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Archives de Catégorie: dialogue

Une babouchka donne des conseils à Obama

4 at Une grand-mère russe en appelle au Président Obama, Une vidéo drôle et touchante: les conseils d’une grand-mère russe à Obama

Russia Insider-TV., 27 septembre 2014

http://russia-insider.com/en/politics_ukraine_opinion_christianity_society/2014/09/27/03-11-04pm/funny_and_touching_russian

La Babouchka Russe – l’âme de la société russe.

Cette vidéo est très populaire sur l’Internet russe. Une babouchka russe (grand-mère), donne des conseils à Obama, en rimes ! dans la meilleure tradition russe. Elle l’appelle Obamashka, un terme affectueux de son nom en russe. Elle propose de prier pour lui, lui a préparé des blinis (crêpes) et des cakes, pour l’emmener à l’église afin de rencontrer son prêtre et qu’ils puissent ensemble prier pour l’Amérique, et elle déconseille l’acoquinement aux nazis, expliquant que cela finit toujours mal. Elle explique que la Crimée est russe, et a toujours combattu aux côtés de la Russie. Enfin, elle lui recommande vivement de lier d’amitié avec Volodia (nom affectueux pour Vladimir), et lui souhaite bonne chance. Nous sommes experts de la Russie, et nous pouvons vous assurer, il n’est aucune force sur terre qui puisse résister au charme et à la bonté de la babouchka russe.

La vidéo sur youtube

Lena Vasilek présente: Obama, ne va pas à la guerre! Une grand-mère russe en appelle au président des Etats-Unis.

Monsieur le Président Obama-mon petit!

Dear President Obama-child ! Cette grand-mère dit “Obamamuschka » en parlant à Obama. Elle exprime ainsi je crois l’empathie à son encontre, quelque chose comme « mon petit », non seulement comme une grand-mère à son petit-fils, mais comme l’aïeule de la société aux plus jeunes avec le souci de la perpétuation de l’humanité. C’est quelque chose de symboliquement fort.

C’est une humble grand-mère russe de la province d’Orenbourg qui vous parle.
Je m’adresse à votre conscience.
Pourquoi ne pouvez-vous pas vous arrêter, mes chéris, vous suffoquez de sang étranger, après tout.
Nos Petits ne sont pas à blâmer parce que la guerre a été lancée par les riches.
Le diable s’est glissé dans votre tête, mais les Russes devraient aimer les os coincés dans leur gorge.
Obama-mon petit, pardonnez-moi, mais j’ai des parents en Crimée aussi.
Vous pouvez crier tout ce que vous voulez, mais la Crimée a toujours été  Russe!
Vous persistez à parler de Démocratie, mais à vos côtés il y a un gang fasciste.
Vraiment, soyez prudent avec Bandera (Le Parti Svoboda), je connais moi-même ces visages. Comment ils sont venus dans nos villages (Seconde Guerre mondiale) et n’ont pas hésité à nous assassiner.
Je vous parle comme si j’étais votre propre grand-mère affectueuse, il y a trop de méchanceté en vous, Obama-mon petit!
Vous devez prier un peu, vous repentir et changer vos habitudes, vous ne seriez pas alors si tourmenté. Je vous promets, je vous le jure: je prierai pour vous dans la maison de Dieu. Je vais prier pour que ces fascistes disparaissent tous. Vous devriez vous réconcilier avec Vladimir.
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Publié par le octobre 1, 2014 dans Amérique, civilisation, dialogue, Europe, femmes

 

Oleg Solomakhine a rencontré des communistes français

05/06/2014

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http://kpucrimea.org/solomahin_oa_vstretilsya_s_kommunistami_francii

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Le 5 juin s’est tenue dans les locaux du PCFR de Crimée une rencontre amicale entre Oleg Solomakhine, deuxième secrétaire du Parti communiste pour la république de Crimée, et des communistes venues de France, Danielle Bleitrach et Marianne Dunlop.

Danielle est professeur d’Université, ancien dirigeant du Comité Central, et dirige un blog très actif. Marianne est un membre du Parti communiste français, elle dirige un comité local du Mouvement de la paix, enseigne le russe et le chinois.

Cette rencontre a été l’occasion d’un échange vivant et enrichissant. C’est avec un grand regret que Danielle et Marianne nous ont dit à quel point les medias occidentaux déforment les faits qui ont lieu en Ukraine et en Crimée. Les journaux et la télévision ne reflètent pas la situation réelle, et c’est pourquoi les gens sont obligés de chercher une information véridique grâce à la consultation de différents blogs, en s’échangeant des photos et des vidéos. Par exemple, la tragédie d’Odessa a été pratiquement passée sous silence en France, de même que la présence de mercenaires étrangers en Ukraine.
Beaucoup de gens en France se sentent concernés par les épreuves subies par les populations ukrainiennes, en particulier dans les régions du Sud-Est ; ils organisent des collectes, créent des groupes anti-Maïdan. Danielle et Marianne y prennent une part active. Elles sont venues en Crimée pour se rendre compte de la situation par elles-mêmes, établir des contacts avec des communistes, et ensuite raconter leur voyage aux habitants de la France.
Elvira Tchetchoulina, service de presse du PCFR de Crimée

informer, rétablir les faits, c’est ce que nous tentons de faire sur ce blog, mais cette rencontre aura d’autres prolongerments. Les camarades de Vénissieux et -sans doute d’autres villes- se préparent à accueillir Oleg Solomakie aux environ du 5 juillet et également lors des rencontres internationales de Vénissieux qui auront lieu dans cette ville comme toutes les années.. Bien sûr, nous vous mettrons au courant de la suite de ces intiatives. Le problème est en effet l’obtention d’un visa. Elvira qui est devenue une amie participera en tant que service de presse à l’un des voyages. (Danielle Bleitrach)

 
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Publié par le juin 18, 2014 dans dialogue

 

Vu d’ici: l’essentiel et la méthode pour tenter de le percevoir…

index Ivan le Terrible dans le film d’Eisenstein, il s’est retiré dans un monastère et le peuple vient le chercher.

Les dogmatismes…

Vu d’ici, dans cette situation de guerre civile plus ou moins déclarée avec des zones d’intensité variable, mon pays, la France, me paraît la proie de tous les dogmatismes. Le pire de tous, celui qui ne voit de salut que dans le capitalisme, le marché, l’art jusqu’au bout de tenter de résoudre les problèmes avec ce qui les crée… Dans le cas ukrainien cela devient la nécessité de résoudre les problèmes par un surplus de capitalisme et d’armement… Mais il y a d’autres idées préconçues… Au lieu de partir de la réalité telle qu’elle est, mes chers Français s’obstinent à lire la situation avec les lunettes d’un pseudo dogmatisme théorique applicable en toutes époques, tous pays. Après des années d’atonies, les peuples refont surface et il est refusé d’entendre ce qu’ils disent. En ce moment, le même schéma est appliqué aux printemps arabes, aux ex-pays de l’Union soviétique et ce paradoxalement pour mieux nier les luttes des classes, la manière originale dont elles s’expriment… comme le fait d’ailleurs le capital lui-même dans sa mondialisation… C’est d’ailleurs ce qui le perd.
Mais déjà quand on se réfère à l’histoire d’un de ces pays et de l’ensemble d’une société dont l’économique est déterminant « en dernière instance », comme le faisait Marx dans les Luttes des classes en France et Engels pour l’Afghanistan, c’est dans la méconnaissance la plus totale de la manière dont des civilisations millénaires lui ont donné des modes d’expression…

Partir des petites gens, la négation de la négation…
Tout part du peuple, y compris l’art le plus élaboré. Il est dans les rues avant d’être dans les musées.Ce qu’on pourrait appeler mon « impressionnisme », ma description de la vie quotidienne et des petites gens, part de l’idée que ce sont eux par leur obstination et par le fait qu’ils ne peuvent pas survivre autrement qui font la seule histoire, celle de la lutte des classes. Ou pour parler comme Lukacs, ils sont la négation de la négation. Donc je ne prétends pas à « l’objectivité journalistique » qui n’existe pas, même si les faits restent sacrés et l’interprétation libre, la mienne est orientée vers une pratique, comment transformer cette société »?.

J’utilise la vision du monde du petit homme, le soldat Schweik, Charlot mais aussi Figaro, leur impertinence lucide. En choisissant la solidarité avec le Donbass, oeuvrer pour l’information, la compréhension, nous avons été confrontées avec Marianne à la fin de l’Union soviétique. un événement des plus importants sinon le plus important de la fin du XX e siècle. Les traces sont partout et il est impossible de ne pas les voir dans les rues, les statues, les ruines. Ceux que j’écoute, regarde, entend grâce à Marianne, ont subi comme nous communistes français mais aussi notre peuple français, ce choc sans rien y comprendre. Moi non plus, mais il faut au moins se débarrasser de l’image imposée. On ne peut pas faire autrement que constater cette extraordinaire nostalgie qui n’a rien à voir avec l’intéressant livre sur la fin de l’homme rouge… Le souvenir est celui des temps heureux. Trop facile pourtant de simplement dire que le communisme a été trahi et que l’on peut recommencer à l’identique. l’impression est une déconstruction des a- priori, la croyance en un savoir immédiat qui n’est jamais que l’idéologie de notre société, celle de la classe dominante… mais elle reste ouverte…

En ce moment même je vois des images que vous ne verrez pas en France, celle de la bataille de Lougank, des hommes en bras de chemise avec une casquette pour se protéger du soleil rechargent des armes dans un paysage de ruine… Partout des explosions, des départs de feu. On annonce que l’un des combattants a abattu un avion ukrainien… Le petit homme ne fait pas la guerre par plaisir, il doit être contraint à défendre sa maison, son espace, le peu qu’il a, sa famille et je repense à tous ceux qui me disent en parlant des rebelles: ce sont des hommes simples comme moi…


Qu’est ce exactement que le stalinisme, les Russes aiment les tyrans ?

Par exemple, il est stupéfiant de s’entendre répéter avec obstination que tout a dévié à la mort de Staline et que ça a commencé à pourrir de l’intérieur, l’acceptation de petites corruptions, de petits avantages que l’on achetait avec une fausse ouverture mais qui se traduisait par la catastrophe pour tous. Alors en Français un peu trop cultivé on pense à Ivan le Terrible le modèle de Staline.. Oui mais voilà on ne sait rien des multiples interprétations de l’histoire d’Ivan. Des débats auxquels ça a donné lieu, y compris le film d’Eisenstein… On imagine que la deuxième partie du film a été censurée parce que Staline ne supportait pas d’être comparé à ce tyran paranoïaque. Il n’en est rien Staline se voyait lui-même comme Ivan et il pensait qu’il n’était pas allé assez loin, encombré comme il l’était dans sa religiosité excessive. Et ce qui a été reproché à Eisenstein est une interprétation de la politique étrangère d’Ivan. Si Staline choisit Ivan plutôt que Catherine de Russie ou Pierre le Grand comme référence, c’est parce qu’Ivan se méfie des étrangers européens et qu’il mène la bataille pour ouvrir une fenêtre sur la Baltique contre les Polonais, les Lituaniens, les Allemands. Alors que les puissances européennes, l’Autriche en particulier, l’incitent à aller combattre le musulman au sud, la Turquie et le Tatar son vassal, lui au contraire recrute les Tatars de Kazan pour aller vaincre les Polonais et les Allemands. Il renouvelle l’alliance d’Alexandre Newski (autre film d’Eisenstein) avec les Tatars contre les chevaliers teutoniques. Ce qui est reproché à Eisenstein c’est d’avoir mal interprété, occidentalisée la politique d’Ivan. Et on se doute bien qu’il s’agit de l’actualité, l’Urss et l’Europe. Que peut-elle en attendre? Question encore brulante…


Rancune à l’égard des communistes ou garanties d’un contrôle ?

Deuxième référence mal comprise, le cas d’Ivan est assez proche de celui de notre Louis XI, qui a lui aussi mauvaise réputation. Il abat les boïards, les grands seigneurs féodaux, fonde une armée nationale avec des cavaliers tatars. Et ce qu’on connait mal crée une sorte de système de ville franche dans laquelle le collectif paysan et marchand peut racheter l’impôt payé aux boïards et acquérir un droit de liberté politique qui va jusqu’au droit de juger, mais aussi celui de se mêler de la politique intérieure et extérieure. Dans le fond, l’idée est que la centralisation par l’autocrate empêche les querelles de riches et des puissants, les soumet par la cruauté (idée que l’on retrouve chez un autre contemporain (Henri VIII et César Borgia) et pour se faire s’appuie sur une véritable autogestion généralisée dont le droit est racheté par l’impôt disons national, bien qu’il ne s’agisse pas encore de nation.
Donc quand mes homos-soviéticus disent que depuis la mort de Staline tout s’est lentement pourri de l’intérieur et qu’ils n’ont plus confiance dans les communistes qui ont détruit l’Union Soviétique, c’est très ambigü. Un de nos derniers interviewés, dont je publierai l’interview ultérieurement déclare: « Les communistes, non je ne les veux plus, ils n’avaient qu’à conserver le pouvoir qu’ils avaient et ne pas détruire l’Union soviétique »… Quelques minutes après nous parlons de l’union entre la Chine et la Russie, combien elle inquiète les Etats-Unis et que cela explique peut-être le choix d’Obama de venir créer cette guerre civile…. Le même homme qui ne veut plus des communistes, déclare ils ne pourront pas encercler, la Russie est trop immense, La Chine a plus d’un milliard d’habitants… Et puis en Chine, il y a les communistes qui dirigent »… Je l’interrompt en soulignant la contradiction. Il rit d’être pris la main dans le sac… et affirme: « Ce sont de vrais communistes, celui qui est corrompu on le met en prison… »
Et là tout à coup ce que je prenais pour de la rancune s’éclaire, il ne s’agit pas de bouderie, mais d’exigences de garantie qu’ils ne referont pas pareil, qu’ils agiront pour le peuple et qu’ils ne se contenteront pas de discours en laissant les situation pourrir, l’injustice s’installer. Et cette « rancune » part de l’expérience, non seulement de la manière dont l’Union Soviétique a été détruite par trois ivrognes qui voulaient être tsar, mais comment elle a été pourrie de l’intérieur au point qu’une pichnette a suffi. Et il y a surtout ces terrible 23 ans avec un pays détruits par les appétits d’oligarques sans foi ni loi… On ne recommencera pas avec vous comme si rien n’était, on n’avancera avec des garanties.. En attendant on ne fait plus de politique…
Derrière l’autocrate, l’autogestion… et il ne s’agit pas d’une simple vision de ma part, ce qui pourrait paraître un souci de réhabilitation de Staline que certains me prêteront sûrement, mais elle s’étaye sur cette attention à l’environnement, aux moyens de transport, à l’emploi pour tous… Ils ne font pas de politiques mais ils constatent et déplorent ce grand n’importe quoi des appétits individuels… Il ne s’agit pas pour moi de condamner ou de défendre Staline, je n’ai pas encore tranché le débat qui divise les historiens russes… Après Ivan, il y eut une vingtaine d’années de troubles durant lesquelles se succédèrent 5 tsars impuissants et se déchirèrent les boïards. Est-ce parce que le pouvoir d’Ivan qui avait durablement transformé et marqué la Russie n’avait pas été assez au fond comme le pensait Staline ou est-ce que la cruauté, la terreur avait fait sortir le pire des êtres humains qui s’étala à sa mort, comme si les diables de la soumission servile s’étaient relâchés?
Ce qui est sûr c’est que l’expérience est telle que le petit homme ne se mêlera de politique que il aura la confiance et le contrôle.

L’essentiel: Pourquoi l’Europe veut-elle la guerre?

Deuxième idée, qui dans sa simplicité renvoie aussi au débat entre Einstein et Staline à propos d’Ivan: qu’est-ce que l’Europe?
Et là la réponse dans sa simplicité m’a été apportée par deux femmes de Kharkov qui ne faisaient pas de politique, étaient tellement occupées à travailler , à faire le ménage qu’elles n’avaient rien vu dans leur ville. Elles étaient des mères avant tout, leur ville touche l’oblast de Lugansk et elles ont peur, elles pleurent et ne dorment plus. Parce qu’elles craignent que l’armée ukrainienne prenne leurs époux, leurs fils pour les envoyer combattre les gens du Donbass. Elles regrettent elles aussi la paix, l’égalité de l’Union soviétique. Elles ne savent pas ce qui s’est passé, un matin elles ont ouvert la télé qui leur a annoncé la fin de L’Union soviétique. Ce temps béni où il n’y avait pas de différence entre russes, ukrainiens, biélorrusse et où l’on vivait en paix.
Je leur demande si elles préfèrent l’Europe ou la Russie… Elles me répondent « Pourquoi faut-il choisir? Pourquoi l’Europe apporte-t-elle toujours la guerre? »
Et voilà la réponse au débat entre Eisenstein et Staline: « l’Europe c’est la guerre! »

 

l’homo sovieticus ne fait plus de politique

IMG_20140609_130826La cour de l’espèce d’auberge de jeunesse dans laquelle nous sommes logées Marianne et moi, et où chacun fait sa cuisine.Nous avons interviewé Constantin hier soir dans ce patio.Ce soir deux dames de kharkov… quelques jours de repos studieux…

Constantin est un géant, mi débonnaire, mi inquiétant… L’ogre russe des clichés mais imberbe, il ne reste que la tignasse drue et la carrure. Il nous prend constamment à rebours, nous assène une affirmation qui nous désoriente et puis passe son temps à la nuancer, à tenter avec une sorte de pudeur de dire « je ne suis pas celui que vous croyez: le lourdaud du Donbass que les autres inventent, simplement j’aime qu’un chat soit un chat. »

Ainsi il nous dit tout de suite:
-je ne suis pas un réfugié, je viens toutes les années ici à la même époque, je continue.Je prends des vacances au bord de la mer.
Il vit dans une petite ville à 45 kilomètres de Donetsk, Gorlovka qui est tout à fait tranquille. Selon lui l’assaut qu’il qualifie en se moquant « d’anti-terroriste » se limite à quelques villes et villages du Donbass comme Slaviansk, Lugansk, Donetsk. Mais là-bas, ils tirent à l’arme lourde. Hier encore avec un skud ils ont tué à Simionovka.C’est vraiment la guerre on balance des obus et des bombes à fragmentation.

Avec une moue tendue mais cynique dont il ponctuera beaucoup de ses propos, il jette que cette histoire est parfaitement imbécile.
-Qui est imbécile?
- mais les troupes du gouvernement, Pravy Sektor, l’armée…
Pravy Sektor?
-Ou qui que ce soit, quand il y a des troupes il y a un commandant et c’est lui le responsable, pas les troupes. Ce sont des gamins de 18 à 20 ans qu’est ce qu’ils peuvent faire d’autre qu’obéir?
-Vous dites que votre ville est calme, mais est-ce que les gens ont peur?
-Seuls les imbéciles n’ont pas peur.
Chez lui tout est calme et tranquille, personne ne fuit, les enfants et les vieux n’ont pas besoin d’être évacués, mais il a des amis, de la famille, il est très malheureux pour eux.
-Est-ce que vous avez songé à y aller, pour vous battre aux côtés des insurgés ?
- Je ne peux pas y aller. Qui est-ce qui fera mon travail? Qui soignera les gens, les aidera, les sauvera du danger? Qui est-ce qui reconstruira après tout ça?
Il est pompier, pas seulement sur le terrain, il coordonne, c’est un ingénieur de formation avec une spécialité en lutte contre les catastrophes. A la fin de l’interview, il pointera son doigt sur moi en me demandant d’effacer une phrase dans laquelle il a paru s’attendrir sur les risques du métier. Comme si cela lui paraissait indécent par rapport à ce qui se passe.

Comme il continue sur l’idée que tout cela est parfaitement stupide et que bien malin qui sait comment cela finira, je lui demande le pourquoi de tout ça selon lui?

Il hausse les épaules. Tout ça a commencé avec le Maïdan. Pendant qu’ils faisaient les guignols, le Donbass travaillait.
- Des guignols ou des fascistes?
-Au début c’étaient de simples gens. Certaines de leurs revendications étaient justes. C’est après que les paramilitaires sont apparus. Et alors là ils se sont mis à se conduire mal avec les forces de l’ordre. Je suis pompier je sais ce qu’est un homme brûlé. Ils ont jeté des cocktails molotov sur des jeune policiers désarmés. Ils brulaient vif. C’était abominable.

Ces gens ne savent pas se conduire et s’il y a eu un soulèvement c’était que les gens étaient de plus en plus mécontents de leurs manières. Tenez là il y a peu à Simionovka, il y a un hôpital psychiatrique, des gens en milieux ouverts mais aussi des gens dangereux. Ils n’ont pas prévenu qu’ils allaient attaquer, ils ne nous ont pas laissé le temps d’évacuer l’hôpital, avec des gens en crise,violents, d’une force incroyable, une femme de ma corpulence peut dans ce cas mettre à mal quelqu’un comme moi. On n’a pas laissé le temps de gérer la situation. A la fin, nous avons pu en prendre 60 à Gorlovka, c’était très dur de les contenir. Il ne le dit pas mais il a participé à l’opération en tant que pompier et il déclare écœuré:
-C’est une honte de tirer sur une population désarmée, il n’y a même pas d’alerte pour que les civils aillent se planquer… Comment peut-on parler d’humanisme quand on agit comme cela? Depuis le Maïdan, ils ont agi comme ça et ça a mis en colère les gens du Donbass.

Je lui demande s’il a voté au référendum?
-Oui bien sûr, le référendum a été conduit sans la moindre pression, il n’y a même pas eu de campagne, on a juste donné la date et les gens sont venus en masse partout, ils étaient d’accord.
-Pour la séparation?
-Mais non au début il ne s’agissait pas de séparation mais de fédération. Mais au fur et à mesure les gens étaient de plus en plus mécontents et ça c’est encore aggravé avec l’opération dite « anti-terroriste ».

Quels objectifs visent-ils selon vous dans cette opération anti-terroriste? Par exemple en déclenchant un tir à l’arme lourde sans prévenir?
-Tuer, détruire les « séparatistes », terroriser les gens. Personne ne sait leur but à part ceux qui leur donnent des ordres.

Qui est-ce qui résiste dans les villes visées, parce qu’il faut un minimum d’armes et de formation pour résister?
Des citoyens, c’est tout le peuple qui se révolte alors il y a de tout, des bas fond aux meilleurs, des citoyens, des bandits, des Tchétchènes, des cosaques de Rostov, toutes les couches de la population.
- des bandits, qui?
-les bandits sont les bandits, il y en partout, la mafia, les voyous… Ils sont là aussi…

-Est-ce qu’il y a une force respectée de tous, qui peut mettre de l’ordre?
-C’est ça le problème. Au départ l’idée est très bonne, mais sous couvert de République, il y a toute sorte d’individus louches…

A propos d’individus louches, je veux l’interroger sur Rinat Akhmetov, un des hommes les plus riches du monde et en tous les cas le plus riche d’Ukraine. Il me fait la liste de ce qu’il possède en Ukraine, dans le Donbass. Son poids dans le secteur minier mais aussi dans le traitement de la coke et même la métallurgie. Quand je veux pousser l’analyse, il se ferme. D’un ton lapidaire, il explique qu’il a ses buts à lui qui ne sont pas ceux des politiciens. « On peut dire qu’il tient le Donbass. Il donne du travail au gens, même si les salaires sont de plus en plus insuffisants et les prix augmentent tous les jours. » et toute son attitude témoigne qu’il n’ira pas plus loin, d’ailleurs il ajoute: « Moi je ne fais pas de politique! ». Dès le début de l’interview, il nous a expliqué qu’il ne donnerait pas son nom et ne voulait pas être filmé.

Notre lecteur doit retenir cette idée essentielle s’il veut comprendre l’homme du Donbass, celui que je baptise l’homo sovieticus, le travail est sacré, nourrir la famille est l’essentiel et aujourd’hui sous la domination du capital, celui qui donne ce travail c’est le capitaliste. Ceux qui s’imaginent qu’avec un discours ou un changement de discours on séduira l’homo sovieticus se trompent totalement, il faut des perspectives d’emploi, de salaires, de vacances en famille…

Je lui demande s’il a voté aux présidentielles?
- personne dans le Donbass n’a voté. Il n’y avait d’ailleurs nulle part de bureaux de vote et personne n’en cherchait. Ce que raconte la télé ukrainienne sur les votes dans le Donbass ce sont des mensonges. Personne n’a voté, peut-être du côté de Zaporojie, deux ou trois bureaux dans les campagnes. Il n’y a d’ailleurs personne qui mérite que l’on se déplace pour aller voter pour lui.

Le mépris est tangible, dur, comme un mur… personne ne peut le franchir…
-Qu’est-ce que l’Union Soviétique pour vous ?
Son visage s’illumine littéralement… Impressionnant!
- Ah! murmure-t-il, la nostalgie! j’ai grandi en Union Soviétique. Avec mes parents, un été on est parti faire le tour, c’était immense, l’infini, partout on découvrait des pays, des amis, des peuples proches… Dans les magasins, il y avait de tout, enfin tout ce qu’il faut à un être humain pour vivre, tout fonctionnait. Les prix n’augmentaient pas, ils baissaient au contraire et toujours on pouvait vivre mieux…

- Vous avez compris pourquoi tout cela s’est effondré?
- Parce que trois salauds, dans la forêt de Bélovèje après s’être bourrés la gueule ont décidé de devenir tsars (1)… Les trois salauds de Russie, d’Ukraine et de Biélorussie… En 1991, ils avaient fait un référendum, la question était bizarrement conçue et ils nous ont eu comme des bleus, ils ont fait tout le contraire de ce que nous avions décidé.

-Est-ce que c’est pour ça que vous ne voulez plus faire de politique?
- Actuellement à la Rada, il n’y a pas un seul député qui soit digne que l’on vote pour lui.
- Simonenko, le dirigeant du Parti Communiste d’Ukraine? Simonenko, il est du Donbass, il était le dirigeant des jeunes komsommols, on l’a vu lui et sa bande… et il reprend : personne n’est digne que l’on vote pour lui…

Pas moyen de lui en faire dire plus, tout ce que l’on peut faire c’est interpréter… Ces jeunes Komsommols étaient gorbatchéviens, ils font partie de ceux qui nous ont eu comme des bleus. L’ami Constantin a la rancune tenace.

-Qu’est-ce que c’est pour vous un politicien qui soit digne que l’on vote pour lui?
-Quelqu’un qui organiserait, qui créerait les conditions d’une amélioration de la vie, quelqu’un qui s’occuperait de ses subordonnés, qui sortirait le pays du fossé dans lequel il est tombé. Après peu importe qui, le plus important c’est comment il se comporte.

-Que pensez-vous de Poutine?
-Regardez sa cote de popularité, l’an dernier il était à 45% aujourd’hui 80%.
- A cause des événements d’Ukraine?
- Pas seulement, j’ai été récemment visiter un village du bassin minier, qui comprenait jadis 300 foyers, il ne reste plus que 23 personnes, des vieilles babouchkas. Et bien les routes sont asphaltées, il y a des services pour les vieilles dames et un marchand ambulant passe pour leur apporter la nourriture.Chez eux, les localités des puits fermés ne sont pas abandonnées. C’est comme le 9 mai, ils le respectent, c’est sacré. Vous avez vu les routes chez nous en Ukraine?

Je l’interroge sur la chute de l’Union soviétique?
- Est-ce que vous ne pensez pas qu’un système qui dépend de la volonté de trois mecs bourrés qui veulent être tsars est bien fragile?
- Quand s’écroule le système, ce ne sont pas les trois salauds qui sont importants mais ceux qui les manipulent… ceux qui ont concentré le capital entre leurs mains. Et ceux-là ils sont plus prêts de vous en occident que de nous les russes.
- Qui?
-Les Rockfeller… Ceux là ont agi et les trois salauds obéi…
je guette la moindre référence anti juive, elle ne viendra pas mais je ne la provoque pas non plus, il reste sur le capital, même pas les Etats-UNis…et il les décrit…

Ceux-là ils n’ont jamais assez. Ils ne pensent qu’à accumuler des profits. D’ailleurs c’est ce qui fait leur force. L’individu qui a un but clair et qui fait porter tous ses efforts dans cette perspective et le poursuit quoiqu’il arrive est irrésistible. Le capitaliste c’est une machine à accumuler. L’argent produit de l’argent a dit Marx.Et parce qu’il a ce but, il est le plus fort.
Par exemple, à côté de Slaviansk, il y a une petite ville (Sviatogorsk) avec un monastère, c’est un lieu de cure thermale, l’eau y est pure, le lac et les forêts magnifiques préservées. On y a une maison de santé. Chevron, l’entreprise américaine veut extraire du gaz de schiste. Nous on veut pas de ça.

-Vous ne voulez pas que le pays soit pillé?
- Il y a longtemps que le pays est pillé,on s’y est habitué, on a autre chose à faire… La mentalité russe est comme ça: je me sens bien là, toi tu sens bien à côté, et tant que c’est comme ça c’est bien, mais si tu commences à vraiment me gêner, alors là je me fâche contre toi.

-Est-ce que l’Union soviétique pourra revivre?
-Non c’est impossible, il n’y aura pas de retour en arrière, personne ne le permettra. Ceux qui dominent le monde, les capitalistes l’empêcheront.
- Mais en 1917, il y avait les capitalistes et pourtant il y a eu la Révolution?
- En 1917, il y a eu le soutien financier de l’Allemagne, ils ignoraient ce qu’ils déclenchaient, maintenant ils savent… Ils ne connaissaient pas l’Histoire, bien qu’en fait personne ne connaisse l’Histoire, c’est impossible. Les manuels d’histoire sont constamment réécrits en fonction des vainqueurs, bien qu’ils subsiste des problèmes douteux sur lesquels les historiens débattent.
Le camarade Staline et il insiste sur le mot camarade… à son époque a fait des purges massives et ces purges nous ont donné un répit de 60 ans, nous avons eu une économie stable, les prix ne montaient pas ils baissaient. Il a relevé l’économie… bien que beaucoup de gens aient souffert, beaucoup d’innocents ont été injustement accusés…

Je reviens à l’opération anti-terroriste et ses raisons… Nous parlons d’Odessa et je lui demande ce qu’il en pense en tant que pompier…

A Odessa, les gens ont été brulés de l’intérieur. C’était planifié. Les pompiers ont été empêchés d’intervenir pendant un bon moment. Des gens capables de ça il faut leur arracher la tête, avec votre guillotine.
Et il revient sur l’Union soviétique: qu’on le veuille ou non, ce qui s’est passé entre 1917 et 1991 c’est notre histoire. Ces monuments de Lénine ne sont pas de simples copies reproduites au moule comme le buste ici. Ils ont été imaginés par des sculpteurs qui ont travaillé… Ils ont de la valeur… Pourquoi les casser?
Pourquoi viennent-ils ici? Les gens du Donbass sont comme ça. Ils ne se sont pas soulevés quant à l’ouest ils ont réhabilité Bandera, quand ils lui ont érigé des monuments. Ils se sont soulevés quand les gens de l’ouest ont osé comparer Bandera aux héros de l’Union soviétique.
Et là il me parle longuement avec émotion de son père qui a libéré l’Ukraine, est parti combattre les Allemands jusqu’en Pologne et de là est reparti jusqu’à Vladivostok pour libérer le territoire.

Une conversation s’en suit dans laquelle, je lui explique à mon tour que ce que certains d’entre nous découvrent avec leur révolte c’est qu’il y avait une majorité de Soviétiques qui ne voulaient pas la fin de l’Union soviétique et qu’on la leur avait imposée. Il me regarde étonné:
- Mais tout le monde sait ça! Comment pouvez-vous l’ignorer? Il est vrai que j’ai découvert des Polonais qui pensaient que les Américains avaient libéré leur pays des nazis… Ils ignoraient complètement le rôle de l’Union soviétique… Mais je ne savais pas que vous Français vous ne saviez pas comment des marionnettes des capitalistes nous ont imposé ce que nous ne voulions pas…
La conversation porte sur le coup qu’avait été pour les communistes français non seulement l’effondrement de l’Union soviétique mais le fait que personne ne s’était soulevé pour la défendre… je lui parle de la faiblesse de nos luttes, de notre désorganisation, il s’intéresse aux syndicats et me dit : il faut que le syndicat soit indépendant du pouvoir politique…

Et puis je l’interroge à nouveau sur les raisons et les objectifs de cette opération « anti-terroriste » contre le Donbass qu’il juge criminelle et totalement imbécile…

Sa thèse tient en deux faits, le premier est que dans l’ouest, il y a un tel marasme économique que les gens ne rêvent que d’une chose, aller faire les travailleurs agricoles en Europe ou les boniches des européens, alors ils aspirent à être dans l’Europe. Dans le Donbass, nous avons des métiers très durs mais nous travaillons. Un mineur qui descend à 4 heures du matin dans la mine pour 6 heures, ne sait jamais s’il remontera mais il y va et revient avec de l’argent pour nourrir sa famille. Même si c’est de plus en plus dur, les salaires sont de plus en plus insuffisants… On travaille…
Et c’est là pour lui la raison fondamentale de cette agression contre eux. Pendant que tout le monde s’occupe de cette histoire, pendant qu’on nous massacre ça fait un abcès de fixation et on oublie de regarder ce qui est en train de se passer avec ce que l’Europe nous impose: les prix de l’électricité ont augmenté de 50%, pareil pour le gaz et la gryvna (monnaie ukrainienne) a perdu 50% de sa valeur.

Voilà, l’homo sovieticus ne fait plus de politique. Pourquoi ai-je pensé à ce film de Risi, Mains basses sur la ville, où le capitaliste, l’entrepreneur immobilier s’adresse au député communiste qui l’accuse. Ils sont seuls tous les deux dans une tour en construction. Le capitaliste va vers un robinet et dit: « Moi je construis, l’eau coule, je loge les gens. Et toi? » L’homo sovieticus est à jamais orphelin d’un paradis perdu et il le défend becs et ongles comme sa maison, sa famille, le peu qu’il lui reste mais il ne croit plus aux discours. Il a fait l’expérience de toutes les trahisons, des beaux parleurs, des idéologues, des batailles entre partis, des concurrences minables. Et Constantin me regarde d’un air moqueur parce que je suis stupéfaite par sa culture historique en particulier et il me dit: « Vous pensiez que nous étions les brutes du Donbass, frustres, incapables de penser… « 
Il fait frais, la nuit est tombée, nous nous quittons, il nous dit « Merci ».
Durant tout le temps de l’interview, je pose des questions et Marianne traduit, alors qu’il ne connait pas un mot de français, il lui arrive d’intervenir pour exiger une précision, pour vérifier s’il a été bien compris.
Danielle Bleitrach et Marianne Dunlop

(1)Le 8 décembre 1991, Boris Eltsine, Stanislaw Chouchkievitch et Leonid Kravtchouk, présidents des républiques de Russie, de Biélorussie et d’Ukraine, se sont rencontrés dans la forêt de Belovej, près de Minsk, pour constater que le temps de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) était révolu. Ils ont signé un accord, connu comme Accord de Belovej ou Traité de Minsk, qui a donné naissance à la Communauté des Etats indépendants. (source ria novosti: http://fr.ria.ru/world/20130207/197462828.html)

 
 

La joie spinoziste de la connaissance scientifique et celle de la révolte des esclaves: la joie de Kepler

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Une amie, Jeanine, il est comme ça des gens que mon blog m’a rendus familiers tant ils symbolisent ce qui nous a uni et nous unit encore communistes et que résume si bien Marx quand il affirme que ses deux « héros » sont Spartkus, celui qui a dirigé la révolte des esclaves, les a presque mené au pouvoir et Kepler, la rigueur scientifique, la joie spinoziste de la connaissance dont Einstein reste au XXe siècle l’incarnation. Nous sommes différents mais notre engagement, notre histoire a fait de nous des esprits jumeaux.

Ce blog histoire et societe n’est plus celui d’aucun parti, mais il est à jamais marqué par cette vie qui nous fut aventure, l’aventure du socialisme, le vrai celui qui alla jusqu’à remettre en cause les rapports de production, la propriété existant depuis l’esclavage et limitant la conscience des hommes y compris ceux dont les aspirations était les plus généreuses, la soif de connaissance la plus ample. Face à la médiocrité de certains commentaires, leur volonté de refaire notre histoire du XXe siècle, l’histoire de l’humanité, ces amis portent en eux comme je porte en moi cette exigence qui est aussi celle de ce vent messianique de l’histoire dont parle Walter benjamin, l’ange de l’histoire avançant à reculons les ailes déployées et poussées par tous les aspirations, les rêves jamais réalisés de tous ces vaincus. Nous communistes avons portés cette espérance plus loin que tant d’autres comme une connaissance de l’être humain de son propre destins, nous avons été ce rêve d’un monde juste, nous avons permis que d’autres émancipations prennent corps, les luttes des pays colonisés comme celles de l’émancipation des individus. Parce que nous avons tenus en respects le capital, les forces conservatrices souvent au prix de la vie de nos militants, l’étau a pu se desserrer pour d’autres revendications à la liberté, pour une autre conception de la connaissance. Quelle qu’ait été notre histoire individuelle nous avons tous portés le même désintéressement, la même vision d’un autre destin pour tous.

Voilà pourquoi pour nous, comme pour Marx, la joie spinoziste de la connaissance de l’univers et de ses mystères, cette joie que décrit ici Kepler face aux travaux de Galilée fait partie du combat de Sapartakus, de la liberation des corps et des esprits face à tous les obscurantismes. Mes camarades nous n’avons pas vécu pour rien, nous avons été les sentinelles de l’humanité, nous l’avons chèrement payé et nous le payons encore mais je n’échangerai pas ma vie, ni la votre contre les médiocrités, les petitesses de leur révision de ce que nous avons été. Ils ne nous pardonneront jamais la peur qu’ils ont ressenti comme les riches romains esclavagistes quand ils savaient se déployer les troupes de Sapatakus sur les collines autour d’eux, ces gladiateurs qui avaient refusé de se tuer pour offir un spectacle et avaient retourné leurs armes contre leurs maîtres. ils ne nous pardonneront jamais tous ces intellectuels qui comme kepler ici ont réussi à renoncer au narcissisme et à la concurrence que les capital développe entre eux, qui ont connu la joie de donner à l’humanité régénérée qu’ils découvraient dans les résistances du prolétariat.

Ce souvenir il demeurera et un jour malgré tous les faux témoignages accumulés pour étouffer cette révolte que nous avons portés dans cette alliance entre savants, intellectuels, artistes et prolétaires, dépassant tous les cloisonnements religieux, raciaux érigés par ceux qui ne pensent qu’à diviser, on retrouvera cette joie qui nous animait à chaque avancée collective contre l’aliénation qui cloue l’être humain à toutes les servitudes.

« J’étais resté depuis longtemps chez moi, sans occupation, ne songeant à rien qu’à toi, très éminent Galilée, et à une lettre de toi. Mon livre intitulé « Commentaire sur les mouvements de Mars » , un travail de bien des années, avait en effet été livré au public à la dernière foire et depuis lors, comme si j’avais acquis assez de gloire dans une expédition guerrière très difficile, j’avais interrompu mes recherches en prenant quelque repos et je pensais que Galilée lui aussi le plus qualifié de tous, discuterait avec moi par lettre du genre nouveau d’astronomie ou de physique céleste que j’avais mis au jour, et reprendrait une correspondance commencée et abandonnée depuis douze ans.
Mais voici qu’à l’improviste, vers le 15 Mars, il arrive en Allemagne, par les courriers ,la nouvelle que mon Galilée, au lieu de lire le livre d’un autre, s’occupait d’un travail personnel, à l’objet tout à fait nouveau, sur quatre planètes jusque-là inconnues découverte grâce à une lunette à double lentille (pour ne rien dire des autres points traités par l’opuscule) ; quand maître Johan Mattahaus Wackher von Wackenfels, illustre conseiller de Sa Majesté Impériale et reférendaire au Conseil du Saint Empire me l’annonça de sa voiture devant ma maison, une telle stupeur m’envahit à la pensée de l’étrangeté extrême de ce que j’entendais, tant d’émotions nous soulevaient (car un vieux débat entre nous se trouvait inopinément tranché), que bouleversé par la nouvelle, saisis, lui par la joie, moi par la confusion, tous les deux par le rire, c’est à peine si nous parvenions , lui à raconter et moi à entendre. Pour ajouter à mon étonnement Wackher m’assura que c’étaient des hommes très réputés bien au dessus de la légéreté du vulgaire par leur savoir, leur dignité et leur rigueur qui écrivaient cela de Galilée et que bien plus, un livre était déjà sous presse et serait apporté par les prochains courriers.
Dès que j’eus quitté Wackhler, je me sentis tout ébranlé par la sûreté de son jugement et son intelligence subtile. C’est pourqoui je cherchais en moi–même comment pourrait se produire quelque augmentation du nombre des planètes sans nuire à mon « Secret du monde » que j’ai publié il y a treize ans et dans lequel ces cinq solides euclidiens (que Proclus nomme Cosmiques d’après Pythagore et Platon) ne permettent pas plus de six planètes autour du soleil.

Képler,Dissertatio cum nuntius sidereo
traduction, texte et surtout notes magnifiques aux Belles Lettres d’Isabelle Plantin

 

L’association France-Palestine : Dieudonné, l’imposteur raciste, n’est pas l’ami du peuple palestinien

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Dieudonné, l’imposteur raciste, n’est pas l’ami du peuple palestinien

, par AFPS 79vendredi 3 janvier 2014

Der­niè­rement Dieu­donné a déclaré au sujet de Patrick Cohen, jour­na­liste à France Inter : « Moi, tu vois, quand je l’entends parler, Patrick Cohen, j’me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage. » Il ne s’agit ni d’une « erreur » ni d’un dérapage.
Dieu­donné est avant tout un militant poli­tique d’extrême-droite. Avec une forme d’expression par­ti­cu­lière (humour), un voca­bu­laire pseudo-​​révolutionnaire (anti­système), et une cible du style fas­ciste des années 30 (le complot du « pouvoir juif mondial », de la finance mon­diale, de l’axe Israël-​​USA …), il attire cer­taines caté­gories, par­ti­cu­liè­rement dans la jeu­nesse, que le Front national serait inca­pable de mobi­liser.

C’est le cas par exemple quand il fait applaudir le néga­tion­niste Robert Fau­risson par 5.000 per­sonnes au Zenith en 2008. C’est le cas aussi quand il inter­viewe Serge Ayoub, alias Batskin, le chef de l’organisation d’extrême-droite JNR.

C’est le cas aussi quand il prétend défendre les Pales­ti­niens en déve­loppant des thèses racistes et anti­sé­mites sous le couvert de l’antisionisme. Il détourne ainsi au profit de l’extrême-droite le juste sen­timent d’exaspération face à l’amalgame fait par les sou­tiens de la poli­tique israé­lienne entre anti­sio­nisme et anti­sé­mi­tisme. Il donne prise à tous ceux qui se com­plaisent dans une dénon­ciation sélective des diverses formes de racisme. Il fait le jeu d’Israël et de tous ses sou­tiens qui cherchent à dis­cré­diter voire cri­mi­na­liser toute forme de contes­tation de la poli­tique israé­lienne..

L’AFPS condamne et rejette ces amal­games qui amènent à traîner devant les tri­bunaux en toute igno­minie les mili­tants du boycott citoyen qui dénoncent la poli­tique colo­niale et raciste de l’Etat d’Israël.

L’AFPS condamne et rejette toute ins­tru­men­ta­li­sation de la cause pales­ti­nienne au service de délires com­plo­tistes racistes qui font le jeu de ses adversaires.

Le peuple pales­tinien n’a aucun besoin de tels faux amis. Notre combat pour les droits nationaux du peuple pales­tinien se fonde sur les prin­cipes uni­versels du droit des peuples. Il suppose le rejet déterminé de toute forme de racisme, d’antisémitisme et d’islamophobie, poisons dan­gereux que nous com­bat­trons sans faiblesse.

Le Bureau national
Association France Palestine Solidarité (AFPS)

PS. merci à Jean Claude Lefort qui m’a expédié directement ce communiqué mais je n’attendais pas moins de lui et de France-Palestine… Que ceux qui veulent la paix dans la justice se rassemblent contre les porteurs de haine… j’ai ajouté au communiqué la photo de M.Barghouti parce que je pense qu’il a plus sa place à la table des négociations qu’en prison… mais ça c’est mon opinion personnelle. Danielle bleitrach

 
2 Commentaires

Publié par le janvier 3, 2014 dans dialogue, extrême-droite

 

Raoul Castro: c’est la seule solution

raul-castro1

Nous n’exigeons pas que les Etats-Unis changent leur système politique et social pas plus que nous n’acceptons de négocier le notre. Si réellement nous voulons avancer en matière de relations bilatérales, il faut apprendre à respecter mutuellement nos différences et nous accoutumer à vivre en paix avec elles. C’est la seule solution; s’il en était autrement nous serions disposés à supporter encore 55 ans de la même situation.
Roual Castro

No reclamamos a Estados Unidos que cambie su sistema político y social ni aceptamos negociar el nuestro. Si realmente deseamos avanzar en las relaciones bilaterales, tendremos que aprender a respetar mutuamente nuestras diferencias y acostumbrarnos a convivir pacíficamente con ellas. Solo así; de lo contrario, estamos dispuestos a soportar otros 55 años en la misma situación .

Raúl Castro

 
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Publié par le décembre 22, 2013 dans Amérique, dialogue, histoire

 
 
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