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Archives de Catégorie: Economie

Personne n’en parle plus, il y a eu 500 mortes en condition de quasi esclavage

Le Bangladesh a appelé samedi l’Union européenne à ne pas prendre de mesures restrictives contre l’activité textile indispensable à son économie après l’effondrement d’un immeuble abritant des ateliers de confection qui a fait près de 550 tués. Les services de secours continuent à retirer des cadavres des décombres du bâtiment qui s’est effondré le 24 avril à Savar, ville située à une trentaine de kilomètres de Dacca.L’Union européenne a menacé de prendre des mesures restrictives contre les vêtements confectionnés au Bangladesh afin de contraindre les autorités du pays à améliorer les conditions de sécurité dans lesquelles travaillent les ouvriers.Cet accident a mis en lumière les pratiques de certains détaillants occidentaux à l’égard des pays pauvres d’Asie devenus une source d’approvisionnement en produits bon marché.La confection emploie près de quatre millions de personnes au Bangladesh, ce qui en fait le deuxième pays producteur après la Chine dans ce secteur d’activité. Certains ouvriers de ces ateliers perçoivent un salaire de 38 dollars par mois

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05 mai 2013Par cerise

Le bilan c’est 500 très jeunes femmes assassinées par leur patron qui tentait de s’enfuir. Voilà le brillant résultat des sous-traitance en chaîne, jusqu’à un coût du travail de 30€ par mois, moins cher qu’en Chine! Nos grandes marques de fringues; c’est là-bas qu’elle font leurs marges sur la vie, la santé de ces femmes. Il faut une catastrophe pour qu’on en parle.Monsieur BAYROU qui trouve le Code du travail français tellement lourd et tellement fastidieux comparé au code du travail suisse pourrait se pencher sur celui du bengladesh encore plus léger et pas trop pénible à déchiffer pour les chefs d’entreprise surbookés.

Il n’y a pas de paragraphe sur la santé et la sécurité au travail, pas une ligne sur les pauses obligatoires, rien sur les accidents du travail.  C’est à ça qu’on mesure ce qu’est la construction patiente d’un Code du travail, un minimum protecteur pour les salariés. C’est ce Code du travail là que le MEDEF veut démolir, avec l’ANI il a franchi une étape. Le Bengladesh voilà un modèle pour un coût du travail compétitif, où le patronat est libéré des rigidités sociales et de toute judiciarisation ! Toutes les marques européennes de textile ont trouvé là un havre de "liberté entreprenariale" et elle ne s’en privent pas.

Espérons que cette catastrophe serve au moins à ce que là-bas un employeur soit contraint à un minimum de normes sociales et qu’on ne livre plus des jeunes filles de 10 ans à la mort pour un salaire de 30€ par mois.

Dans nos médias dénonciatrices des turpitudes on n’a pas cherché à savoir les sommes que Mango, Benneton et les autres faisient sur les vêtements fabriqués par les ouvrières de DACCA. Des étiquettes des marques qui font de la pub ont été retrouvées sur les lieux du crime.

Comment pourrions-nous d’ici transmettre nos condoléances aux familles et notre solidarité avec celles et ceux qui ont survécu?

Si nous ne faisons pas ce minimum là nous sommes indignes de nous réclamer des luttes sociales et d’une quelconque conscience de classe.

 
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Publié par le mai 10, 2013 dans Asie, Economie, femmes, société

 

L’austérité ne fonctionne pas, interview de Daniel Cohen, « On s’impose une saignée absurde, digne des médecins de Molière »

Depuis longtemps bon nombre d’économistes dénoncent l’austérité et sa spirale fatale, ubuesque, on augmente les impôts et on pèse sur les dépenses publiques, ce qui affecte l’activité économique  et donc les rentrées fiscales… Cette austérité est attribué à l’Allemagne ce qui est de fait un moyen de ne rien faire sinon manifester sa mauvaise humeur… En fait il y a d’autres problèmes, ici est pointé l’un d’entre eux, le rôle de la commission, c’est-à-dire de fait toute la construction européenne et en particulier la zone euro. Le seul instrument de régulation de cette zone est en effet monétaire et il est en fait partiellement inopérant même si la BCE baisse les taux d’intérêt à un prix plancher parce que nous sommes dans une conjoncture de crise et pas dans une situation porteuse dans laquelle on craindrait la surchauffe de l’inflation. Cet entretien est intéressant même s’il demeure limité à certains aspects alors que nous sommes devant une crise systémique et qu’un "répit" d’un an ne signifie pas grand chose. (note de Danielle Bleitrach)

L’objectif des 3% de déficit a été abandonné par la Commission. Pour Daniel Cohen, professeur d’économie, il était temps de comprendre que l’austérité ne fonctionne pas.

Daniel Cohen (Pascal Riché/Rue89)

L’objectif des 3% de déficit budgétaire attendra un peu. Constatant que l’austérité ne fonctionne pas, la Commission européenne a accepté de donner un peu plus de temps à certains pays pour réduire leurs déficits.

Pour la France, elle prévoit désormais un déficit public de 3,9% du PIB cette année et de 4,2% du PIB l’an prochain.

Pour Daniel Cohen, professeur d’économie à l’Ecole normale supérieure et directeur du Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap), il n’était que temps de voir la Commission, jusque-là arc-boutée sur son chiffre fétiche de 3%, comprendre qu’elle était dans l’erreur.

Entretien parfois ardu, mais éclairant pour qui s’intéresse aux blocages économiques actuels.

  1. « En finir avec l’obsession des 3% »
  2. « Lever le blocage allemand sur le MES »
  3. « Il faut augmenter les salaires outre-Rhin »
  4. « La sortie de l’euro, question prématurée »

En septembre, dans Les Echos, vous mettiez en garde contre le risque que faisait peser sur l’économie la poursuite de l’objectif 3% de déficit public en temps de quasi-récession.

Vous disiez : « Nous sommes en train de créer de toutes pièces une crise artificielle. Il est grand temps de désarmer ce piège dans lequel nous allons tous tomber collectivement en 2013. »

Est-on tombé dedans ?

Complètement. Quand j’ai dit cela en septembre, la controverse suscitée par la note du FMI sur la mesure des effets de l’austérité n’avait pas encore eu lieu. Ce qu’on a appris, depuis lors, c’est à chiffrer l’impact de l’austérité.

La réduction des déficits en % du PIB

Aujourd’hui, l’objectif qui consiste à passer d’un déficit de 5,3% du PIB fin 2011 à un déficit à 0% en 2017 oblige à une purge cumulée de 5 points de PIB. C’est un effort monstrueux.

On peut se dire : c’est dur, mais la France doit de toute façon le faire. Le problème c’est que les effets macroéconomiques de cette purge conduisent, au bout du compte, à une course-poursuite entre les objectifs qu’on se fixe et les objectifs effectivement atteints.

Et cette course est perdante, elle est autodestructrice. Chaque fois qu’on augmente les impôts ou qu’on réduit les dépenses publiques, on affecte l’activité économique et donc les rentrées fiscales : il y a une déperdition énorme des efforts.

Le résultat effectivement atteint en bout de course, en termes de réduction du déficit, est inférieur de moitié à l’effort engagé. C’est ce que la Cour des comptes a chiffré dans son rapport d’octobre : en 2012 l’effort a été de 1,2% du PIB et le résultat de 0,7%.

En 2013, on a engagé un effort de 38 milliards, soit près de 2 points de PIB, mais on prévoit de passer de 4,8% à 3,7%, soit un point seulement de réduction !

Avant la crise, selon les calculs du FMI, lorsqu’on réduisait notre déficit de 1 point de PIB, on réduisait la croissance de 0,5 point. C’est ce que l’on appelle le « multiplicateur ». Avec un taux de prélèvement obligatoire d’environ 50% du PIB, il y a donc une déperdition, en termes de recettes publiques, de 0,25 point de PIB. L’effort initial de 1 point se traduisait donc par un résultat effectif de 0,75.

Mais le FMI s’est rendu compte qu’en réalité, pendant cette crise, l’impact de l’austérité sur la croissance était trois fois plus important : le multiplicateur n’est plus de 0,5, mais peut-être de 1,5. Cela peut s’expliquer : les gens changent de comportement, ils tirent moins sur leur épargne, les entreprises freinent leurs investissements, etc.

Ce qui est frappant, c’est qu’on retrouve le « multiplicateur » constaté dans les années 30, qui était aux Etats-Unis de 1,6.

Tout est chamboulé, donc…

Oui. Refaites le calcul : un effort budgétaire et fiscal d’un point de PIB se traduit par une amputation de la croissance de 1,5 point, ce qui entraîne une déperdition pour les recettes de 0,75 point. Et au final, le déficit n’est donc réduit que de 0,25 point de PIB.

La conclusion, c’est qu’il n’est pas du tout efficace de faire de la rigueur en période de crise…

C’est ce que toute la science économique nous a appris depuis les années 30 : il ne faut pas faire de rigueur en période de crise. Il faut faire de la rigueur en période de croissance, et laisser filer les déficits en période de crise.

On le savait, mais ce dont on avait perdu l’idée, c’est que dans des périodes de crise extrême, tous les mécanismes d’autorégulation de l’économie auxquels ont s’était habitué ne fonctionnent plus.

Un débat a eu lieu entre les économistes de la Commission européenne, derrière Olli Rehn [le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, un Finlandais, ndlr] et l’économiste en chef du FMI Olivier Blanchard sur ces paramètres-là.

Les premiers continuent à affirmer que les économies peuvent parfaitement absorber les chocs budgétaires. Ils donnent des exemples de stabilisations budgétaires du passé : la Belgique, l’Irlande, la Suède dans les années 90… Mais ces exemples concernent des cas isolés, des politiques menées dans une conjoncture porteuse.

Là, on parle d’une rigueur menée par tous les pays européens. En période de crise. Et pour contrebalancer la rigueur budgétaire, il n’y a aujourd’hui aucune marge de manœuvre du côté de la politique monétaire : les taux sont déjà au plancher. Cette purge vient au pire moment, on est en train de s’imposer une saignée absurde, digne des médecins de Molière.

Qu’aurait-on dû faire pour éviter le piège ?

A minima, on aurait dû s’entendre pour changer le thermomètre, les fameux 3%… Je le répète depuis le début : cassons cet objectif absurde et sans aucun intérêt que sont les déficits courants, et raisonnons uniquement en termes de « déficits structurels », c’est-à-dire corrigés des effets de la conjoncture sur les rentrées fiscales.

Un déficit corrigé des effets de la conjoncture, ça se calcule comment ?

Le dernier livre de Daniel Cohen
« 5 crises, 11 nouvelles questions d’économie », cosigné avec Philippe Askenazy, éditions Albin Michel, 800 pages, 24 euros.

Tout le monde sait le faire. la Cour des comptes, par exemple, fait le faire : elle considère qu’on sera cette année, en France, à 2% de déficit structurel et à 1% en 2014.

Mais chacun le calcule un peu différemment, et il suffit donc de se mettre d’accord sur une méthode.

On va devoir le faire, car le nouveau traité prévoit un objectif de déficit structurel [de 0,5%, ndlr].

Une méthode, toute bête, celle que je propose à mes élèves, c’est dire : vous remplacez les rentrées fiscales telles qu’elles s’observent aujourd’hui par les rentrées fiscales qui s’observeraient si le taux de croissance valait la moyenne des cinq dernières années…

Le plus simple, ce serait que la commission établisse un taux de croissance potentielle, pour chaque pays, pour les cinq prochaines années – en France, ce serait 1,5% ; en Pologne, 3%, etc.

Pourquoi ça bloque ?

Ce qui bloque, ce sont plusieurs facteurs. Le premier, c’est l’héritage du traité de Maastricht qui fixait cet objectif de 3%, alors même que chacun savait que c’était idiot : il est trop laxiste en période de croissance, et trop rigoureux en période de récession.

Retrouver Maastricht, alors même qu’on se prépare à passer à un nouveau régime, est devenu un nouveau totem. Même la France a accepté de jouer sa crédibilité sur cet objectif de déficit courant.

La commission a une responsabilité en ce domaine, à s’être longtemps obstinée sur ce chiffre. Olli Rehn est devenu la risée de tous les économistes, Paul Krugman l’a rebaptisé le « Rehn de la terreur »

L’annonce de la Commission européenne, qui donne à la France un délai de deux ans pour réduire son déficit, marque-t-elle un tournant ?

C’est une très bonne nouvelle ! Face à une crise qui se révèle beaucoup plus sévère que prévue, il semble enfin que la Commission entende la voix de la sagesse. Olli Rehn, en publiant les nouveaux pronostics sur la croissance européenne, a une nouvelle fois révisé à la baisse les perspectives de croissance pour 2013 et 2014 et annonce qu’il est prêt à reporter à 2015 l’objectif de réduction sous les 3%.

Ce faisant, il fait évidemment un pas dans la bonne direction. Mais ce qui est cocasse, c’est que la Commission reste quand même attachée à ce thermomètre des 3%, au lieu de passer directement et exclusivement à un raisonnement en termes de déficit structurel.

A vous écouter, ceux qui disent que la clé de la crise est en Allemagne se trompent. La clé est à la Commission ?

C’est un mélange : la Commission est responsable de la situation, les Allemands sont complices. Ils ne proposent pas de nouveau débat sur ces questions. Et la France, de son côté, n’ose pas porter ce débat, par peur de perdre sa crédibilité en donnant l’impression de vouloir casser le thermomètre pour masquer ses échecs. Résultat, tout le monde subit cette crise sans broncher.

La France et les autres pays ne se taisent-ils pas parce qu’ils ont peur que les marchés les sanctionnent en leur imposant des taux d’intérêt supérieurs ? La « terreur par le spread ?

Oui, ils ont l’impression que le premier qui bouge est celui qui va perdre. C’est pour cela que c’est à la Commission de bouger, de prendre ses responsabilités, de changer le thermomètre au nom du réalisme et de l’intelligence économique.

Les Allemands, eux, sont coupables par omission. Ils portent une bien plus grande part de responsabilité dans la crise, mais sur un sujet différent.

 
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Publié par le mai 6, 2013 dans Economie

 

Le débat sur l’Allemagne par Jacques Sapir

4 mai 2013

 

La question de la politique allemande divise fortement le PS et, au-delà, une large partie de la gauche réelle. Elle est aussi révélatrice de la structuration de l’imaginaire d’une bonne partie des élites françaises depuis le désastre de 1940, à lire les réactions d’un Copé ou d’un Fillon. À l’UMP, parti « attrape-tout » de la Droite française, sous les proclamations d’un attachement au gaullisme, on sent bien que Munich et Vichy sont toujours bien présents. Cette « question » de l’Allemagne sert de révélateur à un état d’esprit constant dans la classe dirigeante. C’est en cela que ce débat, ou ce qui en tient lieu, est intéressant. Mais, comme toujours, sous l’écume des mots se cache un véritable débat.

Où le PS, et quelques autres, se ridiculisent.

Ce dernier à pris l’apparence d’une attaque contre la politique de Mme Merkel en Allemagne. Mais, un débat s’est invité dans le débat ! Le PS a ouvertement rompu avec les propres règles de démocratie interne qu’il avait fixées. La direction de ce parti refuse le droit d’expression à son aile gauche[1]. Cela n’étonnera personne ; dans l’expression « social-démocrate » nous avons deux mensonges pour le prix d’un. Le PS n’est plus un parti « social », dans la mesure où il accepte tous les reniements et il n’est certainement plus un parti « démocrate » pour la raison que, pour faire accepter ces dits reniements, il doit renoncer à la démocratie dans ses propres rangs. Ayant fait les frais des pratiques de ce parti dans le passé, je n’en suis nullement surpris. Je suis par contre étonné que d’aucuns puissent être encore surpris par les pratiques qui sont sommes toutes habituelles du PS.

Revenons au principal du débat, ou à ce qu’il devrait être. Le texte initial de la majorité du PS stigmatisait fortement l’Allemagne et Mme Merkel. Suite à une intervention de la Présidence de la République et de l’Hôtel Matignon, c’est une version très affadie qui a en définitive été adoptée. On jugera sur pièce. Cependant, la proposition de l’aile gauche du PS, n’est pas, elle non plus, précise. Elle propose un « traité social européen », une « suspension du pacte de stabilité », un « plan de relance » à l’échelle européenne et le refinancement massif des dettes publiques par la Banque Centrale Européenne. On a du mal à comprendre pourquoi un tel texte a été censuré. Ces propositions sont celles qui sont traditionnellement mises en avant par le PS depuis des années avec le succès que l’on sait ! De manière symptomatique les auteurs de ce texte ne font aucun effort pour chiffrer leurs propositions. L’eussent-ils fait qu’ils s’apercevraient qu’elles sont irrecevables pour l’Allemagne (et des pays comme l’Autriche ou la Finlande). C’est bien gentil quand on fait partie d’une collectivité de dire « il faut faire ceci ou cela » mais si l’on ne regarde pas les montants, le poids de ceux-ci sur d’autres membres de la collectivité, on n’a guère de chance de voir son projet appliqué. Dès lors, la seule fonction de ces propositions ne peut être que de se laver les mains et de garder une conscience propre, en sachant que jamais ces propositions n’aboutiront. Les centaines de milliers de chômeurs qui sont venus rejoindre les millions déjà existants apprécieront.

D’une certaine manière le Parti de Gauche, pourtant fort critique vis-à-vis du PS participe de cette mascarade. On tonne contre Mme Merkel, on affirme qu’il faut résister à l’Allemagne, mais l’analyse de la position du gouvernement allemand relève plus du fantasme que de la réalité. On a déjà eu l’occasion de critiquer les outrances des Jean-Luc Mélenchon sur ce point, et de souligner à quel point elles traduisaient une profonde incohérence d’analyse et de programme[2]. C’est cette incohérence qui l’oblige justement à hausser le ton, comme seront tout aussi obligés les responsables de la gauche du PS s’ils veulent se faire entendre.

La réalité du problème de la politique des gouvernements allemands depuis 2000.

Ces prétendus débats n’ont pas d’autre fonction que d’occulter celui que l’on doit mener sur la réalité de la politique des gouvernements allemands depuis plus de dix ans. Il faut en effet, pour comprendre les enjeux réels de ce débat, revenir sur l’histoire (relativement) récente. De 2000 à 2003, le gouvernement dirigé par le SPD a mis en place l’équivalent d’une dévaluation interne de 10% en Allemagne en transférant sur les salariés une part des charges des entreprises. Le déficit commercial s’est alors transformé en un excédent massif car les coûts des entreprises ont diminué et la demande intérieure allemande aussi. L’Allemagne a, en conséquence, développé un excédent commercial important au détriment des principaux pays de la zone Euro. Cette politique a précipité la crise de l’Euro, bien plus que les malversations budgétaires de la Grèce, en créant un déséquilibre brutal et profond au sein de la zone Euro. Elle appelle cependant deux remarques.

Tout d’abord, elle prouve que l’Euro n’empêche nullement des politiques non-coopératives, ce que les économistes appellent des politiques exploitant ses voisins ou beggar-thy-neighbour. Tous les discours qui furent tenus pour justifier la mise en œuvre de l’Euro au nom de la volonté d’éviter des dévaluations compétitives s’effondrent alors, car ce qui fut pratiqué par le gouvernement allemand à l’époque, et un gouvernement SPD notons le bien, fut une dévaluation compétitive à laquelle les partenaires de l’Allemagne n’ont pu répondre fautes de disposer de la flexibilité monétaire en raison de la monnaie unique. Ensuite, cette politique n’était pas imitable par les autres pays, ce qui réduit à néant l’argument selon lequel il nous faudrait imiter les allemands. En effet, si en Europe nous avions tous comprimé nos demandes intérieures et diminué les coûts des entreprises, le résultat commercial aurait été nul, mais le résultat économique aurait été profondément désastreux. L’Europe aurait connu dès cette époque (2004) la dépression qu’elle connaît aujourd’hui. Autrement dit, le gouvernement allemand a pratiqué ce que l’on appelle une politique de « passager clandestin » en Europe. Voilà qui tranche avec le monde des bisousnours dans lequel baignent tous les euro-béats du PS et d’ailleurs.

Trade balance

CompetitivitéSources: Base de données de l’OCDE

Dire cela n’est pas faire de l’anti-germanisme primaire, mais simplement rappeler les faits. Il faut alors chercher à comprendre les causes de cette politique. Qu’il y ait eu une volonté de favoriser les grandes entreprises, et ce que l’on appelle rapidement le « grand capital » allemand est évident. La part de la richesse accumulée par le 1% le plus aisé de la population est très élevée en Allemagne, et correspond à peu de choses près au niveau britannique. D’ailleurs, le développement d’une pauvreté de masse en Allemagne est là pour nous le rappeler. Mais il faut aussi regarder certaines des contraintes spécifiques pesant sur ce pays, et en premier lieu la contrainte démographique. L’Allemagne est appelée à se dépeupler. Elle ne peut garantir le montant futur des retraites que par l’accumulation d’excédents importants. C’est pourquoi croire que l’Allemagne pourrait « spontanément » revenir sur cette politique est une profonde illusion.

Les alternatives possibles.

Dès lors, dans une telle situation, quelles sont les alternatives possibles ? Nous pouvons accabler l’Allemagne de demandes pour que les salaires soient massivement augmentés, et pour qu’une politique de transferts budgétaires soit mise en place. Mais il en sera de ces demandes comme des sempiternelles demandes concernant l’Europe sociale. Elles ne seront suivies d’aucun effet, si ce n’est d’accroître de manière considérable la frustration des personnes qui honnêtement suivent une telle politique. Car nous ne sommes pas dans un monde de bisousnours, n’en déplaise au PS, où il suffit de demander pour être exaucé.

Nous pourrions aussi envahir l’Allemagne et demander, par la force de notre armée, que nos demandes – que nous considérons comme légitimes naturellement – soient prises en considération. Il est certain que si une compagnie de chars Leclerc encerclait le siège de la BCE à Francfort ceci aurait quelques effets sur la politique de cette institution. Mais est-ce cela que l’on veut ? C’est heureusement une hypothèse encore plus illusoire que la première alternative. Néanmoins, cette « solution » est dans la logique des discours qui sont aujourd’hui tenus, et dont leurs propres auteurs ne mesurent pas ce que leurs propres mots impliquent. Si, effectivement, les demandes que nous soumettons au gouvernement allemand sont légitimes, et si nous sommes confrontés à des fins de non-recevoir qui elles ne le sont pas, alors il serait logique d’user de la violence. Car, dans un monde où prédominent les rapports de force la violence de la politique du gouvernement allemand par rapport aux autres pays européens appelle logiquement en retour la violence de ces derniers vis-à-vis de l’Allemagne.

Mais, heureusement, il existe une troisième alternative. Nous pouvons agir de façon telle que, quelle que soit la position du gouvernement allemand, nous obtiendrons satisfaction, et ceci sans violence et sans chercher à obtenir par la contrainte ce que nous ne pouvons obtenir par la négociation. Cela est parfaitement possible. Il suffit de sortir de l’Euro et de dévaluer notre monnaie retrouvée. Cette solution peut d’ailleurs être appliquée par l’ensemble des pays de l’Europe du Sud. Il est intéressant de savoir que le fondateur de l’équivalent du Front de Gauche en Allemagne, Die Linke, Oskar Lafontaine, vient de se rallier spectaculairement à cette option. Les raisons pour lesquelles celui qui fut, en tant que dirigeant du SPD, un des plus fervents promoteurs de l’Euro à pris une telle décision sont les mêmes que celles que nous avons exposées ici : la compréhension des limites intrinsèques de la monnaie unique et la volonté de trouver une solution sans violence.

Voici donc quel devrait être le débat sur la politique du gouvernement allemand et les réponses que la logique nous dicte. Mais, pour cela, il faudra rompre avec les postures, les impostures, et les effets de manche, et cesser de considérer que nous vivons dans le monde des bisousnours. Vaste programme aurait dit quelqu’un…


[1] Voir, sur le Blog de G. Filoche le texte de la motion proposée par l’aile gauche du PS et exclue du débat par la direction du parti : http://www.filoche.net/#.UYA0OUma9G8.twitter

[2] Voir J. Sapir, « Mélenchon, l’euro et l’outrance », note publiée sur le carnet RussEurope, le 29 mars 2013, http://russeurope.hypotheses.org/1102

 
 

H&M PRATIQUE L’EVASION FISCALE AU BANGLADESH: 2 MILLIARDS D’EUROS DE PROFIT, 55 EUROS DE TAXES

La population du Bangladesh compte parmi les plus  pauvres du monde

H&M : 55 euros par an de contribution au développement de l’économie du Bangladesh

28/06/10 Chaque année les pays du Sud constatent avec impuissance le transfert à l’étranger de considérables sommes d’argent pourtant générées grâce à l’exploitation de leur force de travail. L’évasion fiscale pratiquée par la plupart des multinationales implantées sur leur territoire est responsable de la situation paradoxale dans laquelle ils se trouvent : tandis que les entreprises étrangères maximisent leurs profits en s’appuyant sur des coûts salariaux extrêmement bas, les pays hôtes se démènent avec une économie qui ne leur permet pas de satisfaire aux besoins fondamentaux de leur population. Les pratiques de la multinationale suédoise H&M au Bangladesh, un de ses premiers pays fournisseurs en textile, ne dérogent pas à la règle.

Selon ActionAid Suède, forte de ses 2 milliards d’euros de chiffre d’affaire[1], l’entreprise a déclaré n’avoir payé que 55 euros de taxe au gouvernement du Bangladesh en 2008[2]. Or, le total des taxes annuelles payées par H&M est évalué entre 10 540 euros et 420 000 euros, selon la méthode de calcul employée. Le seul chiffre d’affaire d’H&M est supérieur au budget annuel total du gouvernement bangladais. Tous les ans, un montant supérieur à la totalité de l’Aide Publique au Développement mondiale est ainsi perdu par les pays en développement en raison de l’évasion fiscale pratiquée par les multinationales.

L’ampleur du bénéfice produit par H&M résulte des marges colossales dégagées grâce à la différence de coûts entre le prix de fabrication du textile au Bangladesh et le prix de vente des vêtements dans nos pays. Ces marges sont en outre valorisées par la structure de la multinationale qui implique que les profits réalisés au sein des pays producteurs soient transférés auprès des pays consommateurs, notamment parce que l’achat des produits fabriqués au Bangladesh n’est pas officiellement facturé dans ce pays.

Malgré le fait que ces relations inégales et la logique d’exploitation qu’elles peuvent entrainer caractérisent souvent le fonctionnement d’une multinationale, certaines choisissent de promouvoir des codes de conduite qui ont vocation à responsabiliser leurs agissements. Ces codes de conduites, parfois très rigoureux sur certains aspects sociaux,  ne sont que très rarement appliqués.  Quant au risque d’évasion fiscale, il n’est quasiment jamais pris en considération au sein des différentes Chartes de Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) existantes.
Action légale ou action morale ?

Le groupe H&M rassemble des centaines de sociétés enregistrées dans plus de 40 pays. Ces antennes sont responsables de différentes activités liées à la vente de prêt à porter, notamment en Europe. Sur les 2 milliards d’euros de bénéfices de H&M, les profits réalisés grâce à la vente de vêtements fabriqués au Bangladesh ne sont pas officiellement enregistrés et ne peuvent donc pas être taxés dans ce pays. Un tel fonctionnement est rendu possible car le bureau de liaison de H&M à Dhaka n’est pas officiellement responsable des achats des produits fabriqués sur le territoire et ne réalise par conséquent aucun profit. Ce bureau – qui rempli pourtant concrètement les fonctions d’une centrale d’achat – n’enregistre des dépenses qu’exclusivement liées aux salaires, au loyer et à l’embauche de consultants.

La production de vêtements et d’autres textiles constituent la majorité des exportations du Bangladesh. Cependant, cette industrie bénéficie d’incitations fiscales extrêmement généreuses et de coût de production très bas. Par conséquent, si ce secteur est largement créateur d’emploi, seul un très faible pourcentage du capital investi profite finalement au pays.

En effet, les entreprises multinationales font pression sur les pays producteurs  afin qu’ils réduisent toujours plus leurs coûts de production, les laissant alors entrer en concurrence les uns avec les autres afin de pouvoir choisir,  souvent à la dernière minute, la localisation de leur production. Les opportunités d’embauches de la main d’œuvre locale liées à la production d’une multinationale sont considérées comme trop importantes pour ne pas être saisies. La course aux exonérations fiscales bat ainsi sont plein parmi les pays en développement. Or, outre ces exonérations, l’argent perdu par le gouvernement bangladais qui ne peut taxer les activités du bureau d’H&M à Dhaka constitue un manque à gagner dans le budget du pays et entrave ainsi la lutte contre la pauvreté au Bangladesh

Le Bangladesh est le septième pays le plus peuplé du monde, avec plus de 150 millions d’habitants. La population du Bangladesh compte parmi les plus pauvres et souffre régulièrement de malnutrition. Lors d’interviews effectuées par ActionAid au Bangladesh, de nombreuses personnes ont raconté ne pas avoir accès aux services publics essentiels. Cette absence de service public pénalise en priorité les femmes et les filles, qui sont les plus vulnérables et les premières marginalisées. De nombreux enfants ne sont pas scolarisés ou quittent l’école prématurément pour travailler. Les services de santé sont exclusivement financés par des dons privés. Enfin, les salaires des fonctionnaires ne suffisent pas pour vivre.

Pourtant, l’absence de taxation des revenus des multinationales dans ce pays est légale et il est donc impossible, à l’heure actuelle,  pour le gouvernement  et les autres acteurs nationaux ou internationaux engagés dans la lutte contre la pauvreté au Bangladesh, de réclamer une part des profits réalisés sur ce territoire. Or, comme le souligne Muhammad Faruk Khan, Ministre bangladais du Commerce, « Ce qu’ils [H&M] font est légal mais demeure tout à fait immoral ».


Lutter contre l’évasion fiscale des multinationales

Au sein de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), du G20 et de l’Union Européenne, des discussions sont en cours visant à interdire et empêcher l’évasion fiscale pratiquée par les multinationales. Un des projets, nommé « rapport de pays à pays », propose que toutes les dépenses et recettes réalisées par une multinationale dans un pays soient systématiquement déclarées aux autorités dudit pays. La deuxième proposition soumet l’idée que soient automatiquement échangées les informations relatives au régime fiscal des multinationales entre les différentes autorités compétentes au niveau international. La mise en œuvre de ces deux propositions rendraient plus difficiles les mouvements de capitaux liés aux profits des multinationales entre deux pays.


Peuples Solidaires soutien les demandes d’ActionAid Suède qui exhorte :

  • H&M      à prendre ses responsabilités en s’engageant à ce qu’une part      proportionnelle des profits qu’elle réalise dans les pays où sont      fabriqués et achetés ses produits soit taxée dans ces pays
  • Le      gouvernement suédois à soutenir activement ces deux propositions débattues      au sein de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique      (OCDE), du G20 et de l’Union Européenne.

Le Bangladesh est un pays en développement qui fait face à de nombreux défis, dont la lutte contre la pauvreté constitue un investissement quotidien. La possibilité de compter sur les revenus fiscaux liés aux activités des multinationales sur son territoire pourrait largement contribuer à donner les moyens au Bangladesh de relever ces défis et d’investir dans l’économie de son pays.

Particulièrement active quand il s’agit de communiquer sur sa politique de RSE, H&M a encore de nombreux progrès à faire dans ce domaine afin que ces engagements ne restent pas lettre morte. Sa réaction à l’égard du récent incendie meurtrier chez un de ses fournisseurs au Bangladesh est révélatrice du chemin qu’il reste à parcourir.
La responsabilité sociale d’H&M toujours en cause dans l’incendie meurtrier de Garib&Garib

Usine Garib&Garib après l’incendie meurtrier du 25 février 2010

Le 25 février 2010, vingt-et-un travailleurs, dont quinze femmes, ont perdu la vie dans l’incendie de l’usine Garib & Garib, à Gazipur au Bangladesh. Une cinquantaine d’autres ont été blessés, dont six grièvement, victimes de brûlures ou d’intoxications suite à l’inhalation de fumée.  Le 17 mars 2010, Peuples Solidaires et le Collectif Ethique sur l’étiquette lançaient un Appel Urgent (Appel Urgent n°334 : « Bangladesh : Nouvel incendie meurtrier ») révélant ce tragique incident et appelant à soutenir les demandes des victimes et des syndicats auprès des entreprises clientes de l’usine, dont H&M faisait partie.

La multinationale suédoise a répondu à l’ensemble des participants à notre Appel Urgent les informant des mesures prises suite à l’incendie, notamment dans le but d’indemniser les victimes et leurs familles. Si Peuples Solidaires et le Collectif Éthique sur l’étiquette se sont réjouis de l’implication de H&M, le modèle d’indemnisation retenu par l’entreprise fait l’objet de nombreuses critiques de la part des syndicats et organisations de travailleurs et ne peut, par conséquent, être considéré comme satisfaisant.

Le manque de sécurité au sein des usines de confection du Bangladesh représente un problème récurrent et structurel. Afin d’empêcher d’autres catastrophes dans l’industrie de l’habillement au Bangladesh, Peuples  Solidaires et le Collectif  Éthique sur l’étiquette[3] ont appelé l’ensemble des entreprises se fournissant en habillement au Bangladesh, dont H&M, à prendre mesures  proactives, durables et coordonnées[4] pour mettre un terme à ces problèmes structurels.

Ces mesures devraient être discutées en septembre 2010 lors d’une rencontre organisée à Dhaka, capitale du Bangladesh, rassemblant plusieurs entreprises étrangères se fournissant en textile dans ce pays. D’autre part, cette rencontre vise à contraindre les entreprises clientes de Garib&Garib, au premier rang desquelles H&M, à répondre aux attentes des syndicats, des organisations de travailleurs et des familles des victimes de l’incendie du 25 février 2010. Cette rencontre devrait être l’occasion pour H&M de mettre en œuvre une politique de responsabilité sociale réellement respectueuse de ses travailleurs et de ses propres engagements en la matière, et ainsi de contribuer au développement de l’économie du Bangladesh.


[1] Hors taxe.

[2] http://www.actionaid.se/press/pressmeddelanden-2010/100622

[3] Ainsi que leurs partenaires internationaux : la Clean Clothes Campaign, le Maquila Solidarity Network et l’International Labour Rights Forum.

[4] Cette liste de mesure a été établie en lien avec les syndicats bangladais et le Workers Rights Consortium (Etats-Unis), et sur la base de propositions formulées par la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir.

 
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Publié par le avril 30, 2013 dans Asie, Economie

 

« Les femmes dans les usines de IKEA en Asie travaillent entre 80 et 90 heures par semaine et ne reçoivent pas un salaire qui leur permet de vivre dignement »

Ikea-99907[1]A propos de ce qui vient de passer dans le Bengladesh, il ne suffit pas de dénoncer nos pratiques de consommation qui reposent sur l’exploitation de femmes et d’enfants mais de se rendre compte qu’il s’agit de ce que Marx appelait la plus value absolue (pour ces femmes) et la plus value relative pour les travailleurs occidentaux dont on fait baisser la valeur de la force de travail et donc la valeur tout court en faisant baisser le prix des produits qui entrent dans cette force de travail. Ce n’est pas une question morale c’est le profit et sa chaîne de prédateurs. Mais quand il s’agit d’Ikea c’est la totale, depuis le travail en Inde jusqu’à l’espionnage des travailleurs français et un capitaliste sympathisant nazi qui vit en Suisse pour ne pas payer d’impots… (note de danielle Bleitrach)

Voici un interview des auteurs belges d’un livre sur la multinationale IKEA. Cette analyse nous permet de comprendre comment il existe une chaîne de profit qui engendre misère et sous développement et correspond chez nous à des délocalisations. L’orogine du phénomène est donc non seulement les multinationales, mais surtout les rapports nord-sud, la colonisation européenne, puis le néo-colonisme derrière les Etats-Unis du nord sur le sud, nos modes de vie qui imposent une sortie du sous développement basée sur l’exploitation comme nous au XIX e siècle.

A partir de là J’interroge avec gravité les trotskistes de toutes obédiences, de la LCR à la Riposte sur leurs analyses, je souhaite l’alliance de tous les communistes, mais je veux savoir quel est notre camp?

Pourquoi avez vous entrepris avec quelque chose qui ressemble à de la haine de  dénoncer l’exploitation salariale en Chine uniqement, pourquoi le faite vous d’une manière totalement partisane. Premièrement vous mettez toujours en cause le gouvernement chinois et jamais d’abord le sous développement dont ce pays tente d’émerger, ensuite vous ne mettez jamais en cause les multinationales occidentales qui sont pourtant à l’origine du phénomène. Deuxièmement, vous ne mettez jamais en cause un pays comme l’Inde, sans doute à cause des alliances étasuniennes de ce pays. Enfin toujours dans votre haine du parti communiste chinois, vous ne soulignez jamais les efforts qui sont faits actuellement en Chine pour imposer aux entreprises étrangères syndicats et conditions de travail plus décentes. On mesure bien à travers ces exemples qui les trotskistes critiquent, le pays que désigne l’impérialisme en laissant tranquille multinationales et pays soumis à l’occident. Vous vous êtes déjà conduits comme cela avec Cuba, dans quel camp exactement êtes vous ? Quand tout cela aboutit à la LCR soutenant la propagande de Robert menard on peut s’interroger sur ce que cherche cette pseudo extrême-gauche ? Mais voyons plutôt les agissements de IKEA. Danielle Bleitrach

EL OBSERVADOR, publié par Rebelion Traduit de l’espagnol par Danielle Bleitrach

Avec leur livre « Ikea, un modèle démontable » les belges Olivier Baily, Denis Lambert et Jean-Marc Caudron ont fait tomber de haut une des multinationales les plus respectées et admirées dans le monde. Dans cette interview avec ELOBSERVADOR/.revistaelobservador.com les auteurs qui ont connu de première main la réalité des fabrications en provenance de Ikea en Inde, Vietnam et bangladesh, mettent le doigt dans la plaie des bases du géant de la décoration en interrogeant si il serait  possible qu’Ikea maintienne ses offres de prix bas dans les pays développés sans les conditions de travail misérable qui sont faites aux travailleurs de ses fabriques installées dans les pays du sud.

-Pour quelle raison avez-vous écrit ce livre ?

Nous avons voulu enquêter sur le responsabilité sociale des multinationales et nous avons décidé de commencer par la première du lot : Ikea, parce qu’il se disait que Ikea était l’entreprise la plus éthique et la plus environnementale, qu’elle était le symbole de la Responsabilité Sociale Corporative (RSC). Néanmoins, après peu de temps de travail nous avons compris que cela était faux. Il est évicent que Ikea a une bonne image, mais derrière cette image il y a les problèmes sociaux et économiques des travailleurs de ses fournisseurs du Sud. D’un autre côté, avec sa stature économique et symbolique, Ikea a toute possibilité d’améliorer les situations des travailleurs de ses fournisseurs.

- Avre-vous subi quelque sorte de pressions durant l’enquête ?

Non. Depuis le début nous avions un contact avec Ikea en Belgique et aussi au niveau international. Nous avons travaillé en totale transparence avec eux et jamais ils n’ont cherché à commenter notre travail. Ils sont les premiers qui ont lu les études que nous avons réalisé en Inde, au Vietnam et en bangladesh et ils sont les premiers à avoir lu le livre. Depuis la publication de cet ouvrage en Belgique, ils ont seulement envoyé un petit texte aux journeaux pour dire qu’ils ne souhaitaient pas faire de commentaires.

IKEA est une entreprise qui a répondu avec rapidité et gravité aux critiques sur l’exploitation du travail et la destruction de l’environnement de ce qui les accusait, jusqu’à quel point croyez-vous réels les changements réalisés par cette entreprise ?

Ce que nous pensons est que quand IKEA voit que son profit est en péril et peut subir des effets, il réagit rapidement. Mais nous portons un projet beaucoup plus fondamental, qui porte sur sa manière de faire du profit. Nous ne critiquons pas une petite partie de IKEA, mais le modèle entier, en commençant par son fondement qui est le prix bas. C’est beaucoup plus facile, plus visible, et bien meilleur marché de  renvoyer le fait sur la fabrication que de leur payer un salaire décent. Avec « IKEA, un modèle démontable » simplement nous avons analysé si avec les prix que IKEA paye ses fournisseurs il est possible de payer les travailleurs du Sud pour qu’ils puissent vivre décemment. Ce qui est contesté avec le Iway, le code de conduite que IKEA impose à ses fournisseurs, sans pouvoir donner des garanties que ce code minimaliste – les autres entreprises vont beaucoup plus loin dans leurs promesses- est respecté. C’est la raison pour laquelle nous avons fait porter notre enquête sur les conditions de travail dans les usines qui sont provoquées par IKEA en Inde, Bangladesh et Vietnam. Et les résultats montrent que le Iway s’il n’est même pas assez exigeant il n’est pas possible pour les fournisseurs de le respecter, en tenant compte de leurs propres pratiques de commerce avec IKEA. C’est ce qu’affirment les directeurs de certaines fabriques de commerce.

Est-ce que vous croyez que IKEA pourra apporter des changements s’il y avait des reportages et des investigations periodiques ?

Non. IKEA réagit quand il est critiqué. A cause de cela le travail d’interpellation des entreprises pour les consommateurs est tellement important. Si nous pouvions créer des points de solidarité entre les consommateurs et les travailleurs nous serions forts pour commencer un changement social et lutter contre la pauvreté.

IKEA se pique de transparence (en fait, c’est l’unique grande surface qui te laisse entrer dans l’entrepot) et néanmoins vous pensez que c’est une entreprise opaque, pourquoi ?

Elle ne garantit pas le respect et l’aboutissement de don code Iway. Sa structure de direction formée par une toile de fondations et de société est très opaque. Nous ne savons pas par exemple de combien sont ses bénéfices. Si on veut en savoir plus il faut voir sur les “Public Eye Awards 2007”.

Si l’on va dans les fabriques asiatiques du Bangladesh, Vietnam et de l’Inde, comment est la vie des travailleurs dans ces grands centres de production ?

Ce qui est le fait qui questionne le plus le modèle de IKEA est que les femmes de ces fabriques qui fournissent IKEA travaillent entre 80 et 90 heures chaque semaine et ne reçoivent pas un salaire qui leur permet de vivre avec dignité. Les conditions de vie sont très difficiles pour elles. Elles ne peuvent par exemple, manger de la viande plus de deux ou trois fois par mois. Elles sont payées le minimum légal : en Inde 37 euros par mois, au bangladesh 11 euros, au Vietnam 43 euros et il n’y a pas de syndicats ou elles perdent leur emploi.

Est-il possible alors que IKEA maintienne son offre de prix bas dans les pays développés sans maintenir des conditions de travail comme celles de ses travailleurs de fabriques pourvoyeuses ?

Les salaires ne représentent pas beaucoup du prix final d’un produit. Ils représentent beaucoup moins que la marge de bénéfice. Nous pensons – mais cette question nécessite qu’IKEA apporte des informations plus précises et IKEA a repoussé notre proprosition de faire une étude sur le sujet pour eux- que l’on pourrait améliorer les salaires des travailleurs de ses fournisseurs sans changer le prix final de ses produits.

Pourquoi le code de conduite de IKEA Iway est-il insuffisant ?

Parce qu’ils ne payent pas assez (aux fournisseurs) pour qu’ils puissent respecter ce code. Nous ne disons pas qu’il suffirait seulement de payer plus, mais que cela serait une condition nécessaire pour ce respect.

-Qu’est-ce qu’IKEA pourrait faire pour améliorer. Quelles sont ses propositions ?

IKEA doit garantir un salaire qui permettrait à ses travailleurs du Sud la possibilité de dépasser le seuil de la pauvreté, elle doit modifier ses pratiques de profit pour que les entreprises fournisseuses puissent respecter effectivement le Iway, elle doit accepter et garantir la liberté d’association syndicale enfin, Ikea doit accepter un contrôle indépendant et publier la liste de ses fournisseurs.

 
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Publié par le avril 29, 2013 dans actualités, Asie, Economie, Europe

 

Poutine révèle que les privatisations russes ont été faites avec des membres de la CIA comme conseillers

Pourquoi s’en seraient-ils privés (la CIA) vu les conditions dans lesquelles s’est organisé le démantèlement de l’Union Soviétique, le plus étonnant est l’apparente candeur d’Anatoli Tchoubaïs… (DB)

Anatoly Chubais

Anatoli Tchoubais

MOSCOW, 26 avril – Les réformes menées dans les années 1990 par Anatoli Tchoubaïs étaient supervisées par des agents de la CIA, qui se faisaient passer pour des conseillers de ce dernier, a déclaré jeudi le président russe Vladimir Poutine lors de sa traditionnelle séance de questions-réponses en direct avec la population.   "Dans l’entourage d’Anatoli Tchoubaïs il y avait (…) des agents de la CIA américaine. Mais le plus drôle est que lorsqu’ils sont rentrés aux Etats-Unis, ils ont été jugés pour avoir violé les lois de leur pays en s’enrichissant lors de la privatisation en Russie, ce qu’ils n’avaient pas le droit de faire en tant qu’officiers de la CIA", a indiqué le chef de l’Etat russe sans préciser les noms de ces derniers.   Au milieu des années 2000, Andrei Shleifer, présenté à l’époque comme un professeur d’économie à l’université d’Harvard, et un ancien juriste de cette dernière, Jonathan Hay, ont été jugés à Boston, accusés de s’être servis de leurs fonctions professionnelles pour s’enrichir.    Les deux hommes avaient travaillé dans les années 1990 à Moscou et avaient consulté le gouvernement russe au sujet des privatisations qui se trouvaient à l’époque sous la responsabilité d’Anatoli Tchoubaïs.

Anatoly Tchoubais, qui a surpervisé la vague de privatisation massive de la Russie dans les années 1990et qui est considéré cimme un réformateurn  a déclaré ce vendredi que jusqu’à ce que  le président Waldémir Poutine l’ait dit hier à voix haute, il condérait toujours comme des rumeurs les allégations sur le fait que ses  conseillers étaient à l’époque les agents secrets des EU appartenant au  Service de renseignements Central (la C.I.A.)r.

"J’entendais souvent ces propos  et au cours de conversations informelles, je les ai considérés  alors comme des rumeurs" .

d’après l’agence tusse, ria novosti.

 
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Publié par le avril 26, 2013 dans Economie, histoire

 

Un Français sur deux vit avec moins de 1610 euros par mois

le 24 Avril 2013, l’Humanité

 Précarité-Carcassonne-ul-Myop-8071[1]Trois études de l’Insee publiées aujourd’hui montrent que, sous l’effet de la crise, le niveau de vie de la majorité de la population stagne ou recule, tandis que les plus riches continuent de s’enrichir. Le taux de pauvreté dépasse les 14 %.

En brossant un paysage des inégalités en termes de niveau de vie, en France, en 2010, une des trois études que l’Insee rend publiques aujourd’hui (1), valide par les chiffres une réalité subie par les plus fragiles.

Même si 2010 signe, après le recul de 2009, une légère reprise de l’activité économique, « le niveau de vie de la majorité de la population stagne ou baisse », introduit l’Insee. Et la persistance des inégalités entre les ménages les plus riches et les ménages les plus modestes reste criante. Ainsi, le taux de pauvreté monétaire, c’est-à-dire le nombre de personnes vivant dans un ménage dont le niveau de vie est en dessous du seuil de pauvreté (964 euros/mois) est passé de 13,5 % en 2009 à 14,1 % de la population en 2010, soit 440 000 personnes de plus. Cette hausse de la pauvreté, qui impacte à plus forte raison les retraités, les étudiants et les chômeurs, « touche particulièrement les familles », rappelle l’Insee, qui chiffre à 2,7 millions le nombre d’enfants qui grandissent dans des familles pauvres, en hausse de 278 000.

Moins de 10 430 euros par an pour les plus pauvres

Par ailleurs, le niveau de vie médian, au-dessus et en dessous duquel se situent 50 % des Français, a chuté de 0,5 % (et seulement 0,3 % pour les plus riches) entre 2009 et 2010, pour atteindre 19 270 euros annuels (1 610 euros/mois). Les 10 % les plus pauvres survivent avec moins de 10 430 euros par an quand les 10 % les plus riches cumulent au moins 36 270 euros annuels. Un rapport de 1 à 3,5.

En comparant les effets de la crise actuelle à ceux des précédentes, l’Insee souligne que, si « le précédent ralentissement économique au début des années 2000 avait également pesé sur le niveau de vie du plus grand nombre, la crise actuelle affecte cette fois plus spécifiquement les personnes modestes ». Les 1 % les plus riches, eux, continuent de s’enrichir, grâce, entre autres, aux revenus de leur patrimoine, qui expliquent, en partie, la hausse de près de 5 % de leur niveau de vie en 2010.

Malgré tout, l’étude pointe que le système de protection sociale français, via le versement de prestations familiales, allocations logement, minima sociaux, a permis d’amortir la paupérisation des couches populaires. L’explosion du chômage a fait chuter la part des revenus du travail dans les ménages les plus modestes, augmentant mathématiquement celle des prestations sociales. Mais leur faible revalorisation menace plus que jamais les plus fragiles.

Plus de pauvres et des riches plus riches, cette étude de l’Insee matérialise une nouvelle fois, la fracture sociale d’un pays malade de ses inégalités.

(1) « Les revenus et le patrimoine des ménages ». Collection Insee Référence. 170 pages. 19,30 euros.

Inégalités chez les seniors. Depuis 1996, le niveau de vie des 65 ans et plus a évolué parallèlement à celui des personnes d’âge actif. Mais des inégalités fortes existent à l’intérieur de cette catégorie. Ainsi, les « nouveaux retraités » voient leur niveau de vie progresser plus vite que leurs aînés, qui sont souvent des femmes seules, qui ont peu travaillé et dont les pensions sont très faibles. En 2009, selon l’Insee, cet écart était de 11 %. Par ailleurs, les revenus du patrimoine augmentant pour les plus riches des seniors, la baisse des petites pensions creuse l’écart et paupérise les plus fragiles.

  • Lire aussi :

L’austérité mine  la santé des plus pauvres Témoignage : « Non, je ne veux pas que mes enfants mendient » La précarité crainte par 75% des Français

 
 

Austérité : le grand mensonge

Lundi 22 Avril 2013 à 14:50 |
Christine Lagarde, directrice du FMI en conférence à Washington - FLIGG ALYSON/SIPAUSA/SIPA

Christine Lagarde, directrice du FMI en conférence à Washington – FLIGG ALYSON/SIPAUSA/SIPA
Au bout de combien d’erreurs d’analyses, les experts – économiques en l’occurrence – sont-ils discrédités, délégitimés, rayés de la carte ? En d’autres termes, combien de fois faut-il démontrer qu’ils se fourvoient pour que leurs études ne fassent plus autorité, pour que leurs travaux ne servent plus de dogme infaillible à telle ou telle chapelle politique ? Bref, pour qu’ils ne puissent plus se prévaloir du titre d’expert ?
C’est bien ainsi qu’il convient désormais de poser la question. Voici quelques mois, les plus grands experts du Fonds Monétaire International (FMI) avaient admis s’être trompés :  leurs travaux avaient sous-estimé l’impact récessionniste des politiques d’austérité, surtout quand celles-ci sont menées à forte intensité au même moment dans plusieurs pays d’une même zone géographique.
Pour le dire autrement : oui, l’austérité, appliquée aveuglément dans la plupart des pays d’Europe, ajoute de la crise à la crise.
Le campus d'Harvard - FLIGG ALYSON/SIPAUSA/SIPA

Le campus d’Harvard – FLIGG ALYSON/SIPAUSA/SIPA
Cette fois, ce sont deux économistes américains, Kenneth Rogoff et Carmen Reinhart, deux professeurs émérites de la célèbre université d’Harvard, qui viennent de reconnaître leur erreur.
Leur thèse était aussi séduisante qu’implacable :  une dette publique, lorsqu’elle dépasse le seuil fatidique de 90% du produit intérieur brut (PIB) provoque un effondrement de la croissance. En vertu de quoi, tous les pays devaient d’urgence se désendetter.
Donc, hausse d’impôts et baisse des dépense publiques pour tout le monde.
Les conclusions de leurs travaux, jamais remises en cause, avaient ainsi servi de boussole aux plus grandes institutions financières de la planète pour justifier des politiques de réduction drastique des dépenses publiques. Sauf que tout était faux !
Un jeune étudiant américain, Thomas Herndon, à la demande de son professeur, M.Pollin, a passé des heures et des heures à tenter de refaire la démonstration de Rogoff et Reinhart. En vain. Et pour cause : elle était truffée d’erreurs.
Dans une lettre datée du 17 avril, le professeur Rogoff a reconnu sa faute  et promis qu’il « redoublerait d’efforts pour éviter, à l’avenir, de telles erreurs ». Entretemps, des millions d’emplois – publics et privés – ont été détruits sur la foi de ce type de travaux et la crise, économique et sociale, n’a fait que s’aggraver.
Ces nouvelles révélations interviennent au moment précis où le G2 – qui n’a pas peur du ridicule – exhorte désormais la zone euro à tourner la page de la rigueur – après lui avoir intimé l’ordre de l’appliquer avec la plus grande fermeté. Plus burlesque encore : l’agence de notation Fitch vient, après Moody’s, de retirer à Londres son triple A.
Et devinez pourquoi ? Parce que le plan d’austérité qu’applique à la schlague David Cameron, le premier Ministre anglais, détériore gravement les performances de l’économie britannique et sans désendetter d’un centime l’Etat anglais.
Or, cette politique n’a été menée que pour satisfaire les marchés financiers et leur bras armé, les agences de notation, en se basant sur des travaux économiques politiquement orientés et scientifiquement erronés.
Maintenant que le grand mensonge est dévoilé, on continue comme ça ou on arrête les frais ?
 
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Publié par le avril 22, 2013 dans actualités, Economie

 

J.F.Khan: Copé n’aurait-il pas tort ? ..

Le tweet de Jean-François Kahn – Sur la transparence, Jean-François Copé a raison : vérifiez si c’est vrai

Publication: 09/04/2013 15:08 CEST  |  Mis à jour: 09/04/2013 15:08 CEST

Kahn Cope

Eh bien oui, Jean-François Copé n’a pas tort. Il y a, dans cette course convulsive à la transparence, dans cet affichage du nombre de fourchettes en argent, de bijoux hérités de sa grand-mère et des comptes à la Banque Postale que l’on possède (alors que l’on continue à garder secret le nom des plus gros fraudeurs), un côté voyeuriste qui ressemble fort à une diversion.

La preuve : en février, le déficit de nos comptes publics (et aussi celui de notre commerce extérieur) s’est creusé alors même que la politique économique menée par M. Moscovici, qui dope le chômage et assassine la croissance, est censée tendre au rétablissement de l’équilibre de nos comptes publics. Echec total donc. Mais ça passe au second plan.

Ou encore : voilà peut-être la nouvelle la plus importante de la journée bien que les médias – et pour cause – ne l’ait nullement mise en valeur. Le front Al-Nosra, qui mène la lutte armée à l’intérieur de la Syrie, qui multiplie les attentats et a remporté les principaux succès de l’opposition, a reconnu qu’il constituait une branche d’Al Qaeda et entendait instituer un khalifa islamique.

Voilà donc ceux à qui notre président voulait que l’on livre des armes et entre autres des missiles sol-air. Or, cette information fera pschitt, ni vu ni connu, grâce au psychodrame de la transparence.

Du coup, Jean-François Copé annonce que, contrairement à Fillon, il ne publiera pas l’état de son patrimoine.

 

deux ou trois choses que l’on peut retirer des "affaires" par Danielle Bleitrach

2fdc8e05-7f02-4dbe-91bf-000000000297[1]je viens d’écouter Edwy Plenel sur BFMTV? il y a plusieurs points que je partage totalement, du plus superficiel au plus profond. Il commence par refuser "la rumeur’, les nouvelles n’existent que quand nous les publions, et qu’après vérification nous prenons nos responsabilité.

Distinguer la rumeur du journalisme et énoncer un mode vertueux de la pratique de ce métier, est-ce bien réaliste ?

1) d’abord la conception du journalisme qu’il énonce… De l’artisanat à partir des faits et des faits seulement… Il y a quelques contradictions qu’il souligne entre cette conception d’un métier et la réalité des systèmes de propagande liés à des trusts et  monopoles soit par leurs propriétaires, soit par leur dépendance à l’égard de la publicité. Cependant il peut y avoir un bémol avec le repect des faits et le refus de la rumeur qui exploite le sensationnel. Pourtant on aurait tort de limiter à un problème moral ce qui relève aujourd’hui des conditions de production de l’information. La concentration de la presse, le poids des secteurs capitalistiques qui correspond d’ailleurs à une concentration des nouvelles à 90% dans les pays occidentaux joue non seulement dans l’orientation de ce qui peut ou ne peut pas être publié en fonction des "intérêts", mais également ce qui se vend…

2)Bref, au positif nous avons un personnage apparu bien des fois, le petit juge avec les mains propres… Là ce serait plutôt grâce à internet un personnage proche de celui qui dans les villes de l’ouest américains avec une presse faisait un journal qui dénonçait les turpitudes locales… Ce personnage là notons-le va avec celui du juge de la même région, du chasseur de prime, c’est le justicier qui pourrait être incarné par James Stewart… Que signifie cette américanisation de la société ? Je n’en sais rien…  Le fait que médiapart est apparu comme "différent" ne doit pas favoriser un nouvel engouement pour ce média, il faut continuer à exiger le respect du "métier" et juger sur pièces…

3)Le grand déballage sur la "moralisation" de la vie publique  témoigne de la panique alors qu’il s’agit d’un problème qui mérite un travail de fond… Et là, Edwy Plenel réoriente l’intérêt, il passe de l’affaire autour d’un homme, à l’étude d’institutions, en particulier une petite société financière Reyl&Cie qui permet de passer de Suisse à Singapour…Dominique Reyl était déjà une personnalité bien connue de la place financière genevoise. Après une carrière d’analyste financier à New York puis à Bruxelles, ce diplômé d’HEC avait créé en 1978 une société de gestion de patrimoine, la Compagnie financière d’études et de gestion, rebaptisée Reyl et Cie en 1988. L’établissement séduit ses clients en proposant des investissements dans des fonds de placement particulièrement lucratifs. Parmi les clients français de Reyl et Cie figurent certaines grandes fortunes françaises, comme Paul Dubrule, cofondateur du groupe Accor. A partir des années 2000, l’établissement entre dans une période de forte croissance et ouvre des filiales à Paris, Luxembourg ou Zurich. Depuis 2007, la masse des actifs qu’il gère a presque quadruplé, passant de 1,5 milliard d’euros à près de 6 milliards d’euros aujourd’hui.  L’affaire Cahuzac appartient à un ensemble institutionnel qui ne se met pas en mouvement seulement pour 600.000 euros.

4)Edwy Plenel refuse de répondre à la question sur les révélations et dit qu’il n’a jamais parlé d’avenir mais d’un séisme bien présent… A noter l’intervention pathétique de Nadine Morano qui a fait une déclaration contre la publication des patrimoines, elle minimise l’importance de l’affaire Cahuzac et en appelle  aux "vrais " problèmes, pas les diversions comme l’exil fiscal ou encore le mariage pour tous… C’est un peu fort de café! Qui depuis des mois joue l’obstruction sur cette dernière question du mariage homosexuel, organise des défilés ?… Quant à la sympathie pour les exodes fiscaux, on découvre que l’UMP avait envisagé un "blanchiment" de ce type de pratique que la mère Morano met sur le compte de la "nature humaine"…. Il y aura toujours des tricheurs et des menteurs dit-elle, parlons des choses sérieuses… Ces choses sérieuses comme l’emploi, les retraites, dont l’ex-président nous a laissé une note considérable… ne parlons pas des détails sans importance comme l’exode fiscal dit cette femme, un exode fiscal dont on sait désormais qu’il coûte à la France l’équivalent de l’impôt sur le revenu…

"Je pense que pour mentir avec tant d’aplomb il en couvrait bien d’autres… ce sera là l’objet de l’enquête"

Cela donne de la force aux propos d’Edwy Plenel qui aboutit à une conclusion que je partage, si Cahuzac a témoigné d’une telle arrogance dans le mensonge c’est qu’il n’agissait pas seulement pour lui mais pour d’autres intérêts dont il croyait qu’ils le protégeaient… Là encore je crois que nous avons tout intérêt à passer d’un homme à un système caractérisé par la collusion et dont la finalité est bien d’avoir promu une alternance sans alternative.

Danielle Bleitrach

 
 
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