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Très important: Il n’est plus possible de « lâcher » la Nouvelle Russie. La majorité des Russes soutiennent le projet social des Républiques populaires du Donbass

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Il n’est plus possible de « lâcher » la Nouvelle Russie. La majorité des Russes soutiennent le projet social des Républiques populaires du Donbass

Selon un récent sondage du Centre Levada, une majorité de Russes (65%) suivent avec une extrême attention ce qui se passe en Ukraine. 59% des répondants croient que le gouvernement devrait soutenir activement le Sud-Est, et 64% approuvent l’aide des républiques autoproclamées de Donetsk et Lugansk par des bénévoles russes. Ainsi, les résultats indiquent clairement qu’une majorité de Russes soutiennent le mouvement de Résistance.
D’autre part, les données de l’enquête suggèrent que l’opinion des gens coïncide presque complètement avec la couverture des événements en Ukraine par les médias officiels russes. 91% des répondants ont admis que les informations de base sur la situation dans le pays voisin leur viennent de la télévision, et 79% pensent que l’image qui leur est donnée correspond à la réalité. Et donc la question se pose, comment changera l’humeur des Russes, si notre angle de couverture médiatique change? C’est pourtant une tendance qui se dessine.

Si il y a quelques semaines, notre télévision rendait compte essentiellement des succès dans les batailles contre les forces de l’ordre envoyées par Kiev, maintenant l’accent est mis sur la sympathie pour les victimes des mesures punitives et les réfugiés. Auparavant les présentateurs martelaient la non-reconnaissance par Moscou du nouveau gouvernement en Ukraine, maintenant nous n’entendons que des notes apaisantes sur les «plans de paix» de Porochenko. Le message est que la priorité est de faire cesser la violence. Dans le même temps on passe sous silence les idées de la Nouvelle-Russie, qui ne se bat pas que pour elle mais pour développer une large résistance à Kiev dans tout le Sud-Est.

Le projet «Nouvelle Russie» comprend non seulement la création d’une unité territoriale où le russe obtiendrait le statut de langue officielle, mais aussi la fondation d’un ordre social plus équitable. "La terre et ses ressources, ainsi que les principaux actifs industriels et financiers créés par le travail des hommes, seront la propriété de la population de la Nouvelle-Russie, et ne peuvent être privés … L’argent n’est pas une marchandise, mais seulement un équivalent de change. Les taux de prêt – sont une méthode d’asservir les entreprises et un moyen déloyal pour la redistribution des ressources en faveur du prêteur (la banque) "- c’est ainsi que l’un des chefs de la Résistance Paul Gubarev définit les contours de la structure sociale de Novorossia. Les dirigeants de la République populaire de Donetsk ont déjà décidé d’augmenter les pensions, les bourses d’études et les salaires des employés de l’État. Alors qu’en Ukraine à partir du 1er Juillet, devrait augmenter le coût des services communaux (eau, gaz, électricité) de 70% à 100%, la RPD a décidé de les geler au niveau de 2013.

Il est clair que ces idées ne sont pas susceptibles de plaire aux oligarques russes. Par conséquent, nous pouvons supposer que nos milliardaires feront tous les efforts pour empêcher de mettre en œuvre le projet «Nouvelle Russie» sous cette forme. Et donc ils disent, nous allons négocier la paix. Dans le contexte actuel cette position ne signifie qu’une perte de temps et l’occasion pour les milices ukrainiennes de se renforcer. Mais un changement de la politique d’information des médias russes suffira-t-il à affaiblir le soutien populaire russe Donbass?

Le Chef du département des études sociales et culturelles « Centre Levada » Alexeï Levinson estime que les médias peuvent sérieusement modifier l’attitude des Russes par rapport au Sud-Est:

- A mon avis, maintenant le sentiment public existant n’est pas seulement inspiré par la télévision. Par lui-même, il a un caractère ambigu. Beaucoup d’indices montrent que les opinions vont changer. Pas seulement à cause de la nouvelle orientation de la TV, mais aussi du changement de la politique étrangère de Moscou. L’opinion publique dans son ensemble est maintenant dans un état, puis passera à une autre.

"SP": – C’est-à-dire, la politique de soutien aux milices du Donbass va changer?

- Elle va évoluer vers un soutien aux initiatives de paix. Si le Kremlin se prononce dans ce sens et s’il est soutenu par la communauté internationale, la société approuvera un discours sur la paix.
L’attitude envers les milices elles-mêmes ne changera pas rapidement. Simplement elles disparaîtront du champ de vision. Les citoyens soutiennent généralement les idées qui exposent Russie sous un jour favorable. Si vous souhaitez laisser penser que la Russie est l’artisan de la paix, les gens vont soutenir ce point de vue.

"SP": – Il est dit que si la Russie ne soutient pas les milices, le gouvernement perdra toute la crédibilité obtenue après l’annexion de la Crimée.

- Les sentiments publics peuvent être modifiés imperceptiblement. Il ne convient pas d’affirmer que la lutte de la milice n’a pas de sens, vous pouvez tout simplement dire que notre pays a toujours été pour la paix. Répéter que nous voulons seulement le bien du peuple ukrainien. Vous pouvez trouver des belles formules pour plaire à l’opinion publique.
Une volte-face pourrait coûter au gouvernement russe son soutien populaire. En effet, jusqu’à récemment, la propagande de l’Etat était orientée vers le besoin essentiel d’une action résolue. Mais dans un proche avenir, le peuple continuera à soutenir les actions du président.

"SP": – Quels attrait ont les idées de la Nouvelle-Russie, plus précisément, les principes sociaux de la république?

- Pour l’ensemble de la société russe tout cela a une valeur assez symbolique. Pour l’instant on ne se pose pas la question du prix de ces projets. Quand on commencera à penser au prix à payer, l’enthousiasme risque de retomber. Les Russes sont contents de récupérer des territoires, à condition que le prix ne soit pas trop élevé. Par conséquent, les autorités peuvent jouer sur une sortie de crise à bilan nul, lorsque les anciennes exigences sont remplacées doucement par des compromis. En fait, c’est déjà le cas.

Cela provoquera un tollé du côté de ceux qui adhèrent à des positions idéologiques cohérentes. Mais la grande masse des gens n’exige pas de cohérence idéologique de la part du pouvoir.

Le Directeur de l’Institut de la mondialisation et des mouvements sociaux Boris Kagarlitskiy estime que l’attrait des projets sociaux de Novorossia est plus important que la politique gouvernementale de l’information:

- Si notre télévision change son paradigme d’information, les Russes vont encore soutenir le mouvement populaire dans le Sud-Est de l’Ukraine. Le succès actuel de la propagande du Kremlin vient du fait que la ligne politique proposée a coïncidé avec l’humeur du public. Et c’est ainsi qu’ils se renforçaient mutuellement. Mais bien sûr maintenant, si le Kremlin essaie de changer radicalement, il va devenir la victime de sa propre propagande antérieure.

C’est pourquoi, à mon avis, les autorités ne peuvent se résoudre à un changement rapide de paradigme. Ils n’ont tout simplement pas la possibilité de "lâcher" Novorossia sans se causer de dommage appréciable à eux-mêmes. Même avec l’extrême désir des élites russes de négocier avec l’Occident en abandonnant la résistance du Sud-Est. Ce serait techniquement très difficile, et, peut-être même voué à l’échec.

"SP": – A quel point l’aspect social du projet de «Nouvelle Russie» est-il important pour les citoyens russes ?
- Je pense que c’est très important. Les idées de Novorossia reflètent les besoins actuels de la société en Russie également, où le mécontentement est grand. Par conséquent Novorossia devient pour les citoyens russes une sorte de phare.
Les événements récents dans le Sud-Est de l’Ukraine sont devenus un facteur d’éveil et de prise de conscience de la société russe. Et nous allons encore en voir les conséquences. Notre politique intérieure en sera sérieusement affectée.

"SP": – Mais il est peu probable qu’une telle prise de conscience soit appréciée des oligarques russes.
- C’est certain. Mais le processus a commencé, il sera très difficile de l’arrêter.

Le plus intéressant est que si l’élite n’aide pas la Nouvelle-Russie, ce projet deviendra pour eux encore plus désagréable. Mais si elle vient pour aider, l’élite appuiera un projet de structure sociale complètement différent de ce qu’elle aimerait voir.
Je pense que les oligarques tentent de prendre les choses en main et de déformer le projet. Mais le fait est que la structure sociale alternative proposée par Novorossia correspond aux aspirations de nos gens à l’intérieur du pays.
- Bien sûr, le peuple russe est exposé à l’influence manipulatrice. Mais dans le cas du soutien aux milices du Donbass, la manipulation ne concerne que la part des citoyens qui n’a pas de point de vue précis, de valeurs idéologiques et de position dans la vie, – dit le professeur Alexander Buzgalin de l’Université de Moscou . – Dans le cadre des événements ukrainiens, à mon avis, il y a eu des avancées majeures dans la compréhension des citoyens de la Fédération de Russie de leur existence humaine. Je n’ai pas peur des mots. Les gens ont vraiment commencé à réfléchir sur les grandes valeurs, le rôle de l’État dans leur vie, de la culture nationale du pays. A réfléchir à la dignité humaine, la capacité de sacrifier leur bien-être, et peut-être même leur vie pour atteindre de grands objectifs, dépassant la valeur de la famille ou l’enrichissement personnel. Au premier plan sont passées les questions de la guerre, de la paix, de la défense de la patrie.
J’ai remarqué que la célébration du 9 mai en Russie cette année a eu lieu dans une ambiance nouvelle. Les gens étaient plus sérieux, concentrés. Il me semblait qu’ils se jugeaient à l’aune de ce qui s’est passé de 1941 à 1945 dans l’espace de nos pays.
En ce sens, l’influence manipulatrice peut changer l’opinion d’une masse considérable de Russes sur les événements en Ukraine. Mais beaucoup de nos concitoyens ont redéfini leur rapport à la réalité.
Cependant, il y a un revers à la médaille. Dans le sillage de valeurs patriotiques positives est apparu le "chauvinisme". Et cette écume indésirable a également influencé l’opinion publique.
Je pense qu’il est fondamentalement important de parler aux gens de l’alternative internationale de Novorossia. Je pense nécessaire de soutenir Donetsk, Lugansk et tous le Sud-Est du point de vue de l’internationalisme, et non dans le cadre des «bons Russes – méchants Ukrainiens." Des Russes et des Ukrainiens il y en a de toutes sortes, mais la question est celle des agissements cruels du gouvernement de Kiev contre les habitants du Sud-Est et d’autres régions de l’Ukraine.

"SP": – Est-ce que action sera la plus forte pour les Russes: la propagande étatique sur la sympathie pour les victimes ou l’attractivité du projet social?

- Je ne suis pas entièrement sûr que Novorossia propose un projet cohérent. Bien que je voudrais vraiment qu’il en soit ainsi. Mais il existe des gens qui essaient de formuler un projet pour la Nouvelle-Russie, le Donbass. Et il y a aussi, bien sûr, le fait que la propagande russe tente d’étouffer la présence d’alternatives de développement socio-économique en Novorossia. Le désir de construire une économie socialement orientée, une société plus démocratique n’est pas reflété par notre télévision.
Mais si Novorossia dans la pratique est en mesure de montrer un autre exemple d’ordre social, elle aura une grande influence sur la société russe. Surtout, si cette pratique est soutenue publiquement par l’opposition en Russie. Alors, l’influence des médias ne sera pas aussi importante.

Le Coordonnateur du Front populaire pour la libération de l’Ukraine Vladimir Rogov attire l’attention sur le fait que l’aide des Russes au Donbass ne se limite pas à unsoutien moral:
- En Novorossia pour la première fois est apparue la possibilité de créer un état social. Non pas en paroles, mais en actes. Sans les oligarques et la gabegie qui a régné dans les années 1990 en Russie et continue de se produire en Ukraine. C’est un Etat qui ne sera pas membre de l’OMC à des conditions désaventageuses, et ne se laissera pas asservir par l’Europe.

S’agissant de l’aide des Russes, elle est vitale. Les gens ordinaires fournissent une aide colossale. C’est l’accueil des réfugiés et l’envoi de matériel de protection, de nourriture et de médicaments. Nous voyons comment nos gens sont liés par la parenté. Cette assistance à autrui ne s’est vue, peut-être, que dans la Grande Guerre patriotique ou pendant le tremblement de terre en Arménie. Nous n’avons, malheureusement, jamais vu ailleurs un tel sentiment d’union. La tragédie d’Ukraine a réveillé les meilleurs sentiments humains, que l’on avait récemment commencé à oublier dans la poursuite de bien-être personnel. Les Russes sont venus massivement à la rescousse de leurs frères dans la nouvelle Russie.

"SP": – Comment la réorientation des médias de Russie pour promouvoir des initiatives exclusivement pacifiques jouera-t-elle sur les positions des forces d’autodéfense?
- Je ne voudrais pas surestimer l’influence des médias. Au maximum, la politique des médias de Russie va retarder la mise en œuvre des projets de la "Nouvelle Russie". Parce qu’il a déjà eu lieu dans les cœurs et les âmes des gens. Maintenant, il ne reste qu’un détail – qu’il soit adopté de jure, mais de facto, il existe déjà. La propagande peut retarder le processus pendant plusieurs mois ou un an, mais pas l’affecter fondamentalement. La Nouvelle Russie – est un fait accompli, et le processus historique ne peut pas être arrêté. C’est d’ailleurs une chose que comprend aussi l’oligarque Kolomoysky .

"SP": – Est-ce que Kolomoysky aussi soutient Novorossia?

- Lui aussi est pour la Nouvelle-Russie, mais vivant selon ses règles. Maintenant sous son contrôle sont déjà Zaporozhye, Dniepropetrovsk, la région de Kherson, en partie – Nikolaev, Odessa. Selon Kolomojsky la seule chose à faire est prendre le contrôle de la région de Kharkov et réprimer le soulèvement populaire des Républiques de Donetsk et Lougansk. Il veut avoir la même entité territoriale, mais sous son contrôle personnel.

"SP": – Quelle est la raison pour laquelle les gens de la RPD et de la RPL n’ont pas l’intention de s’arrêter, et veulent mettre en œuvre le projet d’une « grande Nouvelle Russie»?
- Les gens à juste titre considèrent ce pays comme le leur. Ils considèrent qu’il est de leur devoir de libérer l’Ukraine occupée par les nazis. Nous comprenons que la plupart des gens à Kiev et même Lviv ne ressentent aucune sympathie pour les nationalistes, mais ont peur de parler par crainte de représailles.
Les gens veulent mettre en œuvre le projet «Nouvelle Russie» dans huit régions, selon l’exemple des républiques populaires de Donetsk et Lougansk, et ensuite proposer au reste de l’Ukraine ou une partition, ou l’éviction des nationalistes. Depuis des siècles le peuple russe a soif de justice. L’argent pour nous ne peut être une valeur importante que pour un court laps de temps.

Photo ITAR-TASS / Stanislav Krasil’nikov

http://svpressa.ru/society/article/91103/

traduction Marianne Dunlop pour histoireetsociete

 

3- Voyage en pays tatar ( à cinq minutes prêt, c’était le bain de sang).

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Moustafa Djemilev à la tête des radicaux de Crimée avait-il préparé un coup d’Etat sanglant sur ordre des américains? Il a été un agent de ces derniers depuis le temps de l’Union Soviétique et le 17 juin nous le retrouvons avec les gens de pravy Sektor et cette vieille fripouille d’oligarque Igor Kolomojsky. Est-ce que priver les Russes de leur base de Crimée a toujours été l’objectif de Barak Obama et de ses conseillers néo-conservateurs et pour cela il aurait été jusqu’à provoquer une révolte des radicaux tatars, une sorte de maïdan sanglant, une action comparable à celle d’Odessa à une plus grande échelle, puisque cela aurait débouché sur l’affrontement avec une population Russe et 15.000 soldats de la base de Sébastopol. C’est en tous les cas une analyse argumentée et largement répandue en Crimée.

1- Les Tatars, Un groupe d’opposants irréductibles ?

Nous quittons l’auberge de l’érudite locale à Bakhtchisaraï. En fait il s’agit de la représentante des enseignants tatars qui fait aussi table d’hôte selon le guide du routard. Elle nous a pris pour des occidentaux venus soutenir son combat, et à ce titre nous a raconté que Soros et les Polonais finançaient leurs activités culturelles et la formation de leurs "militants". Alexander, le chauffeur russe, nous fait alors une étrange réflexion: "c’était une question de jour, d’heures mêmes, grâce à la rapidité de la réaction des autorités du parlement de Crimée et des Russes, nous avons évité le bain de sang, ça aurait été pire que ce qui se passe dans le Donbass."

Nous allons visiter le palais du Khan, il est très tôt. une véritable splendeur dont la délicatesse fait songer à l’Alhambra de Grenade. Ce palais partage avec celui d’Espagne un art de vivre porté jusqu’au raffinement. Il comprenait dit-on cent quatre vingt dix fontaines et avait réussi à créer un microclimat de fraîcheur et de mille senteurs d’arbustes odorants. Bakhtchsaraï était la capitale du Khan de Crimée du XIIIe siècle à Catherine II qui se rendit maître des descendants de la horde d’or, les enfants de Gengis Khan. Comment raconter cette histoire? Les Russes, qui se considèrent comme la troisième Rome, la première dont le relais fut pris par Constantinople et l’Empire d’orient qui tint encore mille ans et s’écroula sous la pression des Turcs. Les Russes et leur tsar, César, sont les héritiers de Byzance et ils vont comme les byzantins reprendre le flambeau pour contenir les peuples de la steppe. Longtemps impuissants devant ces razzias de nomades turco-mongols, toute l’histoire russe est celle d’une ouverture vers la Baltique en même temps qu’une reconquête acharnée avec une assimilation de ces peuples tatars. L’immensité russe est le fruit de ces poussées, de ces chevauchées barbares ou celle des cosaques, hommes libres. La horde d’or des nomades conquérants de Gengis Khan à Tamerlan a fini par s’effondrer et les Russes à partir d’Ivan le Terrible vont prendre leur revanche, le khanat tatar de Kazan, puis c’est le tour de celui d’Astrakhan… Il reste celui de Crimée, capable d’aligner près de 40.000 cavaliers et bénéficiant de l’appui de la Sublime porte, l’empire Ottoman. Le Khan de Crimée quittera les côtes pour se réfugier dans ce magnifique palais, ils sont officiellement les derniers descendants de Gengis Khan. Ils ont recueilli ce nom de Tatar en mémoire du fleuve des enfers, tant ils déferlaient sur tous les peuples de la région, irrésistibles et féroces… Nous n’avons pas le temps de dire les assauts mais aussi les connivences qui se nouent entre Russes et Tatars et qu’illustre assez bien Ivan le Terrible (il se prétend lui-même descendant de Gengis khan)… Périodiquement les Tatars de Crimée remontent jusqu’à Moscou et l’incendient, écument la terre slave, surgissent de nulle part, pillent, enlèvent, tuent et s’évanouissent dans la nature à la vitesse de leurs montures. Ils portent leur butin, de blonds et robustes esclaves, aux marchands vénitiens et génois installés sur la côte. Durant la première moitié du XVII e siècle, alors que la population de la Russie ne dépassait pas les dix millions, on estime à deux cent mille le nombre d’esclaves. BakhhtchisaraÏ est riche de ce commerce des esclaves exportés par le Khan de Crimée dans tout le bassin méditerranéen.

Ceux qui vont réagir sont les cosaques, des hommes libres fuyant toutes les dominations et réfugiés à la marge de la Russie, de l’empire des Habsbourg et de celui de l’Ottoman dans ce qui justement sera l’Ukraine qui veut dire marche. Ce sont des espèces de cow-boys, soldats laboureurs volant au combat dès que le tsar les y appelle, mais lisez plutôt le merveilleux livre de Nicolas Gogol Tarass Boulba ou regardez les tableaux picaresques d’Ilya Répin, Lettres des cosaques Zaporogues au sultan de Constantinople, pour comprendre cette épopée. Peut-être cela vous aidera-t-il à vous familiariser avec ces gens venus aider le peuple du Donbass… Il y a quelque chose de très poétique dans cette histoire qui remonte sans cesse à la surface, mais aussi quelque chose de très dangereux quand on utilise la mythologie des peuples pour attiser haine et rancœurs.

Nous sommes pris dans un groupe de touristes russes… Une jeune femme, à la peau blanche, aux yeux clairs, mais aux cheveux noirs, me prend à part, elle nous isole avec Marianne, fuyant de salle en salle les touristes qui l’encombrent… Elle est extrêmement tendue, au bord des larmes… et tout à coup, elle nous dit son désespoir: "je ne les supporte plus", dit-t-elle en désignant les Touristes russes. Elle est désespérée que les Russes aient pris le pouvoir en Crimée, visiblement son accablement vient d’une espérance récente trahie, peut-être un complot qui a échoué, écrasé par l’initiative russe ? Que faire maintenant. Elle songe à partir aux Etats-Unis. Un de ses cousins a fait des études à la Sorbonne, mais personne ne veut de lui nulle part. Elle est au bord de la crise de nerfs et me demande "Y a-t-il une place pour nous quelque part sur la terre?" j’imagine cette histoire dite et redite en famille, ont-ils revécu, se sont-ils assez raconté ce moment fatidique en 1771, lorsque la flotte russe a pris la Crimée, contraignant à l’exil le Khan, le dernier monarque européen descendant de Gengis Khan, pendant 20 ans, les désordres se poursuivront, il faudra attendre la paix de Jassy pour que la Turquie reconnaisse la suzeraineté russe sur la Crimée et Catherine nomme son favori Potemkine administrateur de la presqu’ile, il la fortifie avec Sébastopol mais aussi il place les cosaques du Kouban, les tchétchènes en sentinelle… Revoyez ce qui s’est passé en Crimée et ce qui se passe dans le Donbass à la lumière de cette longue histoire… Et puis il y a eu une partie des Tatars qui a voulu prendre sa revanche avec l’avancée allemande, la collaboration d’une bonne partie et l’exil de tous… Le retour avec la permission de Gorbatchev, sans qu’aucune condition de leur accueil ne soit vraiment réunies… Au contraire, dans les temps troublées de la chute de l’Union Soviétique…

Je regarde cette femme qui me fait pitié. Ses mots résonnent en moi, une plainte que je ne connais que trop, entretenue, avivée par des gens qui ne cherchent qu’à utiliser ce sentiment d’injustice, de malheur, d’être repoussés de tous. Autant l’érudite locale, la militante avait du ressort, autant celle-ci est une victime de ses propres rêves devant ce magnifique palais. Elle appartient à un peuple déchu qui ne cesse de contempler la splendeur passée depuis… J’ai pitié d’elle et je la déçois en lui demandant si elle ne peut pas envisager un destin commun avec… eux… Il n’y a pas d’autre solution si l’on veut éviter le malheur, mais je sais qu’elle ne m’entendra pas, elle choisira l’éternel exil et l’érudite locale est pire encore… Nous sommes devant la fontaine des lamentations en marbre blanc, les touristes s’y pressent. Ils connaissent le poème de Pouchkine, l’histoire de ce Khan, éternellement blessé par la mort de la femme aimée qui fit construire cette fontaine dont s’échappe goutte à goutte l’eau telle une larme. les deux roses qu’ apporta le poète chaque jour sont renouvelées, peut-être faudrait-il songer à cette rencontre élégiaque entre le grand écrivain et le Khan amoureux… Mais nous sommes loin de ces délicatesses… La nostalgie, le sentiment d’une injustice et de leur déchéance, les haines religieuses tout cela est macéré, ingurgité, revomi chaque jour et les Etats-Unis, leurs alliés polonais et islamistes revisitent l’histoire…

Quelques jours après quand nous rentrons chez les amis de Simferopol, le père est encore là avec son chapelet d’ambre, sa tenue de saoudien et ses malédictions à l’encontre des femmes qui ne respectent pas la charia, son ex-épouse, sa fille, son petit fils que l’on n’a pas encore circoncis. Au bout de quelques minutes, l’angoisse s’est répandue dans l’heureuse famille, il ne veut pas partir et s’est retiré dans la chambre voisine pour psalmodier ses prières. Il a été recruté par Hizb ut-Tahrir, retenez ce nom… Ce père qui selon son ex-épouse a été pris dans cette filière radicale type Al Qaida et avec lequel il est impossible de parler, il serait en quelque sorte perdu pour la raison…

Le pire des dangers sur une mosaïque comme la Crimée, même avec une dominante russe indéniable, serait de contribuer à la campagne raciste attisée par les Etats-Unis et leurs alliés européens en oubliant l’essentiel, à savoir que Tatar, juifs, Grec et d’autres ne rêvent que de paix et de sécurité… En nous quittant à l’aéroport, notre jeune amie communiste, tatar m’a demandé avec anxiété ce que je pensais de la Crimée. Je lui ai répondu: La Crimée est riche de potentialité, il faut s’occuper d’elle, la travailler, et éviter surtout les divisions… Et j’ai ajouté, il faut traiter la Crimée comme ta mère traite votre famille en recréant l’unité dans la paix et en écartant tous les fantômes…

Mais revenons au pays Tatar, nous descendons par une route de montagne semblable aux chemins corses, dans des sous bois qui mériteraient d’être essartés si l’on veut éviter l’incendie… Nous montons vers des alpages, partout des petites cabanes où l’on vend des confitures de rose, du miel et le produit d’un artisanat assez médiocre. Le long de la route des troupes de chevaux alezan, guidés par des cavalier tatars qui retrouvent un peu de leur superbe et la perdent dès qu’ils mettent pied à terre. Ils ont le teint halé des montagnards, sur le col, quelques restaurants où on hèle le client rare, le drapeau tatare a la même couleur que le drapeau Ukrainien avec en son centre un T, très peu de drapeaux russes, mais le bleu et le jaune… En arrivant sur Gourzouf, Pouchkine encore revient à la mémoire: ""Au lever du soleil, les montagnes brillaient de toutes leurs couleurs; au loin, sur les versants, les villages tatars aux maisons agglutinés ressemblaient à des ruches; entre eux, les peupliers se dressaient comme autant de colonne vertes… et partout à l’entour le ciel d’un bleu intense et pur , la mer lumineuse, l’éclat et la transparence du midi". Le sentiment entretenu que tous les malheurs des Tatars viennent de cette invasion par les Russes, améliorés encore par de vieux relents religieux la confrontation de la foi orthodoxe avec ces musulmans convertis tardivement du chamanisme à l’Islam devenu les pions du grand jeu américain.

2-Le referendum a-t-il pris de vitesse un complot de Kiev avec les Tatars de Crimée les plus radicaux ?

En écoutant Alexandre dire que les Russes ont été sauvés à quelques jours prêts, je repense à la violence avec laquelle Yéfim Zaïdman, nous a dit lui aussi que le bain de sang avait été évité. Comme pour Alexander, il décrit la peur du Maïdan, celle les groupes venus d’ailleurs qui tentaient de détruire les statues de Lénine que l’on salue désormais avec une sorte d’enthousiasme en l’interpellant : "Si nous n’avions pas été là, tu n’y serais plus", mais il y a aussi une autre menace spécifique à la Crimée, les groupes radicaux Tatars, devenus masse de manœuvre de l’Amérique et aussi de son allié Polonais. Yéfim Zaïdman est un espérantiste, patriote russe et "ami d’Israël". La suspicion qu’il voue aux Etats-Unis est inspirée par son propre parcours, on l’imagine du moins. Lui qui fut bloqué dans sa carrière parce que soupçonné de sympathies sionistes à partir de la guerre des Six Jours, lui qui a combattu pour la réhabilitation des Tatars, a encore voté pour Timochenko par haine du Parti des Régions et parce qu’elle était en prison, espérantiste, internationaliste, peut-être trotskiste, il a peut-être découvert la manipulation des Etats-Unis à travers toutes ces identités successives, je l’ignore mais c’est vraisemblable… C’est un humaniste de bonne foi, entêté dans son patriotisme russe qui lui paraît plus proche de la nation plurielle, internationaliste dont il rêve.

Pour lui l’Ukraine ne s’appartient plus, elle est complètement dirigée par les Etats-Unis. Et il nous décrit la manière dont les Etats-Unis ont volontairement financé la résurrection de l’idéologie nazie et de Bander comme ils ont utilisé le retour des Tatars en Crimée pour en faire des groupes d’opposition aux russophones. La Crimée est une mosaïque de peuples, et dans les villes marquées par l’empreinte tatare, cette mosaïque est encore plus visible dans les villes touristiques où il reste des monuments de la splendeur des Tatars de Crimée.

Après s’être battu pour la réhabilitation des Tatars de Crimée, Yéfim Zaïdman a revu le dossier et il nous explique que durant la deuxième guerre mondiale, 20.000 tatars ont déserté avec leurs armes et ils ont servi les Allemands. Ils ont montré les cachettes des partisans dans la montagne, les lieux où étaient stockée la nourriture, ils empêchaient les Juifs de s’enfuir et les livraient aux Allemands et ceux-ci les faisaient torturer à leur place, bien se salir les mains. Il nous explique qu’aujourd’hui les Tatars ont constitué un groupe de pression pour transformer leur histoire réelle et il donne comme exemple, ce livre écrit par un couple de vétérans de la deuxième guerre mondiale de l’est de la Crimée qui recensait les morts de la guerre. Il y avait 5 pages sur la collaboration des Tatars et des Allemands basée sur une étude sérieuse des archives allemandes. 500 personnes ont fait un meeting de protestation et le livre a été mis au pilon, mais il est encore sur internet. Les Tatars de Crimée ne sont pas tous sur la même ligne et il nous a confié un texte d’analyse socio-politique que Marianne a traduit et que nous publions après celui-ci qui recense les différents courants.

Yéfim Zaïdman d’ailleurs dit que c’est l’article des Tatars modérés de Crimée qui a permis de découvrir le complot qui explique que l’on ait avancé la date du référendum dans la péninsule. Cet article disait que deux ou trois mille radicaux d’une organisation terroriste, interdite en Russie, proche d’Al Qaida, Hizb ut-Tahrir, avaient prévu un bain de sang contre les Russes. Leur but était d’occuper les bases de dépôt d’armes ukrainiens ou russes pour provoquer la flotte russe. L’article publié à Kazan, en Tartarie de la fédération de Russie depuis longtemps intégré à la Russie, décrivait le projet. Le référendum a alors été avancé, semant le désarroi dans les rangs des conjurés, ils ont été pris de court à un jour près par les gentils hommes verts et les autorités du Parlement de Crimée qui ont agi avec un sang froid stupéfiant. Le meeting devant le siège du parlement de la République de Crimée était destiné à empêcher l’affrontement. Les tatars du groupe radical sont présents, mais dans la nuit Aksionov casse la fenêtre et l’occupe avec beaucoup d’armes et le matin Konstantinov élit une nouvelle direction et tout de suite après se sont déployés les détachements d’autodéfense, composés selon lui à 90% de Criméens et de cosaques du nord du Caucase, après et après seulement il y a eu les soldats russes venus de Kouban, une région très riche frontalière de la Crimée. La télévision a été également prise, tout cela s’est fait dans le plus grand calme sans un coup de feu alors que chacun vaquait à ses occupations.

Il nous interroge: "Vous ne vous êtes pas demandé pourquoi 20.000 soldats ukrainiens qui se trouvaient avec leurs armes, leurs blindés, leurs tanks, alors qu’il y avait seulement 15.000 soldats russes dans la base de Sébastopol n’ont pas cherché l’affrontement ? Moi je ne comprenais pas. En fait ce qu’expliquait cet article c’était que tout le monde attendait le 30 mars avec la révolte sanglante des radicaux Tatars. les services secrets russes ont bien travaillé et ils sont intervenus le 16 mars, tout le monde était bloqué parce que le signal de l’assaut tatar avait été déjoué, en fait derrière les Tatars il y avait les Américains dont le but était de priver les Russes de leur base navale sur la Méditerranée. Ils les ont pris également de court en organisant le référendum à toute vitesse, un véritable exploit facilité par le fait que 80% des Criméens souhaitaient le rattachement à la Russie et surtout craignaient les violences que chacun imaginait et qui auraient été pires que ce que l’on voit dans le Donbass.

Sur le moment j’ai écouté Yéfim Zaïdman avec un peu de doutes, mais la rencontre avec l’érudite locale puis le père de famille, sans parler de la jeune femme dans le musée m’ont alertée et je me suis interrogée, peut-être qu’il ne s’agissait pas seulement de rumeurs. J’ai également repensé à la conclusion de notre espérantiste de Yalta. Il ne s’agit pas de tous les Tatars, mais bien de groupes radicaux, une partie d’entre eux voyant le complot éventé a jugé plus prudent de s’enfuir à Lvov où ils ont été" accueillis par les nazis de Pravy sektor, ils ont fait jonction en attendant leur revanche.

Cette remarque nous est revenue en mémoire quand le 17 juin, avec l’annonce d’un mandat international des Russes contre Igor Kolomojevski – qui par parenthèse a vidé tous les dépôts de ses clients de sa banque (PrivatBank) en Crimée- nous avons lu cette nouvelle concernant sa rencontre avec les tatars radicaux. Mais voyez plutôt.

3 Le bataillon "la Crimée" bat le rappel et il est prêt à inonder de sang la terre de Crimée

Le soir du 17 juin à Dnepropetrovsk avait lieu la première rencontre officielle du leader des radicaux tatars de Moustafa Djemilev et le gouverneur Igor Kolomojsky.

Ils ont visité l’État-major de la sûreté nationale de Dnepropetrovsk, où sont entraînés les bataillons punitifs "Dnepr", "Donbass" et "Azov". Ces mercenaires se sont rendus célèbres à cause des meurtres des gens sans armes à Krasnoarmejsk, les fusillades à Marioupol, les nombreux supplices de blessés et d’autres atrocités. C’est la garde prétorienne du plus ignoble des oligarques qui pourtant ne font pas dans la dentelle, le gouverneur Igor Kolomojsky qui a un passeport ukrainien et Israélien et finance de par le monde de nombreux médias juifs pour qu’ils approuvent les horreurs qu’il commet, dont la première est celle de financer ces escadrons de la mort néo-nazis et de mettre à prix la tête des "Russes" et des journalistes. Il a participé à la tentative d’assassinat du maire de Kharkov et probablement il est à l’origine du massacre d’Odessa avec son complice du ministère de ‘intérieur.

Son état-major occupe tout le premier étage de la fonction publique régionale. Là est déjà prêt à la signature le soi-disant «Mémorandum sur l’assistance mutuelle dans la lutte pour la libération de la Crimée occupée».

À la cérémonie, assistait Dmitro Yaroch, dont le campement se trouve dans la même rue, dans le bâtiment de l’ancien hôpital militaire. Le chef des «pravosek» a été accueilli là par l’oligarque de Dnepropetrovsk.
Djemilev avait là une rencontre avec des étudiants de Dnepropetrovsk et la communauté musulmane. Des volontaires sont nécessaires – la signature de Kolomojsky sous le mémorandum signifie le début du financement à grande échelle de l’activité subversive dans la Crimée. La force de frappe principale – un nouveau bataillon spécial punitif tatar. Sur son chevron on représente les sabres croisés et le "tamga" (sceau) du khan Gireev.

– D’abord nous libérerons ensemble l’Est de l’Ukraine, et ensuite – aussi ensemble – nous rendrons la Crimée. Je répéterai pour notre président : la Crimée était, est et sera ukrainienne, – a déclaré Yaroch.

- Nos deux peuples, nos deux religions, qui savent ce que sont la guerre et les répressions, – nous nous unirons au nom du monde et de la stabilité en Ukraine, – a précisé l’adjoint du gouverneur Boris Trejgerman.

Maintenant à Dnepropetrovsk dans l’Ukraine Occidentale arrivent «les réfugiés tatars». Les trains de Kovel et de Lvov viennent dans la nuit. Sur le quai descendent les boieviks des groupements radicaux islamistes. Ils ont fui la Crimée il y a trois mois, à la veille du référendum sur la réunification avec la Russie. Tout ce temps était passé par les entraînements dans les camps de Galicie. Maintenant, le moment est venu d’engager le combat.

http://max-linnik.livejournal.com/6636.html

 

Vu d’ici: l’essentiel et la méthode pour tenter de le percevoir…

index Ivan le Terrible dans le film d’Eisenstein, il s’est retiré dans un monastère et le peuple vient le chercher.

Les dogmatismes…

Vu d’ici, dans cette situation de guerre civile plus ou moins déclarée avec des zones d’intensité variable, mon pays, la France, me paraît la proie de tous les dogmatismes. Le pire de tous, celui qui ne voit de salut que dans le capitalisme, le marché, l’art jusqu’au bout de tenter de résoudre les problèmes avec ce qui les crée… Dans le cas ukrainien cela devient la nécessité de résoudre les problèmes par un surplus de capitalisme et d’armement… Mais il y a d’autres idées préconçues… Au lieu de partir de la réalité telle qu’elle est, mes chers Français s’obstinent à lire la situation avec les lunettes d’un pseudo dogmatisme théorique applicable en toutes époques, tous pays. Après des années d’atonies, les peuples refont surface et il est refusé d’entendre ce qu’ils disent. En ce moment, le même schéma est appliqué aux printemps arabes, aux ex-pays de l’Union soviétique et ce paradoxalement pour mieux nier les luttes des classes, la manière originale dont elles s’expriment… comme le fait d’ailleurs le capital lui-même dans sa mondialisation… C’est d’ailleurs ce qui le perd.
Mais déjà quand on se réfère à l’histoire d’un de ces pays et de l’ensemble d’une société dont l’économique est déterminant "en dernière instance", comme le faisait Marx dans les Luttes des classes en France et Engels pour l’Afghanistan, c’est dans la méconnaissance la plus totale de la manière dont des civilisations millénaires lui ont donné des modes d’expression…

Partir des petites gens, la négation de la négation…
Tout part du peuple, y compris l’art le plus élaboré. Il est dans les rues avant d’être dans les musées.Ce qu’on pourrait appeler mon "impressionnisme", ma description de la vie quotidienne et des petites gens, part de l’idée que ce sont eux par leur obstination et par le fait qu’ils ne peuvent pas survivre autrement qui font la seule histoire, celle de la lutte des classes. Ou pour parler comme Lukacs, ils sont la négation de la négation. Donc je ne prétends pas à "l’objectivité journalistique" qui n’existe pas, même si les faits restent sacrés et l’interprétation libre, la mienne est orientée vers une pratique, comment transformer cette société"?.

J’utilise la vision du monde du petit homme, le soldat Schweik, Charlot mais aussi Figaro, leur impertinence lucide. En choisissant la solidarité avec le Donbass, oeuvrer pour l’information, la compréhension, nous avons été confrontées avec Marianne à la fin de l’Union soviétique. un événement des plus importants sinon le plus important de la fin du XX e siècle. Les traces sont partout et il est impossible de ne pas les voir dans les rues, les statues, les ruines. Ceux que j’écoute, regarde, entend grâce à Marianne, ont subi comme nous communistes français mais aussi notre peuple français, ce choc sans rien y comprendre. Moi non plus, mais il faut au moins se débarrasser de l’image imposée. On ne peut pas faire autrement que constater cette extraordinaire nostalgie qui n’a rien à voir avec l’intéressant livre sur la fin de l’homme rouge… Le souvenir est celui des temps heureux. Trop facile pourtant de simplement dire que le communisme a été trahi et que l’on peut recommencer à l’identique. l’impression est une déconstruction des a- priori, la croyance en un savoir immédiat qui n’est jamais que l’idéologie de notre société, celle de la classe dominante… mais elle reste ouverte…

En ce moment même je vois des images que vous ne verrez pas en France, celle de la bataille de Lougank, des hommes en bras de chemise avec une casquette pour se protéger du soleil rechargent des armes dans un paysage de ruine… Partout des explosions, des départs de feu. On annonce que l’un des combattants a abattu un avion ukrainien… Le petit homme ne fait pas la guerre par plaisir, il doit être contraint à défendre sa maison, son espace, le peu qu’il a, sa famille et je repense à tous ceux qui me disent en parlant des rebelles: ce sont des hommes simples comme moi…


Qu’est ce exactement que le stalinisme, les Russes aiment les tyrans ?

Par exemple, il est stupéfiant de s’entendre répéter avec obstination que tout a dévié à la mort de Staline et que ça a commencé à pourrir de l’intérieur, l’acceptation de petites corruptions, de petits avantages que l’on achetait avec une fausse ouverture mais qui se traduisait par la catastrophe pour tous. Alors en Français un peu trop cultivé on pense à Ivan le Terrible le modèle de Staline.. Oui mais voilà on ne sait rien des multiples interprétations de l’histoire d’Ivan. Des débats auxquels ça a donné lieu, y compris le film d’Eisenstein… On imagine que la deuxième partie du film a été censurée parce que Staline ne supportait pas d’être comparé à ce tyran paranoïaque. Il n’en est rien Staline se voyait lui-même comme Ivan et il pensait qu’il n’était pas allé assez loin, encombré comme il l’était dans sa religiosité excessive. Et ce qui a été reproché à Eisenstein est une interprétation de la politique étrangère d’Ivan. Si Staline choisit Ivan plutôt que Catherine de Russie ou Pierre le Grand comme référence, c’est parce qu’Ivan se méfie des étrangers européens et qu’il mène la bataille pour ouvrir une fenêtre sur la Baltique contre les Polonais, les Lituaniens, les Allemands. Alors que les puissances européennes, l’Autriche en particulier, l’incitent à aller combattre le musulman au sud, la Turquie et le Tatar son vassal, lui au contraire recrute les Tatars de Kazan pour aller vaincre les Polonais et les Allemands. Il renouvelle l’alliance d’Alexandre Newski (autre film d’Eisenstein) avec les Tatars contre les chevaliers teutoniques. Ce qui est reproché à Eisenstein c’est d’avoir mal interprété, occidentalisée la politique d’Ivan. Et on se doute bien qu’il s’agit de l’actualité, l’Urss et l’Europe. Que peut-elle en attendre? Question encore brulante…


Rancune à l’égard des communistes ou garanties d’un contrôle ?

Deuxième référence mal comprise, le cas d’Ivan est assez proche de celui de notre Louis XI, qui a lui aussi mauvaise réputation. Il abat les boïards, les grands seigneurs féodaux, fonde une armée nationale avec des cavaliers tatars. Et ce qu’on connait mal crée une sorte de système de ville franche dans laquelle le collectif paysan et marchand peut racheter l’impôt payé aux boïards et acquérir un droit de liberté politique qui va jusqu’au droit de juger, mais aussi celui de se mêler de la politique intérieure et extérieure. Dans le fond, l’idée est que la centralisation par l’autocrate empêche les querelles de riches et des puissants, les soumet par la cruauté (idée que l’on retrouve chez un autre contemporain (Henri VIII et César Borgia) et pour se faire s’appuie sur une véritable autogestion généralisée dont le droit est racheté par l’impôt disons national, bien qu’il ne s’agisse pas encore de nation.
Donc quand mes homos-soviéticus disent que depuis la mort de Staline tout s’est lentement pourri de l’intérieur et qu’ils n’ont plus confiance dans les communistes qui ont détruit l’Union Soviétique, c’est très ambigü. Un de nos derniers interviewés, dont je publierai l’interview ultérieurement déclare: "Les communistes, non je ne les veux plus, ils n’avaient qu’à conserver le pouvoir qu’ils avaient et ne pas détruire l’Union soviétique"… Quelques minutes après nous parlons de l’union entre la Chine et la Russie, combien elle inquiète les Etats-Unis et que cela explique peut-être le choix d’Obama de venir créer cette guerre civile…. Le même homme qui ne veut plus des communistes, déclare ils ne pourront pas encercler, la Russie est trop immense, La Chine a plus d’un milliard d’habitants… Et puis en Chine, il y a les communistes qui dirigent"… Je l’interrompt en soulignant la contradiction. Il rit d’être pris la main dans le sac… et affirme: "Ce sont de vrais communistes, celui qui est corrompu on le met en prison…"
Et là tout à coup ce que je prenais pour de la rancune s’éclaire, il ne s’agit pas de bouderie, mais d’exigences de garantie qu’ils ne referont pas pareil, qu’ils agiront pour le peuple et qu’ils ne se contenteront pas de discours en laissant les situation pourrir, l’injustice s’installer. Et cette "rancune" part de l’expérience, non seulement de la manière dont l’Union Soviétique a été détruite par trois ivrognes qui voulaient être tsar, mais comment elle a été pourrie de l’intérieur au point qu’une pichnette a suffi. Et il y a surtout ces terrible 23 ans avec un pays détruits par les appétits d’oligarques sans foi ni loi… On ne recommencera pas avec vous comme si rien n’était, on n’avancera avec des garanties.. En attendant on ne fait plus de politique…
Derrière l’autocrate, l’autogestion… et il ne s’agit pas d’une simple vision de ma part, ce qui pourrait paraître un souci de réhabilitation de Staline que certains me prêteront sûrement, mais elle s’étaye sur cette attention à l’environnement, aux moyens de transport, à l’emploi pour tous… Ils ne font pas de politiques mais ils constatent et déplorent ce grand n’importe quoi des appétits individuels… Il ne s’agit pas pour moi de condamner ou de défendre Staline, je n’ai pas encore tranché le débat qui divise les historiens russes… Après Ivan, il y eut une vingtaine d’années de troubles durant lesquelles se succédèrent 5 tsars impuissants et se déchirèrent les boïards. Est-ce parce que le pouvoir d’Ivan qui avait durablement transformé et marqué la Russie n’avait pas été assez au fond comme le pensait Staline ou est-ce que la cruauté, la terreur avait fait sortir le pire des êtres humains qui s’étala à sa mort, comme si les diables de la soumission servile s’étaient relâchés?
Ce qui est sûr c’est que l’expérience est telle que le petit homme ne se mêlera de politique que il aura la confiance et le contrôle.

L’essentiel: Pourquoi l’Europe veut-elle la guerre?

Deuxième idée, qui dans sa simplicité renvoie aussi au débat entre Einstein et Staline à propos d’Ivan: qu’est-ce que l’Europe?
Et là la réponse dans sa simplicité m’a été apportée par deux femmes de Kharkov qui ne faisaient pas de politique, étaient tellement occupées à travailler , à faire le ménage qu’elles n’avaient rien vu dans leur ville. Elles étaient des mères avant tout, leur ville touche l’oblast de Lugansk et elles ont peur, elles pleurent et ne dorment plus. Parce qu’elles craignent que l’armée ukrainienne prenne leurs époux, leurs fils pour les envoyer combattre les gens du Donbass. Elles regrettent elles aussi la paix, l’égalité de l’Union soviétique. Elles ne savent pas ce qui s’est passé, un matin elles ont ouvert la télé qui leur a annoncé la fin de L’Union soviétique. Ce temps béni où il n’y avait pas de différence entre russes, ukrainiens, biélorrusse et où l’on vivait en paix.
Je leur demande si elles préfèrent l’Europe ou la Russie… Elles me répondent "Pourquoi faut-il choisir? Pourquoi l’Europe apporte-t-elle toujours la guerre?"
Et voilà la réponse au débat entre Eisenstein et Staline: "l’Europe c’est la guerre!"

 

La rencontre Russie-chine, l’Eurasie énergétique par pepe Escobar

http://www.atimes.com/atimes/China/CHIN-01-190514.html

6

Un spectre hante Washington, la vision troublante d’une alliance sino-russe épousant une symbiose expansive du commerce dans une grande partie du continent eurasien – au détriment des États-Unis.

Et l’inquiétude de Washington n’a rien d’étonnant. Cette alliance est déjà un accord passé de différentes façons : par le groupe BRICS des puissances émergentes (le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud); avec l’Organisation de Coopération de Shanghai, le contrepoids asiatique à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord; à l’intérieur du Groupe des 20 et via le Mouvement des non-alignés dont 120 nations sont membre (NAM).

Et les accords commerciaux sont juste une partie de la future négociation. Synergies

Il y a le développement de nouvelles technologies militaires. Après Star Wars-style de la Russie, ultra-sophistiquée S-500 air défense antimissile, système est mis en ligne en 2018, Beijing est sûr de vouloir une version de celui-ci. En même temps, la Russie s’apprête à vendre des dizaines d’avions de combat Soukhoï Su-35 à state-of-the-art aux chinois permettant à Pékin et Moscou de sceller un partenariat industriel dans l’aviation.

Cette semaine devrait fournir l’occasion de voir un véritable premier feu d’artifice en matière de célébration d’un nouveau siècle eurasien lors de la visite que le Président russe Vladimir Putin fait au Président chinois Xi Jinping à Pékin.

Vous vous souvenez des « Pipelineistan, » toutes ces essences vitales et les gazoducs traversant l’Eurasie qui composent le vrai système circulatoire de la vie de la région. Maintenant, il semble que l’ultime Pipelineistan deal, d’une valeur d’US$ 1 billion et 10 ans de fabrication, sera signé . Dans ce document, le géant énergétique russe contrôlée par l’Etat, Gazprom sera d’accord pour fournir le géant étatisée China National Petroleum Corporation (CNPC) avec 3,75 milliards de mètres cubes de gaz naturel liquéfié par jour pour pas moins de 30 ans, à partir de 2018. C’est l’équivalent d’un quart des exportations de gaz de la Russie vers toute l’Europe. La demande de gaz quotidienne actuelle de la Chine est environ 16 milliards de mètres cubes par jour et les importations représentent 31,6 % de la consommation totale.

Gazprom peut encore recueillir la plus grande partie de ses bénéfices de l’Europe, mais l’Asie pourrait se révéler son Everest. La société utilisera ce méga-deal pour stimuler l’investissement en Sibérie orientale et reconfigurer l’ensemble de la région comme une réserve de gaz privilégiée pour le Japon et la Corée du Sud également. Si vous voulez savoir pourquoi aucun pays clé en Asie n’a été disposé à « isoler » la Russie au milieu de la crise ukrainienne – et au mépris de l’administration Obama – ne cherchez pas plus loin que Pipelineistan.

Sortie du pétrodollar, entrée dans le gaz-o-Yuan

Et puis, au coeur de l’anxiété de Washington, il faut considérer le sort du pétrodollar , ou plutôt la possibilité de a bombe « thermonucléaire » savoir que Moscou et Pékin accepteront le paiement pour l’affaire Gazprom-CNPC pas en pétrodollars mais en yuans chinois.

On peut difficilement imaginer un déplacement plus tectonique, avec Pipelineistan, que celui opéré avec un partenariat sino-russe politique-économique-énergie. Ainsi cela ouvre la possibilité future d’un coup de pouce vers d’la constitution par la Chine et la Russie, d’une nouvelle de réserve internationale- en fait un panier de devises – qui remplacerait le dollar (au moins dans les rêves optimistes des membres des BRICS).

Juste après que le sommet sino-russe ait potentiellement changer le jeu intervient un sommet des BRICS au Brésil en juillet. C’est alors qu’une banque de développement du BRIC avec 100 milliards $, annoncée en 2012, sera officiellement née comme une alternative possible au Fonds monétaire International et à la Banque mondiale comme une source de financement de projets pour les pays en développement.

Davantage de coopération entre les BRICS, destinée à contourner le dollar, est là dans le « gaz-o-yuan », le gaz naturel acheté et payé en monnaie chinoise. Gazprom envisage même la commercialisation des obligations en yuans, dans le cadre de la planification financière pour son expansion. Les obligations adossés au Yuan se négocient déjà à Hong Kong, Singapour, Londres et plus récemment à Francfort.

Rien ne pourrait être plus judicieux pour le nouveau contrat de Pipelineistan que de le régler en yuans. Beijing paierait Gazprom dans cette monnaie (transformable en roubles) ; Gazprom accumulerait du yuan ; puis la Russie achèterait des myriades de "made-in-China", des biens et services en yuan convertibles en roubles.

S’il est notoriété publique que les banques à Hong Kong, de Standard Chartered à HSBC – et d’autres qui sont étroitement liées à la Chine via des accords commerciaux – ont joué la diversification dans le yuan, ce qui implique qu’il pourrait devenir un des monnaies de réserve mondiales de fait avant même qu’il soit entièrement convertible. (Beijing est officieusement en train de plancher sur un yuan entièrement convertible en 2018).

L’affaire du gaz de la Russie et de la Chine est inextricablement liée à la relation énergétique entre l’Union européenne et la Russie. Après tout, l’essentiel du produit intérieur brut de la Russie vient de pétrole et de gaz de ventes, et joue une grande partie de son effet de levier dans la crise de l’Ukraine. À son tour, Allemagne dépend de la Russie une facture de 30 % de son approvisionnement en gaz naturel. Les impératifs géopolitiques de Washington – pimentées avec l’hystérie polonaise – ont poussé Bruxelles à trouver des moyens de "punir" Moscou dans le domaine de l’énergie du futur (tout en ne mettant pas en péril les relations énergétiques d’aujourd’hui).

A Bruxelles, ces jours-ci, une bruyante rumeur se fait entendre concernant la possible annulation du projet du gazoduc South Stream de 16 milliards d’euros (US$ 22 milliards), dont la construction doit commencer en juin. Par ce biais, il serait pompé encore plus de gaz naturel russe vers l’Europe – dans ce cas, sous la mer Noire (sans passer par l’Ukraine) pour la Bulgarie, Hongrie, Slovénie, Serbie, Croatie, Grèce, Italie et Autriche.

La Bulgarie, la Hongrie et la République tchèque ont déjà fait clairement savoir qu’elles sont fermement opposés à toute annulation et l’annulation n’est probablement pas envisagée. Après tout, la solution de rechange évidente est alors le gaz de la mer Caspienne depuis l’Azerbaïdjan, et qui n’est pas susceptible de se réaliser à moins que l’UE développe ses propres projets de construction.

Dans tous les cas, l’Azerbaïdjan n’a pas une capacité suffisante pour fournir les niveaux de gaz naturel nécessaires, et les autres acteurs comme le Kazakhstan, en proie à des problèmes d’infrastructure, ou le Turkménistan sont peu fiables, ils préfèrent vendre leur gaz à la Chine, ils sont déjà en grande partie ailleurs. Et n’oubliez pas que South Stream, couplée à des projets d’énergie subsidiaires, va créer beaucoup d’emplois et des investissements dans de nombreux les pays de l’UE dont les économies sont actuellement dévastées.

Néanmoins, ces menaces de EU, bien que peu réalistes, ne servent qu’à accélérer la symbiose croissant de la Russie avec les marchés asiatiques. Pour Pékin, en particulier, c’est une situation gagnant-gagnant. Après tout, entre l’énergie fournie à travers les mers surveillées et contrôlées par l’US Navy et les routes de terre régulières et stables de Sibérie, il n’y a pas à hésiter.

Choisissez votre propre Route de la soie

Bien sûr, le dollar des États-Unis reste la monnaie de réserve globale supérieure, impliquant 33 % des participations aux échanges mondiaux à la fin de 2013, selon le FMI. Il était, cependant, à 55 % en 2000. Personne ne sait le pourcentage en yuan (et Pékin ne parle pas), mais le FMI note que les réserves dans "d’autres monnaies" dans des marchés émergents ont été en hausse de 400 % depuis 2003.

La Réserve fédérale monétise sans doute 70 % de la dette de gouvernement américain dans une tentative pour empêcher que les taux d’intérêt atteignent un sommet . Le conseiller de Pentagone Jim Rickards, aussi bien que chaque banquier basé à Hong-Kong, a tendance à croire que la Réserve fédérale est fichue (quoiqu’ils ne le disent pas publiquement)). Personne ne peut même imaginer la mesure du déluge futur possible si le dollar des États-Unis devait répondre des 1.4 $ quadrillion du Mont Ararat des dérivées financières.

Ne croyez pas cependant entendre sonner là le glas de capitalisme Occidental, il s’agit juste d’une hésitation en cette foi économique actuelle, le néoliberalism, qui est tout de même de l’idéologie officielle des États-Unis, de la majorité écrasante de l’Union européenne et de nombreuses parties de l’Asie et de l’Amérique du Sud.

Autant que ce qui pourrait être appelé "néoliberalism autoritaire" du Royaume du milieu, qu’est-ce qui peut être différent à l’heure actuelle ? La Chine l’a prouvé, il y a une alternative, axée sur des résultats, au modèle capitaliste "démocratique" Occidental pour des nations ayant pour but le développement . Ce modèle construit pas seulement un, mais d’innombrables nouvelles Routes de la soie, les réseaux d’une grande portée des chemins de fer à grande vitesse, des autoroutes, des pipelines, des ports et des réseaux à fibre optique à travers les immenses contrées de l’Eurasie. Celles-ci ont une route asiatique du sud-est, une route asiatique Centrale, un océan Indien "l’autoroute maritime" et même une ligne ferroviaire à grande vitesse par l’Iran et la Turquie s’étendant jusqu’à l’Allemagne.

En avril, quand le Président Xi Jinping a visité la ville de Duisbourg sur le Rhin, avec le plus grand port intérieur du monde et plongeant à droite dans le cœur de l’industrie de Ruhr de l’ acier de l’Allemagne, il a fait une proposition audacieuse : une nouvelle « route de la soie économique » devrait être construite entre la Chine et l’Europe, sur la base de la voie ferrée de Chongqing-Xinjiang-Europe, qui déjà va de la Chine au Kazakhstan, elle se poursuivrait jusqu’en Russie, Bélarus, Pologne et enfin jusqu’en Allemagne. C’est 15 jours en train, 20 de moins moins que pour les cargos au départ sur la côte est de la Chine. Maintenant, cela serait le tremblement de terre géopolitique ultime en matière d’intégration de la croissance économique dans l’ensemble de l’Eurasie.

Gardez à l’esprit que, si aucune bulles n’éclatent, la Chine s’apprête à devenir – et restera – la première puissance économique mondiale, une position dont elle jouissait pour 18 des 20 derniers siècles. Mais ne le dites aux hagiographes de Londres ; ils croient toujours que l’hégémonie américaine durera, Eh bien, toujours.

 
2 Commentaires

Publié par le mai 20, 2014 dans Asie, civilisation, Economie, Europe

 

Cette vieille fripouille de Kolomojskij a obtenu le prix du massacre d’Odessa par danielle Bleitrach

1Jeux de pouvoir dans l’ombre du massacre Odessa :

Timochenko perd des positions et Kolomojski en gagne :le Président Turchinov illégitime a signé deux décrets ce matin, le premier entraîne la nullité de la nomination du gouverneur Vladimir Nemirovskij (parti de la patrie, Timoshenko) et cède la présidence de l’administration de l’État dans la région d’Odessa Igor Palitsa, adjoint « indépendant », un loyaliste de l’oligarque-financier Pravyj Kolomojskij Sektor et gouverneur de Dnepropetrovsk.Palitsa a occupé le poste du président de la direction de la compagnie pétrolière ukrainienne Ukrnafta. Le nouveau gouvernerneur de la région d’Odessa se classe 83e dans la liste de Forbes des «100 personnes les plus riches de l’Ukraine en 2012 ». Sa fortune est estimée 115 millions de dollars.

Cest ce qu’on appelle un jeu de bande au billard, on met sur la touche le gouverneur d’Odessa proche de Timochenko dans le cadre dela course à la présidentielle et dans le même temps on feint de sanctionner un responsable du massacre. Pour mieux installer celui qui est à l’origine de l’affaire cette vieille fripouille de Kolomojskij qui a accueilli chez lui à Dnepropetrovsk les troupes de Pravy Sektor quand on les a "chassé" de Kiev (souvenez vous des articles du Monde et de Libé et de la farce que nous avions dénonée alors. Après les avoir accuillis il les a mélangés à la troupe de supporters hooligan de son équipe de foot et il a financé des cars entiers pour aller créer le désordre, d’abord à Kharkov (où le maire a été assassiné à cette occasion) et peur de temps après à Odessa pour y fomenter les troubles que l’on sait…

Pour que le personnage soit complet et immonde dans le raffinement : Cette fripouille a fermé toutes les agences de sa banque Privatbank à Lougansk. Les gens, les salariés, les retraités, ne peuvent plus retirer d’argent sur leurs comptes si régler leurs courses avec leur carte de crédit, ni rien payer…

Ces gens sont pires que ce que l’on peut imaginer et si on ne regrette pas les croche-patte à la vénale et venimeuse Timachenko, la manière dont on se moque des peuples est assez ignoble et explique toutes les révoltes devant ces jeux qui durent depuis la fin de l’uRSS et ont pris une grande ampleur avec la révolution orange et les vannes ouvertes à la réhabilitation du nazisme, la russophobie comme base de l’identité en crise, dans un Etat que ces rapaces n’ont cessé de saigner. Mais où, comme le disait Marx dans la lutte des classes en France, la tragédie qui se répète vire à la comédie, c’est quand l’on découvre un oligarque qui a la double nationalité, ukrainienne et Israélienne, qui finance les organisations juives, s’entourer d’une garde prétorienne de néonazis pour aller bruler dans la maison des Syndicats des antifascistes et des communistes. Tout cela sans autre idéologie que le profit vorace. Ces gens sont désormais les piliers de l’abominable système qui prétend soutenir une hégémonie en déclin… dont les Etats-Unis sont le bras armé…

Parce que le vrai problème est -là ces ubuesques individus aux appétits déchaînés ne peuvent se maintenir dans l’instabilité qu’il génèrent que parce qu’ils ont le soutien des Etats-Unis et l’UE. Cela ne date pas d’aujourd’hui mais cela prend une ampleur nouvelle, partout mais singulièrement d’abord en Amérique latine, la CIA a réussi à faire nouer des alliances entre les vieux déchets de la 2e Guerre mondiale, le Klaus Barbie et les "oligarques" y compris juif et le caractère stupéfiant de ce mariage de la carpe et du lapin, du nazisme et d’une poignée de capitaliste juif n’a de sens que par rapport aux visées suprêmes de l’impérialisme. Tandis que son système de propagande invente de nouveaux Hitler dans les peuples à dominer et à piller. Ceci sous le regard médusé d’une planète chez qui l’Occident fou est de moins en mois populaire, même si peu osent encore l’affronter.
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Et pour que la farce soit complète,le parlement, tenu par les putschistes de EuroMaïdan, ont voté l’exclusion des députés communistes de la salle du Parlement parce qu’ils réclamaient une séance publique et non le huis clos, sous le motif : "propos séparatistes de Simonenko". Le député radical, Oleg Lyashko, a proposé cette exclusion au vote… On se souvient que Simonenko propose le fédéralisme (quelque chose d’aussi extraordinaire que ce qui caractérise l’Allemagne actuellement après un référendum), pour justement tenter de sauver l’Ukraine. Une réunion entre le Parlement (Verkhovna Rada) et le chef de service de sécurité (SBU) doit se tenir aujourd’hui.
On se souvient de la nature démocratique des débats sous l’influence de Svoboda au parlement quand les néofascistes au pouvoir sont venus frapper Simonenko, député communiste et secrétaire du parti communiste d’Ukraine.
C’est le royaume du père Ubu grotesque et criminel.

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Soyons clairs ces gens là fomentent une guerre civile qui n’a aucune raison d’exister entre les ukrainiens eux mêmes. Ni avec les Russes. En effet il faut comprendre qu’être russe ne signifie en aucun cas que l’on soit séparatiste, simplement on appartient au peuple russe, ce qui n’est pas une nation , elle même une construction politique et encore moins à un Etat. Ce qui fait qu’on peut être un patriote ukrainien ou bielorusse tout en étant Russe, le vecteur en est la langue. Cette guerre civile est provoquée de toute pièce, à des gens qui réclament un type d’Etat (fédéral) et qui ne reconnaissent pas la légitimité d’un pouvoir imposé par un coup d’Etat, ce même pouvoir répond en envoyant des troupes de voyous nazis et l’armée pour une expédition punitive. Qu’Est-ce pouvoir, une bande de chats sauvages qui ne voient dans son exercice qu’occasion d’enrichissement à la manière de cette fripouille de Komomojskij. Un tel pouvoir ne tiendrait jamais s’il n’avait derrière lui l’Occident et en particulier les Etats-unis.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le mai 6, 2014 dans civilisation

 

Moscou renoue avec le premier mai, le premier depuis 1991

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Hier, célébration à Moscou de la Journée du Printemps et du Travail . Cette manifestation officielle ne s’était pas produite depuis la fin de l’Union soviétique (1991). Ce qui prend tout son sens vu le contexte, celui de la tension et de l’endiguement imposée par les Etats-Unis et l’Union européenne, mais cela va plus loin. Il y a d’autres signes comme par exemple les statistiques concernant la santé et le taux de mortalité. Sur le plan politique, les communistes ont le vent en poupe, comme l’ont prouvé les élections municipales dans la 3 e ville du pays à Novossibirsk, mais aussi la semaine dernière les élections autour de Moscou où dans un cas les communistes l’ont emporté sur Russie Unie et partout ils progressent. Si la popularité de Poutine est à son zénith, Est-ce qu’il en est de même de son parti? Les résultats partiels n’en témoignent pas. Ce que l’on avait déjà ressenti devant les cérémonies d’ouverture et de clôture des jeux olympiques de Sotchi était la manière dont la Russie assimilait son passé, l’Union soviétique y était présentée comme une période d’essor mais aussi de joie quotidienne, familiale et c’est le sens des défilés du premier mai où l’on va en famille pour fêter le retour des beaux jours autant que pour célébrer la fête des travailleurs. Tous ceux qui ont vécu dans un pays socialiste quelle que soit par ailleurs leur bilan parlent avec nostalgie de ces moments de fête collective.

Il y a la sortie d’une humiliation représentée par un effondrement organisé partout par l’appareil à son sommet. Henri Alleg racontait la séance de dissolution du parti communiste d’URSS, il y avait 2000 membres de ce parti. 200 s’étaient entendu pour se partager les dépouilles de l’Etat soviétique et les 1800 autres ne savaient plus s’opposer à une décision d’en haut et ils ont gardé le silence. J’ai lu pas mal de textes à partir des archives que les chercheurs dépouillent. Il y a eu vers la fin partout la tentative de provoquer un sursaut dans les entreprises, dans les régions, mais ce qui ressort est deux choses, la première est la bureaucratisation des dirigeants syndicaux et politiques y compris dans les entreprises, leur coupure avec la base, la seconde est le fait que personne ne pouvait imaginer que les avantages acquis, faisant partie de la vie quotidienne seraient remis en cause, cela paraissait naturel, par contre chacun voyait ce qui manquait en particulier en matière de consommation.

Donc près de 100.000 manifestants la première fois que l’on fait appel à eux depuis 1991 ça a un sens…

Plus de 100.000 personnes y ont représenté les syndicats indépendants, le parti communiste de la Fédération de Russie et les partis politiques de la majorité présidentielle (dont Russie unie), tandis que des rassemblements partaient de divers endroits de la capitale fédérale. Le Parti communiste de la Fédération de Russie (‪#‎KPRF‬) et les autres organisations communistes se sont retrouvés place du Théâtre, puis devant le monument Karl ‪#‎Marx‬. Russie juste (opposition de gauche) et le Parti libéral-démocrate de Russie (LDPR, opposition de droite) se sont retrouvés place Pouchkine.

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Publié par le mai 2, 2014 dans civilisation, histoire

 

L’art ukrainien : Kill coco-fasciste

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Je dois dire que j’ai le plus grand mal à apprécier à sa juste valeur esthétique les créateurs de Kiev,j’ai dit tout le mal que je pensais de l’exposition dans laquelle "le Russe" était présenté en cage comme un animal dans un zoo. voici par exemple un des artistes Igor Pereklita, dans le cadre d’une exposition qui a lieu maintenant à Kiev et aussi celle au Museum of Contemporary Art en Russie en 2010. Ce que je connaissais de cette école était jusqu’ici lié à la présentation qui avait été faite « ЯКЩО / ЕСЛИ / IF ", PERMM Museum of Contemporary Art, 21 mai-10 juillet 2010. Pourtant je crois que cela nous aide aussi à percevoir le caractère inextricable de cette identité ukrainienne et Russe. Le danger qu’il y a eu de la part des etats-Unis et de l’Europe à ne pas percevoir ces enlacements sur un temps historique avec le paroxysme de la deuxième guerre mondiale.

La première rencontre que j’ai eu avec cet art ukrainien est liée à une intiative russe

L’initiative du conservateur vivant à Moscou, Ekaterina Degot, soulevé des soupçons immédiates et pas seulement politiques. Comment un conservateur russe, abordera la tâche de faire connaître le nouvel art ukrainien ? l’exposition a porté sur la longue et compliquée histoire commune des deux pays voisins ? Quelles sont les implications d’exposer l’art contemporain ukrainien dans un musée russel dans le climat d’incertitude politique entre la Russie et l’Ukraine qui est déjà celui de 2010 avec les convulsions de la Révolution orange ?

l’exposition était une vitrine pour les peintures de la nouvelle vague ukrainienne des années 1980-1990, mais ses enquêtes sur la scène artistique ukrainien a conduit à un spectacle plus diversifié, y compris les différents médias et une plus large représentation générationnelle des artistes ukrainiens donc cela permettait une assez bonne approche.Surtout que l’exposition ne se contentait pas d’oeuvres picturales mais regroupait des photographies et surtout des objets tous les jours: assiettes, graffitis, monuments publics et les publicités télévisées qui rappelle le réalisme social soviétique.

Il s’agissait de représenter les vecteurs multiples de l’activité artistique autour et depuis la Révolution Orange de 2005. N’oubliez pas que la Révolution orange a donné le signal de la réhabilitation des collaborateurs nazis présentés comme les fondateurs de l’identité ukrainienne. l’exposition était organisée par thèmes en quatre sections: "Maidan" (art politique et art dans l’espace public), "Wonderland" (une réflexion critique sur l’idée d’identité nationale), "Fantômes" (peinture visionnaire) et "Dreamers" (contexte socio-affectif de l’Ukraine aujourd’hui). Dans l’ensemble, l’exposition présentait environ 100 travaux de 30 artistes. Très divers cela allait de l’exaltation des mineurs du Donbass à la méditation toujours sur un espace post-soviétique. mais deux artistes qui me paraissent particulièrement intéressant à propos de l’identité ukrainienne :

11 œuvre de Volodymyr Kuzneto.

toujours dans le cadre de la même recherche identitaire, j’insiste particulièrement Igor Pereklita qu vient de l’ouest ukrainien explique : je suis une fille de Bandera, je suis une jeune fille ukrainienne! (2007) IL combine techniques visuelles utilisées dans les affiches de propagande et des icônes religieuses, représentant une femme dans une blouse traditionnellement brodée tenant un fusil et une grenade à main. Son chemisier porte le slogan: « Mort aux Occupants moscovites ». Peinture, qui devenait particulièrement provocante quand elle était en 2010 affichée en Russie, prétendait montrer le caractère inextricable de l’identité ukrainienne. La diversité des images et des approches techniques aux œuvres faisant écho écho à la cacophonie des forces, des idéologies et des stéréotypes qui sous-tendent l’identité nationale ukrainienne instable.

je crois que cela nous aide à comprendre des phénomènes comme les Pussy Rots et les femen dont Vladimir POutine s’amusait pour les une comme pour les autres à expliquer à Angela Merkel qu’une allemande était malvenue de soutenir des antisémites.
Pour revenir à Igor Pereklita voici ses oeuvres récentes, dans lesquelles on peut dire qu’il a poursuivi dans la même voie. L’artiste a consacré sn travail aux visites du patriarche russe Kirill en Ukraine. et il les présente aujourd’hui dans la Galerie d’indépendants Art Collections Antin de Kiev, le titre en est « kill avec coco-fasciste ». Igor Pereklita ont plusieurs fois participé aux projets de la Galerie et est membre du groupe créatif, l’Union des artistes libres « volonté ou la mort. »

Chacun jugera ici de l’intérêt de cette oeuvre et surtout où elle entremêle identité ukrainienne et nazie mais aussi russe, avec de temps en temps une petite notation juive.

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non seulement Lénine prend sur ses genoux Hitler mais vous remarquerez l’identité de la faucille et du marteau avec le magden David… On comprend que le tthème du judéobolchvisme et celui de Moscou la Juive aient quelques résonnances…

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Grace à l’Europe identifiée à Bandera le nazi devenu Saint Georges (aimable référence à l’ordre de Saint Georges symbole de la Victoire sur l’allemagne nazie pour les Eusses) terrasse le patriarche russe.

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Avec bien sûr la célébration du patriarche devenu orthodoxe devenu le communisme avec faucille et marteau et accumulation de cranes à l’est, tandis qu’à l’ouest, le prêtre catholique peut-être avec sa mitrailleuse- croix le bloque …

 
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Publié par le mai 1, 2014 dans civilisation, Europe, expositions

 

Un interdit du côté de Beziers, un spectacle Léo Ferré…

1de Jean-Marc Dermesropian.

Chers amis,
>
> Je n’ai pas spécialement le cœur à vous faire rire aujourd’hui parce que Natasha Bezriche, une amie artiste, très talentueuse, merveilleuse interprète, entre autres, des chansons de Léo Ferré, s’est vue obligée d’annuler un concert qu’elle devait donner hier, à Roujan, à quatre pas de Béziers.
> Les gendarmes sont passés hier à 19 H 30, interdisant d’ouvrir les portes de la salle de spectacle, sur ordre du procureur délégué de Beziers. Les responsables de l’association organisatrice sont convoqués demain lundi, à la gendarmerie.
> Nous en saurons un peu plus en début de semaine, du moins je l’espère.
> Voici un message que Natasha a écrit ce matin, encore sous le choc. On le serait à moins.
>
> De Natasha Bezriche : "Amis Facebook, amis chanson… Notre spectacle "Ferré" a été annulé ce 5 avril…et la salle associative les "ANARTISTES", est menacée de fermeture définitive…. C’est vraiment affligeant et surtout inquiétant… et je reçois des messages nauséabonds de quelques incertains, aigris, extrémistes douteux et de tout poil, et qui me terrifient, car en plus de toutes ces tristes mésaventures , je lis : "Une métèque qui chante un anar, on a besoin de ça chez nous…! Rentre chanter chez toi , Natasha BEZRICHE !!"… Alors ce matin, amis vaillants et vigilants, je suis en colère voyez vous ! Ils arriveraient presque à m’ôter l’envie de chanter…et me donnent envie de crier !!!"

 
 

LA FÊTE DE L’HUMA A NOVOSSIBIRSK

- c’est la 3ème ville de Russie !
- c’est la première fois depuis la fin de l’URSS que les communistes dirigeront une ville de cette importance
- les communistes russes considèrent cette victoire comme historique, un point d’appui pour la conquête du pouvoir en Russie, qui est la prochaine étape

Sur la participation, un peu moins de 31%, commentaires à la TV:
- c’est une tendance habituelle ces dernières années (en 2011 aussi, moins de 32%
- les chiffres des précédentes municipales étaient artficiellement gonflés par ce que l’on appelle en russe "administrativny ressours" (diverses manières d’inciter les gens à voter).

Sur l’influence du PCFR à Novossibirsk, il faut savoir qu’ils organisent tous les ans depuis 2008 une "Fête de la Pravda", sur le modèle (revendiqué) de la Fête de l’Huma, avec un succès croissant, voici d’ailleurs une video sur une fête dont les communistes français reconnaitront l’esprit inimitable :

 
 

Bosnie-Herzégovine : une révolution « à deux heures d’avion de Paris ».

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L’Europe paraît avoir atteint les limites de sa stratégie inaugurée à la chute de l’URSS et celle du mur de Berlin. Les événements ukrainiens paraissent un manière de farce (cf. le 18 Brumaire de Louis Napoléon et la réflexion de Marx sur la farce et la tragédie de la répétition historique) répéter à la fois l’effondrement du mur, celle de l’URSS mais aussi de la Yougoslavie avec les fragmentations nationalistes. A ce titre ce qui se passe à Donestk , en Moldavie où demeurent ces vestiges socialistes dans la mémoire des hommes se rejoue l’unité sur la base de la deuxième guerre mondiale et la dénonciation de la trahison des espérances en la démocratie. (note de Danielle Bleitrach)

Dimanche 6 Avril 2014

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Voici un article rédigé par les camarades du MJCF de Toulouse sur la situation en Bosnie-Herzégovine, une révolution passée sous silence par les médias.
».

C’était au printemps 1992, l’Europe découvrait le nom de ce petit pays d’à peine quatre millions d’habitants, issu de l’éclatement de la fédération yougoslave. Comme en Croatie, un an auparavant, les populations serbes de Bosnie-Herzégovine, travaillées au corps depuis 1989 par la propagande nationaliste du président de la Serbie Slobodan Miloševic, proclamaient leur refus de vivre dans un État où elles ne seraient pas majoritaires, revendiquaient leur volonté de réaliser une grande Serbie et prenaient les armes contre le gouvernement de Sarajevo et leurs anciens compatriotes Musulmans (1) et croates (2).

La guerre en Croatie de juin 1991 à janvier 1992 avait déjà dévoilé le programme de « purification ethnique » mis en place par les nationalistes serbes dans les zones où ils étaient majoritaires (Slavonie orientale et Krajina) ainsi que la transformation de l’ancienne armée yougoslave en instrument du projet nationaliste de Miloševic. La guerre en Bosnie-Herzégovine devait plonger ce pays dans les pires atrocités que l’on ait vu en Europe depuis 1945. Crimes de guerre, crime contre l’humanité, génocide, rien ne fut épargné aux habitants de la Bosnie-Herzégovine, des bombardements terroristes des villes de Sarajevo, Goražde, Mostar, Bihać, Tuzla, au massacre des populations non serbes de Brčko, Banja Luka, Višegrad, Zvornik, Zepa, Srebrenica, en passant par les viols systématiques, les camps de concentration et les dizaines de villages rayés de la carte.

Ainsi d’avril 1992 à décembre 1995, cette guerre fit plus de 200 000 morts et près de 900 000 réfugiés.

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Bosnie-Herzégovine : une révolution « à deux heures d’avion de Paris ».

A une guerre atroce la Bosnie-Herzégovine a pu ajouter au nombre de ses malheurs une paix raté. Sous la pression des États-Unis, les belligérants signèrent les accords de Dayton. Cet accord entérinait de fait la partition du pays. Ainsi la Bosnie-Herzégovine est un État séparé en deux entités : la République des Serbes (Republika Srpska) et la Fédération Croato-Musulmane. Hormis le fait que les nationalistes serbes conservaient le contrôle de 49% du territoire, les Croates et les Musulmans étaient contraint de cohabiter alors que les premiers s’étaient entendus avec les Serbes pour faire la guerre aux seconds de mars 1993 à avril 1994 démultipliant les atrocités dans un conflit qui n’en manquait pourtant pas. En faisant de l’appartenance nationale un critère politique, les accords de Dayton ont favorisé le maintien au pouvoir des partis nationalistes, pourtant largement responsables de la guerre, imposant aux Bosniens (3) de déterminer leur vote en fonction de leur communauté d’appartenance. Ainsi, la Bosnie-Herzégovine connaît le système institutionnel parmi les plus complexe au monde combinant deux entités autonomes sous la houlette d’un État dont les prérogatives sont neutralisées par le jeux des partis nationalistes, le tout placé sous le contrôle d’un haut représentant des Nations Unis, véritable proconsul international ayant le dernier mot sur toute décision administrative et politique.

Économiquement, le pays a été mis, avec la complicité active des différents partis nationalistes, en véritable coupe réglée. Les rares industries survivantes du conflit ont été privatisées dans des conditions dignes des pires systèmes mafieux ; l’argent destiné à la reconstruction du pays a été capté par des politiciens corrompus au-delà de l’imaginable ; les activités mafieuses, drogue, prostitution, racket, prospèrent ; le salaire moyen est de 250 euros par mois ; le taux de chômage est de 40% avec des variations locales allant de 25% à 70% ; l’espérance de vie a chuté de dix ans ; l’extrême pauvreté est le lot de plus d’un tiers de la population ; les filets sociaux inexistants et abandonnés aux religieux ; ajoutons à cette liste non exhaustive la corruption, le népotisme, l’ignorance crasse et le nationalisme outrancier des « élites » nées de la guerre.

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Et pourtant, malgré la misère noire, la propagande, la résignation, la peur, la société civile n’a cessé de se battre. Contre les nationalismes, contre les intégristes religieux de tout poil, contre la corruption, pour que la justice soit rendue quant aux horreurs perpétrées durant la guerre, pour l’assistance aux plus démunis, pour la démocratie, pour l’exercice des droits syndicaux, pour une culture indépendante, pour un pays qui soit autre chose qu’un trou noir misérable et mafieux sis au cœur de l’Europe. Dix-neuf ans de luttes avec ses petites victoires et ses grands échecs, dix-neuf ans à se cogner contre les murs du nationalisme et de la peur du voisin, dix-neuf ans à subir les diktats néolibéraux de la communauté internationale, dix-neuf ans à voir les profiteurs de guerre nager dans le luxe quand d’autres font à peine un repas par jour, dix-neuf ans à vivre dans le souvenir du paradis perdu de la Yougoslavie communiste, dix-neuf ans à attendre la goutte d’eau qui ferait enfin déborder le vase.

La goutte est tombé au cours de l’hiver 2012-2013. Une sordide histoire de visa refusé à une fillette de deux ans. Elle devait subir une opération dans un hôpital de Belgrade. Elle est morte d’un visa refusé par une administration incompétente et corrompue. Cette histoire a choqué nombre de citoyens bosniens, elle leur a fait ouvrir les yeux sur leurs conditions de (sur)vie, elle les a fait descendre massivement dans les rues de Sarajevo pour la première fois depuis 1992, elle leur a démontré l’absurdité du nationalisme qu’ils subissent depuis plus de deux décennies. Puis, ce fut au tour des anciens combattants de Republika Srpska de manifester pour le versement de leur maigre pension qui accusait plus de six mois de retard. Dans leur combat ils reçurent le soutien massif des anciens combattants croates et bosniaques qui se sont cotisés sur leurs propres pensions pour venir en aide à leurs anciens ennemis. Mieux, ils décidèrent d’agir ensemble pour faire pression sur le gouvernement central afin d’améliorer collectivement leur sort. Puis, face à l’immobilisme de la classe politique et dans le sillage d’un trop banal scandale de privatisation c’est à Tuzla que la révolte sourde a fini par éclater. Tuzla, unique ville du pays géré par les anciens communistes depuis 1992, cette ville qui, pendant la guerre et au-delà, avait su conserver l’ancienne devise yougoslave « fraternité et unité » (4), cette ville est devenu, depuis le 4 février dernier, l’épicentre d’une véritable révolution qui a enflammé la Bosnie-Herzégovine et pourrait bien se répandre dans tous les Balkans.

La contestation a très vite gagné les autres villes de la Fédération croato-musulmane comme Sarajevo et Mostar, mais aussi celles de la Republika Srpska comme Banja Luka ou Doboj. Le 7 février, les manifestants incendiaient les parlements locaux de Tuzla, Sarajevo, Zenica, provoquant la démission des autorités locales. A Mostar se sont les bureaux des partis nationalistes qui sont partis en flamme. Depuis, les manifestants se sont organisés en plénum citoyen regroupant toute les communautés et se posant en interlocuteur face aux élites politiques. Dans ces plenums (à Tuzla, à Sarajevo, à Mostar et dans six autres villes) les bosniens discutent, argumentent, revendiquent, font de la politique au sens le plus noble du terme. La volonté est forte de se réapproprier un pouvoir dont ils ont été exclus depuis trop longtemps. Ces plenums ont réussi à imposer aux pouvoirs locaux la révision des politiques de privatisation, mais aussi la prise en compte des revendications sociales et démocratiques.

Cependant, la répression et la propagande nationaliste ne désarment pas pour autant. Agitant les vieilles ficelles de la haine et de la peur les partis nationalistes tentent d’enterrer une révolution qui pourrait bien signer leur arrêt de mort. Aidé par un appareil policier pléthorique et à leur botte,ils répriment à tour de bras. Pourtant, confronté aux vieilles méthodes d’étouffement les citoyens de Bosnie-Herzégovine ne désarment pas pour autant, les récentes manifestations d’agriculteurs et d’anciens combattants le démontrent, tout comme la volonté de coordonner les actions des différents plénums citoyens afin de déboucher sur une alternative politique à l’échelle du pays. Le peuple bosnien compte aussi à la solidarité internationale, c’est le sens de l’appel lancé aux partis de gauche européens depuis la fin du mois de février. La gauche bosnienne et balkanique redresse enfin la tête après vingt ans de politiques néolibérale et nationaliste, elle nous demande une aide que nous n’avons pas été capable de lui offrir il y a vingt ans, gageons que cette fois nous ne l’abandonnerons pas.

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Notes :

1 Le terme de Musulman avec un « M » majuscule ne renvoyait pas, en Yougoslavie, tout comme en URSS, à une religion, mais à une nationalité, indépendamment de la pratique religieuse. Reconnue comme telle dans la constitution yougoslave de 1974, la nationalité Musulmane était une façon de reconnaître l’héritage ottoman dans l’histoire de la Yougoslavie.

2 Avant la guerre de 1992 la population de la Bosnie-Herzégovine était constituée de 32% de Serbes, 24% de Croates et 40% de Musulmans, les 4% restant représentait les juifs, les Rroms ainsi que les personnes se déclarant de nationalité yougoslave.

3 Depuis 2000, le terme bosnien, tradution du terme Bozanski, sert a qualifier les habitants de la Bosnie-Herzégovine. Bosniaque, traduction du terme Bošnjak, sert à désigner les Bosniens musulmans.

4 En 1992, la majorité de la population de Tuzla était serbe, pourtant, au nom d’une tradition syndicale solidement enracinée, cette ville fut un des bastions de la résistance aux nationalistes serbes. Refusant d’abandonner à une mort certaine leurs compatriotes Musulmans et croates, les serbes de Tuzla ont pris les armes pour les défendre contre les milices nationalistes qui assiégeaient la ville.

http://31.jeunes-communistes.org/sites/default/files/article_bih_1_0.pdf

 
 
 
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