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Rappel sur l’origine de la crise ukrainienne : une conversation téléphonique à la fin janvier 2014

Conversation entre la sous-secrétaire d’Etat des Etats-Unis et l’ambassadeur américain en Ukraine

Victoria Nuland and Viktor Yanukovych

Victoria Nuland, rencontre avec l’ex-président ukrainien  Viktor Yanukovych, à Kiev. Photograph: Markiv Mykhailo/Itar-Tass Photo/Corbis

hd. Entre le 22 et le 25 janvier 2014, une source inconnue a intercepté une conversation téléphonique entre Victoria Nuland, sous-secrétaire d’Etat des Etats-Unis, et Geoffrey R. Pyatt, ambassadeur des Etats-Unis en Ukraine.

Victoria Nuland est une diplomate néo-conservatrice, épouse de l’historien Robert Kagan. Elle fut la principale conseillère en politique étrangère du vice-président Dick Cheney, avant d’être nommée par George W. Bush, ambassadrice auprès de l’OTAN. Hillary Clinton en fit sa porte-parole au secrétariat d’Etat, puis John Kerry son assistante pour l’Europe et l’Eurasie.

Dans cette conversation avec l’ambassadeur américain à Kiev, elle donne des  instruction pour répondre à la proposition faite par le président Ianoukovytch de laisser l’opposition constituer un gouvernement. Il faut, selon elle, placer Arseni Yatseniouk, maintenir Vitaly Klitchko hors jeu, et écarter le leader nazi Oleh Tyahnybok qui devient encombrant.

Dans cet entretien, il est également question de l’ancien diplomate états-unien Jeffrey Feltman, aujourd’hui secrétaire général adjoint des Nations Unies, et du Néerlandais Robert Serry, ancien responsable des «opérations» de l’OTAN. Les deux ont actuellement la mission d’imposer les positions américaines au sein de l’ONU.

*?*?*
Victoria Nuland: Que pensez-vous?
Geoffrey R. Pyatt: Je pense que nous jouons. La pièce Klitchko est évidemment l’électron le plus compliqué ici, en particulier le fait qu’on l’ait annoncé comme vice-Premier ministre. Vous avez vu mes notes sur la difficulté du mariage en ce moment, nous essayons d’obtenir une lecture très rapide pour savoir s’il fait partie de l’équipe. Mais je pense que votre raisonnement à son sujet, que vous aurez besoin de lui dire – je pense que c’est le prochain coup de téléphone que vous souhaitez organiser – est exactement celui que vous avez fait à Yats [surnom de Yatseniouk]. Je suis heureux que vous l’ayez mis sur la sellette […]. Il s’inscrit dans ce scénario. Et je suis très heureux qu’il ait dit ce qu’il a dit.
Victoria Nuland: Bon. Je ne pense pas que Klitsch [surnom de Klitchko] devrait être dans le gouvernement. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire, je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
-Geoffrey R. Pyatt: Oui, je veux dire … je suppose … Pour ce qui est de sa non-participation au gouvernement, je serais d’avis de le laisser en dehors pour qu’il se consacre à ses obligations politiques. Je ne fais que réfléchir, pour trier les options pour avancer, nous voulons garder ensemble les démocrates modérés. Le problème sera avec Tyahnybok et ses gars. Et, vous savez, je suis sûr que cela fait partie du calcul de Ianoukovytch.
-Victoria Nuland: Je pense Yats, c’est le gars. Il a de l’expérience économique et de l’expérience de gouverner. C’est le gars. Vous savez, ce qu’il a besoin, c’est que Klitsch et Tyahnybok restent à l’extérieur. Nous aurons besoin de leur parler quatre fois par semaine. Vous savez, je pense juste que si Klitchko entre, il va devoir travailler à ce niveau avec Yatseniouk, c’est juste que ça ne va pas marcher …
-Geoffrey R. Pyatt: Ouais, ouais, je pense que c’est vrai. Ok, bon. Souhaitez-vous que nous organisions un appel avec lui comme prochaine étape?
-Victoria Nuland: Ma conception de l’appel dont vous parlez, c’est que les trois grands participent à leur propre réunion et que Yats leur propose dans ce contexte. Vous le savez, une conversation «trois plus un» ou «trois plus deux» si vous participez. C’est ainsi que vous le comprenez?
-Geoffrey R. Pyatt: Non, je pense que c’est ce qu’il a proposé, mais connaissant leur dynamique interne lorsque Klitchko était le chien dominant, il va prendre son temps avant de se pointer à une de leurs réunions et doit déjà être en train de parler à ses gars. Donc, je pense que si vous vous adressiez directement à lui, cela aiderait à faire de la gestion de personnalités parmi les trois. Cela vous donne également une chance d’agir vite sur tout cela et nous permettra d’être derrière avant qu’ils s’assoient et qu’il explique pourquoi il n’est pas d’accord.
Victoria Nuland: Ok. Bon. Je suis heureuse. Pourquoi ne le contacteriez-vous pas pour voir s’il veut parler avant ou après.
Geoffrey R. Pyatt: Ok, je vais le faire. Merci.
Victoria Nuland: Je ne me souviens pas si je vous ai dit ou si je n’en ai parlé qu’à Washington: quand j’ai parlé à Jeff Feltman ce matin, il avait un nouveau nom pour le type de l’ONU: Robert Serry. Je vous ai écrit à ce sujet ce matin.
Geoffrey R. Pyatt: Oui, j’ai vu cela.
Victoria Nuland: Ok. Il a obtenu aujourd’hui, à la fois de Serry et de Ban Ki-moon, que Serry vienne lundi ou mardi. Ce serait formidable, je pense, ça aiderait à souder ce projet et d’avoir l’aide de l’ONU pour le souder et, vous savez quoi, d’enculer l’Union européenne.
Geoffrey R. Pyatt: Non, exactement. Et je pense que nous devons faire quelque chose pour le faire coller à nous, parce que vous pouvez être sûre que s’il commence à prendre de l’altitude, les Russes vont travailler dans les coulisses pour essayer de torpiller. Et encore une fois le fait que c’est sur la place publique en ce moment, dans ma tête, je suis encore à essayer de comprendre pourquoi Ianoukovytch […] ça. En attendant, il y a actuellement une réunion d’un courant du Parti des Régions et je suis sûr qu’il y a un débat très animé dans ce groupe à ce sujet. Mais de toute façon, nous pourrions faire tomber la crêpe du bon côté si nous agissons rapidement. Alors laissez-moi travailler sur Klitchko et si vous pouvez juste conserver … Je pense que nous devrions juste chercher à trouver quelqu’un avec une personnalité internationale pour accoucher de notre projet. L’autre question concerne Ianoukovytch, mais nous en reparlerons demain, nous verrons comment les choses commencent à se mettre en place.
Victoria Nuland: Donc, sur ce point, Jeff, quand j’ai écrit la note, Sullivan1 m’a répondu d’une manière très formelle, en disant que j’avais besoin de Biden et j’ai dit probablement demain pour les bravos et pour réussir à faire coller les détails. Donc, Biden est prêt.
Geoffrey R. Pyatt: Ok. Très bien, merci.

Source: ?Oriental Review/www.voltairenet.org/article182063.html, 7/2/14
1    Jacob Sullivan, qui avait été conseiller de Joe Biden, est un des négociateurs du Conseil de sécurité nationale des Etats-Unis.

 
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Publié par le septembre 21, 2014 dans Uncategorized

 

Ukraine, journalisme corrompu et foi atlantiste, par Karel van Wolferen

 

Karel van Wolferen est un journaliste Néerlandais et un professeur émérite de l’Université d’Amsterdam.  Depuis 1969, il a publié plus de vingt livres sur les politiques publiques, qui ont été traduits en onze langues et vendus à plus d’un million d’exemplaires dans le monde. En tant que correspondant étranger pour NRC Handelsblad, l’un des journaux-phares de la Hollande, il a reçu la plus haute récompense néerlandaise pour le journalisme, et au cours des années, ses articles ont été publiés dans le New York Times, le Washington Post, The New Republic, The National Interest, Le Monde, et de nombreux autres journaux et magazines.

Source : Karel van Wolferen, Unz.com, 14 aout 2014

L’Union Européenne n’est plus guidée par des politiques dotés d’une solide compréhension de l’ histoire, d’une sobre capacité d’évaluation de la réalité du monde, ou d’un simple bon sens joints à l’intérêt à long terme de ceux qu’ils dirigent. S’il nous en fallait encore la preuve, elle aura certainement été donnée par les sanctions décidées, la semaine dernière, pour « punir » la Russie.

Une bonne manière de comprendre les raisons de leur stupidité est de commencer par les médias puisque quelle que soit leur compréhension du problème, quel que soit leur intérêt personnel, ces politiques doivent être perçus comme prenant la bonne décision. C’est le travail des journaux et des télévisions.

Dans la majeure partie de l’Union Européenne, la compréhension générale de la réalité mondiale, depuis l’affreux destin des passagers de la Malaysian Airline, provient des journaux et des télévisions grand public, lesquels se sont alignés sur l’approche des médias « mainstream » anglo-américains, et ont présenté des « informations » où les insinuations et les calomnies prennent la place de vrais reportages. Des publications respectées comme le Financial Times ou le jadis respecté journal néerlandais NRC Handelsblad, pour lequel j’ai travaillé seize ans en tant que correspondant de l’Asie de l’Est, n’ont pas seulement participé à cette corruption du journalisme, mais ont aidé à le pousser à un stade délirant. « L’expertise » et les éditoriaux qu’a produits ce terreau sont allés plus loin que tout ce que je peux me rappeler d’exemples d’hystérie médiatique entretenue à des fins politiques. L’exemple le plus flagrant nous vient d’un chef de file des anti-Poutine, dans l’édition du 26 juillet de l’Economist Magazine. Son ton est celui d’Henri V haranguant ses troupes avant la bataille d’Azincourt dans la pièce de Shakespeare.

Ce qu’il faut garder présent à l’esprit, c’est qu’à l’échelle européenne, il n’y a aucune publication, aucun journal qui soutienne un espace public européen et fournisse aux Européens intéressés par la politique un moyen de réfléchir et discuter entre eux des grands événements internationaux

Parce que ceux qui s’ intéressent à l’actualité mondiale lisent habituellement l’édition internationale du New York Times ou du Financial Times, questions et réponses à propos des développements géopolitiques sont formatées de façon routinière ou fortement influencées par ce que les éditeurs à New York et à Londres auront considéré comme important.

La pensée qui pourrait significativement en dévier, comme actuellement dans le Spiegel, le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le Zeit et l’ Handelsblatt, reste confinée à l’intérieur des frontières allemandes. Par conséquent, nous ne voyons se dessiner aucune opinion européenne sur les évènement mondiaux, même quand ceux-ci ont un impact direct sur les intérêts de l’Union Européenne elle-même.

La complaisance générale qu’entretient le peuple néerlandais pour les événements mondiaux susceptibles de l’affecter a brutalement pris fin lorsque 193 de ses compatriotes (ainsi que de 105 personnes d’autres nationalités) ont péri dans le crash de la Malaysian Airlines, et ses médias se sont empressés de suivre les accusations américaines qui désignaient Moscou. Les explications qui ne mettaient pas en cause d’une façon ou d’une autre la culpabilité du président russe étaient hors-jeu.

Un empressement aux antipodes des propos très sobres tenus par le Premier Ministre néerlandais, qui bien que subissant une pression énorme l’incitant à se joindre aux accusateurs, insistait pour qu’on attende les résultats de l’enquête.

Les journaux télévisés que j’ai regardés les jours suivants avaient invité, entre autres commentateurs anti-russes, des présentateurs télé liés aux néoconservateurs américains, pour présenter l’information à un public déconcerté et vraiment bouleversé.

Un spécialiste néerlandais de politique étrangère a expliqué que le ministre des Affaires étrangères ou son représentant n’avait pu rejoindre le site du crash (comme avaient pu le faire les officiels malaisiens) pour récupérer les restes des citoyens néerlandais, parce que cela aurait signifié la reconnaissance implicite d’un statut diplomatique pour les « séparatistes ». Quand l’Union Européenne reconnaît en bloc un régime né d’un coup d’Etat fomenté par les Américains, diplomatiquement elle est coincée.

Les habitants et les combattants anti-Kiev sur le site du crash ont été dépeints, images de Youtube à l’appui, comme des criminels non coopératifs, ce qui aux yeux de nombreux spectateurs était la confirmation de leur culpabilité. Cela a changé plus tard, lorsque des reportages de vrais journalistes ont montré des villageois profondément choqués et émus, mais cette contradiction n’a pas été expliquée, et les suppositions infâmantes précédentes n’ont pas laissé place à une analyse objective des raisons de leur combat.

Les tweets tendancieux et les « informations » de Youtube étaient devenus le socle de l’indignation officielle néerlandaise envers les Ukrainiens de l’est, et de là est né le sentiment général que quelque chose devait être fait. Mission accomplie, toujours selon le sentiment général, grâce à une grande cérémonie nationale télévisée de réception des restes humains néerlandais (récupérés par l’entremise d’une médiation malaisienne).

Rien de ce que j’ai vu ou lu n’a jamais laissé entendre que la crise en Ukraine – qui a conduit au coup d’Etat et à la guerre civile – avait été créée par les néo-conservateurs et quelques fanatiques “R2P” (« responsabilité de protéger ») du Département d’Etat et de la Maison-Blanche, auxquels le président Obama avait apparemment laissé les mains libres. Les médias néerlandais semblaient également ignorer que la catastrophe avait immédiatement été transformée en un sujet de disputes politiques prolongées pour les besoins de la Maison-Blanche et du Département d’Etat. Ne fut pas évoquée non plus la possibilité que Poutine aurait eu raison de dire que la catastrophe ne serait pas arrivée si sa demande insistante d’un cessez-le-feu avait été acceptée.

De fait, Kiev a rompu le cessez-le-feu – le 10 juin – dans sa guerre civile contre les Ukrainiens de l’Est russophones qui ne souhaitent pas être gouvernés par un regroupement de voyous, de descendants de nazis ukrainiens et d’oligarques amourachés du FMI et de l’Union européenne. Les supposés « rebelles » n’ont fait que répliquer à un début de nettoyage ethnique (terreur par bombardements systématiques et atrocités – au moins 30 Ukrainiens brûlés vifs) mené par les forces de Kiev, à propos desquelles rien ou fort peu n’a été dit dans les reportages européens.

Il est peu probable que les ONG américaines, dont il a été admis officiellement qu’elles avaient dépensé cinq milliards de dollars dans leur campagne de déstabilisation politique, en préalable au putsch de février à Kiev, aient soudainement disparu d’Ukraine. Il est aussi peu probable que les troupes spéciales et les conseillers militaires américains soient restés à se tourner les pouces tandis que les officiers de Kiev et les milices établissaient leur stratégie de guerre civile. Après tout, les nouveaux voyous au pouvoir sont les représentants d’un régime sous perfusion financière de Washington, de l’Union Européenne et du FMI. Ce que nous savons, c’est que Washington encourage les massacres ayant lieu dans le cadre de la guerre civile qu’il a aidé à déclencher.

Mais Washington a toujours eu l’avantage dans cette guerre de propagande qui l’oppose à un adversaire très réticent, contrairement à ce que les médias grand public ont voulu nous faire croire. La propagande, qui prend sa source à Washington, est construite de manière à coller à l’hypothèse d’un Poutine qui, guidé et soutenu par un nationalisme exacerbé par la chute de l’empire soviétique, tente de repousser les frontières de la Fédération de Russie jusqu’aux anciennes limites du défunt empire. Les experts les plus téméraires, touchés par la fièvre néoconservatrice, vont jusqu’à considérer la Russie comme menaçant d’englober l’Ouest. A partir de là, on fait croire aux Européens que Poutine refuse toute diplomatie, alors que c’est ce à quoi il a toujours exhorté. Par conséquent la propagande en cours a eu pour effet de donner une image dangereuse et extrême des actions non pas de Washington , mais bien de Poutine. Quiconque ayant vécu une expérience personnelle montrant Poutine ou la Russie sous un mauvais jour doit se manifester immédiatement ; les éditorialistes néerlandais en sont particulièrement friands en ce moment.

Il ne fait aucun doute que la propagande de Moscou, à laquelle il est souvent fait référence, existe réellement. Mais il y a des moyens, pour les journalistes sérieux, de mettre en balance les propagandes des différents bords et de discerner la part de vérité ou de mensonges ou de foutaises qu’elles contiennent. De ce que j’ai pu voir, cet exercice n’a été fait qu’en Allemagne, et de manière restreinte. Pour le reste, nous devons reconstituer la réalité politique en nous reposant sur les sites web américains, maintenant plus que jamais indispensables, qui accueillent des lanceurs d’alertes et des journalistes d’investigation à l’ancienne et qui, spécialement depuis l’avènement de la « guerre contre le terrorisme » et l’invasion de l’Iraq ont constitué une forme continue de publication samizdat [NdT : « samizdat » d'après Wikipédia : « Le samizdat (en russe : самиздат) était un système clandestin de circulation d’écrits dissidents en URSS et dans les pays du bloc de l'Est, manuscrits ou dactylographiés par les nombreux membres de ce réseau informel. »]

Aux Pays-Bas, presque tout ce qui vient du Département d’Etat est pris pour argent comptant. L’histoire américaine depuis l’effondrement de l’Union Soviétique est faite de mensonges à couper le souffle : sur le Panama, l’Afghanistan, l’Iraq, la Syrie, le Venezuela, la Libye et la Corée du Nord; renversements de gouvernement, coups tordus et opérations sous fausse bannière. Et l’existence discrète d’environ mille bases militaires américaines disséminées sur toute la planète est opportunément absente des débats.

La quasi hystérie pendant la semaine qui a suivi la destruction de l’avion de ligne a empêché les gens ayant connaissance de faits ou de récits pertinents de s’exprimer.
De nos jours, la sécurité de l’emploi dans le monde du journalisme est assez incertaine et aller à contre-courant équivaut presque à se retrouver sur une voie de garage avec le diable, car c’est nuire à sa « crédibilité » de journaliste.

Ce qui frappe une ancienne génération de journalistes sérieux et les fait douter de la crédibilité des médias grand public, c’est le fait d’ignorer les indices qui pourraient miner ou démolir la version officielle; une version officielle qui a déjà imprégné la culture populaire comme en témoignent les commentaires désinvoltes qui ornent les critiques de livres, de films, et beaucoup d’autres choses.

Aux Pays-Bas la version officielle est déjà gravée dans le marbre, ce à quoi on devait s’attendre lorsqu’elle a été répétée dix mille fois. Elle ne peut être écartée, bien sûr, mais elle n’est pas basée sur le moindre morceau de preuve.

La présence de deux avions de combat ukrainiens près de l’avion de ligne malaisien, relevée par les radars russes, pourrait constituer un indice intéressant si j’enquêtais comme journaliste ou membre de la commission d’enquête dirigée officiellement par les Pays-Bas.

Ce fait est, semble-t-il, corroboré par la BBC relatant des témoignages oculaires de villageois ayant vu clairement un autre avion, un chasseur, non loin de l’avion de ligne, peu de temps avant le crash et ayant entendu des explosions provenant du ciel.

Ce reportage a récemment attiré l’attention, car il a été retiré des archives de la BBC.

J’aimerais parler avec Michael Bociurkiw, un des premier inspecteurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à atteindre le site du crash et a passé plus d’une semaine à examiner les restes de l’avion et a décrit sur CBC Worlds News deux des trois morceaux de fuselage « vraiment grêlés ». « Cela ressemble à des tirs de mitrailleuse; une très très grosse mitrailleuse qui a laissé ces marques uniques que nous n’avons vu nulle part ailleurs ».

J’aimerais également jeter un oeil aux enregistrements radars et voix, dont on dit qu’ils ont été confisqués, de la tour de contrôle de Kiev, pour comprendre pourquoi le pilote malaisien a dévié de sa route et a rapidement perdu de l’altitude peu de temps avant que son avion ne s’écrase, et découvrir si effectivement les contrôleurs aériens étrangers à Kiev ont été remerciés tout de suite après le crash.

Comme les « VIPS » [anciens collaborateurs des services secrets pour le bon sens], j’exhorterais les autorités qui ont accès aux images satellite de montrer les preuves, qu’ils prétendent avoir, de batteries de missiles BUK entre les mains des « rebelles » et d’implication des Russes et leur demanderais pourquoi ils ne l’ont pas déjà fait.

Jusqu’à maintenant Washington a agi comme un chauffeur qui refuse un test d’alcoolémie. Et comme des officiels des services secrets ont fait fuiter vers certains journaux américains leurs doutes à propos des certitudes américaines telles que présentées par le Secrétaire d’Etat, ma curiosité serait insatiable.

Pour situer le degré de fidélité médiatique à Washington dans le cas ukrainien, et aussi mettre en perspective le comportement servile des politiciens européens, nous devons connaître et comprendre l’Atlantisme. C’est une foi européenne. Il n’a pas produit une doctrine officielle, bien sûr, mais il fonctionne comme tel.

Il est bien résumé par le slogan néerlandais au moment de l’invasion de l’Irak: « zonder Amerika gaat het niet » (sans les Etats-Unis les choses ne marcheront pas).

Inutile de dire que la guerre froide a donné naissance à l’atlantisme. Ironiquement, celui-ci a gagné en puissance , lorsque la menace de l’Union soviétique est devenue moins convaincante pour une part croissante de l’élite politique européenne, probablement en raison de l’arrivée d’une nouvelle génération : plus on s’éloigne de la deuxième guerre mondiale, moins les gouvernements européens se rappellent ce que peut vouloir dire avoir une politique étrangère indépendante pour les problèmes à l’échelle mondiale. Les chefs actuels des gouvernements européens ne savent pas avoir de délibérations stratégiques réalistes. La réflexion habituelle sur les relations internationales et la politique globale est profondément marquée par le contexte de la guerre froide .

Ceci inévitablement imprègne aussi les politiques éditoriales « responsables ». L’atlantisme est une grave maladie de l’Europe : elle génère une amnésie historique, un aveuglement têtu et une colère politique dangereusement déplacée. Mais elle s’épanouit sur un mélange de certitudes sur la protection qui perdurent depuis la guerre froide, de fidélités issues de la guerre froide intégrées à la culture populaire, d’inculture européenne pure et simple, et d’une réticence compréhensible à admettre qu’on a été, ne serait-ce qu’un petit peu, conditionné. Washington peut se permettre tous les excès sans que l’atlantisme ne soit remis en cause, du fait de la distraction de chacun, que les médias font tout pour entretenir. Je connais des néerlandais dégoûtés par la campagne de diabolisation de Poutine, mais pour eux, l’idée de pointer un doigt accusateur sur Washington, dans l’affaire de l’Ukraine, est quasiment inacceptable. De telle sorte que les publications néerlandaises, tout comme beaucoup d’autres en Europe, n’arrivent pas à se résoudre à placer la crise de l’Ukraine dans sa juste perspective en admettant que la responsabilité en revient à Washington, et que Washington, et non Poutine, a la clé de sa résolution.

Cela signifierait un renoncement à l’atlantisme.

L’atlantisme tire en grande partie sa force de l’Otan, son incarnation institutionnelle. La raison de l’existence de l’Otan, qui a disparu avec l’Union Soviétique, a souvent été oubliée. Formée en 1949, elle était fondée sur l’idée d’une coopération transatlantique pour la défense et la sécurité qui était devenue nécessaire après la Seconde Guerre mondiale, face au communisme orchestré par Moscou, qui souhaitait faire main basse sur la planète. On parlait beaucoup moins de la méfiance interne en Europe, alors que les Européens entamaient leur marche vers l’intégration économique. L’Otan constituait, en quelque sorte, la garantie américaine qu’aucune puissance européenne ne tenterait de dominer les autres.

L’Otan est, depuis quelque temps, un handicap pour l’Union européenne, parce qu’elle bloque le développement de politiques concertées d’affaires étrangères et de défense, et a forcé les pays membres à devenir les instruments du militarisme américain. C’est aussi un handicap moral parce que les gouvernements participant à la « coalition militaire en Irak » ont dû vendre un mensonge à leur population : les soldats européens morts en Irak et en Afghanistan auraient représenté un sacrifice nécessaire pour protéger l’Europe des terroristes. Les gouvernements qui ont fourni des troupes à des zones occupées par les États-Unis l’ont généralement fait avec une grande réticence, à telle enseigne qu’une succession d’officiels américains leur ont reproché leur manque d’enthousiasme dans la défense collective de la démocratie et de la liberté.

Comme toutes les idéologies, l’atlantisme est anhistorique. Comme remède de cheval contre le tourment de l’ambiguïté fondamentale de la politique, elle fournit sa propre histoire : celle qui peut être réécrite par les médias grand public américains, dans leur assistance à la diffusion de la parole de Washington.

On peut difficilement rêver meilleure illustration que l’expérience néerlandaise actuelle. Au cours de mes conversations de ces dernières trois semaines, j’ai rencontré des surprises sincères quand j’ai rappelé à des amis que la guerre froide s’était achevée par la diplomatie, avec un traité entre Gorbachev et Bush père, à Malte en décembre 1989. Traité où James Baker avait obtenu de Gorbachev l’acceptation de la réunification de l’Allemagne et le retrait des troupes du Pacte de Varsovie, contre la promesse que l’Otan ne s’étendrait pas d’un pouce de plus à l’est. Gorbachev promit de ne pas utiliser la force en Europe de l’Est, où les Russes avaient 350 000 soldats rien qu’en Allemagne de l’Est, contre une promesse de Bush : les USA ne chercheraient pas à tirer profit du retrait des Soviétiques d’Europe de l’Est. Bill Clinton renia ces promesses américaines quand, pour des raisons purement électorales, il s’est vanté d’un développement de l’Otan, et, en 1999, quand il y intégra la Tchécoslovaquie et la Hongrie. Dix ans plus tard, neuf pays de plus sont devenus membres, de sorte que le nombre des pays de l’Otan a doublé depuis la guerre froide. Le grand spécialiste américain de la Russie, l’ambassadeur George Kennan, qui est à l’origine de la politique d’endiguement de la guerre froide, a appelé la décision de Clinton « l’erreur la plus tragique de la politique américaine de toute l’ère post-guerre froide ».

L’ignorance de l’histoire encouragée par l’atlantisme se montre de façon saisissante dans l’assertion que la preuve à charge définitive dans le procès fait à Poutine serait son invasion de la Crimée. Encore une fois, la réalité politique a été fabriquée, ici, par les médias grand public américains. Il n’y a pas eu d’invasion, des soldats et des marins russes étaient déjà sur place en toute légalité, puisque la Crimée héberge la base militaire navale russe de la mer Noire. La Crimée a fait partie de la Russie depuis aussi longtemps que les Etats-Unis existent. En 1954, Khrouchtchev, lui-même ukrainien, l’a donnée à la République Socialiste d’Ukraine, ce qui revenait à déménager une région dans une province différente, puisque la Russie et l’Ukraine appartenaient toutes deux au même pays. La population russophone de Crimée était parfaitement heureuse de la situation, puisqu’elle a voté par reférendum d’abord pour se libérer du régime putschiste de Kiev, puis pour sa réunification avec la Russie.

Ceux qui soutiennent que Poutine n’avait pas le droit d’agir ainsi ne sont pas conscients d’un autre fil conducteur de l’histoire récente : Les Etats-Unis ont continuellement rapproché leur système de défense antimissiles (Guerre des Étoiles) des frontières russes, sous prétexte d’intercepter des missiles hostiles venus d’Iran ; mais ces missiles n’existent pas. Les discours moralisateurs sur l’intégrité territoriale et la souveraineté n’ont pas de sens dans un tel contexte, et venant d’un gouvernement qui s’est débarrassé du concept de souveraineté dans sa politique étrangère, c’est complètement grotesque.

Une détestable décision atlantiste fut l’exclusion de Poutine des sommets et réunions liés à la commémoration du débarquement de Normandie, ainsi, pour la première fois en 17 ans, le G8 est devenu de fait le G7. L’amnésie et l’ignorance ont rendu les Néerlandais aveugles à leur propre histoire, l’URSS ayant détruit le cœur de la machine de guerre nazie (qui occupait les Pays-Bas) au prix d’un nombre de morts incomparable et inimaginable ; sans eux, le débarquement de Normandie n’aurait pas été possible.

Il n’y a pas si longtemps, les désastres militaires en Irak et en Afghanistan semblaient prédire la fin inéluctable de l’Otan. Mais la crise ukrainienne et le caractère décidé manifesté par Poutine lorsqu’il empécha la Crimée et sa base navale de peut-être tomber aux mains de l’alliance contrôlée par les Etats-Unis fut du pain bénit pour l’institution chancelante.

Le commandement de l’OTAN est déjà en train d’envoyer des troupes pour renforcer sa présence dans les Pays Baltes, des missiles et des avions d’attaque en Pologne et en Lituanie, et depuis l’affaire de l’avion de ligne malaisien abattu, il s’est préparé à d’autres actions militaires qui peuvent dégénérer en provocations dangereuses contre la Russie. Clairement, le ministre des affaires étrangères polonais, avec les Pays Baltes, qui n’avaient pas pris part à l’OTAN quand sa raison d’être pouvait encore être défendue, est devenu l’un de ses moteurs. Un vent de mobilisation a soufflé au cours de la semaine dernière. On peut compter sur les pantins ventriloques Anders Fogh Rasmussen et Jaap de Hoop Scheffer pour fulminer, sur les plateaux de télé, contre d’éventuelles reculades de la part d’états-membres. Rassmussen, le Secrétaire général, a déclaré, le 7 août dernier à Kiev, que le soutien de l’OTAN à « la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine est sans faille » et qu’il cherche à renforcer le partenariat avec le pays au Sommet de l’Alliance, au Pays de Galles en septembre. Le partenariat est déjà solide, a-t-il déclaré, « et en réponse à l’agression russe, l’OTAN s’est encore rapprochée de l’Ukraine pour réformer ses forces armées et ses institutions de défense ».

Pendant ce temps, au Congrès américain, 23 sénateurs républicains ont proposé une loi, le « Russian Aggression Prevention Act » [Loi sur la prévention de l'agression russe], censée permettre à Washington de faire de l’Ukraine un allié non-OTAN, qui pourrait ouvrir la voie à un conflit militaire direct avec la Russie. Nous devrons probablement attendre que les élections de mi-mandat américaines soient passées pour savoir ce qu’il adviendra, mais elle aide déjà à trouver une excuse politique à ceux qui à Washington veulent gravir un échelon de plus dans leurs manœuvres en Ukraine.

En septembre de l’année dernière (2013), Poutine a aidé Obama en lui permettant d’arrêter une campagne de bombardement sur la Syrie, encouragée par les néo-conservateurs, et l’a également aidé en désamorçant le différend nucléaire avec l’Iran, un autre projet néo-conservateur.

Ceci à mené à un engagement des néo-conservateurs à rompre le lien Poutine-Obama.

C’est un secret de polichinelle que les néo-conservateurs veulent le renversement de Poutine et le démembrement final de la Fédération de Russie.
Ce qui est moins connu en Europe c’est l’existence de nombreuses ONGs en poste en Russie, qui les aideront dans ce but. Vladimir Poutine pourrait attaquer maintenant ou bientôt pour devancer l’OTAN et le congrès américain en prenant l’Est ukrainien, quelque chose qu’il aurait probablement dû faire juste après le référendum en Crimée. Cela aurait été évidemment la preuve de ses intentions diaboliques dans les salles de rédaction européennes.

A la lumière de tout ceci, l’une des questions les plus décisives à se poser dans les affaires mondiales actuelles est la suivante: que doit-il arriver pour que les Européens comprennent que Washington joue avec le feu et a cessé d’être le protecteur sur lequel ils comptaient, et qu’il menace désormais leur sécurité ?

Ce moment arrivera-t-il lorsqu’il deviendra clair que l’objectif de la crise ukrainienne est avant tout d’installer des batteries de missiles de la Guerre des Etoiles (Initiative de défense stratégique) le long d’une longue portion de la frontière Russe, ce qui donnerait à Washington – dans le jargon délirant des stratèges nucléaires – l’avantage d’une « première frappe » ?

La vieille Europe réalise-t-elle que les USA ont des ennemis qui ne sont pas les ennemis de l’Europe, parce qu’elle en a besoin pour des raisons de politique intérieure, pour sauvegarder une industrie de guerre économiquement importante, et pour tester la bonne foi politique des candidats à la fonction publique. Mais, alors que l’utilisation d’états-voyous et de terroristes comme cibles de « guerres justes » n’a jamais été convaincante, la Russie de Poutine, telle que diabolisée par un OTAN militariste, peut aider à prolonger le statu quo transatlantique. La vérité sur la fin du vol commercial malaisien, ai-je pensé à la minute où j’en ai entendu parler, allait être déterminée politiquement . Ses boîtes noires sont à Londres. Dans les mains de l’OTAN ?

D’autres obstacles à un réveil restent gigantesques ; la financiarisation et les politiques néolibérales ont produit un enchevêtrement transatlantique d’intérêts ploutocratiques. Ajoutées à la foi atlantiste, elles ont aidé à contrecarrer le développement politique de l’Union européenne, et avec cela, la capacité de l’Europe à prendre des décisions politiques indépendantes. Depuis Tony Blair, la Grande-Bretagne est tombée dans l’escarcelle de Washington, et depuis Nicolas Sarkozy, la même chose peut plus ou moins être dite de la France.

Ce qui laisse l’Allemagne. Angela Merkel était ouvertement mécontente des sanctions, mais elle a fini par suivre le mouvement parce qu’elle veut rester du bon côté du président américain, et parce que les États-Unis, en tant que vainqueurs de la Seconde guerre mondiale, ont encore du poids à travers un certain nombre d’accords. Le ministre des affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier, cité dans les journaux et à la télé, a répudié les sanctions et dénoncé l’Irak et la Lybie comme autant d’exemples de résultats désastreux des escalades et des ultimatums, et malgré cela, lui aussi change d’avis et, au bout du compte, suit le mouvement général.

Der Spiegel est l’une des publication allemandes qui offrent un espoir. L’un de ses chroniqueurs, Jakob Augstein, attaque les « somnambules » qui sont tombés d’accord sur les sanctions, et blâme ceux de ses collègues qui montrent Moscou du doigt. Gabor Steingart, qui publie Handelsblatt, s’en prend à la « tendance américaine à l’escalade verbale, puis militaire, à l’isolement, à la diabolisation et à l’attaque d’ennemis » et conclut que « le journalisme allemand est passé de la pondération à l’agitation en quelques semaines. Le spectre des opinions s’est réduit au champ de vision d’une lunette de tireur d’élite ». Il doit y avoir d’autres journalistes, en Europe, qui disent la même chose, mais leurs voix ne passent pas la cacophonie de la diabolisation.

Nous voyons l’histoire s’écrire une fois de plus. Ce qui pourrait décider du sort de l’Europe est que, même hors des zélateurs de la foi atlantiste, des Européens de bon sens n’arrivent pas à croire en la dysfonctionnalité et l’irresponsabilité totale de l’Etat américain.

Karel van Wolferen, traduction collective par les lecteurs du site www.les-crises.fr 

 

 
 
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Publié par le septembre 21, 2014 dans medias

 

The New York Times : En exil à New York, un oeil sur la Georgie…

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Mikheil Saakashvili, l’ancien président de la Géorgie, s"est installé dans une nouvelle demeure  dans Williamsburg, Brooklyn. "J’ai eu  jadis  l’habitude de regarder cet endroit de Manhattan, c’était tellement dommage, alors c’était la mafia, un endroit où les tueurs à gages déposaient des corps," a-t-il dit.  Todd Heisler/The New York Times

À la foire de la nourriture de Smorgasburg dans Williamsburg, Brooklyn, Mikheil Saakashvili  portant des chaussures de tennis vertes fluorescentes, au milieu d’ hommes barbus avec tatouages et  de femmes dans des  bleus de travail révélateurs. tous en train de faire la queue pour des coupes de Fromage, des Beignets bruns grisâtres et bien et d’autres délicatesses locales. Il a commandé une noix de coco fraîche.

"Mon ami, un des plus grands cheiks des Émirats arabes unis, a offert  à la Géorgie 20,000 palmiers," M. Saakashvili, l’ancien président de la Géorgie, a dit  lancé cette remarque en faisant tomber une paille dans le fruit ouvert avec une  machette et  vidé son eau avec quelques goulues aspurations. "C’était un cadeau personnel."

M. Saakashvili est dans un exil qu’il s’est auto-imposé dans la Septième Rue Nord –  en train de comploter un retour triomphant, alors que  sa chute au tréfond de la disgrâce met en doute le  récit édifiant des nombreux représentants gouvernementaux américains qui avaient espéré qu’il serait un exportateur modèle de la démocratie dans les  anciennes républiques soviétiques.

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Depuis qu’il a quitté ses fonctions en novembre dernier, ce favori de George W. Bush – dont la confrontation avec le Président Russe Vladimir V. Poutine  a conduit  à une guerre désastreuse en 2008 – a réquisitionné l’appartement de son oncle dans une tour sur le bord de mer à  Williamsburg Brooklyn, où il s’abandonne à la tradition consacrée par les coutumes d’un voisinage à la fortune mystérieusement approvisionnée. En s’attardant dans des cafés, allant en  vélo à travers le pont, ou en passant des soirées entre amis célibataires sur le toit d’Hôtel Wythe, M. Saakashvili vit  le conflit ukrainien et son expérience des colères  de MrPoutine comme une opération de sauvetage hors  pertinence politique.

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Mr. Saakashvili, l’ancien président de la Georgie attend  à la doire de Smorgasburg food  le mois dernier à Williamsburg, Brooklyn, où il vit depuis qu’il a été chassé de ses fonctions en novembre dernier . Credit Todd Heisler/The New York Times

"C’est la fin de Poutine," déclare M. Saakashvili, 46 ans ,  en faisant référence à l’agression de la Russie en Ukraine, au débat jeudi de son président, Petro O. Poroshenko, respecté à Washington, avec le  Président Obama et les leaders du congrès. M. Saakashvili décrit  les actions de Poutine comme étant "très, très semblable" à celles intervenues en la Géorgie. "Je pense qu’il est tombé dans le piège."

MAIS M. Saakashvili, considérablement plus dodu que quand il était au pouvoir, soutient que le conflit devrait aussi marquer une réévaluation de sa propre réputation, celle d’un dirigeant irréfléchi dont la Révolution paisible de la  Rose  et l’engagement dans des reformes,  ont été éclipsés  totalement par la manière dont ses adversaires, se sont moqués de lui, En faisant fi des règles de loi et M. Poutine provoquant une guerre qui a abouti à la mort, le déplacement et l’appauvrissement de milliers de Géorgiens. " Tout cela doit être revu". dit-il

M. Saakashvili dit qu’alors qu’il mène"une vie normale" à Brooklyn, il s’est considéré une grosse pointure  en Europe de l’Est, et il fait référence à  un voyage récent en Albanie "ils ont arrêté le trafic pour nous et notre escorte de 20 voitures."

Le projet de réhabilitation personnelle de M. Saakashvili est compliqué par le fait que sa popularité  est érodée au pays  et que des charges ont déposées contre lui   par les procureurs géorgiens concernant des violations de droits de l’homme et le détournement de fonds gouvernementaux. Il méprise  les procureurs en les considérant comme les marionnettes politiquement manipulée par sa Némésis, le milliardaire et ancien Premier ministre Bidzina Ivanishvili. Certains des critiques de M. Saakashvili reconnaissent que les charges sont  motivées par le besoin de vengeance  du gouvernement géorgien actuel contre lui.

Pour le moment M. Saakashvili écrit un mémoire, fait des discours "très bien payé" , aide au démarrage d’un groupe de réflexion basé à Washington et visitant de vieux boosters comme le Sénateur John McCain et Victoria Nuland, l’assistante du secrétaire d’État. Il explique qu’il est en tain d’échanger  son statut touristique ici pour un visa de travail et  en attendant, il écume les bars et les cafés de sa patrie adoptive. Sur sa terrasse sur le toit il balaye les  vues de Manhattan, il a traité David H. Petraeus, l’ancien directeur du Service de renseignements Central et il attend  Nicolas Sarkozy, l’ancien président français, à la fin du mois. Il a ses habitudes, chez le gril des cousins, avec le chef de Fabbrica, le restaurant d’italien voisin en face d’un CVS. Comme ces chaînes de drugstores , deds bâtiments à plusieurs étages de verre et les night d’Europe centrale. , M. Saakashvili est la preuve  que Williamsburg a opéré une transition vers la stabilisation en  devenant une cour de récréation urbaine pour des étrangers friqués.

"J’ai eu l’habitude de regarder Manhattan d’ici, c’était tellement dommage, c’était la mafia, un endroit où les tueurs à gages déposaient des cadavres" dit-il, sen e rappelant l’époque des années 1990 alors qu’il était  étudiant de la Faculté de droit de l’Université de Columbia. Maintenant il voit "une atmosphère jazzy" pleine d"énergie et de nouvelles constructions.

"Williamsburg fait partie de la transformation démocratique," dit-il

M. Saakashvili a tendance à voir beaucoup de choses par la lorgnette de la construction de la  démocratie. Il appelle le Café à la mode Mogador "mon café préféré dans l’ absolu, parce que c’est très démocratique." Et tandis qu’il se plaint du haut coût de la vie de Williamsburg ("je ne suis pas pauvre,  pauvre, mais ça dévore vraiment"), le champion de la  libre entreprise admire la mobilité sociale de ses nouveaux voisins.

"Ils sont hipsters," dit-il. "Mais ils font des tonnes d’argent et ils vivent un style de vie agréable et réalisent leur vie. Ce ne sont plus des marginaux dans la  société."

Sur une de ses premières nuits dans Williamsburg, M. Saakashvili a fait la queue avec des amis pour entrer dans le Wythe, mais a été éconduit parce qu’il n’avait pas d’identifiant. "C’est OK," a-t-il dit. "Ce n’est pas un endroit chic comme Manhattan."

Lors d’un week-end plus récent, l’homme que  le Service secret avait surnommé "le Lapin énergétique"  est allé visiter une  foire à la nourriture avec des expositions d’artistes et des Marchés aux puces, où il a dégotté des lunettes de soleil Prada pour ses favoris grisonnants et il est allé tout droit vers un stand vendant des horloges faites de livres  relié rétro. "J’ai acheté  50 d’entre eux et les ai renvoyés à ma bibliothèque présidentielle," a-t-il dit. Cinq mois auparavant, m’a-t-il  dit, ici une femme a découvert Leonardo DiCaprio.

Un moment plus tard, un géorgien vivant à Manhattan, Lali Lobzhanidze, s’est approché de lui et lui a demandé, "Etes-vous Mikheil Saakashvili ?"

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Mr. Saakashvili dans  Williamsburg. Credit Todd Heisler/The New York Times

“Mon instant  DiCaprio ,” dit-il enchanté?.

Ses concitoyens reconnaissent fréquemment M. Saakashvili,  leurs avis de lui varient. "Il crée des désaccords dans la diaspora," a dit Vakhtang Gomelauri, un critique de M. Saakashvili qui a organisé une manifestation en  2012 contre lui aux Nations unies après la révélation des viols perpétrés dans les prisons géorgiennes. Mais un groupe d’étudiants géorgiens désirait poser avec lui sur la plate-forme du métro de Bedford Avenue.

L’ancien président prend d’habitude le train de L dans  Manhattan, où il fréquente la Maison d’Oda dans le Village Est (le propriétaire l’aime bien, le serveur ne se prononce pas) et Pepela, où il commende du millésimé de  2004  du vin géorgien rouge sec Orovela Saperavi et il y a récemment déjeuné avec Bill Clinton.

Dans ses jours  à la Columbia, il a vécu dans Astoria, Queens, avec sa femme hollandaise, Sandra Roelofs, qui a travaillé à la Cheesy Pizza  avant qu’ils n’aient trouvé des emplois dans les cabinets juridiques de Manhattan et se soient déplacés vers Upper West Side . "Queens ressemble à la prétendu familiarité de New York,"  dit M. Saakashvili. "Je me le rappelle amèrement. Williamsburg ressemble à New York, aucun rapprochement avec  les gens" en parlant il fixait le  Pont de Williamsburg.

maintenant , Mme Roelofs reste à Tbilissi, la capitale géorgienne, avec leur fils plus jeune. Leur fils plus vieux, Edward, qui a fauché le record du monde pour la dactylo de vitesse sur un iPad, est à l’Université Swarthmore en Pennsylvanie

.Mr. Saakashvili adit qu’il s’était attendu  à un renouvellement de sa titularisation comme "des hommes d’État important" aux Tuffts, mais l’université a dit les relations se terminent en mai. De plus, M. Saakashvili a dit qu’il n’avait pas obtenu de poste là où il avait fait des études, à Columbia, , mais un ancien professeur a dit que des proches de M. Saakashvili s’étaient informé d’un travail pour lui à la faculté de droit. Lincoln Mitchell, un opposant de M. Saakashvili qui était un professeur associé à la Columbia, a dit que les responsables  de la faculté de droit étaient préoccupés"Allait-il être accusé par un tribunal international ?" M. Mitchell  a insisté:en rappelant . "Et des préoccupations sur son comportement personnel."

En août, des procureurs géorgiens ont accusé M. Saakashvili d’avoir utilisé l’argent public pour payer, entre autres, des dépenses d’hôtel pour un styliste personnel, l’hôtel et le voyage pour deux mannequins, des injections de botox et son épilation, la location d’un yacht en Italie et l’achat d’oeuvre d’art de l’artiste de Londres Meredith Ostrom, qui fait des empreintes sur des toiles avec son corps nu plongé dans la peinture, . Ils l’ont aussi accusé de mesures de répression violentes contre  un rassemblement des manifestants politiques en 2007. ‘il est ireconnu coupable, M. Saakashvili pourrait être condamné à 11 ans en prison
M. Saakashvili est aussi accusé d’utiliser l’argent public pour inviter son masseur-kinésithérapeute, Dorothy Stein, en Géorgie en 2009. M. Saakashvili a dit qu’il a été massé par Mme Stein à "une occasion seulement," ,mais Mme Stein a dit qu’elle a reçu 2,000 euros pour le masser de nombreuses fois, y compris des prestations de sa marque déposée "le massage avec morsures."

"Il m’a donné une liasse en cadeaux," a raconté Mme Stein, qui  partage son temps entre Berlin et Hoboken. " en lui disant , ‘ Oh, ma femme n’objectera rien. ‘ Il m’a donné un collier d’or avec une sorte de pendentif religieux, qu’évidemment je ne vais pas porter parce que mon Dieu est Frank Zappa."

M. Saakashvili dit que les accusations dont il est la cible ne sont rien de plus qu’une chasse aux sorcières politiques.  "Si vous ne pouvez pas trouver, pour quelqu’un qui a été au pouvoir pendant neuf ans dans un pays post-soviétique, quoi que ce soit de connecté avec la corruption ou l’enrichissement ," a-t-il dit, ajouté, "ce que me rend très fier."

Quand il ne visionne pas des films ou pratique des jeux avec des amis, M. Saakashvili considère le vélo  come son passe-temps favori. "Vous voulez une image de moi avec le vélo ?"a-t-il proposé  pendant une pause dans la conversation.

M. Saakashvili s’est vêtu d’ short rouge pour la photo, prise devant  un café où des hommes barbus étaient  assis sur le perron dans ennui étudié.

"Vous savez que cet endroit est un domaine  Hassidique," a-t-il dit en pédalant vers le sud sur son vélo. "Ils se promènenavec ces grands chapeaux!"

Correction : le 19 septembre 2014

Une version précédente de cet article a décrit d’une manière inexacte l’emplacement de la plate-forme de métro où Mikheil Saakashvili a posé avec des étudiants. Il est sur Bedford Avenue, pas Bedford Street.

Une version de cet article apparaît disponible le 20 septembre 2014, à la page A3 de l’édition de New York avec le titre : Exil à Brooklyn, d’un Oeil sur la Géorgie.  Reprints|Today’s Paper|Subscribe

 
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Publié par le septembre 21, 2014 dans Uncategorized

 

TRACT – La paix le plus grand des combats

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Un député communiste qui toujours sauve l’honneur ( Candelier) me transmet ce texte que je trouve très bon… Il me souvient de la rencontre entre Chavez et Fidel Castro. Chavez venait d’être amnistié, son premier voyage fut pour Cuba, là il eut la surprise d’être attendu par Fidel lui-même… Le bouillant Chavez expliqua tout ce qu’il fallait faire pour le peuple vénézuélien, pour le continent bolivarien… Fidel pour une fois demeura silencieux et lui dit simplement : "C’est bien, maintenant il faut faire"… A la lecture de ce tract, je me dis, c’est bien maintenant il faut faire…

« Aujourd’hui, l’affirmation de la paix est le plus grand des combats ». Nous sommes des millions à être inquiets et révoltés. Inquiets de voir la guerre et les humiliations se répandre ; inquiets de voir la barbarie progresser ; et révoltés de voir les dirigeants des premières puissances mondiales, parler depuis 20 ans de « lutte contre le terrorisme » et employer toujours les mêmes méthodes, à commencer par les interventions militaires

LA PAIX LE PLUS GRAND DES COMBATS

Proche-Orient

La région doit sortir de l’impasse dans laquelle elle est précipitée : une véritable conférence internationale sous égide des Nations unies doit être organisée avec les représentants de tous les États de la région et parmi ses priorités aboutir enfin à la dénucléarisation effective du Proche-Orient.

Irak

La seule issue est d’engager, sous l’égide de l’ONU, la construction d’un projet politique pour contrer tous ces groupes djihadistes violents, véritables ennemis du droit humain.

Il s’agit de mettre en œuvre une nouvelle politique qui assèche le terreau sur lequel ils sont nés et ont prospéré :

- en démantelant les réseaux régionaux et internationaux de soutien en argent, hommes et armes, y compris de la part d’États alliés des États-Unis aujourd’hui engagés dans sa coalition militaire,

- en garantissant la mise en œuvre de politiques de développement en faveur des populations maintenues dans la pauvreté alors que le pays est si riche,

- en aidant à la construction d’un État, civil et démocratique, et en refusant le système politique fondée sur les appartenances confessionnelles et ethniques, dans un Irak uni, souverain et durable.

C’est au peuple irakien de décider démocratiquement de son avenir sans ingérence de puissances étrangères.

Syrie

La guerre et son cortège de victimes et de destructions n’ont que trop duré. Les experts internationaux l’ont confirmé : il ne peut y avoir de vainqueur dans ce conflit, il n’y a pas d’issue militaire. Cette guerre sans espoir a fait 191 000 morts et 9 millions de déplacés et d’exilés et nourrit le terrorisme.

La menace que représente l’Etat islamique en Irak devrait précisément conduire à créer les conditions d’un cessez-le-feu en Syrie et de négociations politiques.Tout devrait être mis en œuvre sur le plan politique et diplomatique par la France pour appuyer l’action du nouvel émissaire de l’ONU et faire pression sur les belligérants – et leurs alliés respectifs – pour parvenir à un accord entre le gouvernement syrien et une opposition rassemblée dans toutes ses composantes ; accord incluant les réformes sociales, économiques et démocratiques exigées à l’origine par la contestation populaire de mars 2011

Palestine

Le peuple palestinien et ses représentants demandent le respect du droit international, la reconnaissance au côté d’Israël de l’État palestinien dans les frontières de 1967 et avec Jérusalem-Est pour capitale, le droit au retour des réfugiés sur la base de la résolution 194 de l’ONU.

Des villages palestiniens ont choisi la lutte populaire et non-armée, ils sont approuvés par l’ensemble des partis politiques palestiniens et soutenus par des militants anticolonialistes israéliens. Soutenons la campagne non-violente BDS international [Boycott Désinvestissement Sanctions], campagne internationale initiée en 2005 par 172 organisations palestiniennes. Exigeons des entreprises françaises de ne pas collaborer avec les entreprises israéliennes implantées illégalement dans les colonies.

La politique brutale et irresponsable de son gouvernement est un obstacle à la paix, son armée a commis des actes de guerre. Israël doit être sanctionné et l’UE doit immédiatement suspendre son accord d’association tant que ce pays, qui colonise et occupe le peuple palestinien, agira en violation des Droits de l’homme.

Convergence de toutes les actions de solidarité : le 18 octobre à Paris

Solidarité avec les Kurdes

Les populations kurdes ont un besoin urgent d’aide humanitaire en Irak, à Rojava (Syrie) et en Turquie.

Face à la barbarie de l’EI, il convient de faire cesser l’aide militaire, financière, technologique et logistique dont les terroristes bénéficient de la part du Qatar, pourtant allié de l’OTAN, et de la Turquie qui en est membre.

L’urgence est de sortir le PKK de la liste des organisations terroristes de l’Union européenne et des Etats-Unis car cette formation est en première ligne pour défendre les minorités ethniques ou confessionnelles ainsi que les valeurs universalistes des droits de l’Homme.

Enfin l’autonomie des régions kurdes doit être consolidée, elle constitue un socle pour l’établissement d’une paix durable.

Europe

Le sommet de l’OTAN de Newport, les 4 et 5 septembre sous la pression de Washington a créé une force de réaction « très rapide », identifiée comme son véritable « fer de lance » capable de mobiliser une force de 800 hommes en 48 heures et quelque 5 à 7 000 soldats dans les 5 à 7 jours, et ce partout dans le monde.

Cette nouvelle NRF s’installera dans les pays Baltes, en Roumanie et en Pologne, pays limitrophes de la Russie. Ces décisions sont lourdes de menaces pour la paix. Cela entraînera une nouvelle et folle course aux armements.

Alliance d’un autre âge, l’OTAN doit être dissoute pour laisser la place à des cadres de coopération et de sécurité commune sans exclusive, notamment avec la Russie.

La France et les pays Union européenne doivent se libérer du carcan de l’OTAN en sortant de cette alliance pour pouvoir définir en toute indépendance et souveraineté leur politique étrangère, et la politique de défense commune de l’UE.

Ukraine

L’Accord d’association UE-Ukraine a été adopté par le Parlement européen dans une procédure d’urgence mais n’a pas été soumis au débat et au vote du peuple ukrainien. De conception ultralibérale, il cause de profondes fractures dans le pays. Il fait partie d’un plan plus vaste des États-Unis, de l’UE et de l’Otan pour faire de l’Ukraine l’objet d’une confrontation géostratégique avec la Russie.

Cette politique de tension entraîne des sanctions de part et d’autre du continent, mine les économies et concoure à exacerber les nationalismes. Une autre politique est possible : c’est l’Europe de l’Atlantique à l’Oural dans un espace de sécurité commune.

La priorité doit mise sur l’arrêt total des opérations militaires en Ukraine et l’ouverture de véritables négociations prenant en compte les droits et intérêts de tous les Ukrainiens.

Il faut aussi relancer un processus de normalisation durable des relations entre l’UE et la Russie, par le biais d’une conférence de paix et de sécurité en Europe, permettant d’aller vers un nouveau système de sécurité collective et préventive.

Ceux qui s’entendent si bien pour régler l’ordre du monde à la place de tous, encouragent le commerce des armes, le contrôle des ressources pétrolières ou gazières et des richesses de continents entiers – comme celles de l’Afrique dont les pays, à cause des politiques d’ajustement structurel, ne peuvent pas endiguer l’épidémie d’Ebola, et avec lesquels notre solidarité devrait se manifester plus que jamais.

Et, pour contenir la menace terroriste, nous devrions aussi intervenir militairement. Mais d’où sortent ces forces obscures comme l’État islamique qui décime un peuple entier ?

N’ont-ils rien retenu, ces dirigeants, des interventions en Afghanistan, en Irak, en Libye ? Lequel reconnaîtra qu’ils ont joué délibérément avec le feu en en faisant des alliés de circonstances au lieu de soutenir les forces progressistes et démocratiques qui ont besoin de notre solidarité, en laissant des puissances régionales leur fournir des armes et des hommes, en contribuant à faire tomber en déliquescence des États entiers, en promouvant le confessionnalisme et le communautarisme tout en ponctionnant les richesses de ces pays.

Et maintenant ils suggèrent de recommencer ! Mais leur responsabilité est d’inventer des solutions politiques nouvelles.

Ce monde est dangereux car il est profondément inégalitaire, et que les fanatiques se nourrissent d’abord de l’injustice, des inégalités et de leur cortège d’humiliations. Ils profitent du vide laissé par des États défaillants, corrompus, et des blessures de sociétés divisées.

Ce monde est dangereux car il n’est pas démocratique. Nos peuples ont besoin d’égalité devant le droit international comme dans le droit au développement, le partage des ressources et des richesses, et la démocratie. Nous avons l’impérieux besoin d’une ONU refondée, démocratisée, avec un Conseil de sécurité élargi et ses principes fondateurs, son rôle et ses instances, notamment l’Assemblée générale, réaffirmés.

La Guerre froide est terminée, l’OTAN ne devrait même plus exister. Cette organisation politique et militaire est un anachronisme qui n’a aucune légitimité au regard du droit international, et de la Charte des Nations-unies.

La France n’a rien à faire, rien à gagner dans cette alliance qui la prive de son indépendance politique et diplomatique, et qui l’entraîne sur tous les sentiers de la guerre.

Il n’est pas de réponse simple mais des choix possibles : soit la concurrence, l’injustice et la domination, soit l’égalité, la coopération et la solidarité.

En juin dernier, c’est ce qu’ont exprimé les 133 pays du Sommet du G77+Chine en s’engageant ensemble pour un « nouvel ordre mondial du bien vivre » impliquant un autre ordre économique international basé sur des échanges justes, un système monétaire international libéré de la domination du dollar, la nécessité d’un partage des savoirs.

Les enjeux du développement, ceux des biens communs universels, de l’éducation, de la santé, de la souveraineté et sécurité alimentaires, du droit à l’énergie sont, avec le désarmement, à la fois le chemin de la paix et son fruit.

 
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Publié par le septembre 21, 2014 dans Uncategorized

 

le personnel politique n’est plus ce qu’il était …

Le ministre ukrainien de la Défense, est-il atteint de paranoïa ?

Le ministre ukrainien de la Défense, atteint-il de paranoïa ?

le  ministre ukrainien de la Défense Valeri Gueleteï a atteint un certain niveau de délire… On a pris l’habitude de lui voir attribuer tous les échecs de l’expédition punitive à l’invasion russe, mais là il frise  la paranoÏa totale  en inventant  des frappes nucléaires contre le Donbass effectuées par la Russie .

Aujourd’hui , les médias ukrainiens ont publié une déclaration de Gueleteï expliquant que la Russie aurait effectué deux frappes nucléaires contre l’aéroport de Lougansk, en forçant ainsi les agents des forces de sécurité ukrainiennes à quitter cette zone

Le ministre russe de la défense lui a répondu que de toute manière plus personne n’écoutait ce qu’il disait…

En revanche rien sur les missiles qui se sont abattus sur une usine de munition de DonetsK…Quand on pense que l’Europe décide de ses sanctions sur la foi de tels délirants…

 
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Publié par le septembre 20, 2014 dans Uncategorized

 

Ukraine: ce que Petro Porochenko espérait de sa visite chez Barack Obama

 
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Publié par le septembre 20, 2014 dans Uncategorized

 

la reflexion du jour: méfiez vous sur le chemin de la repentance, il y aura toujours des imbéciles qui exigeront plus…

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une amie algérienne commente le fait que son parti a invité tous les musulmans à dénoncer le calife…

Je suis étonnée par sa démarche: qui songe à mettre tous les musulmans dans ce foutu Etat islamiste, qui est le Frankestein des Etats-unis et de leur copains saoudiens?

En plus les cruautés vraie ou supposés de ces stipendiés de la CIA et des pétrodollars font songer aux supplices chinois du temps où l’on envahissait la Chine ou les Noirs cannibales qu’il fallait civiliser… Trop c’est trop…

Puis je pense que nombreux sont les gens qui doivent faire l’amalgame… C’est fou ce que la période est propice à l’éclosion des imbéciles…

Et quelque chose en moi sournoisement se dit que ça fera les pieds à tous ceux qui, sous prétexte de la politique israélienne, forcent chaque juif à se déclarer antisioniste… Alors qu’il en est comme moi qui ne sont jamais senti vraiment concernés par la question…Tout le  monde devrait connaître ma position sur le sujet: si on veut absolument m’affilier à autre chose que la France, les seules racines que j’admets à la rigueur c’est le yiddishland et sa réalisation politique idéale, l’Union Soviétique…  pourquoi faudrait-il que je me torde les mains de douleur parce que certains font un accès de chauvinisme dans un lieu où je n’ai jamais mis les pieds? Et dont je ne parle pas la langue…

Peut-être que les cousins musulmans qui me regardent d’un œil torve,  comprendront à quel point c’est désagréable d’être assimilé à des gens dont on a rien à foutre sinon qu’ils se réclament de vous… Au point qu’il se trouve toujours un abruti pour vous déclarer "Comment vous qui avez subi le nazisme, pouvez vous si mal vous conduire?" cette fois ce n’est plus seulement moi qui doit montrer la pureté de mon repentir pour les péchés d’Israël, mais tous les membres de ma famille qui ont été déportés…

Alors amis musulmans,  si vous tenez réellement à dire que vous n’avez rien à voir avec ces mercenaires délirants enturbannés et de noir vêtus sous le climat du désert, ce qui est une vraie torture, , ne vous gênez pas…  mais dites vous bien que c’est un chemin dangereux que celui de ce type de repentance… A votre place j’y réfléchirai à deux fois avant de me battre la coulpe…

Danielle Bleitrach

 

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Publié par le septembre 20, 2014 dans Uncategorized

 
 
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