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Il est de plus en plus clair que les Etats-Unis veulent entraîner l’Europe dans un conflit avec la Russie

0Le Général Philip M. Breedlove, commandemen allié, commandant suprême de l’OTAN, a annoncé lundi aux Etats-Unis qu’il enverra des troupes "pour aider à répondre à l’agression russe en Ukraine," selon McClatchy.

"C’est un moment très important en Europe, probablement le plus important depuis la fin de la guerre froide, surtout en raison des récents changements provoqués par la Russie," a dit Breedlove au Pentagone.

"Dans cette opération, nous allons continuer à démontrer notre engagement continu à la sécurité collective de l’OTAN et son dévouement à une paix durable et à la stabilité dans la région, à la lumière de l’intervention russe en Ukraine, en particulier," a déclaré le général quatre étoiles.

Breedlove explique que la Russie a fourni aux séparatistes des armes anti-aériennes, chars, transports de troupes et autres armes lourdes. Il a dit qu’il y a « une très grande probabilité » qu’une artillerie antiaérienne ait été utilisée pour abattre un avion ukrainien de transport le 14 juin (en fait il s’agit de transport de troupes).

« Les Forces irrégulières russes sont très actives à l’intérieur de l’Ukraine orientale, » a déclaré Breedlove. « Les forces soutenues par la Russie sont actives à l’intérieur de l’Ukraine orientale. Et le financement russe est très actif à l’intérieur de l’Ukraine orientale. »

La Russie a nié les accusations. « C’est totalement absurde, il n’y a pas de forces spéciales, unités spéciales ou d’instructeurs dans l’est de l’Ukraine, » a déclaré en avril le Président russe Vladimir Poutine .

Breedlove fait cette annonce avant que de nouvelles violences aient éclaté après l’expiration d’un cessez-le-feu.

« La phase active de l’opération de lutte contre le terrorisme a repris ce matin, » le Président du Parlement ukrainien, Oleksandr Tourtchynov, a dit aux législateurs. « Nos forces armées sont sur les bases et les avant-postes des terroristes. »

Poutine a critiqué la reprise des actions militaires du gouvernement Poroshenko à Kiev.

« Malheureusement, le Président Poroshenko a résolu de reprendre l’action militaire, » a déclaré Poutine lors d’une réunion organisée à Moscou pour les ambassadeurs russes. « Nous n’avons pas à le convaincre que la route vers une paix sûre, stable et inviolable ne peut venir par la guerre.

 
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Publié par le juillet 5, 2014 dans actualités, Amérique, Europe

 

Très important: Il n’est plus possible de « lâcher » la Nouvelle Russie. La majorité des Russes soutiennent le projet social des Républiques populaires du Donbass

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Il n’est plus possible de « lâcher » la Nouvelle Russie. La majorité des Russes soutiennent le projet social des Républiques populaires du Donbass

Selon un récent sondage du Centre Levada, une majorité de Russes (65%) suivent avec une extrême attention ce qui se passe en Ukraine. 59% des répondants croient que le gouvernement devrait soutenir activement le Sud-Est, et 64% approuvent l’aide des républiques autoproclamées de Donetsk et Lugansk par des bénévoles russes. Ainsi, les résultats indiquent clairement qu’une majorité de Russes soutiennent le mouvement de Résistance.
D’autre part, les données de l’enquête suggèrent que l’opinion des gens coïncide presque complètement avec la couverture des événements en Ukraine par les médias officiels russes. 91% des répondants ont admis que les informations de base sur la situation dans le pays voisin leur viennent de la télévision, et 79% pensent que l’image qui leur est donnée correspond à la réalité. Et donc la question se pose, comment changera l’humeur des Russes, si notre angle de couverture médiatique change? C’est pourtant une tendance qui se dessine.

Si il y a quelques semaines, notre télévision rendait compte essentiellement des succès dans les batailles contre les forces de l’ordre envoyées par Kiev, maintenant l’accent est mis sur la sympathie pour les victimes des mesures punitives et les réfugiés. Auparavant les présentateurs martelaient la non-reconnaissance par Moscou du nouveau gouvernement en Ukraine, maintenant nous n’entendons que des notes apaisantes sur les «plans de paix» de Porochenko. Le message est que la priorité est de faire cesser la violence. Dans le même temps on passe sous silence les idées de la Nouvelle-Russie, qui ne se bat pas que pour elle mais pour développer une large résistance à Kiev dans tout le Sud-Est.

Le projet «Nouvelle Russie» comprend non seulement la création d’une unité territoriale où le russe obtiendrait le statut de langue officielle, mais aussi la fondation d’un ordre social plus équitable. "La terre et ses ressources, ainsi que les principaux actifs industriels et financiers créés par le travail des hommes, seront la propriété de la population de la Nouvelle-Russie, et ne peuvent être privés … L’argent n’est pas une marchandise, mais seulement un équivalent de change. Les taux de prêt – sont une méthode d’asservir les entreprises et un moyen déloyal pour la redistribution des ressources en faveur du prêteur (la banque) "- c’est ainsi que l’un des chefs de la Résistance Paul Gubarev définit les contours de la structure sociale de Novorossia. Les dirigeants de la République populaire de Donetsk ont déjà décidé d’augmenter les pensions, les bourses d’études et les salaires des employés de l’État. Alors qu’en Ukraine à partir du 1er Juillet, devrait augmenter le coût des services communaux (eau, gaz, électricité) de 70% à 100%, la RPD a décidé de les geler au niveau de 2013.

Il est clair que ces idées ne sont pas susceptibles de plaire aux oligarques russes. Par conséquent, nous pouvons supposer que nos milliardaires feront tous les efforts pour empêcher de mettre en œuvre le projet «Nouvelle Russie» sous cette forme. Et donc ils disent, nous allons négocier la paix. Dans le contexte actuel cette position ne signifie qu’une perte de temps et l’occasion pour les milices ukrainiennes de se renforcer. Mais un changement de la politique d’information des médias russes suffira-t-il à affaiblir le soutien populaire russe Donbass?

Le Chef du département des études sociales et culturelles « Centre Levada » Alexeï Levinson estime que les médias peuvent sérieusement modifier l’attitude des Russes par rapport au Sud-Est:

- A mon avis, maintenant le sentiment public existant n’est pas seulement inspiré par la télévision. Par lui-même, il a un caractère ambigu. Beaucoup d’indices montrent que les opinions vont changer. Pas seulement à cause de la nouvelle orientation de la TV, mais aussi du changement de la politique étrangère de Moscou. L’opinion publique dans son ensemble est maintenant dans un état, puis passera à une autre.

"SP": – C’est-à-dire, la politique de soutien aux milices du Donbass va changer?

- Elle va évoluer vers un soutien aux initiatives de paix. Si le Kremlin se prononce dans ce sens et s’il est soutenu par la communauté internationale, la société approuvera un discours sur la paix.
L’attitude envers les milices elles-mêmes ne changera pas rapidement. Simplement elles disparaîtront du champ de vision. Les citoyens soutiennent généralement les idées qui exposent Russie sous un jour favorable. Si vous souhaitez laisser penser que la Russie est l’artisan de la paix, les gens vont soutenir ce point de vue.

"SP": – Il est dit que si la Russie ne soutient pas les milices, le gouvernement perdra toute la crédibilité obtenue après l’annexion de la Crimée.

- Les sentiments publics peuvent être modifiés imperceptiblement. Il ne convient pas d’affirmer que la lutte de la milice n’a pas de sens, vous pouvez tout simplement dire que notre pays a toujours été pour la paix. Répéter que nous voulons seulement le bien du peuple ukrainien. Vous pouvez trouver des belles formules pour plaire à l’opinion publique.
Une volte-face pourrait coûter au gouvernement russe son soutien populaire. En effet, jusqu’à récemment, la propagande de l’Etat était orientée vers le besoin essentiel d’une action résolue. Mais dans un proche avenir, le peuple continuera à soutenir les actions du président.

"SP": – Quels attrait ont les idées de la Nouvelle-Russie, plus précisément, les principes sociaux de la république?

- Pour l’ensemble de la société russe tout cela a une valeur assez symbolique. Pour l’instant on ne se pose pas la question du prix de ces projets. Quand on commencera à penser au prix à payer, l’enthousiasme risque de retomber. Les Russes sont contents de récupérer des territoires, à condition que le prix ne soit pas trop élevé. Par conséquent, les autorités peuvent jouer sur une sortie de crise à bilan nul, lorsque les anciennes exigences sont remplacées doucement par des compromis. En fait, c’est déjà le cas.

Cela provoquera un tollé du côté de ceux qui adhèrent à des positions idéologiques cohérentes. Mais la grande masse des gens n’exige pas de cohérence idéologique de la part du pouvoir.

Le Directeur de l’Institut de la mondialisation et des mouvements sociaux Boris Kagarlitskiy estime que l’attrait des projets sociaux de Novorossia est plus important que la politique gouvernementale de l’information:

- Si notre télévision change son paradigme d’information, les Russes vont encore soutenir le mouvement populaire dans le Sud-Est de l’Ukraine. Le succès actuel de la propagande du Kremlin vient du fait que la ligne politique proposée a coïncidé avec l’humeur du public. Et c’est ainsi qu’ils se renforçaient mutuellement. Mais bien sûr maintenant, si le Kremlin essaie de changer radicalement, il va devenir la victime de sa propre propagande antérieure.

C’est pourquoi, à mon avis, les autorités ne peuvent se résoudre à un changement rapide de paradigme. Ils n’ont tout simplement pas la possibilité de "lâcher" Novorossia sans se causer de dommage appréciable à eux-mêmes. Même avec l’extrême désir des élites russes de négocier avec l’Occident en abandonnant la résistance du Sud-Est. Ce serait techniquement très difficile, et, peut-être même voué à l’échec.

"SP": – A quel point l’aspect social du projet de «Nouvelle Russie» est-il important pour les citoyens russes ?
- Je pense que c’est très important. Les idées de Novorossia reflètent les besoins actuels de la société en Russie également, où le mécontentement est grand. Par conséquent Novorossia devient pour les citoyens russes une sorte de phare.
Les événements récents dans le Sud-Est de l’Ukraine sont devenus un facteur d’éveil et de prise de conscience de la société russe. Et nous allons encore en voir les conséquences. Notre politique intérieure en sera sérieusement affectée.

"SP": – Mais il est peu probable qu’une telle prise de conscience soit appréciée des oligarques russes.
- C’est certain. Mais le processus a commencé, il sera très difficile de l’arrêter.

Le plus intéressant est que si l’élite n’aide pas la Nouvelle-Russie, ce projet deviendra pour eux encore plus désagréable. Mais si elle vient pour aider, l’élite appuiera un projet de structure sociale complètement différent de ce qu’elle aimerait voir.
Je pense que les oligarques tentent de prendre les choses en main et de déformer le projet. Mais le fait est que la structure sociale alternative proposée par Novorossia correspond aux aspirations de nos gens à l’intérieur du pays.
- Bien sûr, le peuple russe est exposé à l’influence manipulatrice. Mais dans le cas du soutien aux milices du Donbass, la manipulation ne concerne que la part des citoyens qui n’a pas de point de vue précis, de valeurs idéologiques et de position dans la vie, – dit le professeur Alexander Buzgalin de l’Université de Moscou . – Dans le cadre des événements ukrainiens, à mon avis, il y a eu des avancées majeures dans la compréhension des citoyens de la Fédération de Russie de leur existence humaine. Je n’ai pas peur des mots. Les gens ont vraiment commencé à réfléchir sur les grandes valeurs, le rôle de l’État dans leur vie, de la culture nationale du pays. A réfléchir à la dignité humaine, la capacité de sacrifier leur bien-être, et peut-être même leur vie pour atteindre de grands objectifs, dépassant la valeur de la famille ou l’enrichissement personnel. Au premier plan sont passées les questions de la guerre, de la paix, de la défense de la patrie.
J’ai remarqué que la célébration du 9 mai en Russie cette année a eu lieu dans une ambiance nouvelle. Les gens étaient plus sérieux, concentrés. Il me semblait qu’ils se jugeaient à l’aune de ce qui s’est passé de 1941 à 1945 dans l’espace de nos pays.
En ce sens, l’influence manipulatrice peut changer l’opinion d’une masse considérable de Russes sur les événements en Ukraine. Mais beaucoup de nos concitoyens ont redéfini leur rapport à la réalité.
Cependant, il y a un revers à la médaille. Dans le sillage de valeurs patriotiques positives est apparu le "chauvinisme". Et cette écume indésirable a également influencé l’opinion publique.
Je pense qu’il est fondamentalement important de parler aux gens de l’alternative internationale de Novorossia. Je pense nécessaire de soutenir Donetsk, Lugansk et tous le Sud-Est du point de vue de l’internationalisme, et non dans le cadre des «bons Russes – méchants Ukrainiens." Des Russes et des Ukrainiens il y en a de toutes sortes, mais la question est celle des agissements cruels du gouvernement de Kiev contre les habitants du Sud-Est et d’autres régions de l’Ukraine.

"SP": – Est-ce que action sera la plus forte pour les Russes: la propagande étatique sur la sympathie pour les victimes ou l’attractivité du projet social?

- Je ne suis pas entièrement sûr que Novorossia propose un projet cohérent. Bien que je voudrais vraiment qu’il en soit ainsi. Mais il existe des gens qui essaient de formuler un projet pour la Nouvelle-Russie, le Donbass. Et il y a aussi, bien sûr, le fait que la propagande russe tente d’étouffer la présence d’alternatives de développement socio-économique en Novorossia. Le désir de construire une économie socialement orientée, une société plus démocratique n’est pas reflété par notre télévision.
Mais si Novorossia dans la pratique est en mesure de montrer un autre exemple d’ordre social, elle aura une grande influence sur la société russe. Surtout, si cette pratique est soutenue publiquement par l’opposition en Russie. Alors, l’influence des médias ne sera pas aussi importante.

Le Coordonnateur du Front populaire pour la libération de l’Ukraine Vladimir Rogov attire l’attention sur le fait que l’aide des Russes au Donbass ne se limite pas à unsoutien moral:
- En Novorossia pour la première fois est apparue la possibilité de créer un état social. Non pas en paroles, mais en actes. Sans les oligarques et la gabegie qui a régné dans les années 1990 en Russie et continue de se produire en Ukraine. C’est un Etat qui ne sera pas membre de l’OMC à des conditions désaventageuses, et ne se laissera pas asservir par l’Europe.

S’agissant de l’aide des Russes, elle est vitale. Les gens ordinaires fournissent une aide colossale. C’est l’accueil des réfugiés et l’envoi de matériel de protection, de nourriture et de médicaments. Nous voyons comment nos gens sont liés par la parenté. Cette assistance à autrui ne s’est vue, peut-être, que dans la Grande Guerre patriotique ou pendant le tremblement de terre en Arménie. Nous n’avons, malheureusement, jamais vu ailleurs un tel sentiment d’union. La tragédie d’Ukraine a réveillé les meilleurs sentiments humains, que l’on avait récemment commencé à oublier dans la poursuite de bien-être personnel. Les Russes sont venus massivement à la rescousse de leurs frères dans la nouvelle Russie.

"SP": – Comment la réorientation des médias de Russie pour promouvoir des initiatives exclusivement pacifiques jouera-t-elle sur les positions des forces d’autodéfense?
- Je ne voudrais pas surestimer l’influence des médias. Au maximum, la politique des médias de Russie va retarder la mise en œuvre des projets de la "Nouvelle Russie". Parce qu’il a déjà eu lieu dans les cœurs et les âmes des gens. Maintenant, il ne reste qu’un détail – qu’il soit adopté de jure, mais de facto, il existe déjà. La propagande peut retarder le processus pendant plusieurs mois ou un an, mais pas l’affecter fondamentalement. La Nouvelle Russie – est un fait accompli, et le processus historique ne peut pas être arrêté. C’est d’ailleurs une chose que comprend aussi l’oligarque Kolomoysky .

"SP": – Est-ce que Kolomoysky aussi soutient Novorossia?

- Lui aussi est pour la Nouvelle-Russie, mais vivant selon ses règles. Maintenant sous son contrôle sont déjà Zaporozhye, Dniepropetrovsk, la région de Kherson, en partie – Nikolaev, Odessa. Selon Kolomojsky la seule chose à faire est prendre le contrôle de la région de Kharkov et réprimer le soulèvement populaire des Républiques de Donetsk et Lougansk. Il veut avoir la même entité territoriale, mais sous son contrôle personnel.

"SP": – Quelle est la raison pour laquelle les gens de la RPD et de la RPL n’ont pas l’intention de s’arrêter, et veulent mettre en œuvre le projet d’une « grande Nouvelle Russie»?
- Les gens à juste titre considèrent ce pays comme le leur. Ils considèrent qu’il est de leur devoir de libérer l’Ukraine occupée par les nazis. Nous comprenons que la plupart des gens à Kiev et même Lviv ne ressentent aucune sympathie pour les nationalistes, mais ont peur de parler par crainte de représailles.
Les gens veulent mettre en œuvre le projet «Nouvelle Russie» dans huit régions, selon l’exemple des républiques populaires de Donetsk et Lougansk, et ensuite proposer au reste de l’Ukraine ou une partition, ou l’éviction des nationalistes. Depuis des siècles le peuple russe a soif de justice. L’argent pour nous ne peut être une valeur importante que pour un court laps de temps.

Photo ITAR-TASS / Stanislav Krasil’nikov

http://svpressa.ru/society/article/91103/

traduction Marianne Dunlop pour histoireetsociete

 

"Tante Sam" Nuland a donné ses ordres au parti des régions dans un langage de rapeur…

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Selon nos sources dans le parti des régions, lors d’une récente visite à Kiev Victoria Nuland a rencontré les restes des partis politiques au pouvoir. Comme le dit un des articles "Tante Sam", cette harpie de Nuland dans un langage des plus crus auquel cette dame a habitué y compris les Européens leur a donné ses ordres.

Les représentants du département d’Etat conviés avaient été presque tous des membres éminents etc.. Il était prévu que les résultats de la réunion seraient la réhabilitation des anciens partisans de Viktor Yanukovych par les américains mais l’ambiance n’a pas été à la fête.

Même ceux qui connaissent l’anglais du niveau secondaire des études, ont été surpris par l’abondance du vocabulaire utilisé habituellement dans le rap américain. Victoria Nuland a eu des mots, en comparaison desquels son célèbre "Fuck l’UE" relève de l’étiquette royale. Même le traducteur en fin de compte a décidé de réduire les réactions émotionnelles de sa déclaration, et l’expression «le régime de cette pute d’Ianoukovitch » est devenu un « régime criminel » . Et si Mikhail Chechetov et Aleksandr Yefremov réagissaient très calmement à ces affirmations vigoureuses du fonctionnaire américain, Ann Herman, rougissante, commençait à dessiner des gribouillis sur un bout de papier.

Le fonctionnaire de département d’état de haut niveau, en place, a recadré dès la première minute de son intervention les présents en disant qu’il ne serait toléré aucune critique de Petro Poroshenko, qu’il est là pour une longue période, pas de déstabilisation. « Les États-Unis empêcheront strictement tout jeu politique en ce sens » a déclaré Nuland, l’expression "skrasiv" recouvre un autre mot digne d’un charretier.

Elle a également expliqué que cette réunion s’est tenue avec les représentants de « Euro-2012 », après quoi les raisons pour lesquelles Ioulia Tymochenko s’était subitement calmée, sont devenues plus claires.

« Si j’apprends que l’un d’entre vous a critiqué une initiative de votre Président, vous pouvez mettre une croix sur votre carrière politique, » a déclaré Nuland, en promettant que les fauteurs de trouble seraient l’objet de campagnes dans la presse ukrainienne et étrangère et même l’objet de poursuites pénales.

Après le fouet, elle a sorti la carotte et a promis en cas de comportement constructif, Poroshenko serait convaincu de ne pas tenir des élections législatives anticipées. "Si vous et votre groupe vous vous comportez convenablement, alors nous pouvons faire que ce Parlement reste jusqu’en 2015 ." Puis elle leur a donné l’équivalent de consignes de la part de la porte-parole du département d’état des États-Unis.

"Tout d’abord l’ordre devra être imposé dans la région du sud-est et devront être détruits tous les terroristes et les militants, et alors seulement nous pouvons parler d’une sorte de décentralisation et des droits des régions," a déclaré Nuland.

Il est significatif que la réunion s’est tenue dans une atmosphère de silence total au parti des régions. Se rendant compte qu’elle pouvait abandonner le bâton et détendre la peur des pauvres membres avant la fin de l’entrevue, Victoria Nuland alors tout à fait amicalement commenté son comportement: « J’ai utilisé le style informel de conversation, de préférence à celui habituel aux réunions avec les politiciens ukrainiens ».

http://izvestia.kiev.ua/article/69935

http://antifashist.com/item/tetka-sem-nadavala-opleuh-regionalam.html#ixzz35Y7tLoMd

Source

http://izvestia.kiev.ua/article/69935

 

Kiev est en zugzwang : les fruits de la propagande

Je rappelle aux Français, moins familiarisés avec les échecs que les Russes que être en zugzwang se dit de la situation d’un joueur qui est obligé de jouer un coup qui le fait perdre ou dégrade sa position. Le camp en zugzwang n’affaiblirait pas sa position s’il avait le droit de ne pas jouer. Le fait d’avoir le trait constitue alors un désavantage, car tous les coups possibles entraînent un dommage dans la position sur l’échiquier. C’est effectivement une vision de la situation, malheureusement ceux qui font les frais de l’impasse ce sont les populations qui subissent, qu’il s’agisse de celles de l’est sous les bombes et même celle de toutes l’Ukraine dont la vie ne cesse de s’aggraver. Avant que l’Ukraine ne devienne une nouvelle Syrie avec des conséquences incalculables sur l’Europe, il nous faut imposer le jeu des peuples, la PAIX…
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© Photo : La Voix de la Russie

Par La Voix de la Russie | Les données de la presse russe sur les flux considérables des réfugiés du sud-est de l’Ukraine ne correspondent pas à la réalité, déclare le représentant du Département d’État américain Mary Harf. Qui sont alors ces dizaines de milliers de gens traversant chaque jour la frontière ukraino-russe ?

Probablement, dans le Département d’État, on s’en tient encore à la version de Jane Psaki qu’il s’agit des vacanciers, pressés de visiter leurs proches. Et qu’à Donetsk et Lougansk, c’est l’armée de la Russie qui mène la guerre contre les radicaux ukrainiens. En effet, les témoins oculaires ont vu « un convoi militaire d’origine inconnue » entrer le 20 juin à Lougansk. En plus, Washington a des photos d’un lance-roquettes en rafales russes Grad installé près de Lougansk.

Mais on ne dit pas que ces mêmes Grad sont utilisés par l’armée ukrainienne, car les forces de sécurité nationale tirent sur les quartiers résidentiels des villes, dans le département d’État, on passe sous silence ce fait. A part les Grad, les pouvoirs ukrainiens utilisent les bombes à sous-munition et au phosphore, les radicaux fusillent les voitures avec des blessés. Et tout cela se passe avec l’accord tacite de l’Ouest. Washington – et Kiev à l’unisson avec lui – affirment : il n’y a pas de population civile dans le Sud-est de l’Ukraine. La manière semblable n’est pas choisie par hasard, trouve le vice-directeur du centre de l’information politique Alexeï Panine.

« Plus la Russie est entrainée dans les événements ukrainiens, plus facile il est de prendre de nouvelles sanctions contre elle. C’est-à-dire, les États-Unis pourront être plus facilement un concurrent de la Russie dans l’espace européen. Avant tout, il s’agit du marché gazier et pétrolier de l’Union européenne. Et, bien sûr, cela permettra à certaines forces politiques dans les pays de l’Europe de l’Est de parler de « l’agression russe » – il sera d’autant plus facile d’obtenir l’élargissement de l’OTAN vers l’est. Au fond, il s’agit de la politique des provocations militaires. »

Malgré le cessez-le-feu annoncé par le président ukrainien Porochenko, les bombardements des localités dans la région de Donetsk et de Lougansk ne cessent pas. À en juger par les faits, le président-oligarque accomplit exactement les consignes reçues : Joe Biden l’a loué. Le Vice-président des États-Unis a appelé dans un entretien par téléphone les actions de Porochenko « correctes et hautement professionnelles ».

La position des pouvoirs officiels ukrainiens était caractérisée exactement par un des leaders des miliciens populaires Igor Strelkov. D’après lui, les oligarques installés à Kiev ont tellement menti et se sont tellement habitués à leur propre propagande que pour eux, cesser la guerre, c’est recevoir immédiatement un nouveau Maïdan. Mais dans ce cas, il y a peu de chances pour eux de garder le pouvoir. Kiev se trouve en un zugzwang classique – n’importe quel coup aggrave la position et conduit à la défaite.
Lire la suite: http://french.ruvr.ru/2014_06_24/Kiev-est-en-zugzwang-les-fruits-de-la-propagande-4164/

 
 

Kharkov relève-toi, expulse les fascistes ! (22 juin)

0Au-delà du massacre dans le Donbass, il y a en Ukraine une situation générale de répression politique contre les communistes et les antifascistes, menée à la fois par le gouvernement de Kiev et par les groupes fascistes paramilitaires qui tentent de leur faire peur en pratiquant la violence. Le gouvernement français est plus que jamais complice de cette situation de fascisme rampant (note Danielle Bleitrach)

Une manifestation à l’appel du parti communiste et d’autres organisations s’est déroulée le 22 juin à Kharkov. Ce jour marque l’anniversaire de l’invasion allemande de l’Union soviétique en 1941. Le principal slogan de la manifestation a été « Kharkov lève-toi, expulse les fascistes », ainsi que des slogans contre la guerre et en solidarité avec le Donbass. Les Drapeaux de parti communiste et de Borotba, entre autres, étaient présents.

Il est important de souligner que la manifestation contre le fascisme a eu lieu dans un contexte de plus en plus marqué par les attaques par des voyous fascistes et le gouvernement contre toute personne qui est contre la politique de Kiev. Le parti communiste a été qualifiée de « séparatiste » et des procédures judiciaires ont commencé en vue de l’ interdire, Borotba a dû entrer dans la clandestinité après que ses bureaux de Kharkov aient été attaqués par des bandes paramilitaires fascistes agissant sous la couverture juridique de la garde nationale et certains de ses membres éminents ont été enlevés par les paramilitaires fascistes en plein jour dans le centre de Kharkiv il y a quelques semaines.

Le gouvernement a commencé une propagande sur facebook, avec le procureur chargé de lancer des accusations criminelles contre quiconque fait des "appels publics pour le changement violent ou le renversement de l’ordre constitutionnel" ou encore "la distribution de matériel incitant à de tels actes"

Le même jour, les Euromaidan avaient tenu une Assemblée à Kharkov pour exiger l’interdiction du parti communiste et l’interdiction des « rassemblements séparatistes dans le centre de Kharkov ». À la fin de l’Assemblée, des centaines de voyous de l’aile droit secteur ont tenté d’affronter la marche antifasciste.

http://ukraineantifascistsolidarity.wordpress.com/2014/06/22/kharkov-rise-up-expel-the-fascists-june-22/

Kharkiv, Oblast de Kharkiv, Ukraine

 
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Publié par le juin 24, 2014 dans Europe, extrême-droite

 

Ukraine : les Etats-Unis nous entraînent dans une guerre contre la Russie (The Guardian)

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Pourquoi tolérons-nous la menace d’une nouvelle guerre mondiale qui se mène en notre nom ? Pourquoi tolérons-nous les mensonges qui justifient ce risque ? L’état de notre endoctrinement, comme l’a écrit Harold Pinter, est « un tour d’hypnose brillant, et couronné de succès », comme si la vérité « ne s’était jamais déroulée, même au moment où elle se déroulait ».

Chaque année l’historien américain William Blum publie son “archive actualisée du résumé de la politique étrangère des Etats-Unis” qui montre que, depuis 1945, les Etats-Unis ont tenté de renversé plus de 50 gouvernements, la plupart démocratiquement élus ; ont grossièrement interféré dans les élections de 30 pays ; bombardé la population civile de 30 pays ; utilisé des armes chimiques et biologiques ; et tenté d’assassiner des dirigeants étrangers.

Dans bien des cas la Grande-Bretagne était complice. Le degré de souffrance humaine, et encore moins la criminalité, n’est jamais reconnu en Occident, malgré la soi-disant présence des technologies de communication les plus avancées, et du journalisme le plus libre du monde. Que les victimes les plus nombreuses du terrorisme – de notre terrorisme, soient des musulmans, est imprononçable. Que le djihadisme extrémiste, à l’origine du 11 septembre, fut créé comme arme de la politique étrangère britannique (Opération Cyclone en Afghanistan) est occulté. En avril le département d’État américain remarqua que, à la suite de la campagne de l’OTAN de 2011, « la Libye est devenue un paradis pour les terroristes ».

Le nom de “notre” ennemi a évolué au fil des années, du communisme à l’Islamisme, mais il s’agissait généralement de n’importe quelle société indépendante du pouvoir de l’Occident et occupant des territoires stratégiques ou riches en ressources. Les leaders de ces nations gênantes sont généralement violemment mis à l’écart, comme les démocrates Muhammad Mossadegh en Iran et Salvador Allende au Chili, où ils sont assassinés comme Patrice Lumumba au Congo. Ils font tous l’objet d’une campagne médiatique de caricature et de diabolisation – pensez à Fidel Castro, Hugo Chavez, et maintenant Vladimir Poutine.

Le rôle de Washington en Ukraine est diffèrent seulement parce que ses implications nous concernent tous. Pour la première fois depuis l’ère Reagan, les USA menacent d’entraîner le monde dans une guerre. Avec l’Europe de l’est et les Balkans devenus des bases militaires de l’OTAN, le dernier « état-tampon » frontalier de la Russie, est dévasté. Nous, les occidentaux, soutenons des Néo-nazis dans un pays ou les Ukrainiens nazis soutinrent Hitler. Ayant dirigé le coup d’état de Février contre le gouvernement démocratiquement élu à Kiev, la tentative de Washington de récupérer la base navale historiquement russe de Crimée a échouée. Les russes se sont défendus, comme ils l’ont toujours fait contre chaque invasion occidentale depuis presque un siècle.

Mais l’encerclement militaire de l’OTAN s’est accéléré, en même temps que des attaques orchestrées par les USA sur les ethnies russes d’Ukraine. Si Poutine peut être poussé à aller les aider, son rôle préétabli de paria justifiera une guerre menée par l’OTAN qui se propagera sans doute à l’intérieur du territoire Russe.

A la place, Poutine a embrouillé ses adversaires en cherchant un terrain d’entente avec Washington et l’Europe, en retirant ses troupes de la frontière ukrainienne et en incitant les ethnies russes d’Ukraine de l’Est d’abandonner le référendum provocant du week-end. Ces gens, russophones, bilingues – 1 tiers de la population de l’Ukraine – ont longtemps souhaité l’avènement d’une fédération qui reflète la diversité ethnique du pays et qui soit à la fois autonome et indépendante vis-à-vis de Moscou. La plupart ne sont ni des « séparatistes » ni « des rebelles » mais simplement des citoyens souhaitant vivre en sécurité dans leur pays.

Comme les ruines d’Irak et d’Afghanistan, l’Ukraine a été transformé en un camp d’entrainement pour la CIA – dirigé par le directeur de la CIA John Brennan à Kiev, avec des “unités spéciales” de la CIA et du FBI qui mettent en place une “structure de sécurité” afin de superviser les attaques sauvages de ceux qui se sont opposé au coup d’état de Février. Regardez les vidéos, lisez les rapports des témoins du massacre d’Odessa. Des bandits fascistes amenés par bus ont brulé les sièges des syndicats, tuant 41 personnes bloquées à l’intérieur. Regardez la police laisser faire. Un docteur a décrit sa tentative d’aller aider les gens, « mais j’ai étais stoppé par des nazis pro-Ukrainiens. L’un deux m’a violemment poussé, en me promettant que bientôt ce serait mon tour à moi et aux autres Juifs d’Odessa… Je me demande pourquoi le monde entier reste silencieux. »

Les ukrainiens russophones se battent pour leur survie. Quand Poutine a annoncé le retrait des troupes russes de la frontière, le secrétaire à la défense de la junte, à Kiev – un des membres fondateurs du parti fasciste « Svoboda », déclara que les attaques sur « les insurgés » allaient continuer. Dans un style Orwellien, la propagande occidentale a rejeté la faute sur Moscou « qui orchestre le conflit et la provocation », selon William Hague. Son cynisme peut être comparé à la grotesque félicitation d’Obama à la junte pour leur « retenue remarquable » à la suite du massacre d’Odessa. Illégal et fasciste, la junte est décrite par Obama comme « légalement élue ». Ce qui importe ce n’est pas la vérité, a un jour dit Henry Kissinger, mais « ce qui est perçu comme vrai ».

Dans les medias Etats-Uniens les atrocités d’Odessa ont été minimisées ; une affaire « louche » et une « tragédie » dans laquelle des « nationalistes » (Néo-nazis) ont attaqué des « séparatistes » (des gens en train de collecter des signatures pour un référendum sur une Ukraine fédéral). Le Wall Street Journal de Rupert Murdoch a maudit les victimes – « Un incendie meurtrier en Ukraine probablement allumé par les rebelles, selon le gouvernement ». La propagande en Allemagne est digne de la guerre froide, avec la Frankfurter Allgemeine Zeitung (littéralement, « Journal général de Francfort ») qui met en garde ses lecteurs contre la Russie et sa « guerre non déclarée ». Pour les allemands, le fait que Poutine soit le seul leader à condamner la montée du fascisme au 21ème siècle relève de l’ironie.

Un truisme populaire dit que “le monde a changé” à la suite du 11 septembre. Mais qu’est ce qui a changé ? Selon le fameux lanceur d’alerte Daniel Ellsberg, un coup d’état silencieux a eu lieu à Washington et un militarisme rampant dirige maintenant. Le pentagone dirige en ce moment des « opérations spéciales » – des guerres secrètes – dans 124 pays. Aux Etats-Unis, une pauvreté en augmentation et des libertés hémorragiques sont les corollaires historiques d’un état de guerre perpétuel. Ajoutez à cela le risque de guerre nucléaire, et la question qui reste est : Pourquoi tolérons-nous cela ?

John Pilger

13 mai 2014

http://www.les-crises.fr/les-etats-unis-nous-entrainent-dans-une-guerre-contre-la-russie/

Traduction Nicolas CASAUX du Collectif 4ème singe http://4emesinge.com/

 
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Publié par le juin 22, 2014 dans Amérique, Europe, guerre et paix

 

Les constantes de la situation ukrainienne ou le mensonge érigé en droit… par Danielle Bleitrach

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1) L’isolement grandissant au plan international et en Ukraine même de ce gouvernement de marionnettes des États-Unis.
Le fond de l’affaire. La protestation monte contre le massacre des populations civiles qui n’ont rien fait d’autre que de revendiquer le gouvernement de leur choix et de le faire pacifiquement. Ce massacre d’une population civile est conduit par un gouvernement qui n’est pas légalement irréprochable: issu d’un putsch mené par les États-Unis et fruit d’une élection contestable parce que non représentative de l’ensemble du territoire et organisée par des putschistes. L’ assaut criminel contre des populations civiles est mené par les conseillers américains, appuyé par les gardes prétoriennes d’oligarques pillards. Donc il n’y a pas de gouvernement à Kiev, mais un fantoche menacé par ses pairs oligarques et auquel la volonté des États-Unis tient lieu de légitimité.

2) Porochenko cherche la purification ethnique et la provocation tout en proclamant une volonté de dialogue

Dans ce contexte, quand Porochenko fait état d’un cessez le feu, cela signifie en général un redoublement de violence contre les populations civiles… Mais là il a fait fort très fort puisque l’armée ukrainienne est allée bombarder le territoire russe tout en se plaignant de concentration de troupes à ses frontières. Cela a été rapporté par le représentant officiel du Comité d’enquête russe, Vladimir Markine.« Actuellement, un affrontement a lieu dans la zone de Doljansk (région de Rostov) de la part de l’Ukraine et de Novochakhtinsk de la part de la Russie, au cours duquel le territoire de la Fédération de Russie a été bombardé ". Comment peut-on justifier ces attaques des postes frontières de la part de l’Ukraine, c’est pourtant ce que tentent les médias occidentaux, français en particulier, les plus serviles de tous, comme ils cachent les faits et minimisent le massacre des populations difficilement justifiable pourtant. Tout cela pour apporter caution à l’invraisemblable menace d’Obama et Hollande accusant les Russes de ne pas intervenir pour arrêter les séparatistes, bref faire le travail que Porochenko n’arrive pas à accomplir malgré ses violences contre des populations désarmées.
Notons que depuis le début la Russie répond en terme légaux, au plan diplomatique comme à celui du droit international et refuse les provocations. Une des forces de la Russie dans ce dossier est que personne ne peut lui attribuer le moindre coup de feu contre les Ukrainiens, ce que Poutine a noté depuis le début en expliquant que s’il intervenait il aurait contre lui tous les Ukrainiens. Qu’en déduire ? Les dirigeants de Kiev n’ont plus la moindre autonomie par rapport aux États-Unis et les États-Unis font tout pour faire entrer en guerre les Russes. S’agit-il depuis le début de leur faire connaître un nouvel Afghanistan, tout en les privant de leur base de Sébastopol?

3) Une population ukrainienne et une armée nationale qui ne veut pas la guerre

Cette stratégie étatsunienne, comparable à celle menée dans diverses interventions étatsunienne, produit de plus en plus de victimes y compris civiles et se heurte à la résistance des populations. Cette résistance ne se limite pas au Donbass, sous des formes diverses, elle s’étend à l’ensemble du territoire ukrainien. L’intervention US crée de l’insécurité, des groupes mafieux, elle s’accompagne d’une détérioration de la vie quotidienne. L’autorité de Porochenko est niée par les oligarques, ainsi le Gouverneur de la région de Dnepropetrovsk, et un des oligarques les plus ignobles dans un pays où ils abondent, Igor Kolomoïsky s’est dit opposé au cessez-le-feu et aux négociations avec "les milices sécessionnistes des républiques du Donetsk et de Lougansk". Il a dit cela au Président de l’Ukraine Petro Poroshenko, qui avait déjà annoncé un cessez-le-feu temporaire du 20 au 27 juin. L’oligarque, bien que juif avec un passeport israélien et ukrainien, qui finance sa propre milice de mercenaires composée de néo-nazis (et désormais de fondamentalistes criméens proches d’Al Qaida (1)) a dit à Poroshenko ouvertement qu’il n’obéirait jamais à un arrêt de combat contre les rebelles. Il est le plus voyant mais il n’est pas le seul à nier toute autorité à l’Etat et à mener sa propre stratégie en fonction de ses intérêts.
La vérité est que l’immense majorité du peuple ukrainien ne veut pas de cette guerre civile, pas plus que du pouvoir des oligarques, les uns les fuient à l’est, les autres à l’ouest..
Cette guerre contre les "séparatistes" est aussi une tentative de dévoiement face aux mesures du FMI et de la prise en main par l’OTAN.
Si les troupes ukrainiennes mercenaires se montrent capables de multiplier les désastres contre la population civile, ruines et massacres y compris d’enfants, en jouant sur une véritable purification ethnique des populations, l’armée ukrainienne ne montre aucun enthousiasme pour aller combattre une autre partie du peuple ukrainien , même baptisée russe ou terroriste. L’ensemble du pays, qui vit dans des conditions de plus en plus dramatiques, refuse cette guerre civile et les pillards qui la mènent sous direction de l’étranger. L’armée, hormis ses escadrons de la mort, comme le peuple ukrainien refuse tandis que les troupes d’autodéfense peuvent s’approvisionner à la source. Ainsi ce matin, on annonce : Les forces d’autodéfense du Donbass ont réussi à prendre le contrôle de la base de tanks de l’armée ukrainienne à Artemovsk.La base de tanks d’Armatov a été prise durant la nuit. Les milices populaires se sont approprié 221 tanks, 288 véhicules blindés de transport de personnel, 12 canons autopropulsés, 18 "Grad", 183 véhicules de combat d’infanterie et 12 mortiers." Le moins que l’on puisse dire est que l’armée ukrainienne comme la population de l’est mais aussi de l’ouest refuse la guerre civile et la stratégie des Etats-Unis de Porochenko.

4) Une stratégie qui ne tient plus qu’à travers un système de propagande

Le plan de Porochenko a été étudié de très près au Kremlin et on en est arrivé à la conclusion qu’il ressemblait plus à un ultimatum lancé aux habitants du Donbass. Toutefois les autorités de l’Ukraine n’ont pour l’instant pas pris la peine de publier le texte de la décision et l’ordre de sa réalisation, de sorte qu’il faudra juger de l’initiative de Kiev uniquement par ce que Porochenko en a dit.
Auparavant, le représentant de l’Ukraine à l’ONU s’est hâté de déclarer que le monde entier soutiendrait l’initiative de Porochenko, y compris le président de la Russie, Vladimir Poutine. Le représentant permanent de la Russie Vitali Tchourkine a fait le siège de son collègue et déclaré que les diplomates de Kiev s’étaient trop pressés de se féliciter.
« Le représentant de l’Ukraine a déclaré ici que le monde entier soutient l’initiative de Kiev, y compris le président de la Russie, Vladimir Poutine, et le ministre des Affaires Etrangères, Sergueï Lavrov. Dire que la Russie soutient ce plan est prématuré. J’ai appelé Moscou et l’on m’a dit qu’on n’avait pas encore vu le plan de paix. Il faut dire que pour l’instant, il n’est pas non plus mis en pratique. » a observé le représentant permanent de la Russie à l’ONU.

Que faut-il en déduire si les affirmations russes se vérifient? Depuis le début de l’affaire, elles sont nettement plus crédibles que celles d’Obama qui semble proche de battre son record de l’entrée en guerre contre l’Irak pour y débusquer les armes de destruction massive et Al Qaida, toutes choses qui n’existaient pas sur le territoire irakien avant l’invasion des Etats-Unis. Simplement que les Etats-unis tablent sur un quasi monopole en matière d’information. Un véritable système de propagande destiné à établir le droit du plus fort. Simplement la question est désormais celle de la force des Etats-Unis et de sa meute de chiens couchants, ses armées très puissantes ne créent que le chaos, son économie, le dollar qui la fonde sont mal en point, il ne reste plus que le discours des médias pour faire croire à l’hégémonie et au bon droit d’un empire en crise. Un autre aspect de la difficulté du système de propagande à jouer son rôle est la tentative actuelle d’organiser le silence et de détourer l’opinion publique de cette affaire ukrainienne alors même que partout le chaos créé par l’empire témoigne de l’effondrement périlleux du géant étatsunien.
En tous les cas pour nous population française, il faut se rassembler autour d’une solution de paix, par solidarité avec le peuple ukrainien, pour refuser l’aventurisme de nos dirigeants mais aussi pour dénoncer le coût économique de cette politique belliciste alors que l’on exerce une pression intolérable sur les droits et acquis du peuple français.

Danielle Bleitrach

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Voici les pays dans lesquels les Etats-Unis sont intervenus récemment en appui d’organisations terroristes et d’extrême droite, tout en menant une propagande sur leur vocation humanitaire et démocratique contre des méchants tyrans, vrais ou supposés. Avec toujours ce double fer au feu: jouer les sauveurs de la démocratie et de petits groupes financés par eux au titre des droits de la femme ou des étudiants épris de "démocratie" avec l’USAID, Soros et autres ONG et dans le même temps utilisation à plein d’une extrême-droite ennemie de ces valeurs qui fait régner la terreur et le chaos.
(1) voir notre article 3- voyage au pays des Tatars

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/06/20/3-voyage-en-pays-tatar-a-cinq-minutes-pret-cetait-le-bain-de-sang/

 

Ukraine : le silence des journaux par Matthieu Buge

Matthieu Buge publié Vendredi 20 juin 2014

http://www.lecourrierderussie.com/2014/06/ukraine-silence-journaux/

La coupe du monde est lancée, les Bleus sont bien partis, les Anglais se sont faits ridiculiser – les enjeux sont sérieux, et l’heure n’est plus à l’Ukraine. Mais au-delà des réjouissances footballistiques qui engendrent un écran de fumée fort à propos, ce silence relatif et progressif des médias occidentaux quant à la crise ukrainienne est lourd de sens.

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De quoi les civils sont-ils coupables ? Manifestation à Kiev contre la guerre dans l’Est de l’Ukraine le 6 juin. ITAR-TASS

Au début de ce mois de juin, la France a célébré en Normandie la commémoration annuelle du débarquement des Alliés, braquant tous ses regards sur Obama, Poutine et Porochenko. Après la comédie du « double dîner » de M. Hollande[1] – le président a ripaillé avec Obama d’abord puis Poutine ensuite, dans la même soirée, pour éviter de froisser les deux antagonistes –, les médias français ont salué le fait que le dirigeant russe n’ait pas rechigné à se trouver face au président ukrainien nouvellement élu. Il semblait alors que l’on s’orientait vers un dialogue[2]. On a pu rire, aussi, au cours de la cérémonie normande, notamment grâce à un échange de regards entre Obama et Poutine des plus caractéristiques : le premier conservant son sourire d’acteur hollywoodien destiné aux photographes sur le tapis rouge, l’autre restant de marbre, se limitant à un rictus, comme pour exprimer qu’il n’était pas dupe[3]. Si tout cela fut très mignon, le 6 juin n’a pas tout à fait été le grand sommet de la réconciliation et de l’admiration mutuelle entre les peuples.

La commémoration annuelle du débarquement en Normandie est l’occasion de saluer une entreprise anglo-saxonne de libération de l’Europe – c’est entendu. La présence de MM. Poutine et Porochenko a pourtant contraint quelques médias à mentionner la bagatelle des 26 millions de morts soviétiques – qui ont contribué plus que quiconque à la défaite de l’Allemagne nazie.

À noter toutefois, l’indulgence – coupable ? – dont les médias ont fait preuve à l’égard du président américain, évitant de relever que le discours de celui-ci, qui aurait pourtant pu être une occasion de calmer le jeu, n’honorait pas – ne mentionnait même pas, pour tout dire – cette influence décisive des Soviétiques sur le cours de la guerre[4]. Quoique, comment pourrait-il en être autrement lorsque l’on constate que le peuple français, au fil des ans, est de plus en plus convaincu que ce sont les États-Unis qui ont défait Hitler ?[5] Ainsi le 6 juin est-il aujourd’hui devenu dans les représentations, et notamment grâce aux productions hollywoodiennes, le tournant décisif de la Seconde Guerre mondiale. Ainsi la bataille de Stalingrad est-elle connue essentiellement comme un « enfer », pendant que les batailles de Koursk, de Moscou, et le blocus de Leningrad sont quasiment ignorés. Quant à l’opération Bagration[6], elle a été il y a longtemps reléguée aux oubliettes de l’histoire… occidentale.

Non contents d’avoir censuré l’interview de Poutine du 4 juin en France et d’avoir fait une opportune faute de traduction de ses propos au sujet d’Hilary Clinton[7], les médias occidentaux n’ont été que très peu nombreux à relever l’insulte du nouveau ministre ukrainien des affaires étrangères, Andriï Deshchytsia, lancée à Poutine le 14 juin. Les quelques articles français ayant tout de même mentionné l’affaire ont en outre opté – mettons cela sur le compte de la pudeur – pour une traduction bien édulcorée de la version originale[8]. Car soyons honnêtes : le « con » ou le « connard » français, qui s’apparente à l’idiot ou au salopard, est bien loin du niveau de grossièreté du « khouï » russe ou ukrainien…

On imagine pourtant sans mal la levée de boucliers, la validation de la thèse de l’« État voyou » russe, l’effroi des médias occidentaux si Lavrov avait osé qualifier Porochenko de ce fameux « tête de bite »… D’autant que l’insulte diplomatique (tolérée par l’Ouest) était renforcée, le même jour, par un incident devant l’ambassade de Russie à Kiev. Si l’attaque des civils contre la représentation russe a été relatée, elle a été littéralement étouffée, on le voit notamment dans l’article de la BBC[9], par une déferlante d’informations relatives à la présence de tanks russes dans l’Est de l’Ukraine.

Et c’est justement l’attitude de l’Occident quant à ce qui se déroule dans l’Est ukrainien qui est indubitablement la plus inquiétante. Les médias main stream, à l’heure actuelle, n’évoquent l’Ukraine, essentiellement, que pour mentionner l’affaire de la coupure du gaz par les Russes – et de ses conséquences sur l’Europe[10]. Les troubles sanglants dans l’Est du pays, quand ils sont abordés, sont survolés et surtout demeurent unilatéralement imputés à Moscou. Les médias occidentaux grand public semblent avoir abandonné toute compassion : contrairement à leur élan d’il y a six mois lors des événements de la place Maïdan[11], ils ne s’émeuvent plus le moins du monde des victimes ukrainiennes. La probable utilisation par Kiev de munitions au phosphore est tue, les centaines d’Ukrainiens fuyant vers la Russie n’existent pas, et lorsqu’un bus rempli de civils et d’enfants est touché par les bombardements de l’armée ukrainienne, l’ONU ne s’en inquiète pas.

Le contraste avec la Syrie, où l’inénarrable BHL appelle systématiquement à l’intervention occidentale quand Bachar El-Assad bombarde sa population, est effarant. On touche ici à ce que Noam Chomsky théorisait dès les années 80 dans sa Fabrication du consentement[12], ouvrage qu’il illustrait par l’exemple des guerres du Vietnam, d’Afghanistan, du Kurdistan et du Timor Oriental.L’Occident a ses victimes « utiles » et ses victimes « inutiles ». C’était déjà, d’ailleurs, le cas des morts d’Odessa dans l’incendie criminel du 2 mai à la Maison municipale des Syndicats, traitées par les grands médias, au mieux, comme les victimes d’un banal fait divers.

En somme, c’est confortable : maintenant que l’Ukraine dispose d’un gouvernement « pro-occidental », peu importe ce qui s’y passe. Et puis s’il s’y passe des horreurs, on pourra toujours y dénoncer – nécessairement et invariablement – l’œuvre du grand méchant Poutine.

Sitographie et références :

[1]http://www.lexpress.fr/actualite/politique/hollande-et-son-double-diner-c-etait-mieux-avec-obama-ou-poutine_1549134.html

[2]http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20140606.AFP9069/ukraine-debut-d-un-dialogue-avec-la-russie-de-bonnes-chances-de-reussir.html

[3]http://videos.tf1.fr/infos/2014/70-ans-du-debarquement-obama-et-poutine-echangent-un-demi-sourire-8431162.html

[4]http://edition.cnn.com/2014/06/06/world/europe/obama-d-day-speech-transcript/

[5]http://www.les-crises.fr/la-fabrique-du-cretin-defaite-nazis/

[6]http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Bagration

[7]http://www.liberation.fr/monde/2014/06/05/poutine-traduction-imprecise-ou-veritable-goujaterie_1034276

[8]http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/06/15/le-chef-de-la-diplomatie-ukrainienne-insulte-poutine_4438554_3214.html

[9]http://www.bbc.com/news/world-europe-27853698

[10]http://tempsreel.nouvelobs.com/ukraine-la-revolte/20140616.OBS0666/fin-des-livraisons-de-gaz-a-kiev-il-y-aura-des-repercussions-sur-l-ue.html

[11]http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/02/20/a-kiev-decouverte-de-nouveaux-cadavres-dans-les-rues_4369954_3214.html

[12]http://www.chomsky.info/books/consent01.htm

La rubrique Recadrage est une revue de presse critique des médias occidentaux sur la Russie, dont l’auteur est Matthieu Buge, un Français qui vit à Moscou.

 
 

Vu d’ici: l’essentiel et la méthode pour tenter de le percevoir…

index Ivan le Terrible dans le film d’Eisenstein, il s’est retiré dans un monastère et le peuple vient le chercher.

Les dogmatismes…

Vu d’ici, dans cette situation de guerre civile plus ou moins déclarée avec des zones d’intensité variable, mon pays, la France, me paraît la proie de tous les dogmatismes. Le pire de tous, celui qui ne voit de salut que dans le capitalisme, le marché, l’art jusqu’au bout de tenter de résoudre les problèmes avec ce qui les crée… Dans le cas ukrainien cela devient la nécessité de résoudre les problèmes par un surplus de capitalisme et d’armement… Mais il y a d’autres idées préconçues… Au lieu de partir de la réalité telle qu’elle est, mes chers Français s’obstinent à lire la situation avec les lunettes d’un pseudo dogmatisme théorique applicable en toutes époques, tous pays. Après des années d’atonies, les peuples refont surface et il est refusé d’entendre ce qu’ils disent. En ce moment, le même schéma est appliqué aux printemps arabes, aux ex-pays de l’Union soviétique et ce paradoxalement pour mieux nier les luttes des classes, la manière originale dont elles s’expriment… comme le fait d’ailleurs le capital lui-même dans sa mondialisation… C’est d’ailleurs ce qui le perd.
Mais déjà quand on se réfère à l’histoire d’un de ces pays et de l’ensemble d’une société dont l’économique est déterminant "en dernière instance", comme le faisait Marx dans les Luttes des classes en France et Engels pour l’Afghanistan, c’est dans la méconnaissance la plus totale de la manière dont des civilisations millénaires lui ont donné des modes d’expression…

Partir des petites gens, la négation de la négation…
Tout part du peuple, y compris l’art le plus élaboré. Il est dans les rues avant d’être dans les musées.Ce qu’on pourrait appeler mon "impressionnisme", ma description de la vie quotidienne et des petites gens, part de l’idée que ce sont eux par leur obstination et par le fait qu’ils ne peuvent pas survivre autrement qui font la seule histoire, celle de la lutte des classes. Ou pour parler comme Lukacs, ils sont la négation de la négation. Donc je ne prétends pas à "l’objectivité journalistique" qui n’existe pas, même si les faits restent sacrés et l’interprétation libre, la mienne est orientée vers une pratique, comment transformer cette société"?.

J’utilise la vision du monde du petit homme, le soldat Schweik, Charlot mais aussi Figaro, leur impertinence lucide. En choisissant la solidarité avec le Donbass, oeuvrer pour l’information, la compréhension, nous avons été confrontées avec Marianne à la fin de l’Union soviétique. un événement des plus importants sinon le plus important de la fin du XX e siècle. Les traces sont partout et il est impossible de ne pas les voir dans les rues, les statues, les ruines. Ceux que j’écoute, regarde, entend grâce à Marianne, ont subi comme nous communistes français mais aussi notre peuple français, ce choc sans rien y comprendre. Moi non plus, mais il faut au moins se débarrasser de l’image imposée. On ne peut pas faire autrement que constater cette extraordinaire nostalgie qui n’a rien à voir avec l’intéressant livre sur la fin de l’homme rouge… Le souvenir est celui des temps heureux. Trop facile pourtant de simplement dire que le communisme a été trahi et que l’on peut recommencer à l’identique. l’impression est une déconstruction des a- priori, la croyance en un savoir immédiat qui n’est jamais que l’idéologie de notre société, celle de la classe dominante… mais elle reste ouverte…

En ce moment même je vois des images que vous ne verrez pas en France, celle de la bataille de Lougank, des hommes en bras de chemise avec une casquette pour se protéger du soleil rechargent des armes dans un paysage de ruine… Partout des explosions, des départs de feu. On annonce que l’un des combattants a abattu un avion ukrainien… Le petit homme ne fait pas la guerre par plaisir, il doit être contraint à défendre sa maison, son espace, le peu qu’il a, sa famille et je repense à tous ceux qui me disent en parlant des rebelles: ce sont des hommes simples comme moi…


Qu’est ce exactement que le stalinisme, les Russes aiment les tyrans ?

Par exemple, il est stupéfiant de s’entendre répéter avec obstination que tout a dévié à la mort de Staline et que ça a commencé à pourrir de l’intérieur, l’acceptation de petites corruptions, de petits avantages que l’on achetait avec une fausse ouverture mais qui se traduisait par la catastrophe pour tous. Alors en Français un peu trop cultivé on pense à Ivan le Terrible le modèle de Staline.. Oui mais voilà on ne sait rien des multiples interprétations de l’histoire d’Ivan. Des débats auxquels ça a donné lieu, y compris le film d’Eisenstein… On imagine que la deuxième partie du film a été censurée parce que Staline ne supportait pas d’être comparé à ce tyran paranoïaque. Il n’en est rien Staline se voyait lui-même comme Ivan et il pensait qu’il n’était pas allé assez loin, encombré comme il l’était dans sa religiosité excessive. Et ce qui a été reproché à Eisenstein est une interprétation de la politique étrangère d’Ivan. Si Staline choisit Ivan plutôt que Catherine de Russie ou Pierre le Grand comme référence, c’est parce qu’Ivan se méfie des étrangers européens et qu’il mène la bataille pour ouvrir une fenêtre sur la Baltique contre les Polonais, les Lituaniens, les Allemands. Alors que les puissances européennes, l’Autriche en particulier, l’incitent à aller combattre le musulman au sud, la Turquie et le Tatar son vassal, lui au contraire recrute les Tatars de Kazan pour aller vaincre les Polonais et les Allemands. Il renouvelle l’alliance d’Alexandre Newski (autre film d’Eisenstein) avec les Tatars contre les chevaliers teutoniques. Ce qui est reproché à Eisenstein c’est d’avoir mal interprété, occidentalisée la politique d’Ivan. Et on se doute bien qu’il s’agit de l’actualité, l’Urss et l’Europe. Que peut-elle en attendre? Question encore brulante…


Rancune à l’égard des communistes ou garanties d’un contrôle ?

Deuxième référence mal comprise, le cas d’Ivan est assez proche de celui de notre Louis XI, qui a lui aussi mauvaise réputation. Il abat les boïards, les grands seigneurs féodaux, fonde une armée nationale avec des cavaliers tatars. Et ce qu’on connait mal crée une sorte de système de ville franche dans laquelle le collectif paysan et marchand peut racheter l’impôt payé aux boïards et acquérir un droit de liberté politique qui va jusqu’au droit de juger, mais aussi celui de se mêler de la politique intérieure et extérieure. Dans le fond, l’idée est que la centralisation par l’autocrate empêche les querelles de riches et des puissants, les soumet par la cruauté (idée que l’on retrouve chez un autre contemporain (Henri VIII et César Borgia) et pour se faire s’appuie sur une véritable autogestion généralisée dont le droit est racheté par l’impôt disons national, bien qu’il ne s’agisse pas encore de nation.
Donc quand mes homos-soviéticus disent que depuis la mort de Staline tout s’est lentement pourri de l’intérieur et qu’ils n’ont plus confiance dans les communistes qui ont détruit l’Union Soviétique, c’est très ambigü. Un de nos derniers interviewés, dont je publierai l’interview ultérieurement déclare: "Les communistes, non je ne les veux plus, ils n’avaient qu’à conserver le pouvoir qu’ils avaient et ne pas détruire l’Union soviétique"… Quelques minutes après nous parlons de l’union entre la Chine et la Russie, combien elle inquiète les Etats-Unis et que cela explique peut-être le choix d’Obama de venir créer cette guerre civile…. Le même homme qui ne veut plus des communistes, déclare ils ne pourront pas encercler, la Russie est trop immense, La Chine a plus d’un milliard d’habitants… Et puis en Chine, il y a les communistes qui dirigent"… Je l’interrompt en soulignant la contradiction. Il rit d’être pris la main dans le sac… et affirme: "Ce sont de vrais communistes, celui qui est corrompu on le met en prison…"
Et là tout à coup ce que je prenais pour de la rancune s’éclaire, il ne s’agit pas de bouderie, mais d’exigences de garantie qu’ils ne referont pas pareil, qu’ils agiront pour le peuple et qu’ils ne se contenteront pas de discours en laissant les situation pourrir, l’injustice s’installer. Et cette "rancune" part de l’expérience, non seulement de la manière dont l’Union Soviétique a été détruite par trois ivrognes qui voulaient être tsar, mais comment elle a été pourrie de l’intérieur au point qu’une pichnette a suffi. Et il y a surtout ces terrible 23 ans avec un pays détruits par les appétits d’oligarques sans foi ni loi… On ne recommencera pas avec vous comme si rien n’était, on n’avancera avec des garanties.. En attendant on ne fait plus de politique…
Derrière l’autocrate, l’autogestion… et il ne s’agit pas d’une simple vision de ma part, ce qui pourrait paraître un souci de réhabilitation de Staline que certains me prêteront sûrement, mais elle s’étaye sur cette attention à l’environnement, aux moyens de transport, à l’emploi pour tous… Ils ne font pas de politiques mais ils constatent et déplorent ce grand n’importe quoi des appétits individuels… Il ne s’agit pas pour moi de condamner ou de défendre Staline, je n’ai pas encore tranché le débat qui divise les historiens russes… Après Ivan, il y eut une vingtaine d’années de troubles durant lesquelles se succédèrent 5 tsars impuissants et se déchirèrent les boïards. Est-ce parce que le pouvoir d’Ivan qui avait durablement transformé et marqué la Russie n’avait pas été assez au fond comme le pensait Staline ou est-ce que la cruauté, la terreur avait fait sortir le pire des êtres humains qui s’étala à sa mort, comme si les diables de la soumission servile s’étaient relâchés?
Ce qui est sûr c’est que l’expérience est telle que le petit homme ne se mêlera de politique que il aura la confiance et le contrôle.

L’essentiel: Pourquoi l’Europe veut-elle la guerre?

Deuxième idée, qui dans sa simplicité renvoie aussi au débat entre Einstein et Staline à propos d’Ivan: qu’est-ce que l’Europe?
Et là la réponse dans sa simplicité m’a été apportée par deux femmes de Kharkov qui ne faisaient pas de politique, étaient tellement occupées à travailler , à faire le ménage qu’elles n’avaient rien vu dans leur ville. Elles étaient des mères avant tout, leur ville touche l’oblast de Lugansk et elles ont peur, elles pleurent et ne dorment plus. Parce qu’elles craignent que l’armée ukrainienne prenne leurs époux, leurs fils pour les envoyer combattre les gens du Donbass. Elles regrettent elles aussi la paix, l’égalité de l’Union soviétique. Elles ne savent pas ce qui s’est passé, un matin elles ont ouvert la télé qui leur a annoncé la fin de L’Union soviétique. Ce temps béni où il n’y avait pas de différence entre russes, ukrainiens, biélorrusse et où l’on vivait en paix.
Je leur demande si elles préfèrent l’Europe ou la Russie… Elles me répondent "Pourquoi faut-il choisir? Pourquoi l’Europe apporte-t-elle toujours la guerre?"
Et voilà la réponse au débat entre Eisenstein et Staline: "l’Europe c’est la guerre!"

 

l’homo sovieticus ne fait plus de politique

IMG_20140609_130826La cour de l’espèce d’auberge de jeunesse dans laquelle nous sommes logées Marianne et moi, et où chacun fait sa cuisine.Nous avons interviewé Constantin hier soir dans ce patio.Ce soir deux dames de kharkov… quelques jours de repos studieux…

Constantin est un géant, mi débonnaire, mi inquiétant… L’ogre russe des clichés mais imberbe, il ne reste que la tignasse drue et la carrure. Il nous prend constamment à rebours, nous assène une affirmation qui nous désoriente et puis passe son temps à la nuancer, à tenter avec une sorte de pudeur de dire "je ne suis pas celui que vous croyez: le lourdaud du Donbass que les autres inventent, simplement j’aime qu’un chat soit un chat."

Ainsi il nous dit tout de suite:
-je ne suis pas un réfugié, je viens toutes les années ici à la même époque, je continue.Je prends des vacances au bord de la mer.
Il vit dans une petite ville à 45 kilomètres de Donetsk, Gorlovka qui est tout à fait tranquille. Selon lui l’assaut qu’il qualifie en se moquant "d’anti-terroriste" se limite à quelques villes et villages du Donbass comme Slaviansk, Lugansk, Donetsk. Mais là-bas, ils tirent à l’arme lourde. Hier encore avec un skud ils ont tué à Simionovka.C’est vraiment la guerre on balance des obus et des bombes à fragmentation.

Avec une moue tendue mais cynique dont il ponctuera beaucoup de ses propos, il jette que cette histoire est parfaitement imbécile.
-Qui est imbécile?
- mais les troupes du gouvernement, Pravy Sektor, l’armée…
Pravy Sektor?
-Ou qui que ce soit, quand il y a des troupes il y a un commandant et c’est lui le responsable, pas les troupes. Ce sont des gamins de 18 à 20 ans qu’est ce qu’ils peuvent faire d’autre qu’obéir?
-Vous dites que votre ville est calme, mais est-ce que les gens ont peur?
-Seuls les imbéciles n’ont pas peur.
Chez lui tout est calme et tranquille, personne ne fuit, les enfants et les vieux n’ont pas besoin d’être évacués, mais il a des amis, de la famille, il est très malheureux pour eux.
-Est-ce que vous avez songé à y aller, pour vous battre aux côtés des insurgés ?
- Je ne peux pas y aller. Qui est-ce qui fera mon travail? Qui soignera les gens, les aidera, les sauvera du danger? Qui est-ce qui reconstruira après tout ça?
Il est pompier, pas seulement sur le terrain, il coordonne, c’est un ingénieur de formation avec une spécialité en lutte contre les catastrophes. A la fin de l’interview, il pointera son doigt sur moi en me demandant d’effacer une phrase dans laquelle il a paru s’attendrir sur les risques du métier. Comme si cela lui paraissait indécent par rapport à ce qui se passe.

Comme il continue sur l’idée que tout cela est parfaitement stupide et que bien malin qui sait comment cela finira, je lui demande le pourquoi de tout ça selon lui?

Il hausse les épaules. Tout ça a commencé avec le Maïdan. Pendant qu’ils faisaient les guignols, le Donbass travaillait.
- Des guignols ou des fascistes?
-Au début c’étaient de simples gens. Certaines de leurs revendications étaient justes. C’est après que les paramilitaires sont apparus. Et alors là ils se sont mis à se conduire mal avec les forces de l’ordre. Je suis pompier je sais ce qu’est un homme brûlé. Ils ont jeté des cocktails molotov sur des jeune policiers désarmés. Ils brulaient vif. C’était abominable.

Ces gens ne savent pas se conduire et s’il y a eu un soulèvement c’était que les gens étaient de plus en plus mécontents de leurs manières. Tenez là il y a peu à Simionovka, il y a un hôpital psychiatrique, des gens en milieux ouverts mais aussi des gens dangereux. Ils n’ont pas prévenu qu’ils allaient attaquer, ils ne nous ont pas laissé le temps d’évacuer l’hôpital, avec des gens en crise,violents, d’une force incroyable, une femme de ma corpulence peut dans ce cas mettre à mal quelqu’un comme moi. On n’a pas laissé le temps de gérer la situation. A la fin, nous avons pu en prendre 60 à Gorlovka, c’était très dur de les contenir. Il ne le dit pas mais il a participé à l’opération en tant que pompier et il déclare écœuré:
-C’est une honte de tirer sur une population désarmée, il n’y a même pas d’alerte pour que les civils aillent se planquer… Comment peut-on parler d’humanisme quand on agit comme cela? Depuis le Maïdan, ils ont agi comme ça et ça a mis en colère les gens du Donbass.

Je lui demande s’il a voté au référendum?
-Oui bien sûr, le référendum a été conduit sans la moindre pression, il n’y a même pas eu de campagne, on a juste donné la date et les gens sont venus en masse partout, ils étaient d’accord.
-Pour la séparation?
-Mais non au début il ne s’agissait pas de séparation mais de fédération. Mais au fur et à mesure les gens étaient de plus en plus mécontents et ça c’est encore aggravé avec l’opération dite "anti-terroriste".

Quels objectifs visent-ils selon vous dans cette opération anti-terroriste? Par exemple en déclenchant un tir à l’arme lourde sans prévenir?
-Tuer, détruire les "séparatistes", terroriser les gens. Personne ne sait leur but à part ceux qui leur donnent des ordres.

Qui est-ce qui résiste dans les villes visées, parce qu’il faut un minimum d’armes et de formation pour résister?
Des citoyens, c’est tout le peuple qui se révolte alors il y a de tout, des bas fond aux meilleurs, des citoyens, des bandits, des Tchétchènes, des cosaques de Rostov, toutes les couches de la population.
- des bandits, qui?
-les bandits sont les bandits, il y en partout, la mafia, les voyous… Ils sont là aussi…

-Est-ce qu’il y a une force respectée de tous, qui peut mettre de l’ordre?
-C’est ça le problème. Au départ l’idée est très bonne, mais sous couvert de République, il y a toute sorte d’individus louches…

A propos d’individus louches, je veux l’interroger sur Rinat Akhmetov, un des hommes les plus riches du monde et en tous les cas le plus riche d’Ukraine. Il me fait la liste de ce qu’il possède en Ukraine, dans le Donbass. Son poids dans le secteur minier mais aussi dans le traitement de la coke et même la métallurgie. Quand je veux pousser l’analyse, il se ferme. D’un ton lapidaire, il explique qu’il a ses buts à lui qui ne sont pas ceux des politiciens. "On peut dire qu’il tient le Donbass. Il donne du travail au gens, même si les salaires sont de plus en plus insuffisants et les prix augmentent tous les jours." et toute son attitude témoigne qu’il n’ira pas plus loin, d’ailleurs il ajoute: "Moi je ne fais pas de politique!". Dès le début de l’interview, il nous a expliqué qu’il ne donnerait pas son nom et ne voulait pas être filmé.

Notre lecteur doit retenir cette idée essentielle s’il veut comprendre l’homme du Donbass, celui que je baptise l’homo sovieticus, le travail est sacré, nourrir la famille est l’essentiel et aujourd’hui sous la domination du capital, celui qui donne ce travail c’est le capitaliste. Ceux qui s’imaginent qu’avec un discours ou un changement de discours on séduira l’homo sovieticus se trompent totalement, il faut des perspectives d’emploi, de salaires, de vacances en famille…

Je lui demande s’il a voté aux présidentielles?
- personne dans le Donbass n’a voté. Il n’y avait d’ailleurs nulle part de bureaux de vote et personne n’en cherchait. Ce que raconte la télé ukrainienne sur les votes dans le Donbass ce sont des mensonges. Personne n’a voté, peut-être du côté de Zaporojie, deux ou trois bureaux dans les campagnes. Il n’y a d’ailleurs personne qui mérite que l’on se déplace pour aller voter pour lui.

Le mépris est tangible, dur, comme un mur… personne ne peut le franchir…
-Qu’est-ce que l’Union Soviétique pour vous ?
Son visage s’illumine littéralement… Impressionnant!
- Ah! murmure-t-il, la nostalgie! j’ai grandi en Union Soviétique. Avec mes parents, un été on est parti faire le tour, c’était immense, l’infini, partout on découvrait des pays, des amis, des peuples proches… Dans les magasins, il y avait de tout, enfin tout ce qu’il faut à un être humain pour vivre, tout fonctionnait. Les prix n’augmentaient pas, ils baissaient au contraire et toujours on pouvait vivre mieux…

- Vous avez compris pourquoi tout cela s’est effondré?
- Parce que trois salauds, dans la forêt de Bélovèje après s’être bourrés la gueule ont décidé de devenir tsars (1)… Les trois salauds de Russie, d’Ukraine et de Biélorussie… En 1991, ils avaient fait un référendum, la question était bizarrement conçue et ils nous ont eu comme des bleus, ils ont fait tout le contraire de ce que nous avions décidé.

-Est-ce que c’est pour ça que vous ne voulez plus faire de politique?
- Actuellement à la Rada, il n’y a pas un seul député qui soit digne que l’on vote pour lui.
- Simonenko, le dirigeant du Parti Communiste d’Ukraine? Simonenko, il est du Donbass, il était le dirigeant des jeunes komsommols, on l’a vu lui et sa bande… et il reprend : personne n’est digne que l’on vote pour lui…

Pas moyen de lui en faire dire plus, tout ce que l’on peut faire c’est interpréter… Ces jeunes Komsommols étaient gorbatchéviens, ils font partie de ceux qui nous ont eu comme des bleus. L’ami Constantin a la rancune tenace.

-Qu’est-ce que c’est pour vous un politicien qui soit digne que l’on vote pour lui?
-Quelqu’un qui organiserait, qui créerait les conditions d’une amélioration de la vie, quelqu’un qui s’occuperait de ses subordonnés, qui sortirait le pays du fossé dans lequel il est tombé. Après peu importe qui, le plus important c’est comment il se comporte.

-Que pensez-vous de Poutine?
-Regardez sa cote de popularité, l’an dernier il était à 45% aujourd’hui 80%.
- A cause des événements d’Ukraine?
- Pas seulement, j’ai été récemment visiter un village du bassin minier, qui comprenait jadis 300 foyers, il ne reste plus que 23 personnes, des vieilles babouchkas. Et bien les routes sont asphaltées, il y a des services pour les vieilles dames et un marchand ambulant passe pour leur apporter la nourriture.Chez eux, les localités des puits fermés ne sont pas abandonnées. C’est comme le 9 mai, ils le respectent, c’est sacré. Vous avez vu les routes chez nous en Ukraine?

Je l’interroge sur la chute de l’Union soviétique?
- Est-ce que vous ne pensez pas qu’un système qui dépend de la volonté de trois mecs bourrés qui veulent être tsars est bien fragile?
- Quand s’écroule le système, ce ne sont pas les trois salauds qui sont importants mais ceux qui les manipulent… ceux qui ont concentré le capital entre leurs mains. Et ceux-là ils sont plus prêts de vous en occident que de nous les russes.
- Qui?
-Les Rockfeller… Ceux là ont agi et les trois salauds obéi…
je guette la moindre référence anti juive, elle ne viendra pas mais je ne la provoque pas non plus, il reste sur le capital, même pas les Etats-UNis…et il les décrit…

Ceux-là ils n’ont jamais assez. Ils ne pensent qu’à accumuler des profits. D’ailleurs c’est ce qui fait leur force. L’individu qui a un but clair et qui fait porter tous ses efforts dans cette perspective et le poursuit quoiqu’il arrive est irrésistible. Le capitaliste c’est une machine à accumuler. L’argent produit de l’argent a dit Marx.Et parce qu’il a ce but, il est le plus fort.
Par exemple, à côté de Slaviansk, il y a une petite ville (Sviatogorsk) avec un monastère, c’est un lieu de cure thermale, l’eau y est pure, le lac et les forêts magnifiques préservées. On y a une maison de santé. Chevron, l’entreprise américaine veut extraire du gaz de schiste. Nous on veut pas de ça.

-Vous ne voulez pas que le pays soit pillé?
- Il y a longtemps que le pays est pillé,on s’y est habitué, on a autre chose à faire… La mentalité russe est comme ça: je me sens bien là, toi tu sens bien à côté, et tant que c’est comme ça c’est bien, mais si tu commences à vraiment me gêner, alors là je me fâche contre toi.

-Est-ce que l’Union soviétique pourra revivre?
-Non c’est impossible, il n’y aura pas de retour en arrière, personne ne le permettra. Ceux qui dominent le monde, les capitalistes l’empêcheront.
- Mais en 1917, il y avait les capitalistes et pourtant il y a eu la Révolution?
- En 1917, il y a eu le soutien financier de l’Allemagne, ils ignoraient ce qu’ils déclenchaient, maintenant ils savent… Ils ne connaissaient pas l’Histoire, bien qu’en fait personne ne connaisse l’Histoire, c’est impossible. Les manuels d’histoire sont constamment réécrits en fonction des vainqueurs, bien qu’ils subsiste des problèmes douteux sur lesquels les historiens débattent.
Le camarade Staline et il insiste sur le mot camarade… à son époque a fait des purges massives et ces purges nous ont donné un répit de 60 ans, nous avons eu une économie stable, les prix ne montaient pas ils baissaient. Il a relevé l’économie… bien que beaucoup de gens aient souffert, beaucoup d’innocents ont été injustement accusés…

Je reviens à l’opération anti-terroriste et ses raisons… Nous parlons d’Odessa et je lui demande ce qu’il en pense en tant que pompier…

A Odessa, les gens ont été brulés de l’intérieur. C’était planifié. Les pompiers ont été empêchés d’intervenir pendant un bon moment. Des gens capables de ça il faut leur arracher la tête, avec votre guillotine.
Et il revient sur l’Union soviétique: qu’on le veuille ou non, ce qui s’est passé entre 1917 et 1991 c’est notre histoire. Ces monuments de Lénine ne sont pas de simples copies reproduites au moule comme le buste ici. Ils ont été imaginés par des sculpteurs qui ont travaillé… Ils ont de la valeur… Pourquoi les casser?
Pourquoi viennent-ils ici? Les gens du Donbass sont comme ça. Ils ne se sont pas soulevés quant à l’ouest ils ont réhabilité Bandera, quand ils lui ont érigé des monuments. Ils se sont soulevés quand les gens de l’ouest ont osé comparer Bandera aux héros de l’Union soviétique.
Et là il me parle longuement avec émotion de son père qui a libéré l’Ukraine, est parti combattre les Allemands jusqu’en Pologne et de là est reparti jusqu’à Vladivostok pour libérer le territoire.

Une conversation s’en suit dans laquelle, je lui explique à mon tour que ce que certains d’entre nous découvrent avec leur révolte c’est qu’il y avait une majorité de Soviétiques qui ne voulaient pas la fin de l’Union soviétique et qu’on la leur avait imposée. Il me regarde étonné:
- Mais tout le monde sait ça! Comment pouvez-vous l’ignorer? Il est vrai que j’ai découvert des Polonais qui pensaient que les Américains avaient libéré leur pays des nazis… Ils ignoraient complètement le rôle de l’Union soviétique… Mais je ne savais pas que vous Français vous ne saviez pas comment des marionnettes des capitalistes nous ont imposé ce que nous ne voulions pas…
La conversation porte sur le coup qu’avait été pour les communistes français non seulement l’effondrement de l’Union soviétique mais le fait que personne ne s’était soulevé pour la défendre… je lui parle de la faiblesse de nos luttes, de notre désorganisation, il s’intéresse aux syndicats et me dit : il faut que le syndicat soit indépendant du pouvoir politique…

Et puis je l’interroge à nouveau sur les raisons et les objectifs de cette opération "anti-terroriste" contre le Donbass qu’il juge criminelle et totalement imbécile…

Sa thèse tient en deux faits, le premier est que dans l’ouest, il y a un tel marasme économique que les gens ne rêvent que d’une chose, aller faire les travailleurs agricoles en Europe ou les boniches des européens, alors ils aspirent à être dans l’Europe. Dans le Donbass, nous avons des métiers très durs mais nous travaillons. Un mineur qui descend à 4 heures du matin dans la mine pour 6 heures, ne sait jamais s’il remontera mais il y va et revient avec de l’argent pour nourrir sa famille. Même si c’est de plus en plus dur, les salaires sont de plus en plus insuffisants… On travaille…
Et c’est là pour lui la raison fondamentale de cette agression contre eux. Pendant que tout le monde s’occupe de cette histoire, pendant qu’on nous massacre ça fait un abcès de fixation et on oublie de regarder ce qui est en train de se passer avec ce que l’Europe nous impose: les prix de l’électricité ont augmenté de 50%, pareil pour le gaz et la gryvna (monnaie ukrainienne) a perdu 50% de sa valeur.

Voilà, l’homo sovieticus ne fait plus de politique. Pourquoi ai-je pensé à ce film de Risi, Mains basses sur la ville, où le capitaliste, l’entrepreneur immobilier s’adresse au député communiste qui l’accuse. Ils sont seuls tous les deux dans une tour en construction. Le capitaliste va vers un robinet et dit: "Moi je construis, l’eau coule, je loge les gens. Et toi?" L’homo sovieticus est à jamais orphelin d’un paradis perdu et il le défend becs et ongles comme sa maison, sa famille, le peu qu’il lui reste mais il ne croit plus aux discours. Il a fait l’expérience de toutes les trahisons, des beaux parleurs, des idéologues, des batailles entre partis, des concurrences minables. Et Constantin me regarde d’un air moqueur parce que je suis stupéfaite par sa culture historique en particulier et il me dit: "Vous pensiez que nous étions les brutes du Donbass, frustres, incapables de penser… "
Il fait frais, la nuit est tombée, nous nous quittons, il nous dit "Merci".
Durant tout le temps de l’interview, je pose des questions et Marianne traduit, alors qu’il ne connait pas un mot de français, il lui arrive d’intervenir pour exiger une précision, pour vérifier s’il a été bien compris.
Danielle Bleitrach et Marianne Dunlop

(1)Le 8 décembre 1991, Boris Eltsine, Stanislaw Chouchkievitch et Leonid Kravtchouk, présidents des républiques de Russie, de Biélorussie et d’Ukraine, se sont rencontrés dans la forêt de Belovej, près de Minsk, pour constater que le temps de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) était révolu. Ils ont signé un accord, connu comme Accord de Belovej ou Traité de Minsk, qui a donné naissance à la Communauté des Etats indépendants. (source ria novosti: http://fr.ria.ru/world/20130207/197462828.html)

 
 
 
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