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Archives de Catégorie: Europe

En Italie, Beppe Grillo fulmine contre la Fête des travailleurs, après l’échec de sa « marche sur Rome »

Article AC    pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

>>>ANSA/ GRILLO-BERSANI RISSA CONTINUA, 'FALLITO AMICO DI PIDUISTI'

Nous pouvons nous féliciter d’avoir en France un courant d’extrême-gauche lié aux communistes qui est un obstacle à ce type de dérive fasciste comme jadis le Front populaire a été un obstacle à la dérive fasciste d’Italie, d’Allemagne et d’…Espagne mais il faut énormément réfléchir aussi à l’air du temps et aux conditions de la bataille, à la manière de dégager l’essentiel la lutte contre le capital pour soulager les victimes de la crise et créer les conditions de leur rassemblement.(note de Danielle Bleitrach)

Quel jeu joue Beppe Grillo ? L’ancien comique reconverti    tribun de la plèbe italienne joue le jeu dangereux du populisme à tout crin, usant jusqu’à la corde le refrain anti-parti et anti-syndicats, dans un système politique italien en voie de    décomposition.

Les déclarations de Grillo sur le 1er mai ne peuvent surprendre que ceux qui connaissent mal le personnage :

celui du tribun vociférant, adepte des formules fleuries, qui font mouche sur les « valets du système » mais flirtant    dangereusement sur un fond qualunquiste, la variante italienne du poujadisme.

Dans un post « Les autruches du 1er mai », Grillo dresse un drôle d’oraison funèbre du 1er mai :

« C’était la fête des travailleurs, aujourd’hui c’est celle des chômeurs et du grand concert à Rome. Avant, c’était    ‘panem et circenses’, aujourd’hui il ne reste plus que les jeux, une seule fois par an, et à la tribune, à la place de Caligula et Dioclétien, les régents de la Triplice    syndicale ».

Les formules fusent avant que Grillo ne dresse le constat apocalyptique d’un pays en ruine de « chômeurs, reclassés,    précaires et émigrants ». Le deuxième pays pour le nombre d’émigrés « après la Roumanie ».

Dans son populisme à tout vent, Grillo pointe du doigt les « quatre millions de fonctionnaires, les dix-neuf millions    de retraités et le demi-million de personnes qui vivent de la politique, un poids insoutenable pour un pays sans croissance depuis 15 ans ».

Les retraités, les fonctionnaires, la « classe politique » : voilà ce qui pèse sur l’Italie pour    Grillo !

Tout cela conduit Grillo à ne pas fêter le 1er mai : « rite fatigué des responsables, des syndicats complices, des    partis qui occupent l’Etat. C’est la célébration de Caporetto et du 8 septembre réunis ! ».

Rappelons que le 8 septembre marque le jour de la capitulation du régime fasciste devant les Alliés en 1943. Honteux pour Grillo    mais glorieux pour les communistes et anti-fasicstes !

Grillo a bon dos de railler le « capitaine Findus » Letta, le roi du surgelé, et l’attitude désolante de la CGIL qui a    accueilli positivement le nouveau premier ministre mais le discours anti-parti et anti-syndicats de Grillo emprunte une pente savonneuse.

L’échec de la « marche sur Rome » de Grillo

Grillo a hésité à franchir le Rubicon. Le 20 avril, à l’annonce peu glorieuse de la ré-élection de Giorgio Napoletano comme    président, Grillo crie au « coup d’Etat ». Il appelle à la mobilisation « par millions dans les rues à Rome », pour marcher vers le Parlement et le palais présidentiel.

Fidèle à son utilisation du « réseau », le message de Grillo prend rapidement et des milliers de manifestants    répondent présents dans la soirée à Rome.

En guise de révolution, Grillo appelle au vote révolutionnaire : que le peuple… appuie le Parlement qui votera pour    Stefano Rodota, le concurrent de Napoletano, homme « honnête » pour lui.

Ancien du « Parti radical » (aussi radical que le nôtre!), Rodota fut le premier président du Parti démocrate de    gauche (PDS), successeur du PCI dissous. Il s’est distingué surtout par son européisme : il fut un des rédacteurs de la « Charte des droits de l’Homme de l’UE ».

Mais le vieux juriste, universitaire bourgeois, Rodota s’est empressé de dénoncer les manœuvres de Grillo : « Je    suis contre la marche sur Rome » a tenu à préciser l’Homme de loi, rappelant son attachement à la « légalité démocratique constitutionnelle ».

Un camouflet pour Grillo, « radical » sur estrade, qui le conduit à soutenir le « radical » fort modéré    Rodota : lui-même en 2012 exprimait ses craintes sur le « danger pour quelqu’un qui dit au Nord qu’il y a trop d’immigrés, et au Sud que la classe politique est l’équivalent de la    mafia ».

La mobilisation appelée de ses vœux par Grillo, qui s’était dit prêt à camper sur la place à Rome a fait long feu : Grillo    ne s’est même pas présenté à Rome, laissant ses partisans les plus exaltés subir la charge des forces de l’ordre dans les rues de Rome.

Grillo a hésité et a reculé, appelant à renvoyer ce type de mobilisation civile à plus tard.

Ses déclarations sur le 1er mai s’inscrivent dans cet après-20 avril : discrédit contre les partis et syndicats, populisme    personnel et une « radicalité » anti-système qui peut aller dans tous les sens.

Sans rapprochement hâtif ni lecture simpliste, il serait bon de relire ses lignes du fondateur du Parti communiste italien (PCI), Antonio Gramsci présentant les débuts du fascisme sous ses    traits superficiellement subversifs :

« Le fascisme s’est présenté comme l’anti-parti, il a ouvert les portes à tous les candidats, il a offert à une    multitude informe une façon de couvrir d’un vernis d’idées politiques vagues et nébuleuses le déchaînement sauvage des passions, des haines, des désirs.

Le fascisme est ainsi rentré dans les moeurs, il a fait corps avec la psychologie anti-sociale de certaines couches du    peuple italien » (Ordine Nuovo, 26 avril 1921).

 

Le débat sur l’Allemagne par Jacques Sapir

4 mai 2013

 

La question de la politique allemande divise fortement le PS et, au-delà, une large partie de la gauche réelle. Elle est aussi révélatrice de la structuration de l’imaginaire d’une bonne partie des élites françaises depuis le désastre de 1940, à lire les réactions d’un Copé ou d’un Fillon. À l’UMP, parti « attrape-tout » de la Droite française, sous les proclamations d’un attachement au gaullisme, on sent bien que Munich et Vichy sont toujours bien présents. Cette « question » de l’Allemagne sert de révélateur à un état d’esprit constant dans la classe dirigeante. C’est en cela que ce débat, ou ce qui en tient lieu, est intéressant. Mais, comme toujours, sous l’écume des mots se cache un véritable débat.

Où le PS, et quelques autres, se ridiculisent.

Ce dernier à pris l’apparence d’une attaque contre la politique de Mme Merkel en Allemagne. Mais, un débat s’est invité dans le débat ! Le PS a ouvertement rompu avec les propres règles de démocratie interne qu’il avait fixées. La direction de ce parti refuse le droit d’expression à son aile gauche[1]. Cela n’étonnera personne ; dans l’expression « social-démocrate » nous avons deux mensonges pour le prix d’un. Le PS n’est plus un parti « social », dans la mesure où il accepte tous les reniements et il n’est certainement plus un parti « démocrate » pour la raison que, pour faire accepter ces dits reniements, il doit renoncer à la démocratie dans ses propres rangs. Ayant fait les frais des pratiques de ce parti dans le passé, je n’en suis nullement surpris. Je suis par contre étonné que d’aucuns puissent être encore surpris par les pratiques qui sont sommes toutes habituelles du PS.

Revenons au principal du débat, ou à ce qu’il devrait être. Le texte initial de la majorité du PS stigmatisait fortement l’Allemagne et Mme Merkel. Suite à une intervention de la Présidence de la République et de l’Hôtel Matignon, c’est une version très affadie qui a en définitive été adoptée. On jugera sur pièce. Cependant, la proposition de l’aile gauche du PS, n’est pas, elle non plus, précise. Elle propose un « traité social européen », une « suspension du pacte de stabilité », un « plan de relance » à l’échelle européenne et le refinancement massif des dettes publiques par la Banque Centrale Européenne. On a du mal à comprendre pourquoi un tel texte a été censuré. Ces propositions sont celles qui sont traditionnellement mises en avant par le PS depuis des années avec le succès que l’on sait ! De manière symptomatique les auteurs de ce texte ne font aucun effort pour chiffrer leurs propositions. L’eussent-ils fait qu’ils s’apercevraient qu’elles sont irrecevables pour l’Allemagne (et des pays comme l’Autriche ou la Finlande). C’est bien gentil quand on fait partie d’une collectivité de dire « il faut faire ceci ou cela » mais si l’on ne regarde pas les montants, le poids de ceux-ci sur d’autres membres de la collectivité, on n’a guère de chance de voir son projet appliqué. Dès lors, la seule fonction de ces propositions ne peut être que de se laver les mains et de garder une conscience propre, en sachant que jamais ces propositions n’aboutiront. Les centaines de milliers de chômeurs qui sont venus rejoindre les millions déjà existants apprécieront.

D’une certaine manière le Parti de Gauche, pourtant fort critique vis-à-vis du PS participe de cette mascarade. On tonne contre Mme Merkel, on affirme qu’il faut résister à l’Allemagne, mais l’analyse de la position du gouvernement allemand relève plus du fantasme que de la réalité. On a déjà eu l’occasion de critiquer les outrances des Jean-Luc Mélenchon sur ce point, et de souligner à quel point elles traduisaient une profonde incohérence d’analyse et de programme[2]. C’est cette incohérence qui l’oblige justement à hausser le ton, comme seront tout aussi obligés les responsables de la gauche du PS s’ils veulent se faire entendre.

La réalité du problème de la politique des gouvernements allemands depuis 2000.

Ces prétendus débats n’ont pas d’autre fonction que d’occulter celui que l’on doit mener sur la réalité de la politique des gouvernements allemands depuis plus de dix ans. Il faut en effet, pour comprendre les enjeux réels de ce débat, revenir sur l’histoire (relativement) récente. De 2000 à 2003, le gouvernement dirigé par le SPD a mis en place l’équivalent d’une dévaluation interne de 10% en Allemagne en transférant sur les salariés une part des charges des entreprises. Le déficit commercial s’est alors transformé en un excédent massif car les coûts des entreprises ont diminué et la demande intérieure allemande aussi. L’Allemagne a, en conséquence, développé un excédent commercial important au détriment des principaux pays de la zone Euro. Cette politique a précipité la crise de l’Euro, bien plus que les malversations budgétaires de la Grèce, en créant un déséquilibre brutal et profond au sein de la zone Euro. Elle appelle cependant deux remarques.

Tout d’abord, elle prouve que l’Euro n’empêche nullement des politiques non-coopératives, ce que les économistes appellent des politiques exploitant ses voisins ou beggar-thy-neighbour. Tous les discours qui furent tenus pour justifier la mise en œuvre de l’Euro au nom de la volonté d’éviter des dévaluations compétitives s’effondrent alors, car ce qui fut pratiqué par le gouvernement allemand à l’époque, et un gouvernement SPD notons le bien, fut une dévaluation compétitive à laquelle les partenaires de l’Allemagne n’ont pu répondre fautes de disposer de la flexibilité monétaire en raison de la monnaie unique. Ensuite, cette politique n’était pas imitable par les autres pays, ce qui réduit à néant l’argument selon lequel il nous faudrait imiter les allemands. En effet, si en Europe nous avions tous comprimé nos demandes intérieures et diminué les coûts des entreprises, le résultat commercial aurait été nul, mais le résultat économique aurait été profondément désastreux. L’Europe aurait connu dès cette époque (2004) la dépression qu’elle connaît aujourd’hui. Autrement dit, le gouvernement allemand a pratiqué ce que l’on appelle une politique de « passager clandestin » en Europe. Voilà qui tranche avec le monde des bisousnours dans lequel baignent tous les euro-béats du PS et d’ailleurs.

Trade balance

CompetitivitéSources: Base de données de l’OCDE

Dire cela n’est pas faire de l’anti-germanisme primaire, mais simplement rappeler les faits. Il faut alors chercher à comprendre les causes de cette politique. Qu’il y ait eu une volonté de favoriser les grandes entreprises, et ce que l’on appelle rapidement le « grand capital » allemand est évident. La part de la richesse accumulée par le 1% le plus aisé de la population est très élevée en Allemagne, et correspond à peu de choses près au niveau britannique. D’ailleurs, le développement d’une pauvreté de masse en Allemagne est là pour nous le rappeler. Mais il faut aussi regarder certaines des contraintes spécifiques pesant sur ce pays, et en premier lieu la contrainte démographique. L’Allemagne est appelée à se dépeupler. Elle ne peut garantir le montant futur des retraites que par l’accumulation d’excédents importants. C’est pourquoi croire que l’Allemagne pourrait « spontanément » revenir sur cette politique est une profonde illusion.

Les alternatives possibles.

Dès lors, dans une telle situation, quelles sont les alternatives possibles ? Nous pouvons accabler l’Allemagne de demandes pour que les salaires soient massivement augmentés, et pour qu’une politique de transferts budgétaires soit mise en place. Mais il en sera de ces demandes comme des sempiternelles demandes concernant l’Europe sociale. Elles ne seront suivies d’aucun effet, si ce n’est d’accroître de manière considérable la frustration des personnes qui honnêtement suivent une telle politique. Car nous ne sommes pas dans un monde de bisousnours, n’en déplaise au PS, où il suffit de demander pour être exaucé.

Nous pourrions aussi envahir l’Allemagne et demander, par la force de notre armée, que nos demandes – que nous considérons comme légitimes naturellement – soient prises en considération. Il est certain que si une compagnie de chars Leclerc encerclait le siège de la BCE à Francfort ceci aurait quelques effets sur la politique de cette institution. Mais est-ce cela que l’on veut ? C’est heureusement une hypothèse encore plus illusoire que la première alternative. Néanmoins, cette « solution » est dans la logique des discours qui sont aujourd’hui tenus, et dont leurs propres auteurs ne mesurent pas ce que leurs propres mots impliquent. Si, effectivement, les demandes que nous soumettons au gouvernement allemand sont légitimes, et si nous sommes confrontés à des fins de non-recevoir qui elles ne le sont pas, alors il serait logique d’user de la violence. Car, dans un monde où prédominent les rapports de force la violence de la politique du gouvernement allemand par rapport aux autres pays européens appelle logiquement en retour la violence de ces derniers vis-à-vis de l’Allemagne.

Mais, heureusement, il existe une troisième alternative. Nous pouvons agir de façon telle que, quelle que soit la position du gouvernement allemand, nous obtiendrons satisfaction, et ceci sans violence et sans chercher à obtenir par la contrainte ce que nous ne pouvons obtenir par la négociation. Cela est parfaitement possible. Il suffit de sortir de l’Euro et de dévaluer notre monnaie retrouvée. Cette solution peut d’ailleurs être appliquée par l’ensemble des pays de l’Europe du Sud. Il est intéressant de savoir que le fondateur de l’équivalent du Front de Gauche en Allemagne, Die Linke, Oskar Lafontaine, vient de se rallier spectaculairement à cette option. Les raisons pour lesquelles celui qui fut, en tant que dirigeant du SPD, un des plus fervents promoteurs de l’Euro à pris une telle décision sont les mêmes que celles que nous avons exposées ici : la compréhension des limites intrinsèques de la monnaie unique et la volonté de trouver une solution sans violence.

Voici donc quel devrait être le débat sur la politique du gouvernement allemand et les réponses que la logique nous dicte. Mais, pour cela, il faudra rompre avec les postures, les impostures, et les effets de manche, et cesser de considérer que nous vivons dans le monde des bisousnours. Vaste programme aurait dit quelqu’un…


[1] Voir, sur le Blog de G. Filoche le texte de la motion proposée par l’aile gauche du PS et exclue du débat par la direction du parti : http://www.filoche.net/#.UYA0OUma9G8.twitter

[2] Voir J. Sapir, « Mélenchon, l’euro et l’outrance », note publiée sur le carnet RussEurope, le 29 mars 2013, http://russeurope.hypotheses.org/1102

 
 

« Les femmes dans les usines de IKEA en Asie travaillent entre 80 et 90 heures par semaine et ne reçoivent pas un salaire qui leur permet de vivre dignement »

Ikea-99907[1]A propos de ce qui vient de passer dans le Bengladesh, il ne suffit pas de dénoncer nos pratiques de consommation qui reposent sur l’exploitation de femmes et d’enfants mais de se rendre compte qu’il s’agit de ce que Marx appelait la plus value absolue (pour ces femmes) et la plus value relative pour les travailleurs occidentaux dont on fait baisser la valeur de la force de travail et donc la valeur tout court en faisant baisser le prix des produits qui entrent dans cette force de travail. Ce n’est pas une question morale c’est le profit et sa chaîne de prédateurs. Mais quand il s’agit d’Ikea c’est la totale, depuis le travail en Inde jusqu’à l’espionnage des travailleurs français et un capitaliste sympathisant nazi qui vit en Suisse pour ne pas payer d’impots… (note de danielle Bleitrach)

Voici un interview des auteurs belges d’un livre sur la multinationale IKEA. Cette analyse nous permet de comprendre comment il existe une chaîne de profit qui engendre misère et sous développement et correspond chez nous à des délocalisations. L’orogine du phénomène est donc non seulement les multinationales, mais surtout les rapports nord-sud, la colonisation européenne, puis le néo-colonisme derrière les Etats-Unis du nord sur le sud, nos modes de vie qui imposent une sortie du sous développement basée sur l’exploitation comme nous au XIX e siècle.

A partir de là J’interroge avec gravité les trotskistes de toutes obédiences, de la LCR à la Riposte sur leurs analyses, je souhaite l’alliance de tous les communistes, mais je veux savoir quel est notre camp?

Pourquoi avez vous entrepris avec quelque chose qui ressemble à de la haine de  dénoncer l’exploitation salariale en Chine uniqement, pourquoi le faite vous d’une manière totalement partisane. Premièrement vous mettez toujours en cause le gouvernement chinois et jamais d’abord le sous développement dont ce pays tente d’émerger, ensuite vous ne mettez jamais en cause les multinationales occidentales qui sont pourtant à l’origine du phénomène. Deuxièmement, vous ne mettez jamais en cause un pays comme l’Inde, sans doute à cause des alliances étasuniennes de ce pays. Enfin toujours dans votre haine du parti communiste chinois, vous ne soulignez jamais les efforts qui sont faits actuellement en Chine pour imposer aux entreprises étrangères syndicats et conditions de travail plus décentes. On mesure bien à travers ces exemples qui les trotskistes critiquent, le pays que désigne l’impérialisme en laissant tranquille multinationales et pays soumis à l’occident. Vous vous êtes déjà conduits comme cela avec Cuba, dans quel camp exactement êtes vous ? Quand tout cela aboutit à la LCR soutenant la propagande de Robert menard on peut s’interroger sur ce que cherche cette pseudo extrême-gauche ? Mais voyons plutôt les agissements de IKEA. Danielle Bleitrach

EL OBSERVADOR, publié par Rebelion Traduit de l’espagnol par Danielle Bleitrach

Avec leur livre « Ikea, un modèle démontable » les belges Olivier Baily, Denis Lambert et Jean-Marc Caudron ont fait tomber de haut une des multinationales les plus respectées et admirées dans le monde. Dans cette interview avec ELOBSERVADOR/.revistaelobservador.com les auteurs qui ont connu de première main la réalité des fabrications en provenance de Ikea en Inde, Vietnam et bangladesh, mettent le doigt dans la plaie des bases du géant de la décoration en interrogeant si il serait  possible qu’Ikea maintienne ses offres de prix bas dans les pays développés sans les conditions de travail misérable qui sont faites aux travailleurs de ses fabriques installées dans les pays du sud.

-Pour quelle raison avez-vous écrit ce livre ?

Nous avons voulu enquêter sur le responsabilité sociale des multinationales et nous avons décidé de commencer par la première du lot : Ikea, parce qu’il se disait que Ikea était l’entreprise la plus éthique et la plus environnementale, qu’elle était le symbole de la Responsabilité Sociale Corporative (RSC). Néanmoins, après peu de temps de travail nous avons compris que cela était faux. Il est évicent que Ikea a une bonne image, mais derrière cette image il y a les problèmes sociaux et économiques des travailleurs de ses fournisseurs du Sud. D’un autre côté, avec sa stature économique et symbolique, Ikea a toute possibilité d’améliorer les situations des travailleurs de ses fournisseurs.

- Avre-vous subi quelque sorte de pressions durant l’enquête ?

Non. Depuis le début nous avions un contact avec Ikea en Belgique et aussi au niveau international. Nous avons travaillé en totale transparence avec eux et jamais ils n’ont cherché à commenter notre travail. Ils sont les premiers qui ont lu les études que nous avons réalisé en Inde, au Vietnam et en bangladesh et ils sont les premiers à avoir lu le livre. Depuis la publication de cet ouvrage en Belgique, ils ont seulement envoyé un petit texte aux journeaux pour dire qu’ils ne souhaitaient pas faire de commentaires.

IKEA est une entreprise qui a répondu avec rapidité et gravité aux critiques sur l’exploitation du travail et la destruction de l’environnement de ce qui les accusait, jusqu’à quel point croyez-vous réels les changements réalisés par cette entreprise ?

Ce que nous pensons est que quand IKEA voit que son profit est en péril et peut subir des effets, il réagit rapidement. Mais nous portons un projet beaucoup plus fondamental, qui porte sur sa manière de faire du profit. Nous ne critiquons pas une petite partie de IKEA, mais le modèle entier, en commençant par son fondement qui est le prix bas. C’est beaucoup plus facile, plus visible, et bien meilleur marché de  renvoyer le fait sur la fabrication que de leur payer un salaire décent. Avec « IKEA, un modèle démontable » simplement nous avons analysé si avec les prix que IKEA paye ses fournisseurs il est possible de payer les travailleurs du Sud pour qu’ils puissent vivre décemment. Ce qui est contesté avec le Iway, le code de conduite que IKEA impose à ses fournisseurs, sans pouvoir donner des garanties que ce code minimaliste – les autres entreprises vont beaucoup plus loin dans leurs promesses- est respecté. C’est la raison pour laquelle nous avons fait porter notre enquête sur les conditions de travail dans les usines qui sont provoquées par IKEA en Inde, Bangladesh et Vietnam. Et les résultats montrent que le Iway s’il n’est même pas assez exigeant il n’est pas possible pour les fournisseurs de le respecter, en tenant compte de leurs propres pratiques de commerce avec IKEA. C’est ce qu’affirment les directeurs de certaines fabriques de commerce.

Est-ce que vous croyez que IKEA pourra apporter des changements s’il y avait des reportages et des investigations periodiques ?

Non. IKEA réagit quand il est critiqué. A cause de cela le travail d’interpellation des entreprises pour les consommateurs est tellement important. Si nous pouvions créer des points de solidarité entre les consommateurs et les travailleurs nous serions forts pour commencer un changement social et lutter contre la pauvreté.

IKEA se pique de transparence (en fait, c’est l’unique grande surface qui te laisse entrer dans l’entrepot) et néanmoins vous pensez que c’est une entreprise opaque, pourquoi ?

Elle ne garantit pas le respect et l’aboutissement de don code Iway. Sa structure de direction formée par une toile de fondations et de société est très opaque. Nous ne savons pas par exemple de combien sont ses bénéfices. Si on veut en savoir plus il faut voir sur les “Public Eye Awards 2007”.

Si l’on va dans les fabriques asiatiques du Bangladesh, Vietnam et de l’Inde, comment est la vie des travailleurs dans ces grands centres de production ?

Ce qui est le fait qui questionne le plus le modèle de IKEA est que les femmes de ces fabriques qui fournissent IKEA travaillent entre 80 et 90 heures chaque semaine et ne reçoivent pas un salaire qui leur permet de vivre avec dignité. Les conditions de vie sont très difficiles pour elles. Elles ne peuvent par exemple, manger de la viande plus de deux ou trois fois par mois. Elles sont payées le minimum légal : en Inde 37 euros par mois, au bangladesh 11 euros, au Vietnam 43 euros et il n’y a pas de syndicats ou elles perdent leur emploi.

Est-il possible alors que IKEA maintienne son offre de prix bas dans les pays développés sans maintenir des conditions de travail comme celles de ses travailleurs de fabriques pourvoyeuses ?

Les salaires ne représentent pas beaucoup du prix final d’un produit. Ils représentent beaucoup moins que la marge de bénéfice. Nous pensons – mais cette question nécessite qu’IKEA apporte des informations plus précises et IKEA a repoussé notre proprosition de faire une étude sur le sujet pour eux- que l’on pourrait améliorer les salaires des travailleurs de ses fournisseurs sans changer le prix final de ses produits.

Pourquoi le code de conduite de IKEA Iway est-il insuffisant ?

Parce qu’ils ne payent pas assez (aux fournisseurs) pour qu’ils puissent respecter ce code. Nous ne disons pas qu’il suffirait seulement de payer plus, mais que cela serait une condition nécessaire pour ce respect.

-Qu’est-ce qu’IKEA pourrait faire pour améliorer. Quelles sont ses propositions ?

IKEA doit garantir un salaire qui permettrait à ses travailleurs du Sud la possibilité de dépasser le seuil de la pauvreté, elle doit modifier ses pratiques de profit pour que les entreprises fournisseuses puissent respecter effectivement le Iway, elle doit accepter et garantir la liberté d’association syndicale enfin, Ikea doit accepter un contrôle indépendant et publier la liste de ses fournisseurs.

 
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Publié par le avril 29, 2013 dans actualités, Asie, Economie, Europe

 

Un Français sur deux vit avec moins de 1610 euros par mois

le 24 Avril 2013, l’Humanité

 Précarité-Carcassonne-ul-Myop-8071[1]Trois études de l’Insee publiées aujourd’hui montrent que, sous l’effet de la crise, le niveau de vie de la majorité de la population stagne ou recule, tandis que les plus riches continuent de s’enrichir. Le taux de pauvreté dépasse les 14 %.

En brossant un paysage des inégalités en termes de niveau de vie, en France, en 2010, une des trois études que l’Insee rend publiques aujourd’hui (1), valide par les chiffres une réalité subie par les plus fragiles.

Même si 2010 signe, après le recul de 2009, une légère reprise de l’activité économique, « le niveau de vie de la majorité de la population stagne ou baisse », introduit l’Insee. Et la persistance des inégalités entre les ménages les plus riches et les ménages les plus modestes reste criante. Ainsi, le taux de pauvreté monétaire, c’est-à-dire le nombre de personnes vivant dans un ménage dont le niveau de vie est en dessous du seuil de pauvreté (964 euros/mois) est passé de 13,5 % en 2009 à 14,1 % de la population en 2010, soit 440 000 personnes de plus. Cette hausse de la pauvreté, qui impacte à plus forte raison les retraités, les étudiants et les chômeurs, « touche particulièrement les familles », rappelle l’Insee, qui chiffre à 2,7 millions le nombre d’enfants qui grandissent dans des familles pauvres, en hausse de 278 000.

Moins de 10 430 euros par an pour les plus pauvres

Par ailleurs, le niveau de vie médian, au-dessus et en dessous duquel se situent 50 % des Français, a chuté de 0,5 % (et seulement 0,3 % pour les plus riches) entre 2009 et 2010, pour atteindre 19 270 euros annuels (1 610 euros/mois). Les 10 % les plus pauvres survivent avec moins de 10 430 euros par an quand les 10 % les plus riches cumulent au moins 36 270 euros annuels. Un rapport de 1 à 3,5.

En comparant les effets de la crise actuelle à ceux des précédentes, l’Insee souligne que, si « le précédent ralentissement économique au début des années 2000 avait également pesé sur le niveau de vie du plus grand nombre, la crise actuelle affecte cette fois plus spécifiquement les personnes modestes ». Les 1 % les plus riches, eux, continuent de s’enrichir, grâce, entre autres, aux revenus de leur patrimoine, qui expliquent, en partie, la hausse de près de 5 % de leur niveau de vie en 2010.

Malgré tout, l’étude pointe que le système de protection sociale français, via le versement de prestations familiales, allocations logement, minima sociaux, a permis d’amortir la paupérisation des couches populaires. L’explosion du chômage a fait chuter la part des revenus du travail dans les ménages les plus modestes, augmentant mathématiquement celle des prestations sociales. Mais leur faible revalorisation menace plus que jamais les plus fragiles.

Plus de pauvres et des riches plus riches, cette étude de l’Insee matérialise une nouvelle fois, la fracture sociale d’un pays malade de ses inégalités.

(1) « Les revenus et le patrimoine des ménages ». Collection Insee Référence. 170 pages. 19,30 euros.

Inégalités chez les seniors. Depuis 1996, le niveau de vie des 65 ans et plus a évolué parallèlement à celui des personnes d’âge actif. Mais des inégalités fortes existent à l’intérieur de cette catégorie. Ainsi, les « nouveaux retraités » voient leur niveau de vie progresser plus vite que leurs aînés, qui sont souvent des femmes seules, qui ont peu travaillé et dont les pensions sont très faibles. En 2009, selon l’Insee, cet écart était de 11 %. Par ailleurs, les revenus du patrimoine augmentant pour les plus riches des seniors, la baisse des petites pensions creuse l’écart et paupérise les plus fragiles.

  • Lire aussi :

L’austérité mine  la santé des plus pauvres Témoignage : « Non, je ne veux pas que mes enfants mendient » La précarité crainte par 75% des Français

 
 

Capriles est interviewé: un produit servi dans toute la presse espagnole, française, seuls quelques détails changent…

Capriles: le Venezuela doit recommencer les élections

Voici un interview de Capriles, il présente la particularité d’être un produit tout préparé (par qui?) et qui est présenté par divers quotidien comme des interview originaux. En effet je commence à traduire l’interview paru dans le quotidien espagnol de centre droit El Mundo et je m’aperçois que l’on retrouve le dit produit dans le journal gtatuit Metro à peine transformé et présenté comme un interview original. Ainsi dans le journal espagnol  Capriles est décrit plus longuement que dans Metro, simplement le journal espagnol comme ce qui est réservé à l’Amérique latine insiste par exemple sur sa dévotion à la vierge Marie alors qu’en Français et en anglais on supprime ce détail…On pourra avoir en Amérique et en Israêl le même produit maus où il sera discrétement insisté sur les origines juives. Si l’interview du journal espagnol est plus long ce sont les mêmes questions et les mêmes réponses.  Ce ne sont plus seulement des dépêches d’agence reproduites comme des articles originaux ce sont des produits de propagande.  Ce sont les groupes de presse qui imposent le produit à peine traduit et reçu directement d’officines des Etats-Unis, il y a eu de multiples scandales concernant ces produits livrés clés en main… Cela évite toute investigation sur le terrain et permet de faire passer pour argent comptant les pires contrevérités. (note de danielle Bleitrach)

Henrique Capriles. | Luis Medel RomeroHenrique Capriles. | Luis Medel Romero
  • ‘Los venezolanos saben que Maduro no supone un futuro mejor’

Henrique Capriles, à 40 ans, sait qu’il fait l’Histoire : il a poussé le chavismo tout-puissant dans les cordes après avoir obtenu des résultats électoraux surprenants le 14-A.

En voyant son austère bureau de campagne cela paraît un miracle. Avec sa fameuse casquette fameuse tricolore brodée et avec quelques vestes de jogging qui pendent sur le dossier  de sa chaise, le leader de l’opposition reconnaît qu’il a tout fait exploser.

Il ne faut pas qu’il le dise, même il a le visage épuisé après quelques semaines dans l’oeil du cyclone politique. il est disposé à continuer encore, convaincu de ce qu’il peut obtenir une répétition partielle des élections là  où une irrégularité  est démontrée ce qui lui octroirait la victoire.

L’entourent  quelques objets: une statue de la Divine bergère, la vierge, à laquelle il voue une dévotion, divers livres de campagnes, une biographie: Hugo  Chávez sans uniforme. Combien  le Venezuela a changé depuis que  Cristina Marcano et Alberto Barrera décrivaient les arcanes de "l’éternel commandant ". La croisade de Capriles  c’est poursuivre  sa lutte pour que le pays change du tout au tout.

Question.- Quelles sont les principales irrégularités électorales détectées par l’opposion ? (voici l’interview en espagnol tel qu’il est publié par le quotidien El Mundo et par divers journaux d’Amérique latine… Dessous vous avez l’interview présenté par Metro, on appréciera.

Henrique Capriles, de 40 años, sabe que está haciendo Historia: ha empujado al todopoderoso chavismo contra las cuerdas tras obtener unos resultados electorales sorprendentes el 14-A.

Viendo su austero despacho de campaña parece un milagro. Con su famosa gorra tricolor calada y con varias chaquetas de chándal que cuelgan del repaldo de su silla, el líder opositor reconoce que está reventado.

No hace falta que lo diga, incluso tiene el rostro enjuto después de varias semanas en el ojo del huracán político. Aún así está dispuesto a seguir en él, convencido de que una repetición parcial de los comicios en las mesas donde se demuestren irregularidades le otorgaría la victoria.

Le rodean una figura de la Divina Pastora, Virgen por la que profesa devoción, varios libros de campañas e Historia y una biografía: Hugo Chávez sin uniforme. Cómo ha cambiado Venezuela desde que Cristina Marcano y Alberto Barrera describieran los entresijos del "comandante eterno". La cruzada de Capriles pretende seguir luchando para que el país cambie del todo.

Pregunta.- ¿Cuáles son las principales irregularidades electorales detectadas por la oposición?

Respuesta.- Sobre el 54% que ya se auditó detectamos irregularidades como, por ejemplo, centros donde Maduro sacó el 1.000% más de votos que Chávez el 7-O… ¿Quién se lo cree? Ahora comenzamos la auditoría sobre el 46% restante. En realidad quedan 18.000 cajas, pero vamos a revisar 12.000 y yo acepté. Pero no sólo para abrirlas, sino para inspeccionar las papeletas, el acta de escrutinio y el cuaderno de votación, que es el corazón del proceso. Ahí podemos descubrir si una persona votó varias veces o si votaron muertos. Nuestras quejas se centran en las inconsistencias entre el acta y el escrutinio, violencia en los centros, votos asistidos, proselitismo en los centros, gente que votó dos y tres veces. El CNE [Consejo Nacional Electoral] quiere hacer de esto en una revisión simple de números. Pero no.

P.- ¿Qué entienden por auditoría?

R.- La auditoría no es un saludo a la bandera. Usted no puede decir auditoría y no ver el cuaderno de votación. Hay que ver todos los elementos que intervienen en el proceso: la caja, las papeletas, el acta de escrutinio y, finalmente, el cuaderno de votación, porque ahí está la identidad de la persona, la huella, la firma… Por eso se llama auditoría y no es una concesión, sino un derecho. Le pongo un ejemplo. Si el SENIAT [Hacienda] va a su casa y le hace una auditoría, le pide documentos, estados de cuenta, títulos de propiedad, recibos de pagos… Si no, no es una auditoría. Y el CNE dijo auditoría, y eso es lo que planteó la presidenta en cadena de TV y radio.

P.- Hay indicios y declaraciones que indican que no se hará así.

R.- Yo no le paro bola [no hago caso]. Aquí hay un anuncio hecho al país en cadena nacional y sobre la base de ese acuerdo UNASUR emitió su comunicado. No hago caso a las declaraciones posteriores y me remito a lo anunciado.

P.- ¿Qué cree que acabará saliendo finalmente de esta auditoría?

R.- Que hay que repetir las elecciones. Si no son totales, parciales. Pero esa parcialidad abarca a un número de electores tan grande como para no sólo acortar distancias, sino para darnos la victoria.

P.- ¿Aceptarán el veredicto del Consejo Nacional Electoral?

R.-Los resultados se presentarán ante el país y el mundo. El árbitro puede darle un puñetazo a la mesa, pero los ojos de todos están ahí y verán el resultado de la auditoría. A partir de ahí, el Gobierno puede quedar bajo la sombra de la legitimidad o de la deslegitimidad.

P.- ¿Confía en el CNE?

R.- Hay una institucionalidad que responde a los intereses de un partido, pero el voto no han podido cambiarlo. Quedó en evidencia la persecución a los funcionarios que nos votaron. La verdad la tenemos en nuestras manos y debe permitírsele al país conocerla con la auditoría.

P.-¿Confían en el Supremo para impugnar las elecciones?

R.-No tenemos confianza. Sin embargo la lucha se va a dar. La verdad terminará imponiéndose. Yo no quiero adelantarme a lo que pasará, pero en estas elecciones están puestos los ojos del mundo. Hay verdades que terminan imponiéndose, por más que haya instituciones secuestradas políticamente. Esto se parece al Perú de Fujimori y al cabo de un año se impuso y hubo que ir a elecciones. La ilegitimidad provoca un problema de incapacidad de gobernar gigantesco y ésa es la diferencia con la ilegalidad. Esta lucha viene desde muy atrás de la campaña y los abusos que hemos sufrido… Me pregunto: ¿cuánta habrá sido la diferencia real a nuestro favor? Este es un Gobierno del mientras tanto, hasta que el país sepa la verdad.

P.- ¿Ve Maduro que hay un país diferente tras el 14-A?

R.- No se ha dado cuenta de nada. O no ha querido o no sabe cómo leer la elección, porque ya no hay una mayoría. Hay dos mitades.

P.- En los últimos días le han atribuido ocho muertos.

R.- Los casos de violencia que hemos podido investigar son mentira. Hablaron de centros de salud afectados [atendidos por cubanos] y según lo que hemos investigado en ninguno pasó absolutamente nada. Es falso y hay que ser irresponsable para alimentar el clima de intolerancia. Igualmente hemos investigado los muertos anunciados y lo que sabemos es que los casos no tienen que ver con violencia política, sino con la violencia habitual que vivimos. En Venezuela caen diariamente 50 personas por violencia de armas de fuego y esos no importan.

P.- En los medios oficiales se habla de baño de sangre.

R.- Es lo típico. Esa es la agenda que quiere el Gobierno, porque así no hablamos de auditoría, de la suciedad en las elecciones, de los problemas sociales, los económicos… Así los ojos del mundo estarían puestos en la violencia. Y le voy a poner un ejemplo: en el acto de cierre de campaña de Maduro en la Avenida Bolívar de Caracas hubo cinco muertos y ni una sola palabra hacia ellos. Incluso hay una foto muy elocuente, en la que hay un muerto a pocos metros de la caravana de Maduro y ni pararon a ver lo ocurrido. Ése es su estilo. Pero no voy a caer en la provocación de hacer politiquería con los muertos. Quieren que se hable violencia para no hablar del recuento.

P.- También se han denunciado casos de persecución a empleados públicos en represalia por el resultado electoral.

R.- Eso es propio de regímenes fascistas. Este Gobierno está lleno de contradicciones, como decir que son marxistas y cristianos. Ahora han comenzado la persecución a los trabajadores públicos, pero como el voto es secreto empieza la caza de brujas colectiva. Me cuentan que se han revisado teléfonos y se han metido en Facebook, en Twitter… Eso es fascismo, pero le vamos a hacer frente. No somos optimistas con la justicia venezolana, pero quedan los organismos internacionales. Tengo información de miembros de las Fuerzas Armadas obligados a tomar foto al comprobante de la votación. Un Gobierno que funciona así no se sostiene en el tiempo. Yo le quiero decir a nuestros servidores públicos que no se dejen amedrentar por nadie. La libertad de conciencia está contemplada y no nos van a poner de rodillas frente a quienes actúan de esta forma. Y yo le digo al Gobierno: «Usted habló de diálogo, pues dé señales». Pero no con una pistola en la cabeza ni a base del chantaje. Que cese la persecución, no hay que darles las gracias por cumplir con su trabajo o por recibir casa o ayuda social.

P.- ¿Está consumada la presidencia de Maduro tras la investidura?

R.- Una cosa es la legalidad y otra la legitimidad. Maduro tomó posesión pero hay una sombra de ilegalidad. Si yo fuera él, estaría en el CNE pidiendo revisión para que nadie ponga en duda la victoria. Su discurso fue vacío. Hoy no hay ningún venezolano que tenga expectativas positivas en torno a esta presidencia. Ni siquiera habló de los problemas económicos graves. Habría que preguntar si la subida salarial fraccionada que propuso contrarresta la devaluación del 46% que les metió por el pecho a los venezolanos. Esa no fue fraccionada.

P.- La división se vive también en la calle. Cohetes contra cacerolas.

R.- Quieren convertir los cohetes en una forma de expresión popular cuando en realidad nadie tiene cohetes en sus casas. Los venezolanos no tienen capacidad económica para gastar cada día toda la plata que eso cuesta. Y habrá que saber quién los mete en los barrios. Para tirar cohetes hay que tener dinero, para tocar la cacerola, gente.

P.- El ejército juramentó a Maduro como comandante en jefe.

R.- El ministro de Defensa no representa a nuestro ejército.

P.- ¿Cómo valora la postura de UNASUR en la Cumbre de Lima? Se habla de presidentes que amenazaron con no venir a la toma de posesión si no se recontaban los votos.

R.- Es muy posible. Los países de UNASUR cambiaron el informe final cuando supieron de la decisión del CNE. Fue un triunfo de nuestro pueblo que trató de manchar el Gobierno. No le hemos pedido a ningún país ni jefe de Estado que desconozca al Gobierno. Lo que queremos es que nos dejen presentar todas nuestras irregularidades.

P.- ¿Le ha molestado la postura internacional?

R.- No, no me ha molestado, aunque sí algunos presidentes que van más allá y emiten opiniones sobre nuestro país. En realidad lo que hay son países que defienden el statu quo. Tenga en cuenta que un cambio en Venezuela es un cambio en América Latina, porque el petróleo dejaría de ser fuente de lealtades en la región. Hay algunos que vienen aquí y aplauden todo lo que diga el Gobierno. Eso lo rechazamos. Igual que rechazamos la presencia de militares cubanos en nuestro ejército. Exigimos que los militares cubanos salgan de las Fuerzas Armadas ya. Es inaceptable que impartan órdenes a nuestros soldados.

P.- ¿Echa de menos un posicionamiento internacional ante la ausencia de diputados opositores en la toma de posesión de Maduro?

R.- No era el momento, pero la actitud de nuestros diputados es la lógica porque lo que sucedió en el Parlamento fue muy grave. Se agredió a un diputado y le han negado el derecho de palabra a los nuestros. Habrá que saber si los venezolanos están dispuestos a aceptarlo.

P.- ¿Seguirán las caceroladas?

R.-Ya veremos. Esta es una lucha por la verdad para la que pido paciencia y tolerancia. Aquí hay una agenda que busca la verdad al tema electoral y soluciones económicas.

P.- ¿Cuál es su agenda ahora?

R.- Yo empezaré a viajar por todo el país, organizando asambleas. La lucha no termina con las elecciones. El mundo no termina aquí. Y estoy peleando porque no haya inflación, porque no haya escasez, porque no haya violencia, porque los jóvenes tengan primer empleo… Aunque hoy fuera presidente, la lucha sigue.

P.- Los medios describen una grave situación económica.

R.- Es muy compleja. Está bajando el precio del petróleo y creciendo el desabastecimiento. Hay rubros que muestran un desabastecimiento del 60% y 70% de escasez. No hay nadie en América Latina en esta situación: ningún país con esta situación de inflación, desabastecimiento, fallas eléctricas e inseguridad.

P.- ¿Se desmonta que los pobres votan a Maduro y los ricos a Capriles?

R.- Este ha sido el cierre de un ciclo. Los venezolanos saben que Maduro no es un mejor futuro. Yo estuve construyendo un liderazgo a pulso, ladrillo a ladrillo. ¿Qué he hecho yo? Trabajar. Y estoy cosechando esos frutos. El debate del Gobierno entre derecha e izquierda no es el debate de mi generación, del mundo moderno. El debate es entre progreso y atraso. Nosotros somos progresistas. En el acento pongo lo social, con las acciones que permitan que el que vive en la pobreza salga de ella. La realidad en Venezuela es que existe una asistencia. Una asistencia que queda ahí. Lo está logrando Brasil: sacan a millones de personas de pobreza convirtiéndolos en consumidores, en gente con trabajo de calidad, que no depende del Estado.

P.- ¿Qué le pide a la comunidad internacional?

R.- Que esté atenta a lo que pase en Venezuela y no pase página.

INterview de Metro

Henrique Capriles sait qu’il a marqué l’histoire du Venezuela. L’élection présidentielle, le 14 avril, a donné un résultat inattendu : il a mis à mal le dauphin de Hugo Chavez, qui a remporté les élections de justesse avec 50,66% des voix contre 49,07% pour son concurrent. Soit 210.000 voix d’écart. Des irrégularités ont été dénoncées et ont obligé l’administration à vérifier tous les résultats. Une tension supplémentaire dans ce pays où les manifestations antigouvernementales ont causé huit morts. Henrique Capriles répond à Metro.

Quelles sont les irrégularités que vous avez relevées ? Sur 54 % des bureaux de vote déjà vérifiés, nous avons par exemple trouvé des bureaux où Maduro a reçu 1 000% de votes de plus que Chavez lors de la précédente élection. L’audit des 46% restants a commencé. Il y a 18 000 urnes, mais j’ai accepté qu’on n’en vérifie que 12 000. Attention, il ne s’agit pas juste de les ouvrir, mais de vérifier chaque bulletin, la liste des électeurs et leur signature. Soit le cœur du processus. Il n’y a qu’ainsi qu’on peut voir si une personne a voté plusieurs fois ou si des morts ont voté. Notre plainte porte sur les violences dans les écoles faisant office de bureau de vote, sur les votes "assistés", sur le prosélytisme devant les écoles et sur les gens qui ont voté deux ou trois fois.

Selon vous, quelles seront les conclusions de cet audit ? Qu’il faut refaire les élections au moins pour partie, sinon entièrement. Cette fraude touche énormément d’électeurs. Donc cela pourrait non seulement réduire l’écart entre nous et Maduro, mais nous donner la victoire.

Accepterez-vous les conclusions de cet audit, quelles qu’elles soient ? Les conclusions seront présentées au pays et au monde entier. Tous les yeux sont tournés vers le Venezuela. De là, le gouvernement se verra légitime ou illégitime.

Croyez-vous que la Cour suprême puisse contester l’élection ? Je n’ai pas confiance en la Cour suprême, mais la bataille va avoir lieu. La vérité prévaudra. Je ne veux pas trop m’avancer sur ce qui pourrait arriver, mais le monde entier nous observe. Comme le Pérou à l’époque de Fujimori, où il a fallu retourner aux urnes un an après l’élection. L’illégitimité génère une incapacité à gouverner. C’est cela, la différence avec l’illégalité.

Ces jours-ci, vous avez été blâmé pour la mort de 8 personnes durant les manifestations anti-Maduro… C’est totalement faux. Nous avons enquêté sur ces morts. Elles ne résultent pas de violences politiques, mais de violences "habituelles" au Venezuela. Ici, 50 personnes meurent tous les jours, et il semble que personne ne s’en étonne.

Certains fonctionnaires auraient été persécutés après les résultats de l’élection. Qu’en pensez-vous ? La chasse aux sorcières est typique des régimes fascistes. Nous ne sommes pas très optimistes quant à la justice vénézuélienne, mais il y a des organisations internationales. J’ai appris que des membres des forces armées avaient l’obligation de prendre en photo les registres signés des listes électorales. Un gouvernement qui fonctionne ainsi ne peut pas continuer bien longtemps.

Continuerez-vous les "caceroladas" (manifestations avec des casseroles) ? On verra. C’est une bataille pour la vérité. J’appelle à la patience et à la tolérance. Notre but est de trouver la vérité et des solutions pour l’économie.

Qu’attendez-vous de la communauté internationale ? De prêter attention à ce qui se passe au Venezuela et de ne pas tourner la page, car elle est en train de se remplir.

 
 

Une bonne nouvelle, il n’y a pas que’"aube dorée: "‘Élections étudiantes en Grèce : les listes soutenues par la Jeunesse communiste progressent encore

Bank-of-Greece1[1]Dans un pays dont on nous parle seulement pour décrire une situation dominée par les diktats du FMI avec comme seule résistance les nervis fascistes d’Aube dorée, voivi une autre nouvelle. Elle correspond à ce que nous recevons par ailleurs, à savoir l’organisation dans certaines villes de militants qui défendent les populations immigrées menacées par les fascistes. Il faut bien mesurer que les mouvements néo-nazis n’existent que parce que les possédants ont peur des révoltes populaires, ils organisent le dévoiement de celles-ci contre des boucs émissaires racistes mais surtout ils fabriquent des forces illégales et factieuses capables en temps utile pour briser les solidarités et les résistances populaires, parallélement à la police et à l’armée qu’elles infiltrent en priorité comme le système éducatif. Ce résultat témoigne donc de la vitalité de la jeunesse et de son refus de ce dévoiement. Le grand problème que reflète ce compte rendu est la division actuelle non seulement entre les communistes et le PASOK très déconsidéré mais entre le KKE et  le SYRIZA,, ce dernier qui a pu apparaître comme une solution avec une forte progression en particulier de militants socialistes venus du PASOK, n’a pas pu mordre dans le monde du travail et stagne parce que ses propositions n’apparaissent pas réellement différentes du PASOK, en particulier sur l’Europe, le refus de l’austérité… (note de Danielle Bleitrach)

Élections étudiantes en Grèce : les listes soutenues par la Jeunesse communiste progressent encore

Traduction pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Ce 17 avril 2013 se tenaient les élections des comités exécutifs des syndicats étudiants. Les listes du    Panspoudastiki KS, qui étaient soutenues par la Jeunesse communiste de Grèce (KNE) ont enregistré une progression significative.

Ainsi, le Panspoudastiki KS a progressé dans les Instituts universitaires de technologie, recevant 18,4% des voix    ( + 2,9%) et une hausse similaire dans les Universités, recueillant 16,6% des voix ( + 1,9%).

Ce résultat est particulièrement important à un moment où le système politique bourgeois envisage sa    recomposition, mettant en avant SYRIZA comme une nouvelle social-sémocratie, tout en cherchant à réduire le poids électoral du KKE.

Cependant, le rassemblement soutenu par SYRIZA lors des élections étudiantes stagnent par rapport aux résultats de    l’an dernier, à 6,5% dans les universités et 2% dans les IUT, en net contraste avec les listes soutenues par les jeunes communistes.

Il est aussi important que le Panspoudastiki KS soit en première position dans 31 syndicats étudiants, ce qui nous    donne quelque espoir quant au renfrocement du Front militant des étudiants (MAS), qui rassemble les syndicats étudiants où les forces sur des positions de lutte sont majoritaires, ainsi que les    comités de lutte étudiants.

Dans son communiqué, le secrétaire du Comité central de la KNE, Theodoris Chonis, a déclaré:

« Des milliers d’étudiants ont participé, aux côtés des membres de la KNE, sur les listes, et des    milliers d’autres nous ont soutenu par leurs votes, cela constitue une masse critique qui pourra renforcer les efforts pour le rassemblement dans la lutte du mouvement étudiant, renforçant le    Front militant étudiant par la recrue de nouvelles forces ».

 
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Publié par le avril 20, 2013 dans actualités, Europe

 

Une dizaine de milliers de manifestants à Munich disent « Non » à la terreur néo-nazie

Une dizaine de milliers de manifestants à Munich disent « Non » à la terreur néo-nazie

Article MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Dans le sillage de la crise, de la destruction de la RDA socialiste, du regain de la    puissance nationale allemande décomplexée, le néo-nazisme retrouve un certain écho en Allemagne, pas seulement à l’Est mais aussi de plus à l’Ouest.

La Bavière, bastion ultra-conservateur historique, est au cœur de la renaissance du mouvement    néo-nazi à l’Ouest. En 2008, les partis d’extrême-droite avaient obtenu près de 3% dont 1,5% pour le parti néo-nazi NPD.

Récemment, le journal der Spiegel révélait les liens privilégiés entretenus par    l’extrême-droite bavaroise et le parti grec Aube dorée qui contribue à re-structurer le mouvement nazi en Allemagne du sud.

« Non à la terreur nazie, au racisme quotidien et    d’Etat »

Ce samedi, plus de 10 000 personnes ont manifesté dans les rues de Munich pour dire Non au retour    du néo-nazisme, non aussi au terrorisme d’extrême-droite et non à la collusion entre milieux conservateurs ouest-allemands, services secrets et groupuscules fascistes.

Parmi les mots d’ordres reflétés par les banderoles des manifestants :« Munich doit rester une ville libérée du nazisme»,« Non à la terreur nazie, au racisme quotidien et d’État ».

« Nous devons avoir une tolérance zéro pour les néo-nazis dans cette ville »,    a affirmé une survivante d’Auschwitz, Esther Bejarano, dans un message envoyé à la manifestation.

Complicités en haut lieu avec un groupe terroriste néo-nazi

Le procès du groupe terroriste néo-nazi « National-socialiste underground » (NSU) à Munich a fourni l’organisation à    une centaine d’organisations, anti-fascistes, anti-racistes, dont le Parti communiste allemand (DKP) et la Jeunesse socialiste ouvrière allemande (SDAJ) de riposter.

Le NSU a orchestré dix meurtres – dont cinq à Nuremberg et Munich – et deux attentats à la bombe, dans la ville de Cologne,    entre 2000 et 2006. La dernière survivante du groupe, Beate Zschape, a participé ainsi à l’assassinat de huit individus immigrés, d’origine turque.

Les complicités en haut lieu, le laissez-faire des services secrets allemands incitent les organisations de la manifestation à    demander la dissolution de l’Office fédéral pour la protection de la constitution (BFV), accusée d’avoir laisser faire le NSU et ses crimes.

Dans le passé, la complicité du BfV avec le NDP a déjà été évoqué. Le scandale de la gestion par le BdV des attentats du NSU –    qu’il a longtemps attribué à des gangs immigrés – a conduit à la démission de plusieurs responsables des services de renseignement.

Pour les communistes munichois : « les nazis jouent un rôle dans le système : dévoyer la    colère populaire »

Les communistes munichois du DKP ont soulevé des questions dérangeantes dans leur tract :

« L’Office fédéral pour la protection de la constitution a-t-elle connu un dysfonctionnement ou a-t-elle bien fait son    travail ? C’est peut-être aussi le résultat d’un dénominateur commun anti-communiste et nationaliste, entre l’organisme fédéral et l’organisation néo-nazie. »

« Pourquoi les a-t-on laissé en liberté et qui a intérêt à ce que le NPD ne soit pas interdit ? Les tueurs du NSU    sont-ils les revenants d’une sombre politique, celle d’un discours nationaliste légitimant les intérêts impérialistes de l’Allemagne.

Les nazis jouent un rôle dans ce système, ils canalisent l’indignation et la protestation contre les excès du capitalisme    vers la droite.

Dans l’ombre de la dictature européenne des marchés financiers, le risque de tendances populistes et nationalistes de droite    monte en Europe, ils vont cibler les peurs des couches perdantes de la mondialisation capitaliste et vont leur proposer des ‘solutions’ nationalistes.

Face à cette menace, l’action collective est plus que jamais nécessaire. »

 

La Russie, les BRICS et l’Afrique par Arnaud Dubien

La Russie, les BRICS et l’Afrique

Arnaud Dubien

Arnaud Dubien

© Photo Arnaud Dubien

10:13 29/03/2013
"L’œil de Moscou" par Arnaud Dubien

"L’oeil de Moscou" apportera un éclairage sur les jeux de pouvoir en Russie, sur la politique étrangère et de sécurité de la Russie, mais également sur les régions du pays, sujet qui intéresse de plus en plus les décideurs français. Il cherchera aussi – en fonction de l’actualité – à attirer l’attention des lecteurs sur des événements ayant "échappé aux radars", mais qui révèlent des tendances ou annoncent, selon l’auteur, des changements importants dans la politique, l’économie ou la société russe.

Alors que la crise chypriote a dominé l’actualité russe ces derniers jours, deux autres événements récents – la visite du nouveau chef de l’Etat chinois Xi Jinping en Russie (22-24 mars) et celle de Vladimir Poutine à Durban dans le cadre du sommet des BRICS (26-27 mars) – apportent un éclairage précieux sur les priorités diplomatiques de Moscou.

Officiellement au beau fixe, les relations russo-chinoises donnaient, depuis quelque temps, des signes d’essoufflement. Vu de Moscou, le « partenariat stratégique » avec Pékin paraissait moins intéressant qu’au cours des années 1990 et lors du premier mandat de Vladimir Poutine. Le volume des échanges bilatéraux a certes considérablement augmenté, atteignant 80 milliards de dollars en 2012, mais leur structure est de plus en plus défavorable à la Russie. Aucun grand contrat d’armement n’a été signé depuis 2005, les exportations russes se concentrant désormais  – comme en Europe – sur les matières premières. Au plan politique, le renforcement de la présence chinoise en Asie centrale constitue un motif d’inquiétude au Kremlin. Côté chinois, on relève la réactivation de la coopération russo-vietnamienne (livraisons de sous-marins et d’avions de combats, construction d’une centrale nucléaire par Rosatom), le maintien de liens privilégiés avec New-Delhi et, plus récemment, les signes d’une possible ouverture japonaise sur le dossier des îles Kouriles. Dans ce contexte où les non-dits pèsent lourd, la visite de Xi Jinping à Moscou a dissipé les doutes quant à la solidité de la relation russo-chinoise. Les discussions entre Gazprom et CNPC pour la livraison de gaz en provenance de Iakoutie et de Sibérie orientale devraient aboutir d’ici la fin de l’année. S’il se confirme, ce scénario marquera la première étape de la réorientation des exportations gazières russes vers l’Asie, sur fond de tensions croissantes entre Gazprom et la Commission européenne. La signature de gros contrats portant, entre autres, sur des chasseurs-bombardiers Sukhoï-35 est également attendue à brève échéance.

Moins médiatisé que la visite de Xi Jinping à Moscou, le déplacement de Vladimir Poutine à Durban est pourtant emblématique de tendances de fond dans la politique étrangère russe. La multipolarité que Moscou appelait de ses vœux dès la fin des années 1990 (à l’époque, le Premier ministre Evgueni Primakov évoquait un « triangle Russie-Inde-Chine ») est désormais une réalité. Signe des temps, le Kremlin a, fin mars, publié un document officiel précisant sa politique à l’égard des BRICS. Plutôt prudente en ce qui concerne l’institutionnalisation de cet ensemble et la création d’une banque de développement, la Russie cherche plutôt, à ce stade, à utiliser cette enceinte multilatérale pour développer ses relations avec le Brésil et l’Afrique du sud. Sans surprise, les exportations d’armes et le nucléaire civil sont les deux leviers que Moscou entend actionner. Le renforcement des liens avec Brasilia est d’autant plus important que de sérieux doutes existent sur l’après-Chavez au Venezuela, pays sur lequel le Kremlin a beaucoup misé en Amérique du sud.

Les discussions Poutine-Zuma annoncent quant à elle une stratégie russe plus ambitieuse en Afrique. Parler de « retour » ou de « visite historique » serait abusif, les responsables russes s’étant en réalité réintéressés au continent dès 2006. De nombreux groupes industriels (Rusal, Renova, Rosneft, etc) y sont solidement implantés. Mikhaïl Marguelov, qui cumule les fonctions de président de la commission des affaires internationales du sénat russe et de représentant spécial du président russe pour l’Afrique, symbolise le nouvel engagement de Moscou. Certes, pour l’heure, les échanges commerciaux russo-africains demeurent modestes. Mais la mise en œuvre des projets discutés par les présidents russe et sud-africain en marge du sommet de Durban (livraisons d’hélicoptères et d’avions de combat russes, coopération sur le futur moyen-courrier MS-21, éventuel octroi d’un crédit de plusieurs milliards d’euros pour la construction d’une centrale nucléaire par Rosatom) pourrait changer la donne (et, accessoirement, affecter les intérêts français).

Alors que l’Union européenne reste plongée dans le marasme économique et demeure dans l’ensemble sceptique sur l’hypothèse d’un véritable partenariat stratégique avec la Russie, cette dernière prend acte des nouveaux rapports de forces mondiaux et diversifie ses horizons.

L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction

Arnaud Dubien dirige, depuis mars 2012, l’Observatoire franco-russe à Moscou. Diplômé de l’INALCO et de l’IEP de Paris, il a été, de 1999 à 2006, chercheur Russie-CEI à l’Institut de relations internationales et stratégiques. Il a ensuite dirigé plusieurs publications spécialisées sur l’espace post-soviétique, parmi lesquelles l’édition russe de la revue Foreign Policy et les lettres confidentielles Russia Intelligence et Ukraine Intelligence. Ces dernières années, Arnaud Dubien a par ailleurs travaillé comme consultant du Centre d’analyse et de prévision du ministère des Aff aires étrangères, ainsi que de grands groupes industriels français. Il est membre du Club de Valdaï

 
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Publié par le avril 14, 2013 dans actualités, Afrique, Asie, Europe

 

Ce ne sont pas des détenus, s’il y a un enfer, ces gens-là sont en train de le vivre, par Giorgos Karystinos

Publié le 11/04/2013 par

Témoignage bouleversant en direct du Commissariat de Police de Drapetsona (banlieue proche de Pirée) – Communiqué de presse du Front Antifasciste de la région du Pirée.

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Date : 28/03/2013

Après le passage à tabac, par des policiers du poste de police de Drapetsona, sur les personnes détenues là, comme ils nous l’ont affirmé, en rétorsion à la grève de la faim qu’elles ont commencée, et après la tentative de suicide du détenu Palestinien de 28 ans Ibrahim Faraz, nous, citoyens actifs du Pirée, avons effectué le 27/3 un rassemblement de protestation et de solidarité (à l’appel de l’Initiative Antinazis du Pirée). Quand nous sommes arrivés devant le Commissariat, le Comissaire s’est mis devant le rang des CRS (MAT en grec), qui avaient pris position, il nous a informés et il a autorisé une équipe de cinq personnes à entrer et à discuter avec les gens retenus dans les cellules.

L’image à laquelle nous avons été confrontés alors était insupportable : dans les 70 mètres carrés environs de la cellule d’enfer du poste de police, 100 personnes étaient entassées, enfermées là depuis 9 mois, depuis le début de l’opération « Xenios Dias » (« Zeus hospitalier ») (en référence au dieu protecteur des étrangers, en réalité un plan de ramassage et de rétention des migrants en situation irrégulière). Détenus sans droit de promenade, sans voir le soleil ou respirer d’air pur (rappelons qu’il s’agit d’un poste de police), dans des conditions d’hygiène lamentables, souffrant de maladies de peau et autres du fait des conditions de détention, désespérés, au bord du suicide. Personne ne pourrait rester là 9 mois, ni même 9 heures. C’est une violation flagrante des Droits de l’Homme, c’est la disparition de toute notion d’humanité et de société légale.

Nous nous sommes effondrés, lorsque nous avons vu un homme se déchirer les chairs et se couvrir de sang de haut en bas, quand il nous a vus, ne trouvant que cette solution pour sortir de cet enfer où il est détenu et où il subit des tortures depuis 9 mois. Au détenu qui s’était ainsi blessé, il a été annoncé qu’il serait libéré, ainsi qu’au Palestinien qui avait tenté de se suicider.

Le message est clair : vous ne sortirez d’ici que si vous vous suicidez, et si vous êtes chanceux peut-être qu’à l’hôpital ils réussiront à vous sauver …

En tant que citoyens actifs du Pirée nous demandons :

-       Que le Conseil Municipal, les corps de métier, les syndicats et toutes les institutions de la région élargie du Pirée prennent officiellement position et qu’ils fassent pression pour que cesse cette situation inhumaine.

-       Les travailleurs dans les structures compétentes de l’état (policiers, administratifs, psychologues etc.) en mesure d’exercer leurs facultés de jugement et leur humanité doivent mesurer leurs responsabilités. Ils ont le devoir de réagir.

-       Que soient fermées les cellules de la police où sont détenues les victimes de l’opération « Xenios Dias » (« Zeus hospitalier »). Elles sont une insulte à notre humanité et font honte au Pirée.

Nous nous battons contre la barbarie, le fascisme et le cannibalisme social.

Nous exigeons que cesse l’opération inhumaine « Xenios Dias » (« Zeus hospitalier ») menée par la police et l’état grecs.

Nous réclammons l’évidence.  Respect des Droits de l’Homme. Vie décente pour nous toutes et tous.

source : http://www.ksm.gr/%CF%83%CF%85%CE%B3%CE%BA%CE%BB%CE%BF%CE%BD%CE%B9%CF%83%CF%84%CE%B9%CE%BA%CE%AE-%CE%BC%CE%B1%CF%81%CF%84%CF%85%CF%81%CE%AF%CE%B1-%CE%B1%CF%80%CF%8C-%CF%84%CE%BF-%CE%B1%CF%83%CF%84%CF%85%CE%BD%CE%BF/#comment-6095

traduction : Frederic Bendali, relecture : Marie-Laure Coulmin Koutsaftis

article lié : http://initiativegrecqueaparis.wordpress.com/2013/03/29/petition-contre-la-torture-et-larbitraire-de-la-police-grecque/

 
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Publié par le avril 11, 2013 dans actualités, Europe

 

Qui chantera pour les jeunes qui ont besoin de résistance pour survivre… ma génération a eu de la chance d’être nourrie de ces gens là…

Yannis Ritsos, l’âme irréductible de la Grèce

«  La poésie n’a pas toujours eu le premier mot. Le dernier, toujours. »  (Sur une corde, p.264)

Ritsos

voici un extrait de la Lettre à Joliot-Curie, poème-fleuve bouleversant que Yánnis Rítsos adressa au physicien français en 1950, lors de son transfert sur l’île de Aï-Stratis.Où il est déporté par le fascisme qui s’est installé en Grèce avec l’aide des Etats-Unis et des puissances occidentales… .

C’est Aragon qui mène un combat de tous les moments pour le faire libérer… Il est comme Aragon, fidèle jusqu’au bout au parti communiste et je l’ai rencontré dans un des congrès de ce parti héroïque, un soir où Florakis son dirigeant nous racontait comment lui et ses partisans étaient à quelques kilomètres d’Athènes et comment un avis de Staline les a fait s’arrêter à cause de yalta. Il riait et ne regrettait rien, nous étions des soldats disciplinés, il nous fallait obéir, la condition de la survie… Quelques années après pour empêcher que le peuple grec prenne le pouvoir, un régime fasciste pris le pouvoir tortura les anciens partisans qui avaient déjà lutté contre le nazisme… Il instaura les privilèges pour ceux qui aujourd’hui ont ruiné la Grèce, ceux qui ont été exempté d’impôts et dont on fait payer une fois de plus les crimes au peuple grec… Ce peuple que l’on a contraint à l’intérieur de l’OTAN à se ruiner en armement en exaspérant ses antagonismes avec la Turquie… Le parti communiste luttait pour la paix avec les Turcs et pour le démantèlement des missiles installés sur son sol… Yannis Ristos militait mais plongeait la racine de la trahison dans le paysage austère venu du temps d’homère, des rois et des chèvres sur du marbre, la tragédie dans les voiles noirs des femmes et leur regard…

Yannis Ristos dont Aragon dit qu’il est un des plus grands poètes vivant combine a beaucoup de traits communs avec ce dernier. Il introduit le surréalisme en Grèce mais priviligie toujours l’originalité de la source de son pays. Il combine une recherche formelle et cette sève originelle, celle d’une tragédie familiale qui se confond avec la tragédie grecque, les mythes depuis Hésiode, Homère de son Hélène… Il connaît une grande popularité non seulement à cause de ses engagements mais parce que certains de ses poèemes sont mis en musique par Théodorakis et sont sur toutes les lèvre… Voic la lettre d’un poète victime du fascisme… celui que l’on fait renaître pour empêcher la révolte des peuples… (note de danielle Bleitrach)

  • voici un extrait de la Lettre à Joliot-Curie, poème-fleuve bouleversant que Yánnis Rítsos adressa au physicien français en 1950, lors de son transfert sur l’île de Aï-Stratis.
    *
    « …/…
    Mon cher Joliot, il y a bien longtemps que je n’ai pas entendu d’étoile
    creuser une fosse dans mon cœur
    pour y planter une fleur.
    La vie était si dure, Joliot,
    à rester toute la journée au soleil,
    sans avoir un seul souvenir de soleil,
    à rester si près de la mer
    sans avoir deux coudées de mer
    pour enveloppe notre cœur brûlant,
    à porter toute l’année notre baluchon
    une vareuse éteinte, une écuelle, une gourde,
    notre peine, notre peine à nous, la peine du monde
    sans trouver la place pour nous abriter
    pétrir le sol de nos larmes
    façonner des cruches pour de pauvres fenêtres
    et rafraîchir l’eau de la liberté et de la paix.Dis-nous, Joliot, comment s’endort le midi
    parmi les épis et les coquelicots
    comment la sérénité descend de la montagne au soir
    (ses cheveux sans doute humectés d’étoiles)
    comment un rameau s’incline au petit matin
    comment sont les mains d’une mère
    quand elle plie les serviettes après le dîner
    quand elle s’approche de la lampe et passe un fil dans l’aiguille
    pour raccommoder silencieusement le chagrin de notre foyer ?
    Dis-nous, Joliot, comment ?
    …/… »
    Et voici un texte plus complet  que ma mémoire sur Yannis Ristos
 
 
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