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Référendum écossais: qu’en pensent les Chinois? vu par les Russes…

Référendum écossais: qu’en pensent les Chinois?

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Référendum écossais: qu'en pensent les Chinois?

Par Dmitri Kossyrev
 Les commentaires officiels de Pékin concernant le prochain référendum sur l’indépendance de l’Ecosse sont peu nombreux – en règle générale les Etats normaux jugent avec prudence les affaires intérieures d’autres pays, voire préfèrent ne pas le faire. Par contre, la communauté des experts chinois se demande avec stupéfaction quelle maladie a rendu possible l’éclatement d’un grand Etat européen – et pourquoi pas de plusieurs autres après lui. Les commentateurs essaient également de déterminer comment la Chine et d’autres pays pourraient éviter un effet de contagion.

4% des Ecossais scelleront le sort du Royaume-Uni

Dans la presse, les commentaires écrits par des experts chinois n’ont jamais rien de superficiel et ne cachent pas l’émotion de leur auteur. Ce style pourrait paraître fastidieux ou sembler recourir à trop d’aphorismes mais parfois, il se montre très efficace en faisant passer des idées très simples, voire évidentes.

Voici un exemple, tiré du plus grand journal chinois Le Quotidien du Peuple, au titre laconique: "La minorité décidera-t-elle du sort du Royaume-Uni?".

On se demande pourquoi une idée aussi simple n’est pas prononcée à voix haute en Europe, perdue dans le flux de l’information. C’est pourtant vrai. 8% des habitants du Royaume-Uni – les Ecossais – décideront de la division d’un pays où vivent encore les 92% restants de la population.

On peut même pousser la réflexion: en réalité 4% des citoyens du Royaume-Uni prendront cette décision, dans la mesure où les sondages montrent que les sentiments des Ecossais sont partagés à pratiquement 50/50. La décision finale sera donc prise par 4% de la population plus une voix. Le journaliste chinois ajoute qu’en organisant ce référendum, le premier ministre David Cameron pensait que la démocratie réglerait tous les problèmes – mais aujourd’hui l’effondrement de l’Europe se profile à l’horizon.

Le journaliste énumère les cas de séparatisme en Catalogne (Espagne), dans le comté de Flandre en Belgique, en omettant la république de Venise et en oubliant complètement l’Ukraine… Mais il met le doigt sur un fait évident: avant la Première Guerre mondiale il n’existait que 19 Etats en Europe, alors qu’aujourd’hui l’Union européenne compte 28 membres. Et en laissant le séparatisme sévir, il deviendra inutile de parler d’intégration européenne. Sans dire que dans le cas présent la minorité décide du sort de la majorité.

Posons-nous deux questions logiques. Pourquoi les Chinois sont-ils concernés par le sort de l’Europe sur ce dossier? Et pourquoi s’intéresser à l’avis de la Chine sur ce problème qui, pour elle, se trouve de l’autre côté du globe?

Un sentiment de compassion pour les Européens

Est-ce que les Chinois apprécient l’Europe? Bonne question. Il y a un siècle, quand les puissances coloniales arrachaient à la Chine territoire après territoire, les Européens n’y étaient pas très populaires. Mais aujourd’hui, alors qu’elle est devenue la deuxième économie mondiale et pourrait prendre la première place devant les Etats-Unis, les sentiments ont changé. L’attitude des Chinois à l’égard du Japon n’a pas changé – mais c’est un cas d’antagonisme particulier. Tout comme l’attitude à l’égard des Etats-Unis, militairement plus forts que la Chine. Quant aux Européens, les Chinois semblent les regarder avec compassion et même de la pitié, face à ces pays qui se font du mal eux-mêmes.

L’article précité du Quotidien du Peuple aborde l’Europe comme une terre d’opportunités économiques pour les entreprises chinoises, même s’il ne l’indique pas directement. Il explique que si le déclin de l’économie européenne se poursuivait dans le contexte d’un renforcement des pays émergents – la Chine, avant tout – cela saperait le système de domination de la société occidentale et, avec lui, les fondements de la stabilité. Les pays occidentaux jouissaient jusqu’ici d’un haut niveau de vie en profitant de l’injustice de l’ordre mondial, mais ils sont maintenant confrontés à des problèmes au sein de leur propre société.

Par ailleurs, la Chine est devenue le premier partenaire économique de l’Afrique et pourrait, à terme, revendiquer ce rôle en Amérique Latine – sans parler de l’Asie. Mais pour Pékin, il est encore trop tôt pour perdre le partenaire économique qu’est l’Europe.

Surtout, la Chine ne veut pas que l’Europe crée un précédent en matière d’indépendance des territoires. Si elle abrite également deux vastes régions où la population ethnique est différente de la majorité (le Xinjiang et le Tibet), il faut aussi relever un aspect moins évident: l’éclatement incontrôlé de nombreux pays à travers le monde, et pas seulement en Europe, ne serait pas très agréable pour une puissance qui vient d’arriver au niveau de leader mondial. Où exercerait-elle alors son leadership? Parmi quelles entités?

La Chine est obligée de réfléchir de manière globale. Ce comportement est dicté par l’économie mondiale et, dans le cas de l’Europe, par les investissements chinois dans la région, y compris au Royaume-Uni. Un autre article du Quotidien du peuple, écrit par un professeur dans une académie militaire – un homme qui doit appeler son pays à être prêt à parer toute menace – avance: "Le monde est entré dans sa troisième phase d’évolution et se dirige vers une troisième guerre mondiale. Auparavant, les guerres visaient à conquérir des territoires agricoles (source de revenus). Puis des colonies. Aujourd’hui: l’espace, le cyberespace et l’océan. La Chine devra s’adapter aux défis et aux risques".

Quand on compare les deux articles on voit un certain ahurissement des Chinois face au risque de transformation de ce monde en chaos, où on ne comprendra plus du tout qui est avec qui et pour se disputer quoi…

Le mal du séparatisme

Et voilà pourquoi l’avis des Chinois doit nous intéresser. Le fait est que l’ascension de nouvelles superpuissances influe toujours sur l’économie, mais aussi représente une alternative idéologique.

La Chine est cependant connue depuis des millénaires pour sa réticence à exporter son idéologie, à la différence de l’Occident. Beaucoup venaient en Chine pour y apprendre sa sagesse, mais jamais elle n’a imposé son mode de vie aux autres – au contraire des Etats-Unis, forme extrême de la civilisation occidentale.

Aujourd’hui pourtant, les Chinois diagnostiquent sans erreur la pathologie qui, dans l’évolution de la démocratie, pourrait mener vers l’effondrement des sociétés occidentales elles-mêmes. Et que proposent-ils?

Rappelons que le séparatisme – une activité qui conduit à l’éclatement d’un Etat – est considéré dans l’idéologie chinoise comme un mal mondial comparable au terrorisme. Souvent, il est vrai, les deux mouvements s’entremêlent. Et il y a seulement quelques jours, le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Douchanbé a confirmé ces formulations – l’OCS représente la Russie, les pays d’Asie centrale et sera bientôt rejointe par l’Inde et le Pakistan. En effet, c’est une alternative idéologique très claire, même si elle a quelque chose d’excessivement défensif. La minorité ne doit pas prendre la majorité par la gorge – dans l’ensemble c’est clair, mais que faire des nombreux cas particuliers?

Le plus intéressant, dans ce sens, est d’observer l’opinion de la Chine concernant les événements en Ukraine. Elle est complexe et reste discrète, faute d’avoir pu se développer complètement. On semble précisément assister à un cas de séparatisme. Ou, comme a dit une jeune peintre de Kiev à propos des habitants du Donbass: "Ils ne veulent pas vivre avec nous dans un même pays, alors comment ne pas les tuer?" (c’est bien ce qu’elle a déclaré, sans blague). Les nationalistes ukrainiens ont essayé d’imposer leur idée de l’unité en faisant usage d’une force extrême et cruelle – pour quel résultat? Et quelles conséquences futures?

La Chine observe tristement la situation et tente d’en tirer des conclusions. Notons qu’au sommet de l’OCS, les positions de Moscou et de Pékin concernant les deux républiques du Donbass ont coïncidé: elles doivent rester pour l’instant au sein de l’Ukraine, mais cette dernière doit changer son comportement et ne pas leur imposer une norme de vie et une idéologie communes car c’était une erreur. En ce qui concerne la Crimée, les experts chinois ont leur propre version également: ce n’est pas du tout du séparatisme ou un éclatement des Etats, au contraire, c’est la réponse au mal du séparatisme (la séparation de l’Ukraine de la Russie) et une mise à jour nécessaire des frontières.

Nous sommes entrés dans un nouveau monde, avec de nouveaux leaders, de nouvelles idées. Pour l’instant pas très claires.

 
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Publié par le septembre 18, 2014 dans Uncategorized

 

Maria Zakharova : « L’Europe perd une chance historique d’avoir une proximité avec la Russie »

Propos recueillis publié Mercredi 17 septembre 2014

Maria Zakharova est directrice adjointe du département information du ministère russe des affaires étrangères. Retour sur son enfance en Chine, ses débuts aux Affaires étrangères ou la difficulté à faire entendre la voix de la Russie dans le monde.

Maria Zakharova

Le Courrier de Russie : Parlez-nous de votre enfance.

Maria Zakharova : La réponse pourrait avoir la taille de la deuxième partie de Guerre et Paix, peut-être un jour écrirai-je mes mémoires… J’ai eu une enfance très intéressante et heureuse. Je connais beaucoup de gens qui ont oublié cette période alors que moi je m’en souviens, je m’adresse à cette enfance, aux gens, aux choses de mon enfance comme à un pays, un monde dans lequel le malheur ne peut pas pénétrer. Avec les photos, les souvenirs, on peut se rapprocher de cette enfance et je fais en sorte que ma fille, étant adulte, éprouve la même nostalgie pour la sienne.

LCDR : Qui étaient vos parents ?

M.Z : Mon père a travaillé dans différents départements du ministère des affaires étrangères mais s’était spécialisé sur la Chine, raison pour laquelle nous avons beaucoup vécu dans ce pays. Ma mère est expert en art et a publié des livres d’histoire de l’art.

LCDR : Dans quels domaines de l’histoire de l’art ?

M.Z : L’art français tout d’abord, elle a travaillé sur la cathédrale de Chartres mais quand nous sommes partis vivre en Chine dans les années 80, elle a dû faire un choix difficile entre sa spécialité et un pays qu’elle n’avait jamais étudié et qui ne ressemblait en rien à ce qu’elle connaissait. Elle est devenue une spécialiste reconnue en art chinois.

LCDR : Quelles impressions gardez-vous de la Chine ?

M.Z : Vous savez, dans ma vie, il y a beaucoup de coïncidences mystiques, quand nous  sommes arrivés en Chine la première fois, c’était un 24 décembre, je fêtais mes six ans et c’était le Noël catholique, cette journée restera toujours gravée en moi.

La Chine était grise, tout était gris, et il y avait cet éventail rouge, comme une pivoine rouge et rose au milieu de tout ce gris. Cet éventail fut la clef pour ouvrir ce pays

LCDR : Pourquoi ?

M.Z : La Chine était grise, très grise, pas de neige et de la poussière partout, c’est très sec, les immeubles sont faits d’une argile grise, notre ambassade était grise et le parc n’avait que des arbres gris. Nous avons rangé nos affaires et fait nos courses dans le magasin pour étrangers mais moi je n’avais pas eu de cadeau parce que nous étions dans l’avion et ma mère m’a acheté un très grand éventail rouge, d’au moins cinquante centimètres, un éventail de danseuse chinoise avec une bordure en soie rouge. C’était une chose unique, cette pivoine rouge et rose au milieu de tout ce gris, c’est un souvenir inoubliable. J’ai commencé alors à percevoir la Chine par cet éventail, sous cette poussière grise, il y a de la folie, une énergie… J’ai oublié de dire que les Chinois portaient tous un uniforme bleu, gris ou vert comme Mao et ils semblaient tous être de la même couleur. Cet éventail est devenu une clef pour ouvrir ce pays.

LCDR : Qu’avez-vous ressenti lors de votre départ ?

M.Z : De la nostalgie, un chagrin d’avoir quitté la Chine.

LCDR : Et quels souvenirs avez-vous de votre retour en Russie ?

M.Z : Aucun, je reprenais ma vie d’avant.

LCDR : Qu’est-ce qui vous a le plus marqué en Chine ?

M.Z : Je me rappelle des endroits, des objets et aussi la sensation de la Chine, une odeur peut-être aussi.

Il faut regarder la Chine à l’intérieur comme ces boules chinoises qu’on ouvre…

LCDR : Un objet ?

M.Z : J’ai compris que le gris et le rouge étaient dans le yin et le yang, que le gris est à l’extérieur et le rouge à l’intérieur. Comme dans ces boules chinoises, on doit l’ouvrir et voir ce qui est à l’intérieur, il faut regarder aussi à l’intérieur de la Chine.

LCDR : Une odeur ?

M.Z : Les arômes dans les temples chinois émanant des offrandes faites aux dieux.

LCDR : Parlez-nous de votre deuxième séjour en Chine.

M.Z : J’étais plus adulte, je suis allée à l’école chinoise, j’apprenais la langue, j’ai beaucoup lu. J’ai trouvé quelque chose de très proche de moi, j’ai commencé à collectionner les théières en argile pourpre, j’allais chez les boutiquiers, je parlais aux gens simples et j’aimais leurs histoires. Ce n’était pas simplement les théières qui m’intéressaient, c’était leurs inscriptions, les vendeurs me les lisaient.

LCDR : Quelle place la Chine occupe en vous ?

M.Z : Elle est toujours vivante, j’ai passé sept ou huit ans là-bas comme fille de diplomate puis toute seule, j’ai participé à des émissions de télévision, j’ai même joué dans un film chinois ! Et puis je suis revenue pour poursuivre mes activités mais j’aime toujours ce pays, ce peuple.

Les Chinois et les Russes ont la perception de quelque chose de grand ; pour les uns leur histoire et pour les autres leur territoire.

LCDR : Qu’est-ce qui vous paraît rapprocher les Chinois et les Russes ?

M.Z : La sensation de faire partie de quelque chose de très grand mais chez les Chinois c’est dans le temps et en Russie c’est le territoire.

LCDR : La Chine a-t-elle eu de l’influence sur vos croyances religieuses ?

M.Z : Je suis orthodoxe et ça n’a pas eu d’influence. C’est une question personnelle, je suis devenue orthodoxe à 19, 20 ans, j’ai décidé moi-même de mon baptême.

LCDR : Quel regard portez-vous sur l’orthodoxie ?

M.Z : Elle est déterminante chez les Russes, bien des choses dans la conscience russe trouvent leur source dans la religion.

LCDR : Comme ?

M.Z : C’est lié aux bases culturelles, à la Russie, à la sensation du territoire, comme la patience par exemple.

LCDR : Parlez-nous de vos débuts au ministère des affaires étrangères.

M.Z : J’ai étudié au MGIMO et voulais travailler sur la Chine mais la vie en a décidé autrement. Le département chinois n’avait pas de place et j’avais étudié le journalisme international, j’ai été affectée au service de presse du ministère, ce n’était pas une branche très prestigieuse. C’était un choc pour moi parce que je m’étais préparée à travailler avec un pays que j’aimais et tout ce que j’avais appris ne servait à rien et puis je n’étais pas une grande fan du journalisme, pour moi l’actualité principale c’était la Chine.

LCDR : Et… ?

M.Z : Et c’est là où ma patience a aidé, pendant cette période qui fut longue, j’ai trouvé en moi-même les forces pour, d’un côté, garder la Chine comme un hobby et, de l’autre, me plonger dans le métier de l’information.

L’information ne dure pas longtemps mais elle peut radicalement changer les choses.

LCDR : Qu’est-ce qui, dans l’information, vous paraît le plus difficile et le plus intéressant ?

M.Z : Ce qui est le plus dur est le plus intéressant, c’est le travail sur la matière de l’information, cette chose qui ne dure pas longtemps mais qui peut radicalement changer les choses.

Dans notre monde, une chose existe si elle est connue. Si quelque chose se passe mais que personne n’en a eu connaissance, ça n’a pas eu lieu.

LCDR : Qu’est-ce qui vous frappe dans l’information à notre époque ?

M.Z : Nous sommes dans un monde où l’essence des choses a changé ; la chose existe tant que la chose est connue, si quelque chose se passe et que personne n’en a eu connaissance, elle n’a pas eu lieu et en même temps, un petit événement peut devenir une nouvelle planétaire, c’est une nouvelle réalité. Fukuyama en a parlé, beaucoup de gens en ont parlé, nous vivons dans un monde d’information globalisée qui a de l’influence sur tous les aspects de la vie de l’homme, et qui a tout changé dans nos vies.

LCDR : C’est triste ?

M.Z : C’est inutile d’être triste pour cela, on peut l’influencer ou peut-être le gérer. Je ne pense pas que la tristesse soit compatible avec notre activité et si j’avais vraiment été triste, j’aurais changé de boulot. Je travaille beaucoup, j’y sacrifie une partie de ma vie privée, je ne pourrais pas le faire pour une activité que je n’aime pas.

LCDR : Quel regard portez-vous sur l’information en Chine ?

M.Z : Je ne sais pas. C’est un système puissant, différent du nôtre, il est lié à leur histoire, leur langue, leur culture. Il faut notamment s’intéresser à la particularité de la langue chinoise, le même hiéroglyphe peut être lu de façon différente par deux personnes qui peuvent habiter des villages voisins, ils auront lu le même journal mais n’auront pas compris la même chose.

Nous ne sommes pas entendus. Pas parce qu’on explique mal. Parce que les médias étrangers font barrage entre notre information et leur auditoire.

LCDR : Quel est votre avis sur la perception dans le monde de l’information russe ?

M.Z : Nous ne sommes pas entendus, pas parce qu’on ne nous comprend pas, pas parce qu’on explique mal. Avant, on expliquait mal et lentement et sans argument, aujourd’hui, nous utilisons tous les moyens d’information, la télévision, internet, les conférences de presse mais il y a un problème : les médias étrangers font constamment barrage entre notre information et leur auditoire et leur auditoire a l’impression que nous n’avons rien dit.

LCDR : Cela vous paraît être le cas sur le dossier ukrainien ?

M.Z : Le ministère fait des déclarations tous les jours, il y a des déclarations, une audience mais comme l’auditoire n’a pas accès à l’information, c’est comme si les événements n’avaient pas eu lieu.

LCDR : Qu’est-ce qui vous paraît être à l’origine de cela ?

M.Z : Pour moi, c’est une question des plus difficiles, nous sommes comme vous, nous ne pouvons pas le comprendre, nous avons tant en commun avec vous, les fondamentaux philosophiques, la façon de vivre, à partir de Pierre le Grand, nous avons un pays immense mais qui comporte une partie européenne et nous ne parvenons pas à nous faire entendre, je ne comprends pas, je pense que l’Europe perd une chance historique d’avoir une proximité avec la Russie, elle n’accepte pas le message de la Russie sur sa direction européenne.

 
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Publié par le septembre 18, 2014 dans Uncategorized

 

L’Europe est à nous !

0Lors de l’une de nos conversations, Monika me décrit une espace européen absolument terrifiant, celui des migrants venus des pays de l’est, taillable et corvéables à merci, des Polonais embauchés avec un contrat chypriote. En fait, la boite chypriote n’est qu’une adresse, derrière se cache des britanniques, allemands, français, qui embauchent à bon compte et sans droits sociaux. Elle me dit qu’en ce moment les capitalistes polonais se frottent les mains, ils voient arriver plus pauvres encore les Ukrainiens. Elle me décrit son expérience grecque alors qu’elle tente de syndiquer les ouvriers polonais, la police dans laquelle les armateurs ont déjà leur foyer dormant d’aube dorée, peut agir contre eux sans le moindre justificatif, les enlever, les emprisonner sous de faux motifs. ET même s’ils s’enfuient dans un autre pays, ils peuvent être arrêtés sans savoir de quoi ils sont coupables. Si sortir de l’Europe, de la zone euro paraît de plus en plus une nécessité, en attendant un certain nombre de ces travailleurs se battent au moins pour un droit unifié du travail en Europe. La stigmatisation des pauvres fait partie de cette conception de l’Europe…  (note de Danielle Bleitrach)

Pour un pour droit de travail unifié en Europe

La crise en Europe

L’Europe a co-organisé depuis 25 ans la mondialisation néolibérale économique. Les multinationales et la bourgeoisie européenne se sont massivement enrichies par l’expansion de leurs capitaux et la mise en concurrence des travailleurs dans le monde entier. La crise actuelle dévoile le fossé des inégalités sociales immenses en Europe jusqu’ici dissimulés par la consommation par endettement de la classe moyenne. Les conséquences de la compression des salaires en Europe depuis 20 ans, de la destruction du système de protection sociale, de la privatisation des services publics livrés au marché multinationales apparaissent au grand jour dans un contexte d’éclatement des bulles bancaires spéculatives, de désindustrialisation massive, de chômage de masse. C’est la basculement brutal de l’Europe dans un état qu’elle n’avait pas connue depuis 60 ans : la misère généralisée et la lutte pour la survie de larges partie de la populations.

Des pans entiers de la société européenne basculent dans la lutte pour la survie. La politique de l’Union Européenne a longtemps cachée le l’appauvrissement progressif de millions d’Européens par des discours lénifiant sur « l’Europe sociale », la « mobilité des travailleurs » et « la formation tout au long de la vie ». Dorénavant il devient évident que c’est Union Européenne qui organise la mise en concurrence des travailleurs européens afin « d’ajuster » leurs salaires au niveau de « compétitivité » de ceux des travailleurs du reste du monde à la seule fin de faire faire encore plus de profits pour les multinationales et la bourgeoisie. L’Union Européenne criminalise juridiquement les migrants afin que le patronat puisse mettre en concurrence des travailleurs sans-papiers et sans droits avec les autres salariés. La prétendue « mobilité » de l’Union Européenne n’est rien d’autre que l’organisation de la baisse des salaires européens par la mise en concurrence de travailleurs de l’Est européen, rendus dociles par deux décennies de chômage de masse et de disparition de leurs industries, avec des habitants de l’Europe du Sud et de l’Ouest.

La mise en concurrence des travailleurs européens

Le droit du travail connaît une érosion rapide dans la plupart des pays d’Europe. Lorsqu’il est protecteur pour le salarié, il n’est plus appliqué. Il est modifié dans le sens des exigences du patronat, toujours plus d’insécurité pour le salarié et toujours plus de garanties et de subventions pour les entreprises. Les mouvements massifs de travailleurs est-européens migrants accentuent cette érosion car le patronat organise ces migrations via des agences d’intérim aux pratiques illégales et organise ainsi un grand secteur de l’emploi « hors la loi » Les cotisations sociales ne sont plus payées, ni dans les pays d’origine ni dans le pays de destination. Le travail sans contrat, au noir, devient la norme dans des régions entières de l’Europe. Les inspections du travail sont rendues inefficaces ou sont démantelée. Les syndicats, englués dans des pratiques d’une autre époque (division par branches, structures hiérarchiques, non prise en compte des précaires, rejet des sans-papiers…) sont incapables de riposter. Les rapports au travail se reconstituent selon le modèle qui prévalait au 19 siècle : les travailleurs sont exploités au maximum et le patronat trouve naturelle non seulement l’exploitation économique, mais aussi la domination absolue sur une force de travail captive.

Dix millions de travailleurs, hommes et femmes, quittent chaque année les pays d’Europe de l’Est pour travailler en Europe de l’Ouest, du Sud et du Nord. 4 millions de Polonais travaillent en Angleterre, Irlande, Allemagne, France, Espagne, Italie, Grèce… Des millions de Slovaques, Roumains et Bulgares vont en Espagne, Grèce, Italie et Allemagne. Ces migrants sont le plus souvent des travailleurs saisonniers précaires dont les conditions de vie sont extrêmement dures : horaires de travail de 12 à 18 heures par jour, absence de jour de repos, situations d’enfermement et de harcèlement par les employeurs qui n’hésitent pas à les traiter comme des esclaves devant être en permanence à disposition.

Les gouvernements des pays de l’Est encouragent l’émigration afin de réduire les chiffres du chômage, peu importe les conditions de vie et de travail de ces nouveaux migrants. Les journaux spéciaux remplis d’annonces recrutent massivement pour l’industrie, l’agriculture, les restaurants, les hôtels ou les services à la personne en Europe entière. Des agences de recrutement font signer aux migrants des contrats en leur faisant croire que ces documents respectent le droit de travail du pays de destination. Les agences organisent le transfert des migrants dans le pays de destination et les livrent aux employeurs. Les employeurs payent les agences et obtiennent en échange une main d’œuvre complètement soumise à très bas prix.

Ce système est particulièrement bien développé en Grèce où le tourisme s’appuie largement sur cette main d’œuvre de milliers de personnes depuis au moins 5 ans. En effet, les salaires de ces hommes et de ces femmes employés dans tout le secteur de tourisme, les hôtels, les restaurants, les bars, les agences de tourisme, sont de l’ordre de 400 à 800 Euros pour 12 à 18 heures de travail par jour tous les jours. Les conditions de vie sont très dures et l’ignorance du droit du travail absolue. La situation est encore pire dans l’agriculture ou la violence patronale maximum montre que nous avons plus affaire à un système de mafias trafiquant des être humains esclaves qu’à un cadre de relations de travail normales, légales et encadrées qui devrait prévaloir dans l’Union Européenne !

Carnet de revendications

Il est important de considérer les travailleurs européens comme une unité, sans distinction de nationalité, d’origine, de situation juridique face aux Etats. Les Européens seront tous vus comme des RESIDENTS, c’est-à-dire des habitants de l’Europe, quel que soit leur temps de présence sur le sol européens. La distinction entre « étrangers » et « citoyens » n’a plus de raison d’être car elle alimente, de par la création d’une catégorie distincte d’être humains, les « étrangers », la division de la société en morceaux dont la mise en concurrence profite aux exploiteurs.

Tout travailleur/ses européennes, quelle que soit sa situation juridique et sa nationalité, doit être considéré comme un citoyens bénéficiant de droits, les mêmes droits que tous les autres.

Pour que ces droits aient un sens, il faut qu’ils soient UNIFIES. L’unification du Droit du Travail Européen sera le premier pas pour la création d’un sentiment de citoyenneté européenne basée non plus sur la nationalité, mais sur la résidence et donc, vers la création d’une Citoyenneté Européenne de Résidence. L’Europe en sortira renforcée et unie et le nationalisme et la xénophobie, la peur de l’étranger repoussoir vont décliner.

Pour cela il est nécessaire de créer :

  • Un Code du Travail Européen unifié en Europe le plus protecteur pour les travailleurs
  • Un contrat de travail unique partout en Europe
  • Un Salaire Minimum Européen (à 1500 Euros dans les pays d’Europe de l’Ouest et du Nord, à 1200 Euros pour les pays du Sud et à 900 Euros pour les pays de l’Est avec comme objectif l’unification des salaires d’ici 5 ans à 1500 Euros)
  • Instaurer et contrôler l’application des 35h de travail en Europe – 7 heures par jour et 5 jours par semaines avec objectif de réduction jusqu’à 20h dans 5 ans
  • Réaffirmer le principe de l’interdiction du travail le dimanche, y compris dans le tourisme, l’agriculture et les services domestiques – Instaurer la réorganisation du temps de travail des PME afin qu’elles respectent les droits des salariés
  • Abolir le travail gratuit et/ou sous payés dans des contrats hors normes (stages, pseudo-formations, travail contre logement, travail déguisé en bénévolat.)
  • Abroger toutes les formes de travail atypiques, des horaires éclatés et du temps partiel
  • Augmenter immédiatement les salaires de 300 Euros partout en Europe
  • Un revenu de substitution décent pour les salariés privé de travail
  • Une augmentation décente des allocations sociales – allocations pour personnes handicapés, indemnités de maladie et allocations pour les enfants
  • Augmenter et unifier les retraites en Europe
  • Créer une commission spéciale chargée d’accorder des droits de retraites aux travailleurs spoliés par le système – victimes du travail illégal parce que sans papier, victimes du travail à temps partiel, salariés d’Europe de l’Est victimes des destructions par l’administration néolibérale de documents prouvant leurs emplois avant 1989 dans l’industrie
  • Création d’une retraite décente à 60 ans pour tous ceux et celles qui n’ont pas eu d’emploi salarié
  • Création d’une Caisse de Retraite Européenne, d’une Caisse d’Assurance Maladie Européenne et d’une Caisse Assurance Chômage Européenne financés par les cotisations patronales et par des prélèvements sur les revenus du capital
  • Mise en place de l’Europe Médicale Solidaire – création d’un système de soins médicaux unifié et public en Europe
  • Création d’une Inspection de Travail Européenne indépendante des pouvoirs de la Commission et des gouvernements chargée de veiller à l’application des lois
  • Renforcement des Inspections Nationales par des recrutements massifs
  • Création d’un nouveau droit syndical européen permettant la création de syndicats dans les emplois précaires et les nouveaux métiers sur la base d’un groupe de 10 personnes.
  • Réorganisation des syndicats existants afin de les unifier au niveau européen et d’englober les précaires
  • Interdiction des syndicats « maisons » initiés par le patronat et contrôle de l’Inspection du Travail sur cela
  • Loi Européenne contre la Violence au travail (contre le harcèlement sexuel et moral, le management par l’épuisement et la culpabilité, la répression des syndicalistes)
  • Création d’une Citoyenneté Européenne de Résidence pour tous les habitants de l’Union Européenne afin d’abolir la catégorie « migrants »
  • Abrogation des règlements et directives anti-ouvrières de l’UE (Bolkestein, flexisecurity, temps de travail, location de travailleurs, stages et contrats intermittants)

Actions de la campagne : L’Europe est à nous !

Quelles forces vont porter la campagne ?

Il est nécessaire que des forces syndicales et des mouvements sociaux qui s’occupent des problèmes des migrations soient les piliers de cette campagne européenne. Il est nécessaire d’impliquer à la fois les forces syndicales et sociales des pays d’origines de migrants extra et intra-européens et des pays d’accueil.

Dans un premier temps nous commenceront par la collaboration entre les syndicats polonais et grecs. Du côté polonais le Syndicat Autonome Août 80, (Sierpień 80), expérimenté sur la question du travail précaire et de l’émigration est prêt à rencontrer les syndicats grecs et à commencer la campagne. Sierpień 80 va lancer une campagne d’information pour les Polonais se préparant à aller travailler en Grèce : publications dans l’hebdomadaire allié « Trybuna Robotnicza », organisation en Pologne de réunions publiques d’information sur la situation des travailleurs migrants en Grèce en ciblant les milieux étudiants et jeunes travailleurs…etc. Le syndicat va également élabore une nouvelle brochure d’information sur le droit du travail grec sur la base des documents existants et mener une campagne de distribution de ces brochures directement auprès des migrants devant les agences de car ou ceux-ci achètent leur billet pour aller en Grèce.

Dans un deuxième temps nous élargiront la collaboration aux syndicats des pays comme la Bulgarie et la Slovénie. Nous allons prendre contacts avec des syndicats comme COBAS et SOLIDARITES.

Les actions :

  • Confection d’un tract pour informer les travailleurs et travailleuses sur leurs droits de travail dans le pays d’accueil dans deux langues.
  • Trouver des fonds pour imprimer et imprimer.
  • Diffuser dans les endroits de départ des immigres par les syndicats du pays d’exportation de main d’œuvre.
  • Publier dans les journaux du pays d’exportation de main d’œuvre.
  • Publier dans les journaux de l’émigration du pays d’importation de main d’œuvre.
  • Informer les Communautés des émigres et travailler ensemble pour informer leurs communautés et leurs réseaux atypiques de solidarité. Diffuser dans les endroits où ils se fréquentent comme leurs restaurants, leurs magasins, leurs cafés. Ce travail se ferait plutôt par les mouvements sociaux.

Faire un travail politique sur la conception de la Campagne !

  • Ecrire des articles dans la presse dans les deux pays.
  • Faire un réseau des journalistes
  • Une conférence de presse internationale commune dans l’ambiance des élections européennes avec les syndicats et mouvements sociaux.

Inventer des actions directes pour créer des évènements et changer les rapports de forces et acquérir des victoires !!!

 
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Publié par le septembre 18, 2014 dans Uncategorized

 

La Hongrie est tiraillée entre passé et présent

Nous allons entamer avec Marianne, mais aussi Monika, une amie polonaise, un travail sur l’espace post soviétique. Monika m’a dit cette semaine deux choses essentielles sur la manière dont les citoyens de l’Europe de l’est vivent l’inscription en Europe. La première est que l’espace européen est celui de l’exploitation et de la mise en concurrence sans limite de la force de travail. Cela a commencé avec les citoyens des ex-pays socialistes (l’arrivée des Ukrainiens prêts à travailler pour 200 euros par mois va être à ce titre un nouveau seuil), la fameuse circulaire Bockenstein qui est à l’œuvre, mais cela atteint désormais le noyau des pays riches. Elle a ajouté que la prostitution des femmes que l’on vendait a été le seuil obligatoire, vendre les femmes, c’était nous faire accepter une prostitution généralisée. (note de danielle Bleitrach)

Foto: AFP (Archivo).

Dans l’Union européenne(UE)il y a de plus en plus de pays aux espoirs brisés et l’un d’eux est la Hongrie, où 72 % de la population déclare avoir mieux vécu sous le socialisme, selon un sondage.

C’est  que l’UE, le symbole de la puissance économique et de solidarité, comprend un groupe d’États avec des niveaux de vie exigeant,

«J’ai 72 ans et je travaille toujours parce que je ne pourrais pas maintenant vivre de ma pension. Je ne pourrais pas maintenir la qualité de vie, d’ il y a 50 ans", dit un habitant de Budapest, capitale de la Hongrie.

«Les factures ont augmenté plus rapidement que les retraites. il y a 20 ans, on pourrait prendre sa retraite à 55 et vivre tranquillement. c’ est maintenant impossible. Je travaille toujours", explique un autochtone..

L’enquête menée par le Pew Research, un centre de recherche qui analyse l’opinion publique, a révélé qu’en 2010,  72 % des hongrois interrogés étaient convaincus que la situation actuelle de la majorité de la population du pays était pire qu’il y a 25 ans.

De surcroit, 94 % décrivent l’économie du pays en général aussi « mauvaise ». Et depuis lors, la situation ne semble pas avoir beaucoup changé.

«Ces dix dernières années a été gaspillées. Le niveau de vie des hongrois est inférieur à celui d’une dizaine d’années. La consommation du ménage est inférieure à celui de ce temps-là et les investissements, aussi. C’est pourquoi, cette vision de la population répond à la réalité", a déclaré András Vértes, Président du centre de recherche économique GKI.

Foto: AFP (Archivo).

Les Nouvelles générations ne pensent pas comme ça

Toutefois, dans cette perspective, il y a un fossé entre les générations. Ceux qui ‘ont pas connu cette époque, sont satisfaits de la nouvelle situation qui s’offre à eux.

"je suis heureux avec le niveau de vie actuel. je pense que c’est beaucoup plus facile de quitter le pays et de voyager. Je crois que l’entrée dans l’Union européenne était une étape nécessaire pour la Hongrie", dit un jeune résidant à Budapest.

"La capitale s’est améliorée, par exemple, nous avons maintenant des nouvelles infrastructures grâce à des fonds européens", dit  une autre.

Selon les chiffres officiels, près de 30 % de l’investissement total dans le pays vient des partenaires de l’Union européenne.

« Ce ne serait pas honnête si je disais que nous n’avons aucune incidence de Bruxelles dans nos politiques, (…) » mais il est important de garder la plus grande marge de manœuvre, autant  de liberté que cela est possible ,  de souveraineté nationale  et de la capacité du gouvernement à protéger les intérêts du pays (…). Nous essayons de regarder vers l’est pour établir des relations commerciales avec les pays d’Asie centrale, les anciennes républiques soviétiques, en plus d’autres pays de l’est. Mais cela prend du temps, "a déclaré Gábor Orbán, Secrétaire d’État du ministère de l’économie de la Hongrie.

A mesure que la Hongrie  reconnaît les engagements liés à l’inscription au club européen, elle demeure toujours à l’extérieur de la zone euro: les prix sont toujours en florins. Le gouvernement ne prévoit pas l’adoption de l’euro à courte ou à moyen terme.

(Avec les informations de Russia Today)

 
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Publié par le septembre 18, 2014 dans Uncategorized

 

LE LIVRE EST ENFIN TERMINE: le nazisme n’a jamais été éradiqué…

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ça y est, j’ai corrigé la dernière page de mon manuscrit sur Brecht et Lang, intitulé: "le nazisme n’a jamais été éradiqué" Partant de l’analyse du film que ces deux auteurs (plus le grand Hanns Eisler) ont consacré à l’assassinat du Bourreau de Prague, Heydrich, le promoteur de la solution finale, je tente d’élaborer une "sociologie du cinéma", une réflexion sur la relation entre le champ artistique et l’Histoire… Bon maintenant la phase éditeur…

Je vais pouvoir mettre en chantier un ouvrage sur l’espace post-soviétique… …Nous allons entamer avec Marianne, mais aussi Monika, une amie polonaise, un travail sur l’espace post soviétique.Lors de l’une de nos conversations, Monika me décrit une espace européen absolument terrifiant, celui des migrants venus des pays de l’est, taillable et corvéables à merci, des Polonais embauchés avec un contrat chypriote. En fait, la boite chypriote n’est qu’une adresse, derrière se cache des britanniques, allemands, français, qui embauchent à bon compte et sans droits sociaux. Elle me dit qu’en ce moment les capitalistes polonais se frottent les mains, ils voient arriver plus pauvres encore les Ukrainiens. Elle me décrit son expérience grecque alors qu’elle tente de syndiquer les ouvriers polonais, la police dans laquelle les armateurs ont déjà leur foyer dormant d’aube dorée, peut agir contre eux sans le moindre justificatif, les enlever, les emprisonner sous de faux motifs. ET même s’ils s’enfuient dans un autre pays, ils peuvent être arrêtés sans savoir de quoi ils sont coupables. Si sortir de l’Europe, de la zone euro paraît de plus en plus une nécessité, en attendant un certain nombre de ces travailleurs se battent au moins pour un droit unifié du travail en Europe. La stigmatisation des pauvres fait partie de cette conception de l’Europe…

Monika m’a dit cette semaine deux choses essentielles sur la manière dont les citoyens de l’Europe de l’est vivent l’inscription en Europe. La première est que l’espace européen est celui de l’exploitation et de la mise en concurrence sans limite de la force de travail. Cela a commencé avec les citoyens des ex-pays socialistes (l’arrivée des Ukrainiens prêts à travailler pour 200 euros par mois va être à ce titre un nouveau seuil), la fameuse circulaire Bockenstein qui est à l’œuvre, mais cela atteint désormais le noyau des pays riches. Elle a ajouté que la prostitution des femmes que l’on vendait a été le seuil obligatoire, vendre les femmes, c’était nous faire accepter une prostitution généralisée

 
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Publié par le septembre 17, 2014 dans Uncategorized

 

Les mineurs congolais se tuent à la tâche pour vous fournir des smartphones

Par Wendy Syfret

 

 

Judith Prat est une photojournaliste espagnole. Elle a récemment mis en lumière le quotidien très difficile des mineurs de la République Démocratique du Congo qui travaillent sans relâche pour récupérer du coltan, un minerai essentiel à la fabrication des smartphones, ordinateurs, armes et autres équipements aéronautiques.

L’explosion de la demande de coltan au cours de ces dernières années a enrichi de nombreux groupes armés du pays. Sans surprise, les conditions de travail sont déplorables. Alors qu’ils déterrent un minerai dont les pays développés ont désespérément besoin, ces mineurs ne sont payés que sept dollars par jour.

VICE : Quel est l’impact de toutes ces mines sur la République Démocratique du Congo ?
Judith Prat :
De nombreux acteurs nationaux et internationaux cherchent à spolier totalement cette région. Les pays limitrophes, comme le Rwanda et l’Ouganda — par où transite le coltan — et des multinationales profitent de ces mines illégales. Le gouvernement congolais est également responsable de la situation tragique du pays, ravagé par la guerre depuis des années. La population congolaise est la principale victime d’un conflit qui a entrainé la mort de 5 millions de personnes et l’exil de 1,5 million d’individus. De nombreux groupes armés de la région se financent grâce au coltan.

Comment ces groupes font-ils pour extraire le coltan ?
Les mineurs travaillent avec des pioches et des pelles. Les tunnels creusés sont consolidés avec de simples planches de bois. Les mineurs transportent le coltan jusqu’au village sur leurs épaules ou en le tirant sur le sol. C’est un voyage fastidieux au milieu d’un environnement hostile.

Il n’y a aucun investissement, aucune modernisation. La main d’oeuvre est bon marché et abondante, et les propriétaires des mines se fichent des conditions de travail désastreuses.

J’imagine que le travail est extrêmement dangereux.
Des accidents ont lieu tous les jours. Durant la saison des pluies, les tunnels s’effondrent et des mineurs meurent ensevelis. Ils travaillent 15 heures par jour et on dénombre de nombreux enfants et personnes âgées parmi eux.

Ils n’ont aucun vêtement de protection. Les outils sont souvent très abimés, les tunnels ne sont pas sûrs, à cause des effondrements, des poches de gaz ou du manque d’oxygène.

Pourquoi avez-vous décidé de réaliser ce projet ?
Je souhaitais dénoncer l’extraction de ce minerai, car il est évident que le coltan est l’une des raisons qui explique pourquoi la RDC est en guerre depuis plus de 20 ans.

Les Occidentaux portent une grande part de responsabilité et doivent exiger de leurs leaders politiques qu’ils prennent des mesures fortes afin d’éradiquer ce trafic.

 
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Publié par le septembre 17, 2014 dans Uncategorized

 

Israël refuse une commande d’armes de Kiev

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Comme je vous l’ai expliqué dans de précédents articles, les relations entre la Russie et Israël sont complexes, autant d’ailleurs qu’avec la Chine. D’un côté, la Russie ne cache pas son soutien à ceux que le gouvernement israélien considère comme ses ennemis, à savoir l’Iran et la Syrie, comme elle poursuit la diplomatie soviétique de soutien aux revendications palestiniennes. A ce titre un personnage comme Primakov doit être suivi de très près étant donné que c’est un des meilleurs amis du monde arabe et qu’ il demeure actuellement un émissaire actif du Kremlin au Proche-Orient.A l’inverse des Etats-Unis, la Russie joue la détente et la négociation. Le Hamas récemment a proposé sa médiation dans les discussions du Caire.

Un tel pedigree devrait lui attirer les foudres d’Israël, pas du tout. Le ministre des affaires étrangères, Liberman, qui est par ailleurs un franc salopard, sait ce qu’il en est de l’Ukraine et des néo-nazis au pouvoir, comme il ne se fait guère d’illusions sur Kolomoiski, l’oligarque pourri qui a revanche l’oreille de pseudo-pacifistes et vrais marionnettes d’Obama.

Liberman a une grande admiration pour Poutine dont il ne peut ignorer à quel point il est dénué d’antisémitisme et est un véritable homme d’Etat… En Crimée actuellement, derrière les investissements chinois, il y a les investissements israéliens… Il faudrait également compléter le tableau par la manière dont les Chinois ont d’excellents rapports avec les israéliens et combien ils voudraient résoudre le conflit israélo-palestinien.

Quand on connaît un peu la complexité de la situation, on se dit deux choses: 1) La première est que les militants communistes qui cherchent la justice, en particulier pour les peuples du Moyen-Orient, dont le peuple palestinien, mais aussi les peuples ukrainiens, ceux d’Afrique, face à ce jeu de chaos, le soutien doit être apporté à ceux qui s’impliquent dans des solutions négociées et pas dans les guerres et guerres civiles. Que cela passe par la constitution d’un mouvement en faveur de la paix et de la justice indépendant de tous les grands jeux… mais qui tiennent compte de celui qui veut la paix et celui qui cherche la guerre y compris civile. 2) Il est possible que comme en Afrique du sud, ce soit une droite réaliste qui soit contrainte à la paix.

 http://www.dedefensa.org/article-isra_l_refuse_une_commande_d_armes_de_kiev_17_09_2014.html

Israël refuse une commande d’armes de Kiev

La position très particulière d’Israël vis-à-vis de la crise ukrainienne, selon les liens très particuliers que ce pays entretient avec la Russie, est illustrée d’une façon très spécifique, très concrète, par la nouvelle discrète et accompagnée de fort peu de commentaires du refus israélien de livrer des systèmes d’arme sophistiqués à Kiev. Le fait est d’autant plus significatif, avec une dimension politique, que ces armes (notamment des drones) sont présentés comme un moyen recherché par Kiev pour lutter contre les indépendantistes. La nouvelle est donnée par AFP le 16 septembre 2014 :

«A proposed sale of Israeli weapons including drones to Ukraine has been blocked for fear of antagonising Russia, Channel Two television reported on Monday. The broadcaster said a Ukrainian delegation had visited Israel with a view to acquiring military hardware including drones to use against pro-Russian separatists. It was not reported when the visit took place or when the decision to turn down the request was taken.

»Israel’s defence ministry had given the green light for the sale of pilotless aircraft produced by the company Aeronautics to Ukraine, but the foreign ministry then vetoed the sale. Monday’s television report said the ministry concluded that the sale risked causing anger in Russia and could provoke Moscow to sell more arms to Syria and Iran, the Jewish state’s arch-enemy…»

Il y a bien sûr l’aspect du rapport signalé dans ces quelques lignes entre des livraisons d’armes israéliennes à Kiev pouvant entraîner une riposte russe avec des livraisons d’armes russes à la Syrie et à l’Iran. Mais une telle décision russe (livraisons à la Syrie et à l’Iran) est politiquement beaucoup trop importante pour dépendre d’une décision israélienne favorable à Kiev. L’aspect dominant de cette décision réside dans les relations d’Israël avec la Russie, qui est d’ailleurs symboliquement marqué par le processus suivi : accord du ministère de la défense pour la vente à Kiev, veto du ministère des affaires étrangères, c’est-à-dire du ministre Lieberman qui est certainement le dirigeant israélien le plus proche de Moscou. (Juif russe, Lieberman fait partie de la “diaspora russe” en Israël, gardant des contacts étroits avec la Russie. Lieberman n’hésite pas à se déplacer à Moscou, pour des contacts personnels avec Poutine, facilités par sa culture russe, le fait que le russe reste sa langue d’origine, etc.)

Pour Israël, cette démarche de refus d’armer Kiev est très significative, les exportations d’armement tenant un rôle très important dans sa politique générale et étant favorisées le plus possible. (Israël était beaucoup moins timide à cet égard avec la Géorgie en 2007-2008, avant le conflit entre la Géorgie et la Russie, ce qui indique que la situation a évolué du point de vue israélien.) Si nous interprétons cet épisode de cette façon, c’est qu’Israël a déjà largement marqué sa position politique très différente du bloc BAO, sans hostilité contre Moscou, dans cette crise ukrainienne, avec notamment une abstention qui a été remarquée lors d’un vote de l’Assemblée Générale de l’ONU. (Voir le 12 avril 2014.) Cette position a fortement irrité Washington (voir le 14 avril 2014), mais il semble bien, à la lumière de cette affaire d’armements, que les pressions US n’ont pas modifié la position israélienne.

Mis ern ligne le 17 septembre 2014 à 05H38

 
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Publié par le septembre 17, 2014 dans Uncategorized

 
 
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