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Le retour des collabos ?

Céline, Chardonne, Morand, Rebatet: les écrits impubliables de la bande des affreux dorment encore dans les placards. Mais après l’entrée de Drieu la Rochelle dans la Pléiade, la question de leur réédition se pose. Enquête.

Faut-il tout rééditer des collabos ? (Illustration Yan)

Faut-il tout rééditer des collabos ? (Illustration Yan
On lit parfois d’étranges choses dans la Pléiade. «Comptez sur moi pour mettre Juifs, Jésuites, maçons, synarchistes, curés, anglais, protestants, tièdes, mous, antisémites vagues dans le même bateau et sans fond et dans les eaux de Nantes ! Tous ces gens pour moi se raccrochent à cette civilisation pourrie – et doivent disparaître. A nous le Racisme pour quelques siècles au moins !»

Ces lignes datées du 28 février 1942 ne figurent pas dans le volume récemment consacré aux romans de Pierre Drieu la Rochelle, qui se garde bien de contenir ce genre d’horreurs [=> lire l'article de Philippe Sollers sur le sujet]. Elles sont de Céline, on les trouve au milieu de ses «Lettres» parues sur papier bible en 2009.

Le volume, par ailleurs passionnant, ne fit guère scandale. «C’est passé comme une lettre à la poste», s’étonne encore son maître d’oeuvre, le professeur Henri Godard, qui, pour ne rien occulter de ce qu’était Céline, avait tenu à y intégrer «des choses qui font sursauter».

Notre époque serait-elle assez mûre – ou assez pourrie? – pour regarder en face, et sans sursauter, ce que furent capables d’écrire certains auteurs compromis sous l’Occupation? Pas si simple.

Pierre Drieu la Rochelle
Pierre Drieu la Rochelle: Total des ventes: 592.948 exemplaires Meilleure vente: "le Feu follet" et "Adieu à Gonzague": 100.197 ex. Moyenne des ventes annuelles depuis 1998: 4.500 ex. Chiffres Gallimard. (Photo12/Estate Drieu la Rochelle)

Au fil des années, les plus talentueux des «collabos» qui furent inscrits sur la fameuse «Liste noire» du Comité national des Ecrivains ont, certes, retrouvé assez de respectabilité pour figurer au catalogue des meilleures maisons. Si l’oeuvre de Brasillach semble désormais condamnée à l’oubli et aux discours de Jean-Marie Le Pen, les textes littéraires de Céline, Morand et Montherlant ont précédé ceux de Drieu dans la Pléiade. Jouhandeau est en poche, dans «l’Imaginaire». Et Albin Michel, qui fête cette année Pierre Benoit, en réédite trois romans assortis d’une bio où Gérard de Cortanze entend «le sortir enfin du purgatoie » en montrant qu’il fut «injustement jeté en prison» en 1944.

Même Lucien Rebatet, l’antisémite enragé des «Décombres», est en librairie avec ses «Deux Etendards» (republié par Gallimard en 2007), son «Histoire de la musique» (dans «Bouquins», chez Robert Laffont), des «Lettres de prison» et  «les Epis mûrs» (au Dilettante).

«La dissociation entre écrivain et polémiste était apparue lors des procès de l’épuration, résume la sociologue Gisèle Sapiro. Le cloisonnement entre écrits littéraires et politiques a été largement maintenu dans le monde des lettres.» En somme, à condition que cela ne heurte trop violemment ni la loi ni la morale, la distinction entre homme et oeuvre a aidé l’histoire à trier ce qui relève de l’art. Et comme disait Claude Simon, «en art, cela ne veut rien dire, un salaud».

Que faire du reste?

Mais que faire du reste? Car près de soixante-dix ans après la Libération, il reste d’encombrants fantômes dans les placards de la littérature française, qui alimentent toutes sortes de fantasmes, de rumeurs, et de commerces plus ou moins licites.

Le cas le plus connu est celui des pamphlets antisémites de Céline dont la veuve, Lucette Destouches, 100 ans cette année, refuse toute réédition, conformément aux volontés de l’auteur des «Beaux Draps». Un avis partagé par son avocat, maître François Gibault: «Il y aurait là beaucoup d’argent à gagner, et on m’a souvent approché pour que cela se fasse! Mais il y a en France un antisémitisme dormant qui ne demande qu’à se réveiller. Rééditer pour le grand public ces textes de circonstance serait de la pure propagande.»

Céline, en 1950.
Louis-Ferdinand Céline: Total des ventes: 3.869.106 exemplaires Meilleure vente: "Voyage au bout de la nuit", 2.012.281 ex. Moyenne des ventes annuelles depuis 1998: 86.000 ex. Chiffres Gallimard. (Sipa)

En attendant, on raconte bien des choses dans le milieu célinien. Qu’une édition critique de «Bagatelles pour un massacre» attend son heure dans un ordinateur chez Gallimard. Qu’un fada a fait imprimer à 300 exemplaires les trois pamphlets en un volume qu’il refuse de vendre, mais offre autour de lui. Qu’une édition originale de «Bagatelles» en bon état se monnaie pour 250 à 300 euros. Et que de nombreuses versions pirates sont commercialisées, comme celles des très militantes Editions de la Reconquête qui, officiellement domiciliées au Paraguay, proposent sur leur site des tee-shirts affirmant que «Louis-Ferdinand Céline n’était pas plus un salaud que vous et moi».

Mais «les pamphlets de Céline, qui contiennent aussi de très belles pages, sont l’arbre qui cache la forêt !», prévient l’écrivain Emile Brami, libraire spécialisé en livres anciens à qui l’on doit notamment un «Céline à rebours» (Archipoche). Et de citer tous ces titres reniés par leur auteur qui hantent les bacs des bouquinistes.

Ainsi «France la Doulce», roman de 1934, où Paul Morand «met en scène, avec tous les clichés possibles, des cinéastes apatrides allemands qui arnaquent un producteur français». Ou encore «le Péril juif», plaquette parue en 1938 «que Marcel Jouhandeau avait fait retirer de la liste de ses oeuvres et dont on dit qu’il détruisait les exemplaires qu’il trouvait».

Plus rare, on peut encore dénicher pour 1 500 euros le trop germanophile «Ciel de Niefheim», que Jacques Chardonne a fait pilonner en 1943 juste avant sa mise en vente, mais dont il avait adressé quelques épreuves à ses amis.

«Même si ce livre n’a jamais existé, y compris dans sa bibliographie, explique l’avocat Emmanuel Pierrat qui en possède un, on considère qu’il a été publié. Il finira donc comme les autres par tomber dans le domaine public. Pourra-t-il alors être réédité ? La question va bientôt se poser pour Brasillach, mort en 1945. Et tant qu’à publier des textes pareils, autant être le premier !»

Que faire enfin des «Décombres» de Rebatet, qui fut l’un des plus gros best-sellers sous l’Occupation? «Pauvert en a publié une version expurgée dans les années 1970, mais ces "Mémoires d’un fasciste" ne veulent du coup plus rien dire», note encore Pierrat.

C’est sans doute pourquoi l’ayant droit de Rebatet, le romancier Nicolas d’Estienne d’Orves, se déclare prêt à «pousser une réédition critique de ce livre, augmentée de 600 pages restées inédites. II faut tout republier, sinon c’est du révisionnisme. Mais attention, c’est une bombe, donc ça se manipule avec des pincettes!», ajoute-t-il en vous mettant sous le nez une page où l’on peut lire que, «d’une façon ou d’une autre, la juiverie offre l’exemple unique, dans l’histoire de l’humanité, d’une race pour laquelle le châtiment collectif soit le seul juste».

Le cas Morand

Paul Morand
Paul Morand: Total des ventes: 732.865 ex. Meilleure vente: "Fouquet ou le soleil offusqué", 114.553 ex. Moyenne des ventes annuelles depuis 1998: 13.000 ex. Chiffres Gallimard. (Sipa)

C’est toujours la même affaire, au fond. Faut-il tout publier d’un écrivain? Oui, semblaient indiquer les parutions du haineux journal de guerre de Drieu en 1992, puis du souvent consternant «Journal inutile» de Paul Morand en 2001. L’étape suivante, annoncée depuis des années, se fait pourtant attendre. Ce devait être la Correspondance entretenue par Morand et Jacques Chardonne de 1949 à 1968.

«Rien à voir avec des fonds de tiroir, des inédits de deuxième ordre, estimait après consultation François Dufay dans «le Soufre et le Moisi» (Perrin): ces milliers de missives croisées, signées de deux grands épistoliers, sont un monument d’abandon et de style sec, une éblouissante leçon d’écriture à l’usage des générations futures, en même temps qu’un témoignage irremplaçable sur l’âge d’or de la littérature française que fut le XXe siècle.»

Problème, notait le même Dufay: on y trouve beaucoup de vacheries sur des contemporains, comme Brigitte Bardot, mais aussi, principalement sous la plume de Morand, des avis aussi raffinés que celui-ci, daté du 7 mai 1960: «Là où Juifs et P.D. s’installent, c’est un signe certain de décomposition avancée; asticots dans la viande qui pue.» Ce rabat-joie d’Albert Camus n’avait peut-être pas tort de signaler que «le style, comme la popeline, dissimule trop souvent de l’eczéma.»

Chez Gallimard, on promet enfin la sortie d’un premier volume de cette fameuse Correspondance en novembre 2012, et son intégralité, un jour, en version numérique. Mais pas du tout «pour censurer, ou essayer de cacher quelque chose», s’empresse de préciser Bertrand Lacarelle, qui vient de récupérer cet impossible bébé: «J’ai 5 000 pages sur mon bureau, dont 3000 restent à saisir. Il va donc falloir faire des choix, sans forcément se contenter des plus belles lettres.»

Il tient d’ailleurs à minimiser l’importance «de l’homophobie, du racisme et de la diffamation» dans cette somme: «On est très loin du cas des pamphlets de Céline. Bien sûr, ils ne renient rien de leurs engagements de 1940, mais ils ne font pas non plus de compliments à Hitler.»

Il s’agirait d’abord d’une «grande conversation littéraire et géopolitique» où, chacun à sa manière, les deux anciens vichystes racontent leurs voyages (au Portugal pour Morand, en Grèce pour Chardonne), élaborent des stratégies pour entrer à l’Académie, évoquent Chateaubriand, le Journal des Goncourt et les jeunes hussards comme Nimier, Blondin ou Bernard Frank, dont ils se sont rapprochés pour s’assurer une postérité littéraire.

Pourquoi ne pas l’avoir publié plus tôt, alors que le testament de Morand l’autorisait dès 2001? Le travail d’édition commencé par Philippe Delpuech a été interrompu il y a quelques années par sa mort, «et tout doit être relu par nos services juridiques, comme pour n’importe quel livre d’ailleurs.»

Mais voilà qu’on apprend que la publication d’une correspondance Morand-Nimier a par ailleurs été abandonnée. L’universitaire Marc Dambre avait été chargé par Gallimard de son édition critique, et puis plus rien: «Les hommes de loi qui l’ont lue ont jugé que des passages sur certaines personnes pouvaient causer des ennuis. Et l’on m’a dit que, tout bien réfléchi, cela manquait d’intérêt littéraire.»

C’est aussi, à la Table ronde, l’avis d’Alice Déon, à qui Gallimard avait transmis le manuscrit: «Ce n’est pas une patate chaude qu’on se refile, il n’y a là rien d’extraordinairement sulfureux, mais j’y ai surtout lu des blagues autour des bagnoles et de la bouffe, avec des traits d’esprit déjà vus ailleurs.»

Faut-il, surtout, en déduire que les anciens collabos n’ont plus tant la cote, et que Morand serait retourné en quarantain? Pauline Dreyfus, qui vient de lui consacrer un bon roman chez Grasset, «Immortel, enfin», n’est pas loin de le penser: «Beaucoup de gens ont été très échaudés par son «Journal inutile». Mon manuscrit a été refusé par deux éditeurs, dont Gallimard. Et j’observe depuis sa sortie que la presse de gauche en rend compte volontiers, tandis que la presse de droite semble éprouver une gêne, comme si elle traînait toujours le complexe de Vichy.»

Peut-être. Ca n’empêche pas Emile Brami de songer que des tabous sont en train de sauter: «Notre époque ressemble de plus en plus aux années 1930, avec une crise et la montée des extrêmes. Des clients me parlent désormais du «lobby juif». Et «le Péril juif» de Jouhandeau, qui ne valait presque rien il y a quelques années, peut se vendre aujourd’hui 700 euros.»

Grégoire Leménager

Le Nouvel Observateur
 
Un commentaire

Publié par le mai 12, 2013 dans extrême-droite, litterature

 

Percevoir une grange qui brûle – le cimetière de Jedwabne par Maciej Forycki ✲

article publié le 17 mai 2009 dans changement de Société avant que je laisse ce site à Marc Harpon, il consacrait ma rupture avec Grand soir et ses animateurs qui publiaient Bricmont et refusaient de voir vers où ses prises de positions le conduisaient.

card24[1]Voici l’article d’un scientifique dans un colloque qui a eu lieu à Bucarest sur « expérience et mémoire« . Au-delà de cette histoire à tiroir du négationnisme polonais, il est clair que je suis impliquée et pas seulement en tant que sociologue. En fait,  je ne décolère pas au fur et à mesure que je découvre l’hypocrisie, la haine qui s’entretient sous couvert de la défense d’une cause que je partage. Le négationnisme d’un Dieudonné fleurit selon moi sur la complicité des « voisins », avec l’appui des espèces d’ordures qui ces derniers temps ne cessent de répéter sur un ton faux cul : « comment les juifs qui ont subi les crimes nazis peuvent-il agir comme les nazis ? »  Cette phrase est une ignominie de quelque côté qu’on la prenne et ceux qui la prononcent ne s’en rendent même pas compte. Elle me donne envie de répondre « espèce d’hypocrite, les juifs t’emmerdent! ».  « Vous n’avez pas honte vous les juifs? » De quoi d’avoir été torturés, humiliés, massacrés et que certains d’entre nous soient désormais comme vous , comme les gohims le sont depuis 2000 ans avec l’apothéose nazi, la cerise sur le gâteau? Allez jusqu’au bout, soyez enfin honnêtes avec vous mêmes,  pourquoi ne pas féliciter le type qui à lui seul a tué 29.000 juifs, un bienfaiteur de l’humanité n’est-ce pas ?

C’est dans le fond la position d’un bricmont qui vient encore de « commettre » un texte dans lequel il revient à son antienne favorite, son unique idée: « il faut libérer l’occident de sa crainte d’être accusé d’antisémitisme », que bricmont se rassure, nul ne songera à croire qu’il est encombré de ce point de vue, ce n’est pas lui qui sentira jamais l’odeur des corps qui brulent et la défense de la palestine n’est pour que lui que l’occasion d’étaler ses obsessions. Les rapports de force dans le monde, les opportunités, rien ne l’intéresse, il n’y a que l’antisémitisme, la nécessité de sa banalisation pour libérer l’humanité.  Le gouvernement israëlien est d’abord pour lui  juif comme pour Liberman et Dieudonné. Tant que l’on n’aura pas le courage de voir que ces gens disent la même chose on n’avancera pas parce que l’on ne comprendra pas que les camps se reforment sur la même base, celle qui vise toujours et encore en temps de crise à transformer l’impérialisme, le capitalisme en problème racial, à développer « la haine du voisin ». Il y a désormais un antisémitisme qui se veut de gauche mais qui fournit à l’extrême-droite israélienne sa meilleure justification. Que l’on ne croit pas que ce qui me révolte est mon origine juive, ces gens là m’écoeureraient encore plus s’ils prétendaient utiliser la mémoire de l’esclavage ou les massacres de Sétif et de tannanarive pour développer la haine d’un groupe social quel qu’il soit. Aujourd’hui personne n’ose protester quand on en arrive à l’infamie d’oser rendre les déportés coupables et quand l’on dit que le remède est dans l’oubli de ce qu’ils ont vécu en les mettant à part de l’humanité, comme si ce qui arrivait à un juif ne concernait pas la dite humanité… Imaginez la même démonstration sur les nègres, les chinois (nous y sommes presque), les musulmans et dite vous bien que c’est là où des   »défenseurs des palestiniens » veulent nous entraîner, mais comme le racisme ne se divise pas, ces types là oeuvrent pour faire avancer pour tous une solution à la Jedwabne.

Il ne s’agit pas pour moi de tenter de réquilibrer les crimes commis à Gaza par le souvenir de ce qui a été subi par les juifs pendant 2000 ans et qui est illustré par cet atroce pogrom de 1941, rien ne justifie le crime surtout pas d’avoir été victime. Comme je l’ai dit à un de mes oncles aussi con qu’un Bricmont ou un Dieudonné: « Tu as raison oncle Simon, les youpins, les négros et les bicots tous en camp de concentration,! » Et ce con m’a répondu que j’étais antisémite puisque je voulais que les « youpins » aillent en camp de concentration, il avait oublié les autres. Comme Liberman, dieudonné et bricmont et tant d’autres… Le lobby sioniste est omniprésent : à qui vous le dites? Cela fait des années qu’il me censure et a été jusqu’à me menacer de mort, mais le lobby antisémite est du même tonneau et la manière dont il sévit sur internet organise la même censure, les mêmes obsessionnelles rengaines, ils fonctionnent ensemble à croire qu’ils ont une source commune… Tout sur les juifs isolés du reste de l’humanité comme cause et finalité de tout…

Moi je ne veux rien oublier et me battre contre ce qui se passe à Gaza… Et la mémoire, est nécessaire pour mon combat…

Parce  ce qu’on découvre par hasard à Jedwabne c’est le mensonge d’une Pologne héroïque que l’on voudrait aujourd’hui ennemi du nazisme et du communisme, deux équivalents. Et on découvre qu’il n’y a pas eu que les nazis, les populations autochtones européennes ont été capables d’agir dans le même sens, de vendre et de massacrer le « voisin », pour un communiste combien de pétainistes?  Ils ont essayé de savoir ce qui s’était passé à Jedwabne pour explorer « les crimes du communisme » et ils ont découvert l’ignominie ordinaire.

Je laisse l’exercice comparatiste Gaza égale l’holocauste, à ces collabos de toujours qui rêvent de revitaliser l’antisémitisme, sous couvert d’aider les Palestiniens. Il y a des juifs, je dirais simplement des êtres humains semblables à d’autres êtres humains comme les communistes, les résistants, une petite poignée, et c’est tout à leur honneur qui ne supportent pas,  même si on leur raconte que c’est pour assurer leur survie quelque part, de devenir comme les « voisins », les colonialistes, les racistes, c’était le cas d’Einstein et d’autres dont moi,  c’est aussi étonnant que ça!!!

Ces êtres humains veulent comprendre pour que cela ne recommence pas et pas seulement pour eux ou leurs proches, pour l’humanité: parce que le vrai problème est de savoir comment est favorisé « l’antisémitisme des voisins » , mais qui va bien au-delà de l’antisémitisme puisque les Palestiniens en sont effectivement victimes, une saloperie insuflée volontairement  par des autorités politiques et religieuses d’extrême-droite. Et là nous avons un enseignement qui mérite d’être étudié pour comprendre comment les colonialismes, y compris celui d’Israël fabriquent l’impossible cohabitation entre les « voisins ». La survie côte à côte étant prônée comme impossible et on y mêle le désir de s’approprier le bien de l’autre. Comment se crée une telle trace dans l’esprit de certains êtres humains et comment cela se reproduit-il de génération en génération, comment des gens qui se disent de gauche peuvent-ils rechercher cette jouissance haineuse ? Ca c’est intéressant et pas les saloperies antisémites sur les juifs sont devenus des nazis qui ne sont que la pierre apportée au racisme ordinaire, celui qui créé le crime des « voisins ». Parce qu’il faut reconstituer les faits et les traiter d’abord de manière politique et historique, ce que fait ce texte. (note de Danielle Bleitrach)

Si vous saviez la douleur ordinaire que me devient l’humanité!!!

En 2000 est paru en Pologne le livre de Jan Tomasz Gross intitulé Sasiedzi, « Les Voisins » (publié en France chez Fayard en 2002), livre qui dévoilait à un très large public le massacre, dans une grange incendiée, de la population juive de la ville de Jedwabne commis le 10 juillet 1941 par leurs voisins polonais.

La tragédie de Jedwabne était présente avec tant d’intensité dans le débat public en Pologne quela société polonaise éprouva un véritable choc en percevant ces granges qui brûlèrent, il y a soixante ans, à Jedwabne et dans d’autres bourgades polonaises. Or – « dans la perception, un savoir se forme lentement », parallèlement à cette expérience, d’autant plus traumatique que l’on sait les souvenirs toujours héroïques et peuplés de martyrs, la Pologne vivait à présent le temps de la vérification des faits, qui aboutirait à l’affirmation officielle de la responsabilité du peuple polonais pour ce crime. La question sur d’autres crimes et offenses contre les Juifs, présente dans les débats sur Jedwabne, n’avait jamais été de si grande ampleur en Pologne.

Plusieurs questions de détail concernant le génocide des Juifs à Jedwabne ne furent pas résolues. Les faits majeurs paraissent cependant indiscutables, ceci grâce à une enquête extraordinaire dirigée par l’Institut de la Mémoire Nationale (Instytut Pamieci Narodowej), établissement fondé en décembre 1998 pour « la poursuite des crimes contre la nation polonaise ». L’affaire de Jedwabne fut la première grande enquête de cette institution chargée pourtant par les politiciens de la droite dite « post-Solidarité » d’examiner notamment les crimes soviétiques et communistes.

Grâce à un feu vert politique, une équipe de spécialistes de l’Institut (notamment des juges d’instruction et des historiens), mais aussi des fonds financiers et des moyens techniques conséquents assurèrent à cette enquête policière doublée d’une enquête historique, le professionnalisme et l’objectivité.

Le résultat en était entre autres le livre blanc sur l’affaire de Jedwabne, intitulé « Autour de Jedwabne » (Wokol Jedwabnego, t. I-II, Varsovie, 2002). Le premier de ces gros volumes compte 500 pages d’études spécialisées sur différents aspects de la question (de la cohabitation des deux populations sur ces terres avant le crime, par les études démographiques et migratoires des Juifs au cours de la deuxième guerre mondiale, jusqu’à l’analyse juridico-historique des procès des meurtriers qui avaient eu lieu après la guerre). Le second volume présente, sur plus de 1 000 pages, tous les documents amassés au cours de l’enquête menée par l’Institut de la Mémoire Nationale. Il en ressort non seulement toute l’anatomie du crime polonais contre le voisin juif à Jedwabne, mais aussi la conclusion qu’il y avait d’autres massacres semblables dans la Pologne orientale, qui s’inscrivaient dans la vague de persécutions qui touchaient la population juive en Europe Centrale, des États baltes jusqu’à la Bessarabie.

L’enquête de l’Institut de la Mémoire Nationale fut aussi conclue par la reconstitution des événements incontestables qui avaient eu lieu en ce jeudi 10 juillet 1941, jour du génocide des Juifs de Jedwabne par leurs voisins polonais.

Ainsi, il fut prouvé tout d’abord qu’au petit matin, les habitants des environs de Jedwabne sont rentrés dans la ville. C’est une des preuves du caractère planifié et organisé du crime. La population – non seulement de la ville, mais aussi de ses larges environs – savait qu’il avait été prévu pour ce jour-là des actions contre les Juifs. Il est aussi certain que dès le matin, les habitants polonais de Jedwabne expulsaient les Juifs de leurs maisons et les obligeaient à se rassembler sur la place centrale de la ville. Un petit groupe non identifié d’Allemands assistait à l’expulsion des Juifs de leurs maisons, après quoi il resta passif. Pour les autres crimes commis ce jour-là, l’activité des Allemands reste non déterminée. Il n’est même pas prouvé qu’ils ont assisté à l’incendie de la grange.

Les Juifs rassemblés sur la place furent obligés d’arracher les herbes d’entre les pierres à paver. Les habitants polonais de Jedwabne et de ses environs commirent des actes de violence contre les Juifs rassemblés sur la place. Un groupe des Juifs, entre quarante et cinquante hommes, fut conduit jusqu’au monument de Lénine se trouvant dans un square à une centaine de mètres de la place. Ils furent forcés d’abord à détruire le monument et ensuite à porter son fragment (le buste) jusqu’à la place. Le groupe passa par la place vers midi et fut conduit ensuite jusqu’à la grange de Sleszynski. Les hommes de ce groupe furent assassinés et leurs corps jetés dans un trou creusé à l’intérieur de la grange. Faute de témoignages, il est impossible de déterminer de quelle manière ces hommes furent assassinés (seul l’usage des armes à feu par les meurtriers fut exclu). Les fragments du buste de Lénine furent ensuite jetés dans le même trou, sur les cadavres des Juifs.

Dans l’après-midi, quelques centaines de Juifs rassemblés sur la place furent contraints de marcher quelque sept cents mètres jusqu’à la même grange de Sleszynski. Poussés de force dans la grange, il y trouvèrent la mort. La construction en bois et couverte de chaume fut incendiée à l’aide de pétrole. Le massacre des Juifs de Jedwabne fut suivi du pillage de leurs biens par les voisins polonais. Probablement plus d’une centaine de Polonais, habitants de Jedwabne et de ses environs, prirent part, à un moment ou l’autre, au crime. En mai 1949, douze de ces participants au crime avaient été jugés devant les tribunaux de la Pologne Populaire et condamnés pour complicité au massacre. Une deuxième enquête, menée en 1967, ne pouvait être que fictive à cette époque où le pouvoir communiste manifestait son antisémitisme.

Dans les années soixante fut érigé sur le lieu du crime un monument portant l’inscription : « Lieu d’exécution des Juifs. Ici la gestapo et la gendarmerie hitlérienne ont brûlé vif 1600 personnes ».

Cependant, en avril 1945, un survivant juif, Szmul Waserstajn, avait déposé son témoignage devant la Commission Historique Juive (Zydowska Komisja Historyczna) à Bialystok. Dans les mois qui suivirent, d’autres rescapés du massacre déposèrent aussi leurs témoignages. Beaucoup plus tard, plusieurs déclarations concernant le massacre de Jedwabne virent encore le jour avec la publication du livre-mémorial des Juifs de Jedwabne publié en 1980 aux États-Unis, mais elles n’eurent pas non plus, tout comme les précédentes, d’influence sur l’interprétation des relations polono-juives au cours de la deuxième guerre mondiale.

Ainsi, toutes ces dépositions sont restées quasi muettes jusqu’en 2000, lors de la publication du livre Les Voisins. La publication en polonais du livre de Jan Tomasz Gross, en même temps que la diffusion à la télévision nationale polonaise d’un documentaire réalisé par Agnieszka Arnold, intitulé aussi Les Voisins, répandit très largement la problématique de la tragédie de Jedwabne. Les témoignages déposés il y a plus de cinquante ans, racontant l’atrocité du crime et affirmant la responsabilité des voisins polonais, avaient constitué des sources majeures pour Jan Tomasz Gross, de même qu’ils devenaient des éléments de base dans l’enquête menée par l’Institut de la Mémoire Nationale. Ses spécialistes, outre les dépositions écrites, entendirent 111 témoins, certains vivant en Israël et aux États-Unis (un tiers parmi eux déclara avoir été à Jedwabne le jour du massacre et l’avoir vu).

Dans cette intervention, nous voulons nous interroger notamment sur ce lieu de crime et de mémoire qu’est le champ où se trouvait la grange : comment ce lieu a changé depuis le massacre, mais surtout à quel point il exige, depuis six ans, de s’en souvenir et à quel point il préserve encore les traces de cette grange qui brûla.

Dans l’affaire de Jedwabne, ce choc de percevoir après soixante ans les granges qui brûlèrent à Jedwabne et dans d’autres bourgades polonaises résultait d’une part de la large diffusion des images actuelles du lieu du crime dans les médias, et d’autre part, de ces témoignages abondants qui répétaient les ressentiments concernant le crime : les hurlements des Juifs, l’odeur âcre de la chair brûlée, la grande colonne de fumée noire, etc. Donnons quelques exemples de ces impressions éprouvées par les sens.

Entendre. Il existe plusieurs témoignages des voisins polonais qui se souvenaient des cris venant de la grange, des hurlements qui étaient entendus non seulement par ceux qui se trouvaient àproximité (qui assistaient au crime ou qui l’observaient), mais aussi par ceux qui restèrent dans la ville. « J’ai encore dans mes oreilles le cri des gens conduits à la mort, je sens encore l’odeur du brûlé », dit Helena Adamczykowa au journaliste Andrzej Kaczynski. Il est à entendre aussi un cri muet : le 10 juillet 2001, le titre à la une du journal Gazeta Wyborcza était « Le lieu qui crie ».

Il y a des centaines d’images liées à l’ensemble du crime et à sa mémoire. Mais il y a aussi un manque d’images, ressenti lorsque l’on consulte le site Internet officiel de la ville de Jedwabne, sans y voir aucune mention du massacre. C’est aussi regarder la place centrale de Jedwabne et s’inquiéter comme le fait Anna Bikont : « Je ne cesse de penser à la place du marché de Jedwabne. Savaient-ils qu’ils marchaient vers la mort ? » Il y a aussi des images fortes, parmi lesquelles celles des fouilles archéologiques sur le lieu du crime. En effet, au tournant de mai et juin 2001, l’enquête de l’Institut de la Mémoire Nationale mena à des recherches et exhumations sur le lieu où se trouvait la grange. Elles apportèrent des preuves matérielles et levèrent plusieurs doutes concernant le déroulement du massacre.

Deux fosses communes furent alors découvertes. Dans la première tombe, à l’extérieur de la grange, on mit à jour les débris de 100-150 hommes qui trouvèrent la mort dans la grange enflammée, mais dont les restes n’ont pas brûlé. Dans la seconde fosse découverte sous les restes du monument de Lénine, on compta les restes de 40-50 hommes qui appartenaient au premier groupe massacré dans la grange. On trouva aussi dans les deux tombes les cendres de 50 hommes environ. Les anthropologues constatèrent que les débris retrouvés à Jedwabne étaient ceux des victimes, hommes et femmes d’âges variés, des nouveau-nés jusqu’aux vieillards. Les corps et les cendres des suppliciés furent exhumés en présence du rabbin Schudrich de Varsovie et du rabbin Ekstein d’Israël. L’exhumation fut pourtant suspendue en raison des protestations de Juifs religieux, et il fut impossible de vérifier certains témoignages affirmant que les victimes étaient aussi enterrées dans le cimetière juif.

Les médias informaient sur les résultats des exhumations, en diffusant aussi des photographies.

Sentir. Même les hommes condamnés en 1949 pour la coparticipation dans le crime se souviennent d’avoir éprouvé cette impression. D’autres en parlent plus, comme Krystyna Kossakowska, née Ostrowska, à la journaliste Anna Bikont : « Nous étions, avec mes frères et soeurs, à la maison, sur les genoux et nous vomissions à cause de cette fumée fétide qui se répandait dans tout Jedwabne, le vent l’emportait et l’insufflait dans les appartements, elle empoisonnait ». Un autre témoignage affirme que l’odeur de la fumée fut ressentie dans un village à dix kilomètres de la grange.

Goûter. Anna Bikont cite dans son livre-reportage une conversation chez les E., habitants de Radzilow, à propos du cimetière juif en ruine depuis le massacre des Juifs de la ville, organisé trois jours avant celui de Jedwabne. Après la guerre, les habitants de Radzilow, en concurrence avec les pouvoirs locaux, pillaient le cimetière juif, en y ramassant notamment les pierres tumulaires et le gravier. Le cousin des E. se souvient qu’« on ramassait aussi de l’oseille sur les tombaux, elle poussait haut et on pouvait gagner quelque sous ». « De quoi tu parles ? – coupe sa femme – Cette oseille ne serait pas bonne, parce que trop grasse. Et qui mangerait de l’oseille du cimetière ? ». « Pourtant, elle se vendait très bien » – répond le mari.

Toucher. C’est marcher dans cette ville dont l’un des habitants a dit : « Tout Jedwabne est un cimetière », en mentionnant les crimes singuliers commis ce jour-là partout dans la bourgade. Et surtout, c’est aller au cimetière juif en face du lieu du crime. Cimetière ruiné et dévasté qui s’est couvert de végétation et qui pendant longtemps était aussi en partie utilisé comme champ, ensemencé au printemps, etc. Faute de survivants, ce cimetière, comme toutes les autres nécropoles juives en Pologne, paraît comme un espace lugubre.

Penser la grange brûlée de Jedwabne en tant que nécropole exige de présenter ce qui s’est passé sur ce lieu de mémoire depuis que le crime contre les voisins fut révélé au grand public.

Le 10 juillet 2000, deux personnes parmi les autorités de la ville se rendirent sur le lieu de crime. Le maire Krzysztof Godlewski et le président du conseil Stanislaw Michalowski y posèrent des fleurs au nom de la population. Premier signe de controverse : le maire avoua qu’il avait hésité à payer les fleurs avec la caisse municipale, craignant l’opposition du conseil. Il allait se révéler très bientôt que les deux hommes étaient les seuls représentants des pouvoirs locaux qui ne rejetaient pas ce lourd passé.

Jusqu’aux célébrations du soixantième anniversaire du crime en 2001, les préparations se révélèrent bien difficiles, notamment en raison de l’attitude hostile des habitants de Jedwabne et du fait que l’enquête de l’Institut de Mémoire Nationale était loin d’être close.

Ainsi, par exemple, le 15 mars 2001, à une heure matinale et sans annonce (pour ne pas inciter les contre-actions), un excavateur enleva sur le lieu de crime la pierre avec l’inscription indiquant la culpabilité immédiate allemande. Cependant, en Pologne, les discussions concernant le contenu de la future inscription s’éternisaient. La première proposition officielle fut de mettre sur le monument deux phrases : « À la mémoire des Juifs de Jedwabne et de ses environs, hommes, femmes, enfants, co-maîtres de cette terre, assassinés et brûlés vifs en ce lieu le 10 juillet 1941.

En avertissement pour le futur, pour que le péché de haine excité par le nazisme allemand ne tourne plus jamais les habitants de cette terre l’un contre l’autre ». Cette proposition provoqua beaucoup de controverses et les autorités polonaises, en accord avec les représentants juifs, décidèrent d’en laisser seulement la première phrase (en remarquant que la culpabilité des voisins polonais n’y était point exprimée, ce qui ensuite, après la clôture de l’enquête de l’Institut de la Mémoire Nationale, provoqua des protestations). En même temps, les autorités durent négocier avec l’héritier du propriétaire de la grange l’achat du terrain. Or, ce propriétaire, négationniste la responsabilité polonaise, voulait le vendre à un riche ultra-nationaliste polonais qui proposait le triple du prix réel. L’affaire fut enfin réglée, quand l’État paya presque le double du prix réel. Ce n’est que le 7 juillet 2001 que l’on put enfin ériger les nouveaux monuments à Jedwabne. L’un sur le lieu de massacre et l’autre sur le cimetière juif d’en face.

Soixante ans plus tard, le 10 juillet 2001, la tragédie fut solennellement commémorée. Après avoir conduit une marche silencieuse sur le trajet emprunté par les victimes, le président de la République, Aleksander Kwasniewski, prononça un discours expiatoire sur le lieu où se trouvait la grange brûlée : « Nous devons implorer le pardon aux ombres des victimes et à leurs familles.

C’est pourquoi aujourd’hui, en tant que citoyen et président de la République de Pologne, je demande pardon. Je demande pardon en mon propre nom et au nom de tous ceux parmi les Polonais dont la conscience est touchée par ce crime ». Le rabbin Jacob Baker, jedwabien de naissance et co-auteur du Livre de Mémoire de Jedwabne, dit entre autres : « Je suis ici en tant que compatriote des assassinés et des meurtriers. Nous sommes ici grâce aux larmes versées par les Juifs et hommes d’autres confessions. Cela fit une grande impression aux Cieux. Le Président a dit qui la Pologne – notre Pologne – demande pardon. Ceux qui sont priés doivent accorder leur pardon ». Une autre voix semblait encore plus conciliatrice que les autres : « Moi, professeur Szewach Weiss, ambassadeur de l’Israël en Pologne, j’ai eu l’occasion de rencontrer dans ma vie aussi d’autres voisins. Grâce à eux, moi et ma famille, nous avons survécu à la Shoah. Grâce à eux, je peux aujourd’hui être des vôtres. J’ai connu dans ma vie aussi d’autres granges, celles où l’on cachait des Juifs ». Les prières suivirent les discours (à noter, ou plutôt pour une fois de plus à s’imaginer entendre, les psaumes chantés – et en fragments c r i é s – par le célèbre chanteur Joseph Malovany). Ce lieu de la mémoire difficile polonaise connut cependant ce jour-là aussi de grandes absences.

Tout d’abord, celle des habitants actuels de la ville. Certes, le maire de Jedwabne salua les venus, mais il savait que ce geste lui coûterait son poste. En effet, les deux milles habitants actuels de Jedwabne sont restés dans leur ensemble négationnistes. Ils réfutent la responsabilité de leurs ancêtres et surtout de leurs prédécesseurs (la majorité de la population s’est installée dans la ville seulement après 1945). Quelques-uns seulement sont venus assister aux cérémonies. La plupart sont restés muets, mais plusieurs personnes ont aussi manifesté leur désapprobation, certains par leurs propos antisémites, d’autres par les affiches visibles dans la ville le jour des célébrations : « Nous ne demandons pas pardon. Ce sont les Allemands qui ont massacré les Juifs à Jedwabne. Que les calomniateurs demandent pardon à la Nation Polonaise ».

On nota aussi que seulement quelques hommes d’Église y étaient présents, dont aucun hiérarque.

Il faut toutefois souligner que fin mai 2001, dans une église de Varsovie, fut célébré un grand office expiatoire. Pour la première fois dans l’histoire de l’Église polonaise, ses hiérarques demandaient pardon à Dieu pour les délits des catholiques. L’évêque Stanislaw Gadecki remarqua alors que « l’effort de l’épuration de la mémoire devient pour nous le devoir difficile de l’épuration des consciences ». Au nom d’une cinquantaine d’évêques, il prononça un discours expiatoire pour Jedwabne et d’autres crimes. Il faut dire cependant que le lieu et la date de cet office solennel l’éloignèrent de l’affaire de Jedwabne. Au cours des cinq années qui suivirent, le lieu de mémoire, devenu le champ où se trouvait la grange brûlée, fut témoin de cérémonies anniversaires chaque 10 juillet, mais les participantsn’étaient jamais plus de quelques dizaines. C’est seulement en 2006 qui Jedwabne revint à la une de la presse polonaise, en raison de la visite du vice-premier ministre polonais, Roman Giertych, chef du parti nationaliste catholique polonais (Liga Polskich Rodzin, Ligue des FamillesPolonaises), boycotté par l’ambassadeur d’Israël, considéré comme le représentant du parti antisémite. Il déposa des fleurs sur le lieu du crime et déclara devant les caméras qu’« il n’y a pas et qu’il n’y aura pas en Pologne de place pour l’antisémitisme ».

L’antisémitisme en Pologne est un sujet à part, mais qu’on ne peut omettre dans cette étude. Il y a d’abord la question de l’antisémitisme des voisins. La grande majorité des historiens n’ont aucun doute sur le fait que c’est l’une des causes majeures du massacre. Parmi les causes énumérées dans le livre blanc sur l’affaire de Jedwabne, l’antisémitisme survient à côté de la volonté de pillage, de la vengeance pour la collaboration, vraie ou imaginaire, des Juifs avec les Soviétiques, de l’inspiration nazie (notamment les directives d’Heydrich disant qu’il faut encourager, provoquer, intensifier des actions de la population polonaise, « notamment contre les bolchéviques et les Juifs »). Sans l’antisémitisme, il n’y aurait pas eu de Jedwabne, et en revanche, avec l’antisémitisme très fort dans cette région-là avant la guerre, les historiens ont du mal à trouver un passé commun des voisins juifs et polonais de Jedwabne. Il y a des interprétations qui argumentent que les pogroms de 1941 n’étaient que l’explosion de l’antagonisme économique très profond et de l’idéologie antisémite qui excluait la cohabitation des deux populations, polonaise et juive, et que de tout petits groupes nazis, comptant quelques hitlériens, suffirent pour que la haine devienne meurtrière (Andrzej Zbikowski).

Un autre problème semble toucher le paradoxe. Il fut révélé que certains des meurtriers étaient devrais héros de la lutte contre les deux totalitarismes, rouge et brun. Quelques historiens polonais, controversés dans leur milieu, mais dont les propos trouvent un auditoire, essaient de nier le crime commis par les Polonais. Ils développent d’autres sujets : l’héroïsme de toute la nation polonaise au cours de la deuxième guerre mondiale ; la prétendue collaboration réticente de la population juive qui aurait accueilli en 1939 l’Armée Rouge envahissant massivement la Pologne, avec un grand enthousiasme, au point de dénoncer ensuite des résistants polonais et de contribuer ainsi à leur déportation en Sibérie ; enfin, la collaboration des Juifs après la guerre, à l’époque stalinienne, notamment dans les services secrets du régime.

Il ne peut y avoir de doute : l’affaire de Jedwabne commença à déconstruire les tabous polonais à tel point que les historiens avaient la possibilité de mener des débats ouverts sur toutes ces questions, les arguments scientifiques contre d’autres arguments scientifiques ou contre les stéréotypes. Les autorités morales polonaises se sont déclarées sur cette question. Pour en donner des exemples : l’évêque et philosophe Jozef Zycinski coupa à très haute voix toutes les spéculations, en déclarant que « toute suggestion disant qu’il puisse exister des raisons justifiant le brûlement collectif d’êtres humains dans des granges serait folle » ; le père Stanislaw Musial dans Rzeczpospolita intitula son texte devenu célèbre « Jedwabne est un nouveau nom pour  Holocauste ». D’autre part, le prêtre Jankowski, connu pour ses propos antisémites, installa en 2001 dans l’église Sainte-Brigide à Gdansk une Crèche en forme de grange à moitié brûlée, avec l’inscription : « Les Juifs ont tué Jésus et les prophètes et ils nous ont aussi persécutés. Polonais, sauvez la Pologne ». C’était aux Polonais de choisir entre ces deux attitudes. Krzysztof Godlewski, le maire courageux qui représentait dignement Jedwabne le jour du soixantième anniversaire du massacre avoua à la journaliste Anne Bikont : « Auparavant je n’ai pas réfléchi à tout cela, j’étais antisémite ». La majorité des autres habitants de Jedwabne ont cependant leur propre version de la deuxième guerre mondiale, celle du joug soviétique, puis nazi, des occupations rouge et brune dont ils ont énormément souffert et contre lesquelles ils savaient lutter. La grange qui brûla dans leur ville ne fait pas partie de cette histoire, elle appartient au passé des autres. Et d’ailleurs, comme l’avoue l’un des habitants de Jedwabne : « est-ce que le passé nous intéresse, quand il y a 40% des chômeurs dans notre ville, de la pauvreté et de l’alcoolisme comme peut-être nulle part ailleurs ? ».

Waldemar Kuczynski dans son article Plonaca stodola i ja (« Une grange qui brûle et moi ») fit appel en cette année 2001 à ses compatriotes : « Nous ne pouvons pas soulager notre conscience de cette grange brûlante d’il y a soixante ans et de ce cri qu’on entendait à deux kilomètres. Elle brûle toujours et le cri est toujours fort. Elle brûlera et on entendra ce cri aussi longtemps que nous refoulerons notre responsabilité pour ce génocide ».

La discussion sur Jedwabne était le plus important, et sûrement l’un des plus grands débats publics en Pologne depuis la chute du communisme. Même si certains Polonais – encore nombreux – ont toujours du mal à faire face à la mémoire difficile, la réaction de l’État polonais et des autorités du pays en 2000 et 2001 (l’enquête de l’Institut de la Mémoire Nationale, la demande de pardon par les hauts dignitaires de l’État, jusqu’aux célébrations de l’Église) a posé des fondements nécessaires pour la guérison de la mémoire nationale. Nier Jedwabne – génocide tant affirmé par les recherches scientifiques et les enquêtes juridiques indépendantes – commence à ressembler à la négation de la Shoah.

On a assisté au cours de cette « affaire de Jedwabne » à l’effondrement d’un paradigme de la mémoire collective polonaise fonctionnant depuis le XVIIIe siècle et affirmant que les Polonais étaient toujours des victimes innocentes, notamment de ces voisins russe et allemand. En effet, Jedwabne détruit ce mythe. L’enquête de l’Institut de Mémoire Nationale affirme qu’il y eut au cours de ces années noires de la guerre, certes combien héroïques de l’histoire des Polonais, des événements et attitudes barbares qui font de sorte qu’ils appartiennent aussi à notre passé national commun, les pages gravées par les bourreaux, et ceci non seulement des meurtrier individuels, mais aussi collectifs comme « la population d’une ville ». L’historien Krzysztof Jasiewicz croit que Les voisins de Gross n’ont pas seulement imposé le sujet de la co-responsabilité polonaise, mais aussi la manière de présenter ce genre de problèmes du passé et c’est pourquoi le chercheur doit désormais en donner une présentation personnelle, émotionnelle. Raconter cette histoire, c’est comme il dit de sa propre expérience, « écrire un roman dont les héros sont normalisés par les sources ». Pawel Machcewicz, rédacteur en chef du livre blanc de Jedwabne, soulève un autre problème fondamental : « comment parler et écrire sur les massacres de Juifs, d’Allemands et d’Ukrainiens perpétrés épisodiquement par les Polonais, sans omettre cette vérité majeure : pendant la seconde guerre mondiale, les Polonais étaient aussi des victimes, et leurs crimes n’étaient que les marges de leur destin guerrier sous l’Occupation ». En généralisant la question de Jedwabne, il est donc capital de relativiser. Jedwabne a prouvé la force de la vérité historique dans un État démocratique qui, en tant qu’État justement, sait faire face au passé le plus lugubre de ses citoyens, en ne limitant aucunement la libre discussion sur ce sujet, mais un État aussi qui doit désormais faire face à des polémiques venues de l’étranger, telles que ces fameuses évocations de l’existence de « camps polonais d’extermination des Juifs».

La mémoire du post-communisme vue à travers la petite ville de Jedwabne, une ville-cimetièrejuive, vide ou presque des preuves physiques de tout un monde anéanti, s’est révélée ouverte depuis six ans à une richesse extraordinaire de témoignages sur le passé, de retentissements politiques, allant même jusqu’à raviver des impressions sensorielles. Et voilà comment une mémoire cachée ou connue seulement de l’expérience individuelle de quelques personnes parvient à acquérir un très vaste et bien vif aspect entre autres socio-psychique et sensoriel.

✲ Maciej Forycki est maître de conférence en histoire. Ses recherches qui portent notamment sur l’histoire intellectuelle et culturelle du temps des Lumières et sur les relations entre les Slaves et le monde francophone ont donné matière à des livres sur l’anarchie polonaise dans la pensée des Lumières (2004) et sur Stanislas Leszczynski (2006). Sa présente réflexion fait partie du projet intitulé « Faire appel aux morts pour se souvenir, faire taire les tombes pour oublier. Les cimetières dans la Pologne postcommuniste », sous la direction de Bogumil Jewsiewicki.

Bibliographie Bikont (Anna), My z Jedwabnego, Varsovie, 2004. Cala (Alicja), Wizerunek Zyda w polskiej kulturze ludowej, Varsovie, 1988. Gross (Jan Tomasz), Sasiedzi, Historia zagłady zydowskiego miasteczka, Sejny, 2000. Jasiewicz (Krzysztof), Pierwsi po diable. Elity sowieckie w okupowanej Polsce 1939-1941, Varsovie, 2002. Postanowienie o umorzeniu sledztwa. Prokurator Radoslaw J. Ignatiew – Naczelnik Oddziałowej Komisji Ścigania Zbrodni przeciwko Narodowi Polskiemu, publié sur l’Internet, www.ipn.gov.pl. Steinlauf (Michael C.), Pamiec nieprzyswojona. Polska pamiec Zagłady, Varsovie, 2001. Weiss (Szewach), Czas ambasadora, Cracovie, 2003. Wokol Jedwabnego, t. I : Studia, t. II : Dokumenty, Machcewicz (Pawel), Persak (Krzysztof) reéd., Varsovie, 2002. Yedwabne. History and Memorial Book, Baker (Julius L.), Baker (Jakob L.), Tzinowitz (Mosce) réd., Jérusalem-New York, 1980. Zbikowski (Andrzej), U genezy Jedwabnego. Zydzi na kresach Polnocno-Wschodnich II Rzeczypospolitej, wrzesień 1939 – wrzesień 1941, Varsovie, 2006. Parmi des dizaines d’articles sur l’affaire de Jedwabne, voir notamment : Bosakowski OP (Ryszard), « Mesjasz w Łomżyńskiem », Tygodnik Powszechny, 23 juillet 2006. Kaczyński (Andrzej), « Oczyszczenie pamieci », Rzeczpospolita, 19 mai 2000. Krol (Marcin), Spiewak (Pawel), Zaleski (Marek), « Akt skruchy i co dalej? », Res Publica Nova, 7, 2001. Magdziak-Miszewska (Agnieszka), « Między Jedwabnem a Pawliwka. Pamiec jako czynnik w stosunkach miedzynarodowych », Wiez, 10 (540), octobre 2003. Kuczyński (Waldemar), « Plonaca stodola i ja », Wprost, 25 mars 2001. Michnik (Adam), « Szok Jedwabnego », Gazeta Wyborcza, 17-18 mars 2001. Musial (Stanislaw), « Jedwabne to nowe imie Holokaustu », Rzeczpospolita, 10 juillet 2001. Stola (Dariusz), « Pomnik ze slow », Rzeczpospolita, 1 et 2 juin 2001. Strzembosz (Tomasz), « Inny obraz sasiadow », Rzeczpospolita, 31 mars 2001. Zycinski (Jozef), « Banalizacja barbarzynstwa », Wiez, 3 mars 2001.

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Tariq Ramadan, le « professeur » qui a fait acheter sa titularisation

tariq-ramadan[1]

C’est le titre d’un  article de Hugh Fitzgerald, paru dans le magazine New English Review et repris par le site canadian « Poste de veille », le 30 novembre 2011. Il révèle les dessous de la nomination à l’Université d’Oxford du prédicateur islamiste Tariq Ramadan. Je ne partage pas tous les attendus de cet article ne serait-ce que l’Idée que Tariq Ramadam aurait été mis KO par Finkelkraut et Fourest, il les a intellemetuellement écrasés que cela nous plaise ou non. Mais cet article refait surface, et depuis que j’ai appris que le Qatar s’était acheté ses services et qu’il enseigne au Qatar fondation,  j’ai des doutes… Que cet émirat s’ampare du PSG et du Barça, bon… Que l’émirl se constitue un patrimoine immobilier à Paris (entre autres la Banque HSBC aux Champs Elysées, le centre kleber au pieds de l’Arc de triomphe) qu’il s’empare des entreprises (,5% du capital de Veolia-environnement.et surtout qu’il ait pris des parts majoritaires dans le capital Lagardère à 100% médias, il possède 12,83% premier actionnaire avant A.Lagardère) et qu’il veuille s’implanter dans les banlieues est une stratégie, La France est la principale cible mais pas seulement. Il rachète également dans le monde anglophone. De surcroît entre autres turpitudes qu’il ait imposé un statut de membre associé de l’organisation internationale de la Francophonie et qu’il surveille de près un réseau d’établissement scolaire, avec le récent scandale à Doha du lycée Voltaire avec une étrange conception de la laïcité de l’enseignement. Ce qui paraît l’intéresser au-delà de la France est l’Afrique francophone. Ainsi Al-Jazeira va installer une chaîne en français à Dakar.. Le visage moderniste s’accompagne de l’Islam le plus archaïque, le waabhisme qu’il partage avec les saoudiens, une volonté missionnaire qui le pousse dans un mélange d’autocratie et de mégalomanie  à toutes les guerres en Libye, en Syrie et pratique à ce titre le double jeu avec Israël et le Hamas, rend suspect l’émirat et ses stipendiés… Lire la carrière de Tariq Ramadam à la lumière des projets Qatari est sans doute plus intéressant que l’article qui révèle des faits mais se lance dans des interprétations hasardeuses. (note de Danielle Bleitrach)
Et nous apprenions il y a quelque temps que la London School of Economics avait honoré d’un doctorat (Ph.D) ce grand connaisseur de la condition humaine, Seif al-Islam, le fils du défunt Mouammar Kadhafi, et que la thèse du doctorat en question avait été écrite par d’autres que lui (dans la veine du scandale, dans les universités de tout le monde occidental, de ces riches Arabes, Perses, ou Pakistanais qui font appel à des plumes pour écrire leurs papiers) ; cela nous porte à croire qu’aucun de ces diplômes ne peut être pris au sérieux, qu’aucun de ces supposés lettrés n’a travaillé par lui-même, et qu’on doit les en soupçonner tant qu’il n’auront pas apporté la preuve du contraire, la preuve qu’ils ont effectivement étudié, et la preuve, dans une moindre mesure, qu’ils ont été effectivement formés à quelque chose.
Mais le pire scandale, c’est avant tout  la nomination d’un certain propagandiste comme titulaire d’une chaire créée et payée par un sombre roitelet arabe (Ce dandin d’émir du Qatar ? Ce si photogénique sultan d’Oman, tout en folklore avec son faucon sur la main ? J’ai oublié lequel…), chaire créée dans le but précis de lui offrir le bon ascendant grâce auquel il peut mener sa campagne douceâtre et sinistre de promotion de l’islam dans tout le monde occidental.
Cet homme, avec sa titularisation achetée clés en mains, c’est Tariq Ramadan. Il est le petit fils d’Hassan El Banna, le fondateur des Frères Musulmans. Chacune de ses sorties publiques est l’occasion d’une nouvelle démonstration de taqiya et de kitman, d’un empilement de mensonges et de demi-vérités débités à un tel rythme qu’on ne peut les réfuter tous, que ce sera difficile de rétorquer, même pour l’adversaire le mieux préparé. Il a pendant un temps enseigné à Genève. Mais avec la publication du livre de Caroline Fourest (« Frère Tariq  ») et sa mise en pièces lors de deux émissions à fortes audiences (l’une avec un Nicolas Sarközy  à son meilleur, l’autre avec Alain Finkielkraut ), il a été temps pour Tariq Ramadan de quitter les contrées francophones où bien trop de gens le connaissaient, et de filer vers les territoires anglophones du Dar al-Harb, à savoir l’Angleterre, et au-delà, le jackpot, les Etats-Unis. Mais tout d’abord, il a tenté sa chance aux Pays Bas. Il a réussi, à force d’argent arabe, à se faire créer une chaire dans une université des Pays Bas. Mais il a vite compris que cela ne marcherait pas, qu’il allait devoir rejoindre l’Angleterre, et donc Oxford ou Cambridge (même si l’Université de Londres, par le SOAS [School of Oriental and African Studies], l’aurait volontiers accueilli).
Tariq Ramadan ne s’est jamais résolu à n’être qu’un humble chargé de conférence au St Antony’s College [d’Oxford], où le département du Moyen Orient (contrairement à ceux, légitimes depuis toujours, de l’Europe de l’Est et de la Russie) était tenu d’une main de fer par Albert Hourani, qui en avait fait un moulin à diplômes pour les Arabes (parmi lesquels Rachid Khalidi), et s’y prélassait du haut de ses responsabilités, y dispensant ses faveurs à la façon d’un abbé gras en son monastère. Et donc il s’est fait créer une chaire à Oxford, une chaire instituée pour lui, et après un « recrutement international », une chaire qu’il a investie comme professeur, lui, Tariq Ramadan. Et est-ce que les responsables d’Oxford, ceux des départements d’études arabes, du Moyen-Orient, ou des études islamiques, ceux qui dépendent tant des contributions financières de ces riches arabes qu’ils courtisent sans cesse, ceux-là, est ce qu’ils se sont élevés contre ce titre de professeur acheté rubis sur l’ongle ? Non. Soit ils n’ont rien dit, soit, bien pire, ils sont tombés en pâmoison devant la justesse et la valeur d’une telle nomination. Tout cela donne la nausée.
Et pendant un temps, Tariq Ramadan a continué sa campagne, celle où il disait « nous [les musulmans] sommes là » et « nous sommes là pour rester » et « il n’y a rien que vous puissiez y faire », pour mieux montrer ensuite le visage de l’extrême affabilité, jusqu’à ce que des gens comme Ibn Warraq ou Ayaan Hirsi Ali ne le mettent KO à l’occasion d’un débat. Il a bien meilleur jeu à débattre avec ceux, occidentaux, qui tremblent à l’idée de croire ce qu’ils apprennent de l’islam, qui se refusent à le croire vraiment, qui aimeraient tant ne pas y croire, se convaincre qu’il n’y a en fait aucun problème, ou que, s’il y en a un, il pourra être facilement résolu.Mais voilà dix mois que Tariq Ramadan a été exceptionnellement – pour lui – silencieux. Pourquoi ? Et bien, qu’a-t-il à dire sur les événements d’Egypte, son pays d’origine ?  – quand bien même se croit-il fondé à se considérer comme européen, car il se trouve qu’il est certes né et a été élevé en Europe mais comme le fils fanatique d’un père fanatique, qui était lui-même le fils d’un grand père encore plus fanatique. Et bien, qu’a donc à dire Tariq Ramadan sur l’Egypte ? Peut-il prendre le parti de cette minuscule opposition laïque et libérale, qui a si peur des Frères Musulmans ? Bien sûr que non. Peut-il se faire le porte-voix de la persécution, des attaques meurtrières envers les coptes ? Non, il ne le peut pas. Il ne le fera pas. Donc, il fait profil bas pour le moment.
Le Oxford Student devrait examiner les sources de financement de Tariq Ramadan, examiner comment il a été nommé titulaire d’une chaire à Oxford, examiner ses soi-disantes « brillantes études ». Cela exigerait un travail de journalisme d’investigation de haut niveau. Mais cela en amuserait certainement plus d’un. Cela serait utile à toute la sphère académique de voir exposées au grand jour la pourriture et la corruption dues à cet argent arabe, cet argent qui n’afflue pas seulement pour construire des centres d’études islamiques dans des endroits comme Durham et Exeter, mais aussi pour que seuls y prévalent ceux qui souhaitent défendre la foi de l’islam, et éviter de subir des critiques émanant d’Arabie Saoudite, du Koweit et des Emirats – c’est-à-dire émanant des donateurs qui surveillent minutieusement qui est nommé aux postes clés de ces centres, et qui s’assurent qu’aucune voix indépendante ou critique n’y soit entendue.

Oui, il faudrait publier le feuilleton du « Comment Tariq Ramadan a-t-il obtenu sa chaire universitaire ? » – à commencer par sa décision de quitter le monde francophone, par son faux départ aux Pays Bas, par son poste de chargé de cours au St. Antony ‘s College, et enfin ce stratagème de lui acheter une chaire, stratagème qui a si bien marché pour lui, et a fait tant de tort à l’image d’Oxford, et au moral des professeurs qui y méritaient leur nomination, et au moral de ceux qui n’ont jamais obtenu de titre de professeur mais étaient parfaitement au courant du scandale sous-jacent à la nomination de Tariq Ramadan.
Le scandale de ceux qui ont été admis comme étudiants a été traité comme il se doit (intéressant de noter d’ailleurs cette coutume des musulmans riches et puissants de vouloir étudier, ou faire étudier leurs enfants, autant qu’ils le peuvent dans le monde occidental – et pourtant ils ne se demandent même pas pourquoi les élites musulmanes, dans leurs propres pays riches mais misérables, cherchent tant à mettre leurs enfants dans des écoles chrétiennes ou occidentales, ou à les envoyer dans le monde occidental pour leurs études). Ici le fils Rafsanjani, là le fils Kadhafi, et encore là des dizaines de princes et princesses d’opérette – c’est si facile !
Mais le scandale de la nomination de Tariq Ramadan à la tête d’une chaire universitaire est d’une toute autre importance. Et il en va de même pour toutes ces manières qu’ont musulmans et non-musulmans idolâtres de l’islam de s’entraider, de s’embaucher les uns les autres, de se promouvoir les uns les autres, dans tous les départements académiques d’études islamiques ou moyen-orientales au Royaume Uni et dans tout le monde occidental.
Cela a été complètement dévoilé – entre autres par Martin Kramer. Mais il ne faut jamais relâcher les efforts en la matière. Pourquoi donc ne pas lancer une série d’articles, dans un grand quotidien de Londres plutôt qu’un journal d’étudiants d’Oxford, sur Tariq Ramadan et sa résistible ascension ?Tunisie-Secret.com
Hugh Fitzgerald, NER, 22 novembre 2011. Traduction par Olaf pour Poste de veille, http://www.postedeveille.ca

 

En Italie, Beppe Grillo fulmine contre la Fête des travailleurs, après l’échec de sa « marche sur Rome »

Article AC    pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

>>>ANSA/ GRILLO-BERSANI RISSA CONTINUA, 'FALLITO AMICO DI PIDUISTI'

Nous pouvons nous féliciter d’avoir en France un courant d’extrême-gauche lié aux communistes qui est un obstacle à ce type de dérive fasciste comme jadis le Front populaire a été un obstacle à la dérive fasciste d’Italie, d’Allemagne et d’…Espagne mais il faut énormément réfléchir aussi à l’air du temps et aux conditions de la bataille, à la manière de dégager l’essentiel la lutte contre le capital pour soulager les victimes de la crise et créer les conditions de leur rassemblement.(note de Danielle Bleitrach)

Quel jeu joue Beppe Grillo ? L’ancien comique reconverti    tribun de la plèbe italienne joue le jeu dangereux du populisme à tout crin, usant jusqu’à la corde le refrain anti-parti et anti-syndicats, dans un système politique italien en voie de    décomposition.

Les déclarations de Grillo sur le 1er mai ne peuvent surprendre que ceux qui connaissent mal le personnage :

celui du tribun vociférant, adepte des formules fleuries, qui font mouche sur les « valets du système » mais flirtant    dangereusement sur un fond qualunquiste, la variante italienne du poujadisme.

Dans un post « Les autruches du 1er mai », Grillo dresse un drôle d’oraison funèbre du 1er mai :

« C’était la fête des travailleurs, aujourd’hui c’est celle des chômeurs et du grand concert à Rome. Avant, c’était    ‘panem et circenses’, aujourd’hui il ne reste plus que les jeux, une seule fois par an, et à la tribune, à la place de Caligula et Dioclétien, les régents de la Triplice    syndicale ».

Les formules fusent avant que Grillo ne dresse le constat apocalyptique d’un pays en ruine de « chômeurs, reclassés,    précaires et émigrants ». Le deuxième pays pour le nombre d’émigrés « après la Roumanie ».

Dans son populisme à tout vent, Grillo pointe du doigt les « quatre millions de fonctionnaires, les dix-neuf millions    de retraités et le demi-million de personnes qui vivent de la politique, un poids insoutenable pour un pays sans croissance depuis 15 ans ».

Les retraités, les fonctionnaires, la « classe politique » : voilà ce qui pèse sur l’Italie pour    Grillo !

Tout cela conduit Grillo à ne pas fêter le 1er mai : « rite fatigué des responsables, des syndicats complices, des    partis qui occupent l’Etat. C’est la célébration de Caporetto et du 8 septembre réunis ! ».

Rappelons que le 8 septembre marque le jour de la capitulation du régime fasciste devant les Alliés en 1943. Honteux pour Grillo    mais glorieux pour les communistes et anti-fasicstes !

Grillo a bon dos de railler le « capitaine Findus » Letta, le roi du surgelé, et l’attitude désolante de la CGIL qui a    accueilli positivement le nouveau premier ministre mais le discours anti-parti et anti-syndicats de Grillo emprunte une pente savonneuse.

L’échec de la « marche sur Rome » de Grillo

Grillo a hésité à franchir le Rubicon. Le 20 avril, à l’annonce peu glorieuse de la ré-élection de Giorgio Napoletano comme    président, Grillo crie au « coup d’Etat ». Il appelle à la mobilisation « par millions dans les rues à Rome », pour marcher vers le Parlement et le palais présidentiel.

Fidèle à son utilisation du « réseau », le message de Grillo prend rapidement et des milliers de manifestants    répondent présents dans la soirée à Rome.

En guise de révolution, Grillo appelle au vote révolutionnaire : que le peuple… appuie le Parlement qui votera pour    Stefano Rodota, le concurrent de Napoletano, homme « honnête » pour lui.

Ancien du « Parti radical » (aussi radical que le nôtre!), Rodota fut le premier président du Parti démocrate de    gauche (PDS), successeur du PCI dissous. Il s’est distingué surtout par son européisme : il fut un des rédacteurs de la « Charte des droits de l’Homme de l’UE ».

Mais le vieux juriste, universitaire bourgeois, Rodota s’est empressé de dénoncer les manœuvres de Grillo : « Je    suis contre la marche sur Rome » a tenu à préciser l’Homme de loi, rappelant son attachement à la « légalité démocratique constitutionnelle ».

Un camouflet pour Grillo, « radical » sur estrade, qui le conduit à soutenir le « radical » fort modéré    Rodota : lui-même en 2012 exprimait ses craintes sur le « danger pour quelqu’un qui dit au Nord qu’il y a trop d’immigrés, et au Sud que la classe politique est l’équivalent de la    mafia ».

La mobilisation appelée de ses vœux par Grillo, qui s’était dit prêt à camper sur la place à Rome a fait long feu : Grillo    ne s’est même pas présenté à Rome, laissant ses partisans les plus exaltés subir la charge des forces de l’ordre dans les rues de Rome.

Grillo a hésité et a reculé, appelant à renvoyer ce type de mobilisation civile à plus tard.

Ses déclarations sur le 1er mai s’inscrivent dans cet après-20 avril : discrédit contre les partis et syndicats, populisme    personnel et une « radicalité » anti-système qui peut aller dans tous les sens.

Sans rapprochement hâtif ni lecture simpliste, il serait bon de relire ses lignes du fondateur du Parti communiste italien (PCI), Antonio Gramsci présentant les débuts du fascisme sous ses    traits superficiellement subversifs :

« Le fascisme s’est présenté comme l’anti-parti, il a ouvert les portes à tous les candidats, il a offert à une    multitude informe une façon de couvrir d’un vernis d’idées politiques vagues et nébuleuses le déchaînement sauvage des passions, des haines, des désirs.

Le fascisme est ainsi rentré dans les moeurs, il a fait corps avec la psychologie anti-sociale de certaines couches du    peuple italien » (Ordine Nuovo, 26 avril 1921).

 

___Le Front National n’aura pas Michel Clouscard par Christian Riochet

 

par Christian Riochet (Articles), mercredi 1 mai 2013, 09:35

photo de lui que Clouscard préférait, photo de Christian Riochet

 

Cet article paraît dans la chronique là oui je marche de Christian Riochet publié sur Facebook. C’est la 959ème chronique de cet individu.

 

 

Les milliards de lecteurs de là oui je marche ont constaté, j’en suis sûr, que pour l’instant je travaille à ‘Un film’, long métrage que je suis entrain de réaliser et que, donc, je ne dis pas grand-chose ici pour l’instant.

 

Comme on le sait je vis dans un petit village du sud de la France.

 

Où, en ce moment, les fleurs poussent à tout va et les oiseaux chantent à en rendre l’âme.

J’adore le printemps. Vivant avec moins de 800 euros par mois j’ai le bonheur de faire partie de ces 8 millions de français considérés comme étant sous le seuil de pauvreté. Je ne m’en plains pas. Je dirais même plus : je m’en amuse.

Mon entourage, amis et amies, me cajolent et me font mener une petite vie tranquille de bon vieux pépé. Parfois au détour du Chemin du petit bonheur (un parcours qui m’est cher dans la garrigue) me remontent heureusement de bonnes bouffées de haine de classe qui me réjouissent le corps.

 

Un article sur Clouscard vient de paraître sur internet

Au détours incertains d’Internet- autant en emporte le vent de ce net – un ami me fait découvrir un article qui vaut son pesant de caca.

 

Je tiens pour politique personnelle un Ministère des Affaires Etrangères fermé, dépeuplé, mis hors circuit par désir d’éviter ces petites conneries de salon parisien qui émeuvent des pseudos classes dominantes, classes dominées par une sordide branlette intellectuelle qui les fait jouir du désir de montrer qu’ils peuvent encore,parfois, éjaculer.

Certes le ton que j’emploie ici est provocateur. Il me plait de l’avoir. La réplique pamphlétaire a perdu de son actualité en France, à mon grand regret. C’est donc avec volupté que je trempe ma plume d’oie dans un encrier rouge et noir de vitriol.

 

Cessons là les préambules mondains et tapons sur la tête de la bête immonde dont le ventre est encore fécond, comme dirait le camarade Brecht.

Monsieur Breton vient de donner un texte à Egalité et Réconciliation.

Cette association est un repère d’idéologues qui mettent tout en œuvre pour apporter au Front National une pensée structurée et qui se veut pertinente. Breton ne signe pas son article de son nom, il se borne à un « GdB », initiales d’une retenue toute  faussement pudique et intitule son article : « Michel Clouscard et Alain Soral : même combat ».

 

 

Breton revendique Clouscard pour le Front-National

Ce titre suffit  à révéler l’intention : fourrer dans le même panier un extrémiste de droite avec un marxiste orthodoxe compagnon de route du PCF.

Breton fut, je veux bien l’admettre une relation proche de Michel Clouscard.

Clouscard est un sociologue et philosophe (professeur honoraire d’université) qui a publié en 1973« l’être et le code » après quoi il rédigera plusieurs ouvrages qui déclinaient cette thèse de doctorat d’Etat.

Dans « le capitalisme de la séduction » Clouscard enlevait le masque : il reprenait le fil rouge de la critique de l’économie politique de Marx et renouait ce fil rouge à l’actualité d’après la seconde guerre mondiale avec une vigueur conceptuelle fascinante. J’ai moi-même publié de cet auteur aux éditions du Pavillon un redoutable « Les dégâts de la pratique libérale ».

 

 

Clouscard est parti à la conquête des moulins à vent, Don Quichotte du concept et formidable bretteur au sein d’une intelligentsia parisienne qui le méprisa tout au long de sa vie. Il est mort le 21 février 2009. Les charognards tournent autour de son cadavre et s’arrachent des bouts de sa chair avec une volupté digne des luttes d’arrière-garde néofascistes.

 

Il ne s’agit pas ici de contester l’incontestable qualité de la compréhension que Breton a de la pensée et de l’homme Clouscard. Ce Breton-là connaît l’œuvre et le bonhomme, c’est incontestable.

Je dois dire que j’ai lu là pour la première fois une biographie conceptuelle de Clouscard de très haut niveau.[1] Quelques détails, purement anecdotiques, me semblent contestables mais cela est de peu d’importance. Le père Breton connait son affaire et livre Michel Clouscard en pâture au Front National.

Alain Soral fut aussi une relation de Michel Clouscard. Il fit même en son temps une préface à « Néofascisme et idéologie du désir », un remarquable pamphlet de Michel Clouscard reparu avec la préface d’Alain Soral en 1999 chez Castor Astral. Cette petite maison d’édition maintenait une tradition anarchiste libertaire de bon niveau. Sous l’impulsion d’un François de Negroni complaisant, Alain Soral a glissé sa plume de merde dans le parcours incorruptible d’un Clouscard piégé.

 

Michel – car je peux l’appeler Michel – n’a jamais eu selon moi aucun sens politique. Il avait et il a encore la belle âme d’un bretteur du sud-ouest de la France qui sait encore retrouver dans Cyrano de Bergerac, le coup de Jarnac qui terrasse l’adversaire. Mais cette faculté bien française lui a ôté la capacité politico-mondaine de savoir se protéger d’un entourage qui ‘prétentionait’ pour lui des victoires parisiennes, hexagonales, voire mondiales.

 

Michel se plaignait beaucoup de n’être pas entendu, au moins en île de France sinon dans son village et en tout cas partout ailleurs. Bernard Pivot le propulsa un jour au firmament d’ « Apostrophes » où ce pauvre Michel dut affronter un Jacques Séguéla tout à son affaire. Le bonhomme était ambitieux à juste titre.

Il avait la prétention de classe de ceux qui savent où sont les ennemis. Mais sa belle âme le rendait parfois aveugle. L’amour rend aveugle disait un aveugle qui aimait la vie.

 

Comme on le comprend il en va ici de ces petits combats de lâches qui encombrent les obscurs couloirs des Rastignac à la petite semaine d’un début de 21ème siècle qui cherche ses héros. Alain Soral, ce Rastignac, fut membre du PCF et « déçu »déchirera sa carte et livrera sa conscience politique d’honnête homme au FN. Ce mouvement de gauche à droite n’est pas nouveau. Et vice versa (lycée de Versailles) on a vu Monsieur le Président de la République Française, Monsieur François Mitterrand, passer des jupons de Pétain aux dessous salis d’un Parti Socialiste vautré dans le stupre de la Social-démocratie social-traître.

 

Cet Alain Soral-là jure maintenant ses grands Dieux qu’on ne l’y reprendra plus et que du PCF au FN il a maintenant trouvé sa voie : Egalité et Réconciliation. Cela pue le cul de basse-fosse et la manœuvre de récupération. Soral, Breton, et son innocente fille ratissent large. Dans cet article de Breton intitulé : « Michel Clouscard et Alain Soral même combat » , ce bougre voudrait nous faire croire que Clouscard et Soral sont de joyeux drilles allant main dans la main sauver la nation française.

Ces jean-foutres manœuvrent de la belle manière et pensent que cela est possible.

 

Michel, mon ami

J’ai rencontré Michel Clouscarden 1963. C’est vers cette époque qu’une école de Corse s’est constituée avec lui, René Caumer, Louis Schiavo, Dominique Pagani et moi-même Christian Riochet. Il n’y avait personne d’autre à cette époque. C’est là-dedans que la pensée de Michel s’est élaborée dans une conflagration amicale, conceptuelle et terriblement humoristique.

J’ai suivi comme tous ceux de l’école de Corse, Michel jusque dans son lit de mort. Certes Parkinson couchait aussi avec lui. Mais je n’ai jamais entendu dire ce grand penseur que le Front National pouvait lui éponger le front. Il avait comme moi la haine de classe salvatrice.

 

La tentative de récupération de Clouscard par le néofascisme l’a conduit à répliquer à Alain Soral dans le journal l’Humanité en date du 30 mars 2007 (« Aux antipodes de ma pensée »)[2]. Clouscard repoussait Soral à distance et lui crachait à la gueule de la belle manière.

 

Soral traitait déjà Michel Clouscard de « petit intellectuel pervers ».[3]

Michel n’a jamais su très bien se protéger des premières attaques, des perfidies d’un club politico-mondain qui par ailleurs le flattait abondamment.

Et il lui sera et il lui est beaucoup pardonné mais je ne laisserai pas quant à moi ce petit connard de basse fonction venir revendiquer un cadavre qui aujourd’hui doit être définitivement consommé par les vers de terre auxquels il me fait penser.

Toute l’argumentation repose sur le fait que Michel avait les apparences d’un nationaliste farouche. Soral,Breton, sa fille et bientôt bien sûr Marine Le Pen vont tenter de s’appuyer sur ce prétendu nationalisme poujadiste clouscardien.

 

Michel, mon ami français

Michel aimait la France comme un vigneron, comme un bon vivant, avec une appétence des femmes et des paysages qu’il aimait gaillardement partager avec ses vrais amis.

Certes il eu des complaisances mais qui ne fait pas de conneries dans sa vie ?

Si Clouscard fait partie des idéologues du Front National je veux bien me couper les couilles et les fourrer dans la gueule des manipulateurs afin qu’ils y retrouvent le sens des réalités.

Il va sans dire que c’est là une image et que je tiens trop à mes bijoux de famille pour aller les salir dans ces bouches à égout.

Messieurs, pour avoir Michel Clouscard il faudra vous lever de bien plus bonne heure, à celle des travailleurs et des combattants, qu’ils aient 10 ans ou 70, de ces bons français qui vous pissent à la raie et qui maintiennent strictement une volonté communiste de parvenir à éclater de rire et à s’écrier enfin : « putain de merde si jamais nous arrivons à construire une société communiste eh bien mon vieux qu’est ce qu’on va se faire chier ».

 

A bon entendeur salut.

 

Christian Riochet

Mercredi 1er Mai 2013,Fête  du Travail

[1] Toutefois on retrouvera avec profit dans www.riochet-2.com rubrique l’intersubjectivité, un très bon article de Baran Dilek. Il y fait un compte rendu de la dernière conférence de Michel Clouscard, à laquelle il a lui même participé.

[3] On pouvait remarquer que lors de la dernière conférence de Clouscard à Paris qu’il répugnait même à prononcer son nom et se moquait volontiers de lui et de ses prétentions d’annexion.

 
 

A propos d’Hannah Arendt, et Heidegger ?

amour[1]Dans le film de Margarethe von Trotta, il y a quelqu’un qui est vraiment trés bête c’est Heidegger… Il vient voir son élève favorite dans sa chambre avec des attitudes de vieux beau pressé, se déshabillant avant même de fermer la porte… Mais le pire est dans la forêt quand il lui donne comme excuse à ses compromissions avec le nazisme qu’il est philosophe et qu’il n’y comprend rien en politique…

En 1924, Hannah Arendt a dix-huit ans.Hannah Arendt, dont Hans Jonas, son ami, disait qu’elle "possédait une intensité, une direction intérieure, un instinct de la qualité, une quête tâtonnante de l’essence et une façon d’aller au fond des choses qui répandait une aura magique autour d’elle"… C’est une femme, une intellectuelle, qui dans le film tente d’introduire l’épaisseur de l’histoire là où il ne pourrait y avoir que passion, souffrance, la shoah et cette histoire d’amour avec Martin Heidegger. Quand elle le rencontre elle est une jeune étudiante avide de savoir, mince, avec des yeux rayonnants et une intelligence vive comme l’éclair. Martin Heidegger, lui a trente-quatre ans, marié et père de famille, il enseigne la philosophie à l’université de Marbourg. De petite taille, maigre et d’allure sportive, introverti, plein de fureur mais aussi d’une surprenante modestie, il attire à son cours les étudiants les plus prometteurs, notamment Hans-Georg Gadamer, Max Horkheimer, Herbert Marcuse, Karl Löwith, Günther Anders, Leo Strauss, Hans Jonas, ses meilleurs élèves sont juifs, sa passion pour Hannah qui est juive, il s’en nourrit, est-il antisémite? non! … Et pourtant Heidegger s’inscrivit au parti nazi dès l’ascension d’Hitler et s’il médita sur cet engagement jamais il ne manifesta de regrets…

Comme l’expliquera quarante ans plus tard Hannah Arendt, "la rumeur le disait : la pensée est redevenue vivante, les trésors de la culture qu’on croyait morts reprennent sens. Il y a un maître, il est peut-être possible d’apprendre à penser." … Il n’y eut pas qu’elle qui revint voir le maître pour tenter d’élucider plus encore que la magie du langage, l’être allemand et la barbarie, le mal extrême. Plus douloureux encore le poète Paul Celan rencontra Heidegger le 25 juillet 1967. Au moment de prendre congé, il inscrivit sur le livre d’or du chalet de Heidegger : « Ins Hüttenbuch, mit dem Blick auf den Brunnenstern, mit / einer Hoffnung auf ein hommendes Wort im Herzen » (Dans le livre du chalet, avec la vue sur l’étoile de la fontaine, avec l’espoir d’une parole à venir au cœur.) Paul Celan n’ignorait rien des vilenies politiques de Heidegger. Il connaissait l’œuvre du philosophe depuis sa jeunesse et ne cessa de s’y plonger pour y étudier, entre autres, sa poétique et ses réflexions sur le langage. Il savait aussi que jamais l’ébauche d’un regret n’avait effleuré le philosophe nazi. Il n’était pas amoureux d’heidegger comme l’avait été hannah Arendt, mais il cherchait le secret du langage et de la pensée des bourreaux. Il y a de cela dans la manière dont hannah Arendt traite avec Heidegger, comprendre pourquoi? Et elle se heurte constamment au vide.

L’histoire assez brève de leur liaison a eu lieu  à partir de 1924 et se termine en 1925. Puis intervient le nazisme et l’adhésion de son maître à cette idéologie, à ce qui a été accompli contre les siens et qui la fait devenir sioniste. Elle le revoit en 1950, elle l’aidera à se "blanchir"et à diffuser son oeuvre aux Etats-Unis alors même qu’il se montre jaloux de ses publications à elle…

Voici des lettres d’Hannah dont le film ne fait pas état : 29 septembre 1949 peu de temps avant leur rencontre: «Cette vie à Todtnauberg, à pester contre la civilisation et écrire Sein avec un y, n’est en réalité que le trou de souris dans lequel il s’est retiré parce qu’il pense, avec raison, qu’il n’aura à rencontrer que des gens qui, pleins d’admiration, viendront là en pèlerinage (…) il a sans doute cru qu’il pouvait ainsi se sauver du monde, se tirer hypocritement de tous les désagréments et ne faire que de la philosophie. Et puis voilà que très vite, toute cette malhonnêteté tarabiscotée et infantile a tout de même envahi sa philosophie.».

1er Novembre 1961, c’est-à-dire au moment du procès d’Eichmann: «je sais qu’il n’a pas supporté que mon nom apparaisse en public, que j’écrive des livres, etc. Toute ma vie j’ai pour ainsi dire triché avec lui, j’ai toujours fait comme si tout cela n’existait pas et comme si je ne savais pas compter jusqu’à trois, à moins qu’il ne s’agît de l’interprétation de ses propres oeuvres; dans ce cas, il était toujours très heureux que je sache compter jusqu’à trois et parfois même jusqu’à quatre. Et puis j’ai perdu le goût de tricher et j’ai aussitôt pris un coup sur le nez…».

Quel rapport avec  la banalité du mal ?

"A l’heure actuelle, mon avis est que le mal n’est jamais "radical", qu’il est seulement extrême, et qu’il ne possède ni profondeur ni dimension démoniaque. Il peut tout envahir et ravager le monde entier précisément parce qu’il se propage comme un champignon. Il "défie la pensée", comme je l’ai dit, parce que la pensée essaie d’atteindre à la profondeur, de toucher aux racines, et du moment qu’elle s’occupe du mal, elle est frustrée parce qu’elle ne trouve rien. C’est là sa "banalité". Seul le bien a de la profondeur et peut être radical."   Hannah Arendt, Correspondances croisée. (A Gershom Sholem). Arendt, Les Origines du totalitarisme… Quarto, Gallimard Paris 2002. Page 1358.

Arendt ne voit-elle pas Heidegger comme le "magicien" comme ses élèves l’appelaient et qui a voulu s’abstraire du monde réél . Le compromis de Heidegger avec le nazisme est fait d’illusion et du refus de voir  cette "banalité du mal". Là où Heidegger a cru voir un "tournant historial", un "commencement originaire", il n’y a eu finalement que la grisaille de la mort industrielle sans passion et avec d’autant plus d’efficacité que tous les protagonistes agissaient dans la banalité bureaucratique.  Hannah Arendt dit qu’ il est plus facile de faire un "mal extrême" qu’un "bien radical", il suffit d’une perte de conscience généralisée, de l’acceptation de l’illusion, de la sympathie pour la tyrannie dont ne sont pas exempts les intellectuels, loin de là…

Alors la banalité du mal ce n’est pas seulement Eichmann mais aussi et surtout son vieux maître et amant…Tous ceux qui comme le dirait Brecht acceptent d’être des analphabêtes en politique…

Hannah Arendt dont on voit peu dans le film le travail solitaire de l’intellectuel derrière son bureau, Mais cela aurait supposé un autre métier de cinéaste, comme par exemple la manière dont Bruno Dumont témoigne de l’hystérie de Paul Claudel dans l’écriture d’une lettre sur son choix poètique du catholicisme. Le choix est autre, il est dans l’abandon de cette femme allongée dans la pénombre, en train de rêver, elle raisonne peut-être à partir de sa propre souffrance, de son histoire…Ce sont les femmes qui la comprennent, la soutiennent jusqu’au bout et mélangent le travail de l’intellectuel avec le courage intime comme si elle participait de cette lente gestation, une femme frustrée de ne rien trouver…

Une dernière remarque Hannah Arendt n’a plus jamais voulu se déclarer philosophe parce que la philosophie ne voulait pas avoir d’opinion politique, elle s’est voulue théoricienne du politique. Voir là peut-être, même si elle n’a jamais été marxiste, l’écho de la thèse de Marx dans l’idéologie allemande: les philosophes n’ont jusqu’ici fait qu’interpréter le monde, il s’agit de le transformer… Et devant cet impératif, elle s’arrête…

Danielle Bleitrach

 
 

Le problème n’est pas que ce soit une parodie mais que celle-ci soit totalement vaisemblable par Danielle Bleitrach

sarah-palin-fox-news-contributor[1]A Propos de Sarah Palin

Oui l’article émane d’un journal satirique et il est une parodie à la mode du canard enchaîné, ce qui me semblait évident non pas à cause de bévues de Sarah palin mais des énormités des deux animateurs même de Fox New.

Oui mais voilà non seulement ce que fait dire l’article à Sarah Palin est parfaitement crédible quand aujourd’hui même l’ex-président des Etats-Unis affirme qu’il est tout à fait à l’aise avec l’intervention en Irak. Ce qui revient à cautionner les mensonges à travers lesquels il a créé une coalition en vue de cette intervention et ses résultats calamiteux quels que soient les points de vue, y compris ceux des Etats-Unis qui ont vue l’influence de l’Iran s’y renforcer.

Donc le problème n’est pas que nous soyons devant un article satirique mais bien qu’il soit crédible et que les etats-Unis aient pu présenter à la vice présidence quelqu’un d’aussi stupide, inculte et dangereux dans la foulée d’un Bush dont on peut s’étonner qu’un individu aussi médiocre ait pu en si peu de temps accomplir autant de catastrophes… .

Alors arrêtez de jouer les vertus, le vrai problème est la confusion qui désormais plane sur la plupart des décisions internationales, mais également celles qui sont prises au niveau national. Qui aurait pu imaginer qu’un gouvernement de gauche refuserait l’amnistie à des travailleurs chassés de leur emploi,  alors même que les dirigeants s’avèrent bafouer bien plus gravement la législation qu’ils sont chargé de faire respecter, qu’il s’agisse de l’exil fiscal, des conflits d’intérêts et de la manière dont on a envoyé notre pays en guerre en Libye pour y défendre qui et quoi ?

le problème est que l’interview est totalement vraisemblable et pas seulement pour les Etats-Unis…

Danielle Bleitrach

 
Un commentaire

Publié par le avril 25, 2013 dans extrême-droite, humour

 

Sarah Palin en appelle à une invasion de la République tchèque à la suite des événements de Boston…

Sarah Palin Calls for Invasion of Czech Republic

Nous pouvons rire de cette femme et pourquoi s’en priver, mais un peuple dont une partie peut désormais défiler derrière une Frigide Barjeot et se désintéresser de la réforme du travail dans un sens totalement régressif est-il  bien différent des imbéciles incultes du Tea party ?…Gloire à nous qui vivons  ce moment historique extraordinaire où l’appel à l’identité française se combine avec l’inculture et le ridicule intégraux… Une arme de destruction massive non seulement de l’intelligence mais du simple bon sens qui vous pousse à défendre vos intérêts…  Si vous saviez le nombre de fois où l’on se retrouve face à des Sarah Palin. Des oies du capitole qui gueulent à l’invasion de leur territoire et qui tout en ignorant totalement la réalité des pays dont ils parlent sont prêts à les anéantir…  Et à envoyer quelque bombes sur la gueule des gens pour leur apprendre à vivre dans la norme, la leur ou dans leur conception de la démocratie occidentale… Nous sommes envahis par les Sarah Palin, mais il est tout même extraordinaire de voir l’une d’entre elles présentées à la magistrature suprême du pays qui possède à lui seul un arsenal militaire supérieur à celui de tous les autres pays de la planète réunis… (note et traduction de Danielle Bleitrach)

0128-sarah-palin-political-career_full_600Sarah Palin called for the invasion of the Czech Republic today in response to the recent terrorist attacks in Boston.

dans une interview à la chaîne  Fox News,L’ancien gouverneur de l’Alaska a dit que bien que les enquêteurs fédéraux dussent encore achever leur travail, le temps est désormais à l’action.

"Nous ne savons pas tout de ces suspects encore a dit Palin à  Fox and Friends ce matin en parlant de Tamerlan et Dzhokhar Tsarnaev, qui sont présumés avoir accompli les attaques du Marathon de Boston. "Mais nous savons qu’ils étaient des Musulmans de la République tchèque.

"Je dis la pensée de beaucoup d’Américains quand je dis je veux aller là-bas tout de suite et commence à donner à ces gens une leçon. Et ne nous arrêtons pas à la République tchèque, allons après dans tous les Pays arabes.

"Les Arabes doivent apprendre qu’ils ne peuvent pas revenir ici  faire exploser des Bombes. Envoyons leur deux ou trois bombes atomiques à Islamabad, brûlons complètement Prague, bombardons ensuite  Téhéran. Nous devons le leur montrer comment nous concevons le bizness"

Elle ne peut pas voir la Russie…

Même si ses hôtes Steve Doocy et Gretchen Carlson applaudissent devant le chauvinisme de Palin, ils ont immédiatement essayé de rectifier ses multiples  erreurs géographiques.

"Bien Islamabad est la capitale du Pakistan, qui n’est pas arabe,"  a corrigé Carlson, "et Téhéran est la capitale de l’Iran, qui est en majorité  persan. Mais je vois  ce que tu veux dire sur le fond."

"Aussi je ne pense pas que  la République tchèque soit vraiment  Arabe ou même un pays  Musulman, ," a ajouté Doocy, "mais autrement ce que vous dites  est trés sensé. Je pense que la plupart des Américains souhaitent que Obama fasse plus et aille dans ce sens.

Palin, cependant, n’a pas pris avec indulgence les remarques correctives et elle a défendu son analyse.

"Steve, c’est probablement une des choses les plus manifestement ignares que j’ai jamais entendue. Comment la République tchèque n’est pas un pays Musulman ? Vous avez vu ces frères, ils étaient Islamistes et ils étaient Tchétchènes!"

"Oui l’un d’eux était Musulman et ils étaient des Tchétchènes ethniques," a commencé Doocy, "mais ils ont grandi surtout au Kirgyzstan et aux États-Unis. Et ce qui est plus important, les Tchétchènes ne viennent pas de la République tchèque, ils viennent de la Tchétchénie, qui fait partie de la Russie."

"Où est  est la différence ?" a répondu Palin. "Est-ce que la République tchèque ne fait pas partie de la Russie?"

"Non, la République tchèque est un pays autonome . Il fait partie de l’Union européenne et  est un allié fort de L’OTAN,"  Doocy intervient "Mais zut, pourquoi pas ? envahissons. Qu’est-ce qui pourrait tourner mal ?"

"Ouais et pendant que nous y sommes," a ajouté Carlson, "appelons la Reine d’Angleterre et voyons si le Royaume-Uni nous nous rejoindra."

Dans une déclaration  à la sortie de l’nterview, Palin a attaqué  Fox News sur ses préjugés  "pro-islamique" et s  " pro-géographies".

"Ceci est juste un autre manière de la part des médias libéraux, politiquement corrects, pour refuser de dire la   vérité de l’Islam radical," a-t-elle dit.

traduit librement du daily Current par danielle Bleitrach pour histoireetsociete The Daily Currant

 

Capriles est interviewé: un produit servi dans toute la presse espagnole, française, seuls quelques détails changent…

Capriles: le Venezuela doit recommencer les élections

Voici un interview de Capriles, il présente la particularité d’être un produit tout préparé (par qui?) et qui est présenté par divers quotidien comme des interview originaux. En effet je commence à traduire l’interview paru dans le quotidien espagnol de centre droit El Mundo et je m’aperçois que l’on retrouve le dit produit dans le journal gtatuit Metro à peine transformé et présenté comme un interview original. Ainsi dans le journal espagnol  Capriles est décrit plus longuement que dans Metro, simplement le journal espagnol comme ce qui est réservé à l’Amérique latine insiste par exemple sur sa dévotion à la vierge Marie alors qu’en Français et en anglais on supprime ce détail…On pourra avoir en Amérique et en Israêl le même produit maus où il sera discrétement insisté sur les origines juives. Si l’interview du journal espagnol est plus long ce sont les mêmes questions et les mêmes réponses.  Ce ne sont plus seulement des dépêches d’agence reproduites comme des articles originaux ce sont des produits de propagande.  Ce sont les groupes de presse qui imposent le produit à peine traduit et reçu directement d’officines des Etats-Unis, il y a eu de multiples scandales concernant ces produits livrés clés en main… Cela évite toute investigation sur le terrain et permet de faire passer pour argent comptant les pires contrevérités. (note de danielle Bleitrach)

Henrique Capriles. | Luis Medel RomeroHenrique Capriles. | Luis Medel Romero
  • ‘Los venezolanos saben que Maduro no supone un futuro mejor’

Henrique Capriles, à 40 ans, sait qu’il fait l’Histoire : il a poussé le chavismo tout-puissant dans les cordes après avoir obtenu des résultats électoraux surprenants le 14-A.

En voyant son austère bureau de campagne cela paraît un miracle. Avec sa fameuse casquette fameuse tricolore brodée et avec quelques vestes de jogging qui pendent sur le dossier  de sa chaise, le leader de l’opposition reconnaît qu’il a tout fait exploser.

Il ne faut pas qu’il le dise, même il a le visage épuisé après quelques semaines dans l’oeil du cyclone politique. il est disposé à continuer encore, convaincu de ce qu’il peut obtenir une répétition partielle des élections là  où une irrégularité  est démontrée ce qui lui octroirait la victoire.

L’entourent  quelques objets: une statue de la Divine bergère, la vierge, à laquelle il voue une dévotion, divers livres de campagnes, une biographie: Hugo  Chávez sans uniforme. Combien  le Venezuela a changé depuis que  Cristina Marcano et Alberto Barrera décrivaient les arcanes de "l’éternel commandant ". La croisade de Capriles  c’est poursuivre  sa lutte pour que le pays change du tout au tout.

Question.- Quelles sont les principales irrégularités électorales détectées par l’opposion ? (voici l’interview en espagnol tel qu’il est publié par le quotidien El Mundo et par divers journaux d’Amérique latine… Dessous vous avez l’interview présenté par Metro, on appréciera.

Henrique Capriles, de 40 años, sabe que está haciendo Historia: ha empujado al todopoderoso chavismo contra las cuerdas tras obtener unos resultados electorales sorprendentes el 14-A.

Viendo su austero despacho de campaña parece un milagro. Con su famosa gorra tricolor calada y con varias chaquetas de chándal que cuelgan del repaldo de su silla, el líder opositor reconoce que está reventado.

No hace falta que lo diga, incluso tiene el rostro enjuto después de varias semanas en el ojo del huracán político. Aún así está dispuesto a seguir en él, convencido de que una repetición parcial de los comicios en las mesas donde se demuestren irregularidades le otorgaría la victoria.

Le rodean una figura de la Divina Pastora, Virgen por la que profesa devoción, varios libros de campañas e Historia y una biografía: Hugo Chávez sin uniforme. Cómo ha cambiado Venezuela desde que Cristina Marcano y Alberto Barrera describieran los entresijos del "comandante eterno". La cruzada de Capriles pretende seguir luchando para que el país cambie del todo.

Pregunta.- ¿Cuáles son las principales irregularidades electorales detectadas por la oposición?

Respuesta.- Sobre el 54% que ya se auditó detectamos irregularidades como, por ejemplo, centros donde Maduro sacó el 1.000% más de votos que Chávez el 7-O… ¿Quién se lo cree? Ahora comenzamos la auditoría sobre el 46% restante. En realidad quedan 18.000 cajas, pero vamos a revisar 12.000 y yo acepté. Pero no sólo para abrirlas, sino para inspeccionar las papeletas, el acta de escrutinio y el cuaderno de votación, que es el corazón del proceso. Ahí podemos descubrir si una persona votó varias veces o si votaron muertos. Nuestras quejas se centran en las inconsistencias entre el acta y el escrutinio, violencia en los centros, votos asistidos, proselitismo en los centros, gente que votó dos y tres veces. El CNE [Consejo Nacional Electoral] quiere hacer de esto en una revisión simple de números. Pero no.

P.- ¿Qué entienden por auditoría?

R.- La auditoría no es un saludo a la bandera. Usted no puede decir auditoría y no ver el cuaderno de votación. Hay que ver todos los elementos que intervienen en el proceso: la caja, las papeletas, el acta de escrutinio y, finalmente, el cuaderno de votación, porque ahí está la identidad de la persona, la huella, la firma… Por eso se llama auditoría y no es una concesión, sino un derecho. Le pongo un ejemplo. Si el SENIAT [Hacienda] va a su casa y le hace una auditoría, le pide documentos, estados de cuenta, títulos de propiedad, recibos de pagos… Si no, no es una auditoría. Y el CNE dijo auditoría, y eso es lo que planteó la presidenta en cadena de TV y radio.

P.- Hay indicios y declaraciones que indican que no se hará así.

R.- Yo no le paro bola [no hago caso]. Aquí hay un anuncio hecho al país en cadena nacional y sobre la base de ese acuerdo UNASUR emitió su comunicado. No hago caso a las declaraciones posteriores y me remito a lo anunciado.

P.- ¿Qué cree que acabará saliendo finalmente de esta auditoría?

R.- Que hay que repetir las elecciones. Si no son totales, parciales. Pero esa parcialidad abarca a un número de electores tan grande como para no sólo acortar distancias, sino para darnos la victoria.

P.- ¿Aceptarán el veredicto del Consejo Nacional Electoral?

R.-Los resultados se presentarán ante el país y el mundo. El árbitro puede darle un puñetazo a la mesa, pero los ojos de todos están ahí y verán el resultado de la auditoría. A partir de ahí, el Gobierno puede quedar bajo la sombra de la legitimidad o de la deslegitimidad.

P.- ¿Confía en el CNE?

R.- Hay una institucionalidad que responde a los intereses de un partido, pero el voto no han podido cambiarlo. Quedó en evidencia la persecución a los funcionarios que nos votaron. La verdad la tenemos en nuestras manos y debe permitírsele al país conocerla con la auditoría.

P.-¿Confían en el Supremo para impugnar las elecciones?

R.-No tenemos confianza. Sin embargo la lucha se va a dar. La verdad terminará imponiéndose. Yo no quiero adelantarme a lo que pasará, pero en estas elecciones están puestos los ojos del mundo. Hay verdades que terminan imponiéndose, por más que haya instituciones secuestradas políticamente. Esto se parece al Perú de Fujimori y al cabo de un año se impuso y hubo que ir a elecciones. La ilegitimidad provoca un problema de incapacidad de gobernar gigantesco y ésa es la diferencia con la ilegalidad. Esta lucha viene desde muy atrás de la campaña y los abusos que hemos sufrido… Me pregunto: ¿cuánta habrá sido la diferencia real a nuestro favor? Este es un Gobierno del mientras tanto, hasta que el país sepa la verdad.

P.- ¿Ve Maduro que hay un país diferente tras el 14-A?

R.- No se ha dado cuenta de nada. O no ha querido o no sabe cómo leer la elección, porque ya no hay una mayoría. Hay dos mitades.

P.- En los últimos días le han atribuido ocho muertos.

R.- Los casos de violencia que hemos podido investigar son mentira. Hablaron de centros de salud afectados [atendidos por cubanos] y según lo que hemos investigado en ninguno pasó absolutamente nada. Es falso y hay que ser irresponsable para alimentar el clima de intolerancia. Igualmente hemos investigado los muertos anunciados y lo que sabemos es que los casos no tienen que ver con violencia política, sino con la violencia habitual que vivimos. En Venezuela caen diariamente 50 personas por violencia de armas de fuego y esos no importan.

P.- En los medios oficiales se habla de baño de sangre.

R.- Es lo típico. Esa es la agenda que quiere el Gobierno, porque así no hablamos de auditoría, de la suciedad en las elecciones, de los problemas sociales, los económicos… Así los ojos del mundo estarían puestos en la violencia. Y le voy a poner un ejemplo: en el acto de cierre de campaña de Maduro en la Avenida Bolívar de Caracas hubo cinco muertos y ni una sola palabra hacia ellos. Incluso hay una foto muy elocuente, en la que hay un muerto a pocos metros de la caravana de Maduro y ni pararon a ver lo ocurrido. Ése es su estilo. Pero no voy a caer en la provocación de hacer politiquería con los muertos. Quieren que se hable violencia para no hablar del recuento.

P.- También se han denunciado casos de persecución a empleados públicos en represalia por el resultado electoral.

R.- Eso es propio de regímenes fascistas. Este Gobierno está lleno de contradicciones, como decir que son marxistas y cristianos. Ahora han comenzado la persecución a los trabajadores públicos, pero como el voto es secreto empieza la caza de brujas colectiva. Me cuentan que se han revisado teléfonos y se han metido en Facebook, en Twitter… Eso es fascismo, pero le vamos a hacer frente. No somos optimistas con la justicia venezolana, pero quedan los organismos internacionales. Tengo información de miembros de las Fuerzas Armadas obligados a tomar foto al comprobante de la votación. Un Gobierno que funciona así no se sostiene en el tiempo. Yo le quiero decir a nuestros servidores públicos que no se dejen amedrentar por nadie. La libertad de conciencia está contemplada y no nos van a poner de rodillas frente a quienes actúan de esta forma. Y yo le digo al Gobierno: «Usted habló de diálogo, pues dé señales». Pero no con una pistola en la cabeza ni a base del chantaje. Que cese la persecución, no hay que darles las gracias por cumplir con su trabajo o por recibir casa o ayuda social.

P.- ¿Está consumada la presidencia de Maduro tras la investidura?

R.- Una cosa es la legalidad y otra la legitimidad. Maduro tomó posesión pero hay una sombra de ilegalidad. Si yo fuera él, estaría en el CNE pidiendo revisión para que nadie ponga en duda la victoria. Su discurso fue vacío. Hoy no hay ningún venezolano que tenga expectativas positivas en torno a esta presidencia. Ni siquiera habló de los problemas económicos graves. Habría que preguntar si la subida salarial fraccionada que propuso contrarresta la devaluación del 46% que les metió por el pecho a los venezolanos. Esa no fue fraccionada.

P.- La división se vive también en la calle. Cohetes contra cacerolas.

R.- Quieren convertir los cohetes en una forma de expresión popular cuando en realidad nadie tiene cohetes en sus casas. Los venezolanos no tienen capacidad económica para gastar cada día toda la plata que eso cuesta. Y habrá que saber quién los mete en los barrios. Para tirar cohetes hay que tener dinero, para tocar la cacerola, gente.

P.- El ejército juramentó a Maduro como comandante en jefe.

R.- El ministro de Defensa no representa a nuestro ejército.

P.- ¿Cómo valora la postura de UNASUR en la Cumbre de Lima? Se habla de presidentes que amenazaron con no venir a la toma de posesión si no se recontaban los votos.

R.- Es muy posible. Los países de UNASUR cambiaron el informe final cuando supieron de la decisión del CNE. Fue un triunfo de nuestro pueblo que trató de manchar el Gobierno. No le hemos pedido a ningún país ni jefe de Estado que desconozca al Gobierno. Lo que queremos es que nos dejen presentar todas nuestras irregularidades.

P.- ¿Le ha molestado la postura internacional?

R.- No, no me ha molestado, aunque sí algunos presidentes que van más allá y emiten opiniones sobre nuestro país. En realidad lo que hay son países que defienden el statu quo. Tenga en cuenta que un cambio en Venezuela es un cambio en América Latina, porque el petróleo dejaría de ser fuente de lealtades en la región. Hay algunos que vienen aquí y aplauden todo lo que diga el Gobierno. Eso lo rechazamos. Igual que rechazamos la presencia de militares cubanos en nuestro ejército. Exigimos que los militares cubanos salgan de las Fuerzas Armadas ya. Es inaceptable que impartan órdenes a nuestros soldados.

P.- ¿Echa de menos un posicionamiento internacional ante la ausencia de diputados opositores en la toma de posesión de Maduro?

R.- No era el momento, pero la actitud de nuestros diputados es la lógica porque lo que sucedió en el Parlamento fue muy grave. Se agredió a un diputado y le han negado el derecho de palabra a los nuestros. Habrá que saber si los venezolanos están dispuestos a aceptarlo.

P.- ¿Seguirán las caceroladas?

R.-Ya veremos. Esta es una lucha por la verdad para la que pido paciencia y tolerancia. Aquí hay una agenda que busca la verdad al tema electoral y soluciones económicas.

P.- ¿Cuál es su agenda ahora?

R.- Yo empezaré a viajar por todo el país, organizando asambleas. La lucha no termina con las elecciones. El mundo no termina aquí. Y estoy peleando porque no haya inflación, porque no haya escasez, porque no haya violencia, porque los jóvenes tengan primer empleo… Aunque hoy fuera presidente, la lucha sigue.

P.- Los medios describen una grave situación económica.

R.- Es muy compleja. Está bajando el precio del petróleo y creciendo el desabastecimiento. Hay rubros que muestran un desabastecimiento del 60% y 70% de escasez. No hay nadie en América Latina en esta situación: ningún país con esta situación de inflación, desabastecimiento, fallas eléctricas e inseguridad.

P.- ¿Se desmonta que los pobres votan a Maduro y los ricos a Capriles?

R.- Este ha sido el cierre de un ciclo. Los venezolanos saben que Maduro no es un mejor futuro. Yo estuve construyendo un liderazgo a pulso, ladrillo a ladrillo. ¿Qué he hecho yo? Trabajar. Y estoy cosechando esos frutos. El debate del Gobierno entre derecha e izquierda no es el debate de mi generación, del mundo moderno. El debate es entre progreso y atraso. Nosotros somos progresistas. En el acento pongo lo social, con las acciones que permitan que el que vive en la pobreza salga de ella. La realidad en Venezuela es que existe una asistencia. Una asistencia que queda ahí. Lo está logrando Brasil: sacan a millones de personas de pobreza convirtiéndolos en consumidores, en gente con trabajo de calidad, que no depende del Estado.

P.- ¿Qué le pide a la comunidad internacional?

R.- Que esté atenta a lo que pase en Venezuela y no pase página.

INterview de Metro

Henrique Capriles sait qu’il a marqué l’histoire du Venezuela. L’élection présidentielle, le 14 avril, a donné un résultat inattendu : il a mis à mal le dauphin de Hugo Chavez, qui a remporté les élections de justesse avec 50,66% des voix contre 49,07% pour son concurrent. Soit 210.000 voix d’écart. Des irrégularités ont été dénoncées et ont obligé l’administration à vérifier tous les résultats. Une tension supplémentaire dans ce pays où les manifestations antigouvernementales ont causé huit morts. Henrique Capriles répond à Metro.

Quelles sont les irrégularités que vous avez relevées ? Sur 54 % des bureaux de vote déjà vérifiés, nous avons par exemple trouvé des bureaux où Maduro a reçu 1 000% de votes de plus que Chavez lors de la précédente élection. L’audit des 46% restants a commencé. Il y a 18 000 urnes, mais j’ai accepté qu’on n’en vérifie que 12 000. Attention, il ne s’agit pas juste de les ouvrir, mais de vérifier chaque bulletin, la liste des électeurs et leur signature. Soit le cœur du processus. Il n’y a qu’ainsi qu’on peut voir si une personne a voté plusieurs fois ou si des morts ont voté. Notre plainte porte sur les violences dans les écoles faisant office de bureau de vote, sur les votes "assistés", sur le prosélytisme devant les écoles et sur les gens qui ont voté deux ou trois fois.

Selon vous, quelles seront les conclusions de cet audit ? Qu’il faut refaire les élections au moins pour partie, sinon entièrement. Cette fraude touche énormément d’électeurs. Donc cela pourrait non seulement réduire l’écart entre nous et Maduro, mais nous donner la victoire.

Accepterez-vous les conclusions de cet audit, quelles qu’elles soient ? Les conclusions seront présentées au pays et au monde entier. Tous les yeux sont tournés vers le Venezuela. De là, le gouvernement se verra légitime ou illégitime.

Croyez-vous que la Cour suprême puisse contester l’élection ? Je n’ai pas confiance en la Cour suprême, mais la bataille va avoir lieu. La vérité prévaudra. Je ne veux pas trop m’avancer sur ce qui pourrait arriver, mais le monde entier nous observe. Comme le Pérou à l’époque de Fujimori, où il a fallu retourner aux urnes un an après l’élection. L’illégitimité génère une incapacité à gouverner. C’est cela, la différence avec l’illégalité.

Ces jours-ci, vous avez été blâmé pour la mort de 8 personnes durant les manifestations anti-Maduro… C’est totalement faux. Nous avons enquêté sur ces morts. Elles ne résultent pas de violences politiques, mais de violences "habituelles" au Venezuela. Ici, 50 personnes meurent tous les jours, et il semble que personne ne s’en étonne.

Certains fonctionnaires auraient été persécutés après les résultats de l’élection. Qu’en pensez-vous ? La chasse aux sorcières est typique des régimes fascistes. Nous ne sommes pas très optimistes quant à la justice vénézuélienne, mais il y a des organisations internationales. J’ai appris que des membres des forces armées avaient l’obligation de prendre en photo les registres signés des listes électorales. Un gouvernement qui fonctionne ainsi ne peut pas continuer bien longtemps.

Continuerez-vous les "caceroladas" (manifestations avec des casseroles) ? On verra. C’est une bataille pour la vérité. J’appelle à la patience et à la tolérance. Notre but est de trouver la vérité et des solutions pour l’économie.

Qu’attendez-vous de la communauté internationale ? De prêter attention à ce qui se passe au Venezuela et de ne pas tourner la page, car elle est en train de se remplir.

 
 

Voici ce que dit réellement Maduro, le président élu du Venezuela

« Comme les nazis dans les années trente »

Le président Maduro rappelle que :
«toute proportion gardée, la haine de la droite contre les centres de santé intégraux installés dans les quartiers populaires et contre les médecins cubains qui y travaillent avec les nouveaux médecins intégraux vénézuéliens, rappelle celle des nazis dans les années trente en Allemagne. Ce sont les mêmes prémisses qui consistent à exclure, à nier le droit de vivre de l’Autre, à l’époque celui du peuple juif, qui ont justifié l’Holocauste. C’est le même visage qui pointe derrière le racime social d’aujourd’hui."

voilà ce que dit Maduro le président élu du venezuela.   Celui que de vrais fascistes, ceux qui lâchent des nervis sur des centres de santé dans les quartiers populaires, ceux qui font frapper les paysans pour leur faire peur, ceux qui sont alliés aux paramilitaires et tranfiquants de drogue, c’est-à-dire à l’oligarchie vénézuélienne d’extrême-droite, ceux-là  veulent le transformer en antisémite…
Est-ce parce qu’il est socialiste (un vrai) parce qu’il refuse les ingérences étrangères, parce qu’il organise les pays producteurs pour obtenir un prix équitable des "majors", parce qu’il souhaite et se bat pour qu’existe à côté d’Israël un Etat palestinien, parce qu’il se bat pour l’union des Républiques d’Amérique latine, indépendamment de leurs choix électoraux, est-ce pour cela que certains organisent une propagande qui en ferait un antisémite, ennemi des juifs et un dictateur ?
Alors ici leurs alliés véritables, les  identitaires, Egalité et réconciliation jouent un je parrallèle  en feignant de les soutenir comme la corde soutient le pendu. Nous sommes dans une période où le fascisme qui a toujours eu un rôle fédérateur des contraires est en train de montrer son vrai visage, nous devons le combattre et ne pas laisser la moindre place à la confusion.
Danielle Bleitrach10 foto
un magasin d’alimentation à faible prix saccagés par les nervis de Capriles, c’est comme si les troupes qui défilent aujourd’hui au nom de l’homophobie s’attaquait aux restos du coeur, aux centre de santé pour les plus pauvres. Voilà la réalité au Venezuela.

 

 
 
 
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