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Archives de Catégorie: cadeau Barbara et les autres…

pétition pour une université au service d’un monde commun

c’est Barbara qui envoie cette pétition en indiquant ceci :
MERCI DE FAIRE CIRCULER LA PETITION AUPRES DE VOS RESEAUX
Car c’est pour nous et les générations qui nous succéderont
 
Objet : Non à l’Université managériale !

Signez et faites signer cette pétition, dans Libé aujourd’hui.

 

Pétition – Pour une Université au service d’un Monde Commun

Aujourd’hui, il devient chaque jour plus évident que la mise en place des réformes récentes au sein de l’Université, de l’Education Nationale et des organismes de recherche (Loi de Réforme des Universités, Révision Générale des Politiques Publiques, Evaluations AERES) heurte de front les valeurs qui nous animent et nos missions premières : produire de la connaissance et partager le savoir.
Les paradigmes qui la sous-tendent sont ceux qui inspiraient, en son temps, les politiques de Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Le New Public Managementest né aux mêmes sources que les théories néo-libérales. Conçu dans les multinationales, il a servi de modèle pour « moderniser » les entreprises publiques et réformer les institutions publiques. Les réformes actuelles mettent en œuvre les mêmes principes : la rentabilité plutôt que l’intérêt général, la compétition plutôt que la coopération, la concurrence plutôt que la solidarité, l’utilité productiviste plutôt que l’amélioration du bien être collectif.
La recherche de la haute performance devient le critère ultime pour exister. Cette conception utilitariste de l’excellence produit l’exclusion et intensifie la lutte des places dans tous les secteurs. Le management par projet nous conduit à passer plus de temps pour acquérir les moyens de travailler qu’à travailler vraiment. Il affecte les ressources à des projets incertains en les réduisant d’autant pour nos activités d’enseignement et de recherche. L’évaluation prescriptive et quantitative pervertit les fondements même de la recherche, fondés sur la discussion publique, l’argumentation et la controverse. L’idéologie des ressources humaines instrumentalise l’humain pour le soumettre à des critères de productivité immédiate et de rentabilité. La culture de l’urgence nous entraîne dans une course permanente qui empêche de prendre le temps de la réflexion et de la critique. Les exigences opérationnelles envahissent l’institution au détriment de nos tâches premières. Les primes, les classements et la segmentation des statuts cassent nos collectifs de travail, renforcent le chacun pour soi, le découragement et la déception car « un gagnant » produit de fait une multitude de perdants. La reconnaissance n’est plus celle que confère le « travail bien fait » mais dépend de grilles et de critères d’évaluation importés de l’extérieur. Comme si  l’objectif de gagner des places au classement de Shanghai était l’alpha et l’oméga de la nouvelle gouvernance universitaire.
Nous avons aimé notre université. Nous l’avons servie avec passion. Aujourd’hui l’amour du métier se délite, nous assistons à la montée du découragement, du dépit et de la colère. L’institution ne cherche plus à nous donner les moyens d’assurer notre mission, elle nous délivre des injonctions contradictoires en multipliant les projets, les évaluations, les appels d’offre, les réorganisations, qui n’améliorent en rien nos conditions de travail, l’accueil des étudiants, le suivi de nos recherches.
Si certains projets sont porteurs de nouvelles possibilités et peuvent contribuer à une plus grande indépendance des chercheurs, nous récusons les logiques évaluatrices de l’AERES, du Ministère de l’Enseignement et la Recherche, des ANR, des pôles d’excellence (PRES), des projets de Labex et  d’Idex. Nous refusons une politique destinée à classer les établissements, les laboratoires, les chercheurs, les publications, les formations et à éliminer tout ce qui n’entre pas dans les normes prescriptives qu’elle met en œuvre. Nous contestons une forme de gestion qui distille une philosophie contraire à l’esprit de service public et aux valeurs qui fondent l’exercice de nos métiers : l’imagination, la curiosité, le non-conformisme et la coopération au service d’un monde commun.
Nous affirmons notre volonté de rebâtir une université de tous les savoirs et pour tous les publics et notre souhait de nous mobiliser sur le cœur de notre métier, l’enseignement et la recherche, plutôt que nous engager dans une organisation par projets qui nous oblige à investir dans l’aléatoire. Nous vous invitons à rejoindre l’Appel des Appels et tous les mouvements de résistance qui s’organisent dans toutes les institutions de la République confrontées à l’idéologie managériale et à la nouvelle gestion publique.
 

Premiers signataires

Vincent de Gaulejac, Université Paris Diderot, sociologie
Roland Gori, Université d’Aix-Marseille, psychopathologie
Jean Philippe Bouilloud, ESCP-EAP, Gestion
Marie-José Del Volgo, Faculté de médecine d’Aix-Marseille
Christian Laval, Université de Nanterre, sociologie
Christine Delory Monberger, Université Paris XIII, Sciences de l’éducation
Danièle Linhart, CNRS, Sociologie
Florence Giust Desprairies, Université Paris Diderot, psychosociologie sociale
Danilo Martuccelli, Université Paris Descartes, sociologie
Yves Polack, CHU Bicat-Beaujon, Médecine
Jean Pol Tassin, Collège de France – Paris 6 Pierre et Marie Curie, neurobiologie
Barbara Cassin, CNRS, philosophie
Ingrid France Université Pierre Mendès-France Grenoble, économie
Michel Chauvière, CNRS, sociologie
Fabrice Leroy, Université Lille 3, psychopathologie

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Appels13@rezo.net – http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/appels13

 

Mon journal: le champ et le hors champ de nos vies… Danielle Bleitrach

Mon journal: le champ et le hors champ de nos vies… Danielle Bleitrach

Hier j’ai passé une journée délicieuse avec Barbara, une étudiante du master, elle veut faire un film à partir de moi et elle voudrait le centrer sur le champ et le « hors champ », l’image qui n’a pas existé et qui aurait du être. Nous avons entamé les préparations, elle a pris des photos de souvenirs. Un exemple bien sûr s’est imposé dans notre discussion: le 17 octobre 1961 que l’on exhume aujourd’hui.

flash back : le 15 octobre 1961, nous étions partis d’Aix en provence avec un groupe d’étudiants de l’UNEF, ou plutôt de l’UEC, pour accomplir ce qui était à l’époque un long voyage, la traversée de la France sans autoroute… Nous étions entassés dans une vieille voiture brinquebalante et nous nous rendions à la Sorbonne où se tenait une recontre d’étudiants, officiellement un truc corporatiste mais une seule chose nous occupait l’esprit: la paix en Algérie. Nous sommes arrivés alors que la Seine charriait les cadavres d’Algériens massacrés par le préfet de police, un certain Papon. Oui celui qui organisa la déportation des enfants juifs présida aussi au nom du gaullisme au massacre des Algériens. Vous comprenez pourquoi cet homme rencontré à deux reprises en tant qu’enfant juive et en tant qu’anticolonialiste à vingt ans a été un de ceux qui m’a convaincue que le nazisme n’était pas éradique. il y avait lui et tous ceux qu’il servait qui expliquaient sa longue survie.

L’huma si je m’en souviens était une fois de plus parue avec un blanc de la censure, un article interdit, des numéros entiers pouvaient être interdits ce qui aurait pu couler le journal sans le soutien militant. Il n’y avait guère que les communistes et l’huma et pourtant ils ne prennaient pas toujours la mesure de l’événement, plus préoccupés des  conséquences de cette guerre pour nous Français que de ce que subissait la population algérienne. C’est cela qui n’a cessé d’être enfoui, du jour au lendemain après l’indépendance il n’a plus été question de rien. ceux qui faisaient grand bruit c’étaient « ceux qui avaient tout perdu! »… Nous qui avions eu le coeur pris par les malheurs du peuple algérien, moi qui avait fait le voyage après l’indépendance et qui avait vu les « petits cireurs », les enfants à qui on donnait de l’eau de riz pour calmer la faim de leur estomac, nous étions déjà un peu déphasés…

Etrange situation où il était interdit de faire état de ce à quoi nous cessions de penser. Les premiers films grand public qui ont parlé de la guerre d’Algérie ont été les Carabiniers de Godard et Muriel de Resnais. Nous étions à l’affut de toutes les paroles de contrebande. Ne coyez pas que cela s’est limité à la guerre d’Algérie même si celle-ci a renouvelé pour moi le serment antinazi de mon enfance. Tout était mensonge, cendres jetés sur les faits, il fallait, il faut encore tout exhumer. Quel formidable soulagement quand il y a eu Hiroshima mon amour, je l’ai vu 18 fois, simplement parce que quelqu’un osait transformer une rencontre amoureuse en l’exhumation d’une Histoire occultée,  l’amour entre un Japonais et une française tondue à la Libération pour empêcher que le nazisme soit réellement éradiqué. On tondait les femmes pour mieux sauver les Klaus barbie, les Papon, pour reconvertir les nazis en soldats de la Guerre froide qui avait débuté à Hiroshima. On m’interdisait de parler des crimes en Algérie, de dénoncer les tortures et tout n’était qu’hypocrisie jusqu’à cette enseignante suicidée pour avoir aimé un élève, Gabrielle Russier, plus tard mais il fallait se cacher pour avorter et souvent celles qui l’osaient étaient curetées à vif pour leur apprendre à être des dévergondées. Hiroshima mon amour dénonçait non seulement le silence mais la poussière dont on prétendait recouvrir nos corps et nos esprits, nous interdisant d’aimer parce qu’il ne pouvait pas y avoir d’amour heureux..

J’ai vécu ainsi toutes les queues d’histoire, celle de la lutte despérée des Républicains espagnols, Mundo Obrero transporté par delà les montagnes au moment où étaient étranglés les dix de Burgos, tandis que le même Alain Resnais se demandait si la Guerre était finie… Il semblait en effet que certains combattants envisageaient déjà de brader la fin du franquisme et les luttes de ceux de Burgos… acceptant la monarchie et l’amnistie franquiste… Nous pensions être des héros mais en coulisse…

Depuis que l’on avait accepté ce silence, tout en était empreint grâce aux véritables criminels reconvertis en préfet de police gaullistes. Toute notre vie d’étudiants était centrée autour de ce silence bruyant quand nous étions proches d’exploser, nous allions au sommet de la sainte Victoire et là dans la nuit nous faisions un feu et nous chantions en pleurant « le déserteur »…. Avant d’arriver à la fac, le long d’un mur était inscrit en grosses lettres « LIBEREZ CLAUDIE DUHAMEL », c’était une étudiante aixoise qui avait intégré le réseau Jeanson et qui avait été arrêtée et condamnée à dix ans de prison à Fort Montluc. A sa sortie de prison, elle deviendra ma meilleure amie, ma soeur, mon inséparable. Nous avons scellé cette amitié en nous rendant ensemble à Toulouse, moi j’allais voir les chapiteaux du cloître des Augustins, elle allait étudier un manuscrit, elle commençait un travail avec georges Duby sur les familles aristocratiques du Languedoc et moi j’étudiais l’iconographie des chapiteaux romans… C’était le lendemain du jour où pour la première De gaulle avait été mis en ballotage par un certain François Mitterrand, ni elle, ni moi n’étions des fanatiques de françois Mitterrand, nous ne pouvions pas oublier qu’il était le garde des sceaux qui avait décapité Yveton le militant communiste accusé de terrorisme en Algérie. Elle était encore traumatisée par ses années d’internement et la nuit elle avait besoin d’être enfermée à clé comme dans une cellule. Quelques années après, nous avons pleuré ensemble quand le dirigeant du PCF est venu nous expliquer que mai 68 c’était terminé…

Champ, hors champ, le visible de l’histoire et l’interdit de ma mémoire. Il est impossible de comprendre la colère qui se déchaîne en moi si l’on ne tient pas compte de tout cet invisible qui est aussi celui de mes amitiés les plus chères comme de mes amours les plus profondes… Le mépris qui me soulève devant le  candidat actuel du PCF, Melenchon capable de voter au parlement européen la guerre de l’OTAN en Libye… Et c’est pour cette merde colonialiste que j’aurais donné tant d’heures, tant de jours de combat ? Pour un journal qui a consacré un numéro à la jeunesse en envoyant l’un d’entre ces jeunes jouer les reporters aux côtés des « rebelles » de Benghazi, la même opération que celle de bernard henri Levy à la même époque… C’était l’an passé, je suis rentrée dans ma fac, celle de mes combats contre la guerre d’Algérie, celle de mai 68, un groupe de jeunes UEC vendait le numéro spécial de l’humanité, cela m’a fait plaisir, cela m’a rappelé les nombre de fois où je l’avais vendu au même endroit. je l’ai ouvert et là j’ai reçu le choc de cet article, pas d’appel à la paix, le refus de l’intervention de l’OTAN, non on distribuait cette merde colonialiste à ces jeunes…

Me suis-je assez entendu dire: « Vous avez voté les pleins pouvoirs à Guy Mollet », efffectivement ce dirigeant du PS àqui avaient été votés les pleins pouvoirs pour faire la paux en Algérie en avait profité pour envoyer le contingent (ma génération) en Algérie… Oui mais ceux qui me faisaient ce reproche semblaient étrangement avoir pardonné aux socialistes, ils sont devenus les meilleurs soutiens de Mitterrand, le même qui garde des sceaux avait condamné à la guillotine Yveton le communiste comme « terroriste ». A lui ils pardonnaient tout, la francisque, les amitiés d’extrême-droite, l’assassinat d’Yveton, ils avaient compris qu’il était le rempart contre le communisme. Maintenant la boucle est bouclée, le PCF s’est donné à un disciple du dit Mitterrand qui va terminer le travail, et celui-ci logique avec lui-même vote l’intervention de l’OTAN en Libye…  

Je suis heureusement ainsi faite que rien n’a pu dénouer les liens de fidélité qui existaient entre les communistes et moi, à cause de ce jeune communiste torturé et qui s’était coupé la langue pour ne pas parler sous les coups de la Gestapo. A cause de Stalingrad. A cause de l’homme que j’ai aimé déporté à Dachau qui me disait: « Si un jour tu descends de la charrette pour aller dans les prés, surveille-là du coin de l’oeil et ne la laisse pas partir trop loin que tu ne puisses la rattraper. »

Et quoique j’ai subi, y compris des coups, un interdit total à la fête de l’humanité, dans les colonnes de ce journal, j’ai suivi le conseil. Mais devant cette dérive et le fait que le dit Melenchon n’était pas un communiste et qu’il se permettait même de dire « Dégage » à un militant communiste qui l’interrogeait, j’ai considéré que c’était terminé, je ne voterai pas pour des gens capables de saboter ma mémoire et de ne pas êttre capable de lutter pour la paix… Hier j’ai dit à Barbara, qu’importe ce que tu vas voter, toi Caroline et bien d’autres (Caroline est notre prof-amie), nous battrons sarkozy mais nous n’attendons rien de celui qui viendra alors fais en ton âme et conscience et ne nous divisons pas pour si peu… Nous avons mieux à faire, à imaginer, tant de combats à mener…

Mais je retourne à l’idée du film, je n’ai jamais agi pour rien… Ma présence à l’écran n’a aucun sens si je n’ai pas quelque chose d’important à dire. Pourquoi accepter ce film, parce que j’ai confiance en Barbara, parce qu’elle aussi n’agit jamais pour rien, elle cherche une vérité…

Alors je voudrais encore expliquer autre chose, une aventure qui m’est arrivé samedi 15 octobre 2011. Je suis allée dans le bassin minier le soir voir une jeune troupe dans lequel un de mes parents était acteur. J’ai passé là aussi une délicieuse soirée, la pièce n’était pas trés achevée mais il y avait des moments de bonheur, la rencontre avec ce jeune homme avec qui nous avons un aieul commun, un petit vieillard barbu en caftan nommé Moïse Bleitrach… A ces côtés une troupe, un petit marin trainé dans un bateau jouet traversait l’enfer en reprenant les dialogues de l’île au trésor… Là aussi il y avait le champ ce qui se passait sur la scène et ce que je percevais hors champ, la lutte de Moby Dick, les contrebandiers de Moonfleet, la fiancée du pirate et ce moment théâtral où quelques gestes, un objet vous ré-ouvrent le miraculeux de l’enfance. Ce que j’expliquais à Barbara de ma boulimie infantile à partir des planches illustrées du dictionnaire  devenues univers, cette planète qui a toujours été mienne et que je n’ai cessé d’arpenter a commencé par la contemplation du dictionnaire Quillet, le théâtre, le cinéma me font parfois retrouver cet éblouissement curieux.

Mais ce n’était pas de cela dont je voulais vous parler. parmi les organisateurs de cette soirée théâtrale, il y avait une femme, elle s’appelle Danielle comme moi, elle avait imposé la discipline théâtrale à Aix, à la fac, nous avons mené côte à côte toutes les grèves, tous les combats, nous étions les premières parties, les dernières rentrées… Et nous nous reconnaissions à peine, des kilos en trop et la beauté disparue… Pourtant j’étais émue de la retrouver, j’éprouvais pour elle une infinie tendresse… Et je restais en apparence froide comme elle et puis j’ai compris. Il y avait eu cet homme, cet enseignant qui m’avait dit « la vieille ne voulait pas mourir, elle restait marxiste », il y avait eu à Beziers cette enseignante harcelée, humiliée, seule au point de se transformer en torche vivante et j’ai compris que nous restions raides parce qu’on avait réussi à nous faire honte de nous-mêmes. Nous tenions à cause de notre mauvais caractère et du refus de la pitié, cela nous interdisait le moindre élan, la peur du refus. Alors je lui ai dit ce que j’éprouvais: « Danielle, je suis heureuse de te voir, les larmes me montent aux yeux de bonheur alors pourquoi est-ce que nous sommes toi et moi incapables de nous le dire » Et elle s’est à son tour ouverte, nous avons parlé de toutes les désillusions mais comme des moments d’un combat… de la nécessité de poursuivre et je vais aller voir la pièce d’Alain Badiou qu’elle présente au Théâtre Vitez, c’est un immigré Ahmed qui descend aux enfers pour savoir qui est le meilleur de Claudel ou Brecht ? Tout à fait d’actualité, je me fais un joie de l’expédition…

Voilà cette expérience là et j’en vis de nombreuses, chaque jour m’apporte de découvertes, je le disais à Marc Harpon, dans le voile qui retombe sur moi il y a partout des pépites de bonheur au point que j’ai le sentiment de contempler le ciel étoilé, celui qui dans mon coeur devient la loi morale mais aussi les cordes de toutes les émotions, de toute la musique… Alors je voudrais et Barbara est d’accord que le film sur le visible et l’invisible, le champ de l’Histoire et le hors champ de ce que je voudrais faire passer dans l’Histoire soit collectif, qu’il y ait d’autres femmes qui interviennent, Claudie, Danielle et bien d’autres… Ce hors champ n’est pas seulement le mien, il est le notre et il nous empêche encore aujourd’hui de nous mettre à genoux. Comme le dirait danielle / « Nous sommes encore et toujours des emmerdeuses »…

Il y a les photos de Constance qui a retrouvé la belle camila Vallejo, cette jeune communiste chilienne, j’ai confiance en elle deux, trois avec barbara, quatre avec Marc… je continue et j’atteindrai bien la centaine… Tout continue et je veux vous aider comme m’a aidée la phrase de Marguerite Duras: « Tu n’as rien vu à Hiroshima! »… En m’apprenant à regarder y compris l’invisible.

Danielle Bleitrach

PS. Et ce qui ne fais pas de mal, je signe et je rajoute comme Marx ce dont je reste encore et toujours convaincue : JE TE DIS QUE J’AVAIS RAISON SUR LE CAPITALISME…

 

La lettre à la vieille dame indigne…hairstyle…

La lettre à la vieille dame indigne…hairstyle…

voici la magnifique lettre que j’ai reçu des étudiants de master… rédigée par l’une d’entre eux une  jeune femme cinéaste… et signée par les autres. Il y a eu entre nous une rencontre, un échange, une transmission, le bonheur d’être ensemble et de croire que l’on peut tous ensemble construire un autre monde… Comme elle dit LA RIVOLUZIONE O LA RIVOLUZIONE .Barbara m’a promis un article sur Alphaville de Godard, un des films qu’elle étudie pour le master… Dans le même temps Constance que l’on connaît ici m’écrit pour me dire qu’elle va aller à la manif le 15, qu’il faut se bouger et aussi elle me parle de sa joie à faire des études graphiques… Voilà ce qui me donne envie de vivre jusqu’au bout…

Ma Chère Danielle,

Notre Chère Danielle,

Quoique de si irrespectueux et inexcusable a pu être cet (H)omme qui vieillira un jour certainement, nous nous insurgeons. Et malgré tout le grand respect que nous avons pour toi, nous te disons NON à ta décision de nous priver de ta présence. De ce que tu nous apportes au quotidien de chaque cours, ta «bibliothèque» comme tu aimes dire et comme nous aimons entendre, si documentée, si riche, si articulée aux choses, et si précieuse à nos consciences en formation, la tienne si inrendue après tout ce que tu as vécu et vis encore du temps, de l’histoire, et du cinéma, comment peux-tu te soustraire si résolument ? A nos regards, non pas ceux du Village des damnés comme tu en as eu l’impression la première fois à ton premiers cours l’année dernière, mais à nos regards et à nos cœurs tout simplement bienveillants à ta présence parmi nous.

Car Lundi, au premier cours de Caroline Renard, nous avons ressenti pour la première fois, tout le manque de ton absence et toute la perte de ta présence. Ta voix, Danielle, que nous avons besoin d’entendre, ta voie nous dirions même, aurait pu retentir dix mille fois, ce lundi-là, au nom de Foucault, Deleuze, Benjamin, Derrida, Adorno… dix mille fois « exaspérante » d’un plaisir, ce lundi-là, que nous n’aurons pas vécu, ni toi, ni nous! Et d’autres lundi et d’autres mardi en devenir sont dans cette attente…

Car finalement entre nous, Danielle, nous le savons bien que du master en termes de notes, tu t’en contre-fous ! Mais être ensemble, partager un espace collectif comme tu aimes à nous le rappeler, nous répéter sans relâche sur sa nécessité de formation de nos consciences plus éclairées à elles-mêmes, devant cette douleur d’être au monde si inexorablement… Contre le désêtre que chaque être peut à tout moment éprouver… Ton visage est le plus beau des contre-champs à nos visages.

Tu te faisais une réelle joie de revenir en septembre pour assister aux cours ; tu t’es fait faire même exprès (nous en sommes sûrs !) une nouvelle coupe hairstyle trop style de stylée que nous adorons!

Alors Danielle, Que faisons nous ?

LA RIVOLUZIONE O LA RIVOLUZIONE ?

Tes amis du master de cinéma…

Barbara, (maintenant que je suis passée en 2e année grâce à tes encouragements et pour être avec toi, c’est trop nul, de continuer sans toi, sincèrement!),

 
 
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