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Onfray, pas la faute à Voltaire, pas la faute à Rousseau

13 avr
Onfray, pas la faute à Voltaire, pas la faute à Rousseau

Je reçois de plusieurs amis, deux envois, le premier concerne une énième stupidité de Michel Onfray, après s’être attaqué à Guy Mocquet et à Freud, cet histrion trouve enfin quelqu’un à sa mesure pour que l’on parle de lui: Melenchon. Le second est une video où il  est censé être portée une réponse à l’attaque de Melenchon par le dit Onfray.

Melenchon selon Onfray serait de la race des tyrans, des Robespierre, et c’est pourquoi Onfray toujours à la recherche d’une pose, décide qu’il rompt avec lui. hélas non! Melenchon n’est ni Robespierre, ni Saint Just!  Il n’y a pas actuellement en magasin quelqu’un de cette taille… Chaque peuple a les dirigeants qu’il mérite et le notre n’est plus capable de prendre la Bastille où il n’y a d’ailleurs plus que des restaurants et un opéra… Et Onfray est à la même toise. Tout cela serait risible si la France et le monde n’avaient pas un besoin urgent de Révolution et si, faute de l’oser, nous risquons de devoir affronter la pire des barbaries, celle de la guerre, de la violence, du racisme. Nous sommes une société où chacun souhaite que rien ne bouge, simplement continuer comme ça.  Une société qui invente un simulacre de changement jusqu’à l’apocalypse nous avons déjà vécu ça et il a fallu verser beaucoup de sang et de larmes pour tenter d’affronter la monstruosité. Aujourd’hui ne nous faisons pas d’illusion dans ce moment électoral pitoyable, la France malheureusement ne répond plus au nom de Robespierre…

Onfray le sait sans doute, sa propre médiocrité le lui enseigne tous les jours, lui qui pour faire parler de lui est prêt à se montrer à chaque fois plus réactionnaire, à faire fi y compris de la plus modeste des espérances populaires. Parce qu’un révolutionnaire, celui qui tel Robespierre a fait du peuple sa boussole et éprouve pour ses malheurs un peu de compassion, laisserait à la faible lueur d’une prise de conscience la possibilité de se développer et il réserverait ses coups à l’oppresseur. Au contraire, Onfray a perçu avec la ruse des minables sur quoi porterait l’entre deux tour, comment Hollande serait accusé d’être l’otage d’un rouge, d’un "partageux" et il se positionne sur le créneau, il n’a adhéré que pour ce moment-là… Il souffre d’une addiction à la notoriété et l’on voit où cela mène, regardez maûtre Collard et tant d’autres.  Erostrate n’est pas loin, cet homme prêt à incendier une des merveilles du monde pour que l’on parle de lui.

Onfray est la preuve du niveau où est tombé le débat philosophique en France. S’agit-il même de philosophie, je suis mauvais juge, l’oeuvre de Michel Onfray m’est toujours tombée des mains, il ne produit aucun concept ce qui est tout de même le travail du philosophe et se contente de ragoter sur une histoire de la philosophie.

Quant à son positionnement politique il est simple, il adhère à une idée, un mouvement, un individu, pour rompre avec éclat ce qui lui assure un bref moment de notoriété médiatique et il renouvelle l’opération autant de fois qu’il en aura le loisir. Il joue les scandaleux à la manière de… en ce moment il assure la promotion de son livre sur Albert Camus alors il se la rejoue en un affrontement avec Sartre qui ne lui coûte pas grand chose vu l’air du temps.

Bon passons, mais le pire est le deuxième envoi reçu au titre de cette médiocre histoire, il s’agit d’une émission de FR3  qui dépend malheureusement de plus en plus du niveau des médiacrates qu’elle sollicite. je reçois donc la video de cette émission où une jeune femme est censée avoir "mouché" Onfray à propos de Melenchon et je suis encore plus abasourdie par l’enthousiasme de mes correspondants qui croient en se rangeant derrière cette intervenante apporter un soutien à Melenchon.

Onfray attaque Robespierre et cette jeune femme proteste mais non voyons Melenchon est un "radical" et là elle part dans un plaidoyer embrouillé entre insurrection et choix des urnes, j’imagine la joie de Badiou à voir ainsi confirmé la contradiction entre les deux termes qui ne se résoud que dans la démagogie.  En outre, c’est secondaire au point où elle en est de méconnaissance, mais elle n’a jamais lu Gramsci et ne sait pas que Robespierre est la guerre de mouvement de la Révolution française et le radicalisme en est la guerre de position. La filiation existe c’est le jacobinisme républicain.  Aragon dont le père naturel était Andrieux, l’homme au gants gris, celui qui vidait les congrégations religieuses et qui était pour le colonialisme et a fini par envoyer une génération entière à la boucherie de 1914-18 a beaucoup écrit de chefs d’oeuvre sur la dégénérescence criminelle de Robespierre au radicalisme. Il a écrit en particulier les Beaux quartiers, les cloches de Bâle et les voyageurs de l’impériale..

Face à ce radicalisme criminel, il y avait Jaurès, qui lui respecte la Révolution française, et comme Robespierre est un pacifiste et comme lui en mourra assassiné . Jaurés qui fait un portrait superbe de Robespierre et dit qu’aux jacobins il va s’asseoir à ses côtés, Oui mais hélas je ne crois pas que Melenchon soit Jaurès. L’article manque aussi en magasin et ce ne sont aucun des candidats solicitant nos suffrages qui se fera assassiner par refus de la guerre, aucun n’ose en parler de peur de perdre un point dans les sondages… Qui imagine Robespierre , Saint just ou jaurès dans un tel déni ?…

Le pire est que cette cette  jeune femme au demeurant sympathique mais un tantinet ignorante défend Melenchon avec des mots qui l’accablent et qui disent le caractère réel de l’opération proposée aux suffrages… Le pire est quand je reçois de partout à la fois cette double médiocrité, oui le débat politique est tombé par terre mais ce n’est pas la faute à Voltaire, il est tombé dans le ruisseau ce n’est pas la faute à Rousseau.

Danielle Bleitrach

PS. Le simulacre, celui qui fait préférer Hitler à Rosa Luxembourg, est déjà là. Il s’est créé une zone de confusion nauséabonde ou extrême-gauche et extrême-droite se rejoignent en des combats douteux et il est probable que dans ce magma, il se trouvera toujours un histrion pour pratiquer l’amalgame. la seule position qui vaille pour un intellectuel est le refus de toute notoriété, de toute flatterie et le retour au travail. Prendre position politiquement aujourd’hui est un exercice plus que périlleux.

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3 Commentaires

Publié par le avril 13, 2012 dans civilisation, histoire, politique

 

3 réponses à “Onfray, pas la faute à Voltaire, pas la faute à Rousseau

  1. Maryvonne Leray

    avril 13, 2012 at 5:12  

    excellent …
    Nous assistons au désastre de la pensée … c’est l’homme nouveau tel que le souhaite la société capitaliste … que le plus hargneux gagne … ils appellent cela être un battant … le décervelage est le meilleur moyen d’asservir les peuples …

     
  2. ML

    avril 13, 2012 at 4:33  

    Oui, tout ceci est bien médiocre.

    Dedefensa vient de sortir un article intitulé « In extremis » faisant référence au discours de Mélanchon au Cercle Républicain de Paris.
    http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/03/30/discours-pour-une-defense-souveraine-et-altermondialiste/

    Je l’ai écouté et y adhère quasi intégralement, sauf qu’il m’est impossible de comprendre comment, nanti de cette analyse, il a tout de même pu déclarer être en accord avec l’intervention de la France en Libye au moment où elle a été lancée.

    Ce discours date du 30 mars. Cela fait donc une semaine. Dedefensa émet l’idée que ce positionnement pourrait élargir le débat. Apparemment, il n’en est absolument rien. Nous sommes toujours bien dans le même marécage …

     
  3. Junca Sébastien.

    septembre 19, 2012 at 6:47  

    Michel Rousseau juge de Jean-Jacques Onfray.

    Mais comment donc ? Michel Onfray se serait-il laissé un tant soit peu allé aux plaisirs coupables de la moraline ? Cet onanisme de la pensée. Cette sécrétion amère et malsaine. Ce jus fielleux si souvent dénoncé par Nietzsche. Le philosophe, on le sait désormais, est passé maître dans l’art de l’exhumation. Mais la frontière est parfois ténue entre l’archéologue œuvrant pour la connaissance et le profanateur de sépultures n’agissant, en définitive, que pour son propre compte.

    On connaît Michel Onfray pour ses prises de position franches, nettes et précises comme le couperet d’une guillotine. « L’intelligence rude, la démonstration sévère, l’argumentation implacables valent mieux que le mépris, l’offense, l’injure » selon ses propres mots. La veuve, il est vrai, n’a rien à envier au philosophe en noir qui, quant à lui, n’a pas son pareil pour faire rouler les têtes. De Platon à Saint Paul, de Freud à Sartre en passant par Bergson, l’argentanais argenté fait sa révolution de septembre. J’adhère pour l’essentiel aux thèses qu’il défend avec un style, une logorrhée et une érudition à nuls autres pareils. Épicurien, hédoniste, proudhonien, fouriériste, nietzschéen de gauche, athée, anticapitaliste, adepte de l’antilibéralisme, libertaire, camusien, deleuzien, foucaldien… au fil de ses livres et d’une œuvre en passe de devenir considérable sinon monumentale, Michel Onfray, en digne fils d’un père ouvrier agricole, s’attache quant à lui à démêler le bon grain philosophique de l’ivraie philosophante.

    Sa dernière chronique en date , Trois cents ans çà suffit… s’en prend cette fois-ci à Jean-Jacques Rousseau. Il présente le philosophe genevois comme défenseur de la peine de mort dans Le contrat social. Puis de poursuivre son réquisitoire contre le critique de la propriété dans le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes. Il souligne sa haine de l’athéisme et de l’hédonisme et sa célébration de l’idéal ascétique calviniste dans La profession de foi du vicaire savoyard. Il juge le rédacteur des Confessions comme acariâtre, atrabilaire, paranoïaque, misanthrope et mégalomane. Enfin, il dénonce le compositeur Rousseau adepte de la fermeture des opéras. L’écrivain, assimilant l’imprimerie à un outil de propagation d’idées dangereuses. Pour finir ce témoignage à charge, il dénonce le père de cinq enfants abandonnés à l’assistance comme illégitime rédacteur de l’Émile ou de l’éducation.

    Rousseau stalinien ?

    Mais Michel Onfray ne s’arrête pas là. Il fait de Jean-Jacques Rousseau l’inspirateur de la Terreur en fournissant à Saint Just et Robespierre les arguments philosophiques de leur sanglant projet. Une révolution en inspirant une autre, il fait de Marx et de Lénine ses épigones. Dignes continuateurs de son œuvre maléfique. Et de terminer enfin : « Les camps, les barbelés, les exécutions capitales ont montré la dangerosité de ces rêveries d’un promeneur solitaire. »

    Si St Just et Robespierre ont su tirer parti de quelques mots écrits par un mort pour légitimer leur barbarie, faut-il pour autant que ce dernier en porte la responsabilité ? L’enfer est pavé de bonnes intentions. Aussi, combien d’autres écrits, sans doute plus louables, n’ont-ils pas de la même manière été détournés, mutilés, falsifiés dans le seul but de justifier les pires horreurs que l’humanité ait jamais enfantées. Chercher la culpabilité ailleurs que là où elle se trouve vraiment comporte un risque certain. Celui d’être tenté de faire des vrais coupables des esprits faibles, abusés, manipulés, influencés, subjugués et en définitive, pourquoi pas, innocents de leurs crimes dont ils n’étaient que les instruments. Tous coupables me diriez-vous ! Autant dire personne.

    Mais faisons fi de l’esprit polémique et tachons de faire avancer le débat d’idées. Je citais en début d’article les propres mots de Michel Onfray concernant justement le débat d’idées : « L’intelligence rude, la démonstration sévère, l’argumentation implacables valent mieux que le mépris, l’offense, l’injure ». Or, à défaut de trouver dans ses dernières lignes anti-rousseauistes du mépris, de l’offense ou de l’injure, je n’ai pas pour autant été subjugué par une réelle démonstration. Pas plus que par une implacable argumentation. Reprenons point par point. [...]

    (Lire la suite sur http://les-naufrages-de-dieu.over-blog.fr ).

     

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