefremov réagissaient très calmement à ces affirmations vigoureuses du fonctionnaire américain, Ann Herman, rougissante, commençait à dessiner des gribouillis sur un bout de papier.

Le fonctionnaire de département d’état de haut niveau, en place, a recadré dès la première minute de son intervention les présents en disant qu’il ne serait toléré aucune critique de Petro Poroshenko, qu’il est là pour une longue période, pas de déstabilisation. « Les États-Unis empêcheront strictement tout jeu politique en ce sens » a déclaré Nuland, l’expression "skrasiv" recouvre un autre mot digne d’un charretier.

Elle a également expliqué que cette réunion s’est tenue avec les représentants de « Euro-2012 », après quoi les raisons pour lesquelles Ioulia Tymochenko s’était subitement calmée, sont devenues plus claires.

« Si j’apprends que l’un d’entre vous a critiqué une initiative de votre Président, vous pouvez mettre une croix sur votre carrière politique, » a déclaré Nuland, en promettant que les fauteurs de trouble seraient l’objet de campagnes dans la presse ukrainienne et étrangère et même l’objet de poursuites pénales.

Après le fouet, elle a sorti la carotte et a promis en cas de comportement constructif, Poroshenko serait convaincu de ne pas tenir des élections législatives anticipées. "Si vous et votre groupe vous vous comportez convenablement, alors nous pouvons faire que ce Parlement reste jusqu’en 2015 ." Puis elle leur a donné l’équivalent de consignes de la part de la porte-parole du département d’état des États-Unis.

"Tout d’abord l’ordre devra être imposé dans la région du sud-est et devront être détruits tous les terroristes et les militants, et alors seulement nous pouvons parler d’une sorte de décentralisation et des droits des régions," a déclaré Nuland.

Il est significatif que la réunion s’est tenue dans une atmosphère de silence total au parti des régions. Se rendant compte qu’elle pouvait abandonner le bâton et détendre la peur des pauvres membres avant la fin de l’entrevue, Victoria Nuland alors tout à fait amicalement commenté son comportement: « J’ai utilisé le style informel de conversation, de préférence à celui habituel aux réunions avec les politiciens ukrainiens ».

http://izvestia.kiev.ua/article/69935

http://antifashist.com/item/tetka-sem-nadavala-opleuh-regionalam.html#ixzz35Y7tLoMd

Source

http://izvestia.kiev.ua/article/69935

 

ENCORE UN JOURNALISTE RUSSE TUÉ DANS LE DONBASS

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L’opérateur russe "de Premier canal" a été tué par les forces armées de Kiev dans la nuit au 30 juin à Donetsk. Anatoly Gljan est décédé, ayant reçu une blessure au ventre pendant le bombardement de l’autobus contenant les représentants des médias par les soldats ukrainiens.

http://www.ntv.ru/novosti/1086176/#ixzz365eyEWq3

– Les mères de soldats pour reprendre leurs fils et les ramener à la maison étaient arrivées aux alentours d’une des zones militaires sur le territoire de Donetsk en autobus. Ce mouvement des mères ukrainiennes très actif qui s’oppose à l’envoi de leurs enfants dans cette guerre fratricide n’est absolument pas couvert par les médias occidentaux, seuls les médias russes en font état, quand nous étions en Crimée, ce mouvement qui au début se contentait de manifester à l’ouest, était passé à l’action, ces mères bloquaient les convois et aujourd’hui elles vont chercher leurs enfants sur le front. Dans le même autobus, il y avait des journalistes. À peine l’autobus avec les femmes et les représentants des médias, parmi lesquels se trouvait le collaborateur du Premier canal qui est mort, est arrivé vers le groupe militaire, les militaires ukrainiens ont ouvert le feu sur l’autobus, – rapporte depuis le lieu des événements le correspondant de LifeNews.

Aussi pendant le bombardement le conducteur de l’autobus est mort.

Ce n’est pas le premier cas où des journalistes se trouvent sous le feu des militaires ukrainiens. Le 17 juin l’équipe de tournage de la chaîne de télévision BGTRK s’est trouvée sous le bombardement à côté de Lougansk. L’ingénieur du son Anton Voloshin a péri à cet endroit, les médecins tentaient de sauver le journaliste Igor Korneljuka, mais il est décédé sur la table d’opération, sans reprendre connaissance. L’opérateur de la télécompagnie Victor Denisov seul resta vivant. Il ne s’agit pas d’erreur de tir, les journalistes russes sont systématiquement visés et parfois enlevés, séquestrés, ce fut le cas de journalistes accrédités pourtant lors de l’intronisation de Poroshenko à Kiev. Ils furent séquestrés dans une petite pièce sans air avec sept autres prisonniers pendant une semaine par une bande de paramilitaires. Cette situation des journalistes est connue de tous mais la presse française la tait. Comme elle tait les meurtres de journalistes.

Le 24 mai sous le feu de lances-mines ont péri le photojournaliste italien Andrea Rokelli et son adjoint Andreï Mironov. Les journalistes éclairaient le conflit à la veille des présidentielles anticipées.

http://lifenews.ru/news/135810

Cet assassinat et autres enlèvements de la presse russe vise bien sûr des gens qui osent rapporter des faits que la presse occidentale tait et qui de fait se diffusent par internet, mais il s’agit également de provoquer les Russes, les forcer à intervenir pour les conduire à un nouvel Afghanistan, ça c’est la stratégie américaine (et donc européenne et de Kiev) depuis le début. Hier ainsi des postes frontières russe que franchissaient des réfugiés en car et même des villages frontaliers russes ont été bombardés par l’armée ukrainienne. Alors même que l’armée ukrainienne interdit désormais le passage des convois humanitaires de nourriture en provenance de Russie, alors que l’on sait la population de Slaviansk et d’autres villes affamée.

 

Peur et dégoût à l’hôtel Babylon Par Pepe Escobar

2De l’hôte Babylon à Bagdad, Pepe escobar contemple non sans ironie les effets de la politique américaine sur ce qui fut l’Irak et il extrapole sur la même stratégie du chaos que les Etats-Unis tentent d’installer dans toute l’Eurasie, en Ukraine mais aussi dans le Caucase, contre le Chine, etc.. Il se moque au passage de cette colonne de Toyota d’un blanc étincelant avec des petits hommes en noir qu’aucun service de renseignement des Etats-Unis n’a été fichu de détecter dans le désert, j’ajouterai qui paye les Toyota, les armes et les mercenaires? (note de daniele Bleitrach)

http://www.informationclearinghouse.info/article38941.htm#.U6_z6V63vuM.facebook

28 juin 2014 » ICH " – " Asia Times " – - Alors maintenant qu’un énorme Sunnistan Hardcore s’étend depuis la banlieue d’Alep à Tikrit et de Mossoul à la frontière jordano/irakienne – le même que celui qui s’est dissous en 2003 quand le choc et l’effroi se transformèrent en Mission accomplie (ONU).

Comme un étrange écho des pas de l’armée de Dick Cheney résonne maintenant dans les sables de la province d’Anbar, de l’État islamique d’Irak et d’al-Sham (ISIS) et leur coalition de bonnes volontés (cheikhs djihadistes, islamistes, Ba’athists et tribal) se présentent comme des "libérateurs" des sunnites irakiens des griffes d’un gouvernement à majorité Shi’ite "du mal" à Bagdad.

En outre, ISIS contrôle également les guerres de PR. Ici, un détail de djihadistes: toute sorte de possible implication de "la cinétique" de Washington sera interprétée comme une alliance contre nature entre l’Empire et le premier ministre Nouri al-Maliki contre les outsiders.

D’un point de vue sunnite, c’est la Loi de lutte contre le terrorisme de l’Iraq ; le refus de la débaassification (avec l’ascension du néo-Ba’athist Jaysh Rijal al-Tariqa al-Naqshbandia – JRTN, dirigé par l’ancien Saddam honcho Izzat Ibrahim al-Douri) ; le ministère de l’intérieur à Bagdad est honni par les politiciens sunnites ; leurs protestations ont été écrasées.

Dans le même temps, c’est le retour de la Sahwa parrainé par l’U.S. (fils de l’Irak) – qui ont farouchement combattu al-Qaïda en Irak en 2007, la mère d’ISIS – et le retour des milices de Shi’ite assortis (Muqtada al-Sadr a non seulement repoussé la nouvelle vague des « conseillers militaires »des Etats-Unis – Voilà comment ça a commencé au Vietnam – mais a également averti que son propre badass Men in Black « labourera le sol » des combats contreISIS.) Le milieu des années 2000 sont la nouvelle normalité ; cela va être l’enfer des milices partout à nouveau.

En Mésopotamie, nous avons un problème. les Neo-Ba’athists ne veulent rien d’autre qu’un Irak laïque dirigé par les sunnites, style-Saddam (le cher Ahmad Chalabi de neocon plutôt ancien.) ISIS veut un califat qui s’étend partout au Levant, en vertu de la Loi de la charia.

Ce que cela donnera sera la nation irakienne elle-même – la balkanisation, prévisible conséquence de l’invasion de 2003 et l’occupation, enfin devient sans le vouloir en son centre, Jihad.

C’ est le temps de la récupération

La « stratégie » de l’administration Obama (souvenez-vous de « Ne pas faire un merde stupide », la stratégie de l’Ukraine) consiste à imposer un changement de régime à al-Maliki ; Après tout, il avait le mauvais goût de refuser de laisser les troupes américaines occuper l’Irak au-delà de l’échéance de 2012 et au-dessus de tout son gouvernement se trouve proche de celui de Téhéran.

Ainsi la réponse à la question désormais légendaire de pourquoi le labyrinthe de satellites de l’intelligence américaine a échoué à capturer cette longue colonne de ISIS Men in Black dans leur brillantes blanches Toyota Land Cruiser traversant le désert de la Syrie-Irak. On appelle ça la mère de toutes les défaillances du renseignement (en référece à Saddam faisant état de la mère de toutes les batailles?)

Ici nous avons la marque de l’Empire of Chaos « vengeance » contre Bagdad, Téhéran et – pourquoi pas – contre Moscou (après tout le Président russe Vladimir Putin a offert un soutien complet à al-Maliki pour lutter contre les djihadistes.)l’ Irak fusionne alors avec l’Ukraine.

En ce qui concerne le mythe de la colporté – encore une fois – de "bons terroristes" et de "mauvais terroristes", cette semaine Jabhat al-Nusra en Syrie s’est engagé dans son allégeance à ISIS. Cela signifie que ISIS contrôle désormais pratiquement les deux côtés de la frontière, à Albu Kamal en Syrie et à Al-Qaim en Irak. En prime, ISIS et des chefs tribaux sunnites alliés également entouré l’Anaconda de Camp sous contrôle américain en Irak et sont prêts pour un jeu de mortier à long terme. Beltway « analystes » apprendront-ils jamais ?

Que la fiction qui veut que la Jordanie – géré par roi Playstation, alias Abdullah – sera mûr pour sa prise dès que les salafistes hardcore de Zarqa (ville natale de Zarqaoui) s’uniront totalement avec ISIS. Ajouter ce morceau de la construction à l’embryon de califat levantin et nous allons pouvoir parler affaires – éventuellement en faisant la part des raffineries de pétrole.

« Ne faites pas une merde stupide », appliqué à la Syrie et l’Irak, signifie que l’administration Obama s’est impliqué dans sa politique de « Assad doit s’en aller », comme gouvernement Ba’ath ; ce qui est sous-entendu, c’est que Washington est un allié de l’ISIS en Syrie, tout en étant un ennemi (résolu?) d’ISIS en Irak. Le "Péché" d’Assad, c’est qu’il est un allié de Téhéran (comme al-Maliki) et, surtout (du point de vue américain), du Hezbollah. Et maintenant nous en sommes à la dernière "Stupid Shit" de l’administration Obama – sous la forme du soutien aux rebelles « dûment contrôlés » en Syrie.

En tentant d’effacer l’incrédulité que peut provoquer un tel scénario , l’ensemble des protagonistes, maison blanche incluse, vend l’illusion que l’on s’interroge si les hommes en noir dangereux relèvent de l’ ISIS – et alors que faire à leur sujet.

Si une sorte de coopération de Washington-Téhéran contre ISIS devient évidente, cela pose un problème majeur pour la foule de Bomb Iran vivace dans la voie de contournement, ainsi que pour la ligne dure à Téhéran ; après que tous les ISIS aient érigé une barrière massive géostratégique entre l’Iran et la Syrie, menaçant le raccordement de Téhéran avec le Hezbollah.

Les Likoudniks agiront sans tabou pour empêcher toute forme de coopération. Mais ce sera un détail quand même. Bagdad peut obtenir toute l’aide dont elle a besoin des forces spéciales iraniens et des milices comme celles de Muqtada. ISIS n’a pas la troupe ou l’expertise pour assiéger Bagdad ; dans la seule ville de Sadr ils seraient mis en lambeaux. Pour ne pas mentionner l’attaque Najaf et Karbala, les villes saintes de Shi’ite, qui sont déjà protégés par lourdement armés des brigades populaires.

L’OTAN répondra Jihadistan ?

Kirkouk est maintenant sous contrôle kurde virtuel. La « dévolution » à Bagdad sera extrêmement problématique – et c’est un euphémisme majeur. Kirkouk produit environ 670 000 barils de pétrole par jour. Jusqu’à 300 000 sont exportées par l’oléoduc de Ceyhan, en Turquie. Pourtant seulement 120 000 barils par jour ont été transmis ces dernières semaines.

La production totale de l’Irak est de 3,3 millions de barils par jour – l’essentiel concentrée dans le sud, autour de Bassorah. Il y a aucune preuve réaliste ISIS sera jamais en mesure de capturer Bassora.

Le problème reste donc certaines raffineries dans le Nord. Les Forces d’élite antiterroriste irakien peuvent traiter avec elle. Si ISIS par hasard était capable d’exploiter des pétrole et du gaz – un grand si – qui a certifié la joie pour, surtout, les spéculateurs du marché. Et bientôt, il pourrait y avoir des milliers de « sécurisation » des champs de pétrole irakiens et la Zone verte à Bagdad par des forces spéciales américaines.

l’ Armée syrienne d’ Assad peut – et c’est déjà fait – contribuer à combattre ISIS. En fin de compte, ISIS peut réalistement être repoussées par l’armée syrienne, par l’élite des forces spéciales iraniennes et brigades Shi’ite appuyé par ces avions de chasse d’occasion de la Russie et du Bélarus.

ISIS ne prendra pas plus de Bagdad. Mais comme un monstre mutant, en un Sunnistan Hardcore via mode hollywoodienne, il pourrait devenir encore plus dingue et essayer de prendre Amman, Doha et Riyad même.

L’Empire du Chaos va continuer à parier sur – quoi d’autre – le chaos. Et le chaos va à merveille à sa façon – de la possibilité réelle d’un assaut final vers un grand Kurdistan (en Syrie, Irak, Turquie et Iran même) devenu u enfer sectaire avec de la milice partout en Irak, Syrie, Liban, Turquie et Yémen. Sans oublier toutes les ramifications possibles en Afrique du Nord, Asie centrale et dans le Caucase du Nord.

Que fera Hillary Clinton, la Hillarator ? Dans ce cas, sa dois attendre début 2017. Elle pourrait tirer toujours un autre "nous sommes venus, nous avons vu, il est mort" et triomphalement en scène un deuxième à venir dans le Levant comme une Athena droned chantant Light My Fire.

En fin de compte, l’OTAN ne va pas rencontrer le Jihadistan. Aucune « responsabilité à protéger » les arabes (R2P) qui tuent les arabes. L’OTAN – allègrement – "observera" sur le côté. Parce que l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, le Caucase et complètement à l’ouest de la Chine, le nom du jeu est d’entretenir « l’Eurasie balkanisée"du Dr Zbig Brzezinski en la faisant mijoter dans un bûcher funéraire.

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : comment le monde globalisé est Dissolving dans Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues : un instantané de Bagdad au cours de la vague (Nimble Books, 2007), et Obama fait Globalistan (Nimble Books, 2009). Il peut être contacté à pepeasia@yahoo.com .

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Ces gens, que les Etats-Unis sont censés ne pas voir et face auxquels on se contente de proposer de donner 500 millions de dollars à un islam modéré qui n’existe plus s’il a jamais existé et dont les armes vont immanquablement tomber en la possession des djihadistes, s’attaquent d’abord au peuple syrien et comme partout d’abord aux populations musulmanes ou arabes chrétiens. Comme ici avec la crucifixion de huit personnes dans les faubourgs d’Alep. ET bien sûr toujours selon la tactique nord américaine, la guerre contre Bachar el Assad demeure prioritaire. Ceux qui ont encore quelques doutes sur la stratégie amériaine (et du caniche français) devraient regarder cette réalité en face… (note de Danielle Bleitrach)

 

Kiev est en zugzwang : les fruits de la propagande

Je rappelle aux Français, moins familiarisés avec les échecs que les Russes que être en zugzwang se dit de la situation d’un joueur qui est obligé de jouer un coup qui le fait perdre ou dégrade sa position. Le camp en zugzwang n’affaiblirait pas sa position s’il avait le droit de ne pas jouer. Le fait d’avoir le trait constitue alors un désavantage, car tous les coups possibles entraînent un dommage dans la position sur l’échiquier. C’est effectivement une vision de la situation, malheureusement ceux qui font les frais de l’impasse ce sont les populations qui subissent, qu’il s’agisse de celles de l’est sous les bombes et même celle de toutes l’Ukraine dont la vie ne cesse de s’aggraver. Avant que l’Ukraine ne devienne une nouvelle Syrie avec des conséquences incalculables sur l’Europe, il nous faut imposer le jeu des peuples, la PAIX…
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© Photo : La Voix de la Russie

Par La Voix de la Russie | Les données de la presse russe sur les flux considérables des réfugiés du sud-est de l’Ukraine ne correspondent pas à la réalité, déclare le représentant du Département d’État américain Mary Harf. Qui sont alors ces dizaines de milliers de gens traversant chaque jour la frontière ukraino-russe ?

Probablement, dans le Département d’État, on s’en tient encore à la version de Jane Psaki qu’il s’agit des vacanciers, pressés de visiter leurs proches. Et qu’à Donetsk et Lougansk, c’est l’armée de la Russie qui mène la guerre contre les radicaux ukrainiens. En effet, les témoins oculaires ont vu « un convoi militaire d’origine inconnue » entrer le 20 juin à Lougansk. En plus, Washington a des photos d’un lance-roquettes en rafales russes Grad installé près de Lougansk.

Mais on ne dit pas que ces mêmes Grad sont utilisés par l’armée ukrainienne, car les forces de sécurité nationale tirent sur les quartiers résidentiels des villes, dans le département d’État, on passe sous silence ce fait. A part les Grad, les pouvoirs ukrainiens utilisent les bombes à sous-munition et au phosphore, les radicaux fusillent les voitures avec des blessés. Et tout cela se passe avec l’accord tacite de l’Ouest. Washington – et Kiev à l’unisson avec lui – affirment : il n’y a pas de population civile dans le Sud-est de l’Ukraine. La manière semblable n’est pas choisie par hasard, trouve le vice-directeur du centre de l’information politique Alexeï Panine.

« Plus la Russie est entrainée dans les événements ukrainiens, plus facile il est de prendre de nouvelles sanctions contre elle. C’est-à-dire, les États-Unis pourront être plus facilement un concurrent de la Russie dans l’espace européen. Avant tout, il s’agit du marché gazier et pétrolier de l’Union européenne. Et, bien sûr, cela permettra à certaines forces politiques dans les pays de l’Europe de l’Est de parler de « l’agression russe » – il sera d’autant plus facile d’obtenir l’élargissement de l’OTAN vers l’est. Au fond, il s’agit de la politique des provocations militaires. »

Malgré le cessez-le-feu annoncé par le président ukrainien Porochenko, les bombardements des localités dans la région de Donetsk et de Lougansk ne cessent pas. À en juger par les faits, le président-oligarque accomplit exactement les consignes reçues : Joe Biden l’a loué. Le Vice-président des États-Unis a appelé dans un entretien par téléphone les actions de Porochenko « correctes et hautement professionnelles ».

La position des pouvoirs officiels ukrainiens était caractérisée exactement par un des leaders des miliciens populaires Igor Strelkov. D’après lui, les oligarques installés à Kiev ont tellement menti et se sont tellement habitués à leur propre propagande que pour eux, cesser la guerre, c’est recevoir immédiatement un nouveau Maïdan. Mais dans ce cas, il y a peu de chances pour eux de garder le pouvoir. Kiev se trouve en un zugzwang classique – n’importe quel coup aggrave la position et conduit à la défaite.
Lire la suite: http://french.ruvr.ru/2014_06_24/Kiev-est-en-zugzwang-les-fruits-de-la-propagande-4164/

 
 

Ukraine : les Etats-Unis nous entraînent dans une guerre contre la Russie (The Guardian)

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Pourquoi tolérons-nous la menace d’une nouvelle guerre mondiale qui se mène en notre nom ? Pourquoi tolérons-nous les mensonges qui justifient ce risque ? L’état de notre endoctrinement, comme l’a écrit Harold Pinter, est « un tour d’hypnose brillant, et couronné de succès », comme si la vérité « ne s’était jamais déroulée, même au moment où elle se déroulait ».

Chaque année l’historien américain William Blum publie son “archive actualisée du résumé de la politique étrangère des Etats-Unis” qui montre que, depuis 1945, les Etats-Unis ont tenté de renversé plus de 50 gouvernements, la plupart démocratiquement élus ; ont grossièrement interféré dans les élections de 30 pays ; bombardé la population civile de 30 pays ; utilisé des armes chimiques et biologiques ; et tenté d’assassiner des dirigeants étrangers.

Dans bien des cas la Grande-Bretagne était complice. Le degré de souffrance humaine, et encore moins la criminalité, n’est jamais reconnu en Occident, malgré la soi-disant présence des technologies de communication les plus avancées, et du journalisme le plus libre du monde. Que les victimes les plus nombreuses du terrorisme – de notre terrorisme, soient des musulmans, est imprononçable. Que le djihadisme extrémiste, à l’origine du 11 septembre, fut créé comme arme de la politique étrangère britannique (Opération Cyclone en Afghanistan) est occulté. En avril le département d’État américain remarqua que, à la suite de la campagne de l’OTAN de 2011, « la Libye est devenue un paradis pour les terroristes ».

Le nom de “notre” ennemi a évolué au fil des années, du communisme à l’Islamisme, mais il s’agissait généralement de n’importe quelle société indépendante du pouvoir de l’Occident et occupant des territoires stratégiques ou riches en ressources. Les leaders de ces nations gênantes sont généralement violemment mis à l’écart, comme les démocrates Muhammad Mossadegh en Iran et Salvador Allende au Chili, où ils sont assassinés comme Patrice Lumumba au Congo. Ils font tous l’objet d’une campagne médiatique de caricature et de diabolisation – pensez à Fidel Castro, Hugo Chavez, et maintenant Vladimir Poutine.

Le rôle de Washington en Ukraine est diffèrent seulement parce que ses implications nous concernent tous. Pour la première fois depuis l’ère Reagan, les USA menacent d’entraîner le monde dans une guerre. Avec l’Europe de l’est et les Balkans devenus des bases militaires de l’OTAN, le dernier « état-tampon » frontalier de la Russie, est dévasté. Nous, les occidentaux, soutenons des Néo-nazis dans un pays ou les Ukrainiens nazis soutinrent Hitler. Ayant dirigé le coup d’état de Février contre le gouvernement démocratiquement élu à Kiev, la tentative de Washington de récupérer la base navale historiquement russe de Crimée a échouée. Les russes se sont défendus, comme ils l’ont toujours fait contre chaque invasion occidentale depuis presque un siècle.

Mais l’encerclement militaire de l’OTAN s’est accéléré, en même temps que des attaques orchestrées par les USA sur les ethnies russes d’Ukraine. Si Poutine peut être poussé à aller les aider, son rôle préétabli de paria justifiera une guerre menée par l’OTAN qui se propagera sans doute à l’intérieur du territoire Russe.

A la place, Poutine a embrouillé ses adversaires en cherchant un terrain d’entente avec Washington et l’Europe, en retirant ses troupes de la frontière ukrainienne et en incitant les ethnies russes d’Ukraine de l’Est d’abandonner le référendum provocant du week-end. Ces gens, russophones, bilingues – 1 tiers de la population de l’Ukraine – ont longtemps souhaité l’avènement d’une fédération qui reflète la diversité ethnique du pays et qui soit à la fois autonome et indépendante vis-à-vis de Moscou. La plupart ne sont ni des « séparatistes » ni « des rebelles » mais simplement des citoyens souhaitant vivre en sécurité dans leur pays.

Comme les ruines d’Irak et d’Afghanistan, l’Ukraine a été transformé en un camp d’entrainement pour la CIA – dirigé par le directeur de la CIA John Brennan à Kiev, avec des “unités spéciales” de la CIA et du FBI qui mettent en place une “structure de sécurité” afin de superviser les attaques sauvages de ceux qui se sont opposé au coup d’état de Février. Regardez les vidéos, lisez les rapports des témoins du massacre d’Odessa. Des bandits fascistes amenés par bus ont brulé les sièges des syndicats, tuant 41 personnes bloquées à l’intérieur. Regardez la police laisser faire. Un docteur a décrit sa tentative d’aller aider les gens, « mais j’ai étais stoppé par des nazis pro-Ukrainiens. L’un deux m’a violemment poussé, en me promettant que bientôt ce serait mon tour à moi et aux autres Juifs d’Odessa… Je me demande pourquoi le monde entier reste silencieux. »

Les ukrainiens russophones se battent pour leur survie. Quand Poutine a annoncé le retrait des troupes russes de la frontière, le secrétaire à la défense de la junte, à Kiev – un des membres fondateurs du parti fasciste « Svoboda », déclara que les attaques sur « les insurgés » allaient continuer. Dans un style Orwellien, la propagande occidentale a rejeté la faute sur Moscou « qui orchestre le conflit et la provocation », selon William Hague. Son cynisme peut être comparé à la grotesque félicitation d’Obama à la junte pour leur « retenue remarquable » à la suite du massacre d’Odessa. Illégal et fasciste, la junte est décrite par Obama comme « légalement élue ». Ce qui importe ce n’est pas la vérité, a un jour dit Henry Kissinger, mais « ce qui est perçu comme vrai ».

Dans les medias Etats-Uniens les atrocités d’Odessa ont été minimisées ; une affaire « louche » et une « tragédie » dans laquelle des « nationalistes » (Néo-nazis) ont attaqué des « séparatistes » (des gens en train de collecter des signatures pour un référendum sur une Ukraine fédéral). Le Wall Street Journal de Rupert Murdoch a maudit les victimes – « Un incendie meurtrier en Ukraine probablement allumé par les rebelles, selon le gouvernement ». La propagande en Allemagne est digne de la guerre froide, avec la Frankfurter Allgemeine Zeitung (littéralement, « Journal général de Francfort ») qui met en garde ses lecteurs contre la Russie et sa « guerre non déclarée ». Pour les allemands, le fait que Poutine soit le seul leader à condamner la montée du fascisme au 21ème siècle relève de l’ironie.

Un truisme populaire dit que “le monde a changé” à la suite du 11 septembre. Mais qu’est ce qui a changé ? Selon le fameux lanceur d’alerte Daniel Ellsberg, un coup d’état silencieux a eu lieu à Washington et un militarisme rampant dirige maintenant. Le pentagone dirige en ce moment des « opérations spéciales » – des guerres secrètes – dans 124 pays. Aux Etats-Unis, une pauvreté en augmentation et des libertés hémorragiques sont les corollaires historiques d’un état de guerre perpétuel. Ajoutez à cela le risque de guerre nucléaire, et la question qui reste est : Pourquoi tolérons-nous cela ?

John Pilger

13 mai 2014

http://www.les-crises.fr/les-etats-unis-nous-entrainent-dans-une-guerre-contre-la-russie/

Traduction Nicolas CASAUX du Collectif 4ème singe http://4emesinge.com/

 
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Publié par le juin 22, 2014 dans Amérique, Europe, guerre et paix

 

Les constantes de la situation ukrainienne ou le mensonge érigé en droit… par Danielle Bleitrach

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1) L’isolement grandissant au plan international et en Ukraine même de ce gouvernement de marionnettes des États-Unis.
Le fond de l’affaire. La protestation monte contre le massacre des populations civiles qui n’ont rien fait d’autre que de revendiquer le gouvernement de leur choix et de le faire pacifiquement. Ce massacre d’une population civile est conduit par un gouvernement qui n’est pas légalement irréprochable: issu d’un putsch mené par les États-Unis et fruit d’une élection contestable parce que non représentative de l’ensemble du territoire et organisée par des putschistes. L’ assaut criminel contre des populations civiles est mené par les conseillers américains, appuyé par les gardes prétoriennes d’oligarques pillards. Donc il n’y a pas de gouvernement à Kiev, mais un fantoche menacé par ses pairs oligarques et auquel la volonté des États-Unis tient lieu de légitimité.

2) Porochenko cherche la purification ethnique et la provocation tout en proclamant une volonté de dialogue

Dans ce contexte, quand Porochenko fait état d’un cessez le feu, cela signifie en général un redoublement de violence contre les populations civiles… Mais là il a fait fort très fort puisque l’armée ukrainienne est allée bombarder le territoire russe tout en se plaignant de concentration de troupes à ses frontières. Cela a été rapporté par le représentant officiel du Comité d’enquête russe, Vladimir Markine.« Actuellement, un affrontement a lieu dans la zone de Doljansk (région de Rostov) de la part de l’Ukraine et de Novochakhtinsk de la part de la Russie, au cours duquel le territoire de la Fédération de Russie a été bombardé ". Comment peut-on justifier ces attaques des postes frontières de la part de l’Ukraine, c’est pourtant ce que tentent les médias occidentaux, français en particulier, les plus serviles de tous, comme ils cachent les faits et minimisent le massacre des populations difficilement justifiable pourtant. Tout cela pour apporter caution à l’invraisemblable menace d’Obama et Hollande accusant les Russes de ne pas intervenir pour arrêter les séparatistes, bref faire le travail que Porochenko n’arrive pas à accomplir malgré ses violences contre des populations désarmées.
Notons que depuis le début la Russie répond en terme légaux, au plan diplomatique comme à celui du droit international et refuse les provocations. Une des forces de la Russie dans ce dossier est que personne ne peut lui attribuer le moindre coup de feu contre les Ukrainiens, ce que Poutine a noté depuis le début en expliquant que s’il intervenait il aurait contre lui tous les Ukrainiens. Qu’en déduire ? Les dirigeants de Kiev n’ont plus la moindre autonomie par rapport aux États-Unis et les États-Unis font tout pour faire entrer en guerre les Russes. S’agit-il depuis le début de leur faire connaître un nouvel Afghanistan, tout en les privant de leur base de Sébastopol?

3) Une population ukrainienne et une armée nationale qui ne veut pas la guerre

Cette stratégie étatsunienne, comparable à celle menée dans diverses interventions étatsunienne, produit de plus en plus de victimes y compris civiles et se heurte à la résistance des populations. Cette résistance ne se limite pas au Donbass, sous des formes diverses, elle s’étend à l’ensemble du territoire ukrainien. L’intervention US crée de l’insécurité, des groupes mafieux, elle s’accompagne d’une détérioration de la vie quotidienne. L’autorité de Porochenko est niée par les oligarques, ainsi le Gouverneur de la région de Dnepropetrovsk, et un des oligarques les plus ignobles dans un pays où ils abondent, Igor Kolomoïsky s’est dit opposé au cessez-le-feu et aux négociations avec "les milices sécessionnistes des républiques du Donetsk et de Lougansk". Il a dit cela au Président de l’Ukraine Petro Poroshenko, qui avait déjà annoncé un cessez-le-feu temporaire du 20 au 27 juin. L’oligarque, bien que juif avec un passeport israélien et ukrainien, qui finance sa propre milice de mercenaires composée de néo-nazis (et désormais de fondamentalistes criméens proches d’Al Qaida (1)) a dit à Poroshenko ouvertement qu’il n’obéirait jamais à un arrêt de combat contre les rebelles. Il est le plus voyant mais il n’est pas le seul à nier toute autorité à l’Etat et à mener sa propre stratégie en fonction de ses intérêts.
La vérité est que l’immense majorité du peuple ukrainien ne veut pas de cette guerre civile, pas plus que du pouvoir des oligarques, les uns les fuient à l’est, les autres à l’ouest..
Cette guerre contre les "séparatistes" est aussi une tentative de dévoiement face aux mesures du FMI et de la prise en main par l’OTAN.
Si les troupes ukrainiennes mercenaires se montrent capables de multiplier les désastres contre la population civile, ruines et massacres y compris d’enfants, en jouant sur une véritable purification ethnique des populations, l’armée ukrainienne ne montre aucun enthousiasme pour aller combattre une autre partie du peuple ukrainien , même baptisée russe ou terroriste. L’ensemble du pays, qui vit dans des conditions de plus en plus dramatiques, refuse cette guerre civile et les pillards qui la mènent sous direction de l’étranger. L’armée, hormis ses escadrons de la mort, comme le peuple ukrainien refuse tandis que les troupes d’autodéfense peuvent s’approvisionner à la source. Ainsi ce matin, on annonce : Les forces d’autodéfense du Donbass ont réussi à prendre le contrôle de la base de tanks de l’armée ukrainienne à Artemovsk.La base de tanks d’Armatov a été prise durant la nuit. Les milices populaires se sont approprié 221 tanks, 288 véhicules blindés de transport de personnel, 12 canons autopropulsés, 18 "Grad", 183 véhicules de combat d’infanterie et 12 mortiers." Le moins que l’on puisse dire est que l’armée ukrainienne comme la population de l’est mais aussi de l’ouest refuse la guerre civile et la stratégie des Etats-Unis de Porochenko.

4) Une stratégie qui ne tient plus qu’à travers un système de propagande

Le plan de Porochenko a été étudié de très près au Kremlin et on en est arrivé à la conclusion qu’il ressemblait plus à un ultimatum lancé aux habitants du Donbass. Toutefois les autorités de l’Ukraine n’ont pour l’instant pas pris la peine de publier le texte de la décision et l’ordre de sa réalisation, de sorte qu’il faudra juger de l’initiative de Kiev uniquement par ce que Porochenko en a dit.
Auparavant, le représentant de l’Ukraine à l’ONU s’est hâté de déclarer que le monde entier soutiendrait l’initiative de Porochenko, y compris le président de la Russie, Vladimir Poutine. Le représentant permanent de la Russie Vitali Tchourkine a fait le siège de son collègue et déclaré que les diplomates de Kiev s’étaient trop pressés de se féliciter.
« Le représentant de l’Ukraine a déclaré ici que le monde entier soutient l’initiative de Kiev, y compris le président de la Russie, Vladimir Poutine, et le ministre des Affaires Etrangères, Sergueï Lavrov. Dire que la Russie soutient ce plan est prématuré. J’ai appelé Moscou et l’on m’a dit qu’on n’avait pas encore vu le plan de paix. Il faut dire que pour l’instant, il n’est pas non plus mis en pratique. » a observé le représentant permanent de la Russie à l’ONU.

Que faut-il en déduire si les affirmations russes se vérifient? Depuis le début de l’affaire, elles sont nettement plus crédibles que celles d’Obama qui semble proche de battre son record de l’entrée en guerre contre l’Irak pour y débusquer les armes de destruction massive et Al Qaida, toutes choses qui n’existaient pas sur le territoire irakien avant l’invasion des Etats-Unis. Simplement que les Etats-unis tablent sur un quasi monopole en matière d’information. Un véritable système de propagande destiné à établir le droit du plus fort. Simplement la question est désormais celle de la force des Etats-Unis et de sa meute de chiens couchants, ses armées très puissantes ne créent que le chaos, son économie, le dollar qui la fonde sont mal en point, il ne reste plus que le discours des médias pour faire croire à l’hégémonie et au bon droit d’un empire en crise. Un autre aspect de la difficulté du système de propagande à jouer son rôle est la tentative actuelle d’organiser le silence et de détourer l’opinion publique de cette affaire ukrainienne alors même que partout le chaos créé par l’empire témoigne de l’effondrement périlleux du géant étatsunien.
En tous les cas pour nous population française, il faut se rassembler autour d’une solution de paix, par solidarité avec le peuple ukrainien, pour refuser l’aventurisme de nos dirigeants mais aussi pour dénoncer le coût économique de cette politique belliciste alors que l’on exerce une pression intolérable sur les droits et acquis du peuple français.

Danielle Bleitrach

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Voici les pays dans lesquels les Etats-Unis sont intervenus récemment en appui d’organisations terroristes et d’extrême droite, tout en menant une propagande sur leur vocation humanitaire et démocratique contre des méchants tyrans, vrais ou supposés. Avec toujours ce double fer au feu: jouer les sauveurs de la démocratie et de petits groupes financés par eux au titre des droits de la femme ou des étudiants épris de "démocratie" avec l’USAID, Soros et autres ONG et dans le même temps utilisation à plein d’une extrême-droite ennemie de ces valeurs qui fait régner la terreur et le chaos.
(1) voir notre article 3- voyage au pays des Tatars

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/06/20/3-voyage-en-pays-tatar-a-cinq-minutes-pret-cetait-le-bain-de-sang/

 

Ukraine : le silence des journaux par Matthieu Buge

Matthieu Buge publié Vendredi 20 juin 2014

http://www.lecourrierderussie.com/2014/06/ukraine-silence-journaux/

La coupe du monde est lancée, les Bleus sont bien partis, les Anglais se sont faits ridiculiser – les enjeux sont sérieux, et l’heure n’est plus à l’Ukraine. Mais au-delà des réjouissances footballistiques qui engendrent un écran de fumée fort à propos, ce silence relatif et progressif des médias occidentaux quant à la crise ukrainienne est lourd de sens.

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De quoi les civils sont-ils coupables ? Manifestation à Kiev contre la guerre dans l’Est de l’Ukraine le 6 juin. ITAR-TASS

Au début de ce mois de juin, la France a célébré en Normandie la commémoration annuelle du débarquement des Alliés, braquant tous ses regards sur Obama, Poutine et Porochenko. Après la comédie du « double dîner » de M. Hollande[1] – le président a ripaillé avec Obama d’abord puis Poutine ensuite, dans la même soirée, pour éviter de froisser les deux antagonistes –, les médias français ont salué le fait que le dirigeant russe n’ait pas rechigné à se trouver face au président ukrainien nouvellement élu. Il semblait alors que l’on s’orientait vers un dialogue[2]. On a pu rire, aussi, au cours de la cérémonie normande, notamment grâce à un échange de regards entre Obama et Poutine des plus caractéristiques : le premier conservant son sourire d’acteur hollywoodien destiné aux photographes sur le tapis rouge, l’autre restant de marbre, se limitant à un rictus, comme pour exprimer qu’il n’était pas dupe[3]. Si tout cela fut très mignon, le 6 juin n’a pas tout à fait été le grand sommet de la réconciliation et de l’admiration mutuelle entre les peuples.

La commémoration annuelle du débarquement en Normandie est l’occasion de saluer une entreprise anglo-saxonne de libération de l’Europe – c’est entendu. La présence de MM. Poutine et Porochenko a pourtant contraint quelques médias à mentionner la bagatelle des 26 millions de morts soviétiques – qui ont contribué plus que quiconque à la défaite de l’Allemagne nazie.

À noter toutefois, l’indulgence – coupable ? – dont les médias ont fait preuve à l’égard du président américain, évitant de relever que le discours de celui-ci, qui aurait pourtant pu être une occasion de calmer le jeu, n’honorait pas – ne mentionnait même pas, pour tout dire – cette influence décisive des Soviétiques sur le cours de la guerre[4]. Quoique, comment pourrait-il en être autrement lorsque l’on constate que le peuple français, au fil des ans, est de plus en plus convaincu que ce sont les États-Unis qui ont défait Hitler ?[5] Ainsi le 6 juin est-il aujourd’hui devenu dans les représentations, et notamment grâce aux productions hollywoodiennes, le tournant décisif de la Seconde Guerre mondiale. Ainsi la bataille de Stalingrad est-elle connue essentiellement comme un « enfer », pendant que les batailles de Koursk, de Moscou, et le blocus de Leningrad sont quasiment ignorés. Quant à l’opération Bagration[6], elle a été il y a longtemps reléguée aux oubliettes de l’histoire… occidentale.

Non contents d’avoir censuré l’interview de Poutine du 4 juin en France et d’avoir fait une opportune faute de traduction de ses propos au sujet d’Hilary Clinton[7], les médias occidentaux n’ont été que très peu nombreux à relever l’insulte du nouveau ministre ukrainien des affaires étrangères, Andriï Deshchytsia, lancée à Poutine le 14 juin. Les quelques articles français ayant tout de même mentionné l’affaire ont en outre opté – mettons cela sur le compte de la pudeur – pour une traduction bien édulcorée de la version originale[8]. Car soyons honnêtes : le « con » ou le « connard » français, qui s’apparente à l’idiot ou au salopard, est bien loin du niveau de grossièreté du « khouï » russe ou ukrainien…

On imagine pourtant sans mal la levée de boucliers, la validation de la thèse de l’« État voyou » russe, l’effroi des médias occidentaux si Lavrov avait osé qualifier Porochenko de ce fameux « tête de bite »… D’autant que l’insulte diplomatique (tolérée par l’Ouest) était renforcée, le même jour, par un incident devant l’ambassade de Russie à Kiev. Si l’attaque des civils contre la représentation russe a été relatée, elle a été littéralement étouffée, on le voit notamment dans l’article de la BBC[9], par une déferlante d’informations relatives à la présence de tanks russes dans l’Est de l’Ukraine.

Et c’est justement l’attitude de l’Occident quant à ce qui se déroule dans l’Est ukrainien qui est indubitablement la plus inquiétante. Les médias main stream, à l’heure actuelle, n’évoquent l’Ukraine, essentiellement, que pour mentionner l’affaire de la coupure du gaz par les Russes – et de ses conséquences sur l’Europe[10]. Les troubles sanglants dans l’Est du pays, quand ils sont abordés, sont survolés et surtout demeurent unilatéralement imputés à Moscou. Les médias occidentaux grand public semblent avoir abandonné toute compassion : contrairement à leur élan d’il y a six mois lors des événements de la place Maïdan[11], ils ne s’émeuvent plus le moins du monde des victimes ukrainiennes. La probable utilisation par Kiev de munitions au phosphore est tue, les centaines d’Ukrainiens fuyant vers la Russie n’existent pas, et lorsqu’un bus rempli de civils et d’enfants est touché par les bombardements de l’armée ukrainienne, l’ONU ne s’en inquiète pas.

Le contraste avec la Syrie, où l’inénarrable BHL appelle systématiquement à l’intervention occidentale quand Bachar El-Assad bombarde sa population, est effarant. On touche ici à ce que Noam Chomsky théorisait dès les années 80 dans sa Fabrication du consentement[12], ouvrage qu’il illustrait par l’exemple des guerres du Vietnam, d’Afghanistan, du Kurdistan et du Timor Oriental.L’Occident a ses victimes « utiles » et ses victimes « inutiles ». C’était déjà, d’ailleurs, le cas des morts d’Odessa dans l’incendie criminel du 2 mai à la Maison municipale des Syndicats, traitées par les grands médias, au mieux, comme les victimes d’un banal fait divers.

En somme, c’est confortable : maintenant que l’Ukraine dispose d’un gouvernement « pro-occidental », peu importe ce qui s’y passe. Et puis s’il s’y passe des horreurs, on pourra toujours y dénoncer – nécessairement et invariablement – l’œuvre du grand méchant Poutine.

Sitographie et références :

[1]http://www.lexpress.fr/actualite/politique/hollande-et-son-double-diner-c-etait-mieux-avec-obama-ou-poutine_1549134.html

[2]http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20140606.AFP9069/ukraine-debut-d-un-dialogue-avec-la-russie-de-bonnes-chances-de-reussir.html

[3]http://videos.tf1.fr/infos/2014/70-ans-du-debarquement-obama-et-poutine-echangent-un-demi-sourire-8431162.html

[4]http://edition.cnn.com/2014/06/06/world/europe/obama-d-day-speech-transcript/

[5]http://www.les-crises.fr/la-fabrique-du-cretin-defaite-nazis/

[6]http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Bagration

[7]http://www.liberation.fr/monde/2014/06/05/poutine-traduction-imprecise-ou-veritable-goujaterie_1034276

[8]http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/06/15/le-chef-de-la-diplomatie-ukrainienne-insulte-poutine_4438554_3214.html

[9]http://www.bbc.com/news/world-europe-27853698

[10]http://tempsreel.nouvelobs.com/ukraine-la-revolte/20140616.OBS0666/fin-des-livraisons-de-gaz-a-kiev-il-y-aura-des-repercussions-sur-l-ue.html

[11]http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/02/20/a-kiev-decouverte-de-nouveaux-cadavres-dans-les-rues_4369954_3214.html

[12]http://www.chomsky.info/books/consent01.htm

La rubrique Recadrage est une revue de presse critique des médias occidentaux sur la Russie, dont l’auteur est Matthieu Buge, un Français qui vit à Moscou.

 
 

3- Voyage en pays tatar ( à cinq minutes prêt, c’était le bain de sang).

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Moustafa Djemilev à la tête des radicaux de Crimée avait-il préparé un coup d’Etat sanglant sur ordre des américains? Il a été un agent de ces derniers depuis le temps de l’Union Soviétique et le 17 juin nous le retrouvons avec les gens de pravy Sektor et cette vieille fripouille d’oligarque Igor Kolomojsky. Est-ce que priver les Russes de leur base de Crimée a toujours été l’objectif de Barak Obama et de ses conseillers néo-conservateurs et pour cela il aurait été jusqu’à provoquer une révolte des radicaux tatars, une sorte de maïdan sanglant, une action comparable à celle d’Odessa à une plus grande échelle, puisque cela aurait débouché sur l’affrontement avec une population Russe et 15.000 soldats de la base de Sébastopol. C’est en tous les cas une analyse argumentée et largement répandue en Crimée.

1- Les Tatars, Un groupe d’opposants irréductibles ?

Nous quittons l’auberge de l’érudite locale à Bakhtchisaraï. En fait il s’agit de la représentante des enseignants tatars qui fait aussi table d’hôte selon le guide du routard. Elle nous a pris pour des occidentaux venus soutenir son combat, et à ce titre nous a raconté que Soros et les Polonais finançaient leurs activités culturelles et la formation de leurs "militants". Alexander, le chauffeur russe, nous fait alors une étrange réflexion: "c’était une question de jour, d’heures mêmes, grâce à la rapidité de la réaction des autorités du parlement de Crimée et des Russes, nous avons évité le bain de sang, ça aurait été pire que ce qui se passe dans le Donbass."

Nous allons visiter le palais du Khan, il est très tôt. une véritable splendeur dont la délicatesse fait songer à l’Alhambra de Grenade. Ce palais partage avec celui d’Espagne un art de vivre porté jusqu’au raffinement. Il comprenait dit-on cent quatre vingt dix fontaines et avait réussi à créer un microclimat de fraîcheur et de mille senteurs d’arbustes odorants. Bakhtchsaraï était la capitale du Khan de Crimée du XIIIe siècle à Catherine II qui se rendit maître des descendants de la horde d’or, les enfants de Gengis Khan. Comment raconter cette histoire? Les Russes, qui se considèrent comme la troisième Rome, la première dont le relais fut pris par Constantinople et l’Empire d’orient qui tint encore mille ans et s’écroula sous la pression des Turcs. Les Russes et leur tsar, César, sont les héritiers de Byzance et ils vont comme les byzantins reprendre le flambeau pour contenir les peuples de la steppe. Longtemps impuissants devant ces razzias de nomades turco-mongols, toute l’histoire russe est celle d’une ouverture vers la Baltique en même temps qu’une reconquête acharnée avec une assimilation de ces peuples tatars. L’immensité russe est le fruit de ces poussées, de ces chevauchées barbares ou celle des cosaques, hommes libres. La horde d’or des nomades conquérants de Gengis Khan à Tamerlan a fini par s’effondrer et les Russes à partir d’Ivan le Terrible vont prendre leur revanche, le khanat tatar de Kazan, puis c’est le tour de celui d’Astrakhan… Il reste celui de Crimée, capable d’aligner près de 40.000 cavaliers et bénéficiant de l’appui de la Sublime porte, l’empire Ottoman. Le Khan de Crimée quittera les côtes pour se réfugier dans ce magnifique palais, ils sont officiellement les derniers descendants de Gengis Khan. Ils ont recueilli ce nom de Tatar en mémoire du fleuve des enfers, tant ils déferlaient sur tous les peuples de la région, irrésistibles et féroces… Nous n’avons pas le temps de dire les assauts mais aussi les connivences qui se nouent entre Russes et Tatars et qu’illustre assez bien Ivan le Terrible (il se prétend lui-même descendant de Gengis khan)… Périodiquement les Tatars de Crimée remontent jusqu’à Moscou et l’incendient, écument la terre slave, surgissent de nulle part, pillent, enlèvent, tuent et s’évanouissent dans la nature à la vitesse de leurs montures. Ils portent leur butin, de blonds et robustes esclaves, aux marchands vénitiens et génois installés sur la côte. Durant la première moitié du XVII e siècle, alors que la population de la Russie ne dépassait pas les dix millions, on estime à deux cent mille le nombre d’esclaves. BakhhtchisaraÏ est riche de ce commerce des esclaves exportés par le Khan de Crimée dans tout le bassin méditerranéen.

Ceux qui vont réagir sont les cosaques, des hommes libres fuyant toutes les dominations et réfugiés à la marge de la Russie, de l’empire des Habsbourg et de celui de l’Ottoman dans ce qui justement sera l’Ukraine qui veut dire marche. Ce sont des espèces de cow-boys, soldats laboureurs volant au combat dès que le tsar les y appelle, mais lisez plutôt le merveilleux livre de Nicolas Gogol Tarass Boulba ou regardez les tableaux picaresques d’Ilya Répin, Lettres des cosaques Zaporogues au sultan de Constantinople, pour comprendre cette épopée. Peut-être cela vous aidera-t-il à vous familiariser avec ces gens venus aider le peuple du Donbass… Il y a quelque chose de très poétique dans cette histoire qui remonte sans cesse à la surface, mais aussi quelque chose de très dangereux quand on utilise la mythologie des peuples pour attiser haine et rancœurs.

Nous sommes pris dans un groupe de touristes russes… Une jeune femme, à la peau blanche, aux yeux clairs, mais aux cheveux noirs, me prend à part, elle nous isole avec Marianne, fuyant de salle en salle les touristes qui l’encombrent… Elle est extrêmement tendue, au bord des larmes… et tout à coup, elle nous dit son désespoir: "je ne les supporte plus", dit-t-elle en désignant les Touristes russes. Elle est désespérée que les Russes aient pris le pouvoir en Crimée, visiblement son accablement vient d’une espérance récente trahie, peut-être un complot qui a échoué, écrasé par l’initiative russe ? Que faire maintenant. Elle songe à partir aux Etats-Unis. Un de ses cousins a fait des études à la Sorbonne, mais personne ne veut de lui nulle part. Elle est au bord de la crise de nerfs et me demande "Y a-t-il une place pour nous quelque part sur la terre?" j’imagine cette histoire dite et redite en famille, ont-ils revécu, se sont-ils assez raconté ce moment fatidique en 1771, lorsque la flotte russe a pris la Crimée, contraignant à l’exil le Khan, le dernier monarque européen descendant de Gengis Khan, pendant 20 ans, les désordres se poursuivront, il faudra attendre la paix de Jassy pour que la Turquie reconnaisse la suzeraineté russe sur la Crimée et Catherine nomme son favori Potemkine administrateur de la presqu’ile, il la fortifie avec Sébastopol mais aussi il place les cosaques du Kouban, les tchétchènes en sentinelle… Revoyez ce qui s’est passé en Crimée et ce qui se passe dans le Donbass à la lumière de cette longue histoire… Et puis il y a eu une partie des Tatars qui a voulu prendre sa revanche avec l’avancée allemande, la collaboration d’une bonne partie et l’exil de tous… Le retour avec la permission de Gorbatchev, sans qu’aucune condition de leur accueil ne soit vraiment réunies… Au contraire, dans les temps troublées de la chute de l’Union Soviétique…

Je regarde cette femme qui me fait pitié. Ses mots résonnent en moi, une plainte que je ne connais que trop, entretenue, avivée par des gens qui ne cherchent qu’à utiliser ce sentiment d’injustice, de malheur, d’être repoussés de tous. Autant l’érudite locale, la militante avait du ressort, autant celle-ci est une victime de ses propres rêves devant ce magnifique palais. Elle appartient à un peuple déchu qui ne cesse de contempler la splendeur passée depuis… J’ai pitié d’elle et je la déçois en lui demandant si elle ne peut pas envisager un destin commun avec… eux… Il n’y a pas d’autre solution si l’on veut éviter le malheur, mais je sais qu’elle ne m’entendra pas, elle choisira l’éternel exil et l’érudite locale est pire encore… Nous sommes devant la fontaine des lamentations en marbre blanc, les touristes s’y pressent. Ils connaissent le poème de Pouchkine, l’histoire de ce Khan, éternellement blessé par la mort de la femme aimée qui fit construire cette fontaine dont s’échappe goutte à goutte l’eau telle une larme. les deux roses qu’ apporta le poète chaque jour sont renouvelées, peut-être faudrait-il songer à cette rencontre élégiaque entre le grand écrivain et le Khan amoureux… Mais nous sommes loin de ces délicatesses… La nostalgie, le sentiment d’une injustice et de leur déchéance, les haines religieuses tout cela est macéré, ingurgité, revomi chaque jour et les Etats-Unis, leurs alliés polonais et islamistes revisitent l’histoire…

Quelques jours après quand nous rentrons chez les amis de Simferopol, le père est encore là avec son chapelet d’ambre, sa tenue de saoudien et ses malédictions à l’encontre des femmes qui ne respectent pas la charia, son ex-épouse, sa fille, son petit fils que l’on n’a pas encore circoncis. Au bout de quelques minutes, l’angoisse s’est répandue dans l’heureuse famille, il ne veut pas partir et s’est retiré dans la chambre voisine pour psalmodier ses prières. Il a été recruté par Hizb ut-Tahrir, retenez ce nom… Ce père qui selon son ex-épouse a été pris dans cette filière radicale type Al Qaida et avec lequel il est impossible de parler, il serait en quelque sorte perdu pour la raison…

Le pire des dangers sur une mosaïque comme la Crimée, même avec une dominante russe indéniable, serait de contribuer à la campagne raciste attisée par les Etats-Unis et leurs alliés européens en oubliant l’essentiel, à savoir que Tatar, juifs, Grec et d’autres ne rêvent que de paix et de sécurité… En nous quittant à l’aéroport, notre jeune amie communiste, tatar m’a demandé avec anxiété ce que je pensais de la Crimée. Je lui ai répondu: La Crimée est riche de potentialité, il faut s’occuper d’elle, la travailler, et éviter surtout les divisions… Et j’ai ajouté, il faut traiter la Crimée comme ta mère traite votre famille en recréant l’unité dans la paix et en écartant tous les fantômes…

Mais revenons au pays Tatar, nous descendons par une route de montagne semblable aux chemins corses, dans des sous bois qui mériteraient d’être essartés si l’on veut éviter l’incendie… Nous montons vers des alpages, partout des petites cabanes où l’on vend des confitures de rose, du miel et le produit d’un artisanat assez médiocre. Le long de la route des troupes de chevaux alezan, guidés par des cavalier tatars qui retrouvent un peu de leur superbe et la perdent dès qu’ils mettent pied à terre. Ils ont le teint halé des montagnards, sur le col, quelques restaurants où on hèle le client rare, le drapeau tatare a la même couleur que le drapeau Ukrainien avec en son centre un T, très peu de drapeaux russes, mais le bleu et le jaune… En arrivant sur Gourzouf, Pouchkine encore revient à la mémoire: ""Au lever du soleil, les montagnes brillaient de toutes leurs couleurs; au loin, sur les versants, les villages tatars aux maisons agglutinés ressemblaient à des ruches; entre eux, les peupliers se dressaient comme autant de colonne vertes… et partout à l’entour le ciel d’un bleu intense et pur , la mer lumineuse, l’éclat et la transparence du midi". Le sentiment entretenu que tous les malheurs des Tatars viennent de cette invasion par les Russes, améliorés encore par de vieux relents religieux la confrontation de la foi orthodoxe avec ces musulmans convertis tardivement du chamanisme à l’Islam devenu les pions du grand jeu américain.

2-Le referendum a-t-il pris de vitesse un complot de Kiev avec les Tatars de Crimée les plus radicaux ?

En écoutant Alexandre dire que les Russes ont été sauvés à quelques jours prêts, je repense à la violence avec laquelle Yéfim Zaïdman, nous a dit lui aussi que le bain de sang avait été évité. Comme pour Alexander, il décrit la peur du Maïdan, celle les groupes venus d’ailleurs qui tentaient de détruire les statues de Lénine que l’on salue désormais avec une sorte d’enthousiasme en l’interpellant : "Si nous n’avions pas été là, tu n’y serais plus", mais il y a aussi une autre menace spécifique à la Crimée, les groupes radicaux Tatars, devenus masse de manœuvre de l’Amérique et aussi de son allié Polonais. Yéfim Zaïdman est un espérantiste, patriote russe et "ami d’Israël". La suspicion qu’il voue aux Etats-Unis est inspirée par son propre parcours, on l’imagine du moins. Lui qui fut bloqué dans sa carrière parce que soupçonné de sympathies sionistes à partir de la guerre des Six Jours, lui qui a combattu pour la réhabilitation des Tatars, a encore voté pour Timochenko par haine du Parti des Régions et parce qu’elle était en prison, espérantiste, internationaliste, peut-être trotskiste, il a peut-être découvert la manipulation des Etats-Unis à travers toutes ces identités successives, je l’ignore mais c’est vraisemblable… C’est un humaniste de bonne foi, entêté dans son patriotisme russe qui lui paraît plus proche de la nation plurielle, internationaliste dont il rêve.

Pour lui l’Ukraine ne s’appartient plus, elle est complètement dirigée par les Etats-Unis. Et il nous décrit la manière dont les Etats-Unis ont volontairement financé la résurrection de l’idéologie nazie et de Bander comme ils ont utilisé le retour des Tatars en Crimée pour en faire des groupes d’opposition aux russophones. La Crimée est une mosaïque de peuples, et dans les villes marquées par l’empreinte tatare, cette mosaïque est encore plus visible dans les villes touristiques où il reste des monuments de la splendeur des Tatars de Crimée.

Après s’être battu pour la réhabilitation des Tatars de Crimée, Yéfim Zaïdman a revu le dossier et il nous explique que durant la deuxième guerre mondiale, 20.000 tatars ont déserté avec leurs armes et ils ont servi les Allemands. Ils ont montré les cachettes des partisans dans la montagne, les lieux où étaient stockée la nourriture, ils empêchaient les Juifs de s’enfuir et les livraient aux Allemands et ceux-ci les faisaient torturer à leur place, bien se salir les mains. Il nous explique qu’aujourd’hui les Tatars ont constitué un groupe de pression pour transformer leur histoire réelle et il donne comme exemple, ce livre écrit par un couple de vétérans de la deuxième guerre mondiale de l’est de la Crimée qui recensait les morts de la guerre. Il y avait 5 pages sur la collaboration des Tatars et des Allemands basée sur une étude sérieuse des archives allemandes. 500 personnes ont fait un meeting de protestation et le livre a été mis au pilon, mais il est encore sur internet. Les Tatars de Crimée ne sont pas tous sur la même ligne et il nous a confié un texte d’analyse socio-politique que Marianne a traduit et que nous publions après celui-ci qui recense les différents courants.

Yéfim Zaïdman d’ailleurs dit que c’est l’article des Tatars modérés de Crimée qui a permis de découvrir le complot qui explique que l’on ait avancé la date du référendum dans la péninsule. Cet article disait que deux ou trois mille radicaux d’une organisation terroriste, interdite en Russie, proche d’Al Qaida, Hizb ut-Tahrir, avaient prévu un bain de sang contre les Russes. Leur but était d’occuper les bases de dépôt d’armes ukrainiens ou russes pour provoquer la flotte russe. L’article publié à Kazan, en Tartarie de la fédération de Russie depuis longtemps intégré à la Russie, décrivait le projet. Le référendum a alors été avancé, semant le désarroi dans les rangs des conjurés, ils ont été pris de court à un jour près par les gentils hommes verts et les autorités du Parlement de Crimée qui ont agi avec un sang froid stupéfiant. Le meeting devant le siège du parlement de la République de Crimée était destiné à empêcher l’affrontement. Les tatars du groupe radical sont présents, mais dans la nuit Aksionov casse la fenêtre et l’occupe avec beaucoup d’armes et le matin Konstantinov élit une nouvelle direction et tout de suite après se sont déployés les détachements d’autodéfense, composés selon lui à 90% de Criméens et de cosaques du nord du Caucase, après et après seulement il y a eu les soldats russes venus de Kouban, une région très riche frontalière de la Crimée. La télévision a été également prise, tout cela s’est fait dans le plus grand calme sans un coup de feu alors que chacun vaquait à ses occupations.

Il nous interroge: "Vous ne vous êtes pas demandé pourquoi 20.000 soldats ukrainiens qui se trouvaient avec leurs armes, leurs blindés, leurs tanks, alors qu’il y avait seulement 15.000 soldats russes dans la base de Sébastopol n’ont pas cherché l’affrontement ? Moi je ne comprenais pas. En fait ce qu’expliquait cet article c’était que tout le monde attendait le 30 mars avec la révolte sanglante des radicaux Tatars. les services secrets russes ont bien travaillé et ils sont intervenus le 16 mars, tout le monde était bloqué parce que le signal de l’assaut tatar avait été déjoué, en fait derrière les Tatars il y avait les Américains dont le but était de priver les Russes de leur base navale sur la Méditerranée. Ils les ont pris également de court en organisant le référendum à toute vitesse, un véritable exploit facilité par le fait que 80% des Criméens souhaitaient le rattachement à la Russie et surtout craignaient les violences que chacun imaginait et qui auraient été pires que ce que l’on voit dans le Donbass.

Sur le moment j’ai écouté Yéfim Zaïdman avec un peu de doutes, mais la rencontre avec l’érudite locale puis le père de famille, sans parler de la jeune femme dans le musée m’ont alertée et je me suis interrogée, peut-être qu’il ne s’agissait pas seulement de rumeurs. J’ai également repensé à la conclusion de notre espérantiste de Yalta. Il ne s’agit pas de tous les Tatars, mais bien de groupes radicaux, une partie d’entre eux voyant le complot éventé a jugé plus prudent de s’enfuir à Lvov où ils ont été" accueillis par les nazis de Pravy sektor, ils ont fait jonction en attendant leur revanche.

Cette remarque nous est revenue en mémoire quand le 17 juin, avec l’annonce d’un mandat international des Russes contre Igor Kolomojevski – qui par parenthèse a vidé tous les dépôts de ses clients de sa banque (PrivatBank) en Crimée- nous avons lu cette nouvelle concernant sa rencontre avec les tatars radicaux. Mais voyez plutôt.

3 Le bataillon "la Crimée" bat le rappel et il est prêt à inonder de sang la terre de Crimée

Le soir du 17 juin à Dnepropetrovsk avait lieu la première rencontre officielle du leader des radicaux tatars de Moustafa Djemilev et le gouverneur Igor Kolomojsky.

Ils ont visité l’État-major de la sûreté nationale de Dnepropetrovsk, où sont entraînés les bataillons punitifs "Dnepr", "Donbass" et "Azov". Ces mercenaires se sont rendus célèbres à cause des meurtres des gens sans armes à Krasnoarmejsk, les fusillades à Marioupol, les nombreux supplices de blessés et d’autres atrocités. C’est la garde prétorienne du plus ignoble des oligarques qui pourtant ne font pas dans la dentelle, le gouverneur Igor Kolomojsky qui a un passeport ukrainien et Israélien et finance de par le monde de nombreux médias juifs pour qu’ils approuvent les horreurs qu’il commet, dont la première est celle de financer ces escadrons de la mort néo-nazis et de mettre à prix la tête des "Russes" et des journalistes. Il a participé à la tentative d’assassinat du maire de Kharkov et probablement il est à l’origine du massacre d’Odessa avec son complice du ministère de ‘intérieur.

Son état-major occupe tout le premier étage de la fonction publique régionale. Là est déjà prêt à la signature le soi-disant «Mémorandum sur l’assistance mutuelle dans la lutte pour la libération de la Crimée occupée».

À la cérémonie, assistait Dmitro Yaroch, dont le campement se trouve dans la même rue, dans le bâtiment de l’ancien hôpital militaire. Le chef des «pravosek» a été accueilli là par l’oligarque de Dnepropetrovsk.
Djemilev avait là une rencontre avec des étudiants de Dnepropetrovsk et la communauté musulmane. Des volontaires sont nécessaires – la signature de Kolomojsky sous le mémorandum signifie le début du financement à grande échelle de l’activité subversive dans la Crimée. La force de frappe principale – un nouveau bataillon spécial punitif tatar. Sur son chevron on représente les sabres croisés et le "tamga" (sceau) du khan Gireev.

– D’abord nous libérerons ensemble l’Est de l’Ukraine, et ensuite – aussi ensemble – nous rendrons la Crimée. Je répéterai pour notre président : la Crimée était, est et sera ukrainienne, – a déclaré Yaroch.

- Nos deux peuples, nos deux religions, qui savent ce que sont la guerre et les répressions, – nous nous unirons au nom du monde et de la stabilité en Ukraine, – a précisé l’adjoint du gouverneur Boris Trejgerman.

Maintenant à Dnepropetrovsk dans l’Ukraine Occidentale arrivent «les réfugiés tatars». Les trains de Kovel et de Lvov viennent dans la nuit. Sur le quai descendent les boieviks des groupements radicaux islamistes. Ils ont fui la Crimée il y a trois mois, à la veille du référendum sur la réunification avec la Russie. Tout ce temps était passé par les entraînements dans les camps de Galicie. Maintenant, le moment est venu d’engager le combat.

http://max-linnik.livejournal.com/6636.html

 
 
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