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Archives de Catégorie: civilisation

Un interdit du côté de Beziers, un spectacle Léo Ferré…

1de Jean-Marc Dermesropian.

Chers amis,
>
> Je n’ai pas spécialement le cœur à vous faire rire aujourd’hui parce que Natasha Bezriche, une amie artiste, très talentueuse, merveilleuse interprète, entre autres, des chansons de Léo Ferré, s’est vue obligée d’annuler un concert qu’elle devait donner hier, à Roujan, à quatre pas de Béziers.
> Les gendarmes sont passés hier à 19 H 30, interdisant d’ouvrir les portes de la salle de spectacle, sur ordre du procureur délégué de Beziers. Les responsables de l’association organisatrice sont convoqués demain lundi, à la gendarmerie.
> Nous en saurons un peu plus en début de semaine, du moins je l’espère.
> Voici un message que Natasha a écrit ce matin, encore sous le choc. On le serait à moins.
>
> De Natasha Bezriche : "Amis Facebook, amis chanson… Notre spectacle "Ferré" a été annulé ce 5 avril…et la salle associative les "ANARTISTES", est menacée de fermeture définitive…. C’est vraiment affligeant et surtout inquiétant… et je reçois des messages nauséabonds de quelques incertains, aigris, extrémistes douteux et de tout poil, et qui me terrifient, car en plus de toutes ces tristes mésaventures , je lis : "Une métèque qui chante un anar, on a besoin de ça chez nous…! Rentre chanter chez toi , Natasha BEZRICHE !!"… Alors ce matin, amis vaillants et vigilants, je suis en colère voyez vous ! Ils arriveraient presque à m’ôter l’envie de chanter…et me donnent envie de crier !!!"

 

LA FÊTE DE L’HUMA A NOVOSSIBIRSK

- c’est la 3ème ville de Russie !
- c’est la première fois depuis la fin de l’URSS que les communistes dirigeront une ville de cette importance
- les communistes russes considèrent cette victoire comme historique, un point d’appui pour la conquête du pouvoir en Russie, qui est la prochaine étape

Sur la participation, un peu moins de 31%, commentaires à la TV:
- c’est une tendance habituelle ces dernières années (en 2011 aussi, moins de 32%
- les chiffres des précédentes municipales étaient artficiellement gonflés par ce que l’on appelle en russe "administrativny ressours" (diverses manières d’inciter les gens à voter).

Sur l’influence du PCFR à Novossibirsk, il faut savoir qu’ils organisent tous les ans depuis 2008 une "Fête de la Pravda", sur le modèle (revendiqué) de la Fête de l’Huma, avec un succès croissant, voici d’ailleurs une video sur une fête dont les communistes français reconnaitront l’esprit inimitable :

 
 

Bosnie-Herzégovine : une révolution « à deux heures d’avion de Paris ».

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L’Europe paraît avoir atteint les limites de sa stratégie inaugurée à la chute de l’URSS et celle du mur de Berlin. Les événements ukrainiens paraissent un manière de farce (cf. le 18 Brumaire de Louis Napoléon et la réflexion de Marx sur la farce et la tragédie de la répétition historique) répéter à la fois l’effondrement du mur, celle de l’URSS mais aussi de la Yougoslavie avec les fragmentations nationalistes. A ce titre ce qui se passe à Donestk , en Moldavie où demeurent ces vestiges socialistes dans la mémoire des hommes se rejoue l’unité sur la base de la deuxième guerre mondiale et la dénonciation de la trahison des espérances en la démocratie. (note de Danielle Bleitrach)

Dimanche 6 Avril 2014

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Voici un article rédigé par les camarades du MJCF de Toulouse sur la situation en Bosnie-Herzégovine, une révolution passée sous silence par les médias.
».

C’était au printemps 1992, l’Europe découvrait le nom de ce petit pays d’à peine quatre millions d’habitants, issu de l’éclatement de la fédération yougoslave. Comme en Croatie, un an auparavant, les populations serbes de Bosnie-Herzégovine, travaillées au corps depuis 1989 par la propagande nationaliste du président de la Serbie Slobodan Miloševic, proclamaient leur refus de vivre dans un État où elles ne seraient pas majoritaires, revendiquaient leur volonté de réaliser une grande Serbie et prenaient les armes contre le gouvernement de Sarajevo et leurs anciens compatriotes Musulmans (1) et croates (2).

La guerre en Croatie de juin 1991 à janvier 1992 avait déjà dévoilé le programme de « purification ethnique » mis en place par les nationalistes serbes dans les zones où ils étaient majoritaires (Slavonie orientale et Krajina) ainsi que la transformation de l’ancienne armée yougoslave en instrument du projet nationaliste de Miloševic. La guerre en Bosnie-Herzégovine devait plonger ce pays dans les pires atrocités que l’on ait vu en Europe depuis 1945. Crimes de guerre, crime contre l’humanité, génocide, rien ne fut épargné aux habitants de la Bosnie-Herzégovine, des bombardements terroristes des villes de Sarajevo, Goražde, Mostar, Bihać, Tuzla, au massacre des populations non serbes de Brčko, Banja Luka, Višegrad, Zvornik, Zepa, Srebrenica, en passant par les viols systématiques, les camps de concentration et les dizaines de villages rayés de la carte.

Ainsi d’avril 1992 à décembre 1995, cette guerre fit plus de 200 000 morts et près de 900 000 réfugiés.

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Bosnie-Herzégovine : une révolution « à deux heures d’avion de Paris ».

A une guerre atroce la Bosnie-Herzégovine a pu ajouter au nombre de ses malheurs une paix raté. Sous la pression des États-Unis, les belligérants signèrent les accords de Dayton. Cet accord entérinait de fait la partition du pays. Ainsi la Bosnie-Herzégovine est un État séparé en deux entités : la République des Serbes (Republika Srpska) et la Fédération Croato-Musulmane. Hormis le fait que les nationalistes serbes conservaient le contrôle de 49% du territoire, les Croates et les Musulmans étaient contraint de cohabiter alors que les premiers s’étaient entendus avec les Serbes pour faire la guerre aux seconds de mars 1993 à avril 1994 démultipliant les atrocités dans un conflit qui n’en manquait pourtant pas. En faisant de l’appartenance nationale un critère politique, les accords de Dayton ont favorisé le maintien au pouvoir des partis nationalistes, pourtant largement responsables de la guerre, imposant aux Bosniens (3) de déterminer leur vote en fonction de leur communauté d’appartenance. Ainsi, la Bosnie-Herzégovine connaît le système institutionnel parmi les plus complexe au monde combinant deux entités autonomes sous la houlette d’un État dont les prérogatives sont neutralisées par le jeux des partis nationalistes, le tout placé sous le contrôle d’un haut représentant des Nations Unis, véritable proconsul international ayant le dernier mot sur toute décision administrative et politique.

Économiquement, le pays a été mis, avec la complicité active des différents partis nationalistes, en véritable coupe réglée. Les rares industries survivantes du conflit ont été privatisées dans des conditions dignes des pires systèmes mafieux ; l’argent destiné à la reconstruction du pays a été capté par des politiciens corrompus au-delà de l’imaginable ; les activités mafieuses, drogue, prostitution, racket, prospèrent ; le salaire moyen est de 250 euros par mois ; le taux de chômage est de 40% avec des variations locales allant de 25% à 70% ; l’espérance de vie a chuté de dix ans ; l’extrême pauvreté est le lot de plus d’un tiers de la population ; les filets sociaux inexistants et abandonnés aux religieux ; ajoutons à cette liste non exhaustive la corruption, le népotisme, l’ignorance crasse et le nationalisme outrancier des « élites » nées de la guerre.

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Et pourtant, malgré la misère noire, la propagande, la résignation, la peur, la société civile n’a cessé de se battre. Contre les nationalismes, contre les intégristes religieux de tout poil, contre la corruption, pour que la justice soit rendue quant aux horreurs perpétrées durant la guerre, pour l’assistance aux plus démunis, pour la démocratie, pour l’exercice des droits syndicaux, pour une culture indépendante, pour un pays qui soit autre chose qu’un trou noir misérable et mafieux sis au cœur de l’Europe. Dix-neuf ans de luttes avec ses petites victoires et ses grands échecs, dix-neuf ans à se cogner contre les murs du nationalisme et de la peur du voisin, dix-neuf ans à subir les diktats néolibéraux de la communauté internationale, dix-neuf ans à voir les profiteurs de guerre nager dans le luxe quand d’autres font à peine un repas par jour, dix-neuf ans à vivre dans le souvenir du paradis perdu de la Yougoslavie communiste, dix-neuf ans à attendre la goutte d’eau qui ferait enfin déborder le vase.

La goutte est tombé au cours de l’hiver 2012-2013. Une sordide histoire de visa refusé à une fillette de deux ans. Elle devait subir une opération dans un hôpital de Belgrade. Elle est morte d’un visa refusé par une administration incompétente et corrompue. Cette histoire a choqué nombre de citoyens bosniens, elle leur a fait ouvrir les yeux sur leurs conditions de (sur)vie, elle les a fait descendre massivement dans les rues de Sarajevo pour la première fois depuis 1992, elle leur a démontré l’absurdité du nationalisme qu’ils subissent depuis plus de deux décennies. Puis, ce fut au tour des anciens combattants de Republika Srpska de manifester pour le versement de leur maigre pension qui accusait plus de six mois de retard. Dans leur combat ils reçurent le soutien massif des anciens combattants croates et bosniaques qui se sont cotisés sur leurs propres pensions pour venir en aide à leurs anciens ennemis. Mieux, ils décidèrent d’agir ensemble pour faire pression sur le gouvernement central afin d’améliorer collectivement leur sort. Puis, face à l’immobilisme de la classe politique et dans le sillage d’un trop banal scandale de privatisation c’est à Tuzla que la révolte sourde a fini par éclater. Tuzla, unique ville du pays géré par les anciens communistes depuis 1992, cette ville qui, pendant la guerre et au-delà, avait su conserver l’ancienne devise yougoslave « fraternité et unité » (4), cette ville est devenu, depuis le 4 février dernier, l’épicentre d’une véritable révolution qui a enflammé la Bosnie-Herzégovine et pourrait bien se répandre dans tous les Balkans.

La contestation a très vite gagné les autres villes de la Fédération croato-musulmane comme Sarajevo et Mostar, mais aussi celles de la Republika Srpska comme Banja Luka ou Doboj. Le 7 février, les manifestants incendiaient les parlements locaux de Tuzla, Sarajevo, Zenica, provoquant la démission des autorités locales. A Mostar se sont les bureaux des partis nationalistes qui sont partis en flamme. Depuis, les manifestants se sont organisés en plénum citoyen regroupant toute les communautés et se posant en interlocuteur face aux élites politiques. Dans ces plenums (à Tuzla, à Sarajevo, à Mostar et dans six autres villes) les bosniens discutent, argumentent, revendiquent, font de la politique au sens le plus noble du terme. La volonté est forte de se réapproprier un pouvoir dont ils ont été exclus depuis trop longtemps. Ces plenums ont réussi à imposer aux pouvoirs locaux la révision des politiques de privatisation, mais aussi la prise en compte des revendications sociales et démocratiques.

Cependant, la répression et la propagande nationaliste ne désarment pas pour autant. Agitant les vieilles ficelles de la haine et de la peur les partis nationalistes tentent d’enterrer une révolution qui pourrait bien signer leur arrêt de mort. Aidé par un appareil policier pléthorique et à leur botte,ils répriment à tour de bras. Pourtant, confronté aux vieilles méthodes d’étouffement les citoyens de Bosnie-Herzégovine ne désarment pas pour autant, les récentes manifestations d’agriculteurs et d’anciens combattants le démontrent, tout comme la volonté de coordonner les actions des différents plénums citoyens afin de déboucher sur une alternative politique à l’échelle du pays. Le peuple bosnien compte aussi à la solidarité internationale, c’est le sens de l’appel lancé aux partis de gauche européens depuis la fin du mois de février. La gauche bosnienne et balkanique redresse enfin la tête après vingt ans de politiques néolibérale et nationaliste, elle nous demande une aide que nous n’avons pas été capable de lui offrir il y a vingt ans, gageons que cette fois nous ne l’abandonnerons pas.

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Notes :

1 Le terme de Musulman avec un « M » majuscule ne renvoyait pas, en Yougoslavie, tout comme en URSS, à une religion, mais à une nationalité, indépendamment de la pratique religieuse. Reconnue comme telle dans la constitution yougoslave de 1974, la nationalité Musulmane était une façon de reconnaître l’héritage ottoman dans l’histoire de la Yougoslavie.

2 Avant la guerre de 1992 la population de la Bosnie-Herzégovine était constituée de 32% de Serbes, 24% de Croates et 40% de Musulmans, les 4% restant représentait les juifs, les Rroms ainsi que les personnes se déclarant de nationalité yougoslave.

3 Depuis 2000, le terme bosnien, tradution du terme Bozanski, sert a qualifier les habitants de la Bosnie-Herzégovine. Bosniaque, traduction du terme Bošnjak, sert à désigner les Bosniens musulmans.

4 En 1992, la majorité de la population de Tuzla était serbe, pourtant, au nom d’une tradition syndicale solidement enracinée, cette ville fut un des bastions de la résistance aux nationalistes serbes. Refusant d’abandonner à une mort certaine leurs compatriotes Musulmans et croates, les serbes de Tuzla ont pris les armes pour les défendre contre les milices nationalistes qui assiégeaient la ville.

http://31.jeunes-communistes.org/sites/default/files/article_bih_1_0.pdf

 
 

une grande victoire russe: fermeture du Mac Donald’s en Crimée

1-crimee-1980-urss-otan-cassiniMcDonald’s ferme ses restaurants en Crimée

Encore une victoire des Russes ! Les commentaires, sous l’article en Russe de Vzgliad, sont unanimement enthousiates « qu’ils ne reviennent jamais », « qu’ils ferment tous les MacDo de Russie », « marre de bouffer leur m… », « qu’ils aillent nourrir les pauvres chez eux », etc…

Le Parti communiste russe estime que les « sanctions » sont un bienfait qui devraient permettre à la Russie de relever son potentiel industriel et de renforcer son indépendance, y compris dans le domaine agricole et alimentaire.

confirmation dans un article de Ria novosti en français…

http://fr.ria.ru/world/20140404/200904905.html

 
 

tensions ethno-religieuses en asie centrale

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Depuis l’effondrement de l’URSS en 1991, les religions, longtemps étouffées par le régime athéiste soviétique, connaissent désormais un nouveau souffle, se traduisant par la restauration ou la construction de monuments religieux et par un regain de la pratique religieuse en public. Mais, en Asie centrale, le nouvel essor de la pratique religieuse engendre aussi l’apparition de nouvelles lignes de failles naguère encore inimaginables parmi les citoyens des États multiethniques et multiconfessionnels de la région. Ainsi, le renouveau de l’islam avive et divise notamment les esprits entre d’une part les musulmans et les adeptes d’autres religions et de l’athéisme, puis au sein des musulmans eux-mêmes, entre les tenants de la tradition et ceux de l’orthodoxie religieuse et enfin, dans cette dernière catégorie, les partisans de l’islam officiel encadré par les mouftiiat (directions spirituelles nationales des musulmans) et ceux du radicalisme islamique, lui-même divisé entre plusieurs écoles en concurrence.

Francekoul.com (Novastan.org)

http://francekoul.com/articles/tensions-ethno-religieuses-en-asie-centrale-ex-sovietique

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Photo Église orthodoxe de Bichkek

Église orthodoxe de Bichkek, Kirghizstan.

Crédit : Francekoul.com / Novastan.org

Faible religiosité et reconfigurations religieuses des populations de tradition nomade

Les peuples de tradition nomade, Turkmènes, Karakalpaks, Kazakhs et Kirghiz (plus particulièrement les Kirghiz du centre et du nord de la Kirghizie) restent par tradition peu islamisés et se sont de tous temps montré hostiles à l’instauration de toute règle religieuse contraignante, ayant depuis toujours préféré l’adat (droit coutumier oral des peuples nomades) à la charia (droit canon écrit islamique). Superficiel, l’islam traditionnel des nomades est aussi marqué par divers emprunts aux religions antérieures (bouddhisme, zoroastrisme, nestorianisme…), au culte des forces de la nature (tengrisme) et au chamanisme qui s’y rattache. L’athéisme officiel proclamé de l’époque soviétique n’a en rien modifié le rapport de ces peuples au sacré. En revanche, l’indépendance et l’ouverture de l’Asie centrale à l’international ont encouragé l’arrivée de nouveaux missionnaires musulmans et chrétiens dans la région, attirés par le vide spirituel de populations déboussolées par la perte des repères idéologiques, et séduits par les nouveaux marchés potentiels de la foi.

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Photo Mosquée chinoise Karakol

Mosquée chinoise de Karakol, Kirghizstan.

Crédit : Francekoul.com / Novastan.org

Sur un terreau de pauvreté idéal, les nouveaux missionnaires n’ont donc pas rencontré d’immenses difficultés à imposer leurs propres acceptions des différentes fois monothéistes à des populations traditionnellement tolérantes et labiles. Les conversions (ou reconversions) étaient massives, souvent guidées par le seul désir d’obtenir l’emploi promis et rêvé. Ainsi, aujourd’hui l’islamisme, même marginal chez les nomades, y a pourtant ses fidèles, principalement dans les banlieues défavorisées de Bichkek, d’Almaty ou d’Achkhabad, là où les populations déracinées ne se sentent plus assez marquées par leur appartenance ethnique pour conserver les traditions de leurs ancêtres, ni assez russophones pour pouvoir prétendre au monde de vie occidental des capitales. C’est au sein de ces mêmes populations qu’agissent aussi des mouvements protestants divers, comme les Témoins de Jéhovah ou encore l’Eglise mormone. Les sectes protestantes rencontrent un certain écho parmi les nomades, car tout en prêchant la rigueur de la foi, elles demeurent favorables à l’égalité des sexes réfutée par l’islamisme radical et permet ainsi aux femmes de conserver leurs acquis de l’époque soviétique. Ces sectes sont aussi pluriethniques, renforçant l’harmonie intercommunautaire, notamment parmi les populations russophones. Mais, au Turkménistan comme dans le nord de la Kirghizie, l’augmentation du poids des sectes protestantes ne va pas sans provoquer certaines tensions avec les religions traditionnelles, islam ou orthodoxie russe, les mariages ou les obsèques de proches servant parfois de terrains de confrontation entre les néo convertis et leurs parents restés fidèles à l’islamo-tengrisme de leurs aïeux.

Radicalisme religieux et menaces de balkanisation ethno-confessionnelle en Ouzbékistan et au Tadjikistan

En Ouzbékistan, au Tadjikistan et dans le sud de la Kirghizie, l’islam se trouve ici bien ancré, de par une tradition historique ancienne, et connaît de véritables courants contradictoires qui le traversent sur un fond de pauvreté et de chômage généralisé dans la jeunesse. La pratique d’un islam traditionnel, contrôlé par les mouftiiat, demeure très populaire chez les anciens, mais s’effrite chez les plus jeunes. Là, l’internationalisation des frontières, la réalisation du hadj (pèlerinage à La Mecque) et la venue constante de pèlerins missionnaires échappant au contrôle des autorités plus ou moins coercitives des Etats encouragent l’apparition d’autres formes moins conventionnelles et plus radicales que l’islam officiel. Plus religieuses que les nomades, les populations sédentaires sont particulièrement sensibles aux nouvelles formes du radicalisme islamique. Pour autant, ce radicalisme musulman est loin de constituer un tout homogène. Différentes écoles s’y opposent en son sein, entre les Nourjous prédicateurs turcs, le Jamat-i-Tablig arabo-pakistanais et le Hizb-out-Tahir. Les Nourjous, par un système de prédication rappelant les télévangélistes américains, visent plutôt un public lettré et urbain. Le Jamat-i-Tablig s’adresse au contraire principalement aux couches les plus défavorisées des grandes villes, tandis que le Hizb-out-Tahir a aussi ses fidèles en milieu rural dans la Vallée du Fergana et au Khorezm. Enfin, des jeunes désœuvrés et déjà depuis longtemps travaillés par les mouvements fondamentalistes musulmans finissent par rejoindre en Afghanistan les mouvements islamistes radicaux armés et affiliés à Al-Qaeda, comme le Mouvement Islamiste du Turkestan ou encore l’Union pour le Jihad Islamique, ou à constituer leurs supplétifs sur place lorsque ces derniers lancent régulièrement des offensives armées pour déstabiliser les régimes politiques autocratiques d’Asie centrale.
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Photo de mosquée à Barskoon

Mosquée, village de Barskoon, Kirghizstan.

Crédit : Francekoul.com / Novastan.org

Par leurs financements extérieurs, les mouvements islamistes ou protestants parviennent à remplacer l’Etat, là où il a partout démissionné : Assistance médicale et sanitaire, ouverture d’écoles et de crèches, transports publics privés, bourses d’études, emplois réservés… L’Etat devra donc, le plus urgemment possible, reprendre pied dans la vie sociale au risque de perdre sinon la partie devant ce cancer insidieux qui grignote peu à peu les sociétés centrasiatiques de l’intérieur. La question de la polygamie, du voile (et de la limitation des droits de la femme), de la nature de l’enseignement, de la propriété des biens religieux ou, en général, des relations entre l’Etat et les religions se pose chez un bon nombre des députés des parlements nationaux. En Kirghizie, si le sud religieux pourrait être séduit par de telles mesures, le nord laïc ne se retrouvant pas dans ces valeurs, pourrait à moyen terme se séparer du sud, au nom de la protection des valeurs kirghizes traditionnelles menacées.

David GAÜZERE

Directeur du Centre d’Observation des Sociétés d’Asie Centrale (COSAC)

 
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Publié par le avril 4, 2014 dans Asie, civilisation, guerre et paix

 

Les communistes partent à la conquête de Novossibirsk (Russie)

1Novossibirsk est la plus grande ville de sibérie dans l’oblast de Novossibirsk, c’est un nœud ferroviaire sur le Transsibérien, lieu de passage obligé entre l’ouest (Moscou est à plus de 2500 km) et la Chine. Mais c’est aussi une capitale intellectuelle et culturelle avec une des meilleures université du pays, la cité de l’Académie des sciences et son théâtre avec un ballet célèbre. Ce sujet témoigne de choses qui demeurent pour le moins inconnues chez nous, à savoir que le parti qui partout rivalise avec celui de Poutine est le parti communiste et que souvent le parti du président (par ailleurs lui-même très populaire) ne se maintient face aux communistes que par violence et bourrage d’urnes. Nous sommes littéralement pris dans une illusion politique en France où tout est fait pour nous convaincre que des partis et des individus qui ne représentent qu’eux mêmes sont les concurrents du parti du président tout cela parce qu’ils parlent anglais et sont proches dans leurs mœurs et leurs discours de nos propres élites médiatiques et politiciennes. Ce sujet témoigne aussi de la nature souvent violente des relations entre le parti au pouvoir et les communistes, qui cependant sont d’accord sur un grand nombre d’aspect de la politique internationale en particulier sur le danger fasciste et l’otAN.

Jeudi 3 Avril 2014

Novossibirsk (1.523.801 habitants), capitale administrative de l’oblast du même nom, principale métropole russe à l’Est de l’Oural et capitale de la Sibérie doit renouveler son maire le 6 avril – article et traduction Nico Maury

Les communistes partent à la conquête de Novossibirsk (Russie)

Le maire de Novossibirsk, Vladimir Gorodetsky, a quitté son poste pour devenir vice-gouverneur de la région déclenchant ainsi des élections anticipées. Plus de 17 candidats se sont inscrits pour cette élection. Anatoly Lokot a été désigné par le Parti communiste (KPRF) pour conquérir cette ville, capitale de la Sibérie.

Anatoly Evgenbevia Lokot est désormais le candidat unique de l’opposition pour l’élection du maire de Novossibirsk.

Les candidats en lise pour cette élection se sont retirés de la course pour soutenir le député communiste Anatoly Lokot. Ilya Ponomarev (candidate unie du parti des Verts et des sociaux-démocrates ) , l’ancien ministre de l’économie Ivan Starikov ( Initiative civile ) , le chef de file de l’organisation régionale des Patriotes de Russie Alexander Mukharytsin , Alexei Yuzhanin ( du Parti pour la transformation spirituelle de la Russie ) et Ivan Starikov (communistes de la Russie ) ont fait un appel commun pour soutenir le candidat du KPRF.

Ivan Starikov confirme sa volonté de se retirer en faveur de Lokot. "Je confirme également que je suis prêt à respecter l’accord sur la candidature unique,, il devrait y avoir un programme commun. Avec cette unité autour d’un candidat commun, nous engageons nos ressources et nos structures pour lui"

Des militants et des membres d’organismes publics d’opposition ont signé un accord de retrait. Ils ont annoncé qu’ils faisaient d’Anatoly Lokot le candidat unique de l’opposition.

Les communistes partent à la conquête de Novossibirsk (Russie)

Violences contre les communistes

Depuis le début de la campagne, les forces de l’ordre sont déployées pour tenter de paralyser les militants communistes. Sergey Sukhorukov, un responsable de district du KPRF a été battu, il a une jambe cassée, des blessures à la moelle épinière sévère, une balle dans la main et des ecchymoses sur son visage. Une deuxième victime a été abattue par balle, c’est seulement par pure chance que cette dernière n’a pas touché l’artère. "Pour nous, il est évident que ces exécutions de militants communistes sont directement liée à l’élection municipale à Novossibirsk" déclaré dans un communiqué le Parti communiste de Novosibirsk.

Dans le bureau du directeur général de la maison d’édition du journal "Sibérie Soviétique", Vyacheslav Korjagin, "des hommes en civil" ont exigé la destruction du matériel de propagande du candidat communiste. Ce dernier considère ce fait comme une intervention des forces de police pour tenter d’influencer le cours de la campagne électorale.

Lors des législatives de 2011, le KPRF était arrivé en tête à Novossibirsk

En 2011 le Parti communiste était arrivé en tête des législatives avec 34,17% des voix devant le parti de Vladimir poutine, Russie unie, qui a recueilli 27,69% des suffrages. Iabloko, le parti libéral pro-UE, recevait 6,32% des voix, un seuil faible ne permettant pas la qualification de ce dernier (7% pour avoir un élu).

Anatoly Evgenbevia Lokot (55 ans), est le Premier secrétaire du Comité régional de Novossibirsk du Parti communiste (2006), membre du Comité central depuis 2008. Il adhère au Parti communiste d’Union soviétique (PCUS) en 1984, et est élu député (Douma) pour la région de Novossibirsk depuis 2003. Il est le seul député a ne pas avoir voté le rattachement de la République autonome de Crimée à la Fédération de Russie.

 
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Publié par le avril 4, 2014 dans Asie, civilisation

 

Le président chinois plaide pour les échanges et l’inspiration réciproque entre les différentes civilisations

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( Xinhua )

Est-ce que nous allons longtemps nous permettre de donner des leçons au monde, fort de nos exploits de peuple européens qui avons accumulé les méfaits de plusieurs génocides, de la traite des noirs, de la guerre de l’opium, de l’ignominie colonialiste, deux guerres mondiales, la shoah nous poser en patrie des droits de l’homme. Allons nous qui au nom de la démocratie ne cessons d’intervenir pour provoquer misères et chaos, allons nous pour justifier nos pillages prétendre encore et toujours nous ériger de notre bassesse et de notre petitesse de puissance déchue continuer à nous mêler de ce qui nous regarde pas, du petit président ridicule qui est le notre jusqu’au concierges humanitaires de Facebook, vraies mouches du coche, allons nous enfin respecter les autres et leur civilisation, arrêter nos pressions militaristes sur l’humanité? Accompagnant toutes nos invasions , toutes nos exactions de ces clameurs d’hypocrites leçons à ceux qui ne nous demandent rien ou allons-nous accepter de discuter sur un pied d’égalité en laissant une fois pour toutes tomber un masque qui se veut vertueux et qui n’est que supériorité raciste. (note Danielle Bleitrach)

Le président chinois Xi Jinping a appelé jeudi à accroître les efforts à l’échelle mondiale pour promouvoir les échanges et l’inspiration mutuelle et parvenir à la coexistence harmonieuse entre les différentes civilisations.

M. Xi, qui se trouve en France pour une visite d’Etat, a lancé cet appel dans un discours prononcé au siège de l’UNESCO à Paris.

Les échanges inter-civilisationnels et l’inspiration mutuelle "constituent un moteur important pour le progrès de la civilisation humaine ainsi que pour la paix et le développement dans le monde", a indiqué le président chinois.

"Pour promouvoir les échanges et l’inspiration mutuelle entre les civilisations, il convient d’adopter une attitude et des principes judicieux", a-t-il noté.

"Premièrement, les civilisations sont diverses, et cette diversité donne un sens à leurs échanges et à leur inspiration mutuelle", a observé M. Xi, estimant que "les échanges et l’inspiration mutuelle entre les civilisations ne peuvent avoir comme préalable d’adorer ou de rabaisser exclusivement une telle ou telle civilisation".

"Deuxièmement, les civilisations sont égales, et cette égalité fait naître la base de leurs échanges et de leur inspiration mutuelle", a poursuivi le président, expliquant que "chaque civilisation a ses atouts et faiblesses". "Il n’existe pas de civilisation parfaite dans le monde, ni de civilisation bonne à rien. Aucune civilisation n’est supérieure ou inférieure aux autres".

"Troisièmement, les civilisations sont inclusives, et cette inclusivité fait la force motrice de leurs échanges et de leur inspiration mutuelle", a signalé M. Xi, et de rappeler : "L’histoire nous enseigne que seuls les échanges et l’inspiration mutuelle assurent la pleine vitalité d’une civilisation".

"Tant que nous nous en tenons à l’esprit de l’inclusivité, le ‘choc des civilisations’ n’aura pas sa place dans ce monde, et les civilisations coexistent en harmonie", a-t-il souligné.

Notant que le monde est composé de cultures, races, couleurs de peau, religions et systèmes sociaux différents, le président chinois a fait remarquer que les peuples des divers pays sont désormais interdépendants, formant une communauté de destin.

"Nous avons intérêt à nous nourrir de la sagesse des différentes civilisations pour apporter aux populations des appuis spirituels et des réconforts ainsi que pour relever, la main dans la main, les défis communs de l’humanité", a relevé M. Xi.

Le dirigeant chinois a également exhorté le monde à développer l’éducation plus activement, estimant que l’éducation est un moyen efficace pour la continuation et la création des civilisations.

Parlant du "rêve chinois", M. Xi a expliqué que celui-ci consiste à réaliser la prospérité du pays, le redressement de la nation et le bonheur du peuple.

"La réalisation du rêve chinois implique le développement équilibré et le renforcement mutuel des civilisations matérielle et spirituelle", a indiqué le président. "Par la réalisation du rêve chinois, le peuple chinois contribuera, à la lumière de nouveaux progrès de l’époque, à l’adaptation créative et au développement innovant de la civilisation chinoise", a-t-il ajouté.

M. Xi s’est dit persuadé que "la civilisation chinoise apportera à l’humanité, ensemble avec les autres civilisations du monde, riches et diversifiées, une bonne orientation spirituelle et une force motrice spirituelle puissante".

Le président Xi est le premier chef d’Etat chinois à effectuer une visite à l’UNESCO.

La France est la deuxième étape de l’actuelle tournée européenne du président chinois, qui a déjà effectué une visite d’Etat aux Pays-Bas et a participé au troisième Sommet sur la sécurité nucléaire à La Haye. M. Xi se rendra par la suite en Allemagne et en Belgique.

 
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Publié par le mars 29, 2014 dans Asie, civilisation

 

La confrontation ne peut qu’engendrer des situations inextricables par danielle Bleitrach

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Vous remarquerez en rouge au sud de la Moldavie et avec y compris des regroupement en Ukraine voisine, dans le sud près de la mer ces petits pays qui depuis le 2 février veulent renoncer aux liens avec l’Europe pour rejoindre la CEI. En vert c’est la Transnitrie qui revendique son appartenance à la Russie.

Aujourd’hui, La Duma d’État de la Fédération Russe , par la voix de D. Slutskij, chef de la commission du Duma pour les affaires du CSI et de l’intégration eurasiatique, a déclaré que cette assemblée croit légitime et approuve le référendum du 2 février par lequel la région autonome du Gagauzia, en Moldavie a opté pour l’union Douanière avec Russie, Bielorussia et Kazakhstan, contrairement à tout ce qu’a été décidé par le gouvernement central de Chisinau.

Après la Crimée et l’appel du Transnitria, également en Moldavie les politique forcées d’intégration européenne sont dénoncées par des entités russophones qui parsèment toute la zone. je vous avais ici même parlé de la Transnitrie qui refuse de reconnaître la fin de l’UNion Soviétique et qui réclame obstinément son rattachement à la Russie, en fait il s’agit d’une ancienne garnison de cosaque du Don installée à la fin de la seconde guerre mondiale dans une région où la collaboration et les camps contre les juifs et les communistes avaient été particulièrement développés.

Slutskij a affirmé que "la Russie, selon les règles du droit international, elle est prête à nouer des partenariats avec le Gagauzia et fournir l’aide nécessaire."

QU’Est-ce que la Gagaouzie ?

La Gagaouzie, officiellement Gagaouziya, en gagaouze : Gök-Oğuz Yeri (« pays des taureaux du ciel bleu »), en roumain : Găgăuzia, en russe : Гагаузия (Gagaouziïa) ou Гагауз-Йери (Gagaouz-Ieri), est un district autonome (Unitate teritorială autonomă, abrégée en roumain UTA) du Sud de la République de Moldavie, près de la frontière avec l’Ukraine.2 notez à droite Lelong de la frontière et du fleuve la Transnitrie..

En 1990, alors que les roumanophones Moldaves revendiquent la réunification avec la Roumanie et la fin du communisme soviétique, Stepan Topal, le leader de la communauté , proclame unilatéralement une République de Gagaouzie dont la revendication essentielle est de rester membre de l’URSS au cas où la Moldavie s’en détacherait (la République ne s’étend qu’en Moldavie, alors qu’il y a également des villages a majorité gagaouze en Ukraine, juste de l’autre côté de la frontière). Effectivement, lorsqu’en août 1991, la République de Moldavie proclame son indépendance, Stepan Topal et l’assemblée des soviets ruraux gagaouzes proclament également la leur. Mais entre-temps les dirigeants ex-soviétiques ont renoncé à l’idée de maintenir l’URSS, et alors que la République de Moldavie est internationalement reconnue, même par la Fédération de Russie, la République de Gagaouzie n’est reconnue par personne, et se retrouve isolée. Or, contrairement à la Transnistrie (qui avait suivi la même politique), la Gagaouzie ne disposait d’aucun atout industriel ou stratégique : ni centrale hydroélectrique, ni usines d’armement, ni contrôle des voies de communication vers Odessa… Son seul atout économique était l’exportation de tabac. Aussi, Stepan Topal, contrairement à son homologue transnistrien Igor Smirnov, dût-il renoncer à l’indépendance et accepter un statut d’autonomie au sein de la Moldavie1. Les négociations ont abouti et le Parlement moldave a officiellement reconnu l’autonomie de la Gagaouzie en décembre 1994. Le 25 juillet 2003, la loi n° 344-XV a modifié l’article 111 de la Constitution moldave, en élargissant l’autonomie de l’UTAG, dont le développement économique en fait une région des plus actives en Moldavie, avec des cultures diversifiées et des échanges commerciaux internationaux intenses, dans l’augmentation desquels les capitaux turcs, via l’Organisation de coopération économique de la mer Noire, jouent un rôle important.

Le 2 février 2014, une forte majorité de Gagaouzes se sont prononcés par référendum pour une adhésion de la région au sein de l’Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan, en réponse à une intégration plus poussée de la Moldavie à l’Union européenne qui, selon eux entrainerait une perte de souveraineté de cette dernière ce qui engagerait alors la Gagaousie vers la voie de l’indépendance. C’est à cette demande que la Douma russe vient de répondre positivement, il ne s’agit pas d’annexion mais de relations avec la CEI.

Si nous avons longuement insisté sur ce cas c’est qu’il témoigne bien de la manière dont la fin de l’uRSS qui n’a pas été voulue par les peuples a engendré une mosaïque et une situation qu’il faut résoudre par la possibilité pour les peuples et les individus de multiplier leur appartenance…

La géographie et l’histoire ça existe nous sommes dans une "marche"

Il serait peut-être temps de considérer ce qu’est cette zone de transition entre le Russie et l’Europe centrale, mais aussi avec la Turquie et le monde musulma. En effet la population de Gagauzia est très mélangée mais avec un fond turc…

je viens d’avoir avec Marianne une longue discussion sur l’Ukraine, je lui ai dis à quel point la paix me semble nécessaire… depuis des années nous regardons avec intérêt cette mosaïque des peuuples dont certains n’ont jamais renoncé à appartenir à l’union Soviétique et nous sommes à peu près d’accord Marianne et moi pour dire que l’histoire que l’on nous raconte n’est pas tout à fait exacte.. Elle est d’autant plus d’accord qu’elle est depuis toujours impliquée dans le mouvement de la paix. Elle m’a expliqué à quel point l’Ukraine est une nation en formation avec son double visage russe et Europe centrale… Avec ma passion historique, je lui dis qu’il s’agit à mes yeux depuis l’antiquité romaine d’un limes, d’une zone dans laquelle se fixaient les paysans des invasions diverses qui devenaient également soldats… ce pays est ce qu’on appelait une marche…

Elle s’exclame mais c’est exactement le sens du mot Ukraine comme Kraina en yougoslave… Si on voulait arrêter les armes pour fouiller les longues durées, les traces laissées dans le présent pour construire ensemble…. Oui mais pour cela il faudrait pouvoir faire taire les appétits, les mises en concurrence, bref en finir avec la capitalisme…

et puis au titre de cette étrange mosaïque dans l’espace et dans le temps, elle me décrit un drapeau au milieu des pro-russes d’Odessa… C’est une revendication des juifs révolutionnaires de cette ville, en fait il s’agit d’un vieux monsieur qui vient dans toutes les manifs porter sa propre revendication au sein de l’Union soviétique, que sont les drapeaux à côté? Il y a le drapeau avec les aigles orthodoxe mais j’ai l’impression qu’il y a aussi un drapeau communiste représentant le héros des Tatars musulmans Mirsaid Sultan Galiev qui avait tenté un amalgame entre la charia et le communisme ? Qui sont ces gens et que revendiquent-ils ?
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http://vesti.ua/odessa/41447-odesskaja-milicija-nakryla-arsenal-separatistov

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le mars 27, 2014 dans civilisation

 

Pour la défense de la culture, contre la barbarie* Brecht

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Précision indispensable à toute lutte contre la barbarie

Camarades, sans prétendre apporter beaucoup de nouveauté, j’aimerais dire quelque chose sur la lutte contre ces forces qui s’apprêtent, aujourd’hui, à étouffer la culture dans le sang et l’ordure, ou plutôt les restes de culture qu’a laissé subsister un siècle d’exploitation.

Je voudrais attirer votre attention sur un seul point, sur lequel la clarté devrait, à mon avis, être faite, si vraiment l’on veut mener contre ces puissances une lutte efficace, et surtout si l’on veut la mener jusqu’à sa conclusion finale.

Les écrivains qui éprouvent les horreurs du fascisme, dans leur chair ou dans celle des autres, et en demeurent épouvantés, ne sont pas pour autant, avec cette expérience vécue ou cette épouvante, en état de combattre ces horreurs.

Beaucoup peuvent croire qu’il suffit de les décrire, surtout lorsqu’un grand talent littéraire et une sincère indignation rendent la description prenante.

De fait, ces descriptions sont d’une grande importance.

Voilà qu’on commet des horreurs.

Cela ne doit pas être.

Voilà qu’on bat des êtres humains.

Il ne faut pas que cela soit.

À quoi bon de longs commentaires ?

Les gens bondiront, et ils arrêteront le bras des bourreaux.

Camarades, il faut des commentaires.

Les gens bondiront, peut-être, c’est relativement facile.

Mais pour ce qui est d’arrêter le bras des bourreaux, c’est déjà plus difficile. L’indignation existe, l’adversaire est désigné.

Mais comment le vaincre ?

L’écrivain peut dire : ma tâche est de dénoncer l’injustice, et il abandonne au lecteur le soin d’en finir avec elle.

Mais alors, l’écrivain va faire une expérience singulière.

Il va s’apercevoir que la colère comme la pitié sont des phénomènes de masse, des sentiments qui quittent les foules comme ils y sont entrés.

Et le pire est qu’ils les quittent d’autant plus qu’ils deviennent plus nécessaires.

Des camarades me disaient : la première fois que nous avons annoncé que des amis étaient massacrés, il y a eu un cri d’horreur, et l’aide est venue, en quantité.

Puis on en a massacré cent. Et lorsqu’on en eut tué mille et que le massacre ne sembla plus devoir finir, le silence recouvrit tout, et l’aide se fit rare.

C’est ainsi : « Lorsque les crimes s’accumulent, ils passent inaperçus. Lorsque les souffrances deviennent intolérables, on n’entend plus les cris. Un homme est frappé à mort, et celui qui assiste est frappé d’impuissance.

Rien là que de normal.

Lorsque les forfaits s’abattent comme la pluie, il n’y a plus personne pour crier qu’on les arrête. »

Voilà ce qu’il en est.

Comment y parer ? N’y a-t-il donc aucun moyen d’empêcher les hommes de se détourner de l’horreur ? Pourquoi s’en détournent-ils ?

Parce qu’ils ne voient pas la possibilité d’intervenir.

S’il n’a pas la possibilité de les aider, l’homme ne s’attarde pas sur la douleur des autres. On peut retenir le coup lorsqu’on sait où, quand, pour quelle raison, dans quel but il est donné.

Et lorsqu’on peut arrêter le coup, lorsqu’il subsiste pour cela une possibilité, fût-ce la plus mince, alors on peut avoir pitié de la victime.

On le peut aussi dans le cas contraire, mais pas longtemps, en tout cas pas au-delà du moment où les coups commencent à s’abattre sur la victime comme la grêle.

Alors, pourquoi les coups tombent-ils ? Pourquoi la culture, ou ces restes de culture qu’on nous a laissés, pourquoi est-ce jeté par-dessus bord comme un poids mort et encombrant ?

Pourquoi la vie de millions d’hommes, de la grande majorité des hommes, est-elle à ce point appauvrie, dénudée, à moitié ou complètement détruite ?

Il y en a parmi nous qui ont une réponse.

Ils disent : c’est la sauvagerie.

Ils croient assister chez une part, et une part de plus en plus grande, de l’humanité, à un déchaînement effrayant, un déchaînement soudain, sans cause décelable, et qui disparaîtra peut-être, du moins ils l’espèrent, aussi vite qu’il est survenu ; à l’irrésistible remontée au grand jour d’une barbarie longtemps réprimée ou en sommeil, et de nature instinctuelle.

Ceux qui répondent de la sorte sentent évidemment eux-mêmes qu’une telle réponse ne porte pas très loin.

Et ils sentent également eux-mêmes qu’il n’est pas juste d’attribuer à la sauvagerie l’apparence d’une force naturelle, d’une invincible puissance infernale.

Aussi disent-ils qu’on a négligé l’éducation du genre humain.

Il y a un devoir dans ce domaine auquel on a manqué, ou bien c’est le temps qui a manqué. Il faut rattraper cela, réparer cette négligence, et mobiliser contre la barbarie – la bonté.

Il faut faire appel aux grands mots, conjurer les grandes et impérissables idées qui nous ont déjà sauvés une fois : liberté, dignité, justice, dont l’histoire passée est là pour garantir l’efficacité.

Et les voilà tout à leurs grandes incantations.

Que se passe-t-il alors ? Lui fait-on reproche d’être sauvage, le fascisme répond par un éloge fanatique de la sauvagerie.

Accusé d’être fanatique, il répond par l’apologie du fanatisme.

Le convainc-t-on de violation, de destruction de la raison, il franchit le pas allègrement, et il condamne la raison.

C’est que le fascisme trouve, lui aussi, qu’on a négligé l’éducation des masses. Il attend beaucoup de la suggestion des esprits et de l’endurcissement des cœurs.

À la barbarie de ses chambres de torture, il ajoute celle de ses écoles, de ses journaux, de ses théâtres.

Il éduque l’ensemble de la nation, il ne fait même que cela du matin au soir. Il n’a pas grand-chose d’autre à distribuer aux masses : d’où un gros travail d’éducation.

Comme il ne donne pas aux gens de quoi manger, il leur apprend comment se discipliner.

Il n’arrive pas à mettre de l’ordre dans son système de production, il lui faut pour cela des guerres, il développera donc l’éducation et le courage physiques.

Il lui faut sacrifier des victimes, il développera donc le sens du sacrifice.

Cela aussi, c’est exiger beaucoup des hommes, cela aussi, ce sont bel et bien des idéaux, parfois même des exigences très hautes, des idéaux élevés.

Seulement, nous savons à quoi servent ces idéaux, qui est ici l’éducateur, et au service de qui cette éducation est mise : sûrement pas au service des éduqués.

Qu’en est-il de nos idéaux à nous ?

Même ceux d’entre nous qui aperçoivent dans la barbarie la racine du mal ne parlent, on l’a vu, que d’éduquer, d’influencer les esprits – sans rien influencer d’autre.

Ils parlent d’apprendre aux gens la bonté. Mais on n’arrivera pas à la bonté par l’exigence de bonté, de bonté sous n’importe quelles conditions, même les pires ; pas plus que la barbarie ne résulte de la barbarie.

Pour ma part, je ne crois pas à la barbarie pour la barbarie. Il faut défendre l’humanité quand on prétend qu’elle serait barbare même si la barbarie n’était pas une bonne affaire.

Mon ami Feutchwanger parodie avec esprit les Nazis lorsqu’il dit : la bassesse générale prime l’intérêt particulier1 ; mais il n’a pas raison. La barbarie ne provient pas de la barbarie, mais des affaires ; elle apparaît lorsque les gens d’affaires ne peuvent plus faire d’affaires sans elle.

Dans le petit pays d’où je viens2, le régime est moins terrible que dans bien d’autres. Et pourtant, chaque semaine, on y détruit cinq mille têtes du meilleur bétail. C’est un malheur, mais ce n’est pas le déchaînement subit d’instincts sanguinaires.

S’il en était ainsi, ce serait moins grave. La cause commune à la destruction du bétail et à la destruction des biens culturels, ce ne sont pas des instincts barbares. Dans un cas comme dans l’autre, on détruit une partie de ces biens qui ont coûté beaucoup de peines, parce qu’elle est devenue une gêne et une charge.

Quand on sait que les cinq continents souffrent de la faim, ces mesures sont à n’en pas douter des crimes, mais ils n’ont rien, absolument rien d’actes gratuits commis par malignité pure.

Dans le régime social en vigueur actuellement dans la plupart des pays du globe, les crimes en tous genres sont largement récompensés et les vertus coûtent très cher. « L’homme bon est sans défense et l’homme sans défense se fait matraquer : mais avec de la bassesse on obtient tout.

La bassesse s’installe pour dix mille ans.

La bonté, elle, a besoin de gardes du corps, et elle n’en trouve pas. »

Gardons-nous d’exiger des hommes la bonté, sans autre précision !

Puissions-nous, nous aussi, ne rien demander d’impossible !

Ne nous exposons pas, nous aussi, au reproche d’exhorter l’homme à des performances surhumaines, comme de supporter un régime effroyable grâce à de hautes vertus, un régime dont on dit qu’il pourrait sans doute être changé, mais non pas qu’il doit l’être ! Ne défendons pas que la culture !

Ayons pitié de la culture, mais ayons d’abord pitié des hommes !

La culture sera sauvée quand les hommes seront sauvés.

Ne nous laissons pas entraîner à dire que les hommes sont faits pour la culture et non la culture pour les hommes ! Cela rappellerait trop la pratique des foires où les hommes sont là pour les bêtes de boucherie, et non l’inverse !

Camarades, réfléchissons aux racines du mal !

Voici qu’une grande doctrine, qui s’empare de masses de plus en plus grandes sur notre planète (laquelle est encore très jeune), dit que la racine de tous nos maux est dans les rapports de propriété.

Cette doctrine, simple comme toutes les grandes doctrines, s’est emparée des masses qui ont le plus à souffrir des rapports de propriété existants et des méthodes barbares par lesquelles ils sont défendus.

Elle devient réalité dans un pays qui couvre le sixième du globe, où les opprimés et les non-propriétaires ont pris le pouvoir.

Là-bas on ne détruit pas les denrées alimentaires, on ne détruit pas les biens culturels.

Beaucoup d’entre nous, écrivains, qui apprenons et réprouvons les horreurs du fascisme, n’ont pas encore compris cette doctrine et n’ont pas décelé les racines de la barbarie.

Ils courent toujours, comme avant, le danger de considérer les cruautés du fascisme comme des cruautés gratuites.

Ils demeurent attachés aux rapports de propriété parce qu’ils croient que les cruautés du fascisme ne sont pas nécessaires pour les défendre.

Mais ces cruautés sont nécessaires à la préservation des rapports de propriété existants.

En cela les fascistes ne mentent pas, ils disent la vérité.

Ceux d’entre nos amis que les cruautés du fascisme indignent autant que nous, mais qui tiennent aux rapports de propriété existants, ou que la question de leur maintien ou de leur renversement laisse indifférents, ne peuvent mener le combat contre une barbarie qui submerge tout avec suffisamment d’énergie et de persévérance, parce qu’ils ne peuvent nommer, et aider à instaurer, les rapports sociaux qui devraient rendre la barbarie superflue.

Par contre, ceux qui, à la recherche des sources de nos maux, sont tombés sur les rapports de propriété, ont plongé toujours plus bas, à travers un enfer d’atrocités de plus en plus profondément enracinées, pour en arriver au point d’ancrage qui a permis à une petite minorité d’hommes d’assurer son impitoyable domination.

Ce point d’ancrage, c’est la propriété individuelle, qui sert à exploiter d’autres hommes, et que l’on défend du bec et des dents, en sacrifiant une culture qui ne se prête plus à cette défense ou refuse désormais de s’y prêter, en sacrifiant les lois de toute société humaine, pour lesquelles l’humanité a combattu si longtemps et avec l’énergie du désespoir.

Camarades, parlons des rapports de propriété !

Voilà ce que je voulais dire au sujet de la lutte contre la barbarie montante, afin que cela fût dit ici aussi, ou que moi aussi je l’aie dit.

Juin 1935

Notes

* Bertolt Brecht, « Précision indispensable à toute lutte contre la barbarie », Discours au Premier Congrès international des écrivains pour la défense de la culture, juin 1935, dans Sur le réalisme, Éd. L’Arche, Paris, 1970, pp. 31-37.

1. Calembour. Le slogan démagogique des nazis qui est ainsi parodié (« Gemeinnutz geht vor Eigennutz ») signifie : « L’intérêt général prime l’intérêt particulier ».

2. Le Danemark.

 

Un ami cinéste kurde, MUstafa m’envoie cette image

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Bonjour Camarade Danielle ! C’est le Newroz, la fête de la résistance et de la liberté (et le nouvel an ) des Kurdes et la zone de la culture ancienne Mèdes-Perse et ses peuples. Cette photo a été prise hier à Amed-Diyarbakir pour célébrer le Newroz et pour entendre la declaration de la paix de Serok Abdullah Ocalan Il y a Deux million huit cent de personnes qui ont participé

 
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Publié par le mars 23, 2014 dans Asie, civilisation

 
 
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