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Archives Mensuelles: septembre 2011

Le budget français de la Défense ne connaît pas la crise et la gauche n’en parle pas…

Le budget français de la Défense ne connaît pas la crise et la gauche n’en parle pas…

  Selon le journal financier la Tribune du 28/9/11, les crédits dédiés aux armées vont augmenter en 2012 de 1,8%, à 31,72 milliards d’euros, dont 1 milliard de recettes exceptionnelles.

Epargné… Le budget de la Défense défie la crise financière et économique dit l’auteur de l’article. Le gouvernement va annoncer ce mercredi une enveloppe budgétaire (hors pensions) pour les armées en hausse de 1,8 % par rapport à la Loi de finances initiale (LFI) – soit 550 millions d’euros – pour atteindre 31,72 milliards d’euros, dont 16,5 milliards pour les équipements.

« Le budget 2012 s’inscrit dans la lignée du budget triennal et de la Loi de programmation militaire », note-t-on froidement à l’Hôtel de Brienne. Ce sera donc à l’appréciation de la nouvelle équipe à l’issue du scrutin du 6 mai de l’élection présidentielle, de valider ou non les orientations budgétaires de l’actuel gouvernement. Les dépenses de défense représentent 1,9 % du PIB (pensions comprises).

Il est probable que la brochette de présidentables qui nous ont fait leur numéro hier 27 septembre qui n’en ont pas parlé et n’en parleront pas plus. pas plus que le candidat Melenchon qui de toute manière a cru bon d’appuyer l’intervention de l’OTAN en Libye (dans le stricte mandat de l’ONU, ce qui prouve son immense naïveté et laisse mal augurer de l’avenir), il ne faut pas fâcher ceux avec qui on gouvernera demain , n’est-ce pas ?

C’est le pactole pour dassault, Lagardère…

Au chapitre des bonnes nouvelles, le ministère de la Défense va bénéficier en 2012, en vue de compléter les crédits budgétaires du budget de la défense (30,63 milliards d’euros), de recettes exceptionnelles (1,088 milliard) issues notamment des ventes de fréquences de très haut débit mobile 4G (936 millions) et d’actifs immobiliers (160 millions). Les équipes budgétaires du ministère ont également réussi à obtenir de Bercy un « bonus » de 100 millions d’euros pour les hausses de carburants opérationnels. Elles doivent également finaliser les négociations sur la vente du système de satellites de télécommunications Syracuse (400 millions d’euros espérés).

On peut toujours espérer…

Les militaires comptent également réduire l’an prochain les dépenses générées par les opérations extérieures (Opex), qui ont explosé en 2011 avec l’opération en Libye (Harmattan). Au total, les surcoûts ont atteint environ 1,2 milliard, dont 300 à 350 millions (primes, munitions…) pour vaincre les troupes du colonel Kadhafi. Dans ce contexte, l’Hôtel de Brienne négocie actuellement avec Bercy le financement résiduel (550 millions) de ce surcoût, 630 millions avait déjà été provisionnés en début d’année et 70 millions devant être versés par l’Onu. « Le principe d’un financement interministériel des 550 millions est acquis », assure-t-on au ministère. Résultat des négociations : fin octobre, début novembre. Dans le budget 2012, le ministère a inscrit en Loi de finances une provision identique à celle de 2011 (630 millions), escomptant des retraits partiels au Kosovo et en Afghanistan.

Quand on parle d’un financement interminestériel cela veut dire en clair que l’on prend sur d’autres ministères, par exemple l’éducation nationale ou la santé.

Et pendant ce temps là la geuche parle d’autre chose et s’excite sur la question de savoir s’il faut confier les délinquants produits du ch^omage organisé à l’armée, pourquoi ne pas prévoir des travaux d’intérêt général en Libye, en Afghanistan ou en Afrique ?

 
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Publié par le septembre 29, 2011 dans actualités, civilisation, Economie

 

A ne pas rater: l’Afghanistan filmé par des soldats français sur la 2

A ne pas rater: l’Afghanistan filmé par des soldats français sur la 2

Même si visiblement la France entière s’en fout au point qu’elle peut considérer comme crédible une brochette de candidats socialistes qui se désintéresse totalement de la question, la guerre d’Afghanistan non seulement ça coûte la peau des fesses mais c’est si con que des soldats filment ça comme les joyeuses colonies de vacances, les jeux video de l’absurde parce que l’armée interdit les images choquantes de la guerre réelle…

Par parenthèse ce matin une nouvelle complètement ahurissante: "les pro-khadafi"(sic) résistent, "les anti-khadafi"(sic) exigent de l’OTAN qu’ils accentuent leur bombardement, ce à quoi l’OTAN (qui?) répond qu’ils n’ont pas relâché l’intensification des frappes sur les villes qui ne veulent pas du CNT dont personne ne sait encore très bien de qui il s’agit… Je vous rappelle si vous l’aviez oublié que le mandat de l’ONU à l’OTAN était la protection des populations civiles.

De cela bien sûr il n’a pas été question dans le débat entre les prétendants PS…

Ce soir sur la 2, un film qui est l’oeuvre de jeunes soldats français dans "la vallée de la mort", en fait la vallée de Kapisa en Afghanistan. En fait  tout a commencé en 2008, un grand reporter Fred Hissbach arrive sur les lieux l’été 2008. Il a des consignes sévères : "Un blessé, tu filmes pas! Un mort tu filmes pas! Un prisonnier, tu filmes pas! Un accrochage tu filmes pas!"  Il ne peut rien filmer, celui qui lui répond se fait alpaguer, même une voiture embourbée ne donne pas l’image souhaité de la guerre héroïque.

Alors que reste-t-il sinon profiter de la retrospective Kubrick pour revoir les sentiers de la gloire ou Full metal jacket. Parce qu’il s’agit bien de ce dernier film, le grand reporter va trouver le moyen de faire comme Kubrick: trouver le ton et les images qui avec la gouaille de la survie décrivent et résistent à la folie meurtrière de ceux qui foutent là-dedans des gens pour une guerre perdue.

Parce que le grand reporter à qui l’on interdit de prendre des images de la guerre en Afghanistan finit par devenir le familier des soldats et un soir l’un d’eux lui montre des images qu’il a stockés sur une clé USB. Il avait filmé avec une minicaméra fixée sur son casque.

Je pense à Fuller qui avait filmé le camp de la mort en Tchécoslovaquie et qui a attendu près de trente ans pour diffuser les images. Le reporter lui n’a attendu que trois ans et que ceux qui avaient filmé aient quitté l’armée. deux d’entre eux sont là à visage découvert, ils témoignent parce qu’ils en ont marre de l’image que l’on donne de la guerre, parce qu’ils se sentent oubliés à 6000 km de la mère patrie. "Lors des patrouilles à l’aller, vous croisez des paysans qui vous sourient lors de votre passage et, au retour, ils vous attendent avec la kalachnikov à la main. Il faut se méfier de tout même des animaux, puisqu’ils mettent des bombes sur les ânes".

Ce qui devient dans la bouche du président quand il accueille avec des mines faux-cul les cercueils des soldats: "ils ont succombé au champ d’honneur à cause d’une lâche agression"… On croît rêver, un paysan a descendu un occupant venu de l’ouest à 6000 km de là et c’est lui le lâche ?

Ce que décrivent ces soldats  c’est un peuple qui refuse l’envahisseur. Et cela donne cet artisanat, ces bombes fabriquées avec tous les restes de munitions laissés au sol. Mieux ou pire l’armée afghane qui est entraînée et formée par les Français est l’ennemi le plus dangereux parce que dans les combats les balles partent aussi de là, en face, sur le côté et à l’arrière. Alors les bidasses deviennent ce que l’on fait d’eux des individus qui ont la blague lourde: on met en joue un adolescent et on joue à faire peur mais on ne sait pas jusqu’où va la plaisanterie.

Ne vous faites pas d’illusion, dans deux ou trois ans les soldats en Libye vont ressembler à ça parce qu’ils vont se mettre à douter de tout y compris des animaux.

Alors je préfère vous parler de cinéma, de Full metal jacket ou la manière dont un très grand cinéaste vous peint l’absurdité organisée. la fiction ça gueule parfois plus fort que le documentaire et ses images volées. Parce que la fiction dit ce que l’on ne peut plus espérer des foules inertes et des politiciens minables: "Quelle connerie la guerre!"

Full metal jacket est inspiré d’un livre intitulé Le merdier. Oui le merdier c’est la guerre mais c’est aussi cette campagne électorale entre ce qui s’y dit, les affaires qui puent et les nez que l’on bouche, les silences devant ces expéditions militaires, leur coût financier dont il n’est jamais question et la corruption généralisée qu’elles engendrent…

Pourquoi un tel mépris et de quel droit?  Peut-être parce que l’être humain n’est pas pour moi méprisable. le pire d’entre eux ressemble à Robert Mitchum dans la nuit du chasseur, ce film terrible sur la traque homicide de deux enfants par une brute, il a sur chaque main tatoué Love/hate (amour/haine), ou comme le soldat a inscrit sur son casque  "Born to Kill" (né pour tuer) et sur son uniforme a épinglé un badge pacifiste.

Il est ce qu’on a fait de lui. J’au vécu tout ce que l’on peut faire d’un être humain parce qu’il est femme, juif et vieille aujourd’hui. je sais que la politique ce devrait être le moyen de tenir la bête prête à se déchaîner contre plus pauvre, plus faible que soi… Oui mais voilà cela devient tout le contraire et alors je réserve toute ma colère à ceux qui entretiennent la machine à tuer. Qu’il s’agisse des politiciens qui utilisent la peine de mort pour gagner un point dans les sondages ou ceux qui ici se taisent sur la guerre parce que ce n’est pas un thème sur lequel on gagne une élection.Alors une fois de plus j’ai envie de hurler devant cette campagne présidentielle dans laquelle des candidats et pire encore ceux qui s’aprêtent à aller voter pour cette bande de tarés qui par leur silence contribuent puissamment à l’absurdité organisée, officialisée de la guerre.

La France est devenue le merdier…

Le mépris, c’est le mot qui convient… Aucune haine, même plus de colère, non le mépris. Il sufit d’un rien parfois cela peut même prendre l’apparence d’un malentendu et tout à coup on perd tout désir, tout intérêt. L’amour, l’amitié ont disparu et on se demande en contemplant l’individu ce que l’on a bien pu lui trouver. Godard a bien décrit cela.

Et je contemple le débat politique, d’un côté je proteste face à ceux qui gomment le politique, nous font enfiler des perles, égrènent des fausses indignations et des minauderies narcissiques et de l’autre il y a ce mépris qui m’envahit devant les candidats, le corps électoral… Tous, pas un pour sauver l’autre… L’obligation par décence de s’abstenir de tremper là-dedans…

Et pour couronner le tout il y a des élus qui veulent faire jurer sur le drapeau la défense de la patrie…

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le septembre 29, 2011 dans actualités, cinema, mon journal

 

mon journal :Shone toïve, une année se renouvelle jusqu’au pardon

mon journal :Shone toïve, une année se renouvelle jusqu’au pardon
Pour ceux qui l’auraient oublié ou l’ignoreraient, je tiens à souhaiter "a guitt yor"(en yiddish), "shone toïve" (avec l’accent ashkenaze), "shanah tovah" (avec l’accent sépharade), bonne année juive, en français puisque s’entame, à partir de ce soir, non pas le jour de l’an, concept étranger au judaïsme, mais la période de renouvellement de l’année qui va de ce  soir au jour de Kippour (jour du jeune et du grand pardon: samedi de la semaine prochaine), longue période de difficile confrontation de l’individu avec sa conscience pour débusquer tous les manquements qu’il a pu commettre au cours de l’année écoulée.
 
Le grand avantage de ce type de rendez-vous avec soi-même est que l’idée de Dieu devient inutile, point n’est besoin d’avoir suspendu sur la tête le couperet divin pour que l’on soit assailli par le doute sur soi-même et sur sa relation à autrui. Non seulement il n’en est nul besoin mais c’est même un encombrement inutile et préjudiciable à un véritable examen. la seule chose qui demeure est la pertinence d’un rendez-vous à temps fixe.
 
Cette année comme bien des précédentes, j’ai été si blessée, j’ai pris tant de coups de pieds de l’âne à la lionne devenue vieille, que j’en suis endolorie et perclue. je ne crois plus en aucun de mes compagnons et tous les discours dont je partage les mots me paraissent de l’hypocrisie pure pour masquer la haine.  Je me redresse de plus en plus difficilement et il arrivera bien un moment où je finirai K.O sur le ring et je glisserai avec bonheur et soulagement dans un sommeil réparateur, il en sera ainsi de beaucoup d’entre nous…  Mais tant qu’il me restera la moindre force je ferais face de cela je suis convaincue et cette retraite fait partie du combat pour ce qui me paraît encore important. Je préfère me tromper encore et toujours aux côtés de gens qui jouent et mentent que renoncer voilà de quoi  je suis sûre. Toujours la phrase de l’incorruptible: Nos raisons d’exister vallent mieux que notre existence. Il n’y a pas de méditation qui puisse ignorer cela.
 
Simplement je les prie : "ne me touchez pas!" Il n’est point besoin de croire en vous, en vos mots, en vos gestes pour combattre parfois ensemble. restons-en là…
 
Les doutes en cette période de rentrée m’assaillent effectivement non seulement sur ce qu’a été ma conduite cette année, sur sa justesse, sur le tort que j’ai pu faire autour de moi, mais sur le fait que tous mes choix, tous mes engagements s’avèrent mener à une impasse et prennent souvent des allures de cauchemar. Durant cette semaine que l’on pourrait qualifier de retraite ce blog va un peu entrer en sommeil et n’y prendront place que les idées qui me paraissent importantes.
 
Il y en a une aujourd’hui: je suis contente de la réussite de la grève de l’éducation nationale hier parce que c’est la preuve de la combativité française, du refus de tout reporter au résultat d’élections, c’est une matière de respect à soi-même d’une profession qui m’est chère et dont j’ai longtemps partagé le destin, une vision réconfortante de la solidarité intergénérationnelle. Il faut partir de ce genre d’action pour reconstruire ce qui paraît s’être effondré. Je n’ai jmais pu concevoir une réflexion sur moi-même, sur ma relation à autrui, sur la morale qui gommerait l’action politique, le vivre ensemble.
 
Si la conscience de chaque être humain est un abime il y a par moment dans le rassemblement, dans l’action collective quelque chose qui transcende tout cela et prend ses responsabilités dans la longue histoire de l’humanité et que l’année 5772 vous soit douce et légère.
 
Danielle Bleitrach
 
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Publié par le septembre 28, 2011 dans mon journal

 

Le pétitionnaire »: des difficultés de la protestation à la soif d’égalité, reflets de Chine

Le pétitionnaire »:  des difficultés de la protestation à la soif d’égalité, reflets de Chine

Je vous signale une fois de plus l’excellent blog reflets de Chine sur la vie quotidienne en Chine. Il témoigne d’une manière parfois cocasse des difficultés et des contradictions d’une Chine en état de développement acceléré mais surtout il va a contrario d’une vision d’une population complètement soumise à la discipline venue d’en haut. Pour qui connaît un peu l’histoire de la Chine, il y a d’étonnantes permanences dans les formes bureaucratiques parfois un tantinet mafieuse des pouvoirs locaux et dans l’entêtement que mettent les Chinois à revendiquer.
25 septembre 2011

Si les autorités chinoises se dotent progressivement de sites internet visant à recueillir les doléances de la population, ce sont en majeure partie des services spécialisés locaux qui enregistrent ces plaintes. Les loups ne se mangeant que rarement entre eux, les dépositions sont souvent ignorées, voire leurs auteurs menacés de représailles.

Afin de contourner ces barrières qui ont pour objectif de faire remonter le moins de mécontentements possibles, nombreux sont les habitants qui décident de faire le voyage vers la capitale pour déposer en « main propre » leurs doléances. Les hôtels proches du service chargé de recevoir ces personnes sont donc souvent occupés par des pétitionnaires, ce qui vaut à ces établissements de recevoir régulièrement des visites plus ou moins courtoises.

C’est dans un de ces hôtels que séjournait Zhao lorsqu’en pleine nuit plusieurs personnes ont fait irruption dans sa chambre. Ramené de force dans sa région du Henan, il a été battu à plusieurs reprises par les six fonctionnaires venus exprès pour l’empêcher de déposer ses demandes. Si ces cas sont assez fréquents, c’est une fois de plus Internet qui a permis de rendre public cette histoire qui a provoqué la colère des internautes. Devant cette situation, il était urgent d’agir, ce qui a été fait, mais de manière que l’on pourrait qualifier de comique s’il ne s’agissait de violences faites sur une personne totalement innocente.

S’inspirant visiblement du sketch « Le flic », les autorités chinoises ont décidé de prendre de « très dures sanctions » à l’encontre de la bande organisée composée des six fonctionnaires. Si en effet deux d’entre eux ont été simplement suspendus, les quatre autres s’en tirent avec un « redoutable » avertissement.

Comme disait si bien Coluche : « Au bout de 30 avertissements, on peut avoir un blâme, et au bout de 30 blâmes être dégradé … »

© 2011, Reflets de Chine – Une autre vision. Tous droits réservés. Dans le cas d’une reproduction partielle ou complète, veuillez indiquer clairement le lien vers le site ou l’article original.

Note de danielle Bleitrach sur l’illustration:

 je me suis permis d’illustrer l’anecdote rapportée par reflets de Chine par un film Grand public, une histoire comique sur la situation en Chine: Lost on journey d’abord donne la mesure des problèmes que doit affronter ce pays continent puisque le cadre en  est le  Chun Yun (le mouvement du Printemps), c’est-à-dire la période où des millions de Chinois prennent la route pour retrouver célébrer avec leurs familles la nouvelle année lunaire. La Chine est immense et compte presque un milliard et demi d’habitants alors imaginez la situation, tous les moyens de transport sont saturés et le train ou le bus, qui sont les seuls à la portée des bourses des plus pauvres, sont particulèrement pris d’assaut. Le film s’inspire de l’hiver 2008 alors qu’une vague de froid peu habituelle dans le sud avait bloqué toute la circulation du côté de Canton où il y a beaucoup de travailleurs migrants et à côté des grandes usines une multitude de PME avec des patrons âpres aux gains.
Li Chenggong est un homme d’affaires prospère,  patron d’une usine de jouets. Comme chaque année, il décide de partir retrouver sa famille pour les fêtes du Nouvel an chinois. Mais le froid bloque son avion et il va se retrouver dans un transhumance épique avec  le paysan Geng Niu. Malgré le mépris et la mauvaise volonté de Li , le patron va être obligé de découvrir son compagnon de voyage, ses qualités humaines alors qu’il s’agit d’un ouvrier migrant.
Le réalisateur Vip Wai Man ne fait pas une oeuvre de contestation sociale, tout cela reste optimiste sur l’entente possible entre l’entrepreneur exploiteur et le pauvre migrant alors même qu’il y a de véritables cas d’esclavage mais le message est celui qui plaît au Chinois: l’égalité entre les Chinois, urbains, riches et les ruraux exploités est possible parce que dans le fond ceux qui conservent les vrais valeurs sont les pauvres et ce sont eux qui défendent l’avenir de la Chine en remettant dans la voie ceux qui ne pensent qu’à s’enrichir.

Rien à voir avec Stil Life le film de Jia Zhang-ke dont je vous ai parlé ici, rien si ce n’est deux faits, le premier est la démesure des problèmes qu’affronte ce pays, le second est dans la dénonciation des inégalités, de la corruption et la manière dont l’ouvrier migrant porte les valeurs d’avenir de la Chine parce qu’elles sont en conformité avec la tradition de solidarité et de respect de la Chine de Confucius à Mao… En passant par quelques empereurs particulièrement répressifs contre les corrompus.

 
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Publié par le septembre 27, 2011 dans civilisation

 

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Premiers pas de la Renaissance féminine en Irak par Zahra Ali

Premiers pas de la Renaissance féminine en Irak par Zahra Ali

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Publié pour la première fois en 1958, Premier pas de la Renaissance féminine en Irak − connu sous le nom de Awwal al-Tarîq est considéré comme le premier ouvrage féministe irakien. Son auteure, Sabîha al-Shaykh Dawood, figure du mouvement des femmes émergeant au début du XXe siècle, fut la première étudiante en droit à l’Université de Bagdad, et la première avocate irakienne. Elle présente et analyse le renouveau féminin en Irak depuis ses débuts à la fin du XIXe siècle jusqu’au milieu du XXe.

Sabîha al-Shaykh Ahmad Dawood est issue d’une famille qui a marqué l’histoire de l’Irak contemporain : son père al-Shaykh Ahmad Dawood, éminente figure religieuse, a non seulement été ministre des Waqfs en 1928 et membre du Parlement irakien, mais il a aussi été l’une des plus influentes personnalités engagées dans la lutte contre la colonisation britannique en Irak aux côtés de figures aussi remarquables que shaykh Youssouf as-Suyadi, Ja‘far Abu al-Tamân et Sayyid Muhammad al-Sadr. Quand à sa mère, Na‘ima Sultan Hamida, elle fut l’une des fondatrices de la première association féminine irakienne, et compta parmi les figures du mouvement de renouveau féminin.

À travers les 17 chapitres de l’ouvrage, l’auteure présente l’histoire des femmes de l’Irak moderne, et analyse l’avancée du mouvement des femmes ainsi que l’amélioration de leur statut et de leurs conditions de vie, en débutant par l’évocation de leur participation à la Révolution de 1920. Puis, elle présente une étude détaillée et documentée à propos de l’évolution de l’instruction et du travail féminin, ainsi que de la participation des femmes à la vie publique et politique. Elle aborde ainsi les principaux enjeux et les controverses qui ont marqué les années 1920 et 1930 lors de l’apparition des femmes dans la sphère publique, et notamment les débats autour du vêtement censé être approprié aux femmes dans l’espace public. Pour finir, elle analyse la formation des premières associations féminines qui donneront naissance à une dynamique proprement féministe, réclamant l’égalité politique des hommes et des femmes.

Témoin actif et analyste du mouvement des femmes en Irak du début du siècle dernier, Sabîha al-Shaykh Ahmad Dawood a voulu inscrire l’histoire des femmes irakiennes comme partie intégrante de l’histoire du renouveau des sociétés arabes. Son ouvrage compte parmi les écrits des femmes arabes du début du siècle dernier publiés dans une perspective féministe : à la fois héritage de l’histoire des femmes s’ajoutant à l’histoire « officielle » de la renaissance arabe dominée par le point de vue masculin, et composante d’une histoire des mouvements féministes arabes et musulmans.

Bagdad, faculté de Droit (1936)

Peu diffusé, tiré à un nombre d’exemplaires limité, il est difficile de se procurer cet ouvrage qui n’a jamais été traduit. Il nous a donc semblé important d’en présenter un résumé commenté (en langue arabe) dans le cadre de nos recherches sur l’histoire des femmes irakiennes.

 
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Publié par le septembre 27, 2011 dans civilisation, femmes, histoire

 

Une analyse de la crise européenne par la Chine et sa conclusion : La Chine doit diversifier ses investissements

Une analyse de la crise européenne par la Chine et sa conclusion : La Chine doit diversifier ses investissements

Cet article publié par le quotidien du peuple, l’organe central du Parti Communiste chinois confirme celui publié sur ce site lundi 27 septembre 2011. Il souligne en particulier deux point qui me paraissent essentiel dans la position chinoise. Premièrement, l’analyse de la crise est lié au refus de changer de l’Occident, pour faire face on s’est contenté d’injecter des liquidités dans un système financier malade alors que des réformes structurelles s’imposaient. Deuxièmement au titre de ces réformes structurelles, la Chine ne se contente pas d’exiger de la rigueur face à la dette, elle préconise une autre orientation, moins de consumérisme et une attention plus grande au chômage d’une main d’oeuvre qualifiée (1) comme une meilleure prise en compte du nouvel équilibre international.Enfin comme nous l’avions noté hier si la Chine est d’accord pour prendre sa part dans la recherche de solutions à cette crise, elle considère que résoudre les problèmes du quart de l’humanité est sa priorité et elle se félicite d’avoir privilégié la réorientation de son économie vers le marché intérieur et le développement des hautes technologie. (note de danielle Bleitrach)

Il faut un temps d’observation pour conclure que la crise de la dette européenne est la seconde-mi-temps de la crise financière de 2008 ou le début d’une nouvelle crise économique mondiale. Les économies américaine et européenne agissent lentement, l’une comme l’autre, sur la question de reconversion et de restructuration économiques. Cependant, l’économie européenne, qui nécessite un équilibrage entre plusieurs pays, est différente de l’économie d’un pays unique.

L’actuelle crise de la dette européenne nous fait penser à plusieurs personnes assises sur un même banc. Un pied du banc vient à s’abîmer. On se trouve donc devant un choix : tout le monde se lève pour réparer le banc ou on laisse tomber la personne la plus proche du mauvais pied. Si l’on ne le répare pas, on verra simplement qui tombera le premier. Si on le répare, la personne la plus proche du mauvais pied semblera être le plus grand bénéficiaire. Existe-t-il un autre choix ?

Par extension, la mondialisation économique a mis toutes les économies du monde sur un même banc. Celui-ci est si long et accepte des personnes si hétéroclites que la transmission de la crise ou de la reprise ne peut pas se faire sans heurt. Il serait naïf de croire à une fin rapide de la crise de la dette européenne et de la crise financière américaine.

Un adage chinois dit que les maladies viennent à cheval et s’en retournent à pied. En ce moment, il n’est pas réaliste d’espérer résoudre les problèmes économiques du monde grâce à la force d’un pays quelconque. Même la Chine, qui possède une réserve enviable de 3 000 milliards de dollars, n’est pas en mesure de jouer le rôle de sauveur de l’économie mondiale.

Les séquelles du sauvetage par les liquidités

Récemment, le sous-directeur général du FMI, Zhu Min, a parlé de la crise de la dette européenne en ces termes : « Depuis 2008, tous les plans de sauvetage se sont penchés sur les liquidités sans entreprendre une réforme structurelle énergique. Voilà la cause importante de l’éclatement de la crise. Dans l’UE, la crise de la dette en actions se répand vers les banques. Elle fait également face aux pressions de la croissance. Les membres de l’UE ne peuvent mener à bien leurs affaires qu’en formulant des projets efficaces sur la réforme structurelle tout en bénéficiant du soutien international ». Je suis d’avis que les efforts insuffisants et le manque de détermination des pays d’Europe et des États-Unis sur la réforme structurelle sont à la source de l’imbrication des liquidités de ces dernières années et de l’attention croissante envers Ben Bernanke.

Lorsque la crise a éclaté, les deux économies développées visaient à réguler le déséquilibre économique mondial afin de parvenir à un nouvel équilibre. Dans une large mesure, elles avaient pour objectif de rétablir leurs anciennes positions. Au cours de l’exécution de leurs plans, elles ont fait peu de cas de leurs propres problèmes et comptaient davantage sur la force extérieure ou attendaient de l’aide. C’est le cas des banques américaines, et aussi des pays européens fortement endettés. Les économies développées éprouvent de temps à autre de la jalousie envers les pays émergents et le développement économique de ces derniers.

Aujourd’hui, l’Europe et les États-Unis espèrent que les économies émergentes permettront au monde entier de sortir du bourbier. Ils attendent beaucoup, notamment de la Chine. Selon les statistiques fournies par M. Zhang Xiaoqiang, de l’Académie des sciences sociales de Chine, la Chine ne représente que 9,5 % de l’économie mondiale, alors que les États-Unis, l’Europe et le Japon en constituent ensemble plus de 60 %. De toute évidence, la persistance des économies développées à vouloir faire mouvoir une grosse pierre par une petite est un expédient. Si les pays d’Europe et les États-Unis n’assument pas leur propre responsabilité, l’économie mondiale ne saurait se débarrasser des problèmes existants. D’autre part, le réajustement de ces dernières années prouve que le sauvetage sous forme de perfusion ne peut pas guérir la maladie. Au contraire, il peut en provoquer de nouvelles.

La coopération sino-européenne doit prendre en considération les intérêts à long terme

Les présidents Barack Obama et Nicolas Sarkozy ont récemment discuté de l’ajout de la monnaie chinoise au panier des devises propres aux droits de tirage spéciaux du FMI. Ce point mérite une grande attention.

Au début de la crise économique mondiale, la Chine a décidé d’investir 4 000 milliards de yuans supplémentaires afin d’accroître la demande intérieure et de réduire les pressions économiques internationales, alors que l’économie chinoise fonctionnait à grande vitesse. Le développement ultérieur de l’économie chinoise a prouvé le rôle positif de cette mesure pour la reprise économique mondiale.

L’actuelle crise de la dette européenne présente des effets certains sur l’économie globale, notamment la diminution de la demande. La Chine doit non seulement tenir compte de la dette européenne, mais aussi planifier de manière perspicace ses investissements futurs selon ses intérêts d’ensemble et à long terme.

Il faut constater que la cause profonde de cette crise n’est pas seulement l’effet de levier excessif des économies développées, mais le déséquilibre structurel, la vacuité industrielle, le chômage d’ouvriers qualifiés et le grave déséquilibre économique. De plus, la consommation à outrance a entraîné une surcapacité de production.

Les pays d’Europe et les États-Unis, de même que les économies émergentes, sont confrontés sans exception au problème difficile de créer la demande. Aujourd’hui, rien ne manque dans notre monde, mais la demande effective fait défaut. Le développement d’une consommation excessive, à l’instar de ce qui se pratique aux États-Unis, ne peut pas être durable. Comment faire face au marché actuel et résoudre le problème de l’affaiblissement de la demande ? La recherche d’une solution doit se faire de manière concertée.

En conséquence, la coopération sino-européenne ne peut pas chercher à obtenir des succès rapides. Chaque partie doit assumer sa propre responsabilité, et les deux parties doivent se consulter sur un pied d’égalité en ce qui concerne les projets de coopération.

La Chine doit diversifier ses investissements

La réserve chinoise en devises étrangères est enviable. C’est là la base du développement rapide de l’économie chinoise dans les conditions si complexes du moment. Toutefois, l’effet à double tranchant d’une trop grosse réserve en devises étrangères est aussi évident.

Des responsables américains ont déclaré que la sécurité de l’achat de la dette américaine par la Chine était assurée. Il y a quelques mois, les États-Unis, pris en otages par les débats entre démocrates et républicains sur le relèvement du plafond de la dette, laissaient cependant entrevoir que dans le pire des cas, ils ne pourraient pas honorer leurs engagements concernant la dette américaine. Il s’agit d’un véritable bouleversement, faisant entre autres prendre conscience à la Chine que sa réserve en devises étrangères doit provenir de plusieurs sources et qu’elle doit réajuster en temps opportun sa stratégie d’investissements à l’étranger afin de pouvoir faire face à un changement brusque.

Des spécialistes ont proposé de saisir l’occasion de la crise de la dette des économies développées pour encourager les entreprises chinoises à sortir et à internationaliser le yuan, car cette crise présente de multiples facettes et que cet affaiblissement de l’Occident est synonyme d’opportunités. Je suis d’avis qu’il est toujours très important pour la Chine de maintenir l’élan des entreprises vers l’extérieur. Bien que les investissements des entreprises chinoises à l’étranger aient rencontré des difficultés, il est nécessaire de chercher sur une plus large échelle des partenaires et des occasions de coopération. En même temps, il faut acheter de l’or et des biens de grande consommation afin de diversifier les risques d’investissement. Il faut en même temps faire des investissements en actions nécessaires, notamment dans les secteurs des nouvelles et hautes technologies. La modification du contexte économique mondial est inévitable. La Chine doit avoir davantage de choix quant à la manière d’internationaliser sa monnaie.

Traduction de l’article chinois de Mme. Ni Xiaolin, commentatrice émérite en économie et finances

(1) Cette question soulevée obstinément par la Chine est effectivement si importante que l’écho en parvient au niveau des sommets internationaux et Sarkozy lui-même paraît s’en faire le champion: « La création d’emplois de qualité et le renforcement de la protection sociale vont de pair », a-t-il souligné en cherchant à faire  aboutir à la fixation d’une feuille de route commune lors du G20 et poursuivre parallèlement la lutte en faveur du respect des droits fondamentaux du travail.Ces déclarations font écho à celles des différents organismes internationaux étroitement associés à la préparation du G20. « C’est maintenant qu’il faut agir» sur l’emploi, a martelé le directeur général du BIT, Juan Somavia, tandis que l’OCDE a pointé, dans un rapport, que le ralentissement de la croissance laisse désormais craindre que 40 millions d’emplois viennent à manquer « d’ici à fin 2012 ». Tout cela est bel et bien mais va a contrario de ce qui se passe réellement sur le terrain, non seulement le sacrifice de pans entiers de l’emploi mais la mise en cause de l’éducation nationale.

 
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Publié par le septembre 27, 2011 dans actualités, civilisation, Economie

 

Avatars palestiniens : le discours de l’indien rouge Par Yves Gonzalez-Quijano

Avatars palestiniens : le discours de l’indien rouge Par Yves Gonzalez-Quijano
14 février 2010

Et il vous manquera une trêve avec nos fantômes dans les nuits stériles,
un soleil moins enflammé, une lune moins pleine,
pour que le crime apparaisse moins fêté sur vos écrans.

Mahmoud Darwich, Discours de l’indien rouge.

Une quasi-brève du Monde signale que l’armée israélienne, sur décision de la Cour suprême, a commencé à déplacer un tronçon du « mur de séparation » que conteste la population de Biline (بلعين), à 12 km à l’ouest de Ramallah en Cisjordanie.

Après une première décision de justice en 2006, les habitants de ce petit village, devenu une sorte de « capitale » de la résistance palestinienne non-violente, remportent ainsi un nouveau succès grâce aux formes de lutte qu’ils ont adoptées, même si celles-ci ne sont pas sans risques (voir par exemple  « Non-violence en Palestine » un billet d’Alain Gresh).

Néanmoins, la manifestation hebdomadaire s’est soldée une fois de plus par la répression violente des forces d’occupation israéliennes qui ont blessé quatre manifestants en tirant directement sur eux bombes assourdissantes et grenades lacrymogènes.

Mais on en parlera peut-être un peu plus que d’habitude parce que cinq militants – palestiniens, israéliens et internationaux – ont eu l’idée de sensibiliser l’opinion à leur cause en se déguisant en Nävis, ce peuple pacifique et innocent dont Avatar raconte l’existence menacée par la cupidité guerrière (intéressante vidéo qui mêle des images du film à celles de la manifestation).

Ce n’est pas la première fois qu’on suggère cette interprétation du film de James Cameron, suffisamment « œcuménique » pour en accepter bien d’autres. Dans le monde arabe, Jihad El-Khazen (جهاد الخازن) par exemple avait mentionné dans un de ces éditoriaux (en arabe) pour Al-Hayât ce rapprochement entre la violence que subissent les malheureux indigènes de la planète Pandora et celle qui s’est abattue sur les Palestiniens une fois ouverte la “boîte de Pandore” de la création d’un “foyer national juif” en Palestine.

Mais pour les lecteurs de Mahmoud Darwich, les malheureux Nävis font surtout penser à l’un de ses très beaux textes, Le discours de l’indien rouge (خطبة الهندي الأحمر). Reprenant la célèbre supplique adressée  en 1854  par Chef Seattle au gouverneur Isaac M. Stevens, le poète y associait le destin de son peuple à celui des Amérindiens, spoliés de leur terre par les colons étrangers.

Sur cette vidéo, Mahmoud Darwich lit ce poème dont vous trouverez le texte arabe ici. Les extraits de la traduction d’Elias Sanbar ci-dessous correspondent aux paragraphes 1, 3 et 7 du texte arabe).

1 – Ainsi, nous sommes qui nous sommes dans le Mississippi. Et les reliques d’hier nous échoient. Mais la couleur du ciel a changé et la mer à l’Est a changé. O maître des Blancs, seigneur des chevaux, que requiers-tu de ceux qui partent aux arbres de la nuit ? Elevée est notre âme et sacrés sont les pâturages. Et les étoiles sont mots qui illuminent… Scrute-les, et tu liras notre histoire entière : ici nous naquîmes entre feu et eau, et sous peu nous renaîtrons dans les nuages au bord du littoral azuré. Ne meurtris pas davantage l’herbe, elle possède une âme qui défend en nous l’âme de la terre. O seigneur des chevaux, dresse ta monture qu’elle dise à l’âme de la nature son regret de ce que tu fis à nos arbres. Arbre mon frère. Ils t’ont fait souffrir tout comme moi. Ne demande pas miséricorde pour le bûcheron de ma mère et de la tienne. ( … )
3 – Nos noms sont des arbres modelés dans la parole du dieu et oiseaux qui planent plus haut que les fusils. Ne coupez pas les arbres du nom, vous qui venez guerre de la mer. Et ne lancez pas vos chevaux flammes sur les plaines. Vous avez votre dieu, et nous, le nôtre. Vos croyances, et nous, les nôtres. N’ensevelissez pas Dieu dans des livres qui vous ont fait promesse d’une terre qui recouvre la nôtre. Ne faites pas de Lui un huissier à la porte du roi.
Prenez les roses de nos rêves pour voir ce que nous voyons de joie ! Et sommeillez au-dessus de l’ombre de nos saules, pour vous envoler mouettes et mouettes, ainsi que s’élancèrent nos pères bienveillants avant de revenir paix et paix. Il vous manquera, ô Blancs, le souvenir de l’adieu à la Méditerranée et vous manquera la solitude de l’éternité dans une forêt qui ne débouche point sur un abîme, et la sagesse des brisures. Et il vous manque une défaite dans les guerres. Et un rocher récalcitrant au déferlement du fleuve du temps véloce.
Et il vous manquera une heure pour une quelconque contemplation, pour que grandisse en vous un ciel nécessaire à la tourbe, une heure pour hésiter devant deux chemins. Euripide un jour vous manquera, et les poèmes de Canaan et des Babyloniens, et les chansons de Salomon à Shulamit. Et vous manquera le lys sauvage pour la nostalgie, et vous manquera, ô Blancs, un souvenir qui apprivoise les chevaux de la démence et un cœur qui racle les rochers afin qu’ils taillent dans l’appel des violons.
Et il vous manque et manque l’hésitation des armes. Et s’il faut nous tuer, ne tuez point les êtres qui avec nous d’amitié se lièrent et ne tuez pas notre passé. Et il vous manquera une trêve avec nos fantômes dans les nuits stériles, un soleil moins enflammé, une lune moins pleine, pour que le crime apparaisse moins fêté sur vos écrans. Alors prenez tout votre temps pour la mise à mort de Dieu. ( … )
7 – Il y a des morts qui sommeillent dans des chambres que vous bâtirez. Des morts qui visitent leur passé dans les lieux que vous démolissez. Des morts qui passent sur les ponts que vous construirez. Et il y a des morts qui éclairent la nuit des papillons, qui arrivent à l’aube pour prendre le thé avec vous, calmes tels que vos fusils les abandonnèrent. Laissez donc, ô invités du lieu, quelques sièges libres pour les hôtes, qu’ils vous donnent lecture des conditions de la paix avec les défunts.

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Le monde arabe: La corruption mise en scène : théâtre, feuilletons et cinéma

Le monde arabe: La corruption mise en scène : théâtre, feuilletons et cinéma
Voici un article intéressant et qui date du 21 décembre 2010, il est paru sur un blog bien informé et qui par son projet ressemblerait à histoireetsociéte puisqu’il s’agit de cultures et politiques arabes. ici l’état du cinéma et des spectateurs egyptiens à la veille de la Révolution du printemps reflètent bien l’état d’une opinion publique dont la colère n’a surpris que ceux qui entretenaient et continuent à entretenir la méconnaissance sur les réalités de la planète et des peuples. Souvent le cinéma , les artistes en général nous font voir ce que pense un peuple encore faut-il qu’ils ne choisissent pas le nombrilisme, le narcissisme mais même dans ce cas ils laissent parfois entendre un état d’esprit face à une situation bloquée ou qui paraît telle .  

A A l’occasion de la dernière « Journée mondiale des Nations unies contre la corruption », le BBC World service a fait réaliser un sondage dont il ressort que les pratiques de « mauvaise gouvernance » selon la dernière périphrase à la mode constituent le premier thème de discussion de par le monde, avant même les questions météorologiques !!!

Pour cette enquête où des citoyens de 57 pays ont été interrogés, c’est l’Egypte – à tout seigneur tout honneur ? – qui représentait le monde arabe… On apprend ainsi que le citoyen égyptien aime à parler, avant tout, du coût de la vie, un sujet qui le préoccupe bien plus que la moyenne mondiale… Et pour ce qui est du thème central de l’enquête, la corruption, considérée par 91 % d’entre eux comme un very serious problem, les Egyptiens arriveraient presque en tête de toutes les nations s’il n’y avait les Brésiliens pour faire encore mieux qu’eux !

Un souci méthodologique toutefois, car la « corruption », que les enquêteurs ont dû traduire dans toutes les langues de l’échantillon, peut être vécue de bien des manières. En arabe, le terme fasâd (فساد), qui vient immédiatement à l’esprit, évoque sans doute la corruption, au sens de concussion (« malversation d’un fonctionnaire qui ordonne de percevoir ou perçoit sciemment des fonds par abus de l’autorité que lui donne sa charge » nous dit le dictionnaire), mais avec une connotation morale qui fait défaut en français. Dans les médias arabes, on peut ainsi parler sans difficulté aucune de la « corruption des intellectuels », pour dénoncer non pas leur cupidité mais leur absence de probité morale, cause de leurs errements, voire de leurs erreurs, et le terme fait indéniablement écho au fasâd al-qulûb, cette « perversion des cœurs » qui est un poncif inlassablement repris par les commentateurs religieux au fil des générations successives.

Ces remarques faites, on ne s’étonne pas, en lisant l’enquête publiée par les Nations unies, de constater que les Egyptiens, et sans doute l’ensemble des citoyens arabes, sont  particulièrement concernés, dans tous les sens du mot, par les questions de corruption politique. Un thème que dénoncent d’ailleurs, et depuis assez longtemps, un très grand nombre de romans, de films, de feuilletons, ou encore de pièces de théâtre. Mais, parfois, d’une manière qui mérite quelques commentaires.

En Irak, pays qui fait le dur apprentissage – c’est le moins qu’on puisse dire… – de la démocratie depuis qu’on est venu le libérer, la dernière Journée mondiale contre la corruption a été accompagnée par la représentation d’une pièce intitulé Dir bâlak fasad (دير بالك فساد : Attention, corruption !). Cependant, en lisant un article dans Al-quds al-‘arabim on en arrive à se demander si la mise en scène ne déborde pas les murs du Théâtre national où l’œuvre a été présentée. En effet, il s’agit d’une commande du très officiel Organisme pour l’intégrité et la transparence (هيئة النزاهة ةالشفافة), créé en 2003 et financé par les autorités. Il est vrai que, cette année-là, l’organisation Transparency International (brève dans Le Monde) donnait à l’Irak la troisième place dans son palmarès mondial, juste après la Somalie et la Birmanie…

Sans faire de procès d’intention aux autorités irakiennes, on peut malheureusement craindre que la lutte contre la corruption soit aussi… corrompue que les organismes qui la financent. Dans une région où les ficelles de la communication politique semblent avoir été assimilées plus vite que les règles de la « bonne gouvernance », on a ainsi souvent l’impression d’une indéniable instrumentalisation de la lutte contre la corruption. On peut l’observer, entre autres exemples dans la région, en Syrie, où le thème de la lutte contre la corruption bénéficie d’un soutien appuyé des autorités, comme le note Mathilde Chèvre à propos des thématiques développées par bien des ouvrages pour enfants En 2007 et 2008 notamment, plusieurs feuilletons télévisés, signalés dans un articled’Al-Akhbar, ont eu comme point commun de dénoncer les errements d’un système mis à mal par l’absence d’intégrité de certains de ses acteurs. L’exercice a toutefois ses limites. En 2008 par exemple, la diffusion de Riyâh al-khamasîn (Vents de sable) n’est pas allée au-delà du deuxième épisode. Ce feuilleton, réalisé par Hisham Sharbatji (هشام شربتجي), racontait l’itinéraire d’un prisonnier politique qui, après 15 années de détention, découvrait combien la corruption avait gagné tous les secteurs de la société.

On a beaucoup parlé également de La malédiction de la terre (La‘nat al-tîn لعنة الطين. Au grand étonnement de pas mal d’observateurs, le réalisateur (Ahmad Ibrahim Ahmad أحمد إبراهيم أحمد) et son scénariste (Samer Ridwan سامر رضوان) avaient en effet choisi de traiter une question particulièrement sensible, celle de la corruption de certains hauts responsables au temps de la présence syrienne au Liban. Il est vrai qu’ils se lançaient dans cette aventure alors qu’Abdel Halim Khaddam (عبد الحليم خدام), ancien vice-président entre 2000 et 2005, très  impliqué dans ces accusations, était déjà tombé en disgrâce. Malgré leurs efforts, les aventures de Abdel Alim Allam (عبد العليم علام), selon le nom donné comme par hasard à l’un des principaux protagonistes, auront bien été diffusées mais sous une forme parfaitement édulcorée (voir – dès que le site sera totalement réparé, cet article dans Al-Akhbar).

Sans doute parce qu’il y a matière à dire, la corruption est donc un thème souvent traité, avec, de temps à autre, d’indéniables effets d’opportunité. Sur le long terme, des évolutions se dessinent, qui en disent moins sur ce fléau social et politique d’ailleurs que sur l’état d’esprit des populations qui doivent vivre avec. En juillet dernier, on a ainsi projeté en Egypte Al-Kibâr (Les « gros bonnets » الكبار), film qui raconte l’histoire d’un juge honnête aux prises avec la corruption dans son pays. Pour cette grosse production, le jeune metteur en scène, Muhammad Gala al-Adl (محمد جلاء العدل), a fait appel à un scénariste chevronné, Bashir al-Deek (بشير الديك).

Bashir al-Deek, dont toutes les œuvres tournent, d’une manière ou d’une autre, autour de ce thème, retrouvait ainsi le chemin des écrans après une longue absence depuis la fin des années 1990. A cette différence près, notée par un critique, que les scénarios qu’il écrivait dans les années 1980 et 1990 voyaient le triomphe du héros justicier, alors que le « petit juge » d’Al-Kibâr en 2010 échoue lamentablement dans son combat contre la corruption…

(Cadeau presque de fin d’année : Al-Kibâr en version arabe sur internet à cette adresse).

 
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Publié par le septembre 26, 2011 dans cinema, civilisation

 

Deux ou trois choses que je sais de la Chine qui "resplendit"

Deux ou trois choses que je sais de la Chine qui "resplendit"

Partons des faits tels que les experts les décrivent en Occident. Il en est un difficilement niable : la conjoncture s’est assombrie partout dans le monde du fait de l’aggravation de la crise de la zone euro. L’Europe craint la récession, les Etats-Unis sont à peine mieux lotis et les émergents ne progresseront que de 3 % à 4 % cette année, hormis l’Inde et la Chine. Ou encore, toujours en provenance des mêmes sources : Le forum économique mondial de Dalian, qui s’est tenu récemment dans le nord de la Chine, a fustigé sans ambages l’échec économique et social d’une Europe qui a tardé à prendre au sérieux la crise de la dette publique, par faiblesse et par suffisance. La Chine, elle, resplendit.

Ces remarques prises dans un journal financier: les Echos s’assortissent d’une analyse : l’Europe et les Etats-Unis souffrent de trop de démocratie alors que la Chine monte au firmament parce qu’elle n’a pas d’opinion publique et pourrait impulser les décisions qui conviennent à sa croissance.

Ce que l’on oublie de dire c’est qu’au premier rang des raisons des dette occidentales la Chine dénonce le surarement des Etats-Unis en particulier, mais toute proportions gardées celui de la France quatrième puissance militaire mondiale n’est pas mal non plus en matière de dépenses somptuaires.  La Chine en outre  est très attentive à la manière dont une politique de rigueur mal adaptée, étranglant la consommation populaire peut aggraver la récession

 Mais surtout présenter  le système politiques des Etats-Unis ou de l’europe comme souffrant d’en excès de démocratie est peut-être excessif. Oui si l’on décrit les batailles rangées et soigneusement contrôlées des camps politiciens, non si l’on envisage la possibilité pour les citoyens d’être entendus par les gouvernants. L’opposition unanime aux retraites en France et l’attitude du gouvernement est un témoignage parmi d’autres de ce que l’on entend par démocratie désormais. On peut même dire que la crise économique et financière dite de l’Euro se double aux yeux de tous d’une crise politique que l’on prétend résoudre par une intégration européenne toujours plus poussée et des centres de décision sur lesquels le citoyens n’a plus de prise. Et le discours sur la force de la Chine dûe à son absence de démocratie n’est pas innocent.

Faire de la Chine un lieu de calme plat, sans protestations et sans conflits sociaux est tout aussi mensonger. Certes les dissidents que l’Occident soutient sont en général totalement inconnus en Chine mais les protestations contre le traitement dans les usines, les abus des pouvoirs locaux non seulement existent mais sont entendus et parfois encouragés par le pouvoir central que ce soit contre les élutes locales corrompues ou contre les multinationales étrangères qui refusent d’appliquer le code du travail chinois . Comme la protestation des artistes contre la censure est une réalité mais souvent également il s’agit d’une protestation contre le nivellement par le marché, la vénalité et la corruption d’un enrichissement sans frein et pas nécessairement une adhésion aux "valeurs" de l’occident.

Enfin quand il est question de la Chine, il existe deux ou trois évidences qu’il ne faut jamais oublier:

1) c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que monte à l’horizon une puissance  en capacité d’hégémonie qui dans le même temps demeure un pays sous développé.

2) Si les statistiques mondiales témoignent d’une évolution positive de l’état de la population mondiale c’est largement à la Chine qu’on le doit, ce pays non seulement connaît un développement acceléré mais il entraîne dans son sillage d’autres pays en particulier de la zone asiatique.

3) La Chine a connu un développement lié à l’exportation en particulier de produits manufacturés de faible qualité avec un côut de la main d’oeuvre faible.

4) la crise qui a débuté en 2007 s’est traduite en Chine par une accélération des mutations dans son modèle de développement et ce sur plusieurs plans. Il y a une accélération vers la haute technologie et les produits de haute valeur ajoutée. Il y a également une croissance plus liée au développement du marché intérieur. pour aboutir à ce résultat la Chine a du adopter une politique entre autres d’amélioration des protections sociales, à la fois pour avoir une force de travail plus qualifiée et moins d’épargne.

C’est dans ce contexte qu’il faut apprécier cette nouvelle parmi d’autres comme la multiplication des logements sociaux pour tenter de freiner la surchauffe immobilière ou la modification du statut des travailleurs migrants, la croissance de la Chine n’est pas seulement le rêve d’un capitalisme débridé, elle est aussi la volonté de laisser voler l’oiseau mais dans la cage des contrôles publics, financiers en particulier et surtout la tentative de créer un marché intérieur ou dans le tiers monde par une amélioration de la vie des habitants, la recherche de la paix par une diplomatie trés traditionnelle de respect des souveraineté.

Ainsi de Chine proviennent tous les jours des nouvelles qui disent à quel point ce n’est pas nécessairement rigueur et régression qui créent les conditions d’un équilibre budgétaire :
 
 l’assurance pension va couvrir tous les seniors chinois d’ici 2015

Tous les citoyens âgés dans les zones urbaines et rurales chinoises seront couverts par l’assurance pension à l’horizon 2015, selon un plan de développement pour le troisième âge inscrit dans le cadre du 12ème plan quinquennal (2011-2015) et décrété vendredi par le Conseil des Affaires d’Etat (le gouvernement chinois).

Le nombre de Chinois âgés de 60 ans ou plus passera de 178 millions à l’heure actuelle à 221 millions en 2015, et leur proportion dans la population totale évoluera de 13,3% à 16%, précise le plan.

Le vieillissement de la population est un problème urgent et important auquel fait face le gouvernement.

En plus de l’assurance pension, le gouvernement améliora également les services de soins aux personnes âgées dans l’ensemble du pays.

Les centres médicaux communautaires vont établir des dossiers de santé pour ceux qui ont 65 ans ou plus dans les cinq prochaines années, indique le plan.

Source: xinhua

Ce que nos experts intéressés veulent oublier c’est que si face à la crise en Occident on a assisté à l’application d’une politique keynesienne à rebours, c’est-à-dire qu’il y a eu et continue d’y avoir intervention de l’Etat, celle-ci s’est opéré en déversant à fond perdu de l’argent dans un système financier qui a continué de plus belle à spéculer. La Chine, elle a appliqué des recettes plus traditionnelles pour développer un marché intérieur face au ralentissement des exportations.

Personnellement je me sens totalement libre par rapport à la Chine, doublement libre puisque je n’appartiens à aucun parti communiste et la Chine me paraît présenter une situation tellement contradictoire que je ne vois pas comment en faire un modèle.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le septembre 26, 2011 dans civilisation, Economie

 

Ce n’est ni un héros, ni un méchant, ainsi en est-il de la plupart des individus…

Ce n’est ni un héros, ni un méchant, ainsi en est-il de la plupart des individus…

Bon! je viens de voir Barry Lyndon, c’est la troisième fois sa sortie en 1975.  Je suis toujours dubitative. C’est peut-être le film de Stanley Kubrick qui me convainct le moins. Parce ce qui est évident, ce qui s’impose à nous est  sa splendeur, les tableaux dans lesquels se meuvent les protagonistes: Gainsborough, Hogarth, Chardin, Watteau, La Tour, Le Caravage pour ceux que l’on reconnait au passage parce que familiers. Mais justement… Kubrick a expliqué que pour ce film il avait consulté tous les livres d’art disponibles pour en classer les reproductions et ça se sent. Un peu comme dans Melencholia de Lars von Trier. On aime ce dernier film malgré sa somptuosité et son côté livre d’art. On a la sensation par moment d’une surenchère qui fige le film et il faut dépasser cet habillage d’exigence formelle et de cadrages parfaits pour sentir le traumatisme, les décalages cruels. Et puis surtout l’essentiel, faire question de tout, pas réponse question.

Ce qui me touche dans Barry Lyndon comme dans Melancholia c’est le pessimisme du regard sur tant de splendeur et la manière dont est sauvée la dignité des escrocs, des voyous et dans Melancholia de la malade mentale devenue créativité. J’aime dans Barry Lyndon,  la vitalité de ce diable d’irlandais, la sympathie et le mépris comme ça sans transition parce que l’ascension se heurte aux déterminismes sociaux et que nous savons que l’aristocratie immonde va gagner sur le voyou…  Un arriviste qui accumule une fortune, acquiert une position et qui perd tout parce que les qualités de la conquête sont aussi celles qui entraînent sa perte. Comme l’ascension et la chute de Napoléon qui fascinait tant Kubrick, une histoire romanesque à l’échelle d’un continent avec la mise en scène inimaginable de la Grande armée.  Il aurait voulu tourner sa vie comme une feuilleton de vingt heures pour la télé. Napoléon jeune ce serait Al Pacino, et comme il ne connaissait personne qui ressemblait à Napoléon vieux, il fallait tourner les vingt épisodes assez lentement pour qu’Al Pacino atteignent cinquante ans. Par contre il abandonne Barry Lyndon dans une cour crasseuse d’auberge, amputé d’une jambe, misérable et renonce à suivre sa déchéance se contentant d’affirmer que tout ça s’est passé sous Georges III et que les personnages qu’ils soient puissants ou misérables en sont tous désormais au même niveau. Barry Lyndon n’est ni un héros, ni un méchant et ainsi en est-il de la plupart des gens…

 Kubrick est à la fois sensible, par moment comme dans Shining presque hystérique, en même temps il pense beaucoup… sans jamais faire un cinéma d’intellectuel, il aime le spectaculaire au service de ce qu’il a réellement à dire. Deleuze parlait d’un cinéma cerveau.

"C’est incompréhensible, mais certains ont une bombe à retardement dans leur cerveau. Le sexe, la religion, la politique ou un robinet qui coule peuvent les rendre fous. Personne ne sait quand ils exploseront. Une bonne histoire montre pourquoi et comment ils ont eu recours à la violence et les suit jusqu’à une forme de résolution" (p.348)

Tout à coup s’impose cette référence à un autre cinéaste juif, qui peint la violence mais san l’aimer plus, Samuel Fuller…. Simplement les hommes sont comme ça et la bible elle-même n’est qu’un livre de corruption et de vengeance, une liste incessante de guerre jusqu’au moment où les juifs sont devenus gibier universel et 2000 ans après, Shakespeare ou le bain de sang à l’état pur.  Mais ça donne de belles histoires qu’on a envie de filmer pour voir jusqu’où ils sont capables d’aller. Je continue à lire son autobiographie dont je vous avais déjà parlé.  Mais la citation de Fuller s’est imposée parce que la violence que décrit Kubrick  est dans le cerveau de l’être humain, le film lui-même en devient une bombe à retardement.

Pour le plaisir j’ai encore envie de vous citer Fuller et sa recherche de "vérité" pour vous dire le spectaculaire de la violence au service d’autre chose que l’habituelle duperie, aller au cinéma, écouter la télé pour y entendre ce qu’on attend.

"Si l’on veut être honnête, comment faire un film de gangsters ou un western sans montrer les outils de travail  des protagonistes? Comment faire un film de guerre sans montrer l’absurdité sanglante de la guerre? Comment décrire des gangsters, des cow-boys ou des soldats motivés par nulle autre chose que leur volonté de survivre ? On ne peut pas, à moins d’être John Wayne.

Comprenez-moi bien: personnellement j’adorais Wayne. Mais il est devenu une star parce qu’on a vendu des fables au public qui, malheureusment, rapportent plus que la vérité. Même s’ils étaient très divertissants, ces héros incarnés par Wayne n’existaient tout simplement pas. par exemple, il y a une chose que je déteste dans les films de guerre de Wayne, c’est quand l’officier dit invariablement :"Ces hommes ont donné leur vie pour leur pays".

Quelle connerie! Ils n’ont pas donné leur vie. On la leur a prise. On la leur a volée."(p.349)

Pourtant même si l’être humain est pris dans la machine, il a le choix, le chaos dans lequel il se débat n’est pas simplement le fruit du hasard ou de la fatalité, il est un choix humain. Il y a la peur mais on peut toujours l’affronter et même quand il parle d’un Irlandais dans un continent en guerre Kubrick ressent on le sait, il ne s’en est jamais caché, cette peur  qui caractérise peut-être l’appartenance à une minorité traquée comme des insectes nuisibles… Le scénariste Michel Herr a décrit le pessimisme de Kubrick sur l’antisémitisme et le racisme en général et comment la peur était constituitive pour lui de cette appartenance juive. Peut-être que je suis sensible à cela parce que ces derniers temps on m’a poussé à bout, jusque dans mes retranchements et si le cinéma de Lang est celui du moment de la révélation, celui de Kubrick est celui de l’attente de ce moment où tout bascule… Moi je n’ai pas arrêté de faire le même rêve: on vient me chercher pour me conduire au camp de concentration et je n’arrive même pas à m’enfuir d’où sans doute ma fascination pour ce cinéma où tout à coup on prend un plan en pleine gueule, ça y est c’est arrivé…

Peut-être, c’est même certain, que ce qui me révulse dans le sionisme et qui fait que je considère Israël comme une erreur est non seulement l’injustice faite au peuple palestinien mais surtout le fait que cela fait des juifs des gens aussi étriqués, aussi stupides et chauvins que ces fous furieux qui n’ont cessé de s’étriper depuis des siècles et qui ont cru trouver leur salut dans la haine des boucs émissaires. Dans le fond, les juifs avaient toujours été comme ça parce qu’ils sont des humains comme les autres, tout aussi cons que les autres, il suffit de lire la bible, mais pendant 2000 ans on avait fini par croire qu’ils étaient différents. Un peuple sans Etat, sans frontière, sans armée et avec un livre, des dialogues sans fin, la contradiction pour méthode… Le pil poul, l’humour, la contradition, la question qui compte plus que la réponse…

 Barry Lyndon dans sa première partie raconte comment une tendre jeune homme, grugé, dépouillé de son cheval et de son pécule doit s’engager dans une de ces armées qui s’étripe dans tout le continent européen et il déserte pour tenter de vivre autrement que dans les fossés, au milieu des cadavres. Peut-être est-ce à cela qu’il faudrait résumer l’histoire des juifs mais aussi des tziganes en Europe, avoir tenté de déserter cette histoire de fous des nations en guerre les unes contre les autres, essayer d’être différents  au milieu des massacres et des hiérarchies oppressantes jusqu’à devenir pour certains des révolutionnaires apatrides. Les gohims ont passé tant de temps à se haïr les uns et les autres, avec des pointes quand ils tombaient sur les juifs qu’ils ont oublié tout le reste, l’amour de l’art, la sensation mais aussi la compréhension de ce qui se passe autour d’eux. Parfois l’un d’entre eux échappe à cet abrutissement et cela donne un Diderot, un être rare d’équilibre et de bonté. Quelqu’un auprès de qui on peut se reposer, se détendre et relâcher son attention. C’est étrange parce qu’être confrontée à cette terrible résurgence de l’antisémitisme qui prend pretexte des Palestiniens ne me rapproche pas au contraire de ceux qui prétendent se rassembler comme les autres sous un drapeau israélien, c’est même le contraire : ils se ressemblent et ils me donnent tous envie de vomir. Ils ont eux aussi un drapeau, une armée, des fascistes, ils avancent baïonnettes au poing, à cheval sur la bombe qui détruira la planète.  Il y a des moments où j’ai envie de hurler et là tout à coup un plan comme un coup de poing me rassure, l’explosion, les cerveaux comme des bombes de haine et de stupidité ce n’est que du cinéma.

J’ai cru jadis que je pouvais me reposer auprès des communistes, leur faire confiance et fermer les yeux, comme s’ils avaient été Diderot, mais quand les murs sont tombés et que leur univers s’est désagrégé, ils ont ressemblé à tous les misérables d’une  débâcle, peut-être avaient-ils trop de réponses et pas assez de questions. Comme les juifs en Israêl aujourd’hui et ce après 2000 ans où ils avaient joué à être autrement… J’ai envie de les fuir parce que ces éclopés continuent à vouloir m’étrangler de leurs certitudes, ils me font la leçon, leur leçon,  chacun d’eux prétend m’enseigner sa vérité, me happe au passage et rapidement vomit sa rancune et sa déception pour tout programme ou vante ses abandons…  Moi au point où j’en suis je n’ai plus envie qu’on me vole ce que je pense, que l’on me classe, j’en suis juste au point d’équilibre entre appartenance et refus de toute position d’autorité… En attendant la rupture et ce qu’il adviendra.

 
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Publié par le septembre 25, 2011 dans cinema

 
 
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